Kitabı oxu: «L'Abbé Émile Petitot et les Découvertes Géographiques au Canada: étude géographico-historique»

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Rev. A. G. Morice

L'Abbé Émile Petitot et les Découvertes Géographiques au Canada: étude géographico-historique


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4066338041142

Table des matières

I

II

ERREURS HISTORIQUES

III

OMISSIONS GÉOGRAPHICO-HISTORIQUES

I
NOTES BIOGRAPHIQUES ET APPRÉCIATIONS

Table des matières

Le 1er décembre 1912 s'éteignait à Lukeren, Belgique 2, un homme qui avait bien mérité de la géographie, ainsi que de la plupart des sciences anthropologiques en général. Sa carrière avait été des plus mouvementées, et, plus que beaucoup d'hommes même de sa condition, il avait connu la mauvaise comme la bonne fortune. Intelligence supérieure, imagination de feu et véritable bourreau de travail, l'abbé Émile Petitot avait plus d'une fois vu les géographes et les ethnologues comme suspendus à ses lèvres, ou bien remués, sinon fascinés, par la hardiesse de ses vues et l'habileté avec laquelle il les défendait dans ses écrits.

Il naquit en 1839 au diocèse de Marseille, et l'exubérance de vie, l'excès même de ses qualités, qu'il dut au pays natal autant qu'à sa propre constitution, ne furent pas pour peu dans ses déboires, de même qu'ils contribuèrent incontestablement à ses succès. Il entra de bonne heure dans la congrégation des Oblats de Marie Immaculée, à N.-D. de l'Osier (Isère), où il venait de faire son noviciat, et fut peu après promu à la prêtrise par l'évêque de Marseille, qui était en même temps le fondateur de son institut.

Note 1: (retour) Écrites en 1913 pour la société de Géographie de Neufchâtel, en Suisse, ces pages étaient sous presse lorsqu'on apprit que la nouvelle de la mort de l'abbé Petitot était prématurée. On dut donc surseoir à leur impression, et les soucis de la Grande Guerre survenant, le tout fut bientôt oublié. L'auteur vient d'en retrouver une copie par accident, et comme les nombreux faits et critiques qu'elles contiennent n'ont jamais été publiés, le Canada Français croit bon de leur donner l'hospitalité. Cette étude est reproduite à peu près telle qu'écrite il y a huit ans.

Note 2: (retour) En réalité, M. Petitot ne devait mourir que vers la fin de la guerre, à Mareuil-les-Meaux, où il s'était signalé par son courage au milieu de la désorganisation générale.

C'était en 1862, et le jeune prêtre fut immédiatement envoyé aux missions d'outre-mer.

Sa première destination était pour la Colombie Britannique. Mais une circonstance fortuite lui fit échanger ce lointain champ d'action pour celui originairement destiné à un confrère et compagnon de voyage, le R. P. J.-M. Le Jacq, que je devais remplacer moi-même au Lac Stuart.

Le 26 mai 1862, le P. Petitot arrivait de Saint-Paul, Minnésota, en vue du fameux fort Garry et s'arrêtait quelque peu à Saint-Boniface, d'où il s'enfonçait dans les immensités du Nord canadien. Après un voyage long et pénible, il faisait, au mois d'août suivant, connaissance avec le majestueux Mackenzie et sa vallée, qu'il allait parcourir dans tous les sens pendant treize ans.

Il atteignit les steppes du Grand-Nord en compagnie du R. P. Émile Grouard, homme des mieux doués auquel l'avenir réservait le gouvernement spirituel comme évêque de ces immenses étendues, tandis que lui, É. Petitot, était appelé, après des années d'efforts couronnés de succès et auréolés d'une gloire de bon aloi, à se retirer dans l'obscurité d'un humble presbytère de campagne français, pour s'éteindre inconnu et peut-être méconnu, chez des étrangers qui ne soupçonnaient probablement pas ce qu'il y avait eu de brillant dans les 73 années de son passé. La vie a de ces contrastes, et le sort réserve de ces revirements de fortune même aux plus méritants.

Il n'entre pas dans mon plan de donner ici même une simple esquisse de la carrière du P. Petitot, comme missionnaire-explorateur. Qu'il me suffise de dire que, au bout de treize années de séjour dans l'Amérique du Nord, il était connu dans les milieux catholiques comme géographe, ethnologue et linguiste émérite, non moins que comme artiste et raconteur incomparable. Les cercles auxquels ses nombreux travaux s'adressaient n'allaient pas tarder à s'élargir d'une manière prodigieuse.

Doué d'une grande facilité pour l'étude des langues, il avait ramassé les matériaux d'un dictionnaire de trois dialectes dénés, ainsi que les éléments d'un vocabulaire esquimau, que la munificence d'un ami des sciences qui fut pour lui un véritable Mécène, M. Alphonse Pinart, devait lui permettre de publier. Il avait en outre, sans compter de précieuses notes géographiques et anthropologiques, le manuscrit d'une superbe carte à grande échelle des vallées de l'Athabaska et du Mackenzie, due à ses incessantes pérégrinations. La publication de ces divers travaux lui fit traverser l'océan, et des circonstances imprévues l'élevèrent alors sur le pavois du monde scientifique.

C'était en septembre 1875, époque de la tenue à Nancy du premier congrès international des Américanistes. Sans le chercher d'aucune manière, le P. Petitot fut appelé à jouer un rôle que je pourrais qualifier de prépondérant dans ces assises solennelles de la science, où s'émettaient librement sur l'origine de ses chers Indiens des théories dont l'invraisemblance et l'hétérodoxie aux yeux du chrétien averti n'avaient d'égale que la présomption de leurs partisans. C'étaient des savants de bonne foi, sans doute, mais des gens qui n'avaient jamais vu un Peau-Rouge, qui en ignoraient les langues et qui n'auraient pu distinguer, par exemple, un Déné d'un Iroquois.

Le missionnaire fraîchement arrivé des glaces du Nord américain y défendit admirablement les non-autochtonie des races indiennes, et conclut discrètement à leur origine asiatique. Il fit si bien que le président temporaire du Congrès, un savant autrichien, ne put s'empêcher de rendre “hommage au zèle et à l'érudition du R. P. Petitot”, témoignage dont fait foi le compte rendu du Congrès 3, et sur lequel le même savant voulut encore renchérir à une séance subséquente. Parlant du même ecclésiastique, il vanta publiquement les “remarquables travaux qu'il a su mener à bonne fin, tout en remplissant ses devoirs de missionnaire, et aussi la vaillance avec laquelle il a défendu pied à pied la thèse du peuplement du continent américain par des immigrations asiatiques” 4. Au dîner d'adieu, le maire de Nancy voulut lui-même faire écho à ces compliments déjà si autorisés.

Note 3: (retour) En deux volumes; Nancy, 1875.

Note 4: (retour) Ibid., vol. II. p. 327.

Pendant ce temps, s'imprimait sa belle carte géographico-ethnologique par les soins de la société de Géographie de Paris, à laquelle il venait d'offrir aussi un long mémoire sur l'Athabaska-Mackenzie, rapport bourré de faits et d'aperçus scientifiques qui ne laissent pas que d'étonner sous la plume d'un humble missionnaire qui venait de passer ses plus belles années au contact journalier d'ignorants sauvages.

Une fois seulement, dans des pages que je voudrais pouvoir citer en entier, il donne libre cours à sa verve méridionale, et décrit avec son cœur autant qu'avec son esprit les conditions climatériques du pays lointain dont il est évidemment épris. Je ne puis résister à la tentation de reproduire ici les lignes qu'il consacre au phénomène de l'aurore boréale dans les régions subarctiques.

“Si l'on élève ses regards vers l'Ourse glacée, qui tourne sans cesse dans la voûte céleste comme sur un pivot, l'œil est ravi et ébloui du spectacle sublime et multiforme que le magnétisme terrestre, en connection avec les forces électro-dynamiques, produit dans l'éther assombri par la nuit. Brillante couronne terrestre ou aigrettes innombrables, semblables aux feux Saint-Elme se jouant à la cime des mâts; zones d'or capricieusement ondulées ou bien serpents livides aux reflets métalliques et chatoyants, qui glissent silencieusement et avec un éclat toujours renaissant dans les profondeurs des espaces; arcs-en-ciel concentriques et immobiles ou bien aurores aux mille rayons rutilants et irisés; coupoles splendides et diaphanes qui illuminent le ciel entier et tamisent toutefois la lumière sidérale; nuées sanglantes et lugubres dans leur immobilité; bandes polaires longues et blanches, qui s'étendent en droite ligne d'un bout à l'autre de l'horizon, comme une route de nacre tracée dans le sombre azur pour le char de Phébé; frêles et incertaines nébuleuses suspendues comme un voile de gaze à des hauteurs incommensurables: la lumière arctique, protée aérien, revêt toutes ces formes, réjouit l'œil de tous ces feux, se prête à toutes ces combinaisons merveilleuses” 5.

Voici maintenant comment il décrit les résultats du froid qui sévit dans ces régions déshéritées de la fortune:

“L'aurore boréale s'évanouit-elle, la lune radieuse demeure, une lune qui ignore son coucher comme le Lucifer dont parlent les saints livres, une lune qui transforme en jour les longues nuits du solstice d'hiver. Tantôt elle s'entoure de halos et de couronnes lumineuses, tantôt elle se multiplie par le mirage de la parasélène. Vous représentez-vous ces nuits si calmes, si silencieuses que les battements du cœur deviennent perceptibles, si froides que les arbres de la forêt éclatent et se fendent sous leur impression, et que l'haleine produit en s'exhalant à travers l'air dense un bruissement semblable à celui d'une baguette que l'on agite; vous les figurez-vous embellies par la décoration fantastique que forme la lumière en se jouant à travers les frimas dont la végétation endormie est revêtue, et que la pierre a aussi acceptée? Pyramides de cristal, lustres éblouissants suspendus sur nos têtes, prismes, gemmes de toutes sortes brillant de mille feux, colonnes d'albâtre, stalactites et stalagmites à l'aspect sacharin et vitreux entremêlés de guipures et de festons, de dentelles et de découpures d'un duvet immaculé; arcades, clochetons, pendentifs, pinacles, toute une architecture de glace et de neige: je me trompe, d'escarboucles et de pierres précieuses que la lune caresse de ses rayons mystérieux.

“Le voyageur qui erre dans ces bocages cristallisés se demande s'il est bien une créature en chair et en os, et s'il n'a pas émigré dans le pays des fées et des songes” 6.

Note 5: (retour) Géographie de l'Athabaska-Mackenzie et des grands lacs du bassin arctique, p. 101; Paris, 1875.

Note 6: (retour) Ibid., p. 102.

Les ouvrages que Petitot publia alors lui valurent, outre les palmes d'officier et autres honneurs peu habitués à se tourner de ce côté-là, des appréciations flatteuses du journal officiel de la République Française, qui annonçait lui-même sa carte géographique comme renfermant “une quantité considérable d'indications neuves et intéressantes”, et le secrétaire d'une confédération de sociétés savantes exposait ainsi la carrière du courageux missionnaire et les résultats pratiques qui en étaient découlé:

“Le comité n'a jamais voulu laisser dans l'ombre les services rendus à la science par les explorateurs des pays lointains. Aussi n'a-t-il pas essayé de se défendre de l'intérêt qu'inspirent les études, les observations, les longues courses d'un missionnaire dans les régions arctiques de l'Amérique. Treize ans, le P. Petitot a vécu ou chez les Esquimaux ou chez les Indiens des terres voisines de la mer Glaciale. Dix fois il a parcouru la longue vallée du Mackenzie, depuis le fort Good-Hope jusqu'au grand lac des Esclaves; sept fois il a visité le grand lac des Ours et foulé les steppes d'alentour; il a fait à pied le long voyage du bas Mackenzie au fort Simpson; par les montagnes Rocheuses, il a passé dans le nord de l'Alaska; il a été au lac des Esquimaux et aux rives de l'océan Arctique, en traversant des territoires jusqu'ici demeurés sans nom pour les géographes.

“Dans ces contrées, où pendant huit ou neuf mois de l'année règne un froid intense, dont la pensée seule donne le frisson, le brave missionnaire a couché dans la forêt, ayant une peau pour abri. Il a séjourné dans les terriers des Esquimaux, au milieu d'une société pas du tout aimable, une société où l'on pille et où l'on tue très volontiers l'étranger qui n'a pas su obtenir la protection d'un personnage influent.

“Pendant cette existence passée en compagnie d'affreux sauvages, le P. Petitot s'est livré à d'immenses travaux. Il a tracé la carte des pays qu'il a parcourus, il a composé le dictionnaire de la langue des Esquimaux et celui de plusieurs peuplades indiennes... Nous lui devons des observations météorologiques, des remarques sur les caractères des habitants, un aperçu de la constitution géologique des contrées qui s'étendent du 54e degré de latitude à la mer Glaciale” 7.

Note 7: (retour) Apud: Missions des Oblats de Marie Immaculée, vol. XIII, pp. 119-20.

Après l'impression de ses dictionnaires déné et esquimau, ainsi que de ses différents mémoires scientifiques, le P. Petitot aurait voulu retourner (1876) à ses steppes lointaines et à leurs primitifs habitants. Mais il manifesta alors les premiers symptômes d'un mal qui porta ses supérieurs à l'arrêter en chemin, et à le stationner chez les Montagnais du lac Froid, juste sur le méridien qui sépare aujourd'hui l'Alberta de la Saskatchewan. C'est alors que se produisit dans son esprit comme une débâcle qui eut pour résultat ultime sa sortie, en 1882, de l'ordre dont il était l'un des membres les plus méritants, son retour en Europe et sa retraite à Mareuil-les Meaux, non loin de Paris. Cette retraite suivit une période de repos nécessité par une prostration mentale, où l'avaient réduit le surmenage et l'impression produite par certains incidents, ou accidents, de sa vie de voyageur chez les Indiens et les Esquimaux.

Une fois seulement, la valeur de ses travaux subséquents fut reconnue par un corps scientifique. Au cours de 1883, la société de Géographie de Londres non seulement publia un mémoire sur l'Athabaska dû à sa plume, mais lui décerna le prix de Back qu'aucun Français n'avait obtenu depuis sir Francis Garnier.

Puis il employa ses loisirs forcés dans l'humble cure de Mareuil à la préparation de livres populaires, qu'il publia à Paris--sans compter ceux pour lesquels il ne put trouver d'éditeur. Condamné à vivre loin de ses chers Peaux-Rouges, il voulut avoir au moins la satisfaction de retracer dans ces volumes sans prétentions les aventures qui avaient fait les délices de ses meilleures années, et que ses lecteurs durent goûter tout autant que lui s'il faut en juger par le fait que ces petits ouvrages sont aujourd'hui introuvables.

Malheureusement, ainsi que je l'ai donné à entendre, l'abbé Petitot avait les défauts de ses qualités. Il sentait intensément et décrivait en conséquence, ce qui dotait d'un charme tout particulier les sujets qu'il abordait; mais la sûreté de ses vues ne pouvait qu'en souffrir. Son érudition était profonde, il est vrai, et d'autant plus méritoire qu'on ne pouvait s'empêcher de se demander où il avait pu la puiser et surtout quand il avait pu l'acquérir, sa vie passée en voyages continuels semblant lui avoir enlevé toute occasion d'étudier. Mais il n'était pas assez familier avec l'anglais pour se mettre au courant des progrès dans les sciences anthropologiques accusés par les productions des savants d'Angleterre et surtout des États-Unis.

L'imagination fut aussi trop souvent chez lui la maîtresse du logis. Elle nullifia parfois les avantages de lectures très étendues, et émoussa notablement l'acuité et la rectitude du jugement.

Son dictionnaire polyglotte dénote une oreille très exercée et une opiniâtreté au travail qu'on ne saurait trop admirer. Mais treize ans n'étaient pas assez pour en arriver à reproduire à perfection des idiomes si riches et de facture si complexe comme le sont les langues dénées. Sans vouloir aucunement déprécier ce grand ouvrage, je crois pouvoir dire qu'il est par endroits fait d'à peu près, de termes composés par l'auteur en vertu du système d'agglutination, qui est, sous ce rapport, très commode, mais ne saurait autoriser à remplacer par des mots-périphrases inventés des termes indigènes qui ont existé de temps immémorial.

Au point de vue philologique, je préfère de beaucoup son volume intitulé Traditions indiennes du Canada Nord-Ouest 8. Dans les dernières années de sa vie, l'abbé Petitot avait poussé si loin la manie des assimilations ethniques et historiques, qu'on n'a pas craint, je le sais, de l'accuser de forcer la note, de fabriquer même certains détails, pour servir les intérêts de sa thèse lorsqu'il lui arrivait de citer des légendes américaines 9. Je ne suis pas en état de garantir la parfaite authenticité de ses reproductions mythologiques; mais je puis assurer que les textes aborigènes de ses Traditions indiennes sont de la plus pure diction, et portent le cachet de la plus stricte mentalité, dénées.

Note 8: (retour) Alençon, 1887.

Note 9: (retour) Certaines de ces assimilations paraissent si plausibles qu'un lecteur étranger aux recherches qu'il avait faites pouvait facilement se croire autorisé à douter de certains détails mythologiques produits par l'auteur.

En les lisant, on se reporte involontairement aux loges enfumées, ou aux feux de bivouac des nomades Peaux-Rouges; on semble entendre glapir la voix mélancolique de quelque vieillard montagnais ou loucheux, redisant avec un soin religieux les traditions qu'il tient de ses ancêtres. Je ne vois donc pas ce qui pourrait autoriser à douter de l'honnêteté de leur transcripteur.

Petitot était parfaitement dans son élément lorsqu'il rapportait les légendes de ses Indiens. Pour sa tranquillité d'âme, non moins que dans l'intérêt de sa propre réputation comme homme de science, il eût dû s'en tenir là. Il faisait généralement fausse route lorsqu'il se mettait à identifier tel ou tel héros de la mythologie dénée avec des personnages réels de l'histoire ancienne.

Cette préoccupation des rapprochements, qui était devenue pour lui une véritable passion, se manifesta surtout dans un travail pétri d'érudition qui a pour titre Six légendes américaines identifiées à l'histoire de Moïse et du peuple hébreu. L'origine hébraïque des tribus dénées avait, en effet, pris chez lui les caractères d'une espèce de marotte, et les excès auxquels elle le porta firent, je crois, d'autant plus de tort à la véritable science qu'ils indisposèrent aveuglément contre tout essai d'assimilation ethnographique, quelque légitime que celui-ci pût être.

L'abbé Petitot avait à son service une plume excessivement facile et un vocabulaire très riche, à tel point que certains critiques lui ont reproché ce qu'ils prenaient pour des négligences de style, mais qui n'était en réalité que l'indice d'un esprit qui ne peut souffrir d'entraves, d'une imagination impatiente de tout joug, qui préfère se créer des mots plutôt que de s'arrêter pour en chercher. Pour lui, par exemple, le sentier de l'Indien vagabond devient parfois une “sémite” (du latin semita), et l'apparition d'un revenant n'est autre chose qu'une manifestation “ghostale” (de l'anglais ghost, esprit, revenant). Ce qui n'empêche aucunement qu'il ne possédât à fond la belle langue française, de même qu'il en était venu à parler couramment les dialectes montagnais et loucheux.

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