Kitabı oxu: «Momus à la caserne»

Şrift:

A. Jacquemart

Momus à la caserne

Chansons, romances


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066300630

Table des matières

CHANSON-PRÉFACE.

LE JOUR DE REVUE.

VIVE LA FRANCE! CHANT HÉROÏQUE. (Décembre 1822.)

ENSEIGNEMENT MUTUEL.

COUPLET IMPROVISÉ A UN DINER DONNÉ A L’AUTEUR PAR PLUSIEURS OFFICIERS.

LE SOUVENIR.

LE DORMEUR.

COLAS A COLETTE. ROMANCE VILLAGEOISE.

LE PÈRE LACHAISE. ROMANCE.

MES CHATEAUX EN ESPAGNE, OU DEUX HEURES DE FACTION. (RÊVE.)

AVIS.

NELSON, RONDE VILLAGEOISE.

LA CRAINTE D’UN SECOND DÉLUGE.

LE FANATISME.

DES TABLEAUX, DES CHANSONS. (MOIS DE MAI1817.)

LA CRUCHE.

LE PAUVRE TROUBADOUR.

LES SOLDATS FRANÇAIS AUX LIBELLISTES. (Décembre 1819.)

LA VENGEANCE RÉCIPROQUE.

L’ORAGE. ROMANCE.

PETITE CONSPIRATION DE LA VOLAILLE CONTRE LES GOURMANDS, LEURS OPPRESSEURS.

LES MÉTAMORPHOSES.

LE CLAIR DE LUNE. ROMANCE.

LE DIABLE.

LES JOLIS MEUBLES. COUPLETS POUR LA FÊTE DE MON AMI J.... S...., MARCHAND TAPISSIER.

VERS FAITS DANS LE JARDIN DE L’ÉLYSÉE BOURBON, Le16juin1820.

QUELLE INJUSTICE.

LES ILLUSTRES NORMANDS. A MON AMI E.... G.... QUI PARAISSAIT MÉCONTENT DE SON ORIGINE NORMANDE.

L’INVALIDE ET LA VIVANDIÈRE. CHANSON DIALOGUÉE.

LES YEUX.

C’EST DOMMAGE! (MOT DONNÉ.) (Mars1821.)

LA ROSÉE.

L’ESPOIR. ROMANCE.

COULEUR DE ROSE.

A MON AMI, M. A QUI M’AVAIT ADRESSÉ DES VERS AU SUJET DE MON AVÉNEMENT.... AU GRADE DE SERGENT.

LA CUISINE. CHANSON GOURMANDE.

OVIDE DANS L’ILE DE THALASSIE. STANCES.

VIVE LE VIN. CHANSON BACHIQUE.

LE BOUDOIR D’UNE COQUETTE COMPARÉ A UNE CHAMBRE DE SOLDAT.

L’HONNEUR.

LA VEILLE ET LE LENDEMAIN. COUPLETS PHILOSOPHIQUES.

L’HIVER. RONDE A DANSER.... AU COIN DU FEU.

COUPLETS CHANTÉS A LA SUITE D’UN ASSAUT D’ARMES DONNÉ PAR LA GARDE ROYALE, AU MOIS DE MARS1821.

L’AMOUR GOUVERNEUR.

TÉLÉMAQUE A MENTOR. ROMANCE ADRESSÉE A MON PÈRE, LE JOUR DE SA FÊTE.

PYGMALION, (POT-POURRI.) IMITATION BURLESQUE D’UNE MÉTAMORPHOSE D’OVIDE.

ENVOI A MAMZELLE PIERRETTE, BLANCHISSEUSE DE LINGE FIN AU GROS-CAILLOU.

LA GLOIRE ET L’AMITIÉ.

LE MATIN. ROMANCE.

LES AVEUGLES DE CIRCONSTANCE.

LE RACCOMMODEMENT. A MON AMI P....

LA JOURNÉE DU SOLDAT. PETIT TABLEAU MORAL, CRITIQUE, COMIQUE, ET SURTOUT VÉRIDIQUE.

L’AMANT MALHEUREUX. ROMANCE SENTIMENTALE.

SAGE CONSEIL A MON AMI P....

A QUELQUES-UNES DE CES DAMES.

LES ATOMES.

PENSEZ A MOI. ROMANCE.

NOUS VOILA. (Janvier1821.)

LES ENSEIGNES. (Avril1819.)

SOUVENIR ET ESPÉRANCE. COUPLETS CHASTES PAR M ME MARIE P.... A SON MARI, LE JOUR DE SA FETE.

LE MODÉRÉ.

AUTRE CHOSE. (MOT DONNÉ.)

LE PAU VUE AVEUGLE.

RÉFLEXIONS MORALES ET POLITIQUES DE LATULIPE, SUR L’IMPOSSIBILITÉ DE S’EMPÊCHER DE FUMER. (Juin1820.)

LEÇON DE BOTANIQUE, OU PLUTOT D’HISTOIRE NATURELLE. Chanson qui me fut apportée par l’écho indiscret d’un cabinet particulier d’histoire naturelle.

LE PÈRE ETIENNE. CHANSON VILLAGEOISE.

LE BAL MASQUÉ. ROMANCE.

LISETTE.

LA MORT DE BATAILLON. COMPLAINTE.

LE LILAS.

CE QUE JE VEUX.

COUPLETS IMPROVISÉS LE JOUR DE LA SAINT-LOUIS, A UN BANQUET MILITAIRE. (1823.)

LA NACELLE. COUPLETS CHANTES A MON AMI PIERRE P....., LE JOUR DE SA FÊTE, PAR SES CINQ JEUNES DEMOISELLES.

MONSIEUR MODESTE.

SANS CHAGRIN, OU LE SOLDAT PHILOSOPHE.

LES COULEURS. CHANSONNETTE. (Juin1823.)

L’ORDRE DU JOUR.

TROU LA LA. RONDE BACHIQUE.

LES MASQUES. (février1823.)

LA DOUBLE IVRESSE.

LE ROI DE LA FÈVE.

AUX FEMMES. Air: Eu amour comme en amitié. (De Colallo.

AH QUEL NEZ! OU LE NEUF OCTOBRE1823.

MON DOCTEUR. CHANSON TROUVÉE SOUS L’OREILLER D’UNE JEUNE MALADE QUI VENAIT DE PARTIR, PAR ORDRE DE SON ESCULAPE, POUR PRENDRE les eaux d’Enghien.

RÉFLEXIONS DE LATULIPE LE BONHEUR DES MARIS.

LA TULIPE FRANÇAIS ET TROUBADOUR. COUPLETS GRIVOIS A L’OCCASION DU RETOUR DE S.A.R. MONSEIGNEUR LE DUC D’ANGOULÊME. (décembre1823.)

LE DRAPEAU FRANÇAIS.

LE CRÉATEUR ET LA CRÉATURE.

LES MANTEAUX.

PARIS. CHANSON ADRESSÉE A MES AMIS DE ROUEN.

N’OUBLIEZ PAS LA FILLE. HISTORIETTE.

LAURETTE. ROMANCE.

LA CRÉATION D’ÈVE ET LA CHUTE DU PREMIER HOMME. (POT POURRI.)

AUX FILLES D’ÈVE.

LE VIN ET LES CHANSONNETTES. RONDE DE TABLE.

LA FILLE QUI A PEUR DES ENFANS. HISTORIETTE.

SI TU VOULAIS. ROMANCE.

POURQUOI RIEZ-VOUS? POURQUOI NE RIEZ-VOUS PAS?

ÉLOGE DE LA DANSE. RONDE A DANSER.

LE PALAIS ET LA CHAUMIÈRE. COUPLETS CHANTÉS PAR DEUX JEUNES DEMOISELLES A S.A. R. MADAME, DUCHESSE D’ANGOULEME, Le31décembre1824.

LE CHAR DE LA VIE.

Chansons, Romances, etc.

Par A. Jacquemart,

SERGENT MAJOR Il5o REGIMENT D’INFANTERIE DE LA GARDE ROYALE.


Paris,

Chez HUBERT, Librairie, Palais-Royal, galerie de bois, D. 222.

Chez PETIT, galerie du bois, côté du jardin.

Chez MONGIE, Bouleieu des Italiens.

1825.


CHANSON-PRÉFACE.

Table des matières

Air: Quand c’est parti, ça De raient plus. (De Plantade.)

EST-CE un rêve? eu notre caserne

J’entends agiter des grelots.

Armé d’un flacon de Sauterne,

Momus nous adresse ces mots:

«Pourquoi briser le luth sonore,

Seul bien des panures troubadours?

Chantes, soldats, chantes encore. (bis.)

Chantes, soldats, chantes toujours. (bis.)

Jeunes preux, que l’honneur engage,

Soyez piquans, vifs et légers.

Riez du burlesque langage

De ces loups devenus bergers.

Qu’un gai refrain qui vient d’éclore

Etouffe leurs pesans discours:

Chantez, soldats, chantez encore.

Chantez, soldats, chantez toujours.

Voyez fuir les noires ténèbres.

Un rayon pur frappe vos yeux!

N’entonnez plus d’hymnes funèbres.

Français, par vos refrains joyeux.

Saluez cette douce aurore

Présage de glorieux jours!

Chantez, soldats, chantez encore.

Chantez, soldats, chantez toujours.

Pour égayer une campagne

Les preux soldats du tems jadis

Chantaient auprès de Charlemagne;

Chantez, Morbleu, sous Charles-Dix!

Ce bon roi, que la France honore,

Sourit aux plaisirs, aux amours.

Chantez, soldats, chantez encore.

Chantez, soldats, chantez toujours.»

LE JOUR DE REVUE.

Table des matières

INSPECTONS nos effets, relevons nos moustaches,

On va jeter sur nous un regard scrutateur:

D’un bon soldat les habits et l’honneur

Doivent toujours être sans taches.

VIVE LA FRANCE!
CHANT HÉROÏQUE.
(Décembre1822.)

Table des matières

Air: De Roland.

ILS reviendront ces temps heureux

De l’antique chevalerie

Où l’on voyait combattre un preux,

Pour l’honneur et pour sa patrie.

Comme nos anciens chevaliers,

Que la gloire élève nos âmes;

Et gravons sur nos boucliers:

Dieu, le roi, l’honneur et les dames.

CHŒUR.

Soldats, de notre beau pays

Soyons la plus noble espérance,

Et répétons près de Louis:

Tout à l’honneur! (bis) Vive la France! (bis).

Clio burine nos succès,

Et nos yeux répandent des larmes!

Que penseront-ils des Français

Ceux que firent trembler leurs armes?

Nobles Francs, au lieu de pleurer

Après des conquêtes si belles,

N ’est-il pas plus beau d’espèrer

D’en faire bientôt de uouvelles?

Soldats, (etc.)

Les braves, dit-on, rie sont plus!

Ah! pour nous soldats quel outrage!!!

Trève à des regrets superflus;

Doutons-nous de notre courage?

Pourquoi gémir sur des tombeaux,

Et nous confondre en plaintes vaincs?

Le sang de ces braves héros

Ne coule-t-il pas dans nos veines!

Soldats, (etc.)

Livrés à l’amour, aux beaux-arts,

Nous laissons reposer la terre;

Mais pour défendre nos remparts

Nous reprendrons le cimeterre.

Amans et guerriers tour à tour,

Malgré vos cris, ligue félonne,

Nos noms pourront briller un jour

Sur l’airain d une autre colonne!

Soldats, (etc.)

O toi, par l’erreur exilé,

Qui vas sur un lointain rivage

étendre ton corps mutilé

Sous la cabane d’un sauvage,

Reviens sous nos ombrages frais

Cultiver un sol plus fertile,

Et que la France désormais

Des Français soit le champ d’asile!

Soldats, de notre beau pays

Soyons la plus noble espérance,

Et répétons près de Louis:

Tout à l’honneur! (bis.) Vive la France! (bis.)

ENSEIGNEMENT MUTUEL.

Table des matières

Ait: De Colallo.

Les vieux guerriers, dont nous sommes enfans

Dans les camps seront nos modèles,

Nous suivrons leurs pas triomphans:

Ces braves à l’honneur seront toujours fidèles.

En partageant notre gloire et nos maux,

Ils doubleront notre courage:

Tel un vieux chêne abattu par l’ogage (bis.)

Soutient encor ses flexibles rameaux. (bis.)

COUPLET
IMPROVISÉ A UN DINER DONNÉ A L’AUTEUR
PAR PLUSIEURS OFFICIERS.

Table des matières

Air: Restez, restez, troupe jolie.

BRAVANT l’ennuyeuse étiquette,

Ne vois-je pas, en ce moment,

Se frotter ma rouge épaulette

A celle de mon lieutenant? (bis)

De cet accueil je me fais gloire,

Songeant, en cetinatant Sétieur (bis.)

Que celui qui me verse à boire

Sera mon guide au champ d’honneur.

LE SOUVENIR.

Table des matières

J’ADOUCIS les cruels tourments

Que nous fait éprouver l’absence.

Je suis le trésor des amants

Quand ils ont perdu l’espérance.

LE DORMEUR.

Table des matières

Air: De Lantara.

Vous dont la carrière est remplie,

Vous me reprochez chaque jour

De dormir avec ma folie

Entre le plaisir et l’amour. (bis.)

Laissez-moi prendre pour l’aurore

Le jour qui s’avance à grand pas:

Mes songes sont ai doux encore ! (bis.)

Voilà pourqoi je ne m’éveille pas. (bis.)

Qu’entends-je? des chants de victoire!

Bellone crie à m’assourdir:

«Aux armes! Veille pour la gloire.»

De grâce laissez-moi dormir!

Près de la belle que j’adore

Je livre de plus doux combats:

Mes songes sont si gais encore!

Voilà pourquoi je ne m’éveille pas.

Mais, grand Dieu! sur ma main brûlante

Qui vient poser sa froide main?....

A sa démarche chancelante

Je reconnais le pauvre Hymen.

Triste Dieu qu’un souci décore,

On ne dort plus entre tes bras:

Mes songes sont si doux encore.

Voilà pourquoi je ne m’éveille pas.

Qui m’appelle? Ah! c’est toi, Sagesse!

Il est trop tôt pour m’éveiller.

Vois ce myrte que la tendresse

A posé sur mon oreiller.

D’Amour la voix est plus sonore;

O Minerve, parle plus bas!

Mes songes sont si doux encore!

Voilà pourquoi je ne m’éveille pas.

Vous approchez, tristes veillées,

Je sens déjà le poids des ans;

Ah! sous des roses effeuillées

Cachons mes premiers cheveux blancs.

Je vois plus d’une fleur éclore;

La foulerais-je sous mes pas?

Mes songes sont si doux encore!

Voilà pourquoi je ne m’éveille pas.

COLAS A COLETTE.
ROMANCE VILLAGEOISE.

Table des matières

Air: A peine au sortir de l’Enfance.

N’HÉSITE plus, ô ma bergère!

Que tous mes vœux soient accomplis;

Tu peux demander à ma mère

Les Colas font de bons maris.

Ali! lorsque l’hymen qui s’apprête

Nous tiendra tous deux dans ses lacs,

Colette, sois toujours Colette ; (bis.)

Moi, je serai toujours Colas. (bis.)

Pour éclipser nos pastourelles,

Tu pourras porter à ton choix

Rubans, bijoux, fines dentelles:

A tout je donnerai ma voix.

Des dépenses de ta toilette

Crois que je ne me plaindrai pas:

Colette, sois toujours Colette;

Moi, je serai toujours Colas!

Quand tous les bergers du village

Te cajoleraient tour à tour,

Je n’en prendrais jamais d’ombrage:

Pourrais-tu trahir notre amour?

Si dans le bois tu vas seulette,

Jamais je n’y suivrai tes pas:

Colette, sois toujours Colette;

Moi, je serai toujours Colas.

Si le sort pour un long voyage

M’éloignait de notre canton,

A mon retour dans mon ménage,

Si je trouvais gentil poupon,

Loin d’en avoir l’ame inquiète

Je le bercerais dans mes bras.

Colette, sois toujours Colette;

Moi, je serai toujours Colas.

Je crois à ta vive tendresse,

A ta douceur, à ta bonté,

A ta candeur enchanteresse,

Surtout à ta fidélité.

Je te crois sensible et discrète;

De tes vertus je fais grand cas:

Colette, sois toujours Colette;

Moi, je serai toujours Colas.

LE PÈRE LACHAISE.
ROMANCE.

Table des matières

DANS ce séjour si doux et si paisible,

Où l’homme dort avec ses vains projets,

J’aime à rêver sur le marbre insensible

Qui me dérobe à de tristes objets.

Quel calme heureux règne dans cet asile

Quand on gémit dans nos brillans châteaux!

Fiers habitans des tombeaux de la ville. (bis.)

Ah ! salue la ville des tombeaux ! (bis.)

Incline-toi, mortel que la fortune

Dès le berceau nomma son favori;

Jette un regard sur la tombe commune:

Du malheureux voilà le seul abri.

Le pauvre dort sous la couche d’argile,

Comme le prince en ses vastes caveaux.

Fiers habitans des tombeaux de la ville,

Ah! saluez la ville des tombeaux!

Dans ce séjour où l’esprit s’alimente,

Jeunes auteurs, saisissez un crayon!

Prosternez-vous: cette terre est brûlante!

Il s’en élève un céleste rayon!

Devant Grétry, La Fontaine et Delille

Vous pâlissez, météores nouveaux!

Fiers habitans des tombeaux de la ville,

Ah! saluez la ville des tombeaux!

Bouillans guerriers, émules de Bellone,

Qu’au champ d’honneur la gloire environna,

Ah! contemplez la dernière couronne

Que le destin accorde à Massena!

Que nous apprend son cadavre immobile?

Le marbre seul décèle le héros!

Fiers habitans des tombeaux de la ville,

Ah! saluez la ville des tombeaux!

Quand l’homme échappe aux tourmens qu’il endure

Dans le néant il craint d’être abîme.

Pourquoi ce doute? au sein delà nature

Je ne vois rien qui ne soit animé.

Ici des morts la poussière subtile

Se mêle aux fleurs, aux naissans arbrisseaux...

Fiers habitans des tombeaux de la ville,

Ah! saluez la ville des tombeaux!

MES CHATEAUX EN ESPAGNE,
OU
DEUX HEURES DE FACTION.
(RÊVE.)

Table des matières

Air: Il se croira dans un parterre.

MINUIT sonne! et sur ma guérite

Phœbé jette un pâle reflet:

Pour que le temps passe plus vite,

Rêvons quelque joli projet.

Un instant battons la campagne.

Momus, agitant ses grelots,

M’invite à le suivre en Espagne, (bis.)

Pour y bâtir quelques châteaux. (bis.)

En cessant d’être militaire

Je ne veux, loin d’être envieux,

Qu’une cabane solitaire

Dans un vallon silencieux.

Loin du tumulte de la ville,

N’ayant pour voisin que.... l’écho.

Là je vivrai bien plus tranquille

Que dans un superbe château.

J’y composerai mainte strophe

Sur mes amours, sur mes regrets....

Mais hélas! pauvre philosophe!

Seul en ces lieux tu t’ennuierais.

Eh bien! prenons gente bergère,

Simple comme on l’est au hameau:

Elle saura bien mieux me plaire

Que la maîtresse d’un château.

De ma gentille ménagère

Je vois la taille s’arrondir!

Déjà sur la verte fougère

Je vois mon premier-né courir!

Non, rien ne manque à mon ivresse;

Puis-je avoir un désir nouveau?

J’éprouve tout, amour, tendresse!!

Biens méconnus dans un château.

Je me vois une pépinière

De ces doux fruits de mon amour.

Ma pauvre petite chaumière

Ne peut me suffire en ce jour.

Il faut songer à mon ménage.

Eh bien!.... au bord de ce ruisseau

Aggrandissons notre héritage;

Bâtissons.... un petit château.

Me voilà bien plus à mon aise!

Mais il me faut changer d’habit.

Qu’un tailleur m’affuble à l’anglaise.....

Puis mon jardin est trop petit.

Achetons ce canal en face,

Ces bois, ce verger, ce coteau:

C’est le moins que j’aille à la chasse

En habitant dans un château.

Là-bas, auprès de ce platane,

Quel est ce mauvais galetas?

Grand Dieu! c’est ma pauvre cabane!

Je ne la reconnaissais pas.

De moi, crainte qu’on ne se moque,

Allons, Frontin, prends un marteau;

Vite abats-moi cette bicoque:

Elle embarrasse mon château.

Qu’en tends-je? les gens du village

M’appellent tous leur bon seigneur!

Ils viennent pour me rendre hommage:

Ah! quel honneur!.... ah! quel honneur!...

Mais quoi!.... cela n’était qu’un rêve?

Un fruit de mon faible cerveau!....

Quelqu’un s’approche… on me relève!

Adieu plaisirs, honneurs, château!!!

De l’homme telle est la manie;

Jamais content de son destin,

On le voit dépenser sa vie

En souhaits pour le lendemain.

Ce qui dans l’instant sut lui plaire

Cesse de lui paraître beau:

Il désire dans sa chaumière,

Il désire dans son château.

3,93 ₼

Janr və etiketlər

Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
15 yanvar 2025
Həcm:
101 səh. 2 illustrasiyalar
ISBN:
4064066300630
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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