Kitabı oxu: «Encyclopédie de la photographie sur papier, collodion, verre négatif et positif, et sur toile»

Şrift:

Adolphe Legros

Encyclopédie de la photographie sur papier, collodion, verre négatif et positif, et sur toile


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066335786

Table des matières

AVANT-PROPOS.

PHOTOGRAPHIE

SUR VERRE, COLLODION, ÉPREUVES NÉGATIVES.

COLLODION.

CHAPITRE I er .

CHAPITRE II.

CHAPITRE III.

CHAPITRE IV.

CHAPITRE V.

CHAPITRE VI.

CHAPITRE VII.

CHAPITRE VIII.

CHAPITRE IX.

CHAPITRE X.

PAPIER POSITIF.

CHAPITRE XI.

CHAPITRE XII.

CHAPITRE XIII.

CHAPITRE XIV.

CHAPITRE XV.

CHAPITRE XVI.

CHAPITRE XVII.

§ 1 er .

§ 2.

CHAPITRE XVIII.

CHAPITRE XIX.

CHAPITRE XX.

CHAPITRE XXI.

CHAPITRE XXII.

INSTRUMENTS.

CHAPITRE XXIII.

§ 1 er .

§ 2.

CHAPITRE XXIV.

CHAPITRE XXV.

CHAPITRE XXVI.

CHAPITRE XXVII.

CHAPITRE XXVIII.

CHAPITRE XXIX.

CHAPITRE XXX.

COLORIS DES ÉPREUVES PHOTOGRAPHIQUES.

CHAPITRE XXXI.

§ 1 er

§ 2.

§ 3.

§ 4.

§ 5.

CHAPITRE XXXII.

CHAPITRE XXXIII.

CHAPITRE XXXIV.

CHAPITRE XXXV.

§ 1 er .

§ 2.

§ 3.

§ 4.

§ 5.

§ 6.

§ 7.

PHOTOGRAPHIE SUR PLAQUÉ D’ARGENT, OU DAGUERRÉOTYPE.

CHAPITRE XXXVI.

CHAPITRE XXXVII.

CHAPITRE XXXVIII.

CHAPITRE XXXIX.

CHAPITRE XL.

CHAPITRE XLI.

CHAPITRE XLII.

CHAPITRE XLIII.

CHAPITRE XLIV.

CHAPITRE XLV.

CHAPITRE XLVI.

CHAPITRE XLVII.

CHAPITRE XLVIII.

CHAPITRE XLIX.

CHAPITRE L.

CHAPITRE LI.

CHAPITRE LII.

CHAPITRE LIII.

CHAPITRE LIV.

CHAPITRE LV.

CHAPITRE LVI.

CHAPITRE LVII.

CHAPITRE LVIII.

CHAPITRE LIX.

CHAPITRE LX.

CHAPITRE LXI.

CHAPITRE LXII.

CHAPITRE LXIII.

CHAPITRE LXIV.

CHAPITRE LXV.

POLISSAGE.

FIXAGE.

CHAPITRE LXVI.

MANIÈRE DE PROCÉDER.

CHAPITRE LXVII.

§ 1 er

§ 2.

CHAPITRE LXVIII.

§ 1 er .

§ 2

CHAPITRE LXIX.

CHAPITRE LXX.


AVANT-PROPOS.

Table des matières

Depuis l’admirable invention de Daguerre pour fixer les images de la chambre obscure, et former ainsi, par la seule influence de la lumière, des dessins d’une perfection infinie, bien des améliorations ont été apportées à l’art photographique par de laborieux et patients artistes.

La possibilité de fixer les images de la chambre noire était connue dès le siècle dernier, mais on ne pouvait obtenir qu’une ombre fugitive, et pour cette cause la découverte ne promettait aucun résultat utile, puisqu’il était impossible de conserver les images que le rayon solaire avait dessinées, et que ces mêmes images devenaient complétement noires aussitôt qu’on les exposait à la lumière du jour.

Enregistrer pas à pas les améliorations qui arrivent chaque jour dans la photographie, est pour nous un devoir que nous avons pris l’engagement de remplir.

Maintenant que cet art s’est enrichi de découvertes remarquables, nous venons prouver au monde daguerrien et photographique que nous continuons de suivre progressivement et sans relâche les nouvelles découvertes qui enrichissent chaque jour cette science sublime, à laquelle nous sommes pour ainsi dire identifié.

Des artistes distingués, des savants, des hommes d’un grand talent et d’un grand mérite, se sont occupés de cet art. Nous avons étudié les ouvrages des maîtres en photographie et chimie, pour nous rendre un compte exact des nouveaux perfectionnements qui ont pris naissance depuis quelques années dans cet art si fertile en découvertes; nous avons reconnu qu’une longue expérience et beaucoup d’argent dépensé pour la science photographique nous donnaient le moyen de faire ce qui était impossible à d’autres.

Notre but n’a pas été de faire un ouvrage scientifique ni historique, mais bien un traité complet pratique et facile à comprendre.

Si quelques répétitions se trouvent dans cet ouvrage, c’est que nous avons voulu éviter au lecteur l’obligation de faire des recherches d’un ouvrage à l’autre.

La photographie prend une extension considérable; le collodion, ce produit connu depuis deux ou trois ans à peine, donne maintenant à nos plus grands praticiens ces magnifiques épreuves sans retouche ou coloriées, qui font l’admiration du public et la gloire de l’artiste.

C’est au milieu d’une telle marche que nous avons voulu apporter au monde artistique le dernier complément que nous avons cru nécessaire pour obtenir un plein succès.

Nous disons avec conviction aux artistes: Suivez pas à pas la méthode que nous vous indiquons, et vous êtes sûrs d’obtenir sans cesse des résultats non-seulement satisfaisants, mais encore admirables de fini, d’exécution et de composition.

Une lacune existait dans les traités de photographie parus jusqu’à ce jour; presque personne n’avait parlé du coloriage des épreuves photographiques, soit à l’aquarelle, soit à l’huile; cette lacune, nous avons voulu la combler: on trouvera dans cet ouvrage un traité complet de la retouche, qui, comme chacun le sait, est le complément de la photographie pour tout opérateur portraitiste. Nous nous sommes étendu assez longuement sur cette partie de l’art; nous avons voulu que quiconque a travaillé la peinture, s’il fait bien attention à toutes les recommandations que nous avons faites, puisse colorier des épreuves photographiques après peu d’essais.

Dans le travail que nous publions, nous aurons atteint en grande partie notre but, si nous parvenons à initier chacun aux secrets du coloriage des épreuves.

Depuis quinze ans que nous cherchons à perfectionner le procédé de Daguerre, à l’améliorer de toutes les manières, nous venons, fier de notre expérience, offrir au public un ouvrage dans lequel il trouvera cette devise: «Vérité, sécurité, progrès.»

La photographie, cet art sublime, ne peut que rencontrer les sympathies de tous; des milliers de bras ne sont-ils pas employés chaque jour aux travaux de toute nature qu’elle nécessite? Que d’hommes, auparavant inoccupés, ont trouvé dans cette partie une profession honorable! L’artiste y trouve une occupation utile, une récompense honnête à ses travaux; le chimiste y a trouvé l’application de ses produits; le physicien, celle de ses principes et de ses lois; l’amateur, un moyen d’occuper agréablement ses loisirs; tous, enfin, ont une part dans le champ d’une science dont Dieu seul peut connaître le terme.

Honneur donc à Daguerre, dont l’admirable découverte fait vivre tant de familles et sera la source de tant de jouissances! Quelle est la mère qui ne sera heureuse de voir la reproduction fidèle d’un enfant aimé ? Quel est l’enfant qui ne sentira son cœur se serrer en contemplant les traits d’un père ou d’une mère chéris, trop tôt enlevés à sa tendresse?

Daguerre et Niepce, deux noms qui désormais sont inséparables et vivront dans tous les cœurs pour avoir facilité aux gens peu aisés de pouvoir, eux aussi, posséder le portrait d’une personne aimée! Quel est l’ouvrier qui pouvait dépenser 100 ou 200 fr. pour avoir un portrait où il manquait encore souvent la chose principale, la ressemblance?

Eh bien! cet homme maintenant pourra voir ses vœux comblés, sans que pour cela il soit forcé de dépenser une somme qui peut lui servir à procurer un certain bien-être à sa famille. La découverte de ces hommes de génie a mis ainsi à la portée de tout le monde une chose à laquelle la classe aisée de la société pouvait seule prétendre.

L’étonnement, qui au commencement marquait chaque découverte de la photographie, s’est changé en admiration pour les hommes éminents qui, tous les jours encore, s’occupent et réussissent à faire une foule de découvertes utiles à ce bel art.

Nous avons réuni dans cette méthode les procédés sur collodion, albumine, papier positif, verre positif, toile, stéréoscope, plaqué d’argent; procédé pour faire rapidement les épreuves positives sur papier, grossissement des petites épreuves; procédés sur ivoire naturel ou factice et boule concave de cristal (presse-papier). Nous avons voulu ainsi publier tous les procédés dans un seul ouvrage, afin d’éviter à l’artiste l’obligation d’acheter sans cesse de nouvelles brochures. En suivant d’un bout à l’autre celle que nous publions, il y trouvera tout réuni.

La plus belle récompense que nous puissions espérer, comme fruit de notre travail, est cette part d’estime que tout artiste est fier d’avoir méritée en travaillant pour son art.

LEGROS,

Palais-Royal, galerie de Valois, 116.

PHOTOGRAPHIE

Table des matières

SUR VERRE, COLLODION, ÉPREUVES NÉGATIVES.

Table des matières

COLLODION.

Table des matières

CHAPITRE Ier.

Table des matières

Polissage des glaces.

Le poli de la glace est une des opérations essentielles, car de lui dépend la bonne réussite des épreuves, jamais on ne fera rien avec une glace mal polie.

Il faut choisir des glaces bien pures, exemptes de raies et de ce sablé qui se rencontre assez fréquemment dans les verres doubles ordinaires dont quelques artistes se servent; nous préférons de beaucoup nous servir de belles glaces ordinaires, bien choisies, qui sont plus chères, il est vrai, mais qui méritent d’être mises au premier rang, et qui, par les bonnes réussites qu’elles donnent, compensent très-bien le prix qu’elles coûtent, en évitant les accidents qui arrivent si souvent parce que les glaces ne sont pas dans les conditions voulues.

Une glace peut servir un grand nombre de fois: cependant il vient un temps où presque toujours il se forme dessus un amalgame d’argent, qui une fois commencé va toujours en augmentant et qu’on ne peut jamais enlever tout à fait convenablement. Une glace sur laquelle ce défaut arrive doit être mise au rebut immédiatement; non-seulement cela occasionne des taches, mais encore, à la place où ces défauts ont pris racine, le collodion, en séchant, s’enlève de dessus la glace, et le portrait part complétement. Il est très facile de reconnaître cet accident en polissant les glaces; il forme comme des marbrures métalliques, qui se voient très-bien quand la glace est nettoyée.

C’est un des accidents les plus graves qui arrivent dans le polissage de la glace, si on ne s’en aperçoit pas pour le prévenir.

Avant d’entrer en matière pour le polissage de la glace, recommandons à l’artiste la plus grande propreté dans ce nettoyage, comme dans toutes les opérations qui suivront; car sans une propreté excessive, la photographie est complétement impossible.

Pour polir la glace, il faut d’abord, si c’est une glace neuve, la bien essuyer avec un chiffon ou une peau; si au contraire c’est une glace qui ait déjà servi, sur laquelle il y ait une épreuve, elle doit tremper dans l’eau acidulée d’acide nitrique, pendant au moins une demi-heure; la bien laver ensuite avec de l’eau ordinaire, laisser égoutter un peu et sécher avec un torchon; en prendre un autre plus sec, pour finir de la sécher complétement.

Lorsque nous sommes pressé et que nous manquons d’acide nitrique, nous mettons aussi nos glaces tremper tout simplement dans l’eau ordinaire; nous nous trouvons presque aussi bien de cette manière que de l’autre. Cependant, lorsque ce sont des glaces sur lesquelles il y a depuis longtemps déjà des épreuves, il vaut mieux les faire tremper dans l’eau acidulée. Par l’autre méthode, il reste quelquefois une silhouette de l’ancien portrait, au lieu que l’acide nitrique enlève complètement jusqu’ aux moindres traces de cette épreuve.

Lorsque la glace, vieille ou neuve, se trouve ainsi parfaitement nettoyée et séchée, on la couvre d’une poudre, nommée photogine, qui se trouve chez les marchands de produits chimiques. Cette poudre, qui est de couleur blanche, enlève complétement, sans qu’il en reste trace, les taches qui se trouvent sur la glace.

Quand on en a couvert la glace, comme nous l’avons dit, y verser quelques gouttes d’alcool, frotter avec un tampon de coton ou avec un chiffon bien mou, laisser ensuite bien sécher cette pâte sur la glace pendant 5 à 10 minutes; un peu plus, un peu moins, ne signifie absolument rien. Cette opération doit être faite des deux côtés de la glace.

Lorsqu’elle est bien sèche, enlever cette poudre et en nettoyer convenablement la glace avec un tampon de coton ou un chiffon, de manière à ce qu’il n’en reste pas du tout. Prendre alors, sur un morceau de papier joseph, ou papier de soie, quelques gouttes d’éther rectifié ; passer promptement sur les deux côtés de la glace. Cette opération doit être faite très-vivement, l’éther étant un produit très-volatil qui s’évapore aussitôt qu’il est à l’air.

Il faut éviter, autant que possible, de se servir de l’éther à la lumière des bougies ou des lampes; ce produit est une matière très-inflammable, il ne faudrait qu’une goutte qui irait toucher la flamme pour faire un encendie considérable; d’autant mieux que les laboratoires des photographes sont toujours garnis de collodion, éther, alcool, etc., toutes matières prenant feu très-facilement.

Il faut donc, autant que possible, éviter de se servir de ces produits dans le cabinet noir, lorsque les opérations que l’on fait nécessitent d’avoir ou une bougie ou une lampe allumée. Du reste, en prenant de grandes précautions, on peut empêcher ces accidents d’arriver; comme il faut quelquefois peu de temps pour occasionner un malheur, nous croyons bon d’avoir fait ces recommandations dans l’intérêt de chacun.

Lorsque les deux côtés de la glace ont été bien imprégnés d’éther, on prend une peau de chamois ou de daim, arrangée en forme de tampon, et on frotte vigoureusement jusqu’à ce qu’on voie la glace bien propre; on souffle dessus, on prend un autre tampon de peau complètement sec, et on passe immédiatement sur la buée, ce qui aide beaucoup à donner du poli et du brillant à la glace, et à la rendre bien pure. Cette opération doit être faite trois ou quatre fois; il faut au moins 10 minutes pour polir convenablement une glace.

Lorsqu’on la jugera convenablement polie, on la transportera, afin de la mettre à l’abri des taches et de la poussière, dans une boîte nommée boîte à glaces, dont la description sera donnée ci-après.

Aux yeux des personnes peu expérimentées, polir une glace n’offre aucune espèce de difficulté ; ce n’est, dira-t-on, qu’un carreau à nettoyer très proprement. Ceux qui pensent ainsi sont dans une erreur complète et qu’il est bon de faire disparaître; la plus petite poussière, le moindre corps gras, amèneraient sans aucun doute des résultats déplorables: l’une occasionnerait une tache certes beaucoup plus forte qu’elle ne l’est en réalité, à cause de la traînée qui se forme entre le collodion et la glace; l’autre occasionnerait non-seulement la perte de l’épreuve, mais encore celle du bain de nitrate d’argent, que la moindre tache de graisse peut empêcher complètement d’être propre à donner des épreuves.

Nous ne saurions trop recommander la propreté, comme premier principe de la photographie. Nous espérons que les artistes, et surtout les commençants, à qui nous nous adressons particulièrement, comprendront toute la portée de nos conseils, et qu’ils les suivront, puisque c’est en même temps pour eux meilleure réussite, économie de temps, car il faut recommencer une mauvaise épreuve; et par cela même, c’est aussi une économie d’argent.

Nous nous servons, pour conserver les glaces à l’abri de la poussière, de boîtes en sapin auxquelles nous donnons le nom de boîtes à glaces. Ces boîtes sont carrées et de la grandeur des glaces; elles ont des rainures pratiquées sur les deux côtés, de manière que les glaces entrent chacune dans leur rainure. Les boîtes dont nous nous servons ont de douze à dix-huit rainures; nous préférons cela à les avoir plus fortes; il vaut mieux en avoir plusieurs qu’une seule qui serait gênante.

Avec ces boîtes fermant hermétiquement, on est presque toujours sûr de n’avoir aucune poussière ni saleté sur les glaces polies. On se sert de boîtes pareilles pour conserver les clichés une fois faits.

Beaucoup d’artistes se servent, pour polir les glaces, d’une planchette dont voici la description: un bâton à vis et deux planches, dont une mobile que l’on fait aller où on veut, en serrant ou en éloignant la vis, afin qu’elle puisse servir pour toutes les grandeurs; on met la glace entre les deux planches, qui possèdent des rebords sur lesquels on place la glace que l’on veut polir. La planchette a deux bâtons de soutien à chaque bout des planches. Cette méthode est très-bonne; nous préférons cependant employer le procédé le plus simple, qui consiste à polir au bout de la main.

Éviter avec soin, dans le polissage des glaces, de mettre les doigts ailleurs que sur les angles; car, en frottant avec la peau, celle-ci promènerait sur toute la surface de la glace la graisse qu’auraient pu y laisser les mains, et l’on serait obligé de recommencer le poli, comme si on n’avait rien fait.

La, meilleure manière dé tenir la glace est celle-ci: un angle appuyé contre la poitrine, et tenir celui qui lui fait face, entre le pouce et l’index de la main gauche; frotter de la droite avec la peau.

Les conditions que nous avons posées pour la bonne réussite ayant été suivies, passons à l’opération du collodionnage.

CHAPITRE II.

Table des matières

Collodionner la glace.

Lorsqu’on est sur le point de verser le collodion sur la glace, on doit prendre de nouveau la peau qui sert à polir, et frotter pendant quelques instants très-vigoureusement, de manière à échauffer un peu le verre; le collodion y est alors beaucoup plus adhérent.

Il faut avoir un blaireau comme ceux dont on se sert pour prendre l’or en feuilles; ce blaireau est large, peu épais et attaché après une feuille de carton; il sert à enlever les dernières poussières qui peuvent se trouver sur la glace, au moment juste du collodionnage.

Prendre la glace entre le pouce et l’index de la main gauche, tenir son flacon à collodion de la droite, et, tenant la glace bien droite, verser dessus une quantité suffisante de collodion pour la couvrir en entier; bien faire attention cependant que l’angle que tient la main doit être épargné ; en venant toucher le pouce, la couche de collodion enlèverait de l’humidité des mains, qui occasionnerait une tache d’un bout à l’autre de la glace.

Il faut aussi bien faire attention, en versant le collodion, de le faire marcher également, de manière à ne former aucunes stries ni épaisseurs. Lorsque la glace est convenablement recouverte de collodion, on renverse l’excédant, par un angle, dans le flacon à collodion, qui doit toujours être prêt à le recevoir. Ce flacon ne doit pas être bouché tant que l’opération n’est pas finie; mais, aussitôt terminée, on doit le boucher de suite, pour éviter l’évaporation; car, comme il entre dans la composition du collodion beaucoup d’éther et d’alcool, qui sont deux substances s’évaporant facilement, il faut faire attention qu’il soit toujours bouché, sans cela il deviendrait épais et l’opération serait moitié et trois fois plus longue.

L’éther et l’alcool sont employés pour rendre le collodion liquide; s’ils sont évaporés, naturellement le collodion redevient ce qu’il était auparavant, c’est-à-dire très-épais, et il devient presque impossible d’obtenir des épreuves avec du collodion dans de pareilles conditions.

Lorsque la couche de collodion est bien étendue sur la glace, il faut qu’elle sèche un peu, sans quoi on aurait sur l’angle collodionné le dernier une énorme tache blanche qui couvrirait ou la moitié des habits ou la moitié du fond; si, au contraire, on avait laissé trop sécher, le collodion perdrait une partie de sa sensibilité, et l’opération serait moitié plus longue, quelquefois plus. Le collodion est plus ou moins de temps à sécher, suivant la température; dans un temps très-chaud, il est sec au bout de 10 ou 15 secondes, quelquefois instantanément; si, au contraire, il fait un temps très-humide, le collodion mettra moitié , trois quarts et une minute même, quelquefois davantage; la pratique apprendra à l’opérateur à quoi s’en tenir sur ce sujet.

Il faut avoir le soin, lorsqu’on verse le collodion sur la glace, de ne pas approcher celle-ci de la lumière, de même que le flacon à collodion; la moindre étincelle pourrait mettre le feu à la glace et déterminer une explosion, même un incendie considérable. Il faut donc toujours être à une distance de 15 ou 20 centimètres de la bougie. Pour éviter les accidents qui peuvent arriver avec l’éther et le feu, quelques artistes ont eu l’idée de remplacer la bougie par des carreaux dépolis en jaune, qui donnent à peu près la lumière diffuse de la chandelle; cependant, nous préférons prendre de grandes précautions et faire nos préparations dans un cabinet noir éclairé par une faible bougie. Ayant expérimenté l’autre moyen, nous avons reconnu que la lumière avait toujours de l’influence sur la réussite des épreuves. On a des tons gris; les ombres, les demi-teintes et les lumières sont confondues; l’épreuve que l’on obtient n’a ni cette vigueur ni ce relief qui constituent un bon portrait.

En tout cas, si l’opérateur voulait expérimenter par lui-même une chambre éclairée par des carreaux jaunes, voici comment ils doivent être disposés: on fait dépolir des verres en couleur jaune, ou bien encore on achète des verres jaunes tout faits, et on forme une fenêtre qui se trouve placée autant que possible de manière à donner une égale lumière dans toute la chambre. Avec ce système on ne pourrait toujours pas se dispenser de mettre un rideau vert sombre devant la fenêtre au moment de la troisième opération, traitant de la sensibilisation de la glace.

Lorsque la glace est ainsi collodionnée dans de bonnes conditions de lumière, d’épaisseur et de propreté, on la transporte dans le bain sensibilisateur.

CHAPITRE III.

Table des matières

Sensibiliser la glace.

La glace simplement collodionnée n’est pas sensible à la lumière; on exposerait à la chambre noire après avoir collodionné, que l’on n’obtiendrait aucune épreuve; il faut donc rendre la couche de collodion sensible; c’est ce qui fera l’objet de ce chapitre.

Dans le fond d’une cuvette en porcelaine ou faïence, plus grande environ de 3 ou 4 centimètres sur tous sens que la glace qu’on veut employer, on met une pièce de 5 francs, à la distance où doit venir tomber le bord supérieur de la glace, pour empêcher que le collodion touche le fond de la cuvette, ce qui le déchirerait, ou tout au moins occasionnerait des taches.

Cette bassine doit contenir la solution suivante, en plus ou moins grande quantité, suivant la grandeur de la glace:


Lorsqu’on trempe la glace dans ce bain, elle doit toujours en être parfaitement recouverte.

Quand on croit la couche de collodion convenablement sèche, on plonge la glace, le côté collodionné en dessous, dans le bain ci-dessus indiqué, en ayant bien soin que le bord de la glace touche sur celui de la pièce de 5 francs.

Lorsque la glace est plongée dans le bain sensibilisateur, elle prend une couleur blanc nacré ; il faut généralement qu’en regardant avec une bougie, on voie cette teinte bien épaisse et bien unie. On remue légèrement la bassine dans tous les sens, et, prenant de la main droite un petit crochet en argent, manche en bois, ou bien simplement avec le doigt, on soulève la glace hors de l’eau, ce qui n’est pas difficile puisqu’elle est déjà un peu soulevée par la pièce de monnaie. Il n’y a rien de si facile que de passer le crochet en dessous, ou de lever avec le doigt; on soulève ainsi cinq ou six fois, en abaissant rapidement; la glace collodionnée doit rester dans ce bain de 1 minute à 1 minute et demie. Pour les opérateurs qui ne sont pas très au courant des opérations, ils pourront, lorsqu’ils croiront leur glace assez nitratée, approcher un peu la bougie et regarder la glace: tant qu’il y aura dessus des espèces de corps huileux qui forment comme des traînées sur la glace, il faudra la plonger de nouveau, et la laisser dans le bain jusqu’à ce que ces lignes soient complètement disparues. Lorsqu’elles le seront, mettre la glace dans le châssis, et aller faire l’opération de la chambre noire.

Pour des artistes qui ont l’habitude des manipulations, il vaut beaucoup mieux ne pas se servir de bougie et faire l’opération du nitrate d’argent sans aucune lumière; on doit même placer une planche, ou toute autre chose, entre le bain de nitrate et la bougie. Si, lorsque la glace est plongée dans le bain, elle ne prenait pas la couleur blanc nacré indiquée ci-dessus, il faudrait en chercher la cause, soit dans la vieillesse du collodion, qui perd beaucoup de sa sensibilité en vieillissant, soit dans le dosage du bain sensibilisateur.

Il existe une autre manière de nitrater les glaces: c’est d’avoir une cuvette verticale, au lieu d’être horizontale, soit en gutta-percha, soit en verre, qui doit être pleine jusqu’à l’endroit où vient la hauteur de la glace; on plonge celle-ci dans la bassine, on la laisse tomber sur un crochet disposé exprès pour la recevoir, et on la soulève de temps en temps; le temps qu’elle doit y rester est le même.

Mais les accidents tels que casser le collodion, avoir des stries, des traînées, étant beaucoup plus à craindre, nous préférons nous servir de la cuvette plate.

Après avoir terminé complètement l’épreuve, il arrive quelquefois des stries ou traînées qui se trouvent sur tout ou partie de la glace; cet accident peut être attribué à deux causes différentes: ou le collodion est trop clair, et il est facile d’ajouter, soit un peu de coton-poudre, soit un peu de collodion du commerce; il est alors épaissi et va très bien; ou bien on n’a pas laissé assez longtemps dans le bain sensibilisateur, l’argent s’est condensé par places sur la couche decollodion, et a formé des lignes qui gâtent complètement l’épreuve.

Comme nous l’avons déjà dit, il faut de 1 minute à 1 minute et demie pour que la glace soit convenablement sensibilisée.

Si après avoir plongé la glace dans le bain de nitrate d’argent, le collodion se déchirait, ce serait ou qu’il n’aurait pas un degré de ténacité convenable, et alors il faudrait l’épaissir comme nous venons de le dire; ou bien il ne serait pas resté assez longtemps à sécher. Dans les deux cas l’épreuve devrait être recommencée si la déchirure attaquait ou la figure ou les habits.

Lorsque la glace est assez nitratée, on la laisse égoutter dans la bassine, par un angle, pendant environ 5 ou 10 secondes; il ne faut cependant pas perdre de temps, la couche de collodion nitratée devenant beaucoup moins sensible en séchant.

On met la glace dans le châssis, le collodion en dessous, et on va faire l’opération de la chambre noire, autrement dit on va tirer l’épreuve. Nous donnerons plus tard la description du châssis ci-dessus mentionné.

CHAPITRE IV.

Table des matières

Exposition à la chambre noire.

Il faut donner au modèle la pose qui lui convient le mieux, soit assis, soit debout; dans l’un ou l’autre cas, il doit toujours être parfaitement d’aplomb, et avoir la tête fixée au moyen de l’appareil que nous appelons appui-tête.

Ayant choisi par avance l’endroit le plus favorable pour la lumière, on place la chambre noire sur le pied qui la supporte; on la dirige bien en face de la personne ou de l’objet que l’on veut reproduire, et par le moyen d’une vis d’engrenage qui permet d’éloigner ou de rapprocher l’objectif, on amène son modèle au foyer; c’est-à-dire que sur une glace dépolie qui se trouve placée derrière l’objectif, on voit l’image pure et nette, mais renversée, de la personne que l’on va tirer. Il n’y a qu’un point où l’image offre toutes les conditions de netteté et de pureté désirables; si par le moyen de la vis de l’objectif, on l’éloigné un peu plus, un peu moins, on n’a plus qu’une image obscure et embrouillée, et par suite l’épreuve sortira fort mal. Quand ce sont des personnes dont on a le portrait à faire, le meilleur moyen de reconnaître si on a le foyer juste est de regarder le point des yeux, les poils de la barbe, les rides, enfin les plus petits détails. Quand on voit tout cela bien net, on est sûr que l’épreuve qu’on va tirer le sera convenablement.

Avant d’entrer en matière pour la pose, disons d’abord à l’artiste la chose principale: c’est que tous les objets soient, autant que possible, sur le même plan.

Maintenant que nous avons vu la disposition de l’appareil, voyons un peu celle du modèle; elle offre assez de difficultés, surtout si on a affaire à des personnes qui veulent choisir elles-mêmes leur pose, pose quelquefois excentrique et qui, le plus souvent, ne leur convient pas du tout.

Dans cette circonstance l’opérateur doit s’attacher à donner la pose qu’on lui demande, tout en la corrigeant et la mettant en rapport avec son appareil, afin de la rendre le plus agréable qu’il lui sera possible.

Les poses qui nous ont toujours paru les plus avantageuses sont celles-ci:

1° Un bras appuyé sur une table, la main. tombant sur la cuisse, à moitié fermée, de manière qu’il n’y ait que le petit doigt qui porte en plein sur le pantalon, l’autre bras descendant le long des côtes, en demi-cercle, de manière que la main vienne poser sur le milieu de la cuisse, absolument comme l’autre. On peut modifier cette pose en laissant tomber négligemment la main qui est sur la table, au lieu de la poser sur la cuisse; le goût doit seul guider l’opérateur pour ce qui est de semblables détails.

2° Une pose qui sied assez bien, surtout aux dames, est celle-ci: tenir un coude fixé sur une petite table, la tête portée par la main; l’autre bras sera disposé comme dans la pose précédente.

3° On peut placer une des mains dans le gilet, de manière que l’on ne voie que l’extrémité du poignet, le coude appuyé sur la table, l’autre bras comme précédemment.

Quelles que soient les poses, il faut toujours que la personne soit bien assise au fond de la chaise, le corps légèrement porté en avant et dirigé un peu obliquement, et la tête droite.

Quelque pose que l’on donne pour obtenir des yeux bien ronds et bien ouverts, il faut toujours que la personne ait le corps et la tête bien droits, sans cependant les porter en arrière, et faire regarder sur l’appareil, au-dessus de l’objectif; il est toujours très mauvais de faire regarder plus haut: le modèle semblerait regarder en l’air sans but, au lieu que regardant à la place que nous avons indiquée, il semblera porter le regard sur la personne qui est devant lui, ce qui donnera beaucoup plus d’expression au portrait.

Il faut aussi éviter de placer l’objectif plus bas que la tête de la personne; elle semblerait avoir la figure et surtout le nez tout épaté.

Faire un portrait complètement de face est un fort mauvais système, un portrait de 3/4 ou demi 3/4 est bien préférable. S’il s’agissait, par exemple, d’une personne ayant un gros nez, on la reproduirait avec un nez gros et épaté, qui naturellement lui semblerait désagréable, et il faudrait recommencer.

Il faut éviter de laisser prendre des poses pleines de raideur et de gêne, c’est un grand défaut; elles doivent toujours être naturelles, sans quoi le but est manqué ; on a quelque chose du modèle, mais la ressemblance n’est pas complète, il y manque la nature.

Il faut surtout ne pas laisser prendre au modèle un air triste et sévère, c’est ce qui arrive fréquemment chez certains artistes; il faut, au contraire, recommander de prendre un demi-sourire, un air de contentement dans l’ensemble de la physionomie, sans rire cependant, ce qui occasionnerait des rides dans la figure, qui serait affreuse.

Du reste, nous nous adressons surtout aux élèves, car un artiste expérimenté aperçoit du premier coup d’œil les plus petits défauts, auxquels il remédie de suite.

Éviter autant que possible les poses debout: elles fatiguent le modèle et lui donnent un air triste et maussade qui est fort disgracieux dans un portrait. Si cependant on est forcé de faire de ces poses, ce qui peut arriver, voici celles qui nous ont donné les meilleurs résultats:

1° Surtout si c’est pour une dame, la pose suivante doit être préférée: le corps un peu de côté, la tête bien droite de 3/4, demi 3/4, ou même de profil; une main sera appuyée sur le dossier d’une chaise ou sur une table, tenant un livre; l’autre main, tombant le long du corps, tiendra un éventail, un bouquet ou toute autre chose; si c’est un homme, on peut faire tenir des gants à la main.

2° On peut faire mettre une main dans l’habit, la jambe droite un peu plus allongée que l’autre, la tête et le corps de 3/4 ou demi 3/4; l’autre main tiendra le chapeau ou des gants. Si c’est un militaire, faire mettre la main sur la garde de l’épée, l’autre main tombante.

Ne pas faire, autant que possible, de portraits avec des chapeaux sur la tête, cela donne toujours une physionomie dure au modèle, et couvre une moitié de la figure d’une ombre que l’on n’aime pas généralement; on est donc obligé de l’atténuer en faisant la retouche, quand l’épreuve est finie.

Toutes ces dispositions étant prises, on retire la glace dépolie qui se trouve à la chambre noire, et on la remplace par le châssis qui contient la préparation.

A ce moment, donner l’ordre de rester dans l’immobilité la plus complète; le moindre mouvement, soit dans les yeux, la bouche ou toute autre partie, amène dans le portrait le plus grand désordre; il s’y forme quelque chose de brouillé et de confus, quelquefois même la partie qui a subi quelque mouvement se trouve doublement imprimée. Lorsque le châssis est dans la chambre noire et que le modèle est bien immobile, tirer la planchette qui couvre le châssis, et enlever la capsule qui bouche l’objectif: la glace préparée est soumise à l’effet des rayons lumineux.

Le temps de l’exposition dure plus ou moins, suivant l’intensité de la lumière, suivant que l’on a laissé le collodion sécher, et aussi selon le temps qu’on est resté dans le bain de nitrate d’argent.

Si la glace a séché longtemps, l’opération, comme nous l’avons déjà dit dans le chapitre précédent, sera beaucoup plus longue.

Si on est resté longtemps au nitrate d’argent, l’épreuve sortira grise; elle aura l’apparence d’avoir trop de pose, et pourtant les détails manqueront; c’est que les sels d’argent auront laissé un voile sur certaines parties de la glace collodionnée.

Si la glace est préparée dans les conditions que nous avons indiquées, la durée de la pose variera de 5 secondes à 1 minute sous une terrasse vitrée, et de 1 à 20 secondes à l’air libre; alors les changements ne tiendront qu’à la plus ou moins grande intensité de la lumière.

Par un temps ordinaire, il faut de 10 à 15 secondes.

Si le temps est recouvert de nuages blancs, l’opération ira très vite, attendu que ces nuages laissent passer la lumière très librement; si au contraire il fait un temps de brouillard avec de gros nuages gris, l’opération ira excessivement lentement. Si la durée de l’exposition a été trop longue, le portrait vient d’un ton grisâtre et uniforme, sans aucune vigueur, la figure et les habits tout du même ton. Si au contraire la durée de la pose a été trop courte, le portrait viendra rempli d’oppositions: des yeux tout noirs, des ombres de même et des lumières excessivement blanches, sans demi-teinte; les habits viendront tout d’un paquet, noirs, sans aucun détail. Dans l’un ou l’autre cas, le portrait est manqué, il faut le recommencer.

Lorsqu’on travaille dans une maison ou chambre, la pose est beaucoup plus longue, on ne peut rien fixer; beaucoup d’habitude est nécessaire pour réussir convenablement.

Voici pour le portrait. Maintenant, pour les monuments, paysages, gravures, lithographies, l’opération est plus de moitié moins longue, quoique avec la même lumière.

Les peintures, au contraire, ont beaucoup de peine à se fixer sur la préparation; la durée de la pose est d’autant plus considérable que les couleurs sont plus foncées; mais la pose est à peu près toujours plus longue que pour le portrait.

La disposition des objets sur le même plan doit aussi être l’objet d’une attention sérieuse; il faut veiller à ce que pas un ne dépasse l’autre; celui qui se trouverait en avant prendrait des proportions gigantesques, au lieu que ceux qui se trouveraient trop reculés tomberaient dans le défaut contraire.

Il faut aussi que tout se trouve, autant que possible, sur le milieu de la glace; les objets qui se trouveraient sur les côtés, ou ne sortiraient pas, ou sortiraient mal.

Si l’artiste fait un paysage, on comprend qu’il ne doit s’attacher à mettre au point que le premier plan, les plans secondaires étant destinés à faire le lointain.

CHAPITRE V.

Table des matières

Faire paraître l’épreuve négative.

En retirant la glace de la chambre noire, si on l’examinait, on ne verrait aucune trace de portrait; il faut, pour le faire sortir du voile dans lequel il se trouve enveloppé, que d’autres produits viennent opérer une réaction avec ceux déjà employés et fassent apparaître l’image.

Pour cela il faut, lorsqu’on a levé le châssis de la chambre noire, revenir dans le cabinet noir où l’on a fait les préparations premières, afin de faire apparaître l’épreuve à l’abri de la lumière.

Les solutions que l’on emploie pour cette opération sont au nombre de deux; les voici:

Solution n° 1.


dans un flacon bouché à l’émeri.

Solution n° 2.


également dans un flacon bouché à l’émeri.

Verser dans un verre une quantité suffisante pour couvrir la glace en son entier, de la solution n° 1, ensuite ouvrir le châssis qui contient la glace, prendre celle-ci entre le pouce et l’index de la main gauche, la tenir droite, absolument comme pour l’opération du collodionnage, la tenir aussi bien à l’abri de la lumière, jusqu’au moment où l’on a ajouté à la première solution quelques gouttes seulement du nitrate d’argent formant la seconde solution, remuer légèrement pour faire le mélange, et couvrir la glace en entier de ces deux solutions mélangées.

Bien conserver le liquide sur la glace, sans en perdre, toujours dans l’obscurité la plus complète, et, quand on croit l’épreuve assez venue, la lever au-dessus de la bougie: l’épreuve apparaît négative, c’est-à-dire que tout ce qui était blanc est noir, et réciproquement.

Pour qu’une épreuve négative soit bien venue, il faut voir les plus petits détails, les demi-teintes de la figure bien sorties avec finesse en petits traits blancs presque imperceptibles; les habits doivent être blancs, les reflets légèrement noirs.

Lorsque l’épreuve est bien sortie, comme nous venons de le dire, on la lave à grande eau avec de l’eau ordinaire.

Dans l’apparition de l’image, comme dans la sensibilisation de la glace, la lumière même de la bougie est ce qu’il y a de plus à craindre; presque tous les voiles qui arrivent sur les épreuves au collodion viennent de ce que l’opérateur a laissé voir imprudemment la lumière, à l’une ou l’autre de ces opérations.

Quand, dans l’apparition de l’épreuve par l’acide pyrogallique, il arrive que l’épreuve reste blanche en négative, que l’on ne peut pas la faire noircir avec la solution ordinaire, on en compose une autre, dans laquelle on met une quantité plus considérable de nitrate que d’acide pyrogallique; l’épreuve finit toujours par noircir. Si cependant c’était un cliché à conserver, il ne faudrait pas employer ce moyen, car l’épreuve qui a été faite ainsi disparaît graduellement dans un temps plus ou moins long. Il vaudrait beaucoup mieux alors faire une autre épreuve.

Il y a encore un autre moyen de faire apparaître l’épreuve: par le protosulfate de fer; mais nous préférons beaucoup nous servir d’acide pyrogallique.

Pour faire une négative par l’acide pyrogallique, une petite déviation du temps de pose n’entraîne pas pour cela la perte de l’épreuve; on s’en sert comme si rien n’était, pourvu qu’il n’y ait pas une grande différence. Avec le bain de protosulfate de fer, au contraire, si l’épreuve n’est pas devinée juste à la lumière, elle ne vaut rien, il est impossible de s’en servir. Il faudrait donc, par ce système, que l’opérateur devinât juste, ce qui est assez difficile, la durée de l’exposition à la chambre noire, sans cela il est impossible de faire des épreuves par cette méthode, qui du reste est très-bonne pour faire les positives sur verre et toile, et qui donne une teinte nacrée que ne fournit pas l’acide pyrogallique.

Nous donnons néanmoins la composition d’un bain pour négatives qui nous a souvent donné de très-bonnes épreuves.


Lorsqu’on fait paraître l’épreuve par ce procédé, il faut mettre la solution dans une bassine et y plonger d’un seul coup la glace, l’épreuve en dessus; elle apparaît quelquefois instantanément, quelquefois il faut plus longtemps; dans tous les cas, du moment qu’elle est apparue, on doit presque de suite la retirer et la laver à grande eau; si elle restait longtemps dans le bain, elle perdrait de sa force.

CHAPITRE VI.

Table des matières

Fixage des épreuves négatives.

Lorsque l’épreuve est apparue, soit par l’acide pyrogallique, soit par le protosulfate de fer, et qu’elle a été bien lavée, il s’agit de la fixer. Deux moyens sont employés pour cette opération.

Le premier est par le cyanure de potassium. On a dans un flacon une solution ainsi composée:


En verser sur la glace une quantité suffisante pour la couvrir en entier, comme si on voulait la collodionner; laisser ce liquide dessus jusqu’à ce que le voile bleuâtre qu’avait laissé l’acide pyrogallique soit disparu et que l’épreuve apparaisse positive; l’effet se produit presque instantanément. Ne pas laisser ce produit séjourner sur l’épreuve, elle serait perdue.

L’autre moyen, par l’hyposulfite de soude, consiste à avoir un bain ainsi composé :


que l’on met dans une bassine ou plat quelconque. On plonge l’épreuve, le collodion en dessus, dans ce bain, et on la laisse se dégager graduellement d’un voile bleuâtre qu’avait laissé dessus l’acide pyrogallique.

Cette opération demande de 25 à 35 secondes, quelquefois davantage, surtout si l’hyposulfite sert depuis longtemps; cela n’a du reste aucun inconvénient. Quand l’épreuve est fixée, soit par un procédé, soit par l’autre, on doit la laver à grande eau avec de l’eau ordinaire et la mettre contre un mur, appuyée sur un angle, pour la faire sécher.

Nous préférons nous servir de cyanure de potassium, parce que, quelque soin qu’on prenne, qu’on lave très bien la glace après l’hyposulfite, il reste néanmoins toujours quelques petits cristaux qui, lorsqu’on fait l’épreuve sur papier, font que l’épreuve se pique d’une foule de points noirs qui se reproduisent sur le papier, et qui entraînent naturellement la perte de l’épreuve. Avec le cyanure on n’a aucun accident de ce genre à craindre; on est toujours sûr d’avoir des épreuves qui ne se gâtent pas.

Il faut faire bien attention en se servant de cyanure de potassium; c’est un poison fort violent. Beaucoup d’artistes s’en servent pour enlever les taches que produit sur la peau le nitrate d’argent. Nous conseillons vivement de le rejeter pour cet usage, car c’est un poison qui contient de l’acide prussique et qui empoisonne rien que par absorption; mais il devrait surtout être mis de côté, si l’on avait aux mains la moindre égratignure.

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