Kitabı oxu: «Lettre de Lombard a Vasari (notes sur la premiére école de gravue)»

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Adrien Wittert

Lettre de Lombard a Vasari (notes sur la premiére école de gravue)


Publié par Good Press, 2022

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EAN 4064066305314

Table des matières

LOMBARD

A VASARI

EN VENTE


LOMBARD

Table des matières

A VASARI

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EN VENTE:

Table des matières

Godefroid de Fontaines, le docteur vénérable, chancelier de l’université de Paris, chanoine de Saint-Lambert à Liège. 1225-1306. Liège, 1873. In-18, elzevir.

Les Preux et la Gravure à Liège en 1444. Liége, 1873. Id.

SOUS PRESSE:

Pierre Plaoul, le dernier docteur de la philosophie scolastique. 1350-1415.

La Vierge de Maestricht, gravure liégeoise du XIVe siècle.

Nicolas de Cusa et l’esthétiqué de Roger Van de Weyden.

Quippe qui omnium primus domi suæ tanquam in schola adolescentes habuerit, quos in delineandis incidendisque tum suis tum aliorum inventis exerceret. Lampson vita Lombardi.

A casa eccelenti. Vasari.

Lambert Lombard naquit à Liège en 1505. Son père Grégoire Lombard et sa mère fille de Léonard Du Sart étaient bourgeois de Liège et originaires de cette ville. Le goût du jeune homme le portait à la peinture, aux sciences et aux lettres. De l’atelier d’un maître liégeois, peut-être l’un des Hardy, il alla vers 1525 à Middelbourg suivre les leçons de Jean Gossart de Maubeuge, plus connu sous le nom de Mabuse. On le fait aussi étudier à Anvers, mais les archives et les liggeren de Saint-Luc se taisent sur son nom et sur ce voyage. Les Liégeois n’allaient pas encore à Anvers, qui envoyait même ses meilleurs élèves à Liège.

Lombard avait une grande et noble idée de l’artiste. Il voulait que le peintre sût relever, par sa personne et la dignité de sa conduite, sa profession et ses œuvres, ce qu’il nomme déjà, avec Dominique Lampson, le sacerdoce de l’art. Une grande prestance, une belle figure se prêtaient aux désirs du jeune Liégeois. Un mariage précoce le préserva des folies de la jeunesse. Aussi les biographes n’ont-ils osé broder aucune historiette sur la vie de Lambert Lombard. A Middelbourg il recherchait déjà avec son ami Zegrius, syndic de la ville, la société noble et savante.

«A Liège il eut l’affection des plus notables, dit Abry, il n’étoit pas mercenaire, et se laissoit payer facilement de louanges et de promesses, et pour cela il étoit reçu partout pour sa manière de parler et de plaisanter avec beaucoup d’adresse quand les occasions s’en présentoient, en présence même des princes qui jugèrent mieux que tous autres de la liberté de son génie. Ils se faisoient plaisir de son entretien toujours ingénieux, qu’il sembloit nourrir et étudier de diverses nouveautés, qui lui attirèrent peu de profit, mais bien des envieux qui se peinèrent à le traverser. Mais il les surmontoit de promptes répliques, et si à propos, qu’on s’en délectoit à rire; il nommoit ces gens des pourpres pour ne pas dire des flatteurs ouverts.»

Ce passage des mémoires de Louis Abry est le seul qui laisse un peu apercevoir le caractère aimable, l’esprit délicat et les mœurs douces et élégantes du peintre.

Le prince-évêque Érard de La Marck semble avoir bientôt distingué le jeune artiste. Il le choisit vers 1535 pour peindre le nouveau palais épiscopal qu’il faisait construire à Liège. Un grand seigneur anglais, le cardinal Reginald Pole, ami d’Érard, conduisit Lombard en Italie pour préparer la décoration de ce magnifique monument, un des chefs-d’œuvre de la Renaissance. Le palais de Liège excitait alors l’admiration de toute l’Europe, même de la reine Marguerite de Navarre et de l’empereur Charles-Quint.

Malheureusement, Lombard étudiait encore à Rome lorsque son généreux protecteur, Érard de La Marck, mourut, le 16 février 1538. Et les tristes successeurs de ce grand prince-évêque ne surent pas employer le beau et fécond génie du jeune artiste. Lambert Lombard dut même abandonner un peu la peinture pour l’architecture et les affaires. Il fit plusieurs voyages en Allemagne, et projetait de nouvelles études archéologiques en Italie, lorsque la peste l’emporta le 14 août 1566, dans sa soixantième année.

De trois mariages il eut cinq filles. Une d’elles épousa le peintre Pierre Balen, une autre s’unit en i56o à Louis de Hasque aussi peintre, et la troisième, Philipote, était mariée en 1562 au sculpteur Thomas Tolette. C’étaient trois élèves de Lombard.

La seconde femme de Lambert Lombard était la sœur d’un des meilleurs graveurs de l’époque, Lambert Suavius. Suavius, traduction latine de Ledoux, en flamand Zustermann, Zoetman, Zustris, est le nom d’une grande famille d’artistes liégeois, orfévres, graveurs, peintres, sculpteurs. Lambert Suavius, un de leurs descendants, a gravé et signé plusieurs compositions de Lambert Lombard son beau-frère, dont on a ainsi confondu souvent les noms et les ouvrages. Cependant, comme nous le montrerons bientôt, Lombard a lui-même gravé sur cuivre et sur bois.

Suavius a aussi peint, dit Abry, quelques tableaux. Gilles Boileau de Buillon sur le Hoyoux, qui fait connaître Suavius comme poète français, le nomme un second Apelles, ses gravures si pleines de couleurs semblent montrer souvent un peintre plutôt qu’un dessinateur. Abry ajoute qu’il a travaillé fort doux dans la manière d’Albert Durer qui était la pratique du temps à Liège avant Lombard. Lombard, à qui on a donné, comme à Memling et à tant d’artistes, l’auréole de la misère et même un asile à l’hôpital de Cornillon à Liège, paraît avoir joui comme Memling d’une petite fortune. Il s’était fait construire sur Avroi, où il avait les fondions honorables d’échevin, un grand atelier très-suivi par les Liégeois et les artistes étrangers. C’est dans cette maison qui fut ensuite réunie au couvent des Augustins que Lombard et Suavius créèrent la première école de gravure mentionnée dans l’histoire. Omnium primus.

Cette chalcographie est la véritable gloire de Lambert Lombard et l’honneur éternel de Liège. Le gouvernement belge, après de nombreux et coûteux essais, a dû renoncer à un semblable établissement, qui, malheureusement, n’a pas encore attiré toute l’attention des biographes et des historiens. Abry en fait seulement deviner toute l’importance en lui donnant le nom d’académie. Lampson en dit quelques mots qui montrent cependant toute l’invention et la création de Lombard, en avouant même le peu de succès de ses idées et de ses réformes. Et Vasari semble traduire omnium primus domi suæ tanquam in schola par casa eccelenti, maison excellente, d’où Vasari fait sortir les meilleurs graveurs des Pays-Bas et de l’Italie.

Lambert Lombard avait des collections de gravures, de dessins, de pierres, de camées, d’objets d’art et d’antiquité. Il eut même un des premiers médailliers. La numismatique, mot nouveau dont Lampson réclame l’invention, doit le compter parmi ses premiers parrains. Hubert Goltzius, si célèbre par ses belles publications sur les monnaies antiques, était un ami et un élève de Lombard. Ortelius, pour ses belles cartes géographiques, avait souvent recours au savant artiste qui, le premier, s’occupa de l’archéologie du moyen âge.

Comme beaucoup de graveurs liégeois, Lombard eut peut-être les idées religieuses un peu troublées par la réforme de Luther. Ce n’est pas sans étonnement qu’on retrouve dans les têtes de plus d’un personnage de la Cène, son œuvre de prédilection qu’il a souvent reproduite, les portraits des principaux réformateurs. Cet ouvrage, un peu froid, est loin cependant de donner une véritable et juste idée de la belle imagination et de la richesse de composition du grand artiste. Pour Lombard, c’était plutôt une méditation religieuse qu’une œuvre d’art. Il en essaya même peut-être une grande esquisse, qui se trouve chez M. Noé, antiquaire à Bruxelles, et provient, paraît-il, de l’ancienne cathédrale de Liège.

Malheureusement, les tableaux qui nous restent de Lombard ne semblent pas répondre à sa réputation, ni même à ce qui lui reste de gloire. Les plus beaux ont péri dans l’incendie d’un palais du prince-évêque de Liège pendant le siège de la ville de Bonn. Les révolutionnaires français en ont détruit beaucoup à Liège après 1794. Cependant M. Helbig a retrouvé en Allemagne plusieurs bonnes peintures de Lombard. Il a même fait connaître quelques uns de ses dessins à la plume, au crayon noir et à la sanguine, très-remarquables et très-recherchés en Angleterre et en Italie.

Lambert Lombard dessina, en effet, beaucoup pour ses élèves, ses amis, pour des sculpteurs, des architectes ou des peintres, ou des vitriers. Il prenait pour modèles des antiques, ou Mantegna, Raphaël et Michel-Ange. Dominique Lampson cite des académies que Lombard fit graver dans son atelier et qui eurent un grand succès. Il n’en reste malheureusement aucune trace. On lui attribue les compositions de trois vitraux de l’église de Saint-Servais, à Liège. On cite aussi une suite de dieux et de déesses, dont probablement un Priape a été gravé par Corn. Bos, et un Jupiter est photographié dans la galerie Albert, à Vienne.

Félibien a fait une observation déjà relevée par M. Capitaine, mais qui n’a pas encore attiré toute l’attention des artistes. Les plus beaux tableaux de Lombard, selon Félibien, sont cachés sous le nom de Titien. Cette fraude est sans doute le plus grand éloge du peintre. Qui oserait, cependant, restituer à Lombard les chefs-d’œuvre vénitiens?

Le comte de La Borde accorde à Lombard un moyen mérite et le rapproche de Vasari. Ce parallèle n’est pas sans vérité et n’est pas trop défavorable à Lombard. Les amitiés viennent souvent d’une certaine égalité de goût et de talent. On comprend ainsi le jugement si favorable de Vasari sur le peintre liégeois. Mais de tous ces artistes, dit-il en parlant des graveurs élèves de Suavius, le plus grand est Lambert Lombard, de Liège, grand littérateur, peintre judicieux et architecte excellent. Ma di tutti i sopradetti è stato maggiore Lamberto Lombardo da Liege, gran litterato, giudizioso pittore ed architetto eccellentissimo...

L’œuvre de Lombard est considérable, nous parlerons bientôt de ses gravures et nous reviendrons souvent sur le rôle important qu’il a dans l’histoire de la chalcographie, Il a peint à l’huile et à la colle d’après les anciennes méthodes. Il s’est même exercé dans la peinture murale. On lui attribue la décoration des voûtes de l’église de Saint-Jacques à Liège.

On a gravé au moins quarante-trois compositions du grand artiste d’après des tableaux ou des dessins. Le savant Zani, si sévère pour les artistes flamands, leur accorde le plus haut mérite et en mentionne plusieurs dans le fragment imprimé de son encyclopédie. Tous les défauts que M. Michiels relève dans ses ouvrages viennent, en effet, des graveurs, ce qui n’ôte rien à la gloire de Lombard. Zani y trouve même deux chefs-d’œuvre, capo dopera:

La fontaine de Moïse avec 62 figures. C’est une gravure de Collaert.

Une descente de croix avec 20 figures. C’est une gravure de Dirck. Le Musée de Londres possède un tableau du même sujet attribué à Lombard.

Zani signale encore les ouvrages suivants, d’un mérite presque égal, qu’il marque des lettres MB. RR. ou molto bella, rarissima.

Judith et Holopherne, gravé par K. S. Le duc d’Orléans en possédait en 1724 un très-beau tableau attribué à Lambert Zustris.

Esther devant Assuérus, avec 28 figures, gravure de Collaert.

La parabole du Semeur, avec 23 figures, gravure de Karolus.

La résurrection- de Lazare, avec 37 figures, gravure de Collaert. L’académie de Dusseldorf et le musée de Berlin possèdent un dessin et un tableau de Lazare attribués à Lombard. Une autre esquisse à la plume à Bruxelles.

Jésus chez Marthe et Marie, avec 14 figures, gravures de P. Miricenys. Zani attribue à Lombard cette composition anonyme.

La Cène avec 18 figures, gravure de Ghigi. On en a trois autres gravures, par Goltzius, par Nicolas Nelli, par G. Patavino ou Osello. Les musées de Bruxelles et de Liège possèdent deux tableaux de la Cène par Lombard.

Un portement de croix avec 44 figures, gravure que Zani attribue à Bos. Madame la vicomtesse de Clerembault possède un beau dessin du même sujet par Lombard.

La Pêche miraculeuse avec 17 figures, gravure de P. Miricenys. M. Van Marcke a retrouvé un tableau du même sujet par Lombard.

Un calvaire avec 29 figures, gravure de P. Miricenys.

Un autre calvaire avec 15 figures du même graveur. L’académie de Dusseldorf possède aussi un dessin d’un calvaire par Lombard.

Une descente de croix avec 6 figugures. Madame la vicomtesse de Clerembault possède un beau dessin de Lombard sur le même sujet.

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