Kitabı oxu: «La Porcelaine - Histoire artistique, industrielle et commerciale»

Şrift:

Albert Jacquemart, Edmond Le Blant

La Porcelaine - Histoire artistique, industrielle et commerciale


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066318185

Table des matières

LISTE DES SOUSCRIPTEURS

CHAPITRE I. INTRODUCTION A L’HISTOIRE DE LA PORCELAINE

CHAPITRE II. TECHNOLOGIE. NATURE DE LA PORCELAINE.–COULEURS QUI LA DECORENT

HISTOIRE DE LA PORCELAINE. SON NOM, SON INTRODUCTION EN EUROPE, FABLES QU’ELLE A FAIT NAITRE.

CHAPITRE III. PORCELAINE DURE ANTIQUE

CHAPITRE IV. PORCELAIE DURE ANTIQUE

CHAPITRE V. PORCELAINE DURE ANTIQUE

CHAPITRE VI. PORCELAINE DURE ANTIQUE

CHAPITRE VII. PORCELAINE DURE ANCIENNE

CHAPITRE VIII. PORCELAINE FRANÇAISE ou PORCELAINE TENDRE ARTIFICIELLE.

APPENDICE AUX PORCELAINES TENDRES FRANÇAISES.

MANUFACTURES ETRANGERES.

CHAPITRE IX. PORCELAINE TENDRE NATURELLE ou ANGLAISE

CHAPITRE X. PORCELAINES HYBRIDES OU MIXTES.

ITALIE, ESPAGNE.

ITALIE CENTRALE. DOCCIA.

ITALIE MERIDIONALE. NAPLES.

DE LA

PORCELAINE

ACCOMPAGNEE

de recherches sur les sujets&emblèmes qui la décorent,

les marques&inscriptions qui font reconnaître les fabriques d’où elle sort,

les variations de prix qu’ont obtenus les principaux objets connus

&les collections où ils sont conservés aujourd’hui,

PAR

ALBERT JACQUEMART&EDMOND LE BLANT,

enrichie de vingt-six planches gravées à l’eau-forte

PAR JULES JACQUEMART


PARIS

J. TECHENER, LIBRAIRE, RUE. DE L’ARBRE-SEC, 52.

1862

LISTE DES SOUSCRIPTEURS

Table des matières

S.M. L’EMPEREUR DES FRANÇAIS (cinq exemplaires).

S.M. L’EMPEREUR DE RUSSIE.

S. G. LE DUC D’HAMILTON ET DE CHATELLERAULT.

S.A.R. Mgr LE DUC D’AUMALE.

LE MARQUIS GEROL. D’ADDA, à Milan.

ALEXANDRE, premier avocat général, à Nancy.

ALLOUARD, libraire, à Paris. (4exempt.).

ASHER ET CIE, libraires, à Berlin.

AUBRY, libraire (18exemplaires).

AUDENET, banquier.

LE COMTE D’AUTEUIL.

LE DOCTEUR HECTOR AUZOUX.

BAER, libraire, à Francfort-s.-Mein (2exemplaires).

BAILLY, à Paris.

BAILLY-BAILLÈRE, libraire, à Madrid (2exemplaires).

BARBEDIENNE, marchand d’objets d’art, à Paris.

BARBET DE JOUY, conservateur adjoint au musée du Louvre.

EUGÈNE BARBEY, ex-attaché d’ambassade, à Nancy.

BARTHÈS ET LOWELL, libraires, à Londres (30 exemplaires).

BAZIN AINÉ, professeur de chinois.

BEGHIN, libraire, à Lille (3exemplaires).

BELZ-NIÉDRÉE, relieur, à Paris.

LE BARON DE BEOST.

BERTON, libraire, à Bordeaux (3exemplaires).

LA BIBLIOTHÈQUE DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR. LA BIBLIOTHÈQUE DE LIMOGES.

BLAISOT, marchand d’estampes, à Paris (12 exemplaires.)

BOCCA, libraire, à Turin (3exemplaires).

HENRY BOHN, à Londres.

BORRANI, libraire, à Paris (13exemplaires).

BOSSANGE, libraire, à Paris (3exemplaires).

LÉON BOUCHER.

BOULLAND, commissaire-priseur.

BOITRON CHARLARD, bibliophile, à Paris.

BRICHETEAU, à Nevers.

BRIQUET (A.), homme de lettres, archiviste (2exemplaires).

BRISSART-BINET, libraire, à Reims.

A. BRUN, libraire, à Lyon (3exemplaires).

G. BRUNET, membre de l’académie à Bordeaux.

BURTY, l’un des rédacteurs de la Gazette des Beaux-Arts.

BUYS, au Havre.

L. CAILHAVA, bibliophile, à Lyon.

CASTEL, libraire, à Paris.

CHAIROU ET CIE, à Agen.

CHALLOU, libraire.

HENRI CHAZAUD.

CHÉDEAU, bibliophile, à Saumur.

J. CHENU, bibliophile.

Coccoz, libraire.

COLEMAN, à Paris.

LE MARQUIS COSTA DE BEAUREGARD.

COURNAULT, propriétaire, à Malzeville.

VEUVE CRUÈGE, libraire, à Marseille.

CURMER, libraire-éditeur, à Paris.

CHARLES DAVILLIER.

LE BARON DEJEAN.

DELAMARRE, à Paris.

DELANGE.

BENJAMIN DELESSERT, à Paris.

DENTU, libraire, à Paris.

DORANGE FILS, libraire.

DOULLÉ, capitaine au long cours, au Havre.

DULAU ET CIE, libraires, à Londres (7exempl).

DUMOLARD, libraire, à Milan.

DUPRAT, libraire.

DURAND, greffier, à Paris.

DURAND (AUGUSTE), libraire, à Paris.

ALFONSO DURAND, libraire, à Madrid.

DURLACHER, à Londres.

DURR, libraire, à Leipzig.

EUGÈNE DUTUIT, à Rouen.

EDMOND D’ÉGLISE.

ELLIS, libraire, à Londres (6exemplaires).

FALCON frères, négociants, au Puy.

FAURE aîné, libraire.

CHARLES DE FÉROL.

AUG. FONTAINE, libraire, à Paris (6exempl.)

ÉDOUARD FOREST, à Reims.

FRANCK, libraire, à Paris (6exemplaires).

FRÉDÉRIC HENRI, libraire (10exemplaires).

E. GALICHON.

GALLICE.

PAUL GASNAULT.

L’ABBÉ A. GAUTIER, près Nantes.

GAVELOT, libraire, à Paris.

GEORGET, libraire, à Tours.

CH. DE GÉRAULT DE LANGALERIE, directeur du musée d’Orléans.

GEROLD, libraire, à Vienne (Autriche).

GIRAUD DE SAVINE, au Ministère des finances.

LE COMTE DE GIVODAN, à Paris.

A. GOBERT, directeur de la Salpêtrière.

AUGUSTE GOUBERT.

GOUMARD, libraire, à Angoulême.

GOUT, libraire, à la Rochelle (3exemplaires).

GRANDVAL, négociant, à Marseille.

GRUEL-ENGELMAN, relieur, à Paris.

GUILLAND-VERGER, libraire, à Tours.

GUNTZBERGER.

DE GUY.

HACHETTE, éditeur.

DE. HALDAT DE LEYS, à Nancy.

FRÉD. HAMOT, négociant, à Paris.

HARDY, à Paris.

HERLUISON, libraire, à Orléans (2exemplaires).

HERTZEL, libraire, en Belgique.

HEUSSNER, libraire, à Bruxelles.

ÉDOUARD HOUSSAYE, directeur de la Gazett des Beaux-Arts.

HUILLARD, à Paris.

HULOT.

JACOB, libraire, à la Haye.

JACQUEMIN, négociant, à Paris.

JULIEN, libraire, à Paris (3exemplaires).

STANISLAS JULIEN, membre de l’Institut.

JUNG-TREUTTEL, libraire, à Paris.

FRIEDRICK KLINCKSIECK, libraire.

LE COMTE DE LABORDÉ, directeur général des archives de l’Empire.

F. LACROIX.

LAENGER, libraire, à Milan (3exemplaires).

DE LAFAULOTTE.

LAHOCHE, marchand de porcelaines, à Paris. E DOCTEUR LALOY.

LE COMTE DE LANJUINAIS.

LARNAUDIE, libraire, à Versailles (3exempt.).

L. LEBEUF, à Paris.

LEBRUMENT, libraire, à Rouen (5exemplaires).

J. LECOCO, à Saint-Quentin.

LEGOST CLERISSE, à Caen (2exemplaires).

LEHIDEUX, banquier, à Paris.

LEMAITRE, libraire, à Valenciennes.

LE COMTE R. DE LIGNEROLLES.

LE ROUX DE LINCY, homme de lettres.

LIOTARD FILS, à Nîmes.

LUZARCHE, à Tours.

DE MACHY, à Paris.

MAKAIRE, libraire, à Aix.

MALINET, marchand d’objets de curiosité

(12exemplaires).

MERLE, libraire, à Constantine.

G. MARQUISET, à Besançon.

T. DE MARSAC, notaire, à Paris.

MARTINEAU, banquier, à Paris.

MARTINON, libraire.

LE MARQUIS DE MASSÉNA.

MAUBON, libraire, à Nancy (4exemplaires).

MESLIER (A.), march. de porcelaines, à Paris.

MATHIEU MEUSNIER, statuaire, à Paris.

JULES MICHELIN.

MOIGNON (FÉLIX).

LE MARQUIS DE MONTESQUIEU, à la Brède.

LE BARON DE MON VILLE.

S. Exc. M. LE COMTE DE MORNY, président du

Corps législatif.

MUCQUART, libraire, à Bruxelles (2exempl). RENÉ MUFFAT, libraire, à Paris.

JOHN NICHOLL, Esq. Londres.

NIEL, biblioth. au Ministère de l’intérieur.

LE COMTE DE NIEUWERKERKE, directeur général des Musées impériaux.

NYHOFF, à la Haye.

OSSWALD, en Écosse.

R. OSNOR.

B.P., à Messine.

PAGNERRE, éditeur.

PARDOUNEAU, à Tours.

PARKER, à Oxford.

PARRAN, ingénieur, à Alais.

ÉDOUARD PASCAL, à Paris.

PAUTHIER.

PERRIN, directeur de l’Opéra-Comique.

L. PERRIN, imprimeur, à Lyon.

PETITPAS, libraire, à Nantes.

R. PFNOR, graveur.

LE BARON JÉRÔME PICHON.

CHARLES PILLET, commissaire-priseur.

LE COMTE DE PISANÇON.

PITON, libraire, à Strasbourg (2exemplaires).

PORQUET, libraire, à Paris.

POULET-MALASSIS, libraire.

RAPARLIER, relieur, à Paris.

RAPILLY, libraire, à Paris (5exemplaires).

LÉON RATTIER.

Ve RENOUARD, libraire, à Paris (3exemplaires).

RICHARME, libraire, à Lyon.

RIOCREUX, conservateur des collections à la manufacture impériale de Sèvres.

LE COMTE L. CLÉMENT DE RIS, employé au musée du Louvre.

ROBUCHON, à Fontenay-le-Comte.

RODIER, à Passy

LE COMTE RŒDERER.

LE BARON JAMES DE ROTSCHILD.

LE BARON SALOMON DE ROTSCHILD.

LE BARON NATHANIEL DE ROTSCHILD.

SAINT-DENIS, libraire, à Paris.

SAINT-JORRE, libraire, à Paris (4exempl.)

SAINTE-SUZANNE, secrétaire général, à Amiens.

SAMSON ET WALLIN, à Stockholm.

SCHEFER, premier secrétaire interprète de S.M. l’Empereur.

SÉCHAN, artiste peintre, à Paris.

HENRI SENNEGOND.

LE COMTE ALEXANDRE STROGANOFF.

TAIGNY.

LE BARON TAYLOR, de l’Institut.

A. THIERS.

THIEURY, à Amboise.

THOMPSON, relieur, à Paris.

S. Exc M. THOUVENEL, ministre des aff. étrang.

TROSS, libraire, à Paris.

S. RICH. TUFTON, Esq.

TURNER (ROB.), Esq. à Londres.

DE VELASCO.

CHARLES VENTRILLON.

LE COMTE HORACE DE VIEL CASTEL, conservateur du Musée des souverains.

VIGNA, artiste, à Paris.

LE COMTE DE VILLAFRANGA.

VILLOT, secrét. général des musées, au Louvre.

LE BARON DE VINCK, à Anvers.

W.N. (2exemplaires).

LE BARON DE WALCKENAER, à Paris.

ALBERT WAY, secrétaire de l’Institut archéologique, à Londres.

WEDDELL, à Poitiers.

WEDELLE.

WILKINSON, à Londres.

WILLIAMS ET NORGATE, libraires, à Londres.

WITTERSHEIM, imprimeur.

WOLFF, libraire des Universités de Casan et Moscou, à Saint-Pétersbourg.

WOLSEY-BOISTARD, notaire, à Mézières-en-Brenne.

WORMS DE ROMILLY, à Paris.

MESDAMES:

Mme LA COMTESSE DE BEHAGUE.

Mme BÉVANT.

Mme CAILLARD.

Mme BENOIT FOULD.

Mme BOUDIN DE VESVRES, à Paris.

Mme LA MARQUISE DE CRILLON.

Mme GABRIEL DELESSERT.

Mme L. DOUBLE.

Mme LA COMTESSE DUMANOIR.

Mme LA PRINCESSE AUG. GALITZIN.

Mlle LUCE HERPIN.

Mme P. LEDENTU, née GILOCQUE.

Mme LOCLEWOOD.

Mme LA COMTESSE DE MNISZECH.

Mme LA BARONNE JAMES DE ROTSCHILD.

Mme LA BARONNE SEILLIÈRE.

Mme LEIGH SOTHEBY, à Londres.

Mme LA COMTESSE DE VALDENUIT.

Paris.–Imprimerie de Ad. R. Lainé et J. Havard, rue Jacob, 56.

CHAPITRE I.
INTRODUCTION
A L’HISTOIRE DE LA PORCELAINE

Table des matières

L se produit, pour toutes les choies d’art &de curiosité, un fait remarquable dont il est plus facile de signaler l’existence que d’expliquer la cause.

Le goût, le désir de la possession, précèdent la notion scientifique; on aime avant d’apprécier complètement,&cet amour se manifeste assez souvent par des actes qui sentent quelque peu la barbarie.

Les planches gravées par les imagiers, incisées par l’habile burin des peintres graveurs italiens&allemands, allaient se perdre& tomber dans l’oubli, quand l’abbé de Marolles leur offrit un asile dans son cabinet&inaugura les collections chalcographiques. Il est vrai que, pour enfermer les plus grandes estampes dans son recueil au format invariable, il les rognait ou les coupait en morceaux La chalcographie n’en fut pas moins fondée.

Vers le même temps, un autre amateur recueillait des médailles antiques&les classait avec ordre. Lui aussi mutilait ses pièces pour les forcer à entrer dans les cases uniformes de son médaillier; mais les monuments étaient conservés, montrés, le goût de la numismatique grandissait&promettait un brillant avenir.

Depuis, bien des volumes ont été écrits sur la chalcographie& la numismatique; la science s’est répandue, universalisée; non-seulement on n’a plus à redouter la disparition de gravures ou de médailles précieuses pour l’histoire de l’art, mais on est assuré de ne voir déformais soumettre au caprice d’une reliure ou d’un emporte-pièce, ni la marge d’une estampe, ni les bords d’une monnaie.

Ces destinées si diverses, la poterie translucide les a subies ou va les accomplir. Les porcelaines orientales, acclamées d’abord, dédaignées bientôt pour celles de Saint-Cloud, de Saxe&de Vincennes, ont retrouvé depuis, dans le foyer de tous, un culte plus ou moins éclairé, mais incontestable; on les fait scier, on les charge de bronze pour orner nos intérieurs, on les mutile, mais on les aime.

Si le peintre Giov. Ghirardini, appelé à Canton, en1688, pour y décorer la coupole d’une église, écrit, au retour de son voyage: «Le Chinois n’a pas la moindre idée des beaux-arts; il ne fait que «peser l’argent&manger du riz;» si, un siècle plus tard, M. de Paw cite la phrase&renchérit sur l’anathème lancé contre la Chine (; si un ingénieux avocat au Parlement proscrit impitoyablement de toute collection sérieuse «les porcelaines les ouvrages de la Chine...&tout ce que nous appelons colifichets, le public ne sanctionna pas plus qu’il ne le fait aujourd’hui, ces jugements trop peu réfléchis&le plus souvent dictés par la légèreté ou l’ignorance.

Sur la foi du Père d’Entrecolles, l’Encyclopédie nous disait, &les catalogues répétaient après elle: «La vieille porcelaine «peut être ornée de quelques caractères chinois, mais qui ne mar

quent aucun point d’histoire.» Or, si les encyclopédistes&ceux qui les ont si naïvement copiés eussent pris la peine de retourner quelques-uns des vases que le commerce de la Hollande avait apportés en grande quantité dès le XVIIe siècle, ils y eussent lu de curieuses inscriptions relatant d’une manière précise les dynasties &les périodes Chinoises ou Japonaises sous lesquelles ces pièces avaient été fabriquées; ils y eussent encore retrouvé des formules d’acclamation comme en gravaient, en d’autres temps&sur d’autres matières, les artistes grecs, romains, arabes,&quelquefois des indications de l’emploi d’argiles précieuses ou de métaux pour ainsi dire historiques.

Et puisque nous avons parlé de la faveur attachée à la céramique orientale, qu’il nous soit permis de rappeler, en passant, que, sans recourir à de Paw, qui compare les Chinois aux Egyptiens; à Hager, qui les pose en parallèle avec les Grecs, Voltaire ne craint pas de constater l’une des préoccupations de son époque, en consacrant plus d’une mention dans ses ouvrages à la belle poterie du Céleste-Empire.

Un vers de Properce disait de ces inestimables vases murrhins, dont un seul, d’après Pline l’ancien fut acquis par Néron au prix de300talents:

Murrheaque in Parthis pocula cocta focis.»

Saumaise, Cardan, Scaliger, Ernesti, Oudendorp, Kœmpfer, Mariette&d’autres savants ont avancé, sur la foi de ce texte, que les murrhins étaient de porcelaine de Chine. Quel hommage plus complet eussent-ils pu rendre à l’admirable matière employée par les céramistes orientaux!

L’Encyclopédie, dont nous citions tout à l’heure quelques paroles dédaigneuses, ne peut elle-même se défendre de dire: «La «porcelaine était anciennement d’un blanc exquis&n’avait nul «défaut. Les ouvrages que l’on en faisait ne s’appelaient pas au

trement que les bijoux de Jao-Tcheou.» Puis elle constate plus loin que des vases se retrouvent parfois dans des puits où on les cachait comme des trésors, en temps de révolution.

Pendant tout le XVIIe siècle, le luxe&la mode élevèrent la porcelaine à un prix infini; les grands ne donnaient ni un festin, ni une collation recherchés, sans en étaler une certaine quantité de pièces choisies. A la cour, on l’admettait concurremment avec la vaisselle d’or&d’argent. Loret (Muse historique) décrit un festin vraiment royal que donna en1653le cardinal Mazarin&dans lequel ce ministre

Traita deux rois, traita deux reines

En plats d’argent, en porcelaines.

En France, en Italie, en Allemagne&surtout en Hollande, jusqu’à la fin du siècle dernier, plus d’une famille puissante envoyait en Chine les armoiries,&faisait exécuter des services sur lesquels les patients hoa-pei ( retraçaient avec une fidélité naïve les blasons énigmatiques, les fières devises latines&les chiffres curieusement entrelacés.

Pour le riche bourgeois qui n’avait que son goût à satisfaire, la spéculation avait prévu ses besoins; alors que l’Europe n’avait pas encore imité les produits orientaux, les sieurs Trincard, rue de la Verrerie; Lhoste, porte Saint-Germain; Aubry, près de la Comédie-Française,&Legrand, rue Saint-Denis, tenant magasin de porcelaines, lui vendaient les garnitures complètes aux brillantes couleurs ou les pièces montées de bronze, d’argent&même de vermeil.

Voilà pour les porcelaines courantes.

Quant aux vases de collection, si estimés des Chinois eux-mêmes, il serait trop long d’énumérer ici les personnages illustres qui leur avaient, dès l’abord, donné place dans leurs cabinets, au grand déplaisir de Baudelot de Dairval.

Le catalogue de la vente du duc d’Aumont, faite en1782, portait la mention suivante, à l’article Porcelaines, ancien bleu&blanc de la Chine: «Elles ont appartenu à M. le Dauphin, fils de Louis XIV, «qui aimait ce beau genre&s’en était fait une collection recommandable. Cet ensemble, qui est peut-être le dernier&le «seul existant d’élite, fournit une occasion aux connaisseurs.»

Il ne serait pas sans intérêt de rappeler quel prix les porcelaines de Chine atteignaient, au dernier siècle, dans les ventes publiques. Quelques-uns de ces prix incroyables, qui rendaient, selon Gersaint, la collection difficile, nous ont été conservés par d’anciens catalogues; mais, en les énumérant ici nous dépasserions les bornes d’une introduction. Nous traiterons ce sujet en parlant des vicissitudes commerciales qu’ont subies, selon le caprice de la mode, les poteries translucides de l’Orient&de l’Occident.

Classés ainsi forcément parmi les curiosités, les produits du Céleste-Empire devinrent un objet d’émulation pour l’industrie,& l’Europe tout entière tendit avec ardeur à se créer une fabrication semblable.

Au temps de Louis XIV, la porcelaine ordinaire de Chine ne pouvait être de la vaisselle d’usage, même dans un repas d’étiquette. L’assiette dont parle Boileau&qui, lancée à la face d’un convié, revient en roulant après avoir frappé le mur, ne peut laisser supposer une matière autre que le métal. Quatre-vingts ans plus tard, Voltaire se plaint de l’élévation du prix des porcelaines de Chine ou de leurs imitations. «Le grand secret des arts, dit-il, est que toutes les conditions puissent en jouir également. «

Les encouragements les moins équivoques, les plus illustres patronages, n’avaient pas manqué, cependant, à qui tentait d’imiter la porcelaine de Chine. Pour ne parler que de la France, Saint-Cloud, la première fabrique commercialement établie, put marquer d’abord au soleil de Louis XIV. Vincennes, transporté plus tard à Sèvres, était un établissement royal&signait ses produits du chiffre des souverains. Chantilly prospérait sous la protection du prince de Condé; Mennecy, sous celle du duc de Villeroy. Les ducs d’Orléans, Monsieur, comte de Provence, le comte d’Artois, le duc d’Angoulême, la reine Marie-Antoinette elle-même, ne dédaignaient pas de se faire les protecteurs d’usines établies à Clignancourt&à Paris. Ainsi, pendant près de cent ans, de1699à1793, des mains royales ou princières viennent en aide à la gracieuse industrie importée de l’Orient.

Le Parlement devait confirmer, après un sévère contrôle, les arrêts constitutifs des nombreuses fabriques, privilégiées ou non privilégiées, qui vécurent&s’éteignirent dans le cours du XVIIIe siècle. Leurs dessins, leurs décorations étaient réglementés de façon à ce qu’aucune d’elles ne put porter préjudice à l’industrie de ses rivales&surtout aux droits exclusifs accordés à la manufacture royale.

Chacune avait sa marque déposée à la lieutenance de police.

Puis, autour de nous, à Meissen, à Berlin, à Vienne, à Louisbourg, à Franckenthal, à Tournay, à Chelsea, à La Haye, à Saint-Pétersbourg, à Buen-Retiro près Madrid, s’établissaient mille élégantes fabriques, soutenues aussi par les souverains,&portant chacune l’empreinte d’un goût particulier, à moins qu’elles ne cessassent d’être elles-mêmes pour copier leurs émules ou la porcelaine orientale, leur éternel modèle.

Les produits de ces fabriques, toutes mortes ou transformées aujourd’hui, sont dans nos mains, sous nos yeux, matériaux épars &méconnus d’un des plus beaux monuments de l’histoire industrielle du siècle dernier. A peine quelques érudits savent interpréter leurs chiffres, reconnaître leurs types.–Les curieux hésitent. Des marchands, abusés ou servis par la ressemblance des marques, ne craignent pas de vendre la vulgaire porcelaine de la Courtille au prix&sous le nom des chefs-d’œuvre de Meissen. Pour le commerce, toute porcelaine allemande est de Saxe; toute pièce française inconnue, de la porcelaine à la Reine; toute pâte tendre, de Sèvres ou de Chantilly; les plus beaux produits font déclassés, les plus célèbres fabriques oubliées ou méconnues,&, pour substituer une valeur courante à celle qu’on n’a pu reconnaître, on déguise, en les déshonorant, les plus précieux échantillons.

Remettre à leur place ces objets que le goût public adopte de nouveau, en écrire l’histoire, en classer les types, en dire les marques, en fixer la date, en établir la valeur: voilà ce que personne n’avait tenté jusqu’à présent, voilà ce que nous espérons faire en publiant ce livre.

Janr və etiketlər

Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
16 yanvar 2025
Həcm:
1129 səh. 300 illustrasiyalar
ISBN:
4064066318185
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
Yükləmə formatı: