Kitabı oxu: «Manuel de médecine légale»
Alexandre Brierre de Boismont
Manuel de médecine légale
À l'usage des jurés, des avocats et des officiers de santé

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066315689
Table des matières
PRÉFACE.
Chapitre premier.
GÉNÉRALITÉS.
POISONS IRRITANS.
POISONS MINÉRAUX.
POISONS ANIMAUX.
POISONS VÉGÉTAUX.
POISONS NARCOTIQUES.
POISONS SEPTIQUES ou PUTRÉFIANS.
Chapitre deuxième.
ASPHYXIE PAR PRIVATION D’AIR. SUBMERSION.
ASPHYXIE PAR STRANGULATION.
ASPHYXIE PAR SUFFOCATION.
ASPHYXIE PAR LES GAZ NON RESPIRABLES.
ASPHYXIE PAR LES GAZ DÉLÉTÈRES.
Chapitre troisième.
COUPS, BLESSURES.
COUPS, BLESSURES.
CONTUSION.
MEURTRISSURE.
PLAIE CONTUSE.
ECCHYMOSE.
ENTORSE.
COMMOTION.
FRACTURE.
LUXATION.
BRULURE.
DES PLAIES.
BLESSURES DE LA TÊTE.
BLESSURES DE LA FACE.
BLESSURES DU COU.
BLESSURES DE POITRINE.
BLESSURES DE L’ABDOMEN.
BLESSURES DES ORGANES GÉNITAUX.
BLESSURES DES EXTRÉMITÉS.
EXAMEN JURIDIQUE DES BLESSURES.
EXAMEN JURIDIQUE DU CADAVRE D’UN INDIVIDU HOMICIDÉ.
DE L’EXAMEN DU CORPS EN PUTRÉFACTION.
Chapitre quatrième.
SÉPARATION DE CORPS.
DE LA GROSSESSE.
SIGNES DE LA GROSSESSE.
GROSSESSE COMPLIQUÉE.
FAUSSES GROSSESSES.
SUPERFÉTATION.
A QUEL AGE APPARTIENT LA FACULTÉ DE CONCEVOIR?
LA GROSSESSE DÉTERMINE-T-ELLE DES ACTES IRRÉSISTIBLES?
UNE FEMME PEUT-ELLE IGNORER CONSTAMMENT SA GROSSESSE?
ACCOUCHEMENT.
SIGNES DE L’ACCOUCHEMENT.
COMBIEN DE TEMPS DURENT LES TRACES D’UN ACCOUCHEMENT?
UNE FEMME PEUT-ELLE ACCOUCHER A SON INSU?
Chapitre cinquième.
L’AVORTEMENT A-T-IL ÉTÉ PROVOQUÉ ?
Chapitre sixième.
SIGNES DU FOETUS A TERME.
SIGNES DE FOETUS NÉ VIABLE.
DES MONSTRUOSITÉS.
EXPOSITION, SUPPRESSION, SUPPOSITION ET SUBSTITUTION DE PART.
Chapitre septième.
L’ENFANT A-T-IL VÉCU?
COMBIEN DE TEMPS L’ENFANT A-T-IL VÉCU? — DEPUIS COMBIEN DE TEMPS EST- IL MORT?
CAUSE INVOLONTAIRE DE LA MORT DU NOUVEAU NÉ.
CAUSES VOLONTAIRES DE LA MORT DU NOUVEAU NÉ.
INFANTICIDE PAR OMISSION.
INFANTICIDE PAR COMMISSION.
Chapitre huitième.
VIOL.
SIGNES DE LA VIRGINITÉ.
CRIME CONTRE NATURE.
TACHES SPERMATIQUES.
Chapitre neuvième.
CLASSIFICATION DES MALADIES MENTALES.
SUICIDE.
Chapitre dixième.
PASSIONS.
IVRESSE.
DÉLIRE.
ÉPILEPSIE.
SOMNAMBULISME, SOMMEIL.
SURDI-MUTITÉ.
MALADIES SIMULÉES.
MALADIES SIMULÉES PAR IMITATION.
MALADIES SIMULÉES PAR PROVOCATION.
MALADIES DISSIMULÉES.
MALADIES PRÉTEXTÉES.
MALADIES IMPUTÉES.
Chapitre onzième.
DES AGES DEPUIS LA NAISSANCE JUSQU’A LA MORT.
APPRÉCIATION DE LA HAUTEUR TOTALE D’UN INDIVIDU, D’APRÈS M. SUE.
Chapitre douzième.
Chapitre treizième.
DES SIGNES DE MORT.
ÉPREUVES.
EXAMEN CADAVÉRIQUE MÉDICO-LÉGAL.
IDENTITÉ.
Chapitre quatorzième.;
RAPPORTS JUDICIAIRES ET ADMINISTRATIFS.
RAPPORTS D’ESTIMATION.
CERTIFICATS.
CONSULTATIONS MÉDICO-LÉGALES.
EMPOISONNEMENT PAR L’ARSENIC.
EMPOISONNEMENT PAR LE SUBLIMÉ CORROSIF.
ASPHYXIE PAR STRANGULATION.
BLESSURE. — COUP D’ÉPÉE A LA POITRINE.
PRÉVENTION DE VIOL MAL FONDÉE.
ACCOUCHEMENT RÉCENT. INFANTICIDE.
VIABILITÉ DU FOETUS.

PRÉFACE.
Table des matières
L’utilité de ce livre ne saurait être contestée, peu de mots suffiront pour la faire comprendre. Comment, en effet, émettre un jugement consciencieux sur une foule de points de médecine légale, sans la connaissance des principes généraux de cette science. Les coups, blessures ou sévices, les homicides, les empoisonnemens, les infanticides, les sophistications, les maladies simulées, les maladies mentales soulèvent tous les jours de nouvelles questions. Si le ministère public ignore les faits de médecine légale, et les véritables secours que cette connaissance peut lui fournir dans la poursuite des coupables, la société se trouve sans vengeur, et le crime sans répression si l’ignorance est du côté de l’avocat, c’est la défense qui en souffre. Eufin, si les jurés n’ont rien compris à la discussion qui s’est élevée entre le défenseur et le procureur du Roi, le jugement est faussé par leur conviction mal formée.
Ces raisonnemens nous paraissent sans réplique; reste maintenant la question de sa voir si la science du médecin légiste peut être mise à la portée des jurés, des magistrats, des avocats, sans les fatiguer par des détails trop techniques. Toutes les fois qu’un tribunal demande un rapport sur un fait, il faut de toute nécessité que ce rapport se termine par des conclusions positives, négatives ou douteuses; car l’examen d’un fait médical quelconque ne peut amener que ces trois sortes de conclusions. C’est donc à l’exposition des faits que nous avons borné ce travail. Citons un exemple:
Supposons une accusation d’infan- ticide: les deux questions principales se réduisent à déterminer, 1° si l’enfant, qui dans ce cas est le corps du délit, était né viable, 2° s’il a respiré : nous ne parlerons ici que de la viabilité. Il est bien clair que cette question se résout aux yeux du médecin par l’examen anatomique et physiologique du fœtus; mais pour nos lecteurs, il suffit de connaître les vérités proclamées parla science qui leur apprend que tout fœtus est né viable lorsque:
1°. La moitié de la longueur totale du corps répond à l’ombilic, ou à très peu de distance au-dessus;
2°. Lorsque sa pesanteur est de 6 à 7 livres environ;
5°. Lorsque la longueur est de 16 à 18 pouces;
4°. Enfin lorsque l’extrémité inférieure du fémur présente un point d’ossification.
Ces notions bien simples acquises à tout magistrat, à tout homme de loi, à tout juré. les uns et les autres seront en état de rectifier un rapport médico-légal, ou de provoquer au moins sa rectification, si l’examen de ces quatre circonstances fondamentales était incomplet ou mal déterminé, Or, qu’y a-t-il de plus facile à connaître que de semblables faits.
Prenons un second exemple: on attribue la mort d’un individu à l’arsenic, si le rapport soumis aux magistrats, indique:
1°. Que la substance trouvée dans la matière des vomissemens, dans l’estomac, ou les intestins, ressemble à du sucre pulvérisé,
2°. Qu’elle est âpre, nullement caustique, provoquant une abondante salivation;
3° Que mise sur les charbons ar-dens, elle est décomposée par eux, et répand des vapeurs brunâtres, d’une odeur d’ail .
4°. Si le rapport ajoute surtout que le mélange de cette substance avec l’eau, traité par l’acide hydrosulfurique, et par l’addition d’une goutte d’acide hydrochlorique, est jauni, et qu’il s’en précipite des flocons de sulfure jaunes d’arsenic entièrement solubles dans l’ammoniaque;
5°. Que ce sulfure desséché et calciné avec de la potasse et du charbon donne de l’arsenic métallique, les magistrats et les jurés ne peuvent conserver d’incertitude, l’individu est mort empoisonné par l’arsenic.
On voit par ces deux exemples que nous avons choisi entre beaucoup d’autres, qu’il est indispensable que les rapports énoncent principalement les caractères distinctifs d’un fait. C’est presque toujours, dit M. Orfila, parce que les premiers rapports manquent par l’omission de ces signes, ou par la manière dont ils sont présentés, qu’on voit s’élever tant de difficultés devant les tribunaux. On ne saurait donc assez recommander aux hommes de l’art, appelés à les rédiger, de bien insister sur les caractères fondamentaux.
En considérant la haute importance qu’il y a pour la bonne administration de la justice, que les notions précises de médecine légale soient plus généralement répandues, nous avons senti la nécessité de la création d’une chaire de médecine légale dans toutes les facultés de droit du royaume. Aussi exprimons-nous hautement le désir que M. Orfila, usant de l’influence que sa [position personnelle et ses titres scientifiques lui ont justement méritée, provoque lui-même cette mesure.
Pénétré de la vérité de ces principes, nous croyons avoir fait quelque chose pour l’éducation civile en publiant notre Manuel. Il n’existe, à vrai dire, aucun ouvrage dans lequel soient exposés d’une manière claire et presque aphoristique les principes de médecine légale, tels qu’ils doivent être présentés à des jurés, à des magistrats, à des avocats, nous pourrions même dire à des officiers de santé. Nous avons pris pour guide, dans cette tâche, le professeur célèbre qui, après avoir formé la plupart des médecins légistes de ces derniers temps, dirige avec une incontestable supériorité la premèire école médicale du monde, la faculté de médecine de Paris. L’article homicide par empoisonnement , par lequel nous allons commencer notre livre, a été revue et annoté par M. Orfila lui-même, qui regarde cette question comme la plus importante et la plus précise de la médecine légale. Grâce aux travaux de ce savant justement renommé, il n’est point aujourd’hui de crime d’empoisonnement qui puisse rester caché aux recherches, et par conséquent point d’empoisonneur qui puisse échapper au glaive de la loi. C’est pour la société une garantie immense, et c’est aussi pour elle un devoir de rendre hommage à la science et à ses bienfaits. Pour nous, quelque médiocre que soit notre part dans le travail que nous avons entrepris, nous nous féliciterons toujours de l’heureux concours de circonstances qui nous a permis de propager les idées et les découvertes de deux hommes aussi illustres que MM. Dupuytren et Orfila .
Un dernier mot sur la destination première de ce livre, et sur ses élémens. Dans l’origine le Manuel de médecine légale avait été écrit pour le bibliothèque populaire, dont nous nous honorons d’avoir été un des collaborateurs; persuadé que toute entreprise qui a pour but de populariser les sciences est un véritable service rendu à l’humanité. Le supplément dont le Manuel devait faire partie, n’ayant point été publié, nous avons pensé qu’un ouvrage pour lequel M. Orfila avait bien voulu nous donner des conseils pouvait encore être utilisé. Nous l’avons revu en entier, extrayant de tous les meilleurs travaux que nous possédons sur la médecine légale, ce qu’il y avait dé réellement important à connaître pour le plan que nous nous étions proposé. MM. Marc, Adelon, Esquirol, Mahon Devergie, Fodéré, Belloc, Biessy,Georget, Leuret , Hofbauer, Briand, Ollivier d’Angers, Sédillot, ont été également mis à contribution par nous. L’accueil fait à nos mémoires sur la monomanie homicide et l’interdiction des aliénés nous ont engagé à les consulter. Mais nous le répétons, nous avons tâché d’être toujours fidèles à l’esprit de ce Manuel, en ne donnant que le plus possible les caractères distinctifs de chaque fait de médecine légal.
Chapitre premier.
Table des matières
De l’homicide par empoisonnement.
LES poisons ont de tout temps fixé l’attention publique; arme judiciaire chez les anciens, nous les voyons donner la mort à des hommes qui font maintenant l’admiration de la postérité. Dans le moyen âge, ils servent à des vengeances et à des crimes multipliés: à des époques plus rapprochées de nous, ils sont pour de grands scélérats, un moyen d’échapper aux investigations de la loi. De nos jours encore, l’empoisonnement est très-fréquent; mais du moins la science marche à côté du mal, et la connaissance des substances vénéneuses a acquis une certitude presque mathématique. Aussi, dans l’exposé que nous allons faire, trouvera-t-on les caractères propres à chaque poison assez nettement tracés, pour qu’il soit impossible de les méconnaître.
GÉNÉRALITÉS.
Table des matières
On donne le nom de poison à toute substance qui, mise en contact avec nos organes, détruit la santé ou anéantit la vie. Pour qu’il y ait crime d’empoisonnement, il n’est pas nécessaire que la dose du poison soit assez forte pour causer la mort, il suffit qu’elle soit de nature à pouvoir la donner d’où il paraît naturel de conclure que si une substance vénéneuse a été mélangée à une autre substance qui en a neutralisé l’effet, celui qui a employé cette mixtion pour attenter à la vie d’une personne est coupable d’empoisonnement.
Mais si la loi poursuit sévèrement le malfaiteur, elle n’est pas cependant sans rigueur à l’égard de l’homme qui a causé l’empoisonnement, par négligence, maladresse, ignorance, inattention ou imprudence; des dispositions inflictives peuvent également être invoquées contre les médecins, les pharmaciens, les débitans de substances vénéneuses, les falsificateurs de boissons, etc.
Pour porter un jugement éclairé sur les empoisonnemens, il faut connaître les diverses substances vénéneuses qui ont pu être employées, leurs caractères physiques et chimiques, leurs effets sur l’économie animale, et les moyens de les distinguer au milieu des substances étrangères qui masquent leurs caractères, aussi bien que dans leurs combinaisons avec nos tissus: ou, en d’autres termes, pour affirmer qu’il y a eu empoisonnement, l’homme de l’art doit démontrer l’existence du poison à l’aide d’expériences chimiques rigoureuses, ou de certains caractères botaniques ou zoologiques. S’il ne peut pas y parvenir et qu’il ait cependant observé des symptômes et des altérations organiques semblables à ceux que produisent les substances vénéneuses, il peut établir la probabilité de l’empoisonnement. Ces qualités sont sans doute indispensables aux médecins, mais il ne peut être question ici que des caractères propres à chaque poison; nous devons, d’après le plan que nous nous sommes proposé dans ce livre, rester totalement étrangers à la théorie et aux procédés.
ACTION DES POISONS SUR L’ÉCONOMIE.
Chaque poison offre dans ses effets sur l’organisme des caractères, qui indiquent la classe à laquelle on doit le rapporter, et qui le distinguent comme espèce. Il peut-être employé ou administré de plusieurs manières. La plus commune est son introduction dans l’estomac; mais il peut être porté dans le rectum, sur les muqueuses, dans le tissu cellulaire sous cutané, dans les poumons par la respiration, enfin injecté dans les veines. Tous les poisons n’agissent pas aux mêmes doses, mais d’après leur degré d’énergie. Tantôt l’action du poison est locale et ne s’étend pas au-delà du contact; tantôt elle ne se manifeste que sur les organes éloignés, tels que les systèmes vasculaire et nerveux, les poumons; phénomènes qui démontrent que l’absorption a eu lieu, et que les substances vénéneuses sont mêlées aux fluides circulans. Plusieurs substances n’ont pu, à la vérité, être retrouvées dans le sang ou dans les fluides sécrétés, mais il est probable que les recherches n’ont point été faites dans le temps convenable.
CLASSIFICATION DES POISONS.
La seule division que l’on puisse suivre dans la classification des poisons repose sur leur analogie d’action sur l’économie animale, quel que soit le règne naturel auquel ils appartiennent. Aussi M. Orfila les a-t-il partagés en quatre classes: 1° poisons irritans; 2° narcotiques; 3° narcoticoâcres; 4° septiques et putréfians.
POISONS IRRITANS.
Table des matières
Les poisons compris dans cette classe, appartiennent aux trois règnes de la nature, et leur action sur l’économie offre des rapports si tranchés; que nous commencerons par en tracer l’histoire générale, en nous réservant de la compléter par l’exposé des particularités relatives à chaque substance.
Les poisons irritans, introduits dans l’estomac, déterminent les symptômes de l’inflammation la plus vive. Immédiatement, ou peu de temps après leur ingestion, on éprouve un senti ment de cuisson et de brûlure dans la bouche, la gorge et l’estomac; la douleur est aiguë et s’étend dans tout l’abdomen; elle augmente par l’ingestion des boissons et par les mouvemens respiratoires; la chaleur est acre et corrosive, la soif ardente; l’haleine devient excessivement fétide; on observe des nausées et des rapports continuels, des vomissemens fréquens de matières brunes, noirâtres, souvent sanguinolentes, et qui causent dans la bouche un sentiment d’amertume et d’âcreté, les plus petites quantités de boissons sont rejetées; il survient des hoquets, beaucoup de gêne dans la respiration, quelquefois de la constipation, mais le plus souvent des déjections alvines copieuses, fétides et mêlées de sang; la peau est pâle, glacée aux extrémités, couverte d’une sueur froide, épaisse et visqueuse; dans quelques cas, elle devient le siège d’éruptions douloureuses; la face est grippée, pâle ou plombée, agitée de contractions convulsives; la prostration est complète; le pouls est irrégulier, déprimé, petit et misérable; l’angoisse et l’anxiété sont extrêmes; le besoin d’uriner ne peut être satisfait; tantôt les facultés intellectuelles ne sont pas affaiblies, et le malheureux a la conscience des ses douleurs et de sa fin prochaine; tantôt elles sont anéanties. On trouve à l’autopsie, tous les signes d’une inflammation intense, d’autant plus vive que les poisons jouissent d’une action corrosive plus marquée. Les muqueuses buccale, pharyngienne, l’œsophage, peuvent offrir une simple rougeur, une injection plus ou moins considérable; tandis que l’on trouve dans l’estomac des taches noirâtres provenant du sang épanché entre les membranes; le ramollissement et la destruction de la muqueuse; du sang exhalé à sa surface, l’inflammation des deux autres membranes, qui sont quelquefois également perforées. Disons cependant qu’il est plusieurs de ces poisons, qui laissent à peine des traces d’inflammation.
Lorsqu’au lieu d’introduire dans l’estomac les poisons irritans, on les applique sur le tissu cellulaire sous-cutané, à la surface d’une plaie ou d’un ulcère, ils déterminent d’une manière plus ou moins marquée les symptômes d’une brûlure, quelques-uns bornent là leur action, et l’altération reste locale; d’autres sont absorbés et vont produire des lésions dans le système nerveux, les poumons, le cœur et le tube digestif.
Lorsqu’on les injecte dans les veines, les accidens sont beaucoup plus prompts; le sang est coagulé et la vie détruite instantanément; ou bien ils agissent de la même manière que s’ils eussent été absorbés, mais plus rapidement.