Kitabı oxu: «La sous-région du Poitou - Monographie économique»
Alexandre Loez, René Perlat
La sous-région du Poitou - Monographie économique
Agriculture, commerce, industrie, tourisme

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066318154
Table des matières
PRÉFACE
AVANT-PROPOS
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
POPULATION
CLIMAT
COURS D’EAU
ROUTES
VOIES FERRÉES
LIGNES D’AUTOBUS
NAVIGATION AÉRIENNE
NAVIGATION FLUVIALE
EAUX MINÉRALES
CHAPITRE V
ARRONDISSEMENT DE POITIERS
ARRONDISSEMENT DE CHATELLERAULT
ANCIEN ARRONDISSEMENT DE LOUDUN
ARRONDISSEMENT DE MONTMORILLON
ANCIEN ARRONDISSEMENT DE CIVRAY
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
ARRONDISSEMENT DE NIORT
ANCIEN ARRONDISSEMENT DE MELLE
ARRONDISSEMENT DE PARTHENAY
ANCIEN ARRONDISSEMENT DE BRESSUIRE
CHAPITRE VIII
LE DEPARTEMENT DE LA VIENNE
LE DEPARTEMENT DES DEUX-SEVRES
CHAPITRE IX
LE DEPARTEMENT DE LA VIENNE
LE DEPARTEMENT DES DEUX-SEVRES
CHAPITRE X
LE DEPARTEMENT DE LA VIENNE
LE DEPARTEMENT DES DEUX SEVRES
CHAPITRE XI
POITIERS ET SA REGION
LA STATION THERMALE DE LA ROCHE-POSAY
LE TOURISME DANS LES DEUX-SEVRES
CHAPITRE XII
CHAPITRE XIII
LA RACE POITEVINE
LES GRANDES DATES DE L’HISTOIRE DU POITOU
CHAPITRE XIV
CHAPITRE XV
CHAPITRE XVI
CHAPITRE XVII
HISTORIQUE
ORGANISATION
ANNEXES
ANNEXE I
Vous pouvez vous procurer dans la Vienne
Vous pouvez vous procurer dans les Deux-Sèvres
ANNEXE II
ANNEXE III
BIBLIOGRAPHIE

PRÉFACE
Table des matières
Les monographies de géographie économique locale présentent un intérêt évident. Elles permettent de mettre en relief les traits originaux qui caractérisent chacune de nos vieilles provinces françaises. Elles attirent l’attention sur des productions et des ressources intéressantes, souvent trop peu connues.
A ce titre, une «monographie économique» de l’ancienne province du Poitou, ou plutôt de la «Sous-Région du Poitou» qui n’englobe actuellement que les deux départements de la Vienne et des Deux-Sèvres, offre le même intérêt que présenterait tel autre travail similaire, portant sur les départements de la Bretagne, de l’Auvergne, du Languedoc ou de la Lorraine.
Décrire, canton par canton, commune par commune, les départements de la Vienne et des Deux-Sèvres; analyser les principales ressources de leur agriculture, de leur industrie et de leur commerce; signaler les curiosités que la région peut offrir aux touristes, sans oublier les particularités de la cuisine locale; rappeler la place que cette région occupe dans l’histoire, les célébrités qu’elle a vu naître, la collaboration que ses deux Ecoles militaires de Saint-Maixent et de Poitiers apportent à la formation de notre corps d’officiers, et l’éclat d’une Université qui va bientôt fêter son cinquième centenaire, tel est l’objet des chapitres qui suivent et ne manqueront pas d’intéresser les amateurs d’études locales.
Une série de travaux analogues, portant sur tous les départements de France constituerait, à n’en pas douter, une collection extrêmement précieuse.
Mais le présent volume, publié sous la double signature de MM. Alexandre LOEZ et René PERLAT, secrétaires généraux des Chambres de Commerce des Deux-Sèvres et de la Vienne, offre un intérêt plus général.
Les deux départements qui font l’objet de cette «monographie économique» donnent une idée fort exacte de la moyenne de la France. C’est un fait remarquable, en effet, qu’à tous les points de vue, les deux départements de la Vienne et des Deux-Sèvres apparaissent comme étant dans la moyenne, quand on étudie notre pays. Leurs chef-lieux sont des villes d’importance moyenne. Sous le rapport de la densité de la population, de la natalité, de la mortalité, de la richesse, du produit des impôts, ces départements apparaissent comme étant toujours dans la moyenne. Même au point de vue des opinions politiques, leurs populations offrent le même caractère, étant également éloignées des idées extrêmes.
Cette région est particulièrement bien équilibrée. Le «Poitevin», sobre, laborieux, réfléchi, résistant et solide, semble réunir à la fois les qualités des populations du Nord et celles du Midi de la France. C’est un des meilleurs spécimens de la race française.
Ainsi, un monument élevé à la gloire du Poitou donne-t-il l’impression exacte de la France dans son ensemble et du «Français moyen». A ce titre, il convient d’attirer sur lui l’attention de tous ceux qui veulent bien connaître notre pays, et de remercier les Chambres de Commerce de la Vienne et des Deux-Sèvres de leur initiative très opportune et de leur enquête si documentée.
ARTHUR GIRAULT;
Doyen de la Faculté de droit de Poitiers.
Correspondant de l’Institut.
AVANT-PROPOS
Table des matières
Il y a quatre ans, en 1926, nous publiions notre Monographie économique des Deux-Sèvres, où nous passions rapidement en revue les différentes branches de l’activité économique du département dans le domaine agricole, commercial et industriel.
Cet ouvrage fut bien accueilli du public et nous nous, proposions d’en refaire plus tard la mise au point dans une nouvelle édition, après épuisement de la première.
Le fait nouveau de la création, le 29 février 1928, de la Sous-Région économique du Poitou nous inclina à penser qu’il était plus indiqué d’élargir les bases de notre enquête et de l’étendre au département de la Vienne.
Tel fut également le sentiment du Comité régional de la. «Sous-Région du Poitou», qui, dès la fin de 1928, chargea les secrétaires généraux des deux Chambres de Commerce de Poitiers et de Niort de s’entendre à ce sujet et de préparer, d’un commun accord, les éléments d’une Monographie économique des deux départements: Vienne, Deux-Sèvres.
Le plan général de l’ouvrage serait celui adopté pour la monographie des Deux-Sèvres et chacun des deux départements serait étudié, tour à tour, sur les bases suivantes:
Le Département,
Les Cantons,
L’Agriculture,
L’Industrie,
Le Commerce.
L’enquête terminée sur ces données, nous avons estimé que la
«Monographie du Poitou» serait incomplète, si nous ne réservions pas un chapitre spécial au Tourisme en Poitou et à la Cuisine poitevine; si nous ne mentionnions point les grands organismes, spécifiquement poitevins, que sont l’Université de Poitiers, l’Ecole d’infanterie de Saint-Maixent, l’Ecole d’artillerie de Poitiers; si même nous ne parlions point du grand passé poitevin, des grandes dates de l’Histoire du Poitou et des Célébrités poitevines.
Peut-être sortions-nous quelque peu du cadre strictement «économique » que nous nous étions tracé primitivement, encore que le Tourisme relève à n’en pas douter de l’ «Economique» et que, non moins sûrement, des institutions, comme l’Université de Poitiers et les Ecoles militaires, sont des éléments incontestables de la prospérité «économique» de la «Sous-Région du Poitou»
En tous cas, nous avons pensé que nous n’étions nullement qualifiés pour traiter des questions aussi diverses et avons-nous fait appel à des collaborateurs plus compétents et plus idoines.
Nous ne saurions assez les remercier ici de leur si précieux concours qui nous a permis de mener à bien notre tâche et tout spécialement:
M. le Colonel Coudanne, pour le chapitre consacré à l’ «Ecole d’artillerie de Poitiers» ;
M. le Capitaine Jeanroy, pour la notice si enthousiaste sur l’«Ecole d’infanterie de Saint-Maixent» ;
M. Henri Rousseau, pour son étude si documentée sur l’ «Université de Poitiers» ;
MM. Mérieux et l’autant, pour le chapitre réservé au «Tourisme en Poitou» ;
M. Maurice Béguin, pour la belle galerie des «Célébrités poitevines » ;
M. Gaston Derys, pour son article si pittoresque sur la «Cuisine poitevine» ;
M. le Dr Bord, pour sa notice sur la «Station thermale de La Roche-Posay» ;
MM. Merveilleux du Vignaux et Gaston Giraudias, délicats poètes et chantres inspirés de notre cher Poitou,
Sans oublier M. Girault, doyen de la Faculté de Droit de Poitiers, qui a bien voulu accepter de préfacer notre ouvrage et qui l’a fait en termes vraiment trop élogieux.
Nous tenons également à remercier ici, très vivement et très sincèrement, tous ceux à qui nous devons d’avoir pu illustrer si abondamment et si heureusement cette «Monographie économique».
Les Syndicats d’Initiative de Niort, de Thouars et de Saint-Maixent, en particulier;
L’Orientation économique et financière (Illustration);
La Direction des Chemins de fer de l’Etat;
L’Université de Poitiers;
L’Avenir de la Vienne, à Poitiers;
Le Journal de l’Ouest, à Poitiers;
La Société française d’Imprimerie, à Poitiers;
L’Imprimerie Saint-Denis, à Niort; ainsi que tous les commerçants, industriels ou particuliers qui ont bien voulu mettre à notre disposition les nombreux clichés reproduits dans les pages qui suivent.
«Un simple croquis» en disait déjà plus à Napoléon qu’ «un long discours».
Nous ne doutons pas que les belles et multiples illustrations qui agrémentent notre exposé, parfois aride, de la situation économique actuelle des deux départements de la Vienne et des Deux-Sèvres, nous feront pardonner tels développements, tels commentaires et contribueront à réconcilier nos lecteurs avec nos chiffres et nos statistiques.
Elles les aideront, en tout état de cause, à se familiariser, sans peine aucune, avec les manifestations si variées de l’activité économique de la Sous-Région du Poitou; à se rendre un compte plus exact de la diversité des ressources des deux départements de la Vienne et des Deux-Sèvres; à mieux apprécier enfin l’effort persévérant des milieux agricoles, commerçants et industriels du Poitou et le rôle qu’ils jouent dans l’économie générale de la nation.
Tel est le but que se proposaient le Comité directeur de la Sous-Région du Poitou et les Chambres de Commerce de Niort et de Poitiers, en nous confiant le soin de cette enquête économique.
Puisse «cette Monographie» l’avoir atteint et contribuer à mieux faire connaître et aimer nos deux beaux et chers départements de la Vienne et des Deux-Sèvres.
A. L...
CHAPITRE PREMIER
Table des matières
LA SOUS-RÉGION DU POITOU
Le régionalisme n’est pas un vain mot et il semble que, depuis quelques années en particulier, nous assistions à un véritable renouveau de la vie régionale.
Régionalisme agricole et économique;
Régionalisme artistique et littéraire;
Régionalisme militaire et universitaire;
Régionalisme touristique et administratif
sont des réalités vivantes que les conditions nouvelles de la vie moderne imposent de plus en plus.
Dans l’ordre économique en particulier, la facilité des relations, leur rapidité ont fait craquer les cadres trop étriqués des départements et orienté les esprits vers une organisation conçue sur le plan régional.
Nous devons nous en féliciter, car si
L’ennui naquit un jour de l’uniformité,
il faut bien convenir que la diversité même de nos régions françaises est la plus belle parure de la France «une et indivisible» et que l’unité profonde de la mère-patrie n’est aucunement menacée par les particularismes régionaux et les fortes individualités ethniques de nos vieilles provinces françaises.
Le régionalisme, en effet, attire et attache à son sol, non seulement l’artiste et le poète, le savant et le chercheur, mais aussi le producteur et le travailleur, intellectuel ou manuel, qui vivent là où ils sont nés, eux et les leurs; qui se souviennent d’un passé cher; qui maintiennent et transmettent les vieilles coutumes et les vieilles légendes, les vieux souvenirs et les vieilles traditions, tout ce dont est pétri le coin de terre, où leur famille est enracinée.
Nous ne pouvons pas concevoir une France découronnée de ses régions si pittoresques, si originales, si variées; une France sans pays basque ou sans pays breton; sans sa Touraine ou son Anjou...
Tombeaux de ses aïeux et nids de ses amours.
Nous ne pouvons pas imaginer une France sans ses Calaisiennes et ses Ossaloises, sans ses Poitevines et ses Sablaises, sans ses Lorraines et ses Arlésiennes.
Tout le passé glorieux du pays revit dans ses régions, dans ses provinces; toutes ses gloires, toutes ses légendes; toutes ses traditions, toutes ses croyances; toute son histoire; toute sa vie profonde.
Le Poitou n’échappe pas à la règle commune. Comme l’a écrit M. Boissonnade, doyen de la Faculté des Lettres de Poitiers, dans son Histoire de Poitou :
«Pasteurs, forestiers, laboureurs et vignerons du Haut et du
«Bas-Poitou furent de bonne heure amenés à nouer des relations avec
«les éleveurs de moutons, les pêcheurs et les sauniers du Marais et
«du Littoral. Ainsi se créa une individualité géographique et histo-
«rique: la région poitevine (p. V).
«... Le Poitou, vieille province, toujours vivante, s’élargit au-
«jourd’hui en une région plus vaste. Il étend maintenant son action
«à l’Aunis, à la Saintonge, à l’Angoumois, unis à lui par la commu-
«nauté des intérêts économiques» (p. 316).
La Sous-Région économique du Poitou est née de cette communauté de besoins et d’intérêts. Elle répond à des nécessités particulières, impérieuses et indéniables.
Dès 1926, M. Boissonnade le signalait encore dans l’ouvrage déjà cité (p. 314):
«Des tentatives récentes ont été faites pour organiser sur le ter-
«rain économique une région nouvelle. Le Poitou repousse celle
«proposée en 1917 et qui l’eût uni au Limousin, avec lequel il a
«peu d’intérêts communs. L’opinion y est surtout favorable à l’orga-
«nisation d’une Région de l’Ouest dont Poitiers et La Rochelle
«seraient les capitales; mais il est prématuré de prévoir la réalité
«qui peut sortir de ces projets encore imprécis.»
Depuis 1926, les projets se sont précisés et la «réalité » de 1930 est la consécration même de l’individualité propre, ethnique, historique, géographique et économique de la Région de l’Ouest.
La Sous-Région économique du Poitou a été créée par arrêté ministériel en date du 29 février 1928 et elle forme, au sein du 7e groupement régional économique du Centre-Ouest auquel les Chambres de Commerce de Poitiers et de Niort ont été rattachées par arrêté ministériel en date du 5 avril 1919, une entité distincte, avec Poitiers pour centre.
Le Comité régional de la Sous-Région du Poitou comporte quatre délégués de la Chambre de Commerce de la Vienne et quatre délégués de la Chambre de Commerce des- Deux-Sèvres. Il se réunit trimestriellement, tour à tour, à Niort et à Poitiers et discute les questions qui intéressent directement les deux Chambres de Commerce. Actuellement, ce Comité est ainsi composé :
Délégués de la Chambre de Commerce de Niort et des Deux-Sèvres
MM. Emile MAROT, Président, à Niort.
Louis BOINOT, Vice-Président, à Niort.
Robert ALLENET, Vice-Président, à Melle.
Roger BEAUCHAMP, Membre, à Parthenay.
M. Emile MAROT
Président de la Sous-Région économique du Poitou
et de la Chambre de Commerce des Deux-Sèvres.

M. Georges CAILLAUD
Président de la Chambre de Commerce de la Vienne
et Vice-Président de la Sous-Région économique du Poitou.

Délégués de la Chambre de Commerce de Poitiers et de la Vienne
MM. Georges CAILLAUD, Président, à Poitiers.
Henri BAUGIER, Vice-Président, à Montmorillon.
Julien VOISIN, Vice-Président, à Châtellerault.
Georges GIRAUDON, Trésorier, à Poitiers.
BUREAU
Président: M. Emile MAROT, président de la Chambre de Commerce de Niort;
Vice-Président: M. Georges CAILLAUD, président de la Chambre de Commerce de Poitiers;
Secrétaire: M. Robert ALLENET, vice-président de la Chambre de Commerce de Niort;
Trésorier: M. Georges GIRAUDON, trésorier de la Chambre de Commerce de Poitiers;
Conseillers du commerce extérieur.

La Sous-Région du Poitou, certes, telle qu’elle fut constituée en 1928, n’a point réalisé complètement les intentions de ses parrains, qui la prévoyaient, plus large et la souhaitaient étendue à tout l’ancien Poitou ainsi qu’à l’Aunis et à la Saintonge, constituant ainsi la Région de l’Ouest et englobant notamment la circonscription de la Chambre de Commerce de La Rochelle.
La délimitation des régions économiques actuelles, en effet, a été quelque peu arbitraire et nous pensons que le jugement de M. Babeau sur les anciennes provinces françaises s’appliquera un jour très exactement, à une délimitation nouvelle, plus conforme aux vœux des intéressés:
«Les provinces de France, telles qu’elles existaient en 1789,
«n’ont pas été tracées sur la carte par la volonté raisonnée d’un légis-
«lateur; elles se sont formées avec le temps.»
Souhaitons qu’avec le temps, la Région économique de l’Ouest prenne corps et que la Sous-Région économique du Poitou réalisée en 1928, en soit l’ébauche et comme l’amorce de la Région économique des Charentes et du Poitou qu’ont toujours souhaitée les animateurs poitevins d’un renouveau de la vie économique régionale.
A. L.
CARTE ECONOMIQUE de la Sous-Région du Poitou

CHAPITRE II
Table des matières
LA CHAMBRE DE COMMERCE DE POITIERS ET DE LA VIENNE
La Chambre de Commerce de Poitiers et de la Vienne a été créée par décret du 8 janvier 1901; elle remplaçait la Chambre consultative des Arts et Manufactures qui existait depuis germinal an II: celle-ci se composait à l’origine de six membres, et fut réorganisée en 1832, 1848, 1852 et 1863, date à laquelle le nombre de ses membres fut porté à douze.
S’étendant à tout le département, la Chambre de Commerce de Poitiers et de la Vienne comprenait à l’origine quinze membres. Les premières élections furent fixées an 2 juin 1901; l’installation des membres élus et l’élection du bureau eurent lieu le 23 du même mois.
M. Georges Servant fut nommé président, avec, comme vice-président, M. Henri. Delavau, négociant en fers et charbons à Châtellerault, et M. Alcide Blanchard négociant en grains à Saint-Germain.
M. Servant devait, plus tard, devenir Sénateur de la Vienne, et M. Blanchard, député de l’arrondissement de Montmorillon.
C’est en décembre 1908 que pour permettre aux divers commerces et industries, ainsi qu’aux cinq arrondissements du département, d’être représentés à la Chambre de Commerce, que le nombre de ses membres fut porté à dix-huit; c’était au surplus une conséquence logique de la loi du 19 février 1908 qui, modifiant le régime électoral des Chambres de Commerce, avait étendu le droit de vote à tous les patentés.
M. Servant resta président de la Chambre de Commerce jusqu’en janvier 1926; ses collègues se proposaient de célébrer ses vingt-cinq ans de présidence, quand il fut surpris par la mort.
Il fut remplacé par M. Georges Caillaud, élu le 12 février 1926, et vice-président depuis le 4 janvier 1922.
Cette Compagnie tint ses premières réunions à l’Hôtel de Ville où l’hospitalité lui fut donnée pendant quelques mois; le siège de la Chambre fut ensuite transféré dans un immeuble situé rue Henri-Oudin où un étage lui avait été réservé et spécialement aménagé par le propriétaire, lors de la construction de l’immeuble.
Après la guerre, la Banque de France ayant acheté tous les immeubles qui la joignaient dans ce quartier, la Chambre de Commerce, dut quitter ce local; elle put alors s’installer dans un important immeuble appartenant aux Hospices de Poitiers, situé sur la Place d’Armes, près l’Hôtel de Ville, où ses services ont pu être organisés de façon pratique et où de vastes salles permettent les réunions et de la Chambre, et des divers syndicats commerciaux et industriels auxquels la Chambre de Commerce donne l’hospitalité.
La Chambre étudie toutes les questions économiques et sociales et s’applique à résoudre tous les problèmes qui se posent dans cet ordre d’idées, notamment au point de vue fiscal.
Pendant la guerre, elle a prêté son concours aux Pouvoirs publics, et contribué à recueillir l’or et à favoriser les emprunts de la Défense Nationale, en même temps qu’elle procédait à l’émission de coupures pour remédier à la pénurie de monnaies divisionnaires.
CHAMBRE DE COMMERCE DE POITIERS

D’accord avec la Chambre de Commerce des Deux-Sèvres, elle a demandé la création de la Sous-Région Economique du Poitou (constituée par l’Union de ces deux Compagnies) où se traitent les questions pour lesquelles les deux départements de la Vienne et des Deux-Sèvres ont des intérêts identiques.
Elle est affiliée à l’Office des Transports et des P. T. T. du Centre-Ouest dont le siège est à Limoges.
La Chambre de Commerce de la Vienne, prévoyant les changements que peuvent apporter dans l’organisation économique, les communications rapides par voie aérienne, étudie toutes les questions d’aviation avec le concours d’une commission spéciale et de l’Aéro-Club du Poitou, et donne son concours financier à toutes les œuvres qui, dans cet ordre d’idées, préparent l’avenir.
R. P.
COMPOSITION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE EN 1930
BUREAU
M. le Préfet de la Vienne.
Président: M. Georges CAILLAUD.
Vice-Présidents: MM. Henri BAUGIER et Julien VOISIN.
Secrétaire: M. Auguste MOTILLON.
Trésorier: M. Georges GIRAUDON.
MEMBRES TITULAIRES
MM.
CAILLAUD Georges, Légion d’honneur, négociant en alimentation en gros, Poitiers.
BAUGIER Henri, industriel à Montmorillon.
MAGNON Eugène, vins et spiritueux à Chauvigny.
MASSIA René, distillateur à Savigné.
LÉGER Désiré, ancien négociant en produits agricoles à Saint-Laon.
MOTILLON Auguste, pharmacien à Couhé-Vérac.
BAELDE Elie, imprimeur-lithographe à Poitiers.
GIRAUDON Georges, négociant en épicerie à Poitiers.
VOGT A., fabricant de coutellerie à Cenon, près Châtellerault.
VOISIN Julien, négociant en grains, Châtellerault.
AURIOUX René, fabricant d’articles de ménage, Châtellerault.
LAPEYROUX Charles, mercier en gros, Poitiers.
CHARRON Alfred, Légion d’honneur, directeur de l’Abattoir Industriel de Chasseneuil.
DOUSSIN Pierre, négociant en épicerie à Loudun.
FARÉ Jules, négociant-expéditeur à Châtellerault.
LAFOY André, distillateur à Châtellerault.
PLISSON Pierre, pelletier-fourreur à Poitiers.
GUIONNET Gustave, ancien boulanger à Poitiers.
MEMBRES CORRESPONDANTS
MM.
AMÈTEAU, horloger-bijoutier à Poitiers.
NAFFRECHOUX Elie, maître d’hôtel à Saint-Saviol.
ROUSSEAU Henri, professeur de droit commercial à l’Université de Poitiers.
GARNIER Robert, président de l’Union des entrepreneurs de travaux publics, Poitiers.
MARTINEAU, fabricant de lessives, Poitiers.
BUTHAUD Marcel, fabricant de confections à Poitiers.
RIBOT, négociant en grains à Loudun.
PRIEUR André, négociant en chaussures et nouveautés à Châtellerault.
CHAMOULAUD, nouveautés et confections à Chauvigny.
DUBOIS Marcel, tissus et confections à Châtellerault.
PICHAUlT, président de la Meunerie de la Vienne, à Jaunay-Clan.
ROUSSEL, tanneur à Vivonne.
SECRETAIRE GENERAL
M. René PERLAT.
Chambre de Commerce de la Vienne (année 1929).

Principal de la Contribution des Patentés: 981.293 fr. 41
CHAPITRE III
Table des matières
LA CHAMBRE DE COMMERCE DE NIORT ET DES DEUX-SÈVRES
Historique.
Le 29 mars 1900 notre Compagnie tenait sa séance inaugurale en l’hôtel de ville de Niort. La Chambre de Commerce se substituait à la Chambre Consultative des arts et manufactures de Niort, créée par l’arrêté du 12 Germinal an XII (2 avril 1804). La Chambre Consultative des Arts et Manufactures de Saint-Maixent ne devait disparaître que huit ans plus tard, le 7 juillet 1908.
Le décret portant création de la Chambre de Commerce de Niort et des Deux-Sèvres date du 11 avril 1899 et les premières élections consulaires du 11 février 1900.
Cette liste ne comprenait que 12 noms. Ce n’est que depuis le décret du 11 août 1908 que le nombre des membres de la Chambre de Commerce a été porté à 18 à la demande même de notre Compagnie, désireuse de faciliter dans son sein la représentation à la fois géographique et professionnelle du département.
La loi du 19 février 1908 avait, en effet, modifié le régime électoral des Chambres de Commerce en étendant le droit de vote à tous les patentés. De ce fait, le nombre des électeurs à la Chambre de Commerce passait de 1.267 à 7.862, conformément du reste à un vœu de notre Compagnie en date du 11 mars 1901.
Depuis lors, le Comité électoral du département des Deux-Sèvres, comprenant les délégués de tous les groupements professionnels du département désigne en un Congrès ses candidats à chaque renouvellement général ou partiel de la Chambre de Commerce.
Notre Compagnie tint d’abord ses réunions dans un appartement de l’hôtel de la Roulière mis à sa disposition par la municipalité. Ce local fut suffisant tant que la Chambre borna son rôle à n’être qu’un organisme de documentation et de consultation économique. Mais le légitime souci d’étendre son action, de se tenir en contact plus étroit avec ses ressortissants, de créer des services utiles à la vie économique du département lui firent rechercher un immeuble plus vaste dont elle pût disposer à son gré. Une circonstance heureuse lui permit l’acquisition d’un immeuble important situé au cœur de la ville et convenablement aménagé. Cet immeuble avait été l’hôtel personnel du préfet sous le Premier Empire, hôtel illustré par le passage de Napoléon Ier et de l’Impératrice Joséphine, qui y séjournèrent le 8 août 1808.
La récente acquisition par notre Compagnie de l’immeuble qui abritait les bureaux et dépendances de l’ancienne préfecture, immeuble contigu à l’ancien hôtel du préfet, rétablit à cent vingt ans de distance l’ensemble de ces locaux et de leurs jardins qui permettront désormais une meilleure adaptation des services de la Chambre et la réalisation de ses projets.
Le 6 juillet 1914, la Chambre siégeait en son hôtel, elle mettait une salle de conférences à la disposition de ses ressortissants et offrait aux Syndicats patronaux du département le pavillon dit, «des Métiers » pour y tenir leurs réunions et y déposer leurs archives.
Ce faisant, elle entrait en contact plus étroit avec les groupements professionnels dont la cohésion est plus que jamais nécessaire dans l’intérêt même de la prospérité économique générale.
Le rôle de la Chambre de Commerce pendant la guerre.
Hélas! quelques semaines plus tard, la guerre éclatait et les trains sanitaires amenaient de longues théories de soldats blessés que l’on recueillait dans les établissements publics où, cependant la place faisait défaut.
La Chambre transforma immédiatement son hôtel en hôpital auxiliaire où les dames des membres de la Chambre, sous la direction éclairée du médecin-major Guinebertière, prodiguèrent à nos chers blessés les soins les plus empressés et les plus touchants.
A cette époque où toutes les énergies se dressaient pour combattre l’envahisseur, où toutes nos ressources étaient dirigées vers le front, où toute l’activité économique du pays était tendue vers ce but suprême: vaincre! il importait, malgré les angoisses qui nous étreignaient, malgré les pertes cruelles qui nous endeuillaient, de ravitailler l’arrière, d’apporter de la méthode dans les improvisations, de concilier les exigences de l’état de guerre avec les nécessités de la vie civile et de l’économie générale.
C’est ainsi que notre Compagnie organisa des offices de ravitaillement industriel, un service de transports par eau en utilisant le cours de la Sèvre navigable, émit des coupures divisionnaires et des jetons pour pallier à la rareté de la monnaie et faciliter les transactions.
Enseignement technique.
La tourmente passée et la victoire revenue sous nos étendards, la Chambre se consacra à son rôle purement économique et, en particulier, à la formation d’ouvriers et employés qualifiés dont la rareté se fit cruellement sentir dans cette période d’après guerre. Elle apporta tout son concours au fonctionnement des cours professionnels, cependant que son secrétaire, M. Michel Rougier, organisait des examens de teneurs de livres.
Elle se préoccupe très vivement de la création, à Niort, d’une Ecole pratique de commerce et d’industrie pour la formation professionnelle et intellectuelle des générations d’après-guerre, estimant qu’un métier constitue la plus belle et plus utile dot qu’un père puisse donner à ses enfants.
Dans ce but, elle donne mission à son président d’intervenir au Conseil municipal, au Conseil général et auprès de la direction générale de l’Enseignement technique.
Nos efforts furent couronnés de succès, l’Ecole fut créée, organisée, développée et prit le bel essor qui répondit à notre attente. Notre Compagnie consacre chaque année une subvention pour l’entretien d’élèves boursiers à l’Ecole pratique de commerce et d’industrie.
En plein accord avec la municipalité, le Conseil général et les inspecteurs de l’Enseignement technique, elle organise chaque année une exposition du travail. Elle révèle ainsi au grand public les meilleures œuvres des artisans et remet le travail manuel à l’honneur en distribuant des récompenses justement méritées.
Elle créé et gère un service gratuit de placement pour les ouvriers et les employés.
Action extérieure.
D’accord avec la Chambre de Commerce de la Vienne et après de nombreuses démarches, elle obtint du ministère du Commerce la création d’une sous-région économique du Poitou, organisme autonome avant son budget propre, qui tient alternativement ses assises à Niort et à Poitiers et dans lesquelles sont examinés et défendus les intérêts communs à ces deux départements. Nous espérons qu’un jour prochain les Chambres de Commerce de La Rochelle et de Rochefort seront admises, comme elles le demandent, à l’aire partie de ce groupement qui constituera alors un tout bien homogène sous le titre: Sous-région économique des Charcutes et du Poitou, ces trois départements avant des affinités communes tant au point de vue géographique qu’aux points de vue ethnique et économique.
Débordant ces limites, et en raison même de la configuration géographique du département, dont le nord appartient au bassin de la Loire et le sud aux bassins de la Sèvre niortaise et de la Charente, notre Compagnie s’est affiliée à la cinquième région dont le centre est à Nantes et à la septième région dont le centre est à Limoges.
Elle fait ainsi entendre sa voix dans ces deux groupements pour la défense des intérêts régionaux.
Par suite, elle fait aussi partie des offices de transports et des P. T. T. de ces deux régions, offices dans lesquels se traitent directement et rapidement avec les directeurs des Chemins de fer de l’Etat et de l’Orléans et les hauts fonctionnaires de l’administration, des questions de première importance pour la vie économique du département.
L’action de la Chambre serait incomplète si elle ne s’intéressait aux questions sociales: c’est ainsi qu’elle a apporté son concours moral et financier à la création du Crédit Immobilier des Deux-Sèvres qui fait jouer dans notre département les lois sur la construction des habitations à bon marché ; c’est ainsi qu’elle s’est intéressée également à la création de la Banque populaire des Deux-Sèvres qui rend les services prévus par les lois de 1917 et de 1919.
Action intérieure:
Notre Compagnie, comme toutes les autres Chambres de Commerce, examine les différents projets de loi soumis au Parlement, projets concernant le commerce et l’industrie, ainsi que les vœux émis par les groupements commerciaux du département et les propositions des grandes Compagnies de transports, les passe au crible de la discussion puis prend les délibérations nécessaires après audition des rapports présentés.
Ces délibérations motivées sont adressées, suivant les cas, aux grandes Commissions du parlement, aux hauts fonctionnaires des administrations publiques, aux corps constitués intéressés, aux directeurs des Compagnies de transports.
Enfin, dans le but de diffuser ses idées et son action, de tenir ses commettants au courant de ses travaux, elle édite le journal Les Deux-Sèvres et la Vienne, organe mensuel de notre Chambre, de celle de la Vienne et de la sous-région économique du Poitou. Largement ouvert aux Syndicats patronaux ainsi qu’à leur Fédération, cet organe renferme une documentation précieuse sur les questions d’ordre économique, fiscal et social.
Telle est, rapidement brossée, l’esquisse de l’action de notre Compagnie.
Projets en cours de réalisation.
Est-ce à dire que l’activité de notre Chambre doit se borner là et qu’il n’y a rien de mieux à faire?
CHAMBRE DE COMMERCE DE NIORT

Telle n’est pas sa pensée. C’est à telle enseigne qu’elle vient d’acquérir les magasins généraux de Niort, qu’elle est autorisée à gérer.
Les magasins généraux constituant un puissant moyen de développement économique, notre Compagnie assume ainsi un rôle qui est essentiellement dans ses attributions.
Aussi bien, par une gestion prudente et contrôlée, la Chambre de Commerce de Niort et des Deux-Sèvres donnera de grandes facilités non seulement aux commerçants et aux industriels, mais aussi aux agriculteurs en leur permettant de warranter leurs marchandises et leurs récoltes.
Mes collègues, qui ont une claire vision du but à atteindre, estiment que le service des magasins généraux de la Chambre de Commerce doit être complété par la création d’une Bourse de Commerce, munie de toute la documentation nécessaire, de plusieurs cabines téléphoniques et de bureaux bien agencés disposés autour d’une vaste salle des pas perdus.
Dans notre département essentiellement agricole, les cultivateurs se trouveront ainsi en contact avec le commerce et les industries agricoles pour la plus grande facilité de leurs tractations.
Il n’est pas jusqu’au service des transports extra rapides par avions auxquels mes collègues n’aient pensé. D’accord avec l’Aéro-Club du Poitou, notre Chambre vient d’acquérir en bordure du terrain d’aviation les emplacements utiles pour la construction des bâtiments nécessaires à la création d’une aérogare commerciale.
Ces projets déjà ébauchés seront l’œuvre de demain.
Ces réalisations, en rendant notre Chambre plus vivante encore, démontreront, s’il en était besoin, son activité féconde.
EMILE MAROT,
Président de la Chambre de Commerce
ancien député-maire de Niort.
COMPOSITION DE LA CHAMBRE DE COMMERCE EN 1930
BUREAU
MM.
Le Préfet des Deux-Sèvres.
Président: MAROT Emile (C
, C
,
), industriel à Niort.
Premier Vice-Président: BOINOT Louis (
), industriel à Niort.
Deuxième Vice-Président: ALLENET Robert, industriel à Melle.
Secrétaire: LUSSAN Maurice, négociant à Niort.
Trésorier: LAPROSTE Gustave, ancien négociant, à Niort.
Secrétaire honoraire: ROUGIER Michel (
, I
), ancien négociant à Niort.
MEMBRES ACTIFS
MM.
BEAUCHAMP Roger (
,
négociant à Parthenay.
CORNILLIET Henri, entrepreneur à Parthenay.
ESPINASSOU Léonce (
, I
), négociant à Niort.
FORMON Louis, industriel à Saint-Pompain.
FORTIN Paul (
), industriel à Thouars.
GEFFRÉ Etienne (
), négociant à Niort.
GELLOT Léon, négociant à Bressuire.
SABOURAULT Théophile (
), entrepreneur de serrurerie à Niort.
SADO Jules, industriel à Parthenay.
SICOT Ernest (
,
,
) négociant à Niort.
TENEAU Charles, (
, 
), négociant à Saint-Maixent-l’Ecole.
THIERRY Maurice, ancien négociant à Thouars.
MEMBRES CORRESPONDANTS
MM.
BARRELLE Jules (
, I
), Méd. de 1870) ancien banquier à Niort.
BAUDRY Théophile (
), industriel à Châtillon-sur-Sèvre.
BROUSSEAU Désiré, industriel à Sauzé-Vaussais.
CARDINAL Gaston, négociant à Parthenay.
CHALLET Henri, négociant à Saint-Maixent-l’Ecole.
FAUTRAT Henri, négociant à Thouars.
GELLUSSEAU André, négociant à Thouars.
INGUENEAU Henri, négociant à Saint-Maixent-l’Ecole.
PAPION DU CHATEAU (
,
), industriel à Saint-Gelais.
PICHAMBERT Louis (
,
), ancien entrepreneur à Niort.
POPLINAUX Ernest (O
), ancien industriel à Niort.
POUGNAULT Constant (O
), ancien industriel à Parthenay.
TOUILLAUD Gaston
,
), négociant à Celles-sur-Belle.
SCHMITT Charles, industriel à Bressuire.
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
M. LOEZ Alexandre.
Chambre de Commerce des Deux-Sèvres (année 1929).

Principal de la Contribution des Patentes: 887.602 fr. 41
POITIERS

CHAPITRE IV
Table des matières
LE DÉPARTEMENT DE LA VIENNE
Le département de la Vienne lire son nom de la belle rivière qui le traverse dans toute sa longueur, du sud au nord. Il provient pour 81 % de sa superficie de l’ancienne province du Poitou; pour 15 % de la Touraine et pour 4 % du Berry. Il est borné au nord et à l’est par les départements de Maine-et-Loire, d’Indre-et-Loire et de l’Indre; au Midi par ceux de la Haute-Vienne et de la Charente, et à l’Ouest par celui des Deux-Sèvres. Il s’appuie au sud-est sur le centre montueux et granitique de l’ancien Limousin (Haute-Vienne) et il est séparé de l’Océan par le massif granitique de l’ancien Bas-Poitou (Deux-Sèvres et Vendée).
Le département de la Vienne est plus étendu du sud au nord (130 km.) que de l’est à l’ouest (95 km.). Il couvre 697.291 hectares, soit presque 6.978 kilomètres carrés.
Plus des trois quarts de la surface du département à l’est, au centre, à l’ouest et au sud ne forment pour ainsi dire qu’un vaste plateau ou plaine élevée, se relevant légèrement au sud-ouest et à l’ouest; mais il est coupé par de gracieuses et pittoresques vallées généralement dirigées du Sud au Nord. L’élévation moyenne de ce plateau varie de 140 à 150 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais elle atteint 194 mètres à la colline de Champagné-Saint-Hilaire (canton de Gençay) et 233 mètres à Mérignac, sur les confins du Limousin, tandis que, au Nord, elle n’a plus que 35 à 40 mètres d’altitude, à la limite des départements du Maine-et-Loire et de l’Indre-et-Loire.
POPULATION
Table des matières
Au recensement de 1926, la population de la Vienne était de 310.474 habitants. Le département compte aujourd’hui trois arrondissements (Poitiers, Châtellerault, Montmorillon), autrefois cinq (Poitiers, Châtellerault, Montmorillon, Loudun et Civray), 31 cantons, 300 communes.
Cette population est presqu’entièrement rurale (65 %) et répartie, pour la plus grande part, en petites communes.
Si nous considérons que dans la Vienne les plus fortes communes sont celles ayant plus de 2.000 habitants, nous en comptons 16 atteignant ce chiffre et 69 allant de 1.000 à 2.000.
La grande majorité compte entre 500 et 1.000 habitants; 68 seulement sont au-dessous de 500 et 8 ont moins de 200, dont les deux moins peuplées sont Châtillon (canton de Couhé), avec 122, et Saint-
Cassien (canton de Moncontour), avec 117.
Les 16 communes complant plus de 2.000 âmes de population totale sont:
Poitiers, 42.347;
Châtellerault, 17.720;
Loudun, 5.252;
Montmorillon, 4.766;
Neuville, 2.887;
Chauvigny, 2.708;
Saint-Sauvant, 2.400;
Rouillé, 2.350;
Usson-du-Poitou, 2.323;
Civray, 2.284;
Naintré, 2.256;
Mirebeau, 2.220;
Vivonne, 2.174;
Vendeuvre, 2.105;
Lusignan, 2.048.
Availles-Limousine, 2.039;
Mais la population totale d’une commune n’implique pas toujours la présence d’une localité faisant figure de «petite ville». Beaucoup sont composées de villages ou de hameaux épars.
Outre Poitiers qui rassemble 33.349 habitants dans son octroi, Châtellerault 13.258, Loudun 4.610, Montmorillon 3.576, il y a parmi les communes rurales, un certain nombre de localités rassemblant autour de leur mairie une agglomération constituant un gros bourg avec ses rues commerçantes.
Dans cet ordre d’idées, il faut citer Chauvigny qui, avec ses 2.514 agglomérés, si l’on y ajoute les habitants de Saint-Martial, commune séparée seulement par une rue, et les parties de Saint-Pierre-les-Eglises et de Jardres encastrées dans son propre centre, arrive à une agglomération compacte de 4.000 personnes dont la place chauvinoise est le centre commercial et industriel.
Les autres agglomérations compactes comptant plus de 800 habitants sont: Civray, 2.092; Mirebeau, 1.952; Neuville, 1.458; Lusignan, 1.329; Jaunay-Clan, 1.320; Couhé, 1.392; Lussac-les-Châteaux, 1.181; Saint-Savin, 1.119; Vivonne, 1.157; Lencloitre, 1.093; Ligugé, 996; Charroux, 985; Availles-Limousine, 847; l’Isle-Jourdain, 860; Gençay, 892; Usson, 834; Vouillé, 859; La Roche-Posay, 800.
CLIMAT
Table des matières
Le département de la Vienne jouit d’un climat doux et tempéré qu’il doit à sa situation à peu près au milieu de la zone tempérée du Nord, au peu d’élévation du sol au-dessus du niveau de la mer et au voisinage de l’Océan.
La moyenne de la température pour toute l’année est d’environ 12 degrés au-dessus de zéro, soit à peu près un degré et demi de plus qu’à Paris. La moyenne de la température de l’été est de 19°,25 et celle de l’hiver de 3°,75. Les automnes y sont doux mais humides, et cette humidité se prolonge souvent dans l’hiver. Janvier et février sont ordinairement les mois les plus froids marquant en moyenne + 2°,72, et juillet-août les mois les plus chauds, + 21°, 36, ce qui constitue une différence de 18°,64.
Vue générale de Poitiers (prise des Dunes).

Chevet du Palais de Justice et Tours Maubergeon.

Il tombe en moyenne, chaque année, 600 millimètres de pluie.
Il existe à Poitiers un poste d’observations météorologiques mixte à l’usage de l’agriculture, de la navigation aérienne et des particuliers. D’autre part, les postes d’observations hydrométriques sont au nombre de sept: Availles, Lussac et Châtellerault sur la Vienne; Poitiers et Vivonne sur le Clain; La Roche-Posay sur la Creuse; Montmorillon sur la Gartempe. En outre, quatre postes d’observations pluviométriques et anémométriques fonctionnent à Poitiers, Lussac, Châtellerault et Montmorillon.
COURS D’EAU
Table des matières
Les 697.291 hectares qui forment la superficie totale du département de la Vienne sont arrosés par 1.705 kilomètres d’eaux courantes d’une importance fort inégale et qui peuvent se classer de la manière suivante:
D’abord la Vienne, principale rivière, qui prend sa source dans le département de la Corrèze, au plateau de Mille-Vaches, traverse la Haute-Vienne, pénètre dans la Charente, puis entre dans notre département qu’elle traverse du sud au nord, sur un parcours de 112 kilomètres, arrosant Availles-Limousine, Lussac, Chauvigny, Châtellerault, entre ensuite dans l’Indre-et-Loire et va se jeter dans la Loire aux environs de Saumur.
Trois autres rivières principales: le Clain (qui arrose Poitiers), la Creuse et la Gartempe, dont les parcours varient de 90 à 116 kilomètres, atteignant ensemble un développement de 294 kilom.
Sept cours d’eau secondaires ayant au moins chacun de 38 à 40 kilomètres de développement, savoir: la Dive du nord, l’Auxance, la Boivre, la Vonne, la Clouère, le Saleron, réuni à l’Anglin, et la Charente; au total, 340 kilomètres.
Douze cours d’eau de troisième ordre ayant au moins 20 kilom. parcourent dans leur ensemble 307 kilom.
Douze grands ruisseaux de 10 à 20 kilomètres comptent 140 kilomètres de cours et, enfin, une multitude de petits ruisseaux de 1 à 10 kilom., parfois à sec durant les chaleurs, ont un développement total d’environ 612 kilomètres.
ROUTES
Table des matières
Le réseau routier de la Vienne comporte un développement total de 8.738 kilomètres ainsi répartis:
ROUTES NATIONALES. — Le département est traversé par six routes nationales ayant sur son territoire un parcours d’environ 383 kilomètres, savoir:
1° de Paris à Bayonne, par les Ormes, Dangé, Châtellerault, Poitiers, Vivonne et Couhé (parcours dans le département, 108 kilomètres);
2° de Saumur à Limoges, par Loudun, Mirebeau, Neuville, Poitiers, Lussac-les-Châteaux (129 kilom.);
3° de Nantes à Poitiers, par Vouillé, Ayron (29 kilom.);
4° de Poitiers à Rochefort, par Lusignan (long. 28 kilom.) avec embranchement sur Saintes (9 kilom.);
5° de Poitiers à Avallon, par Saint-Julien, Chauvigny et Saint-Savin (46 kilom.);
6° de Nantes à Limoges, par Civray, Charroux (34 kilom.).
Les chemins de grande communication ont un développement de 4.088 kilomètres.
Les chemins vicinaux ordinaires présentent un développement total de 4.267 kilomètres.
VOIES FERRÉES
Table des matières
Les chemins de fer du département de la Vienne appartiennent au réseau de l’Orléans, à celui de l’Etat, à la Compagnie des Voies ferrées économiques du Poitou et à celle des Tramways de la Vienne.
RÉSEAU D’ORLÉANS. — Cinq lignes dont la longueur totale, dans le département, est d’environ 320 kilomètres. Ce sont:
1° de Paris à Bordeaux, par les Ormes, Dangé, Châtellerault, Couhé-Vérac, Saint-Saviol (113 kilomètres);
2° de Poitiers à Limoges, par Lussac-les-Châteaux et Montmorillon (72 kilom.);
3° de Poitiers au Blanc, par Saint-Julien, Chauvigny et Saint-Savin (44 kilomètres);
4° de Montmorillon au Blanc, par La Trimouille (26 kilomètres);
5° de Saint-Saviol à Lussac-les-Châteaux, par Civray, Charroux, l’Isle-Jourdain (64 kilomètres).
RÉSEAU DE L’ÉTAT. — Les sept lignes ou sections de lignes du réseau de l’Etat exploitées dans le département de la Vienne ont une longueur totale d’environ 260 kilomètres, ainsi répartis:
1° de Poitiers à Angers, par Neuville, Mirebeau, Moncontour, Loudun, les Trois-Moutiers (87 kilomètres);
2° de Poitiers à La Rochelle et Rochefort, par Lusignan et Rouillé (22 kilomètres);
3° de Neuville à Parthenay-Nantes, par Villiers-Vouillé, Ayron (22 kilomètres);
4° de Moncontour à Airvault (2 kilom.);
5° des Sables-d’Olonne à Tours, par Loudun (26 kilom.);
6° de Châtellerault à Loudun, par Lencloître et Monts-sur-Guesnes (51 kilomètres)
7° de Châtellerault à Tournon-Saint-Martin, par Pleumartin et La Roche-Posay (46 kilom.).
RÉSEAU DES TRAMWAYS DE LA VIENNE. — Ligne de Poitiers à Saint-Martin-Lars (47 kil. 7).
RÉSEAU DES VOIES FERRÉES ÉCONOMIQUES DU POITOU. — Lignes de Châtellerault à Bouresse, de Lencloître à Lusignan, de Poitiers à Lavausseau (163 kil.).
Vues de Blossac (Poitiers).

LIGNES D’AUTOBUS
Table des matières
Treize lignes de transports en commun par route fonctionnent dans le département de la Vienne, exploitées par des particuliers et subventionnées par le Conseil général, avec ou sans le concours de l’Etat.
La Société des Voies ferrées Economiques vient de créer une filiale «Société des Autobus départementaux» qui commence la mise en exploitation de plusieurs lignes nouvelles. (Société centrale des chemins de fer et d’entreprises).
NAVIGATION AÉRIENNE
Table des matières
L’Aérodrome de Poitiers-Biard est un Terrain de Secours mixte de l’Aéronautique Marchande et des Forces militaires Aériennes, à 2 kilomètres ouest de Poitiers.
Aire d’atterrissage: 500 m. × 500 m. — Signalisation: phare aérien à occultations, portée 25 km. — Hangars: 20 m. × 28 m. — Outillage pour réparations. — Distribution d’essence. — L’Aéro-club du Poitou assure gracieusement le transport du terrain à la ville aux aviateurs de passage.
NAVIGATION FLUVIALE
Table des matières
La rivière la Vienne est navigable entre le confluent de la Creuse et le port de Chitré à l’amont sur une longueur de 34 kilomètres. Toutefois, les bateaux ne peuvent remonter au delà du barrage de la Manufacture Nationale d’armes de Châtellerault, et entre ce point et le confluent de la Creuse, il y a cinquante ans, il circulait encore annuellement une centaine de bateaux à la voile ou par le halage, mais la navigation est nulle depuis longtemps. Le tirant d’eau y est d’ailleurs insuffisant la majeure partie de l’année.
EAUX MINÉRALES
Table des matières
Il existe dans la Vienne de nombreuses sources sulfureuses ou ferrugineuses que les populations de l’entourage immédiat connaissent et parfois utilisent, mais quatre seulement ont été officiellement analysées et un seul groupe, les sources de La Roche-Posay, ont été approuvées et font l’objet d’une exploitation. On trouvera plus loin une notice spéciale concernant La Roche-Posay et sa station thermale.
On peut signaler, comme eaux minérales analysées par des praticiens ou des chimistes, mais non exploitées méthodiquement: la source du Roc Saint-Louis, près de Montmorillon, eau d’une grande pureté, légèrement alcaline, bicarbonatée, sodique et magnésienne; les sources situées près d’Availles-Limousine, eaux froides chlorurées et sodiques que les gens de la région emploient contre la phtisie; la source de Chauvigny, eau «reconstituante et tonique», dit une vieille analyse; les sources de Candé (commune de Véniers) sulfureuses et ferrugineuses, employées jadis dans le traitement des «fièvres-quartes» et des dépôts d’humeurs froides, sources voisines de deux autres; celles du Verger-Mondon (Trois-Moutiers) et de la Clavée (Bournaud), ayant les mêmes propriétés, et formant, d’après le chimiste Poirier «la base d’une vaste exploitation médicale appelée à rendre de grands services et à enrichir le pays».
R. P.
CHAPITRE V
Table des matières
LES CANTONS DE LA VIENNE
Nous passons en revue, ci-après, les trente-et-un cantons de la Vienne, en adoptant l’ordre suivant:
1° Arrondissement de Poitiers.
2° Arrondissement de Châtellerault.
3° Ancien arrondissement de Loudun.
4° Arrondissement de Montmorillon.
5° Ancien arrondissement de Civray.
ARRONDISSEMENT DE POITIERS
Table des matières
(10 cantons - 87 communes - 118.120 habitants)
Pour la commodité de l’exposé, nous étudions simultanément les deux caillons de Poitiers qui réunissent, dans leur ressort, à peu près le sixième de la population totale du département.
LES DEUX CANTONS DE POITIERS
Canton nord: 2 communes: 26.480 habitants.
Canton sud: 7 communes: 23.202 habitants.
Poitiers.

Poitiers, chef-lieu du département de la Vienne, compte 42.347 habitants (recensement de 1926). C’est une des plus anciennes cités françaises. Lorsque les Romains envahirent ce pays, 50 ans avant Jésus-Christ, ils trouvèrent sur l’emplacement du Poitiers actuel une ville importante qui s’appelai Limonum, capitale de la tribu gauloise des Pictons. Cette tribu s’étendait jusqu’à l’Océan et occupait les territoires des départements actuels de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Vendée. Les Romains reconstruisirent et embellirent la ville, qui prit le nom de Pictavium; ils y créèrent des écoles qui eurent un certain renom et en firent un centre administratif et militaire puissamment fortifié.
Au Moyen Age, Poitiers était une des principales villes du duché d’Aquitaine. Les premières libertés communales furent octroyées aux bourgeois et marchands poitevins d’Aquitaine en 1132. Plus tard, lorsque se réalisa l’unité du royaume de France, Poitiers devint la capitale de la province du Poitou.
Quand, en 1790, elle devint chef-lieu du département de la Vienne, elle comptait 20.000 âmes. Sa population a doublé depuis.
Au cours des siècles Poitiers a vu prospérer dans ses murs des monastères, de grandes écoles, des institutions judiciaires, plutôt que des établissements du commerce et de l’industrie De nos jours, la situation a peu changé : Poitiers est restée cite bourgeoise d’apparence a lisière, néanmoins foyer intense de vie intellectuelle: centre judiciaire (sa Cour d’appel a pour ressort tout l’ancien Poitou, l’Aunis et la Saintonge), métropole religieuse possédant de nombreux couvents (le diocèse de Poitiers, comprenant la Vienne et les Deux-Sèvres, compte 677 paroisses), siège d’une Université plusieurs fois séculaire, centre militaire important (intellectuel encore, avec son Ecole d’artillerie), enfin ne s’ouvrant que lentement à la vie industrielle, et il se trouve que l’industrie qui y compte les plus grands établissements: l’imprimerie et l’édition, est encore du domaine intellectuel.
POITIERS

Néanmoins, depuis un demi-siècle différentes industries s’y sont créées, mais d’importance moyenne. Vu point de vue commercial, c’est le trafic des céréales, des graines de luzerne et de trèfle (que l’on exporte en Amérique, en Tchéco-Slovaquie, en Allemagne, etc.), des bestiaux, de peaux de sauvagines, qui alimentent ses foires et marchés. La foire du 18 octobre est le grand marché où se fixent les prix des graines fourragères et où viennent des négociants de toute la France et de l’étranger. comme la foire de la Mi-Carême est l’un des trois grands marchés fiançais des peaux et fourrures de sauvagines, attirant également les étrangers.
L’industrie, à Poitiers, est représentée par d’importantes imprimeries; plusieurs manufactures de brosses, plumeaux et balais; cinq petites manufactures de chaussons, bottes et pantoufles; deux galocheries; de nombreux tricotages de bonneterie laine et coton; des fabriques de corsets et tricots élastiques, d’articles en moleskine, de cartonnages, de moulures, de meubles de style; deux minoteries, une malterie; plusieurs fabriques de liqueurs et d’eaux gazeuses; une briqueterie et fabrique de produits réfractaires; deux petites fonderies de deuxième fusion; une laiterie-beurrerie industrielle. La carrosserie automobile, la construction mécanique et la construction métallique, la fabrication de la ferblanterie et articles de ménage y sont également représentées. Comme industries spéciales au pays, on peut citer trois ateliers pour la préparation des peaux d’oies et de cygnes, trois fabriques des fromages de chèvre dits «chabichous» et plusieurs confiseries et une biscuiterie fabriquant des friandises ou des pâtisseries poitevines.
POITIERS

Toutes ces industries — à part l’une des imprimeries qui occupe près de 400 personnes et une brosserie occupant près de 200 ouvriers — sont de moyenne ou de petite importance, leur personnel variant entre 25 et 150 ouvriers et ouvrières.
Le commerce de gros comprend deux importantes sociétés d’alimentation, des maisons de métaux et quincaillerie, de grains et fourrages — et notamment de graines fourragères —, de tissus, de mercerie-bonneterie, de vins et spiritueux.
Dans les communes rurales de la banlieue poitevine, on trouve d’intéressantes industries: à Migné (1.841 habitants), d’immenses carrières de pierre de taille, une fabrique de carton, une scierie mécanique, un atelier de bonneterie, une champignonnière et trois minoteries. A Saint-Benoît (1.604 h.), l’usine d’engrais de Saint-Gobain, une grande minoterie, un atelier de ganterie, commerce de volailles en gros, commerce de bestiaux. A Ligugé (1.501 h.), un filature de chanvre et jute (3 ouvriers), une imprimerie d’éditions artistiques et une carrière de granit pour ballast. A Biard (940 h.), petite minoterie, atelier de chauffage central, constructions en ciment, fabrique de jougs, commerce en gros de volailles. Les autres communes: Croutelle (188 h.), Fontaine-le-Comte (549 h.), Vouneuil-sous-Biard (712 h.), sont exclusivement agricoles.
CANTON DE LUSIGNAN
(9 communes: 13.545 habitants)
Vaste plateau, d’une élévation moyenne de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer, il est partagé de l’ouest à l’est par la vallée sinueuse de la Vonne, dont quatre petits affluents arrosent utilement les autres parties, et traversé par la voie de fer de Poitiers à La Rochelle.
Les céréales y constituent la culture dominante. On y compte 2.260 hectares de bois (forêt de Saint-Sauvant, bois de Saint-Hilaire et de Coulombiers). Des gisements de pierres de taille et de pierre calcaire s’y rencontrent également.
POITIERS

L’industrie est représentée à Lusignan (2.048 h.) par une fabrique de sabots et galoches, une fabrique de bonneterie, deux minoteries, un four à chaux, une distillerie-liquoriste, distribution d’énergie électrique. Cette petite ville compte, en outre, une imprimerie et des commerçants grossistes en papeterie, en épicerie et en grains et vins.
Il existe une beurrerie coopérative à Cloué (420 h.); des mino- (1.025h.); scieries à Saint-Sauvant (2.400 h.), Coulombiers (656 h.) teries à Cloué et à Sunxay (1.146 h.). Fours à chaux a Jazeneuil et à Rouillé (2.343 h.); tuileries et scieries à Sanxay (1.146 h.); fabrique de chaux et élevage artificiel de volailles à Curzay (695 h.).
CANTON DE VIVONNE
(6 communes: 6.900 habitants)
Plateau traversé par les vallées du Clain, de la Clouère, de la Vonne et du Palais, il est encore arrosé par de nombreux ruisseaux el sources vives. Culture des céréales. Elevage. On y exploite sur certains points la pierre de taille. Le canton est traversé par la voie ferrée Paris-Bordeaux.
Il existe des industries intéressantes à Vivonnes (12.174 h.), qui compte une tannerie, une manufacture de toiles, deux minoteries, une huilerie et des commerces en gros de grains et de vins. — A Iteuil (972 h.), on trouve une importante usine de papeterie, une laiterie-caséinerie et une minoterie. — Marçay (799 h.) possède une fafrique d’horloges publiques, une fabrique de chaux et une minoterie.
On trouve encore une scierie mecanique a Château-Larcher (563 h.); une minoterie à Marnay (900 h.); une fabrique de chaux et deux moulins à Marigny-Chemereau (436 h.).
CANTON DE SAINT-JULIEN-L’ARS
(12 communes: 7.608 habitants)
Le canton de Saint-Julien-l’Ars, confinant à l’est à celui de Poitiers, est également caractérisé par la culture des céréales, de la vigne et l’élevage, mais il a sur son territoire, éminemment boisé. (partie de la forêt de Moulière et plusieurs bois particuliers), de nombreuses carrières de pierres de taille, de moëllons et de pierres à chaux.
POITIERS

L’industrie y est peu représentée. Signalons toutefois, à Bonnes (1. 152 h.), cinq minoteries, une scierie mécanique. — A La Chapelle-Moulière (465 h.), une petite huilerie. — A Lavoux (833 h.), des carrières, une fabrique de chaux, un triage de noix; tuilerie. — A Saint-Julien- l’Ars (1.078 h.), une fabrique de chaux. — A Tercé (1.966 h.), d’importantes carrières de pierre, une fabrique de chaux. — A Mignaloux-Beauvoir, élevage et commerce en gros de porcs.
Les autres communes: Bignoux (304 h.), Jardres (610 h.), Liniers (374 h.), Pouillé (356 h.), Sovigny-L’Evescault (472 h.), Sèvres (441 habitants), sont exclusivement agricoles.
CANTON DE VOUILLÉ
(14 communes: 11.238 habitants)
Le canton de Vouillé est un plateau traversé par trois petites rivières aux vallées sinueuses et couvert de grandes masses de bois (notamment les forêts de Montheil, de Vouillé, de Saint-Hilaire et de l’Epine). L’extrémité ouest du canton, à Chalandray, Maillé, est dans la Gâtine.
C’est dans la vallée de la Boivre, au-dessus de Montreuil-Bonnin, que se trouve la source de Fleury qu’un aqueduc amène au château d’eau de Poitiers.
Canton agricole (céréales, pommes de terre, élevage; œufs, volailles). Le chef-lieu, Vouillé (1.401 h.), a une minoterie, une laiterie et des commerces de grains et d’œufs en gros.
Industries à signaler: à Lavausseau (710 h.), une tannerie et une laiterie-fromagerie (fabrique de camembert). — A Ayron (965 h.), une laiterie-fromagerie. — A Benassay (1.069 h.), une scierie et minoterie. — A Béruges (727 h.), tuilerie, scierie mécanique et minoterie. — A Latillé (1.168 h.), trois minoteries, deux scieries, huilerie, épicerie en gros. — A Quinçay (719 h.), tuilerie, four à chaux, deux moulins. — A Montreuil-Bonnin (555 h.), deux minoteries. — A Chiré-en-Montreuil (766 h.), minoteries.
Château de Dissais

Portail de l’église de Champagné-Saint-Hilaire.

Les autres communes: Chalandray (861 h.), La Chapelle-Montreuil (718 h.), Frozes (407 h.), Maillé (434 h.), Le Rochereau (744 h.), sont exclusivement agricoles.
CANTON DE SAINT-GEORGES
(6 communes: 7.890 habitants)
Le canton de Saint-Georges-les-Baillargeaux constitue la banlieue nord immédiate de Poitiers. Il est traversé par la rivière Le Clain, dont la vallée, fort large, est formée d’épaisses couches de sable à galets exploitées de temps à autres, notamment autour de la commune de Chasseneuil. Une partie de la forêt de Moulière s’élève à l’extrémité de ce canton. De nombreux gisements de pierres, tantôt exploités, tantôt délaissés, existent à Bonnillet, Ansoulesse et vallon de Buxerolles. On trouve des grès à paver dans la commune de Dissay.
Ce canton est avant tout un pays de culture, où l’on rencontre quelques vignobles, produisant de bons vins rouges, notamment sur les communes de Saint-Georges, Montamisé et Dissay.
Comme industries, nous signalerons, à Chasseneuil (1.300 h.), une importante minoterie, des carrières de pierre de construction et un abattoir industriel débitant la viande fraîche et fabriquant les conserves de viande et de charcuterie, à outillage moderne et relié au chemin de fer de Paris à Bordeaux; commerce en gros de grains. — A Dissay (1.024 h.), une fabrique de lessives, savons et produits chimiques et une scierie mécanique; fabrique d’emballages; pépinières; deux minoteries; une fabrique de vannerie. — A Jaunay-Clan (1.988 habitants), carrières de sables et de cailloux; importante minoterie; fabrique de boîtes à fromages; établissement d’apiculture avec fabrique de ruches; scierie mécanique; pépinière de vignes. — A Saint-Georges (1.237 h.), une minoterie et une tuilerie. — A Saint-Cyr (542 h.), une laiterie coopérative, une tuilerie briqueterie et une minoterie.
Les autres communes: Buxerolles (919 h.), Montamisé (880 h.), sont exclusivement agricoles.
CANTON DE MIREBEAU
(10 communes: 8.131 habitants)
Le canton de Mirebeau est, comme son voisin le canton de Neuville, le type de la circonscription exclusivement agricole. Plaine jurassique dont la plus grande partie est dépourvue d’eau, il est surtout un grand centre de culture de céréales, de pommes de terre et vignobles. Les noyers y sont abondants.
A défaut d’industries, il comprend d’importantes maisons de commerce de gros et d’exportation pour les céréales, les pommes de terre et les petits vins blancs et rouges (achetés par les négociants de Paris-Bercy et aussi par les Allemands).
La récolte des noix, elle, donne en outre lieu à l’industrie familiale de l’huilerie. En effet, presque toutes les communes comptent de petits fabricants d’huile qui écrasent les noix au moment de la récolte.
C’est un pays riche, de petite bourgeoisie paysanne et commerçante à l’aise, concentrée surtout à Mirebeau, petite ville de 2.220 habitants ayant d’importants magasins de gros et de détail, où les succursales de banques sont nombreuses. Notons-y, tous les mercredis, un important marché d’oies et autres volailles.
Comme industries proprement dites, on peut signaler une beurrerie-fromagerie à Champigny-le-Sec (948 h.), où se trouve également une fabrique de chaux, et une scierie à Cuhon. Les autres communes sont: Amberre (524 h.), Cherves (891), Maisonneuve (505 h.), Massagues (429 h.), Thurayeau (1.018 h.), Varennes (354 h.) et Vouzailles (673 h.), exclusivement agricoles.
CANTON DE NEUVILLE
(11 communes: 9.887 habitants)
Bien qu’un des plus peuplés, le canton de Neuville-du-Poitou est, comme celui de Mirebeau, surtout un grand centre de productions agricoles: céréales, pommes de terre, carottes, navets, noix et vins. Ces vins, notamment les blancs (cépages Folle-Blanche), sont assez recherchés pour la consommation courante et les coupages, mais on doit signaler un crû renommé produit par des vignobles de la commune de Marigny-Brizay, d’une saveur toute particulière.
Le chef-lieu, Neuville, bien que commune de 2.887 habitants, se compose de gros villages épars et ne réunit autour de son clocher que 1.450 agglomérés. Pas d’industrie, si ce n’est quelques petites fabriques d’huile de noix, une fabrique de chaux; plusieurs carrières de pierre; une distillerie; une presse à fourrages; mais plusieurs importantes maisons de vente en gros et d’exportation de produits agricoles: grains, fourrages et pailles, vins, noix et cerneaux, et surtout de pommes de terre (saucisse rouge, early; ronde jaune).
Les autres communes du canton sont: Marigny-Brizay (808 h.) qui possède une champignonnière; Vendeuvre (2.105 h.) avec une huilerie et une minoterie; Villiers (473 h.) où l’on trouve une usine de charpentes métalliques, et celles exclusivement agricoles d’Avanton (514 h.), avec maisons de grains et fourrages en gros; Blaslay (465 h.); Chabournay (674 h.); Charrais (624 h.); Chéneché (295 h.); Cissé (820 h.); Yversay (222 h.).
CANTON DE LA VILLEDIEU-DU-CLAIN
(10 communes; 5.928 habitants).
Vaste plateau d’une élévation moyenne de 145 m. au-dessus de la mer, il est arrosé par le Clain et le Miosson; pays de céréales, élevage, bois. On y exploite des moellons pour les fours à chaux.
L’industrie est représentée par les minoteries des Roches-Pré-marie-Andillé ; une tuilerie-briqueterie et un four à chaux à Nouaillé (700 h.); une petite huilerie à Aslonnes (610 h.); une brosserie à Smarves (769 h.); une entreprise d’extraction de terres réfractaires à Fleuré (437 h.) pour les faïenceries de Limoges et de Gien; exploitation de terres réfractaires à Vernon (755 h.); une laiterie à Nieuil-l’ Espoir (750 h.).
Les autres communes: Dienné (415 h.), Gizay (367 h.), sont purement agricoles.
ARRONDISSEMENT DE CHATELLERAULT
Table des matières
(10 cantons - 108 communes - 91.524 habitants)
Châtellerault

Cet arrondissement forme la partie septentrionale du département. Au point de vue agricole, surtout depuis que le Loudunais y a été annexé, il est le premier pour la production des vins blancs; la production des fruits à noyaux et à pépins y est active. La culture des légumineuses pour primeurs est très développée. Jadis le chanvre y était cultivé, mais cette culture est en voie de régression. Dans les prairies avoisinant la vallée de la Vienne, l’élevage est assez florissant.
Au point de vue industriel, on peut dire qu’il concentre le plus grand nombre d’usines à Châtellerault et dans sa banlieue.
CANTON DE CHATELLERAULT
(7 communes: 23.859 habitants.)
La ville de Châtellerault, qui compte 17.720 habitants, n’est pas très ancienne. Son origine paraît remonter au IXe siècle; elle se forma autour du château-fort d’Airaud (castrum Airaudi), demeure seigneuriale des vicomtes de Châtellerault. Erigée en commune par le roi Charles IX, en 1565, elle fut toujours un centre d’industries dont la plus ancienne est celle de la coutellerie. Toutefois, depuis bientôt un siècle, les artisans couteliers de la ville ont disparu peu à peu, et il s’est créé deux grandes usines dans les environs immédiats, à Cenon et à Naintré. (Voir la monographie spéciale à cette industrie).
Châtellerault a un port, sur la Vienne, qui connut jadis une activité aujourd’hui très réduite.
Châtellerault possède une Manufacture Nationale d’armes créée en 1828 pour remplacer celles existant jusqu’à cette époque en Alsace, et que l’on trouvait trop rapprochées de la frontière. D’abord destinée à la fabrication des armes blanches et des cuirasses, la Manufacture châtelleraudaise fut adaptée à celle des armes à feu. Pendant la fabrication du fusil Lebel, tant pour l’armée française que pour l’armée russe, plusieurs milliers d’ouvriers y étaient employés; de même pendant la guerre 1914-1918. Depuis, le nombre des ouvriers a été réduit. Actuellement (1930) un millier d’ouvriers y sont occupés à la fabrication et réparation des mitrailleuses.
Enfin, on trouve, groupées à Châtellerault, un certain nombre d’industries d’importance moyenne, mais actives: deux mégisseries pour la préparation des peaux d’oies; trois grosses minoteries; trois scieries mécaniques; trois fabriques de chaussures; trois fabriques de bonneterie et sous-vêtements laine; deux fabriques de conserves de champignons; une fonderie de deuxième fusion; des ateliers de construction mécanique; des fabriques de pompes, de machines à coudre, de blanc fixe et gélatineux, de broderies à la main; une manufacture d’ustensiles de ménage; deux fabriques de liqueurs, une fabrique de chaux; une beurrerie-caséinerie.
Signalons d’importantes maisons de commerce de graines fourragères, de céréales, de vins, de plumes et duvets et d’expéditeurs d’œufs, volailles et sauvagines.
Parmi les autres communes du canton de Châtellerault, il en est une où l’industrie s’est particulièrement développée: Naintré (2.256 habitants) où se trouve la manufacture de coutellerie et de rasoirs de Domine, ainsi que deux importantes minoteries, une fabrique de chaux, une scierie, une fabrique de limes et râpes, un atelier de bonneterie (bas et chaussettes) et des commerces en gros de grains, pommes de terre et de primeurs. Carrières de moellons de tufau. Gravières profondes dans la plaine aux abords de la Vienne.
Les autres localités sont surtout agricoles, néanmoins: Thuré (1. 546 h.) possède des carrières plus ou moins exploitées de tufau, de grès et de calcaire argileux; Souillé (547 h.), une scierie, des carrières de pierre à bâtir et une exploitation de champignons. — Saint-Sauveur (697 h.) a une laiterie-fromagerie; Colombiers (802 h.) une scierie.
Targé (305 h.): Saint-Christophe (453 h.); Vaux-sur-Vienne (336 h.); Vellèhcs (436 h.), sont exclusivement agricoles.
CANTON DE LENCLOITRE
(9 communes: 7.881 habitants.)
Ce canton est renommé par la richesse exceptionnelle de ses cultures maraîchères, ses primeurs (et autrefois ses chanvres) principalement dans les deux communes de Lencloître et de Scorbé-Clairvaux, grâce à un sol bien arrosé et frais. On y cultive principalement les asperges, les artichauts, les oignons, les choux-fleurs, les melons. Les légumes et fruits récoltes sont expédies sur les grandes villes voisines et aussi sur Paris.
L’industrie y est représentée par une minoterie à Saint-Genest (1.160 h.); huilerie et distillerie à Savigny-sous-Faye (642 h.); primeurs en gros, scierie, huilerie, carrières à Scorbé-Clairvaux (1.362 habitants); tuilerie mécanique et carrières à Sossay (481 h.).
A Lencloître (1.693 h.) on trouve aussi une distillerie, une fabrique de vannerie, plusieurs maisons de commerce et d’expédition de grains, pommes de terre, fruits et primeurs en gros. — A Lencloître et à Saint-Genest, vins en gros. — Cernay (348 h.), Doussay (796 h.), Orches (628 h.), Ouzilly (747 h.) sont exclusivement agricoles.
CANTON DE PLEUMARTIN
(9 communes: 8.433 habitants)
Ce canton florissant est à la fois agricole et industriel et les eaux minérales de La Roche-Posay lui ajoutent une ressource intéressante. Son sol est couvert de plusieurs masses importantes de bois et contient, en outre, du tufau, des gisements de pierres pour meules à moudre les grains, exploitées autrefois activement dans les communes de Lésigny, Vicq, Coussay el Pleumartin, et exportées au loin.
A La Roche-Posay (1.377 h.), la plus importante commune, trois sources d’eaux minérales (voir la notice spéciale) alimentent un établissement thermal. Comme industries, on y trouve une usine d’énergie électrique, une fabrique de pâtes de bois à papier, une fabrique de tuiles et carreaux, une laiterie-beurrerie, avec fabrique de caséine; une usine frigorifique. A signaler les importants commerces de viticulture et de grains en gros.
Dans les autres localités du canton, on trouve: scierie mécanique, four à chaux, huilerie, vins et grains en gros à Pleumartin (1.345 h.). — Une minoterie et deux scieries à Chennevelles (651 h.). — Scierie et huilerie à Vicq-sur-Gartempe (1.621 h.). — Distilleries à Lappuy (1.113 h.). — Minoterie, scierie, huilerie et exploitation de pierres à meules à Lésigny (628 h.). — Leigné-les-Bois (735 h.), Mairé (338 h.) sont des communes exclusivement rurales.
CANTON DE VOUNEUIL-SUR-VIENNE
(8 communes: 7.084 habitants)
Arrosé par la Vienne, le Clain et l’Auzon, le territoire de ce canton a des vergers, de beaux pâturages et des côteaux où croissent de jolies vignes, notamment sur la commune de Beaumont, qui produit un vin blanc très connu. C’est sur les pentes crayeuses de la Vienne, sur la commune de Vouneuil, que sont, autour de Montgamé, les nombreux arbres à fruits et surtout les abricotiers, qui sont une des principales ressources du pays.
Notons, près de Vouneuil, la source sulfureuse de Saint-Maur, jadis pèlerinage pour guérir la gale.
Sur le territoire de la commune d’Archigny subsistent des restes de la «Ligne Acadienne», cabanes où, en 1773, furent cantonnés de nombreux colons chassés d’Amérique par les Anglais pour n’avoir pas voulu porter les armes contre la France et que l’on utilisa à commencer le défrichement des «brandes» qui couvraient une partie de ce canton, défrichement qui ne fut terminé qu’au milieu du XIXe siècle.
Comme industries, on trouve actuellement: à Bonneuil-Matours (1.238 h.), l’usine d’énergie électrique de Saint-Mars, une minoterie, deux scieries et une fabrique de chaux. — A Cenon (512 h.), une usine de coutellerie (voir notice spéciale) et une fabrique de machines à coudre et à écrire. — A Vouneuil-sur-Vienne (1.240 h.), fabrique de chaux. — A Archigny (1.675 h.), laiterie et minoterie. — A Beaumont (1.151 h.), huilerie, distillerie et commerce en gros de vins de la localité. — Availles (618 h.), Bellefonds (196 h.), Monthoiron (45g h.) sont exclusivement agricoles.
CANTON DE DANGÉ
(8 communes: 6.079 habitants)
Ce canton, arrosé par la Vienne et la Creuse, traversé par la grande route et le chemin de fer de Paris à Bordeaux, est un pays de culture, d’élevage et d’arbres fruitiers.
Le canton de Dangé, comme celui de Leigné-sur-Usseau, produit les belles prunes dont on fait les pruneaux dits de Tours.
L’industrie y est représentée à Dangé (946 h.) par une minoterie et une laiterie. — Aux Ormes (1.256 h.), une fabrique de biscuits et une laiterie-beurrerie-caséinerie. — A Port-de-Piles (497 h.) par une importante fabrique de ciments et d’agglomérés. — A Oyré (721 h.), huilerie et laiterie.
Les autres communes: Buxeuil (724 h.), Ingrandes (1.160 h.), Leugny (349 h.), Saint-Rémy-sur-Creuse (424 h.), Saint-Romain (428 h.), sont exclusivement agricoles.
CANTON DE LEIGNÉ-SUR-USSEAU
(10 communes: 5.438 habitants)
Canton de culture et d’élevage. Comme celui de Dangé il fournit les belles prunes dont on fait les pruneaux dits de Tours. Dans la région de Vaux, les flancs argilo-crayeux de collines bordant la Vienne portent des vignes qui donnent un vin apprécié. Nombreuses carrières de tufau et sablières plus ou moins exploitées.
L’industrie ou le commerce de gros du canton ne se rattache qu’à la transformation des produits agricoles: deux minoteries à Saint-Romain-sur-Vienne (468 h.); une minoterie et un commerce de grains à Sérigny (774 h.); scierie et commerce de bestiaux à Usseau (436 h.). — La principale commune du canton, Saint-Gervais-les-Trois-Clochers (1.377 h.), on est concentré le commerce de détail, possède une minoterie et une maison de grains. — Antran (558 h.), Leigné-sur-Usseau (396 h.), Mondion (212 h.) sont des communes exclusivement rurales.
ANCIEN ARRONDISSEMENT DE LOUDUN
Table des matières
(rattaché à l’arrondissement de Châtellerault)
CANTON DE LOUDUN
14 communes: 11.662 habitants)
Loudun

La ville de Loudun (5.252 habitants) était, avant la réforme de 1926 qui l’a rattachée à l’arrondissement de Châtellerault, une sous-préfecture. Aujourd’hui, bien que devenue simple chef-lieu de canton (avec toutefois son tribunal rétabli), elle reste néanmoins la capitale du «pays loudunais », petite province autrefois enclavée entre le Poitou, la Touraine et l’Anjou et dépendant de l’évêché de Poitiers.
D’origine romaine, cité fortifiée, la ville de Loudun, qui joua un rôle dans l’Histoire, fut jadis une cité importante possédant, au XVIIe siècle, des industries prospères: parchemineries, tanneries, tissages, etc. Le protestantisme y était alors répandu et la plupart des bourgeois et industriels appartenaient à cette religion, ce qui fit que la révocation de l’Edit de Nantes porta à la ville un coup fatal. Une grande partie des habitants émigrèrent et Loudun, de 15.000 âmes, tomba à quelques milliers et vit sa situation économique fort amoindrie.
Aujourd’hui, le travail et le commerce loudunais sont surtout agricoles: la région loudunaise produit un vin blanc renommé, des orges et escourgeons recherchés par les brasseurs de Belgique et d’Angleterre. On y exploite des grands bois, des prairies naturelles et artificielles; la culture des champignons prospère dans d’immenses carrières souterraines abandonnées, et celle des truffes dans les localités de Maulay, Pouant, Sammarçolles, Beuxes. Enfin, les laiteries-beurreries avec fabrication de caséine s’y sont développées. On peut signaler une source minérale non exploitée dans les sables verts de Candé, commune de Véniers.
Vue générale de Loudun.

Château de Berrie.

A Loudun, l’industrie est représentée par une fonderie de deuxième fusion, un atelier de construction de machines agricoles, des ateliers de brodeuses, des tricotages de bonneterie, une fabrique de produits pharmaceutiques. A signaler aussi un important commerce d’orges en gros et de vins du Loudunais et du Saumurois.
Dans les autres communes du canton de Loudun on trouve: à Arçay (631 h.), une maison de construction de machines agricoles et des commerces en gros de vins loudunais et saumurois. — A Basses (269 h.), une laiterie industrielle et une scierie. — A Beuxes (454 h.), une exploitation de truffières. — A Ceaux-en-Loudun (841 h.), huilerie. — A Maulay (458 h.), truffière. — Mouterre-Silly (895 h.), petite distillerie. — Saint-Laon (226 h.), scieries. — Sammarçolles, deux minoteries et exploitation de truffes. — Véniers (462 h.), deux minoteries. Les autres localités: Chalais (533 h.), Claunay (501 h.), Mes-semé (275 h.), Rossay (233 h.), sont exclusivement agricoles.
CANTON DE MONCONTOUR
(17 communes: 7.273 habitants)
Le canton de Moncontour, formé d’une poussière de petites communes, est entièrement adonné à l’agriculture: très bons vignobles, cultures d’orges et de blé, élevage, exploitation et commerce de bois, laiterie. Une partie de ce canton, notamment la région d’Ouzilly-Vignolles, a un sol marécageux dû aux marais des rivières la Dive et la Briande.
On y rencontre pourtant quelques petites industries: à Moncontour (645 h.), une laiterie-beurrerie, une distillerie, une huilerie, une minoterie et un commerce de grains. — A Angliers (631 h.), beurrerie-fromagerie-caséinerie. — A La Grimaudière (299 h.), une minoterie. — A Martaizé (688 h.), une laiterie-caséinerie et une biscuiterie. — A Ouzilly-Vignolles (352 h.), une minoterie. — Enfin, à Saint-Jean-de-Sauves (1.363 h.), la grosse localité du canton, on trouve une laiterie-beurrerie, une tuilerie, une petite huilerie, deux scieries et deux importantes maisons de grains en gros.
Château de La Mothe-Champdeniers.

Château de Ternay.

Les autres communes: Aulnay (189 h.), La Chaussée (337 h.), Craon (347 h.), Frontenay (476 h.), Mazeuil (470 h.), Messais (298 h.), Notre-Dame-d’Or (141 h.), Saint-Cassien (117 h.), Saint-Chartres (273 habitants), Saint-Clair (421 h.), Verger-sur-Dive (226 h.), sont purement agricoles.
CANTON DE MONTS-SUR-GUESNES
(12 communes: 6.609 habitants)
Canton d’agriculture, de vignes, d’élevage et de bois, il englobe la forêt de Scévole, qui donne lieu à d’importantes exploitations. Bons vignobles.
On trouve un commerce de céréales en gros à Monts (814 h.); une laiterie-beurrerie et une scierie à Berthegon (534 h.); une petite huilerie à Coussay (569 h.); une exploitation de truffes à Pouant (583 h.). Des ateliers temporaires de distillation au Bouchet (339 h.), à Chouppes (865 h.), Prinçay (432 h.); une fabrique de chaux à Guesnes (459 h.). Dercé (383 h.), Nueil-sous-Faye (476 h.), Saires (343 h.) et Verrue (812 h.) sont uniquement adonnés à l’agriculture.
CANTON DES TROIS-MOUTIERS
(14 communes: 7.206 habitants)
Ce canton produit les vins les plus estimés de la région. S’avançant en pointe entre l’Anjou et la Touraine, son territoire tient de ces terroirs renommés.
Les principaux crûs sont les vins blancs des communes de Curçay (424 h.), Ternay (361 h.), Saint-Léger-de-Montbrillais (664 h.), Pouançay (235 h.), Berrie (444 h.), dont les habitants soignent jalousement leurs vignobles.
L’industrie, plutôt rare, est représentée par la laiterie-beurrerie avec fabrique de caséine des Trois-Moutiers (1.215 h.), où l’on trouve aussi deux commerces de grains en gros; des minoteries à Berrie et à Curçay; des huileries à Pouançay et à Ternay (361 h.); des distilleries à Morton (372 h.), Ranton (349 h.). A signaler encore distilleries, commerces en gros de vins du pays et de grains à Saint-Léger-de-Montbrillais.
Bournaud (753 h.), Glenouze (247 h.), Raslay (172 h.), Roiffé (991 h.), Saix (366 h.), Vézières (613 h.) s’adonnent uniquement à la viticulture et à l’agriculture.
ARRONDISSEMENT DE MONTMORILLON
Table des matières
(11 cantons - 105 communes - 100.830 habitants)
Montmorillon

L’arrondissement de Montmorillon, constitué, depuis la réforme de 1926, par les régions montmorillonnaise et civraisienne, forme la partie sud et sud-est du département.
Les cantons avoisinant Montmorillon établissent, au point de vue géologique, le passage entre les centres granitiques du Limousin et les plateaux calcaires du Poitou. C’est aussi un pays de transition au point de vue historique, car une grande partie du canton de l’Isle-Jourdain fit longtemps partie de la Basse-Marche, et la limite linguistique de la «langue d’oc» et de la «langue d’oïl» passe encore dans les plus extrêmes communes de ce canton.
C’est dans cette contrée que s’observent les plus grandes hauteurs du département. Le niveau moyen des plateaux est de 145 mères au-dessus du niveau de la mer, mais ils se relèvent à 220 mètres et même davantage à la lisière de la Haute-Vienne (233 mètres).
La région civraisienne, elle aussi, est un pays de transition, placée géographiquement dans le territoire habituellement désigné sous le nom de «Seuil du Poitou», affaissement du sol qui a constitué la communication naturelle du bassin de Paris avec celui de l’ancienne Aquitaine.
CANTON DE MONTMORILLON
(9 communes: 11.310 habitants)
La ville de Montmorillon (4.766 habitants), à cheval sur la rivière la Gartempe, dans une situation pittoresque, est une petite cité bourgeoise, avec une banlieue agricole, mais où l’on peut signaler, à côté de ses établissements d’instruction publique et privée, quelques industries intéressantes: la grande brasserie située dans son voisinage, sur la rive gauche de la Gartempe, où se fabrique une bière estimée dans toute la région (voir notice spéciale); une fonderie de deuxième fusion; une fabrique de briques réfractaires; une blanchisserie moderne; une fabrique de bougies et cierges; plusieurs importants ateliers de chemiserie et de tricotages; trois fabriques de chaux; deux minoteries; plusieurs biscuiteries fabriquant un produit spécial au pays: des macarons renommés. Source minérale du Roc-Saint-Louis, bicarbonatée, sodique et magnésienne (non exploitée). Laiterie coopérative. Commerces de volailles en gros avec préparation des peaux d’oies. Vins en gros. Distribution d’énergie électrique.
Dans les autres communes du canton, on trouve: à Luthus (1.924 h.), minoterie, huilerie, distillerie. — A Moulismes (766 h.), distillerie. — A Pindray (491 h.), une fabrique de chaux et deux minoteries. — A Plaisance (386 h.), laiterie-beurrerie, grains et vins en gros. — A Saint-Rémy (588 h.), un tissage de toile. — A Saulgé (1.236 h.), minoterie, fabrique de chaux, scierie, huilerie. — A Bourg-Archambault (572 h.), tuilerie mécanique. — Jouhet (581 h.), est uniquement agricole.
CANTON DE CHAUVIGNY
(11 communes: 9.381 habitants)
Ce canton, dans son ensemble, est agricole, mais Chauvigny. le chef-lieu, est un des centres industriels du département, en même temps qu’un des sites les plus pittoresques du Poitou. L’église romane de Notre-Dame domine la ville basse, comme la tour de Saint-Pierre, datant de la même époque, et les donjons imposants de trois châteaux-forts dominent la ville haute assise sur la croupe de la colline qui s’allonge entre le vallon de Talbat et la vallée de la Vienne particulièrement large et belle en ces lieux et traversée par un beau pont.
ANGLES SUR L’ANGLIN

CHAUVIGNY

Indépendamment de ses 2.708 habitants, la ville de Chauvigny renferme ceux des hameaux des communes voisines encastrées sur son territoire et constituant comme ses faubourgs, de telle sorte que la place chauvinoise est le centre d’affaires d’une agglomération de plus de 4.000 habitants. A coté des nombreux magasins de détail et de quelques commerces en gros de vins, de grains, d’épicerie, de volailles et de peaux d’oies, l’industrie y est représentée par les grandes carrières de pierres de taille renommées; une importante fabrique de porcelaine, poteries et faïences: une usine d’énergie électrique; une scierie avec fabrique de parquets et commerce des bois; trois minoteries; une laiterie-beurrerie avec fabrique de caséine; deux ateliers de broderie à jours à fils tirés; plusieurs fabriques de chemises et de bonneterie; trois fabriques de meubles; une fabrique de chapeaux et casquettes; une fabrique de chaux et de tuiles; une fabrique de brouettes. L’industrie de la chaussure, jadis florissante, ne compte plus que quelques artisans.
L’industrie est encore représentée dans les communes de Saint-Martin-la-Rivière (1.031 h.), où l’on trouve deux carrières de pierre, deux minoteries, une distillerie et un atelier de cassage de noix. — Saint-Pierre-les-Eglises (1.927 h.), fabrique de meubles, beurrerie, tuilerie, huilerie, chaux. — La Chapelle-Viviers (565 h.), minoterie, distillerie, scierie, grains en gros. — Leignes (841 h.), une laiterie, une distillerie.
Les autres communes du canton: Fleix (200 h.), Lauthiers (159 h.), Paizay-le-Sec (702 h.), Pouzioux (428 h.), Saint-Martial (526 h.), Sainte-Radegonde (291 h.), sont exclusivement agricoles.
CANTON DE LUSSAC-LES-CHATEAUX
(13 communes: 11.355 habitants)
Ce canton, traversé à peu près par le milieu, du sud au nord par la vallée de la Vienne, est surtout agricole, avec exploitations forestières, mais son sous-sol est riche en belles pierres, en calcaire, en sables et en silex qui donnent lieu à des exploitations industrielles, de même que la Vienne et ses affluents y font tourner de nombreux moulins. Jadis, les gisements de minerais de fer existant à Lussac et à Verrières étaient exploités et alimentaient des fonderies à Lhommaizé et à Verrières, mais cette industrie a disparu.
Cimetière de Civaux.

Tympan de la porte centrale de la cathédrale Saint-Pierre ( Poitiers).

Lussac-les-Châteaux (1.776 h.), chef-lieu du canton, est une petite ville commerçante où existent des commerces de gros de grains, de vins et d’épicerie. Comme industries on y trouve une minoterie, une scierie, trois fabriques de chaux, une fabrique de poteaux en ciment armé ; des exploitations de sablières et de silex et de carrières de pierre.
Dans les autres communes on trouve: à Persac (1.512 h.), les grands Moulins de Villars, la plus importante minoterie du département, qui peut écraser 500 quintaux par vingt-quatre heures et qui emploie un nombreux personnel. Egalement une fabrique de chaux, deux scieries mécaniques, une huilerie.
A Civaux (931 h.), minoterie, huilerie, stoppage de bas de soie. — A Gouex (675 h.), carrières diverses; une fabrique de chaux et d’agglomérés; minoteries; scierie mécanique. — A Lhommaizé (869 h.), importants fours à chaux; une scierie mécanique. — A Mazerolles (655 h.), importante minoterie; carrière de sable, distillerie. — A Morthemer (258 h.), minoterie, carrières de pierre. — A Salles-en-Toulon (1.056 h.), deux minoteries, une fabrique d’instruments agricoles. — A Verrières (955 h.), une minoterie, deux tricotages de bonneterie. — A Bouresse (1.146 h.), construction de machines agricoles; scierie mécanique. — A La Chapelle-Morthemer (307 h.), fabrique de chaux. — Saint-Laurent-de-Jourdes (291 h.) et Sillards (920 h.) sont exclusivement agricoles.
CANTON DE L’ISLE-JOURDAIN
(10 communes: 10.334 habitants)
Ce canton a acquis une certaine notoriété industrielle depuis la création sur son territoire des importantes usines hydro-électriques de la Société des Forces Motrices de la Vienne. (Voir la notice spéciale.)
Le vaste plateau granitique occupé par ce canton forme la partie la plus élevée du département: 220 mètres près de Moussac. Quelques granits de la vallée de la Vienne sont d’un beau rose marbré de noir à grandes lamelles, et si leur dureté n’était excessive, ils fourniraient des matériaux dont le polissage augmenterait la valeur. Le minerai de fer se trouve en de nombreux endroits, mais n’est pas exploité. Jadis, en 1705, on a constaté la présence, sur la commune du Vigeant, de «marcassites» contenant des quantités assez fortes d’or et d’argent. Les recherches, alors ordonnées par Louis XIV, ne donnèrent pas de résultats satisfaisants et ne furent pas renouvelées.
A signaler, au point de vue industriel: les usines hydro-électriques de l’Isle-Jourdain (1.189 h.), où l’on trouve également une biscuiterie, une exploitation de carrières, une tuilerie et des commerces de gros de céréales et autres produits du sol. — A Adriers (1.597 h.), distillerie, huilerie, fabrique de râteaux. — A Luchapt (819 h.), huilerie, commerces en gros de vins et grains. — A Millac (1.059 h.), usines hydro-électriques de Jousseau et de La Roche. — A Moussac (959 h.), minoterie et huilerie. — A Queaux ( 1.423 h.), minoterie, huilerie. — Au Vigeant (1.749 h.), minoterie. — Mouterre (511 h.) et Nérignac (282 h.) sont exclusivement agricoles.
CANTON DE SAINT-SAVIN
(9 communes: 7.881 habitants)
Le canton de Saint-Savin est en majeure partie adonné à la culture des céréales. Au point de vue industriel, il a cette particularité que bon nombre de femmes et jeunes filles s’y livrent, à domicile et en ateliers, au travail de la lingerie fine et de la dentelle pour le compte d’entrepreneurs locaux ou de maisons de Paris.
C’est ainsi que, dans la plus grosse commune, Saint-Pierre-de-Maillé (1.623 h.), ainsi qu’à Angles-sur-l’Anglin (866 h.), existent de nombreux ateliers de fabrique de lingerie confectionnée, guipures, lingerie à jours à la main dont la visite constitue, avec celle des sites du pays qui sont pittoresques, un but d’excursions pour les touristes.
Saint-Pierre-de-Maillé possède, en outre, une usine électrique, une minoterie et une scierie mécanique, et Angles une minoterie.
Le canton renferme d’autres industries: à Saint-Savin (1.426 h.), une fabrique de chemises; une laiterie-beurrerie, une minoterie, une usine d’électricité, une carrière de pierres à construction. — A Samt-Germain (781 h.), un important établissement de grains en gros, une laiterie, une tuilerie mécanique et une fabrique de parpaings. — A Béthines, minoterie, distillerie, carrières de pierres à construction, grains et vins en gros. — A La Bussière (718 h.), minoterie. — A Nalliers (512 h.), minoterie et distillerie. — A Antigny (833 h.), minoterie. — Villemort (166 h.) est uniquement agricole.
CANTON DE LA TRIMOUILLE
(8 communes: 7.037 habitants)
Ce canton agricole possède un sous-sol riche. Ses ressources (minerai de fer, pierre calcaire, pierre à bâtir) ne sont exploitées qu’en de faibles proportions. Le minerai de fer extrait est expédié à des fonderies de l’Indre. Enfin, comme dans le canton voisin de Saint-Savin, le travail de la lingerie et des dentelles est très développé.
A La Trimouille (1.449 h.) on trouve des fabriques de chemises et de faux-cols, des ateliers de dentelles et guipures à la main, une minoterie, des commerces en gros de grains et de vins et une exploitation de minerai de fer.
A signaler encore: les exploitations de minerai, les carrières de pierre et la minoterie de Journet (983 h.). Les carrières et la fabrique de chaux de Brigueil-le-Chantre (1.263 h.). Les trois minoteries, la distillerie et les commerces de grains et vins en gros de Liglet (978 h.). Les deux minoteries de Thollet (611 h.), et les carrières et la minoterie de Haims (65 1 h.). — Les communes de Coulonges-les-Hérolles (680 h.) et de Saint-Léomer (422 h.) sont exclusivement agricoles.
ANCIEN ARRONDISSEMENT DE CIVRAY
Table des matières
(rattaché à l’arrondissement de Montmorillon)
CANTON DE CIVRAY
(12 communes: 9.896 habitants)
Le petite ville de Civray (2.284 h.) était, avant la réforme de 1926, chef-lieu d’un arrondissement qui a été rattaché à Montmorillon et qui comprenait les cinq cantons ci-après, formés d’une série de plateaux légèrement ondulés séparés par des vallées tantôt profondes et escarpées, tantôt peu encaissées et assez larges; ensemble régional tenant de l’Angoumois et du Limousin, autrefois ancienne seigneurie et sénéchaussée de Civray. Une loi récente vient de rétablir le tribunal de Civray, que les décrets de 1926 avaient supprimé.
Le pays civraisien a toujours été essentiellement agricole et c’est le mouvement des produits de l’agriculture qui y compte le plus. Le commerce et l’industrie y sont de faible importance en dehors de ce qui se rattache à l’agriculture. La grande production est celle des céréales. Peu de vignes. Une spécialité du pays est la châtaigne dite nouzillate, dont la réputation est bien établie. Les noix de la contrée sont également appréciées. Des nombreux boqueteaux permettent l’exploitation du bois de chauffage et dans les taillis de chênes croît une bonne truffe qui sert à parfumer les pâtés de foie gras, les Pâtés de Civray d’une réputation régionale justifiée.
C’est dans le pays civraisien que l’élevage du mulet est spécialement pratiqué et qu’existent également des élevages de chevaux demi-sang et même pur sang. Enfin, c’est là que se font les plus gros marchés de lapins, volailles, oies, dindons, d’œufs, de fromages de chèvre dont la plus grande partie est expédiée sur Paris.
L’industrie proprement dite est représentée à Civray par une manufacture de vêtements d’hommes, un atelier de constructions métalliques, deux minoteries, trois scieries mécaniques, une fabrique de dents et de pièces de faucheuses, des ateliers de carrosserie. Une usine de distribution d’énergie électrique donne la force motrice. Des commerces en gros de mercerie, épicerie, de grains, vins, châtaignes et œufs y prospèrent.
Dans les autres communes du canton; on trouve à Savigné (1.526 habitants) une importante distillerie avec fabrique de liqueurs, deux minoteries, deux huileries. — A Saint-Saviol (560 h.), une laiterie-beurrerie, deux minoteries, une fabrique de ciment. — A Blanzay (1.321 h.), huilerie et œufs en gros. — A Champniers (750 h.), scierie et huilerie. — A Lizant (63g h.), deux fabriques de chaux, deux minoteries, une scierie et des carrières de pierre. — A Saint-Mâcoux (587 h.), quatre minoteries. — A Saint-Pierre-d’Exideuil (661 h.), trois minoteries et une scierie mécanique. — A Voulême (546 h.), trois minoteries, une huilerie et un commerce d’œufs en gros.
Champagné-le-Sec (307 h.), Linazay (371 h.), Saint-Gaudent (344 h.) sont exclusivement agricoles.
CANTON DE CHARROUX
(9 communes: 7.337 habitants)
Baigné par le Clain et par la Charente, le canton de Charroux a plus de la moitié de sa superficie consacrée aux céréales. Il y a quelques châtaigneraies et une quantité appréciable de surface boisée.
Comme industries on doit signaler, à Charroux (1.709 h.), trois minoteries; une fabrique de chaux et ciments; une beurrerie; deux huileries; une fabrique de taillanderie. — A Asnois (457 h.), une minoterie. — A Chatain (725 h.), scierie et huilerie. — A Genouillé, une fabrique de chaux et une poterie. — A Joussé (430 h.), un établissement d’élevage de chevaux. — A Payroux (846 h.), huilerie et distillerie. — A Saint-Romain (968 h.), une scierie mécanique. — A Surin (357 h.), fabrique de chaux. — La Chapelle-Bâton (808 h.) s’adonne entièrement à l’agriculture.
CANTON DE COUHÉ
(10 communes: 10.258 habitants)
Pays de céréales, de prairies, de châtaigneraies et de bois, ce canton se distingue par l’élevage de volailles et un important commerce d’œufs dirigés sur les marchés de Couhé, œufs cotés aux Halles Centrales de Paris (marché de gros).
Ce canton est plutôt agricole qu’industriel. Notons cependant les deux minoteries, les trois scieries et la tuilerie de Payré (1.347 h.); la minoterie et la scierie de Romagne (1.490 h.); la laiterie-beurrerie et les carrières de Vaux (1.132 h.); les minoteries de Ceaux (761 h.), de Voulon (341 h.); les carrières de Chaunay (1.554 h.). Dans toutes ces communes, de même qu’à Anché (5go h.), Brux (1.217 h.), Châtillon (122 h.) et surtout au chef-lieu, Couhé (1.740 h.), existent des commerces de grains, de volailles et d’œufs en gros. Couhé a également une usine de distribution d’énergie électrique.
CANTON DE GENÇAY
(10 communes: 10.648 habitants)
Canton de culture et d’élevage, l’industrie y est néanmoins assez bien représentée. Il est traversé par le Clain et la Clouère, qui font tourner de nombreux moulins.
Gençay (1.009 h.) possède une distribution d’énergie électrique, une laiterie-beurrerie renommée, une importante tuilerie-briqueterie mécanique et une distillerie. C’est aussi un marché important pour les volailles, les œufs et les grains en gros. — Brion (377 h.) a une minoterie. — Champagné-Saint-Hilaire (1.491 h.), une fabrique de chaux, une minoterie, une huilerie, un commerce de grains en gros et deux haras renommés pour l’élevage du cheval demi-sang et pur-sang. — Château-Garnier (1.066 h.) compte une minoterie et deux scieries, centre important de commerce de bestiaux. — La Ferrière-Airoux (532 h.), deux scieries, grains en gros. — Saint-Maurice (1.108 h.), minoterie, carrières, huilerie. — Saint-Secondin (1.022 habitants), minoterie, distillerie, grains en gros. — Usson-du-Poitou (2.323 h.), deux minoteries, scierie, distillerie, carrière de pierre, commerce de vins et grains en gros, élevage, haras. — Mayné (711 habitants) est purement agricole. — Sommières (1.040 h.) a deux minoteries.
CANTON D’AVAILLES-LIMOUSINE
(4 communes: 5. 393 habitants)
Situé au nord du département et avoisinant la Charente, le territoire de ce canton est formé par un plateau élevé de 170 à 200 mètres au-dessus de la mer. 11 est traversé par la Vienne. L’agriculture (céréales, bois, châtaigneraies, un peu de vignes) en est la principale ressource, mais le sous-sol pourrait fournir d’intéressantes ressources.
Le chef-lieu, Availles-Limousine, grosse commune de 2.039 habitants, possède dans son voisinage immédiat trois sources d’eaux minérales froides, chlorurées, sodiques, reconnues efficaces contre la phtisie, fièvres intermittentes, crachements de sang, affections cutanées, mais ces sources ne sont pas exploitées méthodiquement. On trouve à Availles des carrières de granit fort dur; une scierie mécanique; huilerie, distillerie et vins en gros.
Mauprevoir (1.251 h.) possède une importante fabrique de chaux et de ciments, des carrières de pierre de construction, une minoterie, une scierie mécanique, une usine de distribution d’énergie électrique.
A Pressac (1.057 h.) on rencontre huilerie, distillerie, carrières de pierre calcaire, commerce de grains en gros. — Les habitants de la quatrième commune, Saint-Martin-l’Ars (1.046 h.) se livrent exclusivement à l’agriculture.
R. P.
NIORT

CHAPITRE VI
Table des matières
LE DÉPARTEMENT DES DEUX-SÈVRES
Le département des Deux-Sèvres tire son nom des deux rivières qui le traversent, la Sèvre Niortaise au Sud-Ouest et la Sèvre Nantaise au Nord-Ouest.
Le département des Deux-Sèvres est bordé au nord par le Maine-et-Loire, au sud par la Charente-Inférieure et la Charente, à l’ouest par la Vendée et à l’est par la Vienne. Son chef-lieu, Niort, est à 415 kilomètres de Paris par la voie ferrée, à 350 kilomètres à vol d’oiseau.
Il est formé en majeure partie d’une fraction de l’ancien Poitou (Bocage, Thouarsais, Gâtine et Niortais); le reste provient de la Sain-Longe (Basse Saintonge et Angoumois) et de l’Aunis.
Sa plus grande largeur, du nord au sud, est de 125 kilomètres, et sa largeur, de l’ouest à l’est, varie entre 45 et 70 kilomètres; son pourtour est de 425 kilomètres environ.
Sa superficie est de 599. 844 hectares, et sa population, au recensement de accuse un chiffre de 309.890 habitants, en régression notable (9 %) sur le chiffre du recensement de 1910 (337.627 habitants) (310.060 au recensement de 1921).
Les Deux-Sèvres comptent deux arrondissements (Niort et Parthenay), 31 cantons, 357 communes. Les principales villes du département comptant plus de 2.000 habitants, sont, par ordre d’importance numérique:

RÉGIONS. — Le département se partage en trois régions distinctes: le Bocage, au nord; la Gâtine, au centre (points culminants: le Terrier de Saint-Martin-du-Fouilloux, 272 mètres; la colline de l’Absie, 259 mètres), et la Plaine, au sud, prolongée par le Marais Poitevin qui se poursuit jusqu’à Marans dans la Charente-Inférieure.
Dans une lettre adressée de Marans par le roi Henri IV à Mme d’Andoins, «la belle Corisandre», nous lisons cette description du Marais Poitevin:
«... C’est une île renfermée de marais bocageux où, de cent en
«cent pas, il y a des canaux pour aller chercher le bois par bateaux.
LE MARAIS POITEVIN

«L’eau claire, peu courante, les canaux de toute largeur, les
«bateaux de toute grandeur.
«Parmi ces déserts, mille jardins où l’on ne va que par bateaux.
«L’île a deux lieues de tour; passe une rivière par le pied du châ-
«teau au milieu du bourg qui est aussi logeable que Pau. Peu de
«maison qui n’entre de sa porte dans son petit bateau.
«Cette rivière s’étend en deux bras qui portent, non seulement
«les grands bateaux, mais les navires de cinquante tonneaux y vien-
«nent. Il n’y a que deux lieues jusqu’à la mer. Certes, c’est un canal
«et non une rivière.
«Contre vent, vont les grands bateaux jusqu’à Niort où il y a
«douze lieues: infinis moulins et métairies insulées; de toutes sor-
«tes d’oiseaux qui chantent, de toutes sortes de ceux de mer, je vous
«en envoie des plumes. Du poisson c’est une monstruosité que la
«quantité, la grandeur et le prix: une grande carpe trois sols et cinq
«un brochet.
«C’est un lieu de grand trafic et tout par bateaux; la terre très
«pleine de blé et très beau.
«L’on y peut être plaisamment en paix et sûrement en guerre.
«L’on s’y peut réjouir avec ce que l’on aime et plaindre une absence.
«— Ah! qu’il y fait bon chanter...»
Du Marais Poitevin, autrement dénommé «La Venise verte», nous débouchons dans la Plaine, «vastes horizons moroses l’hiver, mais l’été, immenses nappes de verdure où les jeunes blés donnent l’illusion de vastes prairies» ; en remontant vers le nord, nous trouvons bientôt des propriétés closes de murs bâtis en pierres juxtaposées, ou bordées de haies vives, nous touchons à la Gâtine.
La «Gâtine», région de «terres gâtées», offre un aspect tout différent. «On croirait avoir devant les yeux une vaste forêt tant les
«arbres sont nombreux et tant ils sont voisins. Des arbres, de l’eau,
«un pays souvent pittoresque, voilà la Gâtine qui borne au nord la
«large plaine sans arbres, ni haies, sans eau, terriblement mono-
«tone» .
Entre Plaine et Gâtine, la différence est flagrante; entre Gâtine et Bocage, la transition est insensible. Nombreux sont les auteurs qui confondent ces deux régions. Le Bocage Vendéen que prolonge le Bressuirais est un terrain accidenté, semé.de bruyères, de genêts et d’ajoncs, où se succèdent et s’entrecroisent les pâturages, les vergers et les champs, ceux-ci amendés par la chaux de la Plaine, tout comme les «terres gâtées» de Gâtine, transformées par le travail opiniâtre de plusieurs générations. Le Bocage est bien:
«La terre des géants et des genêts en fleurs»
qu’a chantée le poète Grimaud.
Dans ses grandes lignes, la répartition des différentes régions du département paraît pouvoir s’établir comme suit:
Le Marais. — Deuxième canton de Niort, canton de Frontenay, canton de Mauzé.
La Plaine. — Premier canton de Niort, sud du canton de Coulonges, les deux cantons de Saint-Maixent, sud des cantons de Menigoute et Champdeniers, cantons de Beauvoir et de Prahecq et tout l’arrondissement de Melle.
La Gâtine. — Nord des cantons de Coulonges et Champdeniers, sud du canton de Moncoutant, cantons de Secondigny, Mazières et Parthenay, sud des cantons de Saint-Loup et Thénezay, nord du canton de Menigoute.
Le Bocage. — Nord des cantons de Moncoutant et de Saint-Loup et tout l’arrondissement de Bressuire.
En d’autres termes, compte tenu du triangle formé par les deux grand’routes (de Niort à Fontenay-le-Comte, et de Niort à Mauzé) qui englobe la région du Marais, la Plaine serait limitée au nord par une ligne tirée transversalement de Coulonges à Menigoute, et le Bocage, lui, serait limité au sud par une ligne tirée de Moncoutant à Thénezay, la partie comprise entre les deux transversales constituant la Gâtine .
LE MARAIS POITEVIN

Le Bocage et la Gâtine se réfèrent aux terrains primitifs et primaires (schistes et granit); la Plaine aux terrains secondaires et tertiaires (jurassiques et crétacés); le Marais, aux terrains quaternaires (alluvions, tourbe, bri marin).
CLIMAT. — Le département des Deux-Sèvres, situé à égale distance du pôle et de l’équateur, et à proximité de l’Océan Atlantique, jouit d’un climat relativement doux, quoique humide et troublé souvent par des vents violents; il est plus froid dans la Gâtine et plus tempéré dans la Plaine et le Marais.
A Niort, la température normale est de 12° et la moyenne des pluies de 630 millimètres.
COURS D’EAU. — «Ah! la jolie vallée, celle de la Sèvre,
«brusquement apparue après la traversée d’une vaste étendue de
«plaine!» Ainsi s’exprime M. ARDOUIN-DUMAZET, en route vers
«Saint-Maixent.
En dehors des deux Sèvres: la Sèvre Mortaise (155 km.) et la Sèvre Nantaise (140 km.), les principaux cours d’eau du département sont: le Thouet 140 km), la Dive du Nord (75 km), la Dive du Sud (60 km), la Boutonne (94 km), l’Autize (60 km), le Mignon (40 km), le Chambon (40 km.), le Lambon (42 km.).
Quelques-uns sont. navigables naturellement ou en partie canalisés, notamment la Sèvre Niorlaise.
Le Mignon navigable sur 17 kilomètres, de Mauzé à Bazouin (Charente-Inférieure), compte quatre biefs.
La Sèvre Niortaise est navigable de Niort à Marans (26 km.) et compte six biefs.
La Sèvre Niortaise connut jadis un trafic fort important, mais le chemin de fer est devenu pour elle le gros concurrent. Au cours de la guerre et grâce aux bateaux et gabares de la Chambre de Commerce, elle permit néanmoins de soulager le trafic par voie ferrée; le tonnage mensuel transporté oscilla entre 600 et 1.000 tonnes.
ROUTES. — Le réseau routier des Deux-Sèvres comporte un développement total de 8.575 kilomètres, ainsi réparti:
Routes nationales: 465 km. 600 (Paris-Bayonne, Paris-Rochefort, Paris-La Rochelle, Bordeaux-Rouen, Limoges-Nantes, Poitiers-Saintes, Poitiers-Nantes, La Rochelle-Saumur, Saumur-La Roche-sur-Yon, Poitiers-La Roche-sur-Yon).
Chemins vicinaux de grande communication et d’intérêt commun: 3.413 kilomètres.
Chemins vicinaux ordinaires: 4.697 kilomètres.
A noter que le reclassement des routes actuellement en cours portera sur 375 kilomètres de chemins de grande communication, lesquels deviendront routes nationales.
VOIES FERRÉES. — Le développement total des voies ferrées qui sillonnent le département atteint le chiffre de 756 kilomètres, en y comprenant les lignes du réseau de l’Etat, de la Compagnie des Chemins de fer départementaux et les lignes des Tramways des Deux-Sèvres.
Réseau de l’Etat: 528 kilomètres


POSTES, TELEGRAPHES, TÉLÉPHONES. — Le département des Deux-Sèvres est desservi par 142 bureaux de poste; il compte 52 bureaux munis d’appareils télégraphiques et 279 bureaux ouverts au service téléphonique.
Télégraphe. — Des relations directes à grande distance fonctionnent entre:
Niort-Tours-Paris (Baudot). Niort-Bordeaux (Hughes). Niort-Nantes (Hughes).
Des relations interdépartementales existent entre:
Thouars-Saumur. — Bressuire-Angers. — Bressuire-La Roche-sur-Yon. — Bressuire-Cholet. — Niort-Angoulême. — Niort-Surgères. — La Rochelle-Niort-Angers. — Niort-Poitiers. — Niort-Fontenay-le-Comte-La-Roche-sur-Yon. — Niort-Saint-Jean-d’Angély-Saintes. Niort-Ruffec-Civray. — Saint-Maixent-Poitiers.
Le nombre moyen des transmissions journalières pour le département est de 2.600 environ, dont 1.700 pour Niort.
Téléphone. — Des relations directes à grande distance fonctionnent entre:
Niort-Paris (5 circuits). — Niort-Tours (2). — Niort-Bordeaux (3).
Des relations interdépartementales existent entre:
Thouars-Saumur (1). — Bressuire-Cholet (1). — Bressuire-Nantes (1). — Bressuire-Chantonnay-La Roche-sur-Yon (1). — Bressuire-Saint-Mesmin-Pouzauges (1). — Niort-Fontenay-le-Comte (2). — Niort-La Rochelle (3). — Niort-Saintes (3). — Niort-Angoulême (1). — Parthenay-Poitiers (3). — Menigoute-Sanxay (Vienne (I). — Saint-Maixent- Poitiers (I). — Niort-Poitiers (3). — Mauzé-Courçon-d’Au-nis (1). — Couture-d’Argenson-Les Gours (Charente) (1). — Rom-Couhé-Vérac (Vienne) (1). — Vasles-Benassay-Lavausseau (Vienne) (1). — Thénezay-Cherves-Mirebeau (1). — Saint-Jouin-de-Marnes-Moncontour (1). — Sauzé-Vaussais-Montjean (Vienne) (1).
Le nombre d’abonnés dans le département était:

Le nombre moyen des communications journalières pour le département est de 7.200 environ, dont 2.200 pour la Ville de Niort.
A. L.
CHAPITRE VII
Table des matières
LES CANTONS DES DEUX-SÈVRES
Nous essayons, dans ce chapitre, de donner un coup d’oeil d’ensemble sur chacun des 31 cantons du département. Coup d’œil rapide où nous notons plus particulièrement les différentes industries représentées. Nous adoptons l’ordre suivant en remontant du sud au nord.
1) Arrondissement de Niort.
2) Ancien arrondissement de Melle.
3) Arrondissement de Parthenay.
3) Ancien arrondissement de Bressuire.
NIORT

ARRONDISSEMENT DE NIORT
Table des matières
(17 cantons - 185 communes - 158.838 habitants)
LES DEUX CANTONS DE NIORT.
(1er canton. — 8 communes: 15.626 habitants)
(2e canton. — 6 communes: 22.587 habitants)
Niort

Le chef-lieu du département des Deux-Sèvres tire-t-il son nom, comme d’aucuns l’ont pensé, de la contraction de «Nid d’Or», symbolisant une ville éminemment commerçante? Peu importe. En tous cas, dès 1698, l’intendant Meaupou pouvait dire de Niort, dans son mémoire sur le Poitou:
«Cette ville est la principale de l’élection; elle
«est située dans une plaine; elle a une assez grande
«étendue close de murs; les gens y sont laborieux
«et aiment le commerce; le commerce principal
«des habitants de la ville consiste dans la manufacture des cha-
«mois.»
A plus de deux siècles de distance, la ville de Niort (25.721 habitants) a gardé sa renommée commerciale et elle n’a fait qu’étendre son industrie principale du chamois et du gant que nous aurons l’occasion d’étudier plus loin en détail.
A côté des mégisseries, chamoiseries et ganteries, nous y trouvons représentées les industries les plus diverses, dont quelques-unes de création récente et qui accroissent d’année en année le chiffre de leur production.
Château d’Olbreuse (Isseau).


Nous citerons notamment les usines de trieurs agricoles, de cycles, de pièces de rechange pour automobiles; les fabriques de chaussures, chaussons, sabots et galoches; les tanneries et corroieries; les fonderies et chaudronnerie; la carrosserie automobile et hippomobile; la brosserie; les bois de fusil; la bijouterie; l’imprimerie; les fabriques de bâches, d’huiles et graisses industrielles; les manufactures de confections; le déroulage du bois; les scieries, brasseries, beurreries, vinaigreries, distilleries, corderies; les ateliers d’ameublement, d’appareils orthopédiques et de prothèse, etc., etc.
A Saint-Florent (2.023 habitants), banlieue de Niort, nous devons signaler plusieurs établissements importants (chamoiserie, ganterie, constructions métalliques).
A Magné (892 habitants), à 7 kilomètres de Niort et point de départ du Marais poitevin, nous rencontrons une usine de déroulage de bois et de fabrication de boîtes à fromages, ainsi que deux poteries (poterie ordinaire ou émaillée), deux scieries mécaniques et quelques ateliers de construction de bateaux plats. Une laiterie coopérative également.
A Saint-Liguaire (1.088 habitants), à proximité de Niort également, fonctionne une grosse chamoiserie.
A Saint-Gelais (767 habitants), Saint-Maxire (644 habitants), Sainte-Pezenne (1.719 habitants), Sciecq (262 habitants), Echiré (1.319 habitants), sont établies des minoteries.
Sainte-Pezenne possède également des fours à chaux.
A Echiré, à Coulon (1.444 habitants), à Saint-Maxire, à Chey, de grosses laiteries sont installées dont les produits sont particulièrement appréciés. Une caséinerie existe également à Saint-Maxire.
Des scieries fonctionnent aussi à Coulon, où est établie également une fabrique d’essence de café. A signaler enfin d’importantes sablières.
Les autres communes des deux cantons de Niort: Chauray (724 habitants), Saint-Rémy (397 habitants), Souché (1.213 habitants), sont essentiellement agricoles et n’offrent rien de particulier à signaler au point de vue industriel, à part les carrières de Souché.
Château de Cherveux.

Château de Mursay.

Château Salbart (Echire.)

LES DEUX CANTONS DE SAINT-MAIXENT
(Ier canton. — 7 communes: 10.003 habitants)
(2e canton. — 9 communes: 9.402 habitants)
Saint-Maixent

Saint-Maixent — «Saint-Maixent-l’Ecole» (changement autorisé par décret ministériel en date du 7 juillet 1926) — n’est pas seulement connu par sa glorieuse Ecole d’Infanterie; il fut toujours un centre très actif d’affaires et, comme Niort, il eut sa Chambre consultative d’Arts et Manufactures qui tint séances de 1804 à 1908 . Au demeurant, dès le XVe siècle, le roi Charles VII n’accordait-il pas aux commerçants saint-maixentais le droit de se réunir en assemblées, «où ils pourraient traiter, adviser et ordonner des affaires» ?
A l’heure actuelle, l’industrie de Saint-Maixent (5.518 habitants) se partage entre des manufactures de chaussons et de bonneterie; on y fabrique aussi des meubles et des machines agricoles. A signaler également une brasserie, deux imprimeries, deux scieries de moyenne importance, une fabrique d’huile de noix et un important commerce de cycles.
A Nanteuil (1.028 habitants) et Saint-Eanne (655 habitants) sont établies deux scieries mécaniques.
A Nanteuil également, nous trouvons une fabrique de tuiles et briques et des fours à chaux, et à Saint-Eanne, une minoterie. Sai-vres-Castarie (1.277 habitants) compte aussi une importante minoterie et de plus une laiterie coopérative. Une laiterie coopérative existe également à Soignon et une minoterie à Chavagné (737 habitants).
A Breloux-La Crèche (1.984 habitants) sont installées plusieurs manufactures d’emballages à beurre, une fabrique de tissage de laine une grosse laiterie et une chamoiserie.
SAINT-MAIXENT

Les autres communes de la région de Saint-Maixent s’adonnent principalement à l’agriculture et à l’élevage. Ce sont: Augé (1.225 habitants), Azay-le-Brûlé (1.293 habitants), Cherveux (1.242 habitants), François (469 habitants), Exireuil (926 habitants), Romans (595 habitants), Saint-Martin-de-Saint-Maixent (801 habitants), Sainte-Néomaye (550 habitants), Souvigné (1. 141 habitants).
CANTON DE BEAUVOIR-SUR-NIORT
(13 communes: 4.541 habitants)
Le canton de Beauvoir-sur-Niort (615 habitants) est avant tout un pays de culture où l’on rencontre également quelques vignobles. Pays d’élevage aussi, surtout de bêtes à cornes.
Comme industries, nous signalerons la grosse manufacture de chaussures et de chaussons, dont les ateliers, très modernes, s’étendent à proximité de la gare de Beauvoir et la laiterie coopérative de Beauvoir, fondée en 1890. Il existe également une laiterie coopérative au Cormenier (308 habitants).
Les autres communes: Belleville (174 habitants), La Charrière (453 habitants), La Foye-Monjault (732 habitants), Granzay (271 habitants), Gript (222 habitants), Marigny (923 habitants), Prissé (259 habitants), La Revêtison (203 habitants), Saint-Etienne-la-Cigogne (187 habitants), Saint-Martin-d’Augé (98 habitants), Thorigny (96 habitants), sont essentiellement agricoles.
CANTON DE CHAMPDENIERS
(12 communes: 6.665 habitants)
Le canton de Champdeniers (1.217 habitants), également caractérisé par la culture et l’élevage, comporte néanmoins plusieurs branches d’industries; des laiteries coopératives à Pamplie (529 habitants), Saint-Christophe-du-Roc (724 habitants), Sainte-Ouenne (551 habitants); des tuileries et briqueteries à Champdeniers) Saint-Denis (216 habitants), La Vecquière; des scieries mécaniques à Champdeniers
Porte Chalon (Saint-Maixent ).

Val d’Enfer (Saint-Maixent).

Parthenay (vue générale)

A signaler également à Champdeniers la spécialité pharmaceutique renommée (pastilles Fayard) et un gros commerce de fers.
Le reste du canton, communes de Champeaux (320 habitants), La Chapelle-Bâton (602 habitants), Cours (523 habitants), Germond (607 habitants), Rouvres (258 habitants), Surin (757 habitants), Xaintray (366 habitants), est uniquement agricole.
CANTON DE COULONGES-SUR-L’AUTIZE
(14 communes: 13.151 habitants)
Coulonges-sur-l’Autize (2.043 habitants) avec Saint-Pompain (992 habitants) fut jadis un centre important de fabrication de chaux d’engrais; plusieurs trains complets partaient chaque jour de ces gares à destination des terrains granitiques de la Gâtine et du Bocage. Cette industrie a beaucoup diminué, mais quelques fours à chaux restent en activité.
Au nord de Coulonges, nous trouvons les Mines de Saint-Laurs (883 habitants) qui produisaient avant guerre environ cinquante tonnes de charbon par jour. Récemment, à la limite du département, fut même découvert un riche filon presque à fleur de terre.
A l’est de Coulonges, nous rencontrons les carrières d’Ardin (1.526 habitants), qui fournissent du marbre. A Ardin également sont installées une minoterie, une laiterie coopérative et une caséinerie (Uzelet).
Une latierie fonctionne également à La Chapelle-Thireuil (758 habitants) (Vallée du Rivault); une scierie au Busseau (1.438 habitants); une fabrique de balais au Beugnon(743 habitants); des carrières sont exploitées à Scillé (513 habitants) et des scieries à Coulonges-sur-l’ Autize; une minoterie à Fenioux (1.294 habitants).
Les autres communes du canton,: Béceleuf (802 habitants), Faye-sur-Ardin (508 habitants) Puihardy (90 habitants), Saint-Maixent-de-Beugné (521 habitants), Villiers-en-Plaine (1.040 habitants), sont essentiellement agricoles.
CANTON DE FRONTENAY-ROHAN-ROHAN
(9 communes: 6.568 habitants)
Le canton de Frontenay-Rohan-Rohan (1.782 habitants) présente un double aspect; une partie se réfère à la Plaine, l’autre au Marais poitevin. C’est un pays de culture et d’élevage; plusieurs industries y sont néanmoins représentées.
Les tanneries, prospères. jadis, ont disparu, mais par contre une fabrique de chaussons s’est développée; à Frontenay-Rohan-Rohan, nous trouvons également une scierie et quelques ateliers de saboterie et de préparation de soies de porc pour brosserie.
Nous signalerons également les laiteries coopératives de Frontenay-Rohan-Rohan, de Sansais (672 habitants), du Vanneau (912 habitants), de Vallans (450 habitants), d’Epannes (417 habitants), d’Irleau, d’Arçais (869 habitants), de La Garette.
Arçais et Irleau comptent également une caséinerie et Arçais, de plus, une fabrique d’agglomérés de ciment.
Enfin, nous trouvons deux fabriques de tuiles et de briques à Bessines (394 habitants) (Pied-de-Fond), et des scieries au Vanneau, à Irleau, Epannes et La Garette.
Rien de particulier à signaler pour les communes d’Amuré (307 habitants) et de Saint-Symphorien (765 habitants).
CANTON DE MAUZÉ-SUR-LE-MIGNON
(9 communes: 6.531 habitants)
Le canton de Mauzé (1.458 habitants) est lui aussi mi-partie Plaine, au sud; mi-partie Marais, au nord.
L’industrie y est assez bien représentée. Nous trouvons en effet des laiteries coopératives à Mauzé, au Bourdet (497 habitants), à Prin-Deyrançon (506 habitants), Saint-Georges-de-Rex (433 habitants), Saint-Hilaire-la-Palud (1.844 habitants) et Usseau (805 habitants); des caséineries à Mauzé, Saint-Hilaire-la-Palud et au Bourdet; des tuileries et briqueteries à Saint-Hilaire-la-Palud (La Névoire); des minoteries au Bourdet, à Mauzé, au Petit-Breuil-Deyrançon.
Pulsuz fraqment bitdi.