Kitabı oxu: «Dictionnaire historico-artistique du Portugal»
Atanazy Raczyński
Dictionnaire historico-artistique du Portugal

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066335816
Table des matières
A
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
M
N
O
P
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z

LA
LITHOGRAPHIE CI-CONTRE
REPRÉSENTE LE TABLEAU DE
VASCO FERNANDEZ DE VISEU,
Dont il sera question aux pages
95, 95, 295.
AVIS DE L’AUTEUR.
Chaque fois que je cite les Lettres, c’est de mon ouvrage intitulé Les Arts en Portugal, lettres adressées à la société artistique et scientifique de Berlin, etc., qu’il s’agit.
Lorsque je cite simplement le Patriarche, je veux parler de l’article qui lui est consacré dans ce Dictionnaire. Quand je cite le Patriarche (Liste des artistes), ce n’est plus à mon article que je me réfère, mais à l’opuscule publié par le Patriarche et intitulé Liste des artistes, etc., 1839.
Sans doute, j’ai quelquefois négligé de citer les passages de mes Lettres qui se rapportent aux artistes dont je m’occupe ici; mais on peut toujours vérifier facilement s’il est question dans celles-ci de tel ou tel nom auquel j’ai consacré un article dans ce Dictionnaire: on en trouvera l’indication dans la table alphabétique dont elles sont suivies.
Quand un nom n’est pas écrit en lettres majuscules, c’est qu’il se rencontre ailleurs, placé dans un autre ordre: par exemple, Paez de Amara (Grégoire) devra se trouver à AMARAL (Grégoire Paez de).
On regardera peut-être comme superflue la peine que je me suis donnée de citer le même personnage deux, trois fois, ou même davantage, en transposant les noms de famille avec les noms de baptême, tantôt d’une façon, tantôt d’une autre; mais, dans les auteurs portugais, on rencontre souvent les noms de baptême seuls; dans les dictionnaires, dans les tables de matières ou dans les listes, on les trouve toujours avant le nom de famille. Assis, Cyrillo, Vasco s’emploient seuls pour désigner l’individu, soit dans les catalogues, soit dans d’autres livres.
Cependant il a bien fallu adopter un système fixe et conforme à l’usage de tous les pays. J’ai donc joint à chaque nom de famille l’article qui s’y rapporte; mais les noms de baptême de ces mêmes individus, sous lesquels il faut les chercher dans les auteurs portugais, se trouvent aussi indiqués dans ce Dictionnaire, en leur place, avec renvoi aux noms de famille. Toutes les fois qu’un individu n’est connu que sous un seul ou sous plusieurs noms de baptême, force a été de placer après un de ces noms l’article qui s’y rapporte. Dans bien des cas, j’ignore quel est parmi les cinq ou six noms portés par un individu, celui dont on avait l’habitude de se servir pour le désigner, à une époque antérieure. En indiquant le même personnage sous ses différens noms, je n’ai donc point fait un travail inutile: j’ai facilité les recherches, et cela n’a grossi mon livre que d’une dizaine de pages.
LISTE CHRONOLOGIQUE
DES ROIS DE PORTUGAL.
NOTA. Cette liste indicative de l’époque du régne de tous les Rois de Portugal, est établie pour faciliter la recherche des dates.


DICTIONNAIRE
HISTORICO-ARTISTIQUE
DU PORTUGAL.
A
Table des matières
ABRAHAM (HONDIUS), voyez HONDIUS (Abraham).
ABRAHAM (PRIM), voyez PRIM (Abraham).
ABREU (les frères), sculpteurs en bois d’Évora, avant 1750 et jusqu’à cette année. On voit de leurs ouvrages dans la Chartreuse et au couvent de Saint-Joseph. (Lettres, p. 442.)
ABREV GORJAÕ̃ (JEAN DE), peintre, pourrait bien être Abreu (Jean-Nunes de) dont il est parlé ci-après. Le Patriarche dans sa Liste des artistes, rubrique Peintres, cite de lui un dessin qui se trouve dans les mémoires de Malte, et qui porte la date de 1734.
ABREU (JEAN-NUNES DE), peintre, appelé vulgairement do Castello, était un peintre quasi-universel; mais la partie dans laquelle il excellait était l’architecture et les ornemens. Il a peint les plafonds de Menino Deos et de l’entrée de l’église da Graça. Il a fait aussi les figures dans cette dernière église. José Bernardes et Serra ont fait les fleurs. Il était le maître de Félicien Narciso; il mourut en 1738. (Cyrillo, p. 183.)
Academ. R. da Histor. Portug. (Histor. da), voyez PATRIARCHE.
Academia R. das Sciencias de Lisboa (Memorias de Litteratura da), voyez PATRIARCHE.
ACOSTA (GAÉTAN) sculpteur, né en Portugal en 1710. Arrivé à Séville avec de faibles notions de son art. Il se mit à travailler pour son propre compte, en cherchant à imiter les extravagances de Cornejo et de Barbas. Il mourut en 1780. (Bermudez, t. 1, p. 2.)
Bermudez cite plusieurs ouvrages de Gaétan, et les critique sévèrement. Il prodigue à leur auteur le reproche de mauvais goût et d’ignorance. Il appelle ces ouvrages des monstruosités. Il dit que les statues de Gaétan sont comiques et qu’elles jouent la pantomime.
Adolescencia (Prendas de), voyez PATRIARCHE.
ADRIEN BALBI, voyez BALBI (Adrien).
ADRIEN VAN NIULANT, voyez NIULANT (Adrien van).
AFFONSO, voyez ALPHONSE.
Agiologio Lusitano (par GEORGE CARDOSO), voyez PATRIARCHE.
AGUIAR (JEAN-JOSEPH), sculpteur, né à Bellas, étudia le dessin à l’école du château de Lisbonne. Il se rendit à Rome en 1785 avec Joachim Fortunato de Novaes et avec Joseph Alves de Oliveira, pensionnés comme lui par l’Intendance. Il suivit, dans cette ville, les leçons de Labruzzi, professeur de dessin, et celles de Joseph Angeli, sculpteur. Ce dernier ayant été atteint d’aliénation mentale, Aguiar devint élève de Canova. Il rentra ensuite dans sa patrie où, après la mort de François Antoine, sculpteur de la fonderie, il fut admis à lui succéder. Il exécuta dans ce même atelier quelques siéges de chœur en bronze ouvragé, destinés pour Mafra. En 1805, il remplaça Joachim Machado et fut préféré à François Leal, qui occupait déjà cette place. Il est auteur de la statue du Roi, qui se trouve à l’Arsenal dans la salle des Moules. Il fait actuellement (1825) les sculptures du palais d’Ajuda. (Cyrillo, p. 276.)
AGUILAR (EMMANUEL MARQUES D’), voyez MARQUES D’AGUILAR (Emmanuel).
AGUILAR (DOM JOSEPH VEREA ET), voyez VEREA ET AGUILAR (Dom Joseph).
AIALA OU AYALA (JOSEFA D’), nom de Josefa d’Obidos, voyez OBIDOS (Josefa d’).
ALA (JEAN DOS SANTOS), peintre, voyez GONSALVES (André). Il fut disciple d’André Gonsalves. Il peignit les images du Rosaire qu’on portait dans les processions de l’église de Saint-Dominique, et fil encore les peintures du plafond de l’église das Commendadeiras da Incarnaçaõ, ainsi que deux tableaux de la vie de la Vierge, qui se trouvent à l’église de Jésus; enfin, on connaît de lui divers portraits des vénérables de la Chartreuse, etc. Il imitait son maître avec une grande franchise de touche. (Cyrillo, p. 91.)
ALBERT DÜRER, voyez DÜRER.
ALBERTO (LÉON-BAPTISTE), auteur de l’ouvrage intitulé : Los diez libros de Architectura, voyez SALVA (Vincent).
ALCANTARA. (PIERRE D’), peintre de paysages, voyez MAGINA (Jacques).
ALDOVRANDO, auteur du Musæum metallicum.
ALEXANDRE CESARI, voyez CESARI (Alexandre).
ALEXANDRE GERALDES, voyez GERALDES (Alexandre).
ALEXANDRE GIUSTI, voyez GIUSTI (Alexandre).
ALEXANDRE GOMES, voyez GOMES (Alexandre),
ALEXANDRE DE GUSMAÕ, graveur, voyez GUSMAÕ̃ (Alexandre) et CARNEIRO DA SILVA (Joachim).
ALEXANDRE HERCOLANO, voyez HERCOLANO.
ALEXANDRE VERZANUS, voyez SIGISMUNDIS.
ALEXANDRINO (cardinal), nonce du Pape, auteur d’un Voyage en Espagne et en Portugal (1571). ( Lettres, p. 330.)
ALEXANDRINO (PIERRE DE CARVALHO), peintre, naquit en 1730. Cyrillo lui consacre un long article, p. 120-123. Il n’a jamais été en Italie, et a su tirer profit des exemples d’André Gonsalves, dont il était le voisin à Lisbonne. Il peignait avec une grande facilité, à l’huile, à fresque et à la détrempe, en grand, en petit, d’après des estampes, d’après nature et d’imagination. Il a orné de peintures de riches voitures dont une fut envoyée à l’empereur de Maroc. On lui a préféré longtemps Ignace de Oliveira, Negreiros, Roque, Rocha et Bruno; mais quand il eut exécuté son grand tableau du Sauveur du monde qui se voit à la cathédrale, il n’eut plus de rival (Cyrillo). Ce tableau en effet n’est pas sans mérite. Le nombre de ses ouvrages que possèdent les églises de Lisbonne est immense. Il était aussi fécond que Bento Coelho ou André Gonsalves. J’en ai parlé dans mes Lettres, p. 291, 292, 521 et autres, qui sont marquées dans la table alphabétique de ces mêmes Lettres. Parmi les Macchianti de son époque, il est un de ceux dont les ouvrages m’ont le moins déplu.
Pierre Alexandrino mourut en 1810. Il a travaillé jusqu’à la fin de ses jours. Il a eu pour élèves:
Joseph-Antoine Parodi, son parent;
Vasco-Joseph Vieira;
Théodore, qui fit des miniatures et mourut jeune;
Joachim-Joseph de S. Payo;
Joseph-Ignace de S. Payo, fils du précédent et petit-fils de Michel-Antoine, qui était également peintre;
Henri-Joseph da Silva;
Philibert-Antoine Botelho.
ALMEIDA. (B. ’), graveur. C’est ainsi qu’il se trouve cité par le Patriarche dans sa Liste des artistes, rubrique Graveurs, en se référant à la signature qui se voit au bas du frontispice du Theatro Historico, Genealogico e Panegirico da casa de Sousa, imprimé à Paris en 1694, et où on lit: B. de Almeida incid. 1693. P. Giffart fecit sculptor regius. Il me semble que cet Almeida n’est autre que Blaise d’Almeida.
ALMEIDA. ( BLAISE D’), peintre, sculpteur et dessinateur.
Nous ne savons de Blaise d’Almeida que ce que nous rapporte l’abbé Diogo Barboza Machado. Lisbonne le vit naître; il professa dans cette ville la peinture et la sculpture; ses dessins sont généralement estimés. Il existe de lui deux manuscrits portant la date de 1695, intitulés, l’un: Géométrie pratique, l’autre: Géométrie d’Euclides ou élémens de mathématiques. Le premier est une traduction de l’œuvre espagnole du Père Ignace Strafford, jésuite. (Barboza Machado, Bibliothèque lusitanienne, t. 4, p. 82, collection 1. — Taborda, p. 208.) — Voyez ALMEIDA (B. de).
ALMEIDA, peintre, voyez FONSECA (Antoine).
ALMEIDA (FÉLICIEN D’), peintre, vivait vers 1684. Il est le dernier peintre, à ce que nous apprend Cyrillo, dont traite le manuscrit de Félix da Costa (1696). «Dans la chapelle de Nossa Senhora Madre de Deos da Secretaria da Guerra, il existe des tableaux qui sont peints plus ou moins dans son style.» ( Cyrillo, p. 80.)
ALMEIDA (FÉLIX-VINCENT D’), architecte et sculpteur de la Maison royale, frère du sculpteur Joseph d’Almeida, vivait vers la moitié du dix-huitième siècle (Cyrillo, p. 256). Il est mort, suivant M. Santos, graveur, vers 1769.
ALMEIDA (FRANÇOIS-THOMAS D’), graveur, voyez TARTOLOZZI.
Il est maintenant (1845) professeur agrégé à l’Académie des Arts. Il a exécuté plusieurs gravures, parmi lesquelles nous citerons une tête en profil de Raphaël, et dernièrement le trait du Saint-Bruno de Sequeira, et de l’Annonciation, provenant de l’église de Paraiso, qui se trouve baptisée à l’Académie du nom de Gran-Vasco (Communication de M. Santos, graveur de l’Académie). Il est âgé de près de 70 ans.
ALMEIDA FURTADO, dit LE GATA (JOSEPH DE), voyez GATA (Joseph d’Almeida Furtado, dit le ).
ALMEIDA (GAÉTAN-ALBERT NUNES D’), graveur en médailles, voyez SANTOS (Simon-François dos).
Il est cité par le Patriarche, dans sa Liste des artistes, p. 14, comme auteur d’une médaille de Camoëns de l’année 1821.
ALMElDA (J. B. D’) GARRET, voyez GARRET.
ALMEIDA (IGNACIA D’) modelait en cire et en terre, voyez COSTA (Louis da).
ALMEIDA (JOSEPH D’), sculpteur, né vers 1700, mort en 1769. Cyrillo, p. 253, dit de lui qu’il fut le premier sculpteur portugais du dix-huitième siècle qui sut bien sculpter en pierre. Cependant, je dois faire observer que toutes les statues en pierre que j’ai rencontrées en Portugal, dans les constructions gothiques et Emmanuéliennes, sont toujours on ne peut plus appropriées au style de l’architecture dont elles font partie; et que sous ce rapport elles ont un mérite incontestable, quoique considérées séparément elles ne soient pas irréprochables. Joseph de Almeida a également beaucoup sculpté en bois. Les ouvrages que Cyrillo cite de lui sont très-nombreux. Il a eu pour disciples:
Francisco Xavier;
Francisco Antonio;
Antonio Machado.
Almeida mourut en 1769, âgé de 60 ans. (Lettre 10, app. 5.)
«Almeida a orné de sculptures quelques-uns des carrosses qui ont servi à l’entrée à Rome de l’ambassadeur portugais Mello e Castro. Voyez le livre intitulé Embaixada de Mello e Castro, 1 vol. in-fol. On voit dans ce livre les dessins de ces carrosses.» (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
Le chanoine Villela da Silva fait de lui l’éloge le plus enthousiaste: il cite plusieurs de ses ouvrages. (Lettres, p. 243.)
Je suppose que c’est le même qui est cité à l’article Oliveira Bernardes (Ignace d’) et qui a accompagné ce dernier à Rome.
D’après le professeur Rodrigues, il a été à Rome l’élève de Charles Monald, et il était l’émule d’Alexandre Giusti qui avait été élève de Conca et de Maini. (Lettres, p. 440 et 441.)
La statue de saint Paul de la chapelle de Necessidades lui est attribuée. (M. Ferdinand Denis, l’Univers, 1366me livraison, p. 405.)
M. le professeur Assis signale particulièrement parmi ses nombreux ouvrages le saint Jean-Baptiste qu’on voit à Bemposta; le saint Onufre de Trinidade, et le saint Paul dont il vient d’être parlé.
ALMEIDA. (THÉODORE D’), auteur de l’ouvrage intitulé : Recreaçaõ̃ Filosofica, voyez PATRIARCHE.
ALPHOSE, peintre cité sans autre indication dans mes, Lettres, p. 214. Il vivait en 1540.
ALPHONSE (ALVARES), voyez ALVARES.
ALPHONSE (DOMIGUES), voyez DOMINGUES (Alphonse).
ALPHONSE (EANES), voyez EANES (Alphonse).
ALPHONSE (GEORGE), peintre. Il a vécu sous le règne du roi Emmanuel et de Jean III; demeurait à Santos-Domingos et était beau-frère du peintre François Henriques, ainsi qu’il appert des enquêtes faites relativement à ses travaux. (Taborda, et ces mêmes enquêtes dans les archives royales. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
Alphonse (George), peintre de la Casa-Real, sous le roi Emmanuel, en 1508, et sous Jean III, vivait encore en 1540 (Lettres 214, 216, 217). Ou peut voir (Lettres, p. 222) l’ordonnance de Don Jean, fils du roi Emmanuel, de l’année 1508, qui fut confirmée en 1529 par le même prince devenu roi sous le nom de Jean III. C’est sa patente de peintre de la Cour, examinateur et priseur avec un traitement de 10,000 réis par an. Cette patente prouve de combien d’estime, à cette époque, l’art de la peinture jouissait déjà en Portugal.
ALPHONSE (GONSALVES), voyez GONSALVES (Alphonse).
ALPHONSE OU AFFOSO (LAURENT), sculpteur, official, tailleur de pierre, était employé aux travaux du couvent du Carme. Suivant les informations reçues à son égard par le connétable Pereira, il était un des meilleurs de cette époque. (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
ALPHONSE (LOPES), peintre, voyez LOPES (Alphonse), peintre.
ALPHONSE (LOPES), sculpteur, voyez LOPES (Alphonse), sculpteur.
ALPHONSE (MONTEIRO), voyez MONTEIRO (Alphonse).
ALPHONSE DE MORAES, voyez MORAES (Alphonse de).
ALPHONSE (PIERRE), voyez PEDRO ALFONSO.
ALPHONSE (PIRES), voyez PIRES (Alphonse).
ALPHONSE RODRIGUE, architecte, chargé de l’érection d’une des chapelles de Belem, vers 1517. (Lettre 14me, app. 2.)
ALPHONSE (SANCHES COELHO), voyez COELHO (Alphonse-Sanches).
ALVARES (ALPHONSE et BALTHASAR), architectes, cités tous deux par Barboza Machado, en 1751, comme des artistes qui font honneur au Portugal (Voyez lettre 10me, p. 247). Cyrillo les cite p. 161. Voyez aussi ALVARES (Balthasar).
Le Patriarche, dans sa Liste des artistes portugais, dit d’Alphonse Alvares qu’il était architecte du roi Sébastien. Il existe un Alvara de 1571 dans laquelle ce roi l’appelle Mestre das minhas obras. Il a fait le plan du monastère de Bento qui était projeté vers cette même année, ainsi que cela se voit dans le livre Benedictina Lusitana, t. 2, p. 419. A l’article ALVARES (Balthasar) nous voyons que ces plans sont aussi attribués à ce dernier.
ALVARES DE ANDRADE (LOUIS), voyez ANDRADE (L. A. de).
ALVARES (BALTHASAR), architecte, fit, en 1598, le plan et les dessins de l’église et du couvent de Bento, aujourd’hui palais des Cortès. (Communication de M. l’abbé de Castro; extrait de la Corografia Portuguesa, t. 3, par Antoine Carvalho da Costa). Cyrillo fait mention de lui, p. 161.
Il est aussi cité par le Patriarche dans sa Liste des artistes sous la rubrique des Architectes, et d’après cet auteur, il aurait également fait le plan du collége de Bento à Coïmbre, ainsi que cela se voit dans les archives de la secrétairerie de la Congrégation sous la date de 1600. Frère Leaõ de Saint-Thomas, dans son Benedict., t. 2, p. 428, l’appelle fameux architecte.
ALVARES DA CUNHA (ANTOINE), cosmographe. Il fut le quinzième seigneur da Taboa, et écuyer tranchant de Jean IV, d’Alphonse VI et de Pierre II. Il naquit à Goa en 1626 et mourut à Lisbonne en 1690. Il a rédigé l’Atlas où sont décrits géographiquement le Portugal et ses souverains. Les forteresses des Indes, présentées dans des cartes, sont de lui. ( Voyez Barboza, Bibliotheca Lusitana, t. 1, p. 199. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
ALVARES DE COLMENAR, voyez COLMENAR (Alvares de).
ALVARES père, (EMMANUEL), peintre, était jésuite. Le père François de Souza, dans son Oriente conquistado, part. 1, p. 185, l’appelle peintre insigne. Il dit qu’il a laissé beaucoup de souvenirs de son pinceau, et entre autres le tableau représentant la conversion de saint Paul, qui se voyait au collége des Jésuites, à Goa.» (Patriarche, Liste des artistes, p. 42.)
«Il fut admis dans la compagnie du collége de Coïmbre en 1549, et mourut à Goa en 1616.» (Barboza, Bibl. Lusit, t. 3,p. 172.)
ALVARES (Louis), peintre de Lisbonne, au service du Roi. Il lui fut délivré une patente de peintre à la détrempe, de doreur, faisant aussi des reliefs en or bruni. Aux termes de cette patente, il a succédé dans l’emploi de peintre à Antoine de Barros en 1601 (Livre 7 de Philippe II, f. 222. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
Ce Louis Alvares paraît être le même que Louis-Alvares de Andrade. Voyez ANDRADE (L. A. de).
ALVARES (PIERRE), orfèvre fameux de la ville de Guimaraẽs vers 1480. (Communication de M. l’abbé de Castro; extrait de la Cororafia Portuguesa, t. 1, p. 51.)
ALVARO EGAS, voyez EGAS (Alvaro).
ALVARO MOURATO, voyez MOURATO (Alvaro).
ALVARO DE PEDRO, voyez PEDRO (Alvaro de).
ALVARO PIRES, voyez PIRES ( Alvaro).
ALVARUS, enlumineur, vivait au temps du roi Emmanuel. Le livre 11e de l’Estremadure porte son nom sur la feuille enluminée du frontispice, avec la date de 1527. Dans mes Lettres, p. 217, j’ai rapporté, à cet égard, une communication intéressante de M. le vicomte de Juromenha.
ALVERCA. (JEAN D’), sculpteur, maître tailleur de pierre des travaux royaux, était mort en 1466 (Livre 14 d’Alphonse V, fol. 4. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
ALVES (JOACHIM J. B.), architecte, agrégé à l’Académie de Lisbonne en 1846, âgé de 40 ans à peu près. (Lettres, p. 115.)
AMADO (ANTOINE), sculpteur en bois. Il est mort à l’âge de plus de 70 ans, vers 1820. (Communication de M. le professeur Assis.)
AMARAL (GRÉGOIRE-PAEZ DO), auteur de l’ouvrage intitulé Exemplares de letra ingleza, voyez PATRIARCHE.
AMARAL (MICHEL-ANTOINE), peintre de portraits, voyez PINTO PEREIRA (François).
AMARANTE (S. GONSALVE), voy. GONSALVE (S. ) DE AMARANTE.
AMAREL (ANTINO), voyez ANTINO AMAREL.
AMARO DE VALLE, voyez VALLE.
AMATUCCI (CHARLES), sculpteur, voyez BARROS LABORAÕ̃ (Joachim-Joseph de).
AMBROISE-JOSEPH GERALDES, voyez GERALDES (Alexandre).
ANACLÈTE-JOSEPH NARCISSE, voyez NARCISSE (Joseph-Antoine).
ANASTASE-BRUNO-JOSEPH DE VALLE, voyez VALLE (Anastase-Joseph-Bruno de ).
ANDLOI (T. BOMVFUS). Ce nom se lit sur un fourreau d’épée, dans l’un des moindres tableaux du chœur de l’église de Jésus, à Sétubal, à main gauche du spectateur. Cette église renferme 17 tableaux ( les chroniques en citent 19) qui paraissent tous du même auteur; de ce même Andloi, si toutefois ce nom est celui du peintre. Ils sont un don de la reine Éléonore, sœur du roi Emmanuel et veuve de Jean II, à qui l’empereur Maximilien, son cousin, en avait fait présent. Ces tableaux gothiques sont au nombre des meilleurs que le Portugal possède dans ce genre, et ils sont d’une bonne conservation. Je n’ai pu découvrir les noms d’Andloi et de Bomvfus dans aucun livre traitant des arts. (Voyez Lettres, p. 124 et 125, et d’autres passages de mes Lettres, qui sont indiqués dans la table alphabétique sous le nom de Sétubal.)
ANDRADE (GAÉTAN-AYRES D’), peintre, professeur substitut de dessin à l’Académie, a exposé à Lisbonne en 1843; il était alors âgé de près de 56 ans. Il est cité dans mes Lettres, p. 94, 104, 114.
ANDRADE (JÉROME D’), peintre; il excella dans la peinture de l’architecture et des ornemens. Il se trouvait toujours au nombre de ceux qui, à son époque, exécutaient les meilleurs travaux de la cour. Il traça, dirigea et exécuta le plafond, en perspective, de l’église de Saint-Paul, aidé de Joseph-Thomas Gomes, Vincent Paul, Gaspard-Joseph Rapozo. Il était né à Lisbonne en 1715; il entra dans la confrérie de Saint-Luc en 1746, et mourut le jour de Noël de l’année 1801 (Cyrillo, p. 207). Il a prononcé l’oraison funèbre de Victorin-Emmanuel de Serra.
ANDRADE (LOUIS-ALVARES D’), peintre, naquit à Lisbonne; il a fait des tableaux représentant la Sainte-Trinité. Il a été le principal promoteur des processions dos Passos da Graça (des pas de la grâce), qui commencèrent en 1587. Il mourut à Lisbonne en 1631.» (Cyrillo, p. 73.)
Suivant Taborda, il serait mort dans un âge très avancé et aurait pris des leçons de frère François de Bovadilha qui mourut en 1580. Son fils Luc de Andrade a écrit son histoire.
ANDRADE (MICHEL-LEITAÕ D’), voyez LEITAÕ̃.
ANDRÉ-AVELINO FERREIRA, voyez FERREIRA ( André Avelino ).
ANDRÉ DE BARROS, auteur de l’ouvrage intitulé : Vie du Père Antoine Vieira, voyez PATRIARCHE.
ANDRÉ CONTUCCI, voyez CONTUCCI (André).
ANDRÉ ( EMMANUEL ), peintre, fut élève du peintre Garcia Fernandes. Il vécut sous les règnes de D. Jean III et de D. Sébastien. En 1569, il peignit le cloître de la cathédrale. Il vivait encore en 1574.
Parmi les papiers qui ont appartenu aux Pères de la Trinité , et qui sont déposés aujourd’hui aux archives royales, il existe un document de justification par lequel lesdits Pères prouvèrent que Fr.-Miguel Contreiras, de leur ordre, avait été le premier fondateur de la Miséricorde, et que, en commémoration de cette pieuse institution, ce frère avait été peint dans le tableau placé sur le maître-autel de la Miséricorde, qui eut sa première installation à la cathédrale; que l’on voyait également son portrait sur les anciennes bannières de la Miséricorde de Lisbonne et de Santarem, et que, même à cette époque (1574), on remarquait deux religieux de cet ordre sur le grand tableau du maître-autel, où était représentée Notre-Dame près d’un pape et d’un évêque. En vertu de cette justification, lesdits prêtres demandèrent par une pétition la conservation de cet usage, duquel résultait tant de crédit pour leur ordre.
Au nombre des seize ou dix-huit dépositions de témoins qui forment cette enquête, on lit la suivante: Manuel André, peintre, demeurant au Rocio, lequel a juré de ne dire que la vérité, toute la vérité, ayant été interrogé sur la pétition, répond qu’il n’en sait rien; mais que, pendant le temps de l’épidémie , lui témoin peignit le cloître de la cathédrale de cette ville, et qu’il avait vus, peints sur la porte d’une chapelle réputée communément pour celle de la fondation de la Miséricorde, les insignes de cette institution pieuse; que dans un autre lieu, entre autres personnes qui s’y trouvaient peintes, était un moine vêtu de blanc, paraissant être de l’ordre de la Trinité ; qu’il ne savait ce que cela signifiait; qu’il se souvient que pendant qu’il était élève de Garcia Fernandes, auteur du tableau de la Miséricorde, il vit dans une chambre une caisse de la Miséricorde où était peint un moine vêtu de blanc, et qu’il ne savait à quoi l’attribuer; comme aussi qu’il avait vus, peints sur le tableau du maître-autel de la Miséricorde, deux moines également vêtus de blanc ayant l’apparence de Trinitaires, et qu’il ne savait rien de plus à cet égard. Cette déposition est signée Manuel André Hieronymus. La justification porte la date du 25 août 1574. (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
ANDRÉ GONSAVES, voyez GONSALVES (André).
ANDRÉ MONTEIRO, voyez MONTEIRO.
ANDRÉ MONTEIRO, voyez UNES (Simon-Gaétan).
ANDRÉ PEREIRA DOS REIS, voyez PEREIRA DOS REIS (André).
ANDRÉ PIRES, voyez PIRES (André).
ANDRÉ REINOSO, voyez REINOSO (André).
ANDRÉ DE REZENDE, voyez REZENDE.
ANDRÉ RODRIGUES, voyez RODRIUGUES (André).
ANDRÉ SACCHI, voyez SACCHI (André).
ANDRÉ VACCARI, voyez VACCARI (André).
ANDRÉ VETERANO, voyez VETERANO (André).
ANDRÉ (frère) XIMENES, auteur de l’ouvrage intitulé Descripcion dei real monasterio de San Lorenzo del Escorial, etc., voyez XIMENES (André) et SALVA (Vincent).
ANDRINO (JEAN-RODRIGUES), peintre, voyez MAGINA et TABORDA, p. 219.
ANDRINO (THEODORA-MARIA), peintre, voyez THEODORA-MARIA ANDRINO, MAGINA et TABORDA, p. 219.
AMES est le même nom que ANNES ou EANES. Il signifie descendant ou fils de JEAN. Si vous; ne trouvez pas un de ces noms où vous le cherchez, vous le trouverez écrit ANNES ou EANES.
AURAS (DOMINIQUE); architecte dont l’activité s’est exercée à Porto au temps d’Alphonse IV (1325-1340).
ANGUISCIOLA (ANNA), femme peintre. Guarienti a vu un tableau d’elle à Lisbonne, portant la date de 1570. ( Lettres, p. 515.)
ANNA ANGUISCIOLA, voyez ANGUISCIOLA (Anna).
ANNA (frère JOSEPH PERREIRA DE SANTA), voyez PERREIRA (frère Joseph) DE SANTA-ANNA, et TABORDA (Joseph da Cunha).
ANNES, voyez ANES OU EANES.
ANNES OU EANES (JEAN), peintre du roi Alphonse V, en 1454. Dans sa patente de peintre du Roi, que Taborda cite p. 145, on voit le cas que ce souverain faisait de lui; car il l’exempte de beaucoup de charges fixées par la loi. Eanes exerçait son art dans les magasins de Lisbonne. ( Lettres, p. 206-211.)
ANNES (MARTIN), architecte et sculpteur, maître des travaux royaux de Lisbonne. Il doit avoir travaillé surtout au temps d’Alphonse V et de Jean II; car, en 1504, il était déjà très vieux et Pierre Nunes fut nommé pour le remplacer toutes les fois que son âge avancé le rendrait nécessaire. (Livre 23 du roi Emmanuel, fol. 45).
En 1477 ce même Martin Annes, tailleur de pierre et habitant de Santarem, obtint la place de maître des travaux royaux de la même ville, et fut confirmé dans cet emploi en 1496. (Livre 23 du roi Emmanuel, fol. 5. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
Abîmes ou EANES (PIERRE), architecte, maître des œuvres des possessions d’Afrique: Ceuta, Alcaçar, Tanger et Arzilla. 5 de septembre 1473. (Livre 55 d’Alphonse V. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
C’est évidemment un autre que le précédent.
Aises ou EANES (PIERRE), peintre, accompagna aux Indes Alphonse d’Albuquerque, ainsi qu’il appert du mandat ci-dessous du vice-roi: «Jacques Pereira, intendant (feitor), je vous charge de donner à Pero Annes une demi-arroba de vermillon, afin qu’il l’emporte avec lui à Ormuz où il peindra ce qui est nécessaire. Cochim, 31 de janvier 1510.» (Corp. Chron., parte 2e, paquet 20, document 13). Il a dû être un peintre très ordinaire. (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
C’est évidemment un autre que les deux précédents.
ANNES OU EANES (RODRIGUES), architecte, maître des travaux en pierre de la ville de Santarem. (Livre 34 d’Alphonse V, fol. 181. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
ANNIBALINHO, peintre de décorations et chanteur italien sous Jean V, vers 1750. (Cyrillo, p. 188.)
ANNUNCIAÇAÕ (THOMAS JOSEPH DE), peintre, élève de l’Académie de Lisbonne en 1843. J’ai vu de lui des dessins très bien faits. Il était alors âgé de 24 ans à peu près; il ne manque à ce jeune homme que d’être encouragé pour devenir un artiste de mérite. (Lettres, p. 115.)
ANTINO AMAREL. peintre, qui, suivant Murphy (voyez le volume de ses Travels qui porte la date de 1795, p. 95), avait fait, à Alcobaça, les portraits des souverains du Portugal. Cet auteur les critique sévèrement. Ce nom ne me paraît pas bien écrit. Il faudrait peut-être lire Antonio Amaral, et ce pourrait bien être Michel-Antoine Amaral, peintre de portraits, élève de Pinto Pereira (François). Voyez ces deux noms dans ce dictionnaire.
Antiguidades de Braga, par D. JERONIMO CONTADOR DE ARGOTE, voyez PATRIARCHE.
ANTINORI (JEAN), architecte, il en est parlé au mot SANTOS (Eugène).
ANTOINE ALVARES DA CUNHA, voyez ALVARES DA CUNHA (Antoine).
ANTOINE AMADO, voyez AMADO.
ANTOINE DE BARROS, voyez BARROS (Antoine de).
ANTOINE BOCARRO, voyez BOCARRO (Antoine).
ANTOINE CAMPELLO, voyez CAMPELLO (Antoine).
ANTOINE CANEVARI, voyez CANEVARI et LUDOVICE (Frédéric).
ANTOINE CARVALHO DA COSTA, voyez COSTA (Antoine Carvalho da).
ANTOINE DE CASTILHO, voyez CASTILHO (Jean).
ANTOINE CHARLES, architecte, il en est parlé au mot MARDEL (Charles).
ANTOINE CORREA BARRETO, voyez BARRETO (Antoine Correa).
ANTOINE DA COSTA E OLIVEIRA, voyez COSTA (Antoine da) E OLIVEIRA.
ANTOINE EMMANUEL, peintre, il en est parlé au mot VALLE (Bruno Joseph de).
ANTOINE-EMMANUEL DA FONSECA, voyez FONSECA (Antoine).
ANTOINE FERNANDES, auteur de l’ouvrage Arte da Muzica de Canto, de Orgaõ, e a Theoria do Manicordio, voyez FERNANDES (Antoine) et voyez PATRIARCHE.
ANTOINE FERNANDES (Jacques), voyez FERNANDES (Antoine-Jacques.)
ANTOINE FERNANDES RODRIGUES, voyez RODRIGUES (Antoine-Fernandes).
ANTOINE FERREIRA, voyez FERREIRA (Antoine).
ANTOINE FONSECA, voyez FONSECA (Antoine).
ANTOINE (FRANÇOIS), sculpteur, voyez FRANÇOIS (Antoine) et ALMEIDA (Joseph d’).
ANTOINE-FRANÇOIS ROSA, voyez ROSA.
ANTOINE GAÉTAN DA SILVA, voyez FÉLICIEN NARCISSE.
ANTOINE GAÉTAN DE SOUZA, voyez SOUZA (Antoine Gaétan).
ANTOINE GODINHO, voyez GODINHO (Antoine).
ANTOINE GOMES, voyez GOMES (Antoine).
ANTOINE DE HOLLANDA, voyez HOLLANDA.
ANTOINE-JACINTE-XAVIER CABRAL, voyez CABRAL (A. J. X.).
ANTOINE-JEAN COELHO, voyez COELHO (Antoine-Jean).
ANTOINE-JOACHIM DE FIGUERIDO, voyez FIGUEIREDO (Antoine-Joachim de).
ANTOINE-JOACHIM PADRAÕ, voyez PADRAÕ (A. J.)
ANTOINE-JOSEPH-FAUSTIN BOTELHO, voyez BOTELHO (A. F.)
ANTOINE-JOSEPH PEREIRA, voyez PEREIRA.
ANTOINE-JOSEPH DOS SANTOS, voyez FIGUEIREDO (Jean de).
ANTOINE-JOSEPH DE VALLE, voyez SANTOS (Simon-François dos).
ANTONE LEITE, auteur de l’ouvrage intitulé : Historia da appariçaõ, e milagres da Lapa, voyez PATRIARCHE.
ANTOINE LOBO, voyez BACCARELLI (Vincent).
ANTOINE MACHADO, voyez ALMEIDA (Joseph d’).
ANTOINE MACHADO, voyez MACHADO (Antoine).
ANTOINE MACHADO SAPEIRO, voyez MACHADO (Antoine Sapeiro).
ANTOINE MACIEL, voyez MACIEL (Antoine).
ANTOINE-MARIE DE OLIVEIRA MONTEIRO, voyez BARTOLOZZI.
ANTOINE MENDES, voyez MENDES (Antoine).
ANTOINE MORO, voyez MORO (Antoine).
ANTOINE DE OLIVEIRA BERNARDES, voyez OLIVEIRA BERNARDES (Ignace de).
ANTOINE PAIVA, voyez PAIVA (Antoine).
ANTOINE PECORARO, voyez PECORARO (Antoine).
ANTOINE PEREIRA, graveur, voyez PEREIRA (Antoine), graveur.
ANTOINE PEREIRA, peintre (1628), voyez PEREIRA (Antoine).
ANTOINE PEREIRA, peintre (1755), voyez PEREIRA (Antoine).
ANTOINE-PIERRE DA ROCHA, voyez ROCHA (Pierre-Antoine).
ANTOINE PIMENTA ROLIN, voyez BACCARELLI (Vincent).
ANTOINE PINTO, graveur, voyez PINTO (Antoine).
ANTOINE PINTO PEREIRA, auteur de l’ouvrage intitulé : Historia da India, etc., voyez PATRIARCHE.
ANTOINE PONZ, voyez PONZ (Antoine).
ANTOINE RIBEIRO DOS SANTOS, voyez RIBEIRO (Antoine) DOS SANTOS.
ANTOINE RODRIGUES, voyez RODRIGUES (Antoine).
ANTOINE DOS SANTOS DA CRUZ, sculpteur, voyez CRUZ (Antoine dos Santos da), voyez MAGINA et SILVA (Jean-Chrysostome-Polycarpe de).
ANTOINE DOS SANTOS (JOACHIM), voyez FÉLICIEN-NARCISSE.
ANTOINE DA SERRA, voyez SERRA (Antoine da).
ANTOINE DA SILVA GERALDES, voyez GERALDES (Alexandre.)
ANTOINE SIMOENS, voyez BACCARELLI (Vincent).
ANTOINE SISENANDO (1788), voyez SISENANDO (Antoine).
ANTOINE SISENANDO; graveur, vers 1660, voyez CARNEIRO DA SILVA (Joachim).
ANTOINE TACA, voyez TACA (Antoine).
ANTOINE TEXEIRA REBELLO, traducteur de l’ouvrage intitulé Artilharia, voyez PATRIARCHE.
ANTOINE VIEIRA, voyez VIEIRA (Antoine).
ANTONIO, voyez ANTOINE.
ANTUNES (JEAN), architecte. Ayant égard à ce qu’il a servi avec distinction pendant 16 ans comme apprenti architecte civil, et la place d’architecte de la Maison royale étant vacante par la mort de François de Silva Tinouco, le Roi le nomme à cet emploi, 18 de juillet 1669. (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
APPARICIO (abbé), cité par Cyrillo comme amateur cultivant avec succès l’art de la peinture. Il est mort en 1787. Taborda, p. 257, l’appelle célèbre peintre de portraits.
ABAGAÕ̃ (JOACHIM-PIERRE), sculpteur de l’Académie de Lisbonne. En 1843 il était âgé à peu près de 42 ans. (Lettres, p. 104, 115.)
ARAUJO (FRANÇOIS DE PAULE) DE CERQUEIRA. Voyez CERQUEIRA (François de Paule Araujo de).
ARAUJO (JOACHIM DOS SANTOS DE), architecte et décorateur, voyez NUNES (Simon Gaétan).
ARCHANGE FOSCHINI, voyez FOSCHINI.
ARCOS (duchesse de), voyez GUADELUPE.
ARMAS (EDOUARD DE), voyez DUARTE DE ARMAS.
ARRERINO, peintre, voyez AVELAR (Braz).
ARRIET, Allemand, enlumineur et calligraphe. Dans l’ouvrage de D. Antonio Caetano de Souza, Historia Genealogica da Casa Real Portuguesa, que j’ai consulté à la Torre do Tombo, je lis, t. 1er dans l’introduction (apparato), p. CXCIII: «Dans la maison des grands armoristes « (armeiros mores) , se conserve le livre des armoiries, qui «fut fait par maître Arriet, Allemand, et qui est plus parfait que celui «qui existe à la Torre do Tombo.»
Ce dernier a été commandé par D. Emmanuel, ainsi que cela est dit dans le prologue de ce livre, et il a été exécuté par Antoine Godinho, écrivain de la Chambre (Escrivaõ da Camera). Il ne porte pas de date. Dans le titre écrit en lettres d’or qu’enlacent des arabesques noirs, exécutés a la plume avec beaucoup d’art, l’auteur de la Historia Genealogica a cru lire le nom de Fernaõ das Minas, et c’est à lui qu’il attribue la partie calligraphique et les enluminures de ce livre d’armoiries, mais au lieu de ce nom c’est perfeiçam das armas (perfection des armes) qu’on y lit. Cette méprise se conçoit, car les caractères, à force d’être riches et ornés, sont assez illisibles.
Le livre des armoiries de la Torre do Tombo a été aussi attribué à Duarte d’Armas, mais c’est un de ces quiproquos dont nous avons fourni tant d’exemples, et que nous-mêmes nous n’aurons certainement pas toujours pu éviter. Voyez JOSEPH (frère Simon de Saint-).
ARRUDA (FRANÇOIS DE), architecte. Il fut maître des travaux du boulevard de Restello de Belem; cela résulte d’un document où l’on apprend qu’il reçut de Jacques Rodrigues 763 pierres taillées pour ledit boulevard (Corp. Chron. p. 3, paquet 6, doc. 35). François d’Arruda est encore désigné comme tailleur de pierre, maître des œuvres du district d’Alemtejo et des palais de la ville d’Evora; il obtint, à la date du 10 mai 1531, la patente de mesureur des ouvrages du royaume, ainsi que des murs, monastères et églises, après la mort de Jacques d’Arruda, qui était en possession de cet emploi. (Livre 9 de Jean III, fol. 37.) — Il existe aussi aux archives le titre d’une pension de 16,000 reis, accordée en 1545, à François de Arruda, cavalier de la Maison royale, maître des œuvres royales (Livre 25 de Jean III, fol. 51). — On y trouve encore un titre d’une pension de 10,000 reis, donnée à François d’Arruda, chevalier du Christ, pour les réparations de l’aqueduc d’Evora, appelé de Prata (d’argent) (Livre 38 de Jean III, fol. 159), et un permis d’aller à dos de mulet. (Livre 20 de Jean III, fol. 8. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
ARRUDA (JACQUES DE), architecte. On trouve dans les archives plusieurs documens qui se rapportent à cet artiste. Ce sont: un Alvara ou ordonnance par laquelle le Roi le nomme maître des travaux du chœur et de la sacristie d’un couvent (1510). (Corp. Chron., part. 5, paquet 4, doc. 16).
Une patente de mesureur (Medidor) des travaux du royaume (livre 18 du roi Emmanuel, fol. 113). — Une lettre adressée au Roi par Jacques d’Arruda, maître des travaux d’Azamor, au sujet des ouvrages du château d’Azamor (1514). (Corp. Chron. part. 1, paquet 13, doc. 14.)
La patente de maître de tous les travaux que le Roi fait faire dans l’Alemtejo, dont Jacques de Arruda devra tracer les plans et diriger les travaux (1521). (Livre 18 du roi Emmanuel, fol. 112.)
Il fut nommé maître des travaux des palais d’Evora, après la mort de Martin Lourenço (1525). (Livre 8 de Jean III, fol. 49.)
On trouve, sous la date de 1525, un Alvara relatif au payement de ce qui lui est dû par le Roi. (Corp. Chron., part. 1, paquet 32, doc. 2.)
Il était mort en 1531. (Communication de M. le vicomte de Juromenha.) — Voyez FRANÇOIS DE ARRUDA.
ARRUDA (MICHEL DE), architecte militaire, maître des œuvres de fortifications de ce royaume, servait sous Jean III. Au temps de Jean de Castro, le Roi l’envoya à Moçambique pour y construire une forteresse, ainsi que cela se voit dans une lettre originale du Roi portant la date de 1546. Il fut envoyé en Afrique en 1549 pour construire le fort de Seinal pour la défense de Alcacer. (Andrade, Chronique de Jean III, p. 4, chap. 25. — Patriarche, Liste des Artistes, rubrique Architectes, article Miguel de Arruda.)
Il était maître des travaux royaux, emploi dans lequel il fut remplacé par Antoine Rodrigues, et vivait sous le règne de Jean III. Il était aussi maître des fortifications du royaume. (Liv. 55 de Jean III, fol. 120.)
Il a tracé le plan de la nouvelle forteresse que le Roi fit construire à Moçambique au temps du vice-roi Jean de Castro, ainsi que cela résulte d’une lettre écrite par le Roi à ce gouverneur (1545), et qui se trouvait en original entre les mains du dernier cardinal Patriarche.
En 1541 il se rendit à Ceuta avec Benedicte de Ravenna pour fortifier cette place, ainsi que cela résulte d’une lettre de D. Alphonse de Noronha, gouverneur de Ceuta. (Corp. Chron., part. 1, paquet 6, doc. 125.)
En 1549, il fut de nouveau envoyé en Afrique, quand le roi voulut que le fort de Seinal fût élevé pour la sûreté d’Alcacer. (Andrade, Chron. de Jean III, part. 4, chap. 35.)
Il était mort en 1565. Voyez ANTOINE RODRIGUES.
Dans une lettre adressée à l’ambassadeur Laurent Pires de Tavora, l’infant D. Louis développe les raisons pour lesquelles le Roi voulait abandonner Alcacer-Ceguer, après avoir fortifié Seinal; il lui recommande d’examiner cette affaire avec D. Pierre de Mascarenhas, avec son neveu Jean de Mascarenhas, avec Michel de Arruda et Jacques Telles, grands ingénieurs; et d’après le conseil de tous, il fut résolu qu’on abandonnerait Alcacer et Seinal et qu’on garderait Tanger. (Annales de Jean III, par frère Louis de Souza. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
Arte minima, voyez PATRIARCHE.
ASENSIO, auteur de l’ouvrage intitulé : Coleccion de Muestras de Letra bastarda, escritas y grabadas, voyez SALVA (Vincent).
Assis, professeur, voyez RODRIGUES (François d’Assise ).
ASSISE (FRANÇOIS D’) RODRIGUES, voyez RODIGUES. On l’appelle communément Assis.
ASSUMPÇAÕ̃ VELHO (JOACHIM D’), chanoine, auteur, a donné, dans les Mémoires de l’Académie, une description détaillée de Mafra. La première pierre de cet édifice fut posée en 1717, et la basilique fut consacrée en 1730. (Ferdinand Denis, l’Univers, 1366e livraison, p. 401.)
AUGUSTIN-FLORIAN SUAREZ, voyez SUAREZ (A. F.).
AUGUSTIN DE GUADRI, voyez GROSSI (Jean).
AUGUSTIN-JOSEPH DA TRINIDADE, voyez TRINIDADE.
AUGUSTIN DE SANTA-MARIA (FREI), voyez MARIA (Frei-Augustin de Santa-).
AUGUSTIN MARQUES, voyez MARQUES ( Augustin ).
AUGUSTIN REBELLO DA COSTA, voyez REBELLO DA COSTA (Augustin).
AUGUSTIN RODRIGUES, voyez RODRIGUES (Augustin).
AUGUSTINE BARBOZA DA SILVA, voyez BARBOZA DA SILVA (Augustine).
AVELAR (duchesse d’), voyez GUADELUPE.
AVELAR (BRAZ ou BLAISE D’), peintre, cité par Cyrillo (p. 17) parmi les plus anciens peintres portugais. Il l’appelle Braz d’Avelar, faisant suivre ce nom de celui de N. Danzilha, sans les séparer par une virgule. Cela peut n’être qu’une faute typographique.
Taborda, en s’appuyant sur frère Joseph Pereira de Santa-Anna, dit (p. 152) qu’Avelar florissait vers 1510. Il dit: «Il est hors de doute qu’il a peint pour le monastère de Belem; le chroniqueur frère Emmanuel-Baptiste de Castro fait mention de ses ouvrages de Belem sous le simple nom d’Avelar, sans doute le même qui nous occupe. Peut-être existe-t-il encore dans le même monastère d’autres ouvrages de cet artiste. Carvalho nous apprend, dans sa Chorographie, t. 3, p. 660, en se référant à l’autre chroniqueur, que, au-dessus de l’escalier de l’entrée principale, il existait des peintures d’Avelar et d’Arrerino. Cependant quel est celui des deux qui fit le Christ s’affaissant sous le poids de la croix, c’est ce que nous ne saurions affirmer avec certitude.» Cyrillo attribue ce tableau à Campello. Voyez CAMPELLO.
Taborda suppose qu’Avelar fut un des artistes envoyés en Italie par D. Emmanuel pour se perfectionner dans les arts; mais il n’appuie cette supposition d’aucune preuve.
AVELAR (JOSEPH D’) REBELLO, peintre portugais, vivait, selon Guarienti, vers 1640. (Lettres, p. 324.)
Cyrillo cite à son sujet le passage suivant de Félix da Costa Meesen: «Il fut homme d’un grand talent. Sans maître, et seulement par ses dispositions naturelles, il acquit une grâce particulière et beaucoup de pratique. Il fut capable de peindre le tableau de Jésus parmi les docteurs, qu’on voit à Saint-Roch, et d’autres bons tableaux qui lui valurent la croix d’Avis.» Cyrillo continue ainsi: «Jean IV aimait à le voir peindre, et dans l’alvara par lequel il lui conféra la décoration d’Avis, il l’appelle le meilleur peintre de son époque. Entre les années 1639 et 1648, il fit 72 grands tableaux de la vie du Christ qui couvraient le plafond de l’église dos Martyres. Ces peintures ont été remplacées par des stucs. Le saint Jérôme de la bibliothèque de Belem est de lui. Dans l’entrée de S. Bento il y a de lui un Triomphe de la Vierge d’une grande dimension.» (Cyrillo, p. 76.)
Cet auteur cite encore beaucoup d’autres ouvrages de J. d’Avelar.
Taborda lui consacre un article, p. 201-203.
Le Patriarche, dans sa Liste des artistes, rubrique Peintres, article José do Avellar, dit qu’il a exécuté beaucoup de tableaux à la Bibliothèque Patriarcale, et qu’il devint tellement riche qu’il fit construire toutes les maisons qui forment la rue d’Avelar. Le même fait est rapporté par Guarienti. (Lettres, p. 324.)
La vie de saint Georges, en plusieurs tableaux, dans la sacristie de l’église de Belem, lui est attribuée. (Lettres, p. 288.)
Un des meilleurs tableaux de l’église de Saint-Roch est celui de la première chapelle à gauche en entrant. Il représente Jésus parmi les docteurs, et il est attribué à ce peintre. (Lettres, p. 288.)
AYALA, AYALLA OU AIALE (JOSEPHA DE), voyez OBIDOS.
AYRES (GAETAN) D’ANDRADE, voyez ANDRADE.
AYRES DO QUENTAL, ou QUINTAL, voyez QUENTAL (Ayrez do).
AZEVEDO (RAIMOND-JOSEPH D’), sculpteur d’ornemens en bois, a travaillé aux orgues de Mafra, et il est mort septuagénaire vers 1825. (Communication de M. le professeur Assis.)
AZURARA (EANES-GOMES DE), voyez EANEZ-GOMEZ DE AZURARA.
AZZOLINI (JACQUES), architecte et peintre décorateur, vint d’Italie, sa patrie, sur l’invitation de Bibiena, pour l’aider dans les travaux du théâtre royal. Quand le tremblement de terre survint (1755), il se rendit à Coïmbre, où il s’occupa, comme architecte civil, de l’achèvement du Séminaire. En 1767 ou 1768, il fut appelé à Lisbonne pour diriger les décors scéniques du théâtre royal d’Ajuda, emploi qu’il exerça jusqu’en 1786 ou 1787, et c’est à cette même époque qu’il mourut, âgé d’environ 70 ans.
En outre des décorations théâtrales de Lisbonne, il fit les tours de Saint-François de Paule et un dessin pour le Manége royal. Déjà malade à l’époque où l’on mit en scène l’opéra d’Assur, il proposa que chacun de ses élèves fît une décoration, afin qu’on pût juger celui qui serait capable de le remplacer. José-Carlos Binheti fit un temple et Manoel Piolti un palais royal. Ces deux ouvrages furent préférés à tous les autres; mais la chose en resta là, et il mourut sans qu’on se fût décidé en faveur de l’un ou de l’autre concurrent.» (Cyrillo, p. 190.)
B
Table des matières
B. F. A. 1637. — Marque et date d’un tableau représentant la Samaritaine dans un paysage, chez M. de Saldanha e Castro, comte de Penamacor, à Lisbonne (Voyez Lettres, p. 318, article Carlo de Hoech, et note). Voici ce que j’ai dit dans cette note: «J’ai vu chez M. de Saldanha e Castro un très-joli tableau représentant la Samaritaine dans un paysage, et portant la marque B. F., n° 1637. Je serais cependant tenté de croire que c’est de ce tableau que parle Guarienti. Il doit y avoir quelque quiproquo que je ne m’explique pas bien. Peut-être ce Carlo de Hoech avait-il encore un autre nom de baptême. Il nous est permis de douter de l’exactitude de Guarienti. Au reste, ma supposition ne repose pas non plus sur des fondemens assez solides pour oser vous la donner comme une vérité, ni même comme une probabilité. »
Dans Negler je ne trouve pas de Charles de Hoech, mais bien Charles de Hoeck ou Hoecke, qui vivait à la même époque. C’est le sujet du tableau et la date, qui ont fait naître en moi la supposition que j’ai énoncée plus haut et qui n’est pas autrement justifiée. Il y a évidemment ici quiproquo, mais il est possible que ce soit moi, et non pas Guarienti, qui en sois coupable.
BACCARELLI (VINCENT,) Italien, peintre de perspective et d’architecture, vint à Lisbonne vers la fin du dix-septième siècle, où il eut beaucoup de commandes. Cyrillo cite, comme le meilleur de ses ouvrages, le plafond qu’on voit à Saint-Vincent et qui est de l’année 1710. Après avoir exécuté beaucoup d’ouvrages à Lisbonne, il retourna dans sa patrie. Le meilleur de ses élèves était Antoine Lobo, père du peintre François Xavier. Antoine Lobo était le maître de Antoine Pimenta Rolin, de Braz de Oliveira et d’Antoine Simoens, tous trois distingués dans la même partie que Baccarelli. (Cyrillo, p. 181-183.)
On peut, je crois, considérer Baccarelli comme ayant introduit en Portugal ce genre de peintures, dont le Portugal fournit beaucoup d’exemples très satisfaisans. Il existe un grand nombre de plafonds dans les édifices royaux, dans les églises et dans les maisons particulières qui prouvent que leurs auteurs étaient sortis d’une bonne école. Cette école n’était autre que celle de Baccarelli, transmise de génération en génération jusqu’à l’époque de Jean VI, où furent exécutés les ornemens et les décorations du palais d’Ajuda (vers 1820), qui sont, parmi tout ce qui se voit de peintures dans ce palais, ce qu’il y a de moins mauvais. Maintenant, tout ce qui se peint de bien ici en perspective et en architecture est dû au talent de MM. Rimbois et Cinati. Cependant un jeune Portugais, M. Monteiro, montre les plus heureuses dispositions, et ne peut manquer de devenir fort habile dans cette partie, si ses progrès ne sont pas arrêtés par la stérilité du terrain sur lequel il est destiné à exercer son talent, et par les difficultés sans nombre qui s’opposent aux progrès de l’art.
Le tableau de saint Antoine qui orne le maître-autel de l’église de Varatojo est attribué à Baccarelli. (Lettres, p. 245.)
BALBI (ADRIEN), auteur de l’Essai statistique (Paris, 1822). Il renferme quelques renseignemens succincts sur les arts en Portugal.
BALSAMAÕ (VASCO-PINTO DE). M. de Balsamaõ, âgé à peu près de 40 ans, appartient à une des plus anciennes familles de Lamego. Il est frère du vicomte de Balsamaõ. Comme conservateur de la Bibliothèque de Lisbonne, il s’est livré à beaucoup de recherches historiques. Je lui dois un grand nombre des documens qui m’ont servi à dissiper les nuages dont j’ai trouvé les arts du Portugal enveloppés. L’application, le zèle et la bonne foi caractérisent chacune de ses recherches et chacun de ses renseignemens.
BALTHASAR ALVARES, voyez ALVARES (Alphonse et Balthasar) et ALVARES (Balthasar).
BALTHASAR FERNANDES, voyez FERNANDES (Balthasar).
BALTHASAR (Louis), voyez Louis (Balthasar).
BALTHASAR TELLES, auteur de l’ouvrage intitulé : Chronica da Companhia de Jesus, voyez PATRIARCHE.
BAPTISTE (LOUIS), peintre de perspective, d’architecture et d’ornemens, vers 1781, mourut, âgé de 60 ans, en 1785. Dans l’article de Cyrillo sur ce peintre, nous trouvons encore les noms des peintres d’ornemens Joseph-Thomas Gomes, Joseph-Gaetan Cyriaco, Jean de Rhodes; de son élève Baptiste-Manoel Macario, qui a peint les fleurs du plafond de la chapelle principale de Bemposta et qui mourut fort jeune, et de Eusèbe Lopes, frère de ce dernier, qui dirigeait l’école da Ribeira das Naos, et qui mourut en 1818, âgé de 50 ans. (Cyrillo, p. 207.)
BAPTISTE-EMMANUEL MACARIO, voyez MACARIO (Baptiste-Emmanuel).
BARATA (EMMANUEL ), calligraphe, «d’après le philologue François-Dias Gomes (t. 4 des Mémoires de l’Académie), a été la plus insigne plume qu’on eût connue jusqu’à lui en Europe. Il vécut au temps de Camoëns et fut maître d’écriture du roi Sébastien. On lui doit l’ouvrage intitulé : Arte de escrever, 1571.» (Voyez Patriarche, Liste des artistes, p. 7.)
«Manoel Barata, né à Lisbonne, est un des plus célèbres maîtres d’écriture qui aient fleuri à son époque. Il était le maître du prince Jean, fils du roi Jean III. Il publia en 1572 l’Art d’écrire, in-4°, et grava aussi un recueil de divers genres d’alphabets. Cet ouvrage est loué par Manoel Faria e Sousa dans ses Commentaires des rimes de Camoëns. Il n’a paru qu’après la mort de Barata, et il porte le titre suivant: Exemplares de diversas sortes de letras tirados da Polygrafia de Manoel Barata, escritor portuguez, acrecentadas pelo mesmo autor, etc., dirigido a D. Theotonio, duque de Bragança, etc., por Antonio Alvares, 1590, in-4°.» (Bibliotheca lusitana de Barbosa Machado, t. 3, p. 190.)
BARBOSA MACHADO (DIOGO ou JACQUES), auteur, a fait, en 1752, un rapport sur la Carta apologetica de Joseph Gomes da Cruz ( Lettres, p. 137). Il est aussi auteur de la Bibliotheca lusitana (1741-179). Cet ouvrage important se compose de 4 volumes in-folio, dont le dernier sert de supplément aux autres; il cite, par ordre alphabétique, tous les auteurs portugais et leurs ouvrages, tant imprimés que manuscrits.
BARBOSA MACHADO (IGNACE), «auteur du Tractado historico juridico do aqueducto de Lisboa ( Communication de M. l’abbé de Castro).» D’après Antoine Gaétan de Sousa, ce fut l’architecte Emmanuel Maya qui fournit les plans de ce bel aqueduc. Cyrillo, p. 193, en attribue la construction à Charles Mardel.
M. Santos a trouvé dans la Bibliotheca lusitana, t. 2, p. 532, qu’Ignace Barbosa était le frère de Diogo.
BARBOSA DA SILVA (AUGUSTINE), auteur. «Elle savait parfaitement le latin. C’est en cette langue qu’elle a écrit la vie des cinq premiers rois de Portugal. Elle était aussi habile en architecture. Elle florissait vers 1672 et a écrit un Traité d’architecture et d’arithmétique qui a été imprimé à Castella, sous le nom de Pierre de Albornoz.» (Bibliothèque lusitanienne, t. 1, p. 54. — Communication de M. le vicomte de Juromenha. — Theatro heroino, t. 1, p. 114.)
BARNABÉ XIMENEZ, voyez XIMENEZ (Barnabé).
BARREIROS (GASPAR), «cosmographe, neveu du célèbre historien des Indes, Jean de Barros. Ce fut son oncle qui l’engagea à écrire.
«Chorographie de plusieurs endroits qui se trouvent sur la route que Gaspar Barreiros a parcourue, pour se rendre, en 1546, de Badajos à Milan ( Coïmbre, 1561, par Jean Alvares); observations cosmographiques de beaucoup d’endroits des côtes d’Espagne, avec tous leurs champs et promontoires. Manuscrit.» (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
BARRETTO, natif de Porto, peintre. J’ai vu, dans la collection de tableaux de la ville de Porto, un tableau de lui dans le style de Camuccini ou de David. Il représente la mort de Cléopâtre. (Lettres, p. 386.)
BARRETO OU BARRETTO (ANTOINE) CORRÊA, graveur de paysage, élève de Comte, agrégé à l’Académie de Lisbonne, âgé, en 1843, de 30 ans. (Lettres, p. 115.)
BARRETO (JOSEPH-TEIXEIRA), voyez TEIXEIRA BARRETO (Joseph).
BARRETO (PIERRE) DE REZENDE, voyez REZENDE (Pierre Barreto de).
BARROS (ANDRÉ DE), auteur de l’ouvrage Vida do Padre Antonio Vieira, voyez PATRIARCHE.
BARROS (ANTOINE DE), peintre, florissait, suivant Taborda, vers 1596, et se trouvait au service de Philippe II, ainsi que cela se voit dans une charte des Archives royales, livre 30 des donations de ce Roi, feuille 169. «Il peignait à la détrempe et était doreur. Il faisait aussi des reliefs en or bruni. Il existe une patente de Philippe Ier de Portugal (II d’Espagne), en date du 29 février 1596, par laquelle Barros est nommé peintre de ce roi, aux conditions auxquelles l’avait été Gaspard Carvalho, roi d’armes des Indes, auquel il succéda dans cet office après que celui-ci fut mort. Cette patente porte qu’il n’aura ni frais d’établissement, ni frais d’entretien, Carvalho n’en ayant pas reçu non plus. Il est à supposer que Barros est mort en 1601, car ce fut en cette année que Louis Alvares lui succéda.» ( Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
BARROS (ANTOINE-BENOÎT FARIA E), voyez MORGADO DE SETUBAL.
BARROS (ELEUTERIO-EMMANUEL DE), graveur, élève de Joachim Carneiro da Silva, de l’école de gravure qui fut formée à Lisbonne en 1769. Il a étudié à Rome. C’est lui qui a apporté de Rome le grand tableau de Batoni qu’on voit sur le maître-autel de l’église d’Estrella. Cyrillo cite aussi de lui des dessins et des tableaux, p. 294.
BARROS FERREIRA (JÉRÔME DE), peintre d’architecture, de fleurs, d’ornemens et de portraits en miniature, et architecte.
Né à Guimaraens en 1750, il apprit à peindre sous Michel-Antoine d’Amaral, et acquit bientôt quelque réputation. Il dessinait facilement et peignait fort bien les fleurs et les ornemens. Il était plein de zèle et d’enthousiasme pour son art, et occupé sans cesse à en accélérer les progrès. Dans ce but il admettait chez lui gratuitement tous ceux qui voulaient profiter de ses leçons.
Il était également versé dans l’architecture et avait un talent particulier pour les portraits en miniature, qu’il faisait très ressemblans. Il en fit entre autres, un de son ami le peintre Antoine Caetano, qui porte un témoignage favorable de son talent à saisir la ressemblance. Son coloris est bon, et tient un peu de l’école flamande, ainsi qu’on le voit dans quelques-unes de ses bambochades.
Je citerai de lui les ouvrages suivans: les figures du plafond de la bibliothèque du couvent de Saint-Dominique; l’architecture et le tableau de la chapelle de Sainte-Brigitte dans l’église de Lumiar; le plafond de la salle à manger de l’hôtel du marquis de Marialva; le portrait de la Reine qu’il fit pour la comtesse de Vimeiro quand elle était supérieure du couvent dos Santos; les portraits du père et de la mère de D. Michel Pereira Forjas; les appartemens de ce dernier, à Cruzde-Pedra, et le plafond d’un des appartemens du marquis de Niza, Xabregas.
Il mourut le 30 octobre 1803, à l’âge de 54 ans, et laissa deux enfans, Silence-Chrétien et Vigilance-Perpétue, qu’il avait eus de son mariage avec Antoinette-Engracia de Deos e Silva, native de Lisbonne. (Taborda, p. 238.)
Quand Pedro Alexandrino abandonna la peinture des voitures pour s’occuper de sujets plus élevés, J. de Barros le remplaça avec succès dans cette partie, et représenta sur les carrosses des enfants, des dieux de la Fable, des sujets allégoriques, etc. Il peignait aussi des ornemens, des portraits, des caricatures; il a fait également des gravures à l’eau-forte. Dans ce dernier genre, il fut le premier maître de Gregorio-Francisco de Queiros. Il aimait la lecture, et traduisit du français l’Art de la Peinture, par C. A. du Fresnoy, publié en 1801. Le manuscrit de cet ouvrage, qui contient 50 pages écrites en entier de la main du traducteur, se trouve actuellement à la bibliothèque de l’Académie des Beaux-Arts de Lisbonne. Il a été offert par le fils de Barros, Silence-Chrétien de Barros, graveur de ladite Académie. J. de Barros a fait aussi la description d’un plafond peint par lui-même dans l’hôtel de Niza. Ses ouvrages dans les édifices publics sont: la voûte de l’autel des Trinas, au Rato; celle de Sainte-Brigitte, dans la paroisse do Lumiar; quelques figures du plafond de la bibliothèque de Saint-Dominique, etc., etc. (Cyrillo, p. 127.) — Voyez aussi QUEIROS (Grégoire-François).
BARROS LABORAÕ̃ (JOACHIM-JOSEPH DE), sculpteur.
Il naquit à Lisbonne en 1762 et n’avait que dix ans quand il entra comme élève dans l’atelier de Jean Grossi, où il fut occupé pendant quatre années à faire des ébauches et à modeler. Il passa ensuite à l’école de Jean Paul , sculpteur en bois. Il servit d’aide à Raymond da Costa et au père Jean Chrysostome ; puis à Manuel Vieira, chez qui il modelait et terminait de nombreux ouvrages. Bientôt après il s’établit dans son propre atelier, où il modela saint François et sainte Claire, qui furent exécutés par François Xavier, élève de Joseph d’Almeida et d’Antoine Machado. Les ouvrages de Laboraõ sont si nombreux qu’il ne nous est pas possible d’en faire ici l’énumération. Nous ne ferons mention que du bas-relief en marbre de l’église de Bemposta, et d’une Renommée avec les portraits de Leurs Majestés, placée à l’obélisque de Bellas.
Le marquis Regedor, grand appréciateur des arts, fut tellement charmé de ce dernier ouvrage, qu’en outre d’une rétribution pécuniaire qu’il lui fit tenir, il sollicita et obtint son admission dans l’ordre de Saint-Jacques et ne cessa pas de le pousser dans sa carrière.
Le Roi le récompensa aussi en lui accordant l’emploi qu’exerçait Giusti à Mafra, avec les honoraires dont jouissait son prédécesseur. Les travaux de Mafra languissaient depuis quelque temps quand les Pères de Saint-Vincent entrèrent dans ce monastère. Ceux-ci firent procéder lentement à l’achèvement des lunettes des voûtes, d’après les modèles de Leal , et ce furent Braz Toscano de Mello, Roberto-Louis da Silva et son fils qui furent chargés de l’exécution. Laboraõ activa un peu plus ces travaux, mais ils furent encore interrompus par l’invasion des Français. Laboraõ travailla ensuite aux statues du palais de Notre-Dame d’Ajuda, où il fit les figures allégoriques de l’Honnêteté, de la Diligence, du Désir, et divers ornemens. Il fut aidé dans ces travaux par ses fils et élèves Manuel-Joachim et Joseph-Pierre de Barros, ainsi que par son autre élève Gaspar-Joachim da Fonseca, natif de Vizeu .
Il mourut le 30 mars 1820, à l’âge de 58 ans, et repose dans la salle du chapitre de Saint-Antoine des Capucins.
Charles Amatucci fit également pour le même palais (1818) la statue de la Libéralité. Il était à Lisbonne depuis 1804 et s’occupait à faire des portraits en cire. En 1807, il fut admis au service de la maison royale, aux honoraires de 400,000 reis annuels, et exécuta le portrait du Roi en médaillon pour les orgues de Mafra. Quoique jeune et d’une constitution forte, il fut enlevé subitement, en 1809, par un anévrisme. (Cyrillo, p. 274.)
BARROS (EMMANUEL-JOACHIM DE), sculpteur, fils de BARROS LABORAÕ (Joachim-Joseph de), voyez l’article précédent.
BARROS (JOSEPH-PIERRE), sculpteur, autre fils de BARROS LABORAÕ, voyez BARROS LABORAÕ.
BARTHÉLEMY-ANTOINE CALISTE, voyez CALISTO (Barthélemy-Antoine).
BARTHÉLEMY CARDENAS, voyez CARDENAS.
BARTHÉLEMY CAUDERAS, voyez CARDENAS (Barthélemy).
BARTHÉLEMY DA COSTA, voyez COSTA (Barthélemy da) et FIGUEIREDO (Jean de).
BARTHÉLEMY (frère) FERREIRA, voyez FERREIRA (frère Barthélemy).
BARTHÉLEMY DOS MARTYRES (frère DOM), auteur, voyez JERONIMO (Frère-Henri de S).
BARTHÉLEMY DOS MARTYRES Vida do vener. arcebispo de Braga, par frère Louis de Sousa, voyez PATRIARCHE, et JERONIMO (frère Henri de S.).
BARTHÉLEMY RODRIGUES, peintre, voyez RODRIGUES (Barthélemy).
BARTHÉLEMY RODRIGUES, architecte, voyez RODRIGUES (Barthélemy).
BARTHÉLEMY VELHO, voyez VELHO (Barthélemy).
BARTOLOZZI (FRANÇOIS), graveur. C’est dans Cyrillo, p. 289, que j’ai trouvé les renseignements qui vont suivre: Bartolozzi est né à Florence vers 1727. Il a été élève de Wagner. En 1762, il se rendit à Londres. Attiré à Lisbonne, en 1802, par D. Rodrigo Sousa Coutinho, il fonda dans cette ville une école de gravure, et y mourut en 1815. Il forma plusieurs élèves, savoir:
«Domingos-José da Silva;
«Jean-Vicente Priaz;
«Théodore-Antoine de Lima;
«Antoine-Marie d’Oliveira Monteiro;
«François-Thomas d’Almeida;
«François-Antoine da Silva.»
D’après Nagler, Bartholozzi serait né en 1730 et mort en 1813. Cet auteur cite ses principaux ouvrages, au nombre de près de cent.
BASTOS (frère LOUIS), peintre. Taborda, p. 172, cite à son sujet ce que frère Joseph Perreira de Santa-Anna rapporte dans sa Chronique de l’ordre des Carmes, p. 476: «A l’époque où il vivait, Bastos était un des peintres les plus insignes de ce royaume; et quoiqu’il ait commencé à manier les pinceaux comme amateur, ses dispositions naturelles étaient telles, qu’il devint maître dans cet art, au point de servir de modèle et d’objet d’admiration aux meilleurs artistes.»
BATONI (POMPÉE), peintre, né en 1708, mort en 1787. On voit de lui, dans l’église d’Estrella, d’importans ouvrages portant la date de 1781 (voyez Lettres, p. 292). C’est, je crois, à tort qu’on lui attribue le tableau du maître-autel de la cathédrale d’Evora. (Lettres, p. 355.)
«Dans la Bibliothèque de Jésus, aujourd’hui de l’Académie des Sciences, il existe un mémoire critique sur les tableaux de l’église d’Estrella.» (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
BAYLE, auteur d’un Dictionnaire, voyez PATRIARCHE.
BELEM ou BELLEM (frère JÉRÔME DE), auteur de la Chronica serafica da provincia dos Algarves (1753), voyez Lettres, p. 346.
BELLES, voyez GUILLAUME.
BELLORI auteur, voyez LOUREIRO (François de Sousa). Je présume que c’est le célèbre auteur et antiquaire Jean-Pierre Bellori, mort en 1700.
BEM (THOMAS-GAÉTAN DE), auteur des Mémoires historiques et chronologiques de l’ordre des Théatins. Il en existe une édition de 1792. (Lettres, p. 140, 145.)
BENAVENTE (FRANÇOIS DE), architecte, a pris part aux constructions de l’église de Belem. Il fut chargé spécialement des colonnes de cette église; vers 1517. (Lettre 14me, app. 2.)
BENEDICTA (D. MARIA), appelée communément Princesa Viuva, tante de Jean VI, née en 1746 et morte en 1829. Elle s’est occupée de peinture. Son tableau qu’on voit à l’église d’Estrella est peu digne d’occuper cette place; mais considéré comme ouvrage d’amateur, celui que l’on conserve à Ajuda et qui représente le cœur de Jésus, n’est pas sans mérite. (Lettres, p. 269, 292.)
BENEDICTO BENEDICTUS, voyez BENOIT.
BENOIT. Ce nom se rencontre quelquefois dans ce Dictionnaire sous celui de Bento, quand cette dernière dénomination a été acceptée par le public d’une manière générale et invariable; par exemple, Bento Coelho, ou le couvent de S. Bento.
BENOÎT OU BENTO (JOSEPH DE SOUSA FARINHA), voyez FARINHA.
BENOÎT DE RAVENA, voyez RAVENA (Benoît de).
BENOÎT DE SOUSA CAMPELLO, peintre, voyez BERNARDES (Joseph).
BENOÎT LUTTI, voyez OLIVEIRA BERNARDES (Ignace de).
BENOÎT ou BENTO MORGANTES, voyez MORGANTES (B.).
BENJAMIN COMTE, voyez COMTE.
BENT (JEAN VAN DER). Suivant Guarienti, il était peintre hollandais, et né à Amsterdam en 1650. Il est mort en 1690. Guarienti a vu de lui des tableaux en Portugal. (Lettres, p. 523.)
BENTO (l’auteur des quatre tableaux du monastère de S. Bento). L’Académie de Lisbonne possède quatre grands tableaux sur bois d’une belle conservation, représentant la Disputa, la Visitation, l’Adoration des mages et la Présentation. Ces superbes tableaux sont postérieurs à l’année de l’avénement au trône de Jean III (1521), comme le dénotent les monnaies représentées dans le vase que l’un des mages offre à l’enfant Jésus. Ce sont, avec le couronnement de la Vierge du palais épiscopal d’Evora, et le St. Pierre de Vasco Fernandes à Vizeu, les plus beaux ouvrages de peinture gothique que j’ai rencontrés en Portugal. On voit encore à l’Académie une Circoncision de moindre grandeur, qui est évidemment du même pinceau. Je ne sais pas quel est leur auteur. S’il était possible de le découvrir, ce serait d’un grand intérêt pour l’histoire de l’art. Il y a tout lieu de croire qu’ils ont été faits en Portugal, mais ils portent selon moi d’une manière irréfragable le cachet de l’influence allemande ou flamande. Voyez Lettres, p. 122, et dans d’antres endroits qui se trouvent indiqués dans la table alphabétique de mes Lettres, sous le nom de Bento.
BENTO ou BENOÎT COELHO, voyez COELHO (Bento).
BENTO CONTREIRAS, voyez CONTREIRAS (Bento).
BENTO ou BENOÎT VARCHI, voyez VARCHI.
BERARDI (JEAN), peintre décorateur et graveur. Il a précédé Bibiena dans l’emploi de peintre de décoration, vers 1753, et a gravé les estampes des libretti de théâtre. (Voyez Cyrillo, p. 189 et 190.)
BERARDO (JOSEPH D’OLIVEIRA). M. Berardo, auteur, âgé à peu près de quarante ans, habite Vizeu et est plein de zèle pour la gloire littéraire du Portugal. Homme très instruit et jouissant d’une position très indépendante, il se voue avec ardeur à l’étude. C’est lui qui a découvert l’extrait baptistaire de Vasco Fernandes, et qui s’est livré avec le plus de succès aux recherches qui ont eu pour but d’éclaircir les ténèbres dont l’existence de ce peintre était encore enveloppée en 1843. (Voyez Lettres, p. 300-308, 370, 371). Il a écrit des mémoires historiques sur Vizeu, dont le journal Le Panorama, vol. 5, n° 216, p. 183, renferme des extraits.
BERMUDEZ (JEAN-AUGUSTIN-CEAN), auteur du Dictionnaire historique des beaux-arts. L’édition de cet excellent ouvrage que je possède, est de l’année 1800 (Madrid). Bermudez cite dans son prologue un grand nombre d’auteurs auxquels il a emprunté ses renseignemens, et parmi lesquels il nomme particulièrement Antoine Palomino et Antoine Ponz. (Voyez Lettres, p. 147.)
BERNABE, voyez BARNABÉ.
BERNARD (maître), architecte, qui a exercé son art à Coïmbre et qui est cité dans un manuscrit de 1168 intitulé : Livro preto. (Lettres, p. 421.)
BERNARD BRITO (frère), voyez BRITO.
BERNARD (frère) DE CRUZ, voyez CRUZ (frère Bernard de).
BERNARD EDOUARD, sculpteur, «élève de Machado (Joachim) de Castro.» (Communication de M. le professeur Assis.)
BERNARD FERNANDES GAYO, voyez FERNANDES (Bernard).
BERNARD FOIT, voyez FOIT.
BERNARD DOS SANTOS, voyez SANTOS (Bernard dos).
BERNARDA FERREIRA DE LACERDA, voyez LACERDA (B. F.)
BERNARDES (JOSEPH), peintre de fleurs, voyez ABREU (Jean-Nunes de). Bernardes fut élève de Serra. Il peignit les fleurs, des ornemens et l’architecture. Il eut pour disciples Jérôme Gomes Teixeira, François Gomes Teixeira et Bento de Souza Campello, et mourut vieux en 1780. (Cyrillo, p. 196.)
BERNARDES (OLIVEIRA), voyez OLIVEIRA.
BERNARDES OLIVEIRA (ANTOINE DE), voyez OLIVEIRA BERNARDES (Ignace de).
BERNARDES OLIVEIRA (IGNACE DE), voyez OLIVEIRA BERNARDES (Ignace de).
BERNARDIN DA COSTA LEMOS, voyez COSTA LEMOS et ROCHA (Joachim-Emmanuel).
BERNARDIN (FR. GASPAR DE S.), auteur de l’ouvrage O itinerario da India, voyez PATRIARCHE.
BERNARDIN DE SANTA-ROSA, voyez ROSA (Bernardino de Santa-).
BERNINI, architecte et sculpteur italien, auquel sont attribués les anges en marbre de Carrare, qui soutiennent l’écusson au-dessus de la grande porte de l’église de Loreto (Lettres, p. 440). Je ferai observer que le chevalier Bernini est mort en 1680, et que l’ancienne église de Loreto ayant été détruite par le tremblement de terre de 1755, cette assertion devient inadmissible; à moins que les anges n’aient été faits à une autre époque, et que la place qu’ils occupent maintenant ne leur ait été assignée postérieurement et contrairement à leur première destination. On va même jusqu’à soutenir que ces anges ont été retirés des décombres dans l’état le plus parfait de conservation; en effet, on n’y découvre pas la plus petite restauration, cela est bien plus inadmissible encore. L’un de ces deux anges, celui de droite, ne me semble pas indigne de Bernini, mais, tout compté, il me paraît très peu vraisemblable que ce morceau de sculpture soit de lui. La tradition qui attribue ces anges à Bernini a été transmise par Alexandre Giusti à Joachim Machado, et par celui-ci au père du professeur François d’Assis Rodrigues. Alexandre Giusti ayant été élève de Maini et ce dernier de Algardi, contemporain de Bernini, cette tradition, d’après l’avis du professeur Rodrigues, est digne de foi. D’après le même professeur, il y aurait à Bellas une fontaine qui doit être l’œuvre de Bernini.
BERTHELOT (DENIS) DE HONFLEUR, cosmographe, peintre et dessinateur, voyez REZENDE (Pierre-Barreto de).
BIBIENA (JEAN-CHARLES), Italien, peintre de décorations, a peint des sujets architectoniques, et la perspective dans le théâtre royal de Lisbonne, qui fut détruit en 1755 lors du tremblement de terre. Il n’avait commencé à servir le roi D. Joseph que deux ans auparavant. Avec lui, vinrent d’Italie Marcos, qui peignait avec talent les figures à la détrempe, et Paulo, fameux peintre de batailles et de paysages. (Cyrillo, p. 175, et 188-190.)
Bibliotheca Lusitana, par BARBOSA MACHADO, voyez ce nom.
BILL, stucateur, voyez GROSSI (Jean).
BILLING (CLÉMENT), graveur. «Dans le livre Emprezas de S. Bento, de frère Jean dos Prazeres, Bénédictin (1685), on voit un frontispice signé Clément Billing f.; dans un autre ouvrage intitulé Cordel triplicado, des estampes du même graveur; et dans un livre sur la musique intitulé Arte minima (1685), une estampe signée Clemente Billing.» (Patriarche, Liste des artistes, p. 15.)
BINHETI, (JOSEPH-CHARLES), Italien, peintre décorateur vers 1780, voyez AZZOLINI (Jacques), et Cyrillo, p. 191 et 238.
BISPO CONDE, voyez PATRIARCHE et FRANCISCO (Dom).
BLAISE D’ALMEIDA, voyez ALMEIDA (Blaise de).
BLAISE D’AVELAR, voyez AVELAR (Blaise d’).
BLAISE (ou BRAZ) DE MENDONÇA, voyez MENDONÇA.
BLAISE NUNES, voyez NUNES (Blaise).
BLAISE D’OLIVEIRA, voyez OLIVEIRA (Blaise de) et BACCARELLI (Vincent).
BLAISE PEREIRA, voyez PEREIRA (Blaise)
BLAISE DE PRADO, voyez PRADO (Blas de).
BLAISE TOSCANO DE MELLO, voyez TOSCANO (Blaise) DE MELLO
BLAS, voyez BLAISE.
BOCARRO (ANTOINE), cosmographe, gardien des archives royales des Indes, et chroniqueur général du même pays. Il était successeur de Jacques do Couto, et a continué ses Décades des Indes. On lui doit le livre des plans de toutes les forteresses, villes et établissemens des Indes orientales, avec la description de leur situation géographique et de ce qu’ils contiennent en fait d’artillerie, de garnisons, de gens d’armes, de vaisseaux; les revenus et les dépenses; les profondeurs et les bas-fonds des rades et des fleuves, et tout ce qui relève de la couronne d’Espagne. Ce livre, de grand format et dédié à Philippe IV d’Espagne et III de Portugal, renferme les plans enluminés de 52 forteresses. Il en existe deux exemplaires, dont l’un se trouve dans la bibliothèque du duc de Cadaval. (Voyez Bibliotheca Lusitana, t. 1er, p. 221. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
BOLLEU, peintre, voyez GUILLAUME.
BOMVFUS, voyez ANDLOI (F. Bomvfus).
BONAVENTURE PETERS ou PEETERS, voyez PEETERS (Bonaventure).
BOSARTE, auteur de l’ouvrage Viage artistico a varios pueblos, etc., voyez SALVA (Vincent).
BOTACA, BOTAÇA, BOTAQUA, voyez BOYTACA.
BOTELHO (ANTOINE-JOSEPH-FAUSTIN), peintre, voyez BOTELHO (Philibert-Antoine).
BOTILHI (EMMANUEL) RIBEIRO, auteur. C’est le nom de Pereira (Emmanuel-Ribeiro) tel qu’il est écrit dans la Bibliothèque lusitanienne; mais dans le manuscrit on lit aussi le nom de Pereira (Communication de M. Berardo). Nous avons adopté le nom de Pereira (Emmanuel-Ribeiro). Voyez l’article consacré à ce dernier.
BOTELHO (NICOLAS-TOLENTINO), peintre, voyez GERALDES (Alexandre).
BOTELHO (PAUL), sculpteur, voyez SALLA (Félix).
BOTELHO (PHILIBERT-ANTONIO), peintre, naquit à Lisbonne en 1760. Il étudia la peinture sous Pedro Alexandrino, et exécuta à l’huile et à la détrempe beaucoup d’ouvrages dans les églises, maisons particulières et théâtres. En 1806 il peignit toutes les figures qu’on voit sur le plafond appelé do Costa dans le palais d’Ajuda. 11 a peint jusqu’en 1808, époque où sa vue devint trop faible pour travailler lui-même. Il continua cependant encore à diriger les travaux de son fils Antonio-José-Faustino. (Cyrillo, p. 138.)
BOUTACA, BOUTAQUA, voyez BOYTACA.
BOUTEUX (MICHEL LE), architecte et graveur, fut un des artistes qui, au temps de Jean V, vinrent en Portugal et y ranimèrent les arts. Dans les Mémoires de Malte, on voit une carte de cette île signée Michael le Bouteux, architectus regis sculpsit, 1736 (Patriarche, Liste des artistes, p. 5 et 19.)
BOYTACA ou BOYTAQUA (maître), architecte.
Voici ce que nous apprend à son égard M. le vicomte de Juromenha: «Maître Boytaca, architecte du célèbre monastère de Belem, était aussi préposé aux travaux de charpente. Nous ne saurions dire avec certitude s’il était Portugais ou étranger. Cependant la Chronica serafica (1753) dit qu’il avait été appelé d’Italie par Jean II afin d’exécuter pour lui des travaux architectoniques. La signature de Boytaca que nous avons vue à la Torre do Tombo, nous semble écrite avec les caractères qui étaient alors en usage en Portugal. Une personne native de Leiria et parfaitement au fait des localités qui l’avoisinent, m’a assuré qu’il existe près de Batalha un village ou hameau appelé Boytaca ou Boutaca, situé sur le revers d’une hauteur, aux environs du couvent, et se composant seulement de quelques maisons . Si ce hameau existait antérieurement à l’époque de Boytaca, il serait évident que l’architecte aurait pris le nom du lieu de sa naissance. Son nom est écrit par corruption de différentes manières, mais la véritable est Boytaca, puisque c’est ainsi qu’il signait lui-même son nom.
«Il fut architecte du couvent de Jésus de Sétubal, fondé par Justa Rodrigues, nourrice du roi Emmanuel. La première pierre de ce couvent fut posée en 1490.
«Le roi Jean II, accompagné de la reine Dona Léonor, vint plus tard à Sétubal, et fit réformer par maître Boytaca le plan de l’église qu’il voulait plus large. On fit dans ce but un modèle en bois d’après le dessin de Boytaca. Après avoir dîné, le roi alla avec l’architecte mesurer le terrain pour le cloître. Au décès de Jean II le maître-autel était terminé ; le reste de l’église fut continué au temps de D. Emmanuel, sous la direction de ce même Boytaca et sur les instances de la nourrice du roi. La sacristie supérieure et la salle du chapitre furent exécutées sous Philippe Ier. En 1498, le roi Emmanuel lui accorda une pension de 8,000 reis, dont il devait jouir seulement à partir du jour où il se marierait. Cette pension était une récompense des services qu’il avait déjà rendus dans son art, et nommément des travaux du couvent de Jésus à Sétubal.
«Il séjourna à Arzilla, place où commandait le comte de Borba, qui, attendu les services militaires que Boytaca y rendit, le fit chevalier. Cette promotion fut confirmée par D. Emmanuel en 1511. En 1514 il passa une seconde fois à cette place comme architecte, ainsi qu’à Alcacer, Tanger et Ceuta, pour y faire le mesurage des travaux dont il avait été chargé.
«En 1515, le roi Emmanuel lui accorda également pour ses bons services une pension de 12,000 reis.
«Les documents où nous puisons ces faits se trouvent aux archives royales. En voici un:
«D. Emmanuel, à tous ceux qui verront la présente Charte, nous faisons savoir que considérant les services que Botaca, maître des travaux de pierre, nous a rendus en son art, ainsi que dans les travaux du couvent de Jésus de Sétubal, couvent que fit bâtir Justa Rodrigues, ma nourrice, qui a intercédé pour lui, et voulant lui faire grâce et merci, nous avons pour bon de lui accorder à partir du 1er janvier prochain 1499, une pension de 8,000 reis par an. Lisbonne, le 25 mars 1498. (Livre de D. Emmanuel, feuille 81.)
«Les autres patentes qui sont indiquées plus haut portent les dates suivantes: Almeirim, le 5 janvier 1511 (livre 3 de D. Emmanuel, fol. 50, v°); et Lisbonne, le 50 avril 1515. (Livre 2 de D. Emmanuel, fol. 44).
«Il se trouve encore aux archives royales un paquet portant le titre de «Recettes et dépenses des travaux du roi à Çafim et à Azamor, paquet n° 11. Il contient un cahier in-4° au titre de «Ce livre est celui des mesurages que Bataca et Bastiaõ Louis, écrivain, allèrent faire à Arzilla, Alcacer, Ceuta et Tanger en 1514.» Il commence ainsi: «Maître Butaca et moi Bastiaõ Louis, nous partîmes de Lisbonne le vendredi 25 mai 1514, nous arrivâmes le vendredi 9 juin de la même année à Alcacer.» — Ce même livre rapporte les mesurages qu’ils exécutèrent dans les susdites places pour les travaux qui devaient s’y exécuter. Chacun de ces mesurages est signé par ledit maître et par l’écrivain.
«Il est parlé, dans le paquet des pensions de l’infant D. Louis (1554), de Jérôme Botaca, qui était serviteur de ce même infant (Paquet 10, feuille 66). Ce Jérôme Botaca était le fils de l’autre.»
«Ce nom doit être écrit Boytaca, puisque c’est ainsi que nous le fait connaître la propre signature de maître Boytaca; mais nous le voyons aussi écrit Boytaqua, Botaca, Botaqua, Boutaca, Boitaca. D’après les uns il aurait été appelé d’Italie par Jean II; d’après les autres il serait Portugais. M. de Varnhagem m’a dit le premier que près de Batalha il y a un endroit qui s’appelle Boutaca. Le nom en effet n’est pas italien. A la page 228 de mes Lettres, vous avez pu voir que d’après les documens des années 1509, 1512,1514 et 1519, il était gentilhomme de la maison du roi, et qu’il était déjà décédé en 1528. Pages 230 et 343, j’ai dit que «dans les archives de la Torre do Tombo, caza da Coroa, armoire 26, se trouve une liasse de papiers roulés , contenant les comptes des dépenses des constructions de Belem, qui prouvent que Botaca était Italien et qu’il était le premier architecte du monastère de Belem.» M. le vicomte de Juromenha, qui a compulsé en ma présence les documens en question, n’a pu découvrir nulle part qu’il fût désigné comme Italien. Ce qu’il y a d’incontestable et ce que l’on peut voir pages 331 et 343 de mes Lettres, c’est qu’il était constructeur de Belem et architecte de Batalha (1499-1519). Le Panorama du 9 décembre 1843 se réfère à ces derniers documens. L’auteur de l’article suppose que Botaca pourrait bien être la corruption du nom Potassi, auquel la tradition attribue les plans et la construction du monastère de Belem. Il ne me paraît pas que l’on puisse admettre cette supposition avant qu’elle soit appuyée de preuves. D’après le document que j’ai cité dans mes Lettres, p. 346, et qui porte la date de 1630, et surtout d’après celui de l’année 1498 cité ci-dessus, il est certain qu’il fut chargé par Jean II en 1492, de la construction du couvent de Jésus à Sétubal. Ce qui me paraît prouver le mieux qu’il n’était pas Italien, c’est que je ne pense pas qu’il existe un nom italien dont la consonne initiale soit suivie de oy-oi, ou, formant la même syllabe, tandis que c’est un des sons les plus caractéristiques de la langue portugaise, par exemple: le nom propre Sousa, et les mots cousa, doudo, boi ou boy.
L’assertion relative à sa nationalité italienne, qui est contenue dans la Chronica Serafica (1753), et même celle qui est renfermée dans le manuscrit de l’Abesse (1630), n’étant appuyée d’aucune preuve ni d’aucune citation contemporaine, ne suffisent pas pour établir cette nationalité. Elles le peuvent d’autant moins que le nom de Boytaca est évidemment portugais, et que plusieurs siècles séparent les dates de ces deux renseignemens, de l’époque à laquelle ils se rapportent; mais ce qu’il est permis d’admettre, c’est que Boytaca a été envoyé en Italie pour y faire ses études, pour s’y perfectionner dans son art, et qu’il en a été rappelé pour être chargé des travaux de Sétubal. Il ne m’est pas non plus démontré qu’il ait été le premier constructeur de Belem, quoique les dates ne s’opposent pas à cette supposition, puisque ce couvent commença à s’élever en 1500. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il a été un des architectes de Belem, et que Jean de Castilho lui a succédé. Voyez JEAN DE CASTILHO.
BRAGA, peintre, vivant à Porto. M. Braga est directeur ad interim de l’Académie de Porto et peintre d’histoire. Il a été à Rome vers l’année 1822. Voyez Lettres, p. 390, et FONSECA (Antoine).
Braga (Antiguidades de), par D. Jeronimo Contador de Argote, voyez PATRIARCHE.
BRAGA (JEAN-JOSEPH), sculpteur de Porto, qui mourut du choléra pendant le siége de cette ville. Il modelait en terre, avec un talent très supérieur, des enfans dans diverses attitudes. Les deux enfans qu’on voit dans la collection de M. Allen sont de lui: l’un est endormi et l’autre vient de se réveiller. (Museo Portuense, n° 10, p. 154. — Patriarche, Liste des artistes, p. 53.)
M. le baron Le Mercier a acheté, en 1845, un enfant modelé en terre et couché sur une espèce de chaise longue ornée d’arabesques, que je serais très tenté d’attribuer à ce même Braga. L’enfant peut avoir 22 centimètres de longueur, et sa couchette 33. Si cet ouvrage de sculpture était en effet de Braga, il me ferait concevoir une opinion très favorable de son talent.
Braga (Memorias Eccles. de), par D. Rodrigo de Cunha, voyez PATRIARCHE.
BRANTÔME (PIERRE DE BOURDEILLES surnommé), auteur, cité par M. le vicomte de Juromenha comme ayant écrit sur le Portugal.
Breviar. Rom. (Horæ diurnæ), voyez PATRIARCHE.
BRAZ, voyez BLAISE.
BRITO (frère BERNARD), auteur des Elogios dos Reis de Portugal, 1603, et da Monarchia Lusitana, 1597 (voyez Lettres, p. 148). Il a aussi écrit une Chronica de Cister qui renferme des renseignemens sur cet ordre et sur beaucoup d’antiquités du Portugal, 1602, et la Geografia antiga da Lusitania, en 8 vol. Alcobaça, 1597. Voyez aussi le jugement que porte sur lui Loureiro (François de Souza) à l’article qui est consacré à ce dernier.
Brito fait mention d’un tableau du temps d’Alphonse IV (1325-1357) qui représentait l’Adoration des mages et qui était au couvent d’Odivellas. On y voyait les portraits du Roi et de son fils D. Pedro. Le même auteur parle d’un portrait de Sanche II (1223-1245). (Lettres, p. 204.)
BROUNE (ISABELLE), peintre.
Elle florissait au dix-huitième siècle et était fille de Duarte Pequerim et d’Elsa Pequerim, et parente d’Isabelle-Maria Rita. Elle était mariée à Pierre Broune, médecin de la ville de Porto, et figure dans le catalogue des Héroïnes comme très distinguée dans la peinture à l’huile et singulière pour les portraits au naturel ( Theatro heroino, tom. 1er, p. 534, et Description de Porto, chap. 10, p. 370). Elle vivait encore vers 1740 à Porto, où l’on estime beaucoup ses ouvrages qui sont d’un goût excellent et que l’on recherche avidement pour les plus riches galeries. ( Taborda, p. 223.)
BRUNO (F. S.), graveur. Dans l’ouvrage intitulé Estrangeiros no Lima (Coïmbre, 1785 et 1791), on voit plusieurs estampes signées F. S. Bruno sc.; F. S. Bruno, gravore, Porto; Bruno Fez, Porto. (Patriarche, Liste des Artistes, p. 15.)
BRUNO-JOSEPH DE VALLE, voyez VALLE (Bruno-Joseph de).
BUONAROTTI (MICHEL-ANGE), architecte, peintre et sculpteur. François de Hollande étant à Rome (1539-1549) s’exprime en ces termes sur la voûte de la chapelle Sixtine, qui, à l’époque où il en parle, n’était pas achevée: «Dans cette voûte, quoique Michel-Ange n’ait fait que cet ouvrage et l’ait commencé dans sa jeunesse, on trouve l’ouvrage de vingt peintres réunis.» ( Lettres, p. 22.)
BUTRON, auteur de l’ouvrage intitulé Discursos apologeticos, etc., voyez SALVA (Vincent).
C
Table des matières
C. C. Règle de S. Benoît (Regra de S. Bento) 1633. Ouvrage sur le frontispice duquel on voit gravé un S. Benoît, avec un ange qui lui présente une mitre. Cette estampe porte la marque C. C. (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
CABRAL (ANTOINE-JACINTHE-XAVIER), voyez FONSECA (Antoine-Emmanuel da). Il a été maître de dessin au collége de Santo-Antonio do Recife, capitale de la province de Pernambuco, et a écrit un ouvrage intitulé : Explicaçaõ do quadro alegorico da regeneraçaõ da Monarquia Portugueza (Lisbonne, 1822). Cet artiste vit maintenant à Rome, où il fait le commerce des tableaux. (Communication de M. Santos, graveur.)
CACEGAS (frère LOUIS), auteur des manuscrits qui ont servi à l’Histoire de l’ordre de S. Dominique, par frère Louis de Sousa. Il a vécu à la fin du seizième et au commencement du dix-septième siècle. (Voyez Lettres, p. 84, 336.)
CACERES (JEAN), sculpteur, demeurant à Funchal. Maître tailleur de pierre des travaux royaux de l’île de Madère. Patente de 1513. (Livre 42 du roi Emmanuel, fol. 66. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
CADAVAL (As ultimas acçoēs do Duque de), par le duc de Cadaval D. Jayme, son fils. Voyez PATRIARCHE.
CADÉS, peintre. Ce nom se trouve écrit au bas d’un bon tableau provenant du palais de Ramalhaõ que j’ai vu en 1844, au palais de Bemposta, à Lisbonne. Il représente Jean Ribeiro Valença, prêchant aux Gentils. Je suppose que ce CADÉS est le même que JOSEPH CADÉS dont parle Nagler, et qu’il dit avoir été peintre romain, né de parens français. Il est mort, suivant ce même auteur, en 1801, n’ayant pas encore atteint l’âge de 50 ans. (Voyez Lettres, p. 270.)
CAETANO, voyez GAÉTAN.
CALDEIRA (ÉDOUARD), calligraphe, a copié un manuscrit portugais portant la date de 1612, et intitulé Genealogia universal da nobilissima Caza de Sandoval, qui se trouve à la Bibliothèque royale de Paris. On croit aussi qu’il est auteur des belles miniatures dont est orné ce magnifique volume; peut-être aussi en a-t-il seulement copié le texte. La couverture en vermeil de ce volume est à elle seule, de l’avis de M. Ferdinand Denis, un chef-d’œuvre d’orfévrerie qui fait honneur aux artistes de Lisbonne. (Lettres, p. 207.)
CALISTO (BARTHÉLEMY-ANTOINE), peintre. Il a appris à peindre sous Rocha, a travaillé à Ajuda et est mort en 1821. C’est un de ceux qui allèrent à Rome pour s’y perfectionner, et celui qui retira de ce voyage le moins de profit. Il fut aussi un de ceux qui, à Ajuda, ont contribué le plus à compromettre le Portugal sous le rapport de la peinture de cette époque, qui, du reste, en Allemagne, n’était pas plus glorieuse. (Cyrillo, p. 144).
CALVART (DENIS), Flamand, peintre. Suivant Guarienti, il est mort en 1619. Cet auteur a vu de Calvart, à Lisbonne, un tableau très beau, fait à l’imitation de Raphaël. (Voyez Lettres, p. 321.)
CAM GASPARD voyez CAÔ et LOPES (Grégoire).
CAMARA (GEORGE DA), prêtre, réputé artiste et poète qu’on appelait le Martial portugais, mourut en 1649. Il est cité par Barbosa, Souza, et Augustin da Costa. (Taborda, p. 195.)
CAMPANA OU CAMPAGNA ou CAMPANNA. (PIERRE), peintre, d’après Guarienti originaire de Bruxelles, vécut à Rome et fut ensuite invité par Charles V à passer en Espagne. Le Portugal possède, d’après le même auteur, des ouvrages de ce peintre; mais je n’y ai jamais rien vu qui ressemblât aux tableaux de ce maître. Il mourut dans sa patrie en 1570, suivant Bermudez, en 1580 suivant d’autres. (Voyez Lettres, p. 512, 527, 508,515.)
CAMPELLO, d’après Cyrillo (ANTOINE), d’après Taborda (EMMANUEL), peintre d’histoire portugais, florissait au temps de Jean III, vers 1540. Il a étudié à Rome.
Cyrillo, en s’appuyant sur Félix da Costa Meesen, lui attribue le Portement de la Croix qu’on voit à Belem au-dessus de l’escalier, et qui a été restauré à plusieurs reprises et très mal. Ce même auteur suppose que le Couronnement d’épines , et la Résurrection qui se trouvent dans le même monastère pourraient bien être de Campello. D’après Meesen, Campello aurait été un Seguace de Michel-Ange. (Cyrillo, p. 56 et 57.)
D’après Taborda, p. 167, et le Patriarche, Liste des artistes, p. 43, le nom de baptême de ce peintre serait Emmanuel.
Loureiro (directeur de l’Académie), dit de lui qu’il a étudié à Rome, de même que Gomes, Diaz et Vanegas. Voyez Lettres, p. 169, 240, 287, 317, et autres indiquées dans la table alphabétique de mes lettres.
Guarienti lui consacre un article. (Voyez Lettres, p. 317.)
CAMPELLO (BENOIT DE SOUZA), peintre de fleurs, voyez BERNARDES (Joseph).
CAMPELLO (EMMANUEL), voyez CAMPELLO (Antoine).
CAMPO(JOSEPH-JOACHIM DE), sculpteur en bois. Il m’a été indiqué par le professeur François d’Assis Rodrigues. Il vivait à la fin du dix-huitième siècle.
CAMPOS DIAS (Jean DOMINGUES de), voyez DOMINGUES (Jean) et Joseph (Jean).
CAMPOS (EMMANUEL DE), auteur de l’ouvrage Elementos de Geometria de Euclides, voyez PATRIARCHE.
CANDIDO (DOMINIQUE-ANTOINE), graveur. Voyez SANTOS (Simon-François dos).
CANEVARI (ANTOINE), architecte romain, fut chargé par Jean V, vers 1717, de faire le plan des constructions de Mafra; mais le projet qu’il fournit ne fut point exécuté. Il a bâti, à Lisbonne, la tour de l’horloge et a fini ses jours dans le royaume de Naples. (Cyrillo, p. 180). Voyez aussi LUDOVICE (Frédéric).
CANGALHAS (FRANÇOIS-ANTOINE FERREIRA), architecte, voyez MARDEL.
CANOVA. Dans l’église de Lorete, on voit deux anges qui sont attribués à ce sculpteur, quand il était fort jeune. (Communication de M. le professeur François d’Assis Rodrigues, qui tient ces renseignemens de son père, et celui-ci, d’un des fils de Ludovice, l’architecte de Mafra.)
CAÕ ou CAM (GASPARD), peintre. Taborda nous apprend qu’il devint peintre de Jean III, en 1539, à la place de Alvaro Pires. Sa patente se trouve dans les archives royales, (Chancellerie de Jean III, livre 26, fol. 31). Suivant Cyrillo, p. 59, il était fils de Pires, auquel il succédait. (Voyez Lettres, p. 192 et 248).
CARÇA (JACQUES DE), au temps de Jean III, vers l’an 1551. Dans mes Lettres, p. 215, il n’est pas positivement désigné comme artiste; mais M. le vicomte de Juromenha a découvert plus tard dans des documens du couvent du Carme, un reçu de 1554 qui prouve qu’il a construit le chœur de cette église. Dans ce reçu, il est appelé Escudeiro fidalgo da Caza d’el Rei; maître des œuvres de Marcaria du roi, (sculpteur), et habitant de Lisbonne. Ce Diogo de Carça est le même que le Patriarche appelle Diogo da Carta. Voyez CARTA (Jacques de).
CARDENAS (BARTHÉLEMY DE), peintre, élève d’Alphonse Sanches Coelho. Tous ses ouvrages sont en Espagne. Il mourut à Madrid en 1606, âgé de 59 ans. Il était Portugais et artiste très distingué. Palomino prétend que Cardenas était d’origine espagnole, mais né en Portugal. (Cyrillo, p. 70.) Bermudez lui consacre un article et cite ses ouvrages.
CARDINI (JEAN), graveur. Dans la collection des portraits des grands hommes de la nation portugaise, on voit celui d’Alphonse Henriques, signé Joaõ Cardini, sculp. em Lisboa. (Patriarche, Liste des artistes, p. 18.)
CARDOSO (père), auteur du Dictionnaire géographique, voyez GRAN-VASCO. (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
CARDOSO OU CARDOZO (EMMANUEL), sculpteur, auquel est attribué l’encadrement (peut-être a-t-on voulu dire les ornemens de sculpture) qu’on voit dans la chapelle de Sainte-Rita, à l’église de Saint-Augustin de Santarem. Ce renseignement est tiré de l’Histoire de Santarem edificada. (Voyez Lettres, p. 249).
CARDOSO (GEORGE), auteur de l’Agiologio Lusitano cité par le Patriarche, Liste des artistes, p. 12, article Nicolao Francez, et par M. Ferdinand Denis, dans l’Univers, 1633e livraison, p. 387, 391.
CARDOTE (Dona Ignacia PIMENTA), voyez PIMENTA CARDOTE.
CARLOS (frei), peintre et moine, vivait et travaillait en Portugal vers 1535, comme le prouve un tableau portant cette date et sa signature. D’après Taborda, il appartenait à l’ordre de S. Jérôme et prononça ses vœux en 1517; il était Flamand de nation. (Voyez Lettre 7e).
M. Roquemont, qui a possédé un tableau signé de frei Carlos, trouve que ce tableau avait une grande analogie avec le Calvaire de Vasco Fernandez dont je lui ai fait voir la gravure.
Taborda indique comme étant de Frei Carlos les ouvrages suivans: «Dans la sacristie du monastère de Santa-Marinha da Costa la Mise au tombeau; dans la chapelle de Saint-Eustache du monastère d’Espinheiro, fondé par Marie de Castro, divers ouvrages de cet insigne moine; dans la sacristie (je suppose de la même église), une Annonciation d’un grand mérite; dans le réfectoire, entre les deux grandes fenêtres, un tableau avec les figures de Notre-Dame-d’Espinheiro, de saint Jérôme et de saint Augustin. Mais par-dessus tous ses tableaux, celui qui est le plus merveilleux, est celui qui représente la CRÈCHE. On le voit au-dessus de l’autel, dans la maison appelée anciennement A CASA DOS FERROS.» A Belem on voit de lui la Vierge et l’enfant Jésus avec sainte Marie-Madeleine et saint Jérôme en habit de cardinal. Ce tableau se trouve au-dessus de l’hôtel de la casa dos Reis, mais il est malheureusement retouché de manière à ne plus faire honneur à son auteur. Un autre tableau de lui qu’on voit également à Belem et qui à l’époque où Taborda a publié son livre (1815), était mieux conservé que l’autre, est celui de la chapelle du dortoir. Il a été transporté d’Espinheiro par frère Antoine de Campos» (Taborda, p. 157). Voyez Lettres, p. 127, et d’autres passages de cet ouvrage qui se trouvent indiqués dans la table alphabétique).
CARNIOLE (JEAN DELLE). Suivant Guarienti, il était graveur sur pierre. Cet auteur a vu de lui un bel ouvrage en Portugal. (Voyez Lettres, p. 324).
CARNEIRO DA SILVA (JOACHIM), graveur.
Nous avons déjà dit ailleurs qu’après la mort du roi Sébastien les arts tombèrent en décadence. Ce fut seulement après la paix d’Utrecht, en 1715, que D. Jean V put songer à les ranimer et à protéger les sciences. En 1720 il créa l’Académie royale d’histoire; en 1722 il fonda à Sétubal celle de géométrie. Ces institutions ayant besoin de graveurs, quelques étrangers furent appelés en Portugal par l’intermédiaire de D. Jean da Silva, comte de Tarouca, ambassadeur à la Haye. Gabriel-François-Louis Debrié était Français; il fit beaucoup de planches pour l’histoire généalogique et grava en 1739 les portraits du roi et de la reine, que Rang avait peints. Il eut un fils, né à Lisbonne, qui exerça comme lui la profession de graveur.
François Harrewyn, de Bruxelles, grava les portraits de D. Jean IV, de D. Alphonse VI, de D. Pedro II, et de D. Jean V: ces figures sont de grandeur naturelle.
Alexandre de Gusmaõ̃ de la compagnie de Jésus, au Brésil, grava d’une manière satisfaisante une Nativité.
François Vieira et Quilhard firent aussi des planches assez nombreuses. C’est à ce dernier qu’on doit la gravure d’un vaisseau lancé à la mer en 1727. Jean V entouré de beaucoup de monde y est représenté sur le pont, et c’est à ce prince qu’est dédiée cette gravure. Elle est exécutée dans la manière de Leclerc. Quilhard fit encore une autre planche d’une riche composition, représentant la marche funèbre du duc de Cadaval.
Rochefort et Michel le Boiteux , travaillèrent également pour le Portugal. Le premier grava le baptême de D. Jean V, et le second la façade de Mafra. Cette estampe a 4 palmes, et a été faite en 1752.
Quelques Portugais se consacrèrent aussi à la gravure: Rocha père et fils, Padraõ̃ et Jean Silverio Carpinetti, son élève, qui grava les portraits de D. Joseph I, et de la reine D. Maria-Victoire; Jérôme de Barros Ferreira; le chevalier Faria, grand dessinateur à la plume, qui grava à l’eau-forte un beau Saint Antoine prêchant aux poissons; François Vieira Portuense; Joseph Lucio, et beaucoup d’autres.
En 1769 s’ouvrit à Lisbonne une école de gravure, attachée à l’Imprimerie royale, sous la direction de Joachim Carneiro da Silva, qui est né à Porto en 1727. C’était un véritable artiste. Il alla à Rio-Janeiro à l’âge de 12 ans et y apprit le dessin chez Jean Gomes, natif de Lisbonne et graveur de l’hôtel de la Monnaie. Il aimait la musique, jouait de la flûte et fréquentait constamment les concerts avec Jean Henri de Souza, qui devint plus tard trésorier général. Après 17 années de séjour au Brésil, il revint à Lisbonne en 1756. L’année suivante il se rendit à Rome et suivit l’école de dessin de Louis Sterni qui était un bon peintre. En 1760, D. François d’Almeida ordonna au nom du Roi à tous les Portugais de sortir de Rome, et Carneiro da Silva se transporta à Florence où il continua ses études, dédaignant un emploi à la Monnaie qui lui était offert par le marquis de Pombal.
Dès son entrée à l’Imprimerie royale, comme nous l’avons dit, il lui fut alloué 400,000 réis d’honoraires et une gratification de 100,000 pour chaque élève qu’il aurait formé. Il eut pour élèves Antoine Sisenande, qui fut atteint de folie à Rome; Ventura da Silva, son neveu; Gaspar Froes Machado; Eleuterio-Emmanuel de Barros; Nicolas-Joseph-Baptiste Cordeiro, qui s’appliqua ensuite à la peinture et mourut encore jeune d’une maladie de poitrine; Joachim-Joseph Ramalho, mort jeune en 1795, et qui était également peintre; Joseph Galdino de Mattos, qui commençait à se faire connaître, quand, dans un accès de jalousie, il se suicida à l’aide d’un burin; et Emmanuel da Silva Godinho, qui grava beaucoup d’images de dévotion.
Quand Ponzoni, maître de dessin au collége des nobles, se retira de ce poste, il y fut remplacé par Joachim Carneiro. Ce fut ce dernier qui rédigea les statuts pour l’école royale de dessin, où Joachim Manuel da Rocha enseignait le dessin du corps humain, et où Joseph da Costa était professeur d’architecture. Joachim Carneiro suppléa Rocha et reçut 200,000 réis d’honoraires. Rocha étant décédé, Eleuterio-Emmanuel de Barros le remplaça jusqu’en 1811, époque où sa santé s’étant affaiblie, il eut pour suppléant Faustin-Joseph Rodrigues. La place de Joseph da Costa fut occupée par son élève Germano.
Joachim Carneiro, dès son arrivée, vers 1762, grava un Saint Joseph portant l’enfant Jésus dans ses bras. En 1767, il grava Notre-Dame du Rosaire dans le genre de Maratti. En 1675, il grava la statue équestre sur une planche de trois palmes. Il fit encore un grand nombre d’autres ouvrages, soit avant, soit après cette époque. Il a dessiné les estampes de l’ouvrage écrit sur l’équitation, par Manuel Carlos de Carvalho; ces planches sont au nombre de plus de 70. Il en a gravé plusieurs à Lisbonne, et se rendit à Madrid pour y faire graver les autres. Après avoir terminé ce travail, il revint à Lisbonne. On doit encore à ce laborieux artiste, le portrait du prince D. Joseph, et quelques estampes copiées des ouvrages de la princesse Benedicta, et de l’Infante Dona Marianne. Avant son départ pour Madrid, il s’était démis de son poste à l’École de gravure, qui bientôt après cessa d’être occupé.
Il a traduit plusieurs ouvrages français: Élémens de géométrie par M. Clairaut, Lisbonne, 1772; le Traité théorique des caractères typographiques, 1802; le Jour, la Nuit et le Crépuscule, manuscrit; et quelques autres. Enfin, il a fait de nombreux et beaux dessins, au crayon, à la plume, à l’encre de Chine et à la sépia. La collection de Borba renferme de lui, l’Acclamation de D. Maria 1 (5 palmes) et celle de Pilar, représentant l’ambassade de Pologne près de Sa Sainteté. Il est mort en 1818, âgé de 91 ans. Ses cendres reposent au couvent des Carmes. (Cyrillo, p. 281).
Le Patriarche, Liste des artistes, p. 17, indique Joachim Carneiro da Silva, comme l’auteur des gravures qui se trouvent dans le Breviar. Rom.
J. Carneiro a fait à ses frais le voyage de Paris, pour se perfectionner dans son art. Il a été professeur de gravure à l’Imprimerie royale et à l’établissement littéraire de l’Arco do Cego. La gravure du monument du roi Joseph est de lui. (Communication de M. Santos, graveur de l’Académie.)
CAROBENE, peintre d’arabesques et d’émaux, voyez GERALDES (Alexandre).
CARPINETTI (JEAN-SILVERIO), graveur, voyez PADRAÕ̃.
«Dans la Recreaçaõ̃ Philosophica, du père Théodore de Almeida (1757), on voit plusieurs estampes signées, carp. sculp. Lisboa. La belle estampe qui représente le marquis de Pombal, porte les inscriptions suivantes: Dignum laude virum musa vetat mori, et Parodi vultum expressit. Carpinetti Lusitanus delineavit et sculp. 1759. (Patriarche, Liste des artistes, p. 15.)
CARTA (JACQUES DE), sculpteur. Les chaires du chœur, dans la chapelle principale de l’église du Carme, à Lisbonne, sculptées en relief avec une grande variété de belles figures et de sujets rendus avec vérité, ont été commandées, en 1548, au plus insigne maître qu’il y eût dans le royaume, nommé Diogo de Carta. (Chronique du Carme, par frère Joseph Pereira de S. Anna, t. 1, p. 578, et Mémoires de frère Emmanuel de Sá, p. 390. — Patriarche, Liste des artistes p. 10.)
Cet article s’applique aussi à Carça (Jacques de), et c’est peut-être par erreur que le Patriarche l’a appelé Carta. Voyez CARÇA (Jacques de). Il est possible aussi que ce soit cette dernière manière d’écrire ce nom qui n’est pas exacte.
CARVALHO DA COSTA (ANTOINE), voyez COSTA (A. C. da).
CARVALHO (DOMINIQUE) PEREIRA, peintre, établi à Porto. Il avait été à Rome en même temps que Fonseca (Antoine-Emmanuel). Il a restauré le tableau de la Fontaine de la miséricorde à Porto. Voyez Miséricorde, le passage intitulé Anacéphaléose.
CARVALHO (EUGÈNE DOS SANTOS de), voyez SANTOS (Eugène dos) DE CARVALHO.
CARVALHO (GASPAR), peintre à la détrempe, doreur, faisait aussi des reliefs en or bruni, au temps des rois Sébastien et Philippe 1er. Il était roi d’armes et mourut en 1596, année où lui succéda Antoine Barros. (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
CARVALHO (JOSEPH MONTEIRO DE), voyez MONTEIRO DE CARVALHO (Joseph).
CARVALHO (JOSEPH) ROSA, peintre de décors et de fleurs, voyez FÉLICIEN NARCISSE.
CARVALHO E NEGREIROS (JOSEPH-EMMANUEL DE), fils de l’architecte Eugène dos Santos de Carvalho, naquit en 1751, et mourut en 1815.
En 1804, il obtint la patente d’architecte des palais royaux et du couvent de Batalha (Chancellerie de Marie I, liv. 74, f. 298. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
Il ne faut pas le confondre avec Emmanuel da Costa Negreiros, architecte, qui mourut en 1750, et dont le frère s’appelait Joseph.
CARVALHO (ONUFRE ou INOFRE DE), architecte. Diogo do Couto, Déc. 7, année 1559, liv. 7, chap. 10, p. 135, parle de ce grand architecte portugais, que le roi Sébastien a envoyé pour rétablir les fortifications d’Ormuz. Dans ce même ouvrage, il est question d’une machine de guerre en bois, que ce même architecte fit construire. (Patriarche, Liste des artistes, p. 3.)
CARVALHO (VALENTIN DOS SANTOS E), voyez SANTOS E CARVALHO (Valentin dos).
CARVALHO (PIERRE DE), «architecte, que l’abbesse du couvent de Madre de Deos de Lisbonne, demanda à la reine Catherine, pour continuer les travaux dudit couvent (1551).» (Corp. chron., partie Ire, paquet 87, doc. 37. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
CASTANHEDA, auteur du liv. int. Historia da India, cité par le Patriarche, dans sa Liste des artistes, p. 6, article Thomas Fernandes.
CASTELLO (DO), voyez ABREU (Jean Nunes de).
CASTILHO (ANTOINE DE), voyez CASTILHO (Jean de). Il paraîtrait, d’après l’article consacré à ce dernier, que le premier était architecte.
CASTILHO (JACQUES DE), architecte. On trouve aux archives royales, plusieurs pièces qui se rapportent à cet artiste; ce sont: Une patente de maître des travaux du palais de Coïmbre, datée d’Evora, 1524.
Un ordre du Roi, adressé à Nicolas Leitaõ, de prélever sur les revenus du monastère de Sainte-Croix, et de payer à Castilho et a maître Nicolas, cent cruzades d’or, pour prix des statues qui manquaient à la porte de l’église du même monastère. Ladite somme, jointe à ce qu’ils avaient déjà reçu, devait compléter ce dont on était convenu pour la construction dudit frontispice» (Lettres missives, paquet Ier, no 395.) Ce Jacques de Castilho était frère de Jean de Castilho. Il reçut la patente de maître des travaux du palais de Coïmbre, après la mort de Marc Pires, et il obtint les mêmes conditions qui avaient été accordées à son prédécesseur. (Coïmbre, 1527, livre 14 de Jean III, fol. 70 et livre 37, fol. 22.)
Une patente de bourgeois de Porto, et maître des travaux royaux de Coïmbre (Coïmbre 1527, livre de Jean III, fol. 12.)
En qualité de maître des travaux du palais de Coïmbre, il reçut, en 1526, une permission d’aller à dos de mulet (Livre 12 de Jean III, fol. 117. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
CASTILHO (JEAN), architecte, naquit à la fin du règne de Jean II (vers 1490). Il était gentilhomme de la maison du Roi (fidalgo da casa real).
En 1519, il fut chargé par le roi Emmanuel, des constructions de la sacristie et de la bibliothèque du couvent d’Alcobaça. Dans l’ordonnance qui lui confère ces travaux, il est déjà nommé maître des constructions du Roi. (Archives royales, Corpo chronologico, partie 1re, paquet 24, documens 4 et 101.)
Par alvara du 23 sept. 1522, Jean III accorde à Jean de Castilho, maître des constructions de Belem, mille cruzades à compte de l’accord nouvellement conclu avec lui, pour la construction des voûtes et colonnes de la nef. (Corpo chron. partie 1re, paquet 28, doc. 90.)
Par alvara du 4 juin 1528, il fut nommé maître des travaux de Batalha, après la mort de maître Mathieu, et aux mêmes conditions qui avaient été accordées à celui-ci. (Livre 14 de la Chancellerie de Jean III, fol. 138.)
Dans le livre 34 de la Chancellerie de Jean III, fol. 2, existe une quittance donnée à Jean de Castilho, pour tous les travaux qu’il a exécutés sous les deux règnes d’Emmanuel et de Jean III, jusqu’en 1541, savoir: dans le monastère de Belem; dans les palais du bord de l’eau: balcons de la salle, escalier, chapelle et chambres de la reine Catherine; chapelle du monastère de saint François à Lisbonne; fondemens de la chapelle du magasin; un balcon à Santos et divers autres moindres travaux; puis le portail, les fenêtres, la balustrade du puits, les réparations du jardin, les ouvrages de l’infirmerie des pestiférés; les constructions en pierre qu’on fit faire dans l’arsenal, pour mettre à sec les vaisseaux des Indes; les ouvrages qu’il a exécutés à Thomar: le chœur, la salle capitulaire, le grand arc de l’église, le portail de l’entrée principale, et les appartemens de la Reine; les moindres travaux qu’il fit aux usines de cette même ville, ainsi que tous les ouvrages qu’il fit dans les monastères d’Alcobaça et de Batalha, etc.
Il a fait en outre le bastion de Mazagaõ, ouvrage qui, d’après ce qu’il dit lui-même dans une lettre adressée au Roi, est un des plus forts et des plus beaux qu’il y ait en Espagne, et qui, dans l’état où il se trouvait, pouvait résister non-seulement au Chérif, mais même au Turc, quelle que fût sa puissance. Il fit ce travail en 1542. (Corpo chron., partie Ire, paquet 71, document 52.)
Il existe aussi dans les archives royales, une lettre relative aux ouvrages de Thomar, de l’an 1551, ainsi que différens titres de pensions, en argent et en blé, dans la Chancellerie de Jean III et de Sébastien.
Il mourut en 1581, âgé de plus de 80 ans, ainsi que cela se voit dans l’apostille d’un titre de pension de 52,000 réis acheté par Castilho d’André Corço, le 9 mai 1580, et qui fut annulé, à sa mort, le 30 août 1581.
Tout cet article m’a été communiqué par M. le vicomte de Juromenha.
Le Patriarche, dans sa Liste des artistes, consacre un article à Jean Castilho. Il dit que Barbosa Machado, dans sa Bibliothèque lusitanienne, tom. 1, p. 235, l’appelle «le fameux architecte de son temps;» il ajoute que dans la Bibliothèque historique, Antoine de Castilho est désigné comme ayant été son fils.
Il est certain que ce Castilho n’a pu être le premier maître des travaux de Belem, puisque ces constructions ont été commencées le 21 avril de l’année 1500; mais il ne m’est pas démontré que cet honneur appartienne à Boytaca, et il est tout aussi peu prouvé que ce Boytaca ait été Italien, voyez BOYTACA. Il paraît aussi évident que Barbosa Machado se trompe, quand il dit que Castilho était le savant architecte en titre de D. Emmanuel: car ce prince est mort en 1521, et Castilho devait être bien jeune alors. Ces observations se rapportent à ce que je lis dans l’Univers, 1366me livraison, p. 309. Pour moi, il m’est prouvé que Boutaca était architecte de Belem, avant Castilho, mais non qu’il en a été le premier architecte; cependant les dates ne rendent pas cette supposition impossible.
CASTILHO (JÉRÔME DE), architecte. «Il est nommé dans un ordre du Roi, relatif à la forme du bastion de Mazagaõ.» (Corp. chron., partie 1re, paquet 72, doc. 68.)
Il était fils de Jacques de Castilho. Voyez la patente de son père, comme maître des œuvres du palais de Coïmbre. (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
CASTILHO (VALÉRIEN DE FRIAS DE), voyez FRIAS DE CASTILHO. CASTRO (l’abbé). M. l’abbé Castro e Sousa a publié beaucoup d’opuscules qui rendent témoignage du goût qu’il a pour les recherches historiques. Il m’a fourni plusieurs renseignemens relatifs aux arts de ce pays. On les trouve épars dans ce Dictionnaire et dans mes Lettres.
CASTRO (DENIS DE MELLO E), auteur de l’ouvrage intitulé : Historia panegyrica. Voyez PATRIARCHE.
CASTRO (EMMANUEL DE), peintre.
Il était Portugais, élève de Claude Coelho. Il passa en Espagne, en 1698. Après la mort de Barthélemy Peres, il fut nommé peintre de Charles II, en considération de son grand mérite et des nombreux ouvrages qu’il avait faits pour plusieurs églises. Dans le chœur de l’église de la Trinité à Madrid, se trouvent de lui deux grands tableaux, dont l’un représente la sainte Vierge entourée d’une gloire d’anges chantant en chœur, et l’autre, la Rédemption des captifs, avec Notre-Dame, dans la partie supérieure du tableau. Il est l’auteur du plafond de la chapelle dos Remedios.
Emmanuel de Castro fit aussi deux tableaux pour l’église de Saint-Jean-de-Dieu, et peignit à fresque la voûte de la première chapelle latérale de l’église de Saint-Philippe-Néri. Il faut cependant convenir que ces ouvrages manquent de correction de dessin et qu’il y règne peu de noblesse dans la composition, Ponz, dans le tome V de son Voyage en Espagne, fait une mention spéciale de cet artiste. Taborda, p. 214, avance que Bermudez, dans son Dictionnaire historique, t. Ier, p. 299, a placé Emmanuel de Castro, au nombre des plus illustres professeurs qui ont exercé la peinture en Espagne, et que ce maître est mort à Madrid, en 1712.
Je n’ai pas trouvé dans Bermudez, que cet auteur ait placé Emmanuel de Castro au nombre des plus illustres professeurs qui ont exercé la peinture en Espagne. Il serait plus exact de dire qu’il l’a placé parmi les artistes bons ou mauvais. Bermudez dit que Charles II le nomma son peintre, en considération de son habileté. Taborda substitue à ce mot celui de grand mérite. Au reste, les critiques renfermées dans Bermudez sont fidèlement traduites par Taborda.
Le Patriarche dans sa Liste des artistes, p. 42, en se référant à Ponz dit: Dans l’hôpital d’Antoine Martins, il existe deux grands tableaux signés, Manoel de Castro, Professor portuguez. Les peintures à fresque de la coupole et des lunettes sont du même pinceau. On voit chez les Trinitarios Calçados une sainte Vierge avec des anges, et la Délivrance des prisonniers avec la Vierge dans une gloire, signées de Manoel de Castro portuguez. Le même auteur cite encore d’autres tableaux du même peintre, chez les Mercenarios calçados, et chez les pères de l’Oratoire.
Castro étudia la peinture à Madrid, chez Claude Coelho, peintre célèbre, originaire de Portugal. Charles II d’Espagne, satisfait de plusieurs de ses ouvrages, le nomma son peintre, en remplacement de Barthélemy Peres, décédé en 1698. (Cyrillo, p. 81.) Bermudez l’appelle peintre portugais et disciple de Coelho. Il dit qu’il est mort à Madrid, en 1712.
CASTRO ( frère EMMANUEL-BAPTISTE DE) chroniqueur de l’ordre des moines du monastère de Belem.
CASTRO (JEAN-BAPTISTE), auteur de la Mappa de Portugal, dont il existe une édition de 1763, et du Roteiro, terrestre de Portugal (1767).
CASTRO (JOACHIM MACHADO DE), voyez MACHADO (Joachim) DE CASTRO et GIUSTI.
CASTRO (ISABELLE DE) était fille du premier marquis de Fronteira et comtesse de Açumar. Elle était remplie d’érudition. Elle peignait et écrivait à merveille. Elle mourut en 1724. (Patriarche, Liste des artistes, p. 41.)
CASTRO (PALOMINO DE), auteur du Museo pictorico, voyez PALOMINO DE CASTRO Y VELASCO.
CASTRO (SALLAZAR), écrivain espagnol, voyez Lettre 7.
CATALDUS SICULUS» Poésies latines et épîtres, Lisbonne, 1500. M. Ferd. Denis croit que cet ouvrage est le premier monument de la typographie portugaise imprimé à Lisbonne, avec date. (Lettres, p. 524.)
CATHERINE VIEIRA, peintre, voyez VIEIRA DE MATTOS.
CATHERINE (frère LUC DE SAINTE-), auteur des Mémoires de Malte, voyez Malta (Memorias de).
CAUDERAS (BARTHÉLEMY), selon Guarienti, peintre portugais, mais d’origine espagnole. Il mourut en 1606, âgé de 59 ans. Guarienti cite de lui des tableaux qui se trouvaient en Espagne (voyez Lettres, p. 316). Il me paraît évident que ce Cauderas n’est autre que Cardenas, qui se trouve également cité par Nagler. Cardenas est né en Portugal; mais il a passé sa vie en Espagne et y est mort. Voyez CARDENAS.
CAZAES, voyez CAZAL.
CAZAL ou CAZAES (VASCO-FERNANDES DE), nom que plusieurs écrivains ont prétendu être celui du peintre connu sous le nom de Gran-Vasco; mais cette opinion a été détruite par les recherches qui ont eu lieu récemment sur cet artiste célèbre. Voyez Lettres, p. 175 et suivantes; 183 et suivantes, et aussi, dans ce Dictionnaire, les articles Gran-Vasco et Vasco Fernandes.
CAZAL (frère GASPAR DE), auteur de Historia de Santarem. Il était évêque de Funchal (1551-1557), membre du conseil de Jean III, confesseur de ce prince et de son fils D. Jean; il mourut évêque de Coïmbre en 1585. Il avait aussi été évêque de Leiria (1577), et il est le fondateur de la cathédrale de cette ville.
CAZALI (JEAN-VINCENT), architecte florentin, sculpteur et peintre, mourut en 1593, âgé de 54 ans. Il fut appelé par Philippe II pour rétablir diverses forteresses. (Dictionnaire d’architecture, par C. F. Roland le Virloys, Paris, 1770. — Patriarche, Liste des artistes, p. 4.)
CENACULO VILLAS BOAS (Dom frère EMMANUEL DO), auteur. L’archevêque d’Evora D. Frei Manoel do Cenaculo Villas Boas, mort en 1815, a laissé après lui une haute réputation de vertu et d’érudition. On conserve à la bibliothèque d’Evora de nombreux manuscrits de cet auteur. Il a publié une Histoire littéraire de son ordre (de S. Francisco da terceira ordem) et beaucoup de lettres pastorales. La plus renommée est celle qui porte le titre de: Cuidados litterarios do prelado de Beja. Il est aussi auteur des Mémoires historiques de l’utilité de la chaire, Ministerio do pulpito, Lisbonne, 1776 (voyez Lettres, p. 138). Il avait été évêque de Beja, avant d’occuper le siège archiépiscopal d’Evora; il n’a obtenu cette dernière dignité qu’à l’âge de 80 ans, et l’a gardée pendant dix ans. Parmi ses manuscrits, le plus intéressant et en même temps le moins connu est la Vie de Santo Sisenando, martyre de Beja. Dans cet écrit il a introduit des renseignemens précieux sur les antiquités celtiques et phéniciennes du Portugal.
Cenaculo dit dans ses Mémoires historiques, de l’utilité du Ministerio do pulpito, appendice, § 4, article Peinture, p. 134: «Je ne saurais décrire le caractère de la peinture dans ce siècle, non-seulement parce que c’est une chose étrangère à ma profession, mais aussi parce que vraiment nos auteurs ont été peu soigneux de nous transmettre ces détails.» Voyez Lettres, p. 148, et d’autres passages qui se trouvent consignés dans la table alphabétique de ces mêmes Lettres.
Ces renseignemens m’ont été fournis par M. Rivara, bibliothécaire d’Evora, qui accorde un soin particulier aux manuscrits de l’archevêque Cenaculo et en a fait l’objet de ses investigations.
CENTURION, l’auteur des quatre tableaux de Thomar qui se trouvent à l’Académie, et sur l’un desquels on voit représentée la rencontre du Christ avec le centurion. (Voyez THOMAR. — Voyez aussi Lettres, p. 123.)
Je ne me rappelle plus qui m’a fait observer que Cam ou Caõ pour - rait bien être l’auteur de ces quatre tableaux, fondant cette supposition sur la présence d’un chien qui se voit couché sur le devant d’un de ces tableaux et qui pourrait bien être une marque parlante de l’auteur. L’époque où Cam a vécu et celle à laquelle ces tableaux paraissent appartenir, ne s’opposent pas à cette supposition. Voyez CAM.
Cerco (Successo do segundo) de Diu, ouvrage par Jeronimo Corte-Real, voyez PATRIARCHE.
CERQUEIRA (FRANÇOIS DE PAULE-ARAUJO DE), sculpteur, professeur suppléant de l’Académie de Lisbonne en 1843, âgé alors de 39 ans. Il est fait mention de lui dans mes Lettres, p. 96, 104, 114.
CERVEIBA (PIERRE), architecte, dont l’activité s’est exercée à Porto, au temps d’Alphonse IV (1325-1340).
CÉSAR FAMIN, voyez FAMIN (César).
CESARI (ALEXANDRE), appelé il Greco, graveur sur pierres fines, dont Guarienti a vu divers ouvrages à Lisbonne (voyez Lettres, p. 314). Nagler le cite avec éloge.
CESARINO (JEAN-HENRI), sculpteur d’ornemens, agrégé à l’Académie de Lisbonne, âgé, en 1843, de 34 ans. (Lettres, p. 115.)
CHAGAS (Philippe das), voyez NUNES (Philippe).
CHANTOFORO (Pierre), voyez GROSSI (Jean).
CHARLES (frère), voyez CARLOS (frei).
CHARLES AMATUCCI, sculpteur, voyez BARROS LABORAÕ (Joachim-Joseph de).
CHARLES (ANTOINE), voyez ANTOINE (Charles) et MARDEL.
CHARLES FONTANA, voyez FONTANA (Charles).
CHARLES DE HOECK ou HOECH, voyez HOECK (Charles de).
CHARLES MARATTI, voyez MARATTI (Charles).
CHARLES MARDEL, voyez MARDEL.
CHARLES-MARIE PONZONI, voyez PONZONI, et COSTA (Joseph da) e SILVA.
CHARLES DE ROCHEFORT, voyez ROCHEFORT (Charles de).
CHARLES DI VOLGAR, voyez VOLGAR (Charles di).
CHATRANEZ (NICOLAS), sculpteur, vivait vers 1534; il est auteur des ornemens de sculpture de l’autel du couvent de Cintra à Pena (voyez Lettres, p. 221). Il paraît que ce Chatranez n’est autre que le sculpteur et l’architecte Nicolas. Voyez NICOLAS, Architecte, et NICOLAS, sculpteur.
CHIAPE (JEAN-ANDRÉ), «peintre, vivait encore à Porto en 1818. Il parait qu’il était disciple de Jean Glamma. Le tableau de la Mère des douleurs qui se trouve au Musée de Tibaẽs est son ouvrage.» (patriarche, Liste des artistes, p. 38.)
Christo (Escripturas da orden de), voyez SECO (Pedro-Alvares).
CHRISTOFORO, voyez CHRISTOPHE.
CHRISTOPHE DE FIGUEIREDO, voyez FIGUEIREDO (Christophe de).
CHRISTOPHE LOPES, voyez LOPES (Christophe).
CHRISTOPHE DE MORAES, voyez MORAES (Christophe).
CHRISTOPHE MORETTO, voyez MORETTO (Christophe).
CHRISTOPHE RODRIGUEZ, voyez RODRIGUEZ (Christophe).
CHRISTOPHE D’UTRECHT, voyez X. V. et UTRECHT (Christophe d’).
CHRISTOVAÕ, voyez CHRISTOPHE.
Chronique du connétable de Portugal Don Nuno Alvaro Pereira principiador (qui a commencé) da caza de Bragança (1554). Ce livre est dédié à D. Teodosio, duque de Bragança. Lisbonne, 1623.
«Le frontispice de cet ouvrage représente un portique avec un écusson renfermant le chiffre du Christ, et sur le revers de cette feuille une gravure en bois donne le portrait du connétable en pied, armé d’une épée.
«Un autre portrait demi-corps se trouve dans le milieu de l’ouvrage avec l’inscription suivante: «Ceci est le portrait au naturel du connétable« lorsqu’il était en religion au Carme de Lisbonne, où il repose.»
«Ces deux gravures doivent être la reproduction des portraits de l’ancien manuscrit, qui, s’il n’est pas contemporain du connétable, doit être au moins, à en juger par le style, contemporain du roi D. Édouard. Les pages 71 et 72 donnent de la manière suivante l’énumération des édifices que D. Nuno Alvaro a fait construire. Il fonda à ses frais différentes églises, savoir: l’église de Sainte-Marie et de Saint-George, à l’endroit où se trouvait la bannière du connétable le jour de la bataille royale ; le monastère du Carme, à Lisbonne; les églises de Sainte-Marie de Villa-Viçosa, de Monsarras, de Portel et de Sourel. Il fit achever l’église de Santa das Martes d’Estremos, commencée par le roi Ferdinand; il fonda la chapelle du monastère de Saint-Augustin de Villa-Viçosa et beaucoup d’autres œuvres méritoires.» (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
Chronique (Chronica geral da Eneida segunda de Marco-Antonio Cocio Sabelico dès o começo do Mundo) (1555), voyez COCIO SABELICO (Marc-Antoine).
CINATI, architecte italien, dessinateur et peintre, âgé à peu près de 35 ans, voyez RAMBOIS et SILVA (J. da).
Cintra pinturesca (1838, Lisbonne). Cet ouvrage a paru sans nom d’auteur; mais je tiens de M. le vicomte de Juromenha lui-même qu’il en est l’auteur.
CLADERA, auteur de l’ouvrage intitulé Investigations historiques sur les principales découvertes des Epagnols, etc., voyez PATRIARCHE.
CLAMA, voyez GLAMA OU GLAMMA.
CLAUDIO COELHO, voyez COELHO (Claudio).
CLÉMENT BILLING, voyez BILLING (Clément).
CLOVIO (JULES), enlumineur italien du seizième siècle, voyez FRANÇOIS DE HOLLANDE, à l’article François de Hollande, artiste. Il était originaire de Croatie. Nagler lui consacre un article. François de Hollande l’appelle Jules de Macédoine.
COCIO SABELICO (MARC ANTOINE), auteur des chroniques intitulées Chronica geral da Eneida segunda des o começo do mundo até o nosso tempo, traduit du latin en portugais par Dona Léonore, fille du marquis de Villa-Real D. Fernando, dédié à la reine Catherine de Portugal, femme de Jean III. Le frontispice de cet ouvrage représente un portique, et sur le revers de la feuille on voit les armes royales. Cet ouvrage a été imprimé à Coïmbre en 1553. (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
Codex Titulorum S. Eccl. Lisbon., par Alexandre de Gusmaõ, voyez PATRIARCHE.
COEGLIO, voyez COELHO.
COELHO (ALPHONSE-SANCHES), peintre. Suivant Palomino, cet artiste était Portugais; suivant Bermudez, il serait né dans le royaume de Valence et serait aussi mort en Espagne. Guarienti l’appelle Alonso-Sanches Coeglio (Lettres, p. 314). Bermudez écrit son nom Coello; chacun adoptant l’orthographe qui, dans son pays, s’accorde le mieux avec la manière dont ce nom doit être prononcé. Coelho était peintre de portraits et d’histoire sous Charles-Quint et sous Philippe II d’Espagne. Bermudez, qui lui consacre un long article, suppose qu’il étudia à Rome. En 1552 il passa en Portugal avec Antoine Moro et il entra au service de Jean III. L’Escurial possède de lui des ouvrages importans qu’il fit dans un âge avancé. Il s’en trouve aussi beaucoup d’autres à Madrid et ailleurs. Je n’en connais pas en Portugal qui lui soient attribués. Guarienti rapporte qu’un tableau de Coelho représentant deux figures seulement, a été payé, en 1735, à Lisbonne, 400 ducats d’or. Il mourut à Madrid, suivant Nagler et Bermudez, en 1590; il était né au commencement du seizième siècle (Voyez BERMUDEZ, à l’article Sanche Coello (Alonso). «Suivant Cyrillo, p. 69, la fille de Coelho, Isabelle, a été peintre de portraits et est morte à Madrid deux ans après son père. Coelho vivait dans l’intimité du Roi, qui l’appelait dans ses lettres le Titien portugais et son fils bien-aimé.» Bermudez cite cette seconde dénomination, mais il ne dit pas que Philippe ait eu coutume de l’appeler Titien portugais. Coelho excellait surtout dans les portraits.
D’après tout cela, il me paraît que cet artiste appartient à l’Espagne, mais qu’il n’est pas étranger au Portugal, tant à cause de son origine présumée qu’à cause de son activité artistique, qu’il a aussi exercée dans ce dernier pays.
COELHO (ANTOINE-JEAN), dernier sculpteur en bois d’Evora. La banquette qu’il a exécutée pour la Chartreuse d’Evora a remplacé celle d’argent qui a été enlevée par les Français en 1807. Cette banquette se trouve maintenant à la cathédrale d’Evora. (Lettres, p. 442.)
COELHO DA SILVEIRA (BENTO), peintre. Guarienti l’appelle Benito Caelio (Lettres, p. 316). Cyrillo, p. 83-86, cite un grand nombre de ses ouvrages faits postérieurement à l’année 1648. Il est mort très-vieux, vers 1708. On m’a assuré qu’il existe de lui quelques tableaux à Evora, entre autres le tableau de la Cène dans la capella mor de l’église Saint-Antoine. Ce dernier tableau, peint en 1697, est authentique, car il est cité dans la vie manuscrite de l’archevêque d’Evora, Dom Frei Louis da Silva, comme ayant été commandé par lui-même. Cette vie a été écrite par un anonyme, contemporain et domestique de l’archevêque. La talha, sculpture en bois de l’autel principal de la même église, est également de 1697. Cette talha est d’une grande richesse. Guarienti dit de Bento Coelho, qu’il fit à lui seul autant de tableaux que tous les peintres portugais réunis. (Voyez Lettre 13.)
Voici le jugement que Cyrillo porte sur cet artiste:
«Ce grand peintre a eu, comme le Tintoret, trois manières: celle d’or, celle d’argent et celle de fer. De la première nous n’avons vu qu’un seul tableau représentant Judith et Holopherne, peint sur cuivre, et qui pourrait rivaliser avec les ouvrages de Van Dyck. A son époque d’argent appartiennent les tableaux de la sacristie de la penha de França, ceux de Saint-Georges, ceux de Madre de Deos, des commanderies de l’Incarnation, de S. Bento, de Francezinhas et autres: ceux-ci sont très-empâtés, montrent de belles teintes qui se conservent vives et fraîches et sont touchées hardiment.» Cyrillo ne cite aucun tableau de la troisième manière. «Son coloris était fort beau; mais comme ce peintre n’était que praticien et ne faisait presque jamais qu’improviser, il n’a pu éviter d’être maniéré et incorrect.
Taborda, p. 216, cite aussi un grand nombre de ses ouvrages.
Les tableaux que j’ai vus de ce peintre sont noirs et d’une touche négligée. On ne peut lui refuser une certaine maestria.
Deux tableaux de la première chapelle, à main droite en entrant, à l’église de Saint-Roch, lui sont attribués et ne sont pas très mauvais; ils représentent Jésus apparaissant à la Vierge et l’Ascension. (Lettres, p. 290.)
Les tableaux représentant la vie de la Vierge dans l’Ermida dos Freis de Deos lui sont attribués par Taborda (Lettres, p. 521). Je les ai trouvés médiocres.
COELHO (CLAUDIO), peintre espagnol, né à Madrid, mais de parens portugais. Suivant Nagler, il était fils de Faustin Coelho, bronzeur portugais qui s’était établi à Madrid. Il fut élève de Ricci, peintre de la cour de Philippe IV d’Espagne, et le grand tableau représentant la Procession des saintes reliques, qui se trouve à l’Escurial, est de lui. Il mourut en Espagne en 1693 (Voyez Lettre 15). Bermudez lui consacre un long article. Il était une des célébrités de son époque, la plus glorieuse pour l’Espagne sous le rapport de la peinture. Taborda, p. 209-214, contient aussi un article sur Claudio Coelho. Après lui est venu Luca Giordano, et l’Espagne n’a pas eu à se louer de l’influence que ce dernier a exercée sur les arts. Enfin Guarienti en a également parlé. (Lettres, p. 318.)
COELHO (EMMANUEL-RODRIGUES), auteur de l’ouvrage intitulé : Flores de musica, voyez PATRIARCHE.
COELHO (ISABELLE), peintre de portraits, fille d’Alphonse-Sanches Coelho, voyez l’article consacré à ce dernier.
COELHO DA ROCHA, voyez ROCHA.
COELLO, voyez COELHO.
Coimbra de 1654 (Estatutos da Universidade de), ouvrage fait par une commission composée de l’évêque-comte D. François de Lemos, recteur et réformateur de l’Université ; de l’évêque d’Evora, frère Emmanuel do Cenaculo, et du docteur Joseph Monteiro da Rocha, sous la présidence du marquis de Pombal. Voyez PATRIARCHE.
COLI (JEAN), suivant Guarienti, peintre italien, contemporain de Filippo Gherardi. Il a travaillé, conjointement avec ce dernier, à un tableau que Guarienti a vu en Portugal. (Voyez Lettres, p. 511 et 322, article Filippo Gherardi, où les mots hanno dipinto se rapportent à ce même Gherardi et à Jean Coli.) Nagler cite un ouvrage de ces deux artistes, signé G. C. F. G., c’est-à-dire Giovanni Coli et Filippo Gherardi.
COLMENAR. (ALVARES DE), un des auteurs qui ont laissé des vues de l’ancien palais des rois de Portugal, renversé par le tremblement de terre de 1755. Cet édifice était situé sur l’emplacement qu’occupe la place du Commerce, appelé communément Terreiro do paço, et par les Anglais Black-horse-square. (Ferdinand Denis, l’Univers, 1366e livraison.)
COMTE (BENJAMIN), graveur, professeur de gravure de l’Académie de Lisbonne en 1843, âgé de près de 80 ans, très habile dans son art. Il a fourni plusieurs ouvrages dignes d’éloges. Je l’ai cité dans mes Lettres, p. 114. C’est un artiste distingué et jouissant de beaucoup de considération. Il est Suisse de naissance. Ses principales gravures, exécutées à Lisbonne, sont: Jupiter et Leda, Adonis, Vue du couvent de Batalha, et Vue de l’aqueduc de Lisbonne. Je connais ces deux dernières gravures, dont la grandeur est à peu près de 65 centimètres sur 49: elles sont remarquablement belles.
CONINGH (SALOMON), peintre d’Amsterdam, suivant Guarienti. Cet auteur a vu à Lisbonne un tableau portant la date de 1640 et la signature de Coningh. (Voyez Lettres, p. 327.)
CONJATI, cité dans des documens des années 1428, 1431 et 1443, comme ayant pris part aux travaux de Batalha, sans désignation de profession. (Lettres, p. 228.)
CONSTANCE VAN UTRECHT, voyez UTRECHT (Constance van).
CONSTANTIN-JOSEPH DOS REIS, voyez REIS (Constantin-Joseph dos).
CONTREIRAS ( frère BENTO) «était un insigne enlumineur dont a fait mention frère Emmanuel de Sa, dans ses Mémoires historiques de la province des Carmes de Portugal, p. 390, n° 573. D’après ces Mémoires, Contreiras aurait enluminé avec le plus grand art les livres de chœur du couvent des Carmes, à Lisbonne. (Voyez Lettres, p. 435.)
CONTUCCI (ANDRÉ), du mont Sansovino, architecte et sculpteur, appelé aussi le Sansovino, fut envoyé par Laurent de Médicis à Jean II, à la demande de ce dernier, et il passa neuf ans en Portugal. Il a exécuté, selon Vasari, beaucoup d’ouvrages de sculpture et d’architecture, et principalement à Lisbonne, un superbe palais, avec quatre tours, et beaucoup d’autres édifices. Il modela aussi en terre, pour être exécutée ensuite en marbre, la bataille que le Roi livra aux Maures. Il est mort dans sa patrie, en 1529, âgé de 68 ans. (Voyez Lettres, p. 208, 315, 344.)
Conversaçoēs sobre a Pintura, Esculptura et Architectura, voyez PATRIARCHE.
COR (O.), graveur. Le Patriarche, Liste des artistes, p. 20, cite plusieurs gravures des années 1745 et 1746, signées de lui; il croit qu’il est un de ces étrangers qui vinrent en Portugal sous Jean V pour relever les arts. C’est probablement Cor Olivarum de Nagler, qui, entre autres portraits, a gravé celui de l’infant D. Antoine de Portugal, en 1746. Ce nom Olivarum, ne serait-il pas une traduction de Oliveira ou Olivier?
CORDEIRO (JEAN), architecte, «maître des travaux du palais de Cintra (1486).» (Liv. 1 de Jean II, f. 19. — Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
CORDEIRO (NICOLAS-JOSEPH-BAPTISTE), graveur, voyez CARNEIRO DA SILVA (Joachim).
Cordel triplicado, etc., voyez PATRIARCHE.
CORNEILLE DE Vos, voyez Vos (Corneille de).
CORNEILLE SCHUD, voyez SCHUD (Corneille).
CORNELIO, voyez Corneille Schud, Corneille de Vos.
CORRÊA (Antoine) BARRETTO, voyez BARRETTO.
CORREA (EMMANUEL), graveur. Une gravure qui fut publiée à l’occasion de la canonisation de sainte Mafalda, en 1792, porte cette signature. (Patriarche, Liste des Artistes, p. 19.)
CORREA (GASPAR), auteur de l’ouvrage intitulé : Lendas (Légendes) das Indias, ouvrage manuscrit, voyez PIRES (François) et PATRIARCHE.
«Je présume, dit M. le vicomte de Juromenha, qu’il a servi quelquefois de secrétaire à Alphonse d’Albuquerque, car son écriture se rencontre dans les mandats de ce vice-roi. Son ouvrage se compose de quatre volumes in-folio; le premier s’est perdu, et le dernier finit au gouvernement de Georges Cabral; il renferme les plans des principales places fortes des Indes, et les portraits des vice-rois, dessinés par lui.
«En parlant de Jean de Castro, il dit: Comme il était désireux de
«faire des choses mémorables qui perpétuassent sa renommée, il a
«trouvé à propos de laisser un monument à la mémoire des gouverneurs
«passés, et il m’a fait appeler, moi Gaspar Correa, qui savais dessiner,
«et qui avais connu tous les gouverneurs anciens administrateurs de
«ces provinces, et m’a chargé de dessiner le portrait de chacun d’eux.
«Je m’en occupai donc, assisté par un homme de cette terre qui avait
«beaucoup de talent naturel. Celui-ci, avec le secours des informations
«que je lui donnais, fit leurs portraits si ressemblans, que quiconque
«les avait vus les reconnaissait aussitôt. Le gouverneur se fit aussi représenter
« au moment de son entrée triomphale. Tous ces portraits
«ont été peints sur bois, séparément, et de grandeur naturelle; les
«gouverneurs y sont représentés armés de cuirasses; quelques-uns
«ont les armures dont ils s’étaient véritablement servis, et par-dessus,
«des vestes noires en soie, à paremens d’or très beaux, avec leurs
«riches épées; au-dessus de leurs têtes on voyait leurs écussons avec
«tout ce qui constitue leurs armes; aux pieds de chacun était écrit son
«nom en lettres d’or, ainsi que l’époque de son gouvernement. Jean
«de Castro mit ces portraits dans les salles de ses maisons qui étaient
«ornées de tentures: cela faisait un très bon effet, aussi tous les ambassadeurs
« et négocians étrangers avaient-ils grand plaisir à les aller
«voir; les Rois eux-mêmes et les seigneurs les envoyaient chercher
«pour les voir réunis. Dans une des salles, le gouverneur avait fai
«placer des armes gigantesques, auxquelles il faisait donner des forme
«horribles pour épouvanter les Maures qui venaient les voir. Le gouverneur
« était admirateur passionné du vice-roi, premier gouverneur
«des Indes, D. François d’Almeida, chef de la maison des Almeida de
«Portugal, homme d’un grand mérite, ainsi qu’il est dit dans cette lé
« gende; aussi fit-il graver en son honneur une inscription de la teneur
« suivante: «Réjouis-toi de ton bonheur, ô grande Lusitanie,
«terre fertile en guerriers; réjouis-toi, Portugal, d’avoir donné le jour
«à D. François d’Almeida, homme illustre qui fit la conquête de ces
«terres, et qui, les armes à la main, les soumit à la suprématie portugaise,
« pour le plus grand honneur du sceptre royal!» (Légende de Jean de Castro, chap. 73.)
«Jean Hugo Linschott, qui partit de Lisbonne en 1584 avec la flotte qui amenait l’archevêque de Goa, D. Vincent de Fonseca, pour le transporter dans son diocèse, assure qu’indépendamment de ces portraits, on voyait aussi représentés en peinture, chez le même gouverneur, tous les vaisseaux, depuis les premiers qui partirent pour les Indes jusqu’à son époque (Joannis Hugonis Landscotani navigatio in Orientem (Francfort, 1628).» (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
CORREA (JÉROME), sculpteur, est appelé insigne sculpteur, dans la Chronique de Saint-Dominique, t. 4, p. 99 et 101. Il y est dit que le retable de la chapelle principale du temple du monastère de Bemfica est son ouvrage.» (Patriarche, Liste des artistes, rubrique Sculpteurs, article GERONIMO CORREA. — Lettres, p. 90.)
CORREA LAGE (Jérôme), voyez LAGE.
CORREA (NICOLAS-JOSEPH), graveur, voyez FIGUEIREDO (Jean de).
«CORREIA DE MACEDO E SÁ ( HONORATO-JOSÉ ), architecte, naquit à Lisbonne, le 22 décembre 1754, et fut admis, à l’âge de neuf ans, dans l’atelier d’architecture de l’Arsenal royal, où son père était employé comme sculpteur et graveur..... Si nous mentionnions toutes les maisons, hôtels et temples dont il a fait les plans, cela nous mènerait trop loin. Nous dirons donc seulement qu’en 1785 il fit le plan général de cette ville, dont les dessins existent à la typographie royale. En 1812 il offrit à la régence du royaume le plan d’un monument à ériger sur la place do Rocio, portant les portraits de Jean VI et de Georges III, roi d’Angleterre. Ce plan fut accepté par le gouvernement. Pendant l’année 1819, il fit le tracé de Santa-Engracia, et en 1821 celui de la fontaine da Cordoaria, que l’on construit actuellement (1821). (Cyrillo, p. 246.)
CORTE (JEAN DE LA), peintre de batailles. Suivant Guarienti, il serait né en Espagne, mais probablement de parens italiens; il vivait dans ce pays vers 1660, et était alors d’un âge fort avancé. Guarienti le croit frère de César de la Corte. J’ai vu de lui à Lisbonne, dans l’hôtel du comte de Atalaia, quelques faibles ouvrages: ce sont cependant les mêmes que Guarienti a cités avec éloge. Je n’ai pu y découvrir aucune analogie entre ce peintre et Tintoretto, dont il doit, suivant Guarienti, avoir étudié les ouvrages. J’ai eu tort de dire (Lettres, p. 278) que ces tableaux représentent des faits de l’histoire de Portugal, assertion qui, du reste, se trouve contredite p. 324. Ces tableaux se rapportent à Charles V, ainsi que l’a dit Guarienti. Suivant Bermudez, il est né à Madrid en 1597, et il a perfectionné son coloris à l’école de Velasquez. Il a traité des sujets mythologiques; mais il excellait surtout dans les batailles, dans les paysages et dans la perspective. Il est père de Gabriel de la Corte. Bermudez ne dit pas qu’il fut frère de César de la Corte (ce que je ne trouve, du reste, ni dans Bermudez, ni dans Nagler), ni élève de Tintoretto; il ne dit pas non plus que ses parens aient été Italiens.
CORTE REAL (JÉRÔME). «Ce célèbre poëte portugais était habile dans l’art de la peinture. Lui-même, dans la dédicace de son poëme: Second siége de Diu, imprimé en 1574, s’exprime ainsi: «J’ai dessiné
« de ma main les combats et tout ce qui se passa lors de ce pénible
« siège, afin que l’invention de la peinture suppléât à la rudesse «des vers.»
«Louis-Alvares Pereira lui donne l’épithète de Apelle victorieux.
«Dans un sonnet de Bernardes, il est dit: a Il reçut sa voix d’Orphée,
« sa lyre d’Apollon, sa plume délicate de l’Amour, sa lance de
«Mars, et son pinceau de la nature.»
«Enfin, Ferreira dit de lui qu’il a vaincu avec ses pinceaux la nature et l’art.» (Patriarche, Liste des artistes, p. 37.)
Après tant d’éloges ridicules, je serais bien disposé à féliciter celui qui en est l’objet de ce que ses dessins ne soient pas connus.
Il en a été question dans mes Lettres, p. 218.
COSTA (ANTOINE CARVALHO DA), auteur de la Corographia portuguesa, voyez ALVARES (Balthasar).
COSTA (ANTOINE DE) E OLIVEIRA, peintre, agrégé à l’Académie, âgé, en 1846, de près de 40 ans.
COSTA (BARTHÉLEMI DA), modelait en porcelaine et coulait en métaux (1775), voyez FIGUEIREDO (Jean de).
Il était lieutenant-colonel, et avait la direction de l’Arsenal. Il se chargea de couler la statue équestre du roi Joseph, et il l’a coulée d’un seul jet en 1774. «Murphy a observé qu’à l’exception de la statue de Louis XIV, placée sur la place Vendôme, aucune statue de bronze, à cette époque, n’était aussi grande. Il fut élevé au grade de lieutenant général. C’était un officier d’un mérite incontestable.» (Ferdinand Denis, l’Univers, 1366e livraison, p. 406.) Voyez, pour les détails relatifs à la statue, les articles SANTOS (Eugène dos), de CARVALHO, MACHADO (Joachim) de CASTRO, et SANTOS (Renaud-Emmanuel dos).
COSTA (EMMANUEL DA), architecte, «Il a été architecte des palais de Salvaterra de Magos et d’Almeirim, et du monastère de Batalha, emploi auquel il fut promu en 1690.» Voyez TINOUCO DA SILVA (Jacques) (Communication de M. le vicomte de Juromenha). Il ne faut pas le confondre avec Emmanuel da Costa Negreiros, architecte, qui lui était postérieur.
COSTA (EMMANUEL DA), peintre décorateur, voyez NUNES (Simon-Gaétan).
Il s’associa, vers 1776, avec Verissimo-Antoine de Souza, qui dirigeait les peintures des carrosses de la cour, et plus tard il fut attaché comme peintre au théâtre du Salitre et ensuite à la salle de la rue dos Condes. Il a aussi peint des plafonds, et se rendit, en 1811, à Rio-Janeiro. Son frère, Joachim da Costa, était aussi son élève (Cyrillo, p. 227).
COSTA (EMMANUEL DA) NEGBEIROS. architecte, frère de Joseph, peintre. Emmanuel mourut en 1750 (Cyrillo, p. 205). Les deux frères entrèrent dans la confrérie de Saint-Luc en 1745. Emmanuel avait dans l’armée le grade de major. Cyrillo cite plusieurs de ses ouvrages. Il ne faut pas le confondre avec Costa (Emmanuel da), architecte en 1690.
COSTA (FÉLIX DA) MEESEM, peintre et auteur d’un manuscrit intitulé : Antiguidade e Nobreza da Pintura, 1696, cité souvent par Cyrillo, mais dont il m’a été impossible de retrouver les traces. D’après Cyrillo, ce manuscrit ne traite que de dix-neuf peintres, et André Reinoso, Joseph d’Avelar Rebello, Josepha d’Obidos et Félicien de Almeida, qui vivaient vers 1650-1680, sont les derniers peintres qu’il cite en s’appuyant sur cet auteur. Félix da Costa faisait partie de la confrérie de Saint-Luc vers 1705, et mourut en 1712. Cyrillo, p. 83, parle d’un tableau peint par da Costa dont il est fait mention ailleurs, et sans autre preuve (Lettres, p. 146 et suiv.).
COSTA (JÉRÔME DA), sculpteur, né à Braga, voyez SILVA (le père Jean-Chrysostome-Polycarpe da).
COSTA (JOACHIM DA), peintre, voyez PILMAN (Jean) et COSTA (Emmanuel da).
COSTA (JOSEPH DA) NEGREIROS, peintre, mort en 1759, âgé de 45 ans. «Il était élève de André Gonsalves et frère de Negreiros (Emmanuel da Costa). Il a peint le tableau de la Conception pour le Trésor royal, le même sujet pour le Sénat de la chambre, et une troisième fois pour le magasin de la Fonderie; de même qu’une Sainte-Anne pour l’oratoire de ce même établissement. Il a peint un Saint-Roch pour la chapelle da Ribeira das Naos, une Sainte-Thérèse pour les Carmélites de Carnide, une Notre-Dame de la Piété pour une des chapelles de la cathédrale; ce même sujet pour l’ermitage de Resgate; un Christ pour la Casa do Despacho do Menino Deos. Il a peint aussi des plafonds et exécuté d’autres travaux. Il aimait la chasse, et n’a pas vécu longtemps. Entré dans la confrérie de Saint-Luc en 1745, il mourut en 1759. Il eut pour élèves Bruno (Joseph) do Valle et Simon Baptiste.» (Cyrillo, p. 112.)
COSTA (JOSEPH DA) SEQUEIRA, voyez SEQUEIRA (Joseph da Costa).
COSTA (JOSEPH DA) E SILVA, architecte, né en 1747. Il entreprit la construction du théâtre de S. Carlos, en 1792, et fut chargé de faire le plan du palais d’Ajuda, dont la construction fut ensuite définitivement confiée à Fabri. Il mourut en 1802 (Cyrillo, p. 234-238. — Voyez Lettre 14). Il a étudié à Rome.
Dans l’article que Cyrillo a consacré à cet artiste, il est fait aussi mention du dessinateur milanais Charles-Marie Ponzoni, de l’architecte bolonais Lant, tous deux maîtres de Costa.
A propos du plus grand théâtre de Lisbonne et du Portugal, je ne puis mieux faire que de citer ce que M. Ferdinand Denis (l’Univers, 1366e livraison, p. 407) nous apprend sur l’art dramatique du Portugal:
«A partir de l’année 1502, où Gil Vicente venait représenter ses Autos, et mieux encore, ses pastorales dans la propre chambre de la Reine, jusqu’en 1795, époque à laquelle s’éleva ce bel édifice, il y aurait de curieuses choses à dire sur le matériel du théâtre eu Portugal et sur les bâtimens consacrés aux représentations dramatiques. Cervantes, avec sa verve inimitable, nous a donné en quelques mots l’idée la plus originale de ce qu’était le théâtre de la Péninsule au temps de Juan de Encina et même de Torres Naharro. Il y eut peu de différence dans les représentations populaires des deux pays. Cependant nous avons la certitude que les vastes salles des universités, ou les salons magnifiques des châteaux royaux, servirent primitivement à la représentation dramatique des pièces érudites d’Antonio Ferreira et de Sa de Miranda. La fille savante de D. Manoel, qni accueillait dans son intimité Sigœa et Paula Vicente, n’ignorait pas que cette dernière était l’actrice la plus habile de son temps, et elle dut plus d’une fois mettre en évidence son talent dans les pièces originales du père. Le fils de D. Manoel, ce noble D. Louis, qu’on avait surnommé les Délices du Portugal, s’occupait de poésie dramatique, puisqu’on lui attribue Don Luiz de los Turcos, et il put faire représenter ses pièces dans un palais dont tous ses contemporains nous rappellent le faste et nous vanlent la magnificence. Mais là dut s’arrêter le goût des représentations dramatiques: c’est du moins ce que des recherches particulières nous font supposer. Le cardinal-roi fit bien jouer à Coïmbre quelques pièces érudites, lorsqu’il n’était encore que prince royal et qu’il avait présentes à l’esprit les leçons du savant Klenard; mais les fonctions épineuses de grand-inquisiteur, et plus tard l’embarras croissant des affaires, finirent nécessairement par l’éloigner de ce genre de divertissement. Quant à Don Sébastien, en supposant que l’impulsion donnée en Europe au théâtre l’eût emporté sur son mysticisme habituel, la grande catastrophe de 1578 arrêta infailliblement toute représentation de ce genre. A l’avènement de la maison de Bragance, on eut sur le trône un prince essentiellement artiste, mais Don Jean IV s’occupait bien plus de la grande musique religieuse que de la musique dramatique, et rien ne nous indique encore un théâtre permanent à Lisbonne durant cette période. Ce n’est guère qu’au dix-huitième siècle qu’on vit s’élever dans la capitale du Portugal des salles spéciales, consacrées aux représentations dramatiques. Les pièces composées par l’infortuné Antonio Jozé exigeaient de toute nécessité une certaine pompe théâtrale, et toute la science du machiniste n’était pas de trop lorsqu’on représentait, vers 1740, au théâtre du Bairo-Alto, un de ces opéras dont le titre seul annonce la mise en scène compliquée.
«On nous pardonnera, nous l’espérons du moins, l’étendue de ce préambule; mais l’absence presque absolue de documens sur ce point, exigeait peut-être un chapitre à part. Nous en venons au principal théâtre de Lisbonne. Lorsque, sous le règne de Don Joseph, on vit arriver en Portugal cette fameuse Zamperini, dont la voix mélodieuse fut célébrée par tous les poëtes du temps, et dont les charmes jetèrent, dit-on, le trouble parmi certains dignitaires du clergé , elle alla s’établir avec sa troupe au théâtre de la rue dos Condes ( ceci avait lieu de 1770 à 1774, et rien n’est approprié dans cette petite salle aux exigences de l’opéra); on finit par sentir la nécessité d’un théâtre plus vaste, et une compagnie s’étant formée, grâce à la réunion de plusieurs riches capitalistes, le théâtre de San-Carlos s’éleva dans l’espace de six mois . José da Costa e Silva, architecte habile, qui était allé étudier en Italie, en avait dessiné le plan: il est évident qu’il y eut chez lui quelque réminiscence d’un grand monument du même genre qu’il avait admiré jadis. Ce qu’il y a de certain, c’est que les travaux furent conduits avec une rare intelligence par Sébastien-Antoine da Cruz Sobral, et que le nouveau théâtre put être ouvert le 29 avril 1795, à l’occasion d’une solennité de la cour.
«M. d’Hautefort rend justice au talent dont José da Costa e Silva a fait preuve en cette occasion. «Tous les corridors, dit-il, sont voûtés,
«ainsi que les escaliers qui conduisent aux loges; les issues sont telle-
«ment bien distribuées, qu’en un instant la salle peut être vide. La
«scène est d’une profondeur immense: on y a vu manœuvrer quatre-
«vingts chevaux à la fois.» Le goût des représentations dramatiques a fait de singuliers progrès à Lisbonne, et l’on met au rang des poëtes qui donnent le plus d’espérances M. Leal.»
COSTA (JOSEPH-LUCIO DA), voyez COXINHO.
COSTA LEMOS (BERNARDIN DA), peintre, voyez ROCHA (Joachim-Emmanuel).
COSTA (LOUIS DA), peintre. «Cet insigne artiste peignait à la détrempe. Il naquit à Lisbonne, selon Taborda, le 16 mai 1595, et selon Barbosa Machado, Bibliothèque lusitanienne, t. 3, p. 87, en 1599. Il était fils de Louis da Costa et de Marie de Almeida. Il eut pour maître Sébastien Ribeiro, dont il suivit les leçons avec tant de succès, qu’on avait de la peine à distinguer les ouvrages du maître de ceux de l’élève. Il modelait, il fondait avec une égale perfection en cire et en étain; il aimait la lecture, et a traduit de l’italien l’ouvrage en quatre volumes d’Albert Dürer, sur la Symétrie du corps humain (voyez Lettres, p. 473); il y ajouta le cinquième livre de Paul Galario Saludiano, dont le manuscrit (ainsi que le dit Barbosa dans la Bibliothèque lusitanienne, t. 3, p. 87, col. 1) était rempli d’estampes parfaitement bien faites par le traducteur. Il eut une fille, nommée Ignacia de Almeida, demoiselle vertueuse, comme le dit frei Augustin de Sainte-Marie dans son Santuario Mariano, t. 1er, p. 351. Cette personne modelait avec talent en cire et en terre. On lui attribue l’image de Notre-Dame agonisante qui est placée au coin de l’autel des Agonisans, dans l’église de Saint-Roch de Lisbonne. Louis da Costa eut d’autres enfans qui, comme elle, n’étaient pas sans talent.» (Taborda, p. 186.)
D’après le Patriarche, Liste des artistes, «il serait né en 1569;» mais cette date doit être une faute typographique; car ayant été élève de Séb. Ribeiro, qui vivait sous le roi Sébastien (1557-1578), cela devient peu vraisemblable. Cependant l’autre version a aussi lieu de nous étonner: car si Costa était né en 1595, il n’aurait pu devenir l’élève de Ribeiro que vers 1610, quand celui-ci devait avoir plus de 70 ans; en effet, si Ribeiro exerçait son art sous le roi Sébastien, il n’est pas probable qu’il soit né postérieurement à l’année 1540.
COSTA MEESEN (FÉLIX DA), voyez COSTA (Félix da) MEESEN.
COSTA NEGREIROS (EMMANUEL DA), architecte, voyez COSTA (Emmanuel da) NEGREIROS.
COSTA NEGREIROS (JOSEPH DA), peintre, voyez COSTA (Joseph da) NEGREIROS.
COSTA (RAYMOND DA), sculpteur, voyez BARROS LABORAÕ (Joachim-Joseph de).
COSTA (RAYMOND-JOACHIM DA), graveur, «disciple de Joachim Carneiro da Silva. Il était fort habile, dessinait assez bien, et gravait avec goût, tant en taille-douce qu’au pointillé. Il a fait de cette dernière manière le portrait du comte de Amarante (Silveira) à cheval, au moment où il livre bataille aux Français, et le portrait de l’infante Isabelle-Marie. Il a été nommé professeur de dessin à Porto vers l’année 1830; il a perdu cette place pour des causes politiques et a travaillé ensuite pour la Banque et pour des particuliers.» Il habite encore Porto, mais il ne travaille plus, étant très-avancé en âge et ayant perdu la vue. (Communication de M. Santos, graveur de l’Académie.)
COSTA (REBELLO DA), voyez REBELLO DA COSTA.
COSTA SEQUEIRA (JOSEPH DA), voyez SEQUEIRA (Joseph da Costa).
COURATO, cité dans un document de 1514 comme ayant pris part aux travaux de Batalha, sans désignation de profession. (Lettres, p. 228.)
COUTINHO (EMMANUEL DE SOUSA), voyez SOUSA (frère Louis de).
COUTO (JACQUES DO), auteur d’un ouvrage intitulé Decadas, cité par le Patriarche, dans sa Liste des artistes, p. 6 et autres, voyez CARVALHO (Onufre de).
COUTO (MATHIEU DO), architecte, qui vivait sous le règne de Philippe IV, était architecte de l’Inquisition. Il existe dans les Archives royales un livre grand in-folio qui renferme quatre planches représentant les Inquisitions de Lisbonne, de Coïmbre, d’Evora et de Goa, dessinées par Couto, avec le titre qui suit plus bas et qui est renfermé dans un portique servant de frontispice à l’ouvrage, et orné de figures allégoriques. Voici ce titre:
Livre des plans de tous les édifices de l’Inquisition dans ce royaume et aux Indes, commandé par D. Ferdinand de Castro, évêque et inquisiteur. 1634, par Mathieu do Couto, architecte de l’Inquisition du royaume.» (Communication de M. le vicomte de Juromenha.)
COXINHO, LE PETIT BOITEUX, graveur. C’était sous ce nom que l’on connaissait Joseph Lucio da Costa, graveur, qui faisait aussi des miniatures de boîtes, d’anneaux et de médaillons. Il était né en 1765. (Cyrillo, p. 292.)
Dans le Traité d’artillerie, traduit en 1792, on voit beaucoup de gravures signées Lucius sculpsit, Lisboa, 1792. (Patriarche, Liste des artistes, p. 18.) Il est cité dans l’article CAREIRO DA SILVA SOUS le nom de JOSEPH LUCIO.
CRABETII, voyez GUALTIERI.
CRUZ (ANTOINE DOS SANTOS DA), sculpteur en bois, voyez MAGINA.
«On l’appelait o Algarvio, parce qu’il était né à Faro. Il était disciple d’Emmanuel Vieira et maître de Melchior-Gaspar dos Reis, qui mourut en 1845, à l’âge de 70 ans» (Communication de M. le professeur Assis). D’après cela on peut admettre que l’activité artistique Cruz de s’exerçait à la fin du dernier siècle.
CRUZ (frère BERNARD DE), auteur de Chroniques, cité par le Patriarche, dans sa Liste des artistes, rubrique Architectes, p. 5 et autres. M. Ferdinand Denis cite sa Chronique du roi Sébastien. (Lettres, p. 201.)
CRUZ (JOSEPH-GOMES DA), auteur de la Carta apologetica e analytica pela ingenuidade da pintura, voyez Lettres, p. 137 et 473, et l’article LOUREIRO (François de Sousa).
CRUZ (MARCOS DE), peintre.
«C’est le plus célèbre de tous les peintres portugais, mais en même temps le plus inconnu . Diogo Barbosa Machado, dans la censure de la Lettre apologétique et analytique de la Peinture, de Joseph-Gomes da Cruz, le place parmi les meilleurs peintres portugais, entre Diogo Perreira et Bento Coelho , et c’est pour cela que nous lui assignons cette place sans pouvoir dire au juste à quelle époque il florissait. L’érudit évêque de Beja et archevêque d’Evora, fait aussi une mention honorable de cet artiste dans les Mémoires historiques du Ministerio de Pulpito, p. 155. Guarienti, Pons, Conca et Bermudez ne nous fournissent sur lui aucun détail; nous n’avons même pu en découvrir aucune trace dans les autres historiens portugais. La tradition rapporte que le tableau de Sainte-Madeleine de Pazzi, que renferme aujourd’hui l’église du couvent du Carme, est de lui. Frère Manuel de Sa, en décrivant ce tableau dans les Mémoires historiques de cet ordre, dit, chap. 10, 1. 2, n° 251, que ce même ouvrage se trouvait dans l’ancienne chapelle de la même sainte, dans la nef, du côté de l’Épître. Si ce tableau est véritablement l’œuvre de Marco da Cruz, il atteste en effet le mérite de ce peintre.» (Taborda, p. 215.)
Marcos da Cruz a fait, suivant Cyrillo, p. 79, beaucoup de tableaux d’église qui furent, pour la plupart, détruits lors du grand tremblement de terre de 1755. Il vivait vers 1649-1678. (Voyez Lettres, p. 137, 241.)
Le Patriarche, Liste des artistes, p. 43, dit, en s’appuyant sur l’archevêque Cenaculo, qu’il florissait sous le règne de Jean III. Ce serait cent ans plus tôt; mais je suis disposé à croire que le Patriarche voulait dire Jean IV, car Marcos da Cruz doit avoir été le maître de Bento Coelho, qui est mort en 1708: d’ailleurs il doit avoir fait partie de la confrérie de Saint-Luc entre les années 1649 et 1674, ce qui trancherait la question.
CRUZ (MARIE DA), peintre.
«Marie da Cruz était issue d’une famille illustre. Elle fit profession dans l’ordre de Sainte-Claire, au couvent das Chagas de la ville de Lamego. Douée par la nature d’un grand talent pour la peinture, elle rivalisait avec les artistes les plus accrédités; elle peignait d’après nature et avec une grande fidélité tout ce qu’on lui présentait. Dans la chapelle du Desterro, qu’elle fit ériger à ses frais dans le cloître dudit couvent, elle a peint le tableau de Notre-Dame et celui de saint Joseph, ouvrages remarquables; elle exécuta elle-même les dorures de l’autel de la même chapelle; et elle mourut en odeur de sainteté en 1619.» (Voyez Theatro Heroino, t. 2, p. 214.)
CRUZ MOREIRA (LOUIS DA), voyez MOREIRA (L. da Cruz).
CUNHA (ANTOINE-ALVARES DA), voyez ALVARES DA CUNHA (Antoine).
CUNHA (DOMINIQUE DA), peintre portugais. Cyrillo en citant, p. 73, Félix da Costa Meesen, dit de Cunha qu’il a étudié à Madrid et qu’il fut bon coloriste. Il naquit à Lisbonne en 1589. A l’âge de 54 ans, il se fit jésuite, et mourut en odeur de sainteté. Taborda lui consacre un long article et dit, p. 196, que l’église des Jésuites possédait plus de cinquante tableaux de son pinceau, qui furent tous détruits lors du tremblement de terre de 1755. Le père Bernardin Sampayo a écrit sa vie. Il en est aussi question dans d’autres ouvrages cités par Taborda, et dans la Liste des artistes du Patriarche, où il est dit que le père Antoine Leite, dans son Histoire de l’apparition et des miracles de Lapa (1639), parle de vingt-cinq tableaux de cette église, qui, d’après le Patriarche, doivent lui être attribués. Voici textuellement l’éloge que le moine fait de ces tableaux: «On y admire l’accord des teintes, la touche, l’art de mêler les couleurs, la justesse des draperies, la vivacité des expressions, le naturel des figures, les proportions du corps, la symétrie des membres, la grâce des physionomies, l’élégance des cheveux, les lignes de la perspective. Il faut surtout louer la vivacité particulière et la propreté du tableau de la pastourelle Jeanne avec sa petite corbeille remplie d’épis.»
Quand je rencontre de ces phrases qui portent le caractère d’une absence complète de tout sentiment artistique chez leur auteur, je ne puis me défendre d’éprouver un sentiment diamétralement opposé à celui qu’elles ont eu l’intention de faire naître.
Suivant le Patriarche, Cunha a étudié à Madrid chez Eugène Caxez, peintre de Philippe II. De retour en Portugal, il reçut beaucoup de commandes des grands de ce pays, et principalement du grand-inquisiteur, François de Castro, et du grand-chambellan.
CUNHA (JOSEPH DA) TABORDA, voyez TABORDA.
CUNHA (LAURENT DA) «était le meilleur peintre, dans le genre d’architecture et de perspective, que le Portugal ait jamais possédé. Sous le rapport de l’habileté pratique, il égalait peut-être Baccarelli, et il le surpassait en théorie. Il alla en Italie et en revint en 1744. Comme peintre de décoration, il était l’émule de Bibiena. Il a orné de peintures beaucoup d’églises de Lisbonne. Il mourut en 1760.» (Cyrillo, p. 196-198.)
CUNHA (PlEURE D’ALCANTARA DA) D’EÇA, voyez EÇA.
CUNHA (SIMON-GAÉTAN DA), architecte et peintre décorateur, voyez NUNES (Simon-Gaétan).
CUSCO (JOSEPH-FRANÇOIS DEL), Napolitain, était un habile peintre d’émaux établi à Madrid au temps de Charles III (Cyrillo, p. 232).
Il paraîtrait, d’après ce qu’en dit Cyrillo (p. 233), qu’il a aussi travaillé à Lisbonne.
CUSTODIO DE SÁ, voyez SÁ (J. Custodio de).
CYPRIEN DA SILVA, voyez SILVA (Cyprien da) et FIGUEIREDO (Jean de).
CYRIACO (JOSEPH-GAÉTAN), voyez BAPTISTE (Louis).
CYRILLO VOLKMAR MACHADO, peintre et auteur, est né à Lisbonne en 1748; il a étudié à Séville, et s’est rendu ensuite à Rome; il revint à Lisbonne en 1777. Il a traité le plus souvent des sujets allégoriques. Le palais d’Ajuda, les églises de Lisbonne et les maisons des grands, en fournissent de nombreux exemples. Il obtint du Roi une pension de 720,000 réis, 1000 thalers (4,330 francs). En 1796, il alla exécuter divers travaux à Mafra. En 1814, il prit part aux travaux d’Ajuda. A l’âge de plus de 70 ans, il recevait encore beaucoup de commandes. Il est mort en 1823. Sa collection de Mémoires relatifs aux arts a été publiée, la même année, par le chanoine Villela da Silva. D’après l’abbé de Castro, un des carrosses de la cour a été peint par lui. Ma Lettre 27e lui est entièrement consacrée et rend compte de sa Collection de Mémoires, que j’ai tant de fois citée à propos des artistes du dix-huitième siècle et qui renferme aussi quelques renseignemens sur les époques antérieures.
Cyrillo, p. 104-107, nous donne quelques détails sur sa famille. Jean-Pierre Volkmar naquit à Lisbonne en 1712. Son père, qui était Allemand, se maria à Lisbonne et eut beaucoup d’enfans. La sœur de Pierre Volkmar, Maria-Rosa, épousa un Machado, et c’est de ce mariage qu’est né notre peintre et auteur. Jean-Pierre peignait à l’huile. Il mourut en 1782. «Ceux de ses ouvrages qui se sont conservés sont: à Saint-Michel d’Alfama, le Christ guérissant les hydropiques; dans le chœur des Padres trinos, la Trinité couronnant la Vierge; dans la maison de M. Joseph Lobo, des Ermites à fresque.»
Il eut pour disciples son frère Henri-Pierre et Cyrillo Volkmar Machado, fils de sa sœur.
La Lettre 27 renferme une analyse des ouvrages de Cyrillo et indique les sources où il a puisé ses renseignements.
A l’église de Loreto, à Lisbonne, on voit de lui, dans des niches, les Apôtres, peints en grisaille (Lettres, p. 287). On voit aussi plusieurs de ses ouvrages au palais d’Ajuda (Lettres, p. 266). Je cite de lui, p. 405, un tableau du maître-autel de l’église de Coraçaõ de Jésus, auquel je trouve peu de mérite. Il est souvent fait mention de lui dans mes Lettres, ainsi qu’on peut s’en assurer par la table alphabétique de ces mêmes Lettres. C’était un faible peintre, et son livre me paraît une bien maigre production.
D
Table des matières
DAMIEN DE GOES, voyez GOES.
DAMIEN DE FROES PERYM, voyez FROES PERYM (Damien de).
DANIEL SEGERS, peintre, voyez SEGERS (Daniel).
DANSILHA ou DANZINHA, peintre et architecte, voyez AVELAR (Braz de).
Ce nom, que Cyrillo met à la suite de celui de Braz de Avelar sans le séparer par une virgule, se voit séparé de l’autre chez Taborda, p. 154. Cet auteur l’appelle François Dansilha et il dit qu’il était peintre du roi Emmanuel vers 1513, ainsi qu’on peut le voir dans le tome 4 des Preuves de l’Histoire généalogique de la maison royale, par D. Antoine-Gaétan de Sousa ( voyez la lettre que le duc de Bragance, D. Jaime, écrivit d’Azamor au roi Emmanuel, après avoir pris possession de cette ville). On y lit le passage suivant: «Cette ville est trop
«grande pour pouvoir se défendre avec peu de monde..... Un tableau
«de la ville sera envoyé à Votre Altesse. J’ai fait faire cette peinture
«par Dansilha.» (Doc. 106, liv. 6, p. 43).
Dansilha était natif de Biscaye, il a travaillé aux fortifications d’Almeida et se chargea, en 1508, pour 1,550,000 réis, d’y élever des murailles. (Corp. chron., part. 3e, p. 16, doc. 25, voy. maître Mathieu. — Communication de M. le vicomte de Juromenha, et de M. Santos, graveur.)
DAVID TÉNIERS, voyez TÉNIERS (David).
DEBRIÉ (GABRIEL-FRANÇOIS-LOUIS), père et fils, graveurs.
«Le père fut un des graveurs appelés en Portugal sous le règne de Jean V. Dans l’Histoire généalogique, Mémoires des Templiers, nous trouvons des estampes et des vignettes de lui, avec les dates 1732, 1735, 1737, 1754, etc.; mais comme Cyrillo dit que Gabriel-François avait un fils, né à Lisbonne et graveur comme lui, on ne peut pas toujours distinguer avec certitude si la signature est du père ou du fils; en effet nous trouvons tantôt la signature entière, tantôt le seul nom de famille. Par exemple:
G. F. L. Debrié invenit et sculps. 1737;
Debrié, inv. et f. 1754;
Debrié, delineator etsculptor regius. 1754;
G. F. L. Debrié, del. et sculps.
Les estampes de la Géométrie d’Euclide, par P. Emmanuel de Campos, sont gravées par Debrié en 1735.» (Patriarche, Liste des artistes, p. 16.) Voyez CARNEIRO DA SILVA (Joachim).
DENIS (le roi), né en 1261, mort en 1325, est le premier souverain que je vois cité dans l’histoire du Portugal comme ayant manifesté du goût pour l’architecture (voyez Lettres, p. 410). Dans le château de Leiria, qu’il a habité, on découvre, aux portes et aux fenêtres, des traces du goût architectonique dont j’attribue les premiers symptômes marqués à ce souverain. «Le scel royal de ce prince, qui se conserve aux archives de France, est superbe. Si la gravure de la matrice était l’œuvre d’un artiste portugais, elle dénoterait à un haut point le degré de culture dans les arts que le Portugal aurait déjà atteint à cette époque. Des pierres gravées en ornent les deux faces. Une fragile empreinte nous dit peut-être mieux aujourd’hui que de grands monumens ce qu’il y eut de délicatesse et de grâce dans l’ornementation de ce temps» (Ferdinand Denis, l’Univers, 1366e livraison, p. 393). Le château de Freixo de Espada á Cinta est un autre témoignage en faveur de l’opinion que je viens d’énoncer (voyez Lettres, p. 410). Voici ce que M. Famin m’a communiqué au sujet des sceaux et monnaies de ce prince: «Les archives de la Torre do Tombo possèdent deux sceaux du roi D. Denis. L’un se trouve attaché à un contrat d’échange de biens avec le monastère de Saint-Jean de Tarouca (Casa da Coroa, tiroir 14, liasse 1); l’autre, à des lettres de donation en faveur de l’infant D. Alphonse (Casa da Coroa, tiroir 14, liasse 3).
«Jusqu’ici on ne connaissait qu’une pièce de monnaie de ce prince. Elle est en argent, de la grandeur à peu près d’une pièce de 1 franc, mais beaucoup plus mince. Sur la face, les quinas et la légende: Dionisi, regis Portugaliæ et Algarbi. Sur le revers, la croix, et la légende: Adjutorium nostrum in nomine Domini qui fecit cœlum et terram.
«Des historiens portugais disent que D. Denis fit frapper la dobra cruzada, la peça et la livra, et le forte, le meio forte et la livre en argent; je ne pense pas que ces pièces aient jamais été trouvées; elles n’existent, du moins, nulle part à ma connaissance. Mais parmi les petites pièces de cuivre appelées deniers qui couraient sous les rois de la première dynastie et qui, jusqu’à présent, ont toutes été attribuées à Alphonse IV, j’en ai trouvé et j’en possède plusieurs qui appartiennent certainement au roi Denis. Elles portent sur la face, autour de la croix, la légende D. REX PORTVGAL, etc.»
DENIS BERTHELOT DE HONFLEUR, voyez BERTHELOT (Denis) de Honfleur, et REZENDE (Pedro Barrete de).
DENIS CALVART, voyez CALVART (Denis).
DENIS (FERDINAND), conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris, est occupé d’un Essai sur l’histoire de l’art par les peintures des manuscrits, qui doit paraître incessamment. La nature du sujet et l’érudition de l’auteur ne peuvent manquer de rendre cette publication une des plus importantes et des plus curieuses qui puissent paraître sur les arts. Aucun étranger, je crois, à aucune époque, ne s’est occupé autant que M. Ferdinand Denis, du Portugal. Voici la liste de ses ouvrages:
Résumé de l’histoire littéraire du Portugal, suivi du Résumé de l’histoire littéraire du Brésil. Paris, 1826, 1 vol. in-18. Se trouve chez Aillaud et Théophile Barrois.
Théâtre portugais, dans la collection des chefs-d’œuvre des théâtres étrangers, 1823,1 vol. in-8°. Épuisé.
Tableau chronologique de la littérature portugaise, dans l’Atlas des littératures, publié par M. Jarry de Mancy, 1827, 1 feuille in-fol. Se trouve chez J. Renouard et comp.
Scènes de la nature sous les tropiques et de leur influence sur la poésie, suivies de Camoens et José Indio. Paris, 1824, 1 vol. in-8°. Complétement épuisé et fort rare. Ce livre sera probablement réimprimé.
Camoens et ses contemporains, traduction des poésies diverses de Camoens, dans une traduction des Lusiades, publiée par MM. Ortaire Fournier et Dessaules. Paris, 1 vol. format Charpentier. Chez Cosselin.
Chroniques chevaleresques de l’Espagne et du Portugal. Paris, 1839, 2 vol. in-8°. Chez Ledoyen, Palais-Royal, et Desforges, rue des Grands-Augustins, 25.
Inez de Castro, et le Jaloux (o Cioso), d’Antonio Ferreira, traduit dans la Collection du théâtre européen, 1 broch. gr. in-8°. Épuisé.
Luiz de Souza, roman, 2 vol. in-8°, 1857. Ce livre a été brûlé dans l’incendie de la rue du Pot-de-Fer (rarissime).
Le Portugal. Paris, 1845 et 1846. 1 vol. in-8° à deux colonnes, dans la collection intitulée l’Univers. Chez Didot frères.
Le Monde enchanté, ou Cosmographie et histoire naturelle fantastique du moyen âge, 1 vol. in-32, chez Mlle Desrez, rue Fontaine-Molière, 57. Il est question dans ce livre de quelques traditions curieuses relatives au Portugal.
Le même auteur a publié plusieurs ouvrages sur le Brésil; en voici les titres:
Le Brésil, ou Histoire, mœurs, usages et coutumes des habitans de ce royaume. Paris, 1821-22 (en société avec M. Hipp. Taunay),6 vol. in-18. Épuisé.
Résumé de l’histoire du Brésil. Paris, 1825,1 vol. in-18. Chez Théophile Barrois.
Le Brésil, 1 vol. in-8° à deux colonnes, faisant partie de la collection intitulée l’Univers. Chez Didot frères.
Mes lecteurs peuvent trouver dans mes Lettres, p. 192, 202, 207, 525 et 524, quelques renseignemens sur les intéressantes découvertes que M. Ferdinand Denis a faites, et sur les objets d’art ayant rapport au Portugal qu’il a réunis.
Les livraisons 1295-1366 de l’Univers pittoresque, accompagnées d’un grand nombre de gravures, sont exclusivement consacrées au Portugal et elles sont l’œuvre de M. Ferdinand Denis.
Voici la liste des sujets se rattachant aux arts, sur lesquels la dernière livraison de cette publication nous fournit des renseignemens:
Statues présumées antérieures à la domination carthaginoise;
Monumens druidiques;
Monumens d’origine romaine;
Cathédrale de Braga, Vizeu;
Cathédrale de Coïmbre;
L’église de Cedofeita;
Le château de Feira;
Chapelle des Templiers de Pombal, vestiges d’architecture sarrasine;
Château d’Alcobaça;
Ermitage de N. S. du Secours;
Castello de Cham;
Monumens contemporains du fondateur de la monarchie, église de Nossa Senhora d’Almacava;
Monastère d’Alcobaça;
Sainte-Croix de Coïmbre;
Quinta das lagrimas, et la fontaine des Amours;
Ruines du château de Leiria;
Couvent du Christ, à Thomar;
Santa-Maria do Olival;
Cathédrale de Lisbonne; Batalha;
Cintra;
Tour de Belem;
Couvent et église de Belem;
Ancien palais des rois, au Terreiro do paço;
Aqueduc d’Elvas;
Aqueduc de Lisbonne;
Palais das Necessidades;
Statue équestre du roi Joseph;
La tour des Clercs, à Porto;
Théâtre de Saint-Charles; Palais d’Ajuda;
Église d’Estrella.
J’ai souvent cité M. Ferdinand Denis dans mes Lettres, comme on peut s’en assurer en consultant la table alphabétique de ces Lettres, et plus souvent encore dans ce Dictionnaire.
DENIS FERREIRA, voyez FERREIRA (Antoine).
DENIS FIAMMINGO, voyez CALVART.
DENIS DE MELLO E CASTRO, auteur de l’ouvrage intitulé Historia panegyrica, voyez PATRIARCHE.
DEOS (JEAN DE) ou JEAN DE DIEU, peintre d’ornemens et de plafonds, voyez NARCISSE (Jean-Antoine).
Descripçaõ analytica da estatua equestre del rei D. José I, par Joachim Machado de Castro, voyez PATRIARCHE.
Descripçaõ funebre das exequias de el rei D. Joaõ V, ouvrage commandé à Rome par le roi Joseph en 1751, voyez PATRIARCHE.
Desenho (Discurso sobre a utilidade do), 1788, par Joachim Machado de Castro, voyez PATRIARCHE.
Dialogo da Vida Solitaria, voyez PATRIARCHE.
DIAS (EMMANUEL), sculpteur, voyez SILVA (J. C. P. da).
Dans la Chronica do Carmo, t. 1, p. 671, on lit ce qui suit: «L’image de Notre-Dame du Secours qui, vers 1745, existait dans une chapelle de l’église du Carme, était l’ouvrage du fameux Emmanuel Dias, et il l’a faite une des premières années où il exerçait son art. Nous en faisons mention, parce que son auteur, dans l’opinion de tout le monde, est le plus insigne sculpteur que possède le royaume» (Patriarche, Liste des artistes, p. 11). Le professeur Rodrigues croit que c’est lui qu’on appelait communément Pai dos Christos (Père des Christs), parce qu’il a fait un grand nombre de statues du Christ.
DIAS (François) GOMEZ, voyez GOMEZ (François-Dias).
DIAS (GASPARD), peintre portugais, vivait sous le règne de Jean III, vers 1534. Il fit ses études à Rome, c’est au moins une opinion accréditée en Portugal et souvent répétée dans mes Lettres, sur la foi d’autres auteurs. Félix da Costa Meesen (Cyrillo, p. 58) lui attribue le tableau de la chapelle de Saint-Roch, à l’église du même nom, représentant ce saint, à qui un ange apparaît. Ce tableau ne manque pas de style (Lettres, p. 241 et 291). Guarienti (Lettres, p. 324) lui attribue La Venue du Saint-Esprit de la même église, «tableau peint sur bois et signé par l’auteur.» Il dit l’avoir restauré en 1734. Or, ce tableau, qui se trouve maintenant à Saint-Roch au-dessus du maître-autel, et qui représente la venue du Saint-Esprit, est peint sur toile, n’est pas signé et c’est un bien faible ouvrage. C’est peut-être une copie et l’original peut avoir disparu. Cyrillo dit, p. 59, que «s’il existe de lui un ouvrage à Belem, ce doit être le Christ dans le jardin des Oliviers; car l’ange qui se voit dans ce tableau a de l’analogie avec celui de la chapelle de Saint-Roch.»
«Le célèbre philologue et critique François-Dias Gomes, dans son élégie 1re aux Muses, not. 11, dit que Gaspard Dias était contemporain de Gran-Vasco, disciple de Raphaël et de Michel-Ange; que son dessin était très correct; qu’il était distingué dans l’art d’exprimer les passions, et que son pinceau était suave, ce qui le fait considérer comme le Raphaël du Portugal. Il est auteur de deux grands tableaux du cloître de Belem, et de la Venue du Saint-Esprit, à l’église de Saint-Roch, qu’on dit avoir été peinte en 1534, puis restaurée par Guarienti en 1734, et qui est un de ses plus beaux ouvrages» (Patriarche, Liste des artistes, rubrique Peintres, article Gaspard DIAS). Nous venons de voir que cette dernière assertion, relativement à la Venue du Saint-Esprit, se détruit d’elle-même.
Plus loin, le Patriarche cite les propres paroles du chanoine Villela da Silva. Voici cet extrait, qui me fait l’effet d’une singulière cacophonie: «Le tableau de Gaspard Dias qu’on voit sur l’autel de l’Enfant Jésus de l’église paroissiale de la ville de Celorico da Beira est un miracle de l’art par la suavité du pinceau et la vivacité des expressions. Le coloris est admirable, et Gaspard Dias prouve, par les perfections qu’on remarque dans cet ouvrage, qu’il possédait la poésie de l’art à un degré sublime: ce sont ces qualités qui lui ont valu le nom de Raphaël portugais et qui l’ont placé bien au-dessus de Vasco, de Pierre Pérugin, de Reinoso, d’Avelar et d’autres grands artistes qui, sous le règne d’or d’Emmanuel et de Jean III, firent tant d’honneur à la nation portugaise.»
Ailleurs, le chanoine Villela da Silva, mirabile dictu, compare Gaspard Dias, sous le rapport du coloris et de l’expression, à Rubens (Lettres, p. 244). Dans la Noticia historica descriptiva du monastère de Belem, sans nom d’auteur, p. 6 (Lisbonne, 1842), nous trouvons la date de 1534 se rapportant à ce peintre. C’est, je crois, M. de Varnhagen qui a composé cet opuscule.
Le Christ tombant sous le fardeau de la croix qu’on voit au-dessus du grand escalier du monastère de Belem porte la signature de Dias. Cependant je me défie ici des inscriptions: d’ailleurs ce tableau est indignement repeint. Voyez Lettres, p. 287, où il est aussi question d’un autre tableau de lui, le Christ couronné d’épines, portant la date de 1520. Le tableau du Portement de la croix est attribué par Cyrillo, sur la foi de Félix da Costa, à Campello. (Cyrillo, p. 56.)
Comment se fait-il que François de Hollande, qui a été en Italie entre les années 1538 et 1548, ne dise pas un mot de Gaspard Dias qui l’aurait précédé à Rome au moins de vingt ans, et qui déjà aurait exécuté d’importans ouvrages à Lisbonne en 1520 et 1534, c’est-à-dire avant que François de Hollande ait entrepris son voyage d’Italie?... Je ne mets pas en doute l’existence de Gaspard Dias; mais tout ce qui a été dit sur ce peintre, voire les inscriptions, me paraît sujet à controverse.
DIAS (PANTALÉON), architecte. Il florissait sous le règne de Jean II. Il est cité hypothétiquement comme peintre, mais positivement comme architecte de Jean II, à qui il fournit le dessin de la châsse d’argent de saint Pantaléon, à Porto, et de l’église de Saint-Antoine, à Lisbonne. (Voyez Lettres, p. 211, 219, 333.)
Pulsuz fraqment bitdi.