Kitabı oxu: «De la réorganisation de la société européenne»

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Augustin Thierry, Claude-Henri de Saint-Simon

De la réorganisation de la société européenne

La nécessité et les moyens de rassembler les peuples de l'Europe en un seul corps politique


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066335823

Table des matières

AVERTISSEMENT.

AVANT-PROPOS.

AUX PARLEMENS DE FRANCE ET D’ANGLETERRE.

LIVRE PREMIER. DE LA MEILLEURE FORME DE GOUVERNEMENT; DEMONSTRATION QUE LA FORME PARLEMENTAIRE EST LA MEILLEURE.

CHAPITRE PREMIER. Idée de cet Ouvrage.

CHAPITRE II. Sur le Congrès.

CHAPITRE III. Examen de la Paix perpétuelle.

CHAPITRE IV. De la meilleure Constitution possible.

CHAPITRE V. De la Constitution anglaise.

CHAPITRE VI. Suite.

CHAPITRE VII. Conclusion.

LIVRE II. QUE TOUTES LES NATIONS DE L’EUROPE DOIVENT ÊTRE GOUVERNÉES PAR UN PARLEMENT NATIONAL, ET CONCOURIR A LA FORMATION D’UN PARLEMENT GÉNÉRAL QUI DÉCIDE DES INTÉRÊTS COMMUNS DE LA SOCIÉTÉ EUROPÉENNE.

CHAPITRE PREMIER. De la nouvelle organisation, de la Société Européenne.

CHAPITRE II. De la Chambre des Députés du Parlement Européen.

CHAPITRE III. De la Chambre des Pairs.

CHAPITRE IV. Du Roi.

CHAPITRE V. Action intérieure et extérieure du grand Parlement.

CHAPITRE VI. Conclusion.

LIVRE+ III. QUE LA FRANCE ET L’ANGLETERRE, AYANT LA FORME DE GOUVERNEMENT PARLEMENTAIRE, PEUVENT ET DOIVENT FORMER UN PARLEMENT COMMUN, CHARGÉ DE RÉGLER LES INTÉRÊTS DES DEUX NATIONS.–ACTION DU PARLEMENT ANGLO-FRANÇAIS SUR LE RESTE DES PEUPLES DE L’EUROPE.

CHAPITRE PREMIER. De l’Etablissement du Parlement Européen; des Moyens de hâter cet Établissement.

CHAPITRE II. Du Parlement Anglo-Français.

CHAPITRE III. Qu’il est de l’intérêt de la France et de l’Angleterre de s’unir par un lien politique.

CHAPITRE IV. Examen des affaires d’Angleterre.

CHAPITRE V. Examen des affaires de la France.

CHAPITRE VI. Causes d’une nouvelle révolution en France.

CHAPITRE VII. Suite.

CHAPITRE VIII. Direction de la Révolution.

CHAPITRE IX. Des Moyens d’éviter en France une seconde révolution,

CHAPITRE X. Résumé des Considérations relatives à la France et à l’Angleterre.

CHAPITRE XI. De l’Allemagne.

CHAPITRE XII. Suite.

CONCLUSION.

AVERTISSEMENT.

Table des matières

CET Ouvrage a été hâté par les circonstances; il ne devait paraître que plus tard et avec de plus grands développemens. Je me nuis sans doute à moi-même en le publiant avant le temps; mais quiconque écrit pour être utile, doit savoir se compter pour peu de chose.

Si cet Essai est bien reçu du Public, une seconde édition étendra davantage ce que le temps ne m’a point permis de développer dans celle-ci.

Qu’on se souvienne que, dans tout le cours de cet Ouvrage, le clergé ne sera considéré que dans ses rapports politiques avec les diverses situations de l’Europe, et que la religion chrétienne sera envisagée seulement comme une opinion sur laquelle étaient fondés ces rapports, et dont les variations successives les ont modifiés de différentes manières,

AVANT-PROPOS.

Table des matières

LES progrès de l’esprit humain, les révolutions qui s’opèrent dans la marche de nos connaissances, impriment à chaque siècle son caractère.

Le seizième siècle fut fécond en théologiens, ou plutôt tel a été le train des esprits dans ce siècle, que presque tout ce qu’il y eut d’écrivains s’occupa de questions théologiques.

Au dix-septième, les beaux-arts fleurirent, et l’on vit naître les chefs-d’œuvres de la littérature moderne.

Les écrivains du siècle dernier furent philosophes. Ils firent voir que les grandes institutions sociales étaient fondées sur des préjugés et des superstitions, et ils firent tomber les superstitions et les pouvoirs qui émanaient d’elles. Ce fut le siècle des révolutions et de la critique.

Quel sera le caractère du nôtre? Jusqu’ici il n’en a eu aucun. Se traînera-t-il toujours sur les traces du siècle précédent? et nos écrivains ne seront-ils rien autre chose que les échos des derniers philosophes?

Je ne le pense pas: la marche de l’esprit humain, ce besoin d’institutions générales qui se fait sentir si impérieusement par les convulsions de l’Europe, tout me dit que l’examen des grandes questions politiques sera le but des travaux de notre temps.

La philosophie du siècle dernier a été révolutionnaire; celle du dix-neuvième doit être organisatrice.

Le défaut d’institutions mène à la destruction de toute société; les vieilles institutions prolongent l’ignorance et les préjugés du temps où elles sont faites. Serons-nous contraints de choisir entre la barbarie et la sottise?

Ecrivains du dix-neuvième siècle, à vous, seuls appartient de nous ôter cette triste alternative.

L’ordre social a été bouleversé, parce qu’il ne convenait plus aux lumières; c’est à vous d’en créer un meilleur: le corps politique a été dissous, c’est à vous de le reconstituer.

Un tel travail est pénible, sans doute; mais il ne surpasse pas vos forces: vous régnez sur l’opinion, et l’opinion règne sur le monde.

Soutenu de l’espoir d’être utile, j’ose entreprendre d’ouvrir la route; et, dans ce premier essai, je hasarde un coup d’œil sur la situation de l’Europe et les moyens de la réorganiser.

Un monarque, pour être grand, doit protéger les sciences et les arts. Ce propos, tant de fois répété, est l’expression vague d’une vérité qui n’a pas encore été sentie.

Ceux-là seuls, parmi les rois, ont exercé une grande action dans le monde, qui, se laissant aller au mouvement de leur siècle, ont marché dans la route que traçaient les écrits de leurs contemporains. Je n’ai pas besoin d’en dire la raison; elle se voit assez d’elle-même.

Charles-Quint et Henri VIII étaient théologiens et protégeaient la théologie, et certes leurs règnes furent plus beaux que celui du galant et spirituel François Ier.

Louis XIV brilla seul au milieu des rois de son siècle, et Louis XIV, dans toute l’Europe, se fît le protecteur des lettres et de ceux qui les cultivaient.

Le dix-huitième siècle ne compte que deux noms illustres parmi les souverains, Catherine et le grand Frédéric; et ces noms sont ceux des amis des philosophes et des appuis de la philosophie.

Quels rois soutiendront de leur faveur les travaux des écrivains de notre siècle?

Si deux princes, que les lumières des peuples qu’ils gouvernent désignent d’avance pour les protecteurs de tout ce qu’il y a de noble et de bon, daignaient se souvenir qu’en bâtant le cours de l’esprit humain dans son temps, un roi travaille à sa grandeur, combien promptement s’achèverait cette réorganisation de l’Europe, le but de tous nos efforts, le terme de tous nos travaux!

AUX PARLEMENS
DE FRANCE ET D’ANGLETERRE.

Table des matières

MESSEIGNEURS,

AVANT la fin du quinzième siècle, toutes les nations de l’Europe formaient un seul corps politique, paisible au-dedans de lui-même, armé contre les ennemis de sa constitution et de son indépendance.

La religion romaine, pratiquée d’un bout de l’Europe à l’autre, était le lien passif de la société européenne; le clergé romain en était le lien actif. Répandu partout, et partout ne dépendant que de lui-même, compatriote de tous les peuples, et ayant son gouvernement et ses lois, il était le centre duquel émanait la volonté qui animait ce grand corps et l’impulsion qui le faisait agir.

Le gouvernement du clergé était, ainsi que celui de tous les peuples européens, une aristocratie hiérarchique.

Un territoire indépendant de toute domination temporelle, trop grand pour être facilement conquis, trop petit pour que ceux qui le possédaient pussent devenir conquérans, était le siège des chefs du clergé. Par leur pouvoir, que l’opinion élevait au-dessus du pouvoir des rois, ils mettaient un frein aux ambitions nationales; par leur politique, ils tenaient cette balance de l’Europe, salutaire alors, et devenue si funeste depuis qu’un peuple s’en est saisi.

Ainsi, la cour de Rome régnait sur les autres cours, de la même manière que celles-ci régnaient sur les peuples, et l’Europe était une grande aristocratie, partagée en plusieurs aristocraties plus petites, toutes relevant d’elle, toutes soumises a son influence, a ses jugemens, a ses arrêts.

Toute institution fondée sur une opinion ne doit pas durer plus long-temps qu’elle. Luther, en ébranlant dans les esprits ce vieux respect qui faisait la force du clergé, désorganisa l’Europe. La moitié des Européens s’affranchit des chaînes du papisme, c’est-à-dire brisa le seul lien politique qui l’attachât a la grande société.

Le traité de Westphalie établit un nouvel ordre de choses par une opération politique, qu’on appela équilibre des puissances. L’Europe fut partagée en deux confédérations qu’on s’efforçait de maintenir égales: c’était créer la guerre et l’entretenir constitutionnellement; car deux ligues d’égale force sont nécessairement rivales, et il n’y a pas de rivalités sans guerres.

Dès-lors chaque puissance n’eut d’autre occupation que d’accroître ses forces militaires. Au lieu de ces chétives poignées de soldats levées pour un temps et bientôt licenciées, on vit partout des armées formidables, toujours sur pied, presque toujours actives; car depuis le traité de Westphalie la guerre a été l’état habituel de l’Europe.

C’est sur ce désordre, qu’on a appelé et que même encore on appelle la base du système politique, que l’Angleterre éleva sa grandeur. Plus habile que les peuples du continent, elle vit ce que c’était que cet équilibre; et, par une double combinaison, elle sut le tourner a son profit et au détriment des autres.

Séparée du continent par la mer, elle cessa d’avoir rien de commun avec ceux qui l’habitent, en se créant une religion nationale et un gouvernement différent de tous les gouvernemens de l’Europe. Sa constitution fut fondée, non plus sur des préjugés et des coutumes, mais sur ce qui est de tous les temps et de tous les lieux, sur ce qui doit être la base de toute constitution, la liberté et le bonheur du peuple.

Affermie au–dedans par une organisation saine et forte, l’Angleterre se porta toute entière au-dehors pour y exercer une grande action. Le but de sa politique extérieure fut la domination universelle.

Elle a favorisé chez elle la navigation, le commerce et l’industrie, et les a entravés chez les autres. Des gouvernemens arbitraires pesaient sur l’Europe, elle les a soutenus de son pouvoir, et a réservé pour elle seule la liberté et les biens qu’elle donne. Son or, ses armes, sa politique, elle a tout fait agir pour maintenir cet équilibre prétendu, qui, détruisant les unes par les autres les forces du continent européen, la laissait libre de tout faire impunément.

C’est de ce double système politique qu’est sorti ce colosse de la puissance anglaise qui menace d’envahir le monde; c’est par là que, libre et heureuse au dedans, dure et despote au–dehors, l’Angleterre, depuis un siècle, se joue de l’Europe entière, qu’elle remue selon son caprice.

Un tel état de choses est trop monstrueux pour qu’il puisse durer encore. Il est de l’intérêt de l’Europe de s’affranchir d’une tyrannie qui la gêne, il est de l’intérêt de l’Angleterre de ne pas attendre que l’Europe armée vienne se délivrer elle-même.

Qu’on ne s’y trompe pas: ce ne sont pas ici de ces maux qu’on guérit par des négociations secrètes, par de petites opérations de cabinet; il n’y a point de repos, ni de bonheur possibles pour l’Europe, tant qu’un lien politique ne ralliera pas l’Angleterre au continent dont elle est séparée.

L’Europe a formé autrefois une société confédérative unie par des institutions communes, soumise a un gouvernement général qui était aux peuples ce que les gouvernemens nationaux sont aux individus: un pareil ordre de choses est le seul qui puisse tout réparer.

Je ne prétends pas sans doute qu’on tire de la poussière cette vieille organisation qui fatigue encore l’Europe de ses débris inutiles: le dix-neuvième siècle est trop loin du treizième. Une constitution, forte par elle-même, appuyée sur des principes puisés dans la nature des choses et indépendans des croyances qui passent et des opinions qui n’ont qu’un temps: voila ce qui convient a l’Europe, voila ce que je propose aujourd’hui.

De même que les révolutions des empires, lorsqu’elles se font par les progrès des lumières, amènent toujours un meilleur ordre de choses, de même la crise politique qui a dissous le grand corps européen, préparait a l’Europe une organisation plus parfaite.

Cette réorganisation ne pouvait se faire subitement, ni d’un seul jet; car il fallait plus d’un jour pour que les institutions vieillies fussent entièrement détruites, et plus d’un jour aussi pour qu’on en créât de meilleures; celles-ci ne devaient s’élever, celles-là tomber en ruines que lentement et par des degrés insensibles.

Le peuple anglais, que sa position insulaire rendait plus navigateur que les autres peuples de l’Europe, et par conséquent plus libre des préjugés et des habitudes natales, fit le premier pas, en rejetant le gouvernement féodal pour une constitution jusqu’alors inconnue.

Les restes à-demi détruits de l’ancienne organisation européenne subsistèrent dans tout le continent; les gouvernemens retinrent leur première forme, quoiqu’un peu modifiée en quelques endroits; le pouvoir de l’église méconnu dans le nord, ne fut plus, dans le midi, qu’un instrument de servitude pour les peuples et de despotisme pour les princes.

Cependant l’esprit humain ne restait point inactif; les lumières s’étendaient et achevaient partout la ruine des anciennes institutions: on corrigeait des abus, on détruisait des erreurs, mais rien de nouveau ne s’établissait.

C’est qu’il fallait que l’esprit novateur fût appuyé d’une force politique, et que cette force, résidant dans la seule Angleterre, ne pouvait lutter contre les forces du continent entier, qui servaient de rempart a tout ce qui restait du régime arbitraire et de l’autorité du pape.

Aujourd’hui que la France peut se joindre a l’Angleterre, pour être l’appui des principes libéraux, il ne reste plus qu’à unir leurs forces et à les faire agir, pour que l’Europe se réorganise.

Cette union est possible, puisque la France est libre ainsi que l’Angleterre; cette union est nécessaire, car elle seule peut assurer la tranquillité des deux pays, et les sauver des maux qui les menacent; cette union peut changer l’état de l’Europe, car l’Angleterre et la France unies sont plus fortes que le reste de l’Europe.

Tout ce que peut celui qui écrit, c’est de montrer ce qui est utile; l’exécuter n’appartient qu’à ceux qui ont en main la puissance.

MESSEIGNEURS, vous seuls pouvez hâter cette révolution de l’Europe, commencée depuis tant d’années, qui doit s’achever par la seule force des choses, mais dont la lenteur serait si funeste.

Et ce n’est pas seulement l’intérêt de votre gloire qui vous y invite, mais un intérêt plus puissant encore, le repos et le bonheur des peuples que vous gouvernez.

Si la France et l’Angleterre continuent d’être rivales, de leur rivalité naîtront les plus grands maux pour elles et pour l’Europe; si elles s’unissent d’intérêts, comme elles le sont de principes politiques, par la ressemblance de leurs gouvernemens, elles seront tranquilles et heureuses, et l’Europe pourra espérer la paix.

La nation anglaise n’a plus rien a faire pour sa liberté ni sa grandeur: liberté générale, activité générale, voila ce qu’elle doit désirer, voila ce qu’elle doit chercher à faire naître; mais si elle persiste dans son despotisme, si elle ne renonce pas a sa politique ennemie de toute prospérité étrangère, on sait de quelle manière l’Europe a puni sur la France une ambition moins tyrannique.

Pulsuz fraqment bitdi.

Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
16 yanvar 2025
Həcm:
70 səh. 1 illustrasiya
ISBN:
4064066335823
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
Yükləmə formatı:

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