Kitabı oxu: «Rimes familières»

Şrift:

Camille Saint-Saëns

Rimes familières


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066088903

Table des matières

PRÉLUDE

STROPHES

LA LIBELLULE

MEA CULPA

À M. JACQUES D***

À MADAME PAULINE VIARDOT

CAVE CANEM

À M. GABRIEL FAURÉ

LE CHÊNE

MODESTIE

À AUGUSTA HOLMÈS

À LA MÊME

ΓΝΩΤΙ ΣΕΑΥΤΟΝ

À M. PIERRE B***

À GRENADE.

NE SOYONS PAS TROP DÉBONNAIRES

LES HEURES

SÆVA MATER AMORUM

ADAM ET ÈVE

SONNETS

CHARLES GOUNOD

À M. HENRI SECOND

À M. GEORGES AUDIGIER

À M. R. DE LA B***

CADIX

LE FOUJI-YAMA

POÉSIES DIVERSES

ADIEU

EN ESPAGNE

LE JAPON

L'ARBRE

LA STATUE

MORS

LE PAYS MERVEILLEUX

BOTRIOCÉPHALE

FIN

PRÉLUDE

Table des matières

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À. M. L. J. C.

Te souviens-tu de la tonnelle

Où nous déjeunâmes si bien?

De l'étincelante prunelle

De la servante, et de son chien?

De l'omelette savoureuse?

De notre langage indiscret?

De la route au soleil poudreuse

Et des chênes de la forêt?

En déjeunant, la Poésie

Fut le thème de nos discours,

Et le goût de cette ambroisie

À ma lèvre est resté toujours.

Pourquoi? je ne saurais le dire,

Mais c'est un fait; pour mon malheur,

Je souffre à présent le martyre

Qui s'attache au flanc du rimeur.

Je suis prisonnier de la Lyre;

Apollon s'est fait mon geôlier.

Si rien ne calme ce délire

Je deviendrai fou à lier!

C'est toi, méchant petit gavroche,

Qui m'as fait ce cadeau fatal!

Ah! que n'es-tu sur une roche

Resté dans ton pays natal

Où l'huile vierge mais épaisse,

L'ayoli prompt à revenir,

La brandade et la bouillabaisse

Auraient bien dû te retenir!

Mais non! c'est trop d'ingratitude!

Pardonne à mon esprit pervers.

Entre nous, c'est la solitude

Qui m'a mis la tête à l'envers.

Tu ne seras pas responsable

Si mes vers me sont reprochés;

C'est moi seul qui suis le coupable

Et je t'absous de mes péchés.

Ou plutôt je te remercie:

Tu m'as ouvert un coin des cieux.

Sache-le bien: la Poésie

Est ce qui console le mieux.

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STROPHES

Table des matières

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LA LIBELLULE

Table des matières

Près de l'étang, sur la prêle

Vole, agaçant le désir,

La Libellule au corps frêle

Qu'on voudrait en vain saisir.

Est-ce une chimère, un rêve

Que traverse un rayon d'or?

Tout à coup elle fait trêve

À son lumineux essor.

Elle part, elle se pose,

Apparaît dans un éclair

Et fuit, dédaignant la rose

Pour le lotus froid et clair.

À la fois puissante et libre,

Sœur du vent, fille du ciel,

Son aile frissonne et vibre

Comme le luth d'Ariel.

Fugitive, transparente,

Faite d'azur et de nuit,

Elle semble une âme errante

Sur l'eau qui dans l'ombre luit.

Radieuse elle se joue

Sur les lotus entr'ouverts,

Comme un baiser sur la joue

De la Naïade aux yeux verts.

Que cherche-t-elle? une proie.

Sa devise est: cruauté.

Le carnage met en joie

Son implacable beauté.

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MEA CULPA

Table des matières

Meâ culpâ! je m'accuse De n'être point décadent. Dans les fruits trop verts, ma Muse N'ose pas mettre la dent.

Les gambades périlleuses

Ne sont pas de mon ressort:

Ces gaîtés sont dangereuses

Pour qui n'est pas assez fort.

La témérité m'enchante

Chez les jeunes imprudents;

Mais tranquillement je chante,

Laissant passer les ardents.

Ils vont, rompant tous les câbles,

Franchissant tous les fossés,

Truffant d'étranges vocables

Les hémistiches cassés,

Et composent des salades

De couleurs avec des sons,

À faire tomber malades

Les strophes et les chansons.

Du diable si je m'y frotte!

Tout ça n'est pas pour mon nez;

On m'enverrait à la hotte

Avec les journaux mort-nés.

Je deviendrais vite aphone,

Si j'allais en étourdi

M'égosiller comme un Faune

Fêtant son après-midi.

Laissons tous ces jeux d'adresse

À l'érudit, au savant.

Ce qui siérait à l'Altesse

Ne vaut rien pour le manant.

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À M. JACQUES D***

Table des matières

Jeune homme heureux à qui tout sourit dans la vie,

Garde bien ton bonheur!

Tu n'as jamais connu la haine ni l'envie;

La paix est dans ton cœur.

Ta mère n'est plus là: mais ton père est un frère

Et ta femme est un ciel;

La coupe qui souvent n'a qu'une lie amère

Pour toi n'a que du miel.

Peut-être voudrais-tu guerroyer dans l'armée

Des conquérants de l'Art,

Et qu'un jour t'acclamant, pour toi la Renommée

Déployât l'étendard.

Imprudent! fuis la route où son clairon résonne!

Elle mène à l'enfer.

Si la déesse au front nous met une couronne,

La couronne est de fer.

Tu connaîtras, hélas! si ton char met sa roue

Dans ce chemin glissant,

L'ornière qui se creuse, et le froid sur ta joue

De l'Aquilon puissant!

Tu connaîtras les yeux menteurs, l'hypocrisie

Des serrements de mains,

Le masque d'amitié cachant la jalousie;

Les pâles lendemains

De ces jours de triomphe où le troupeau vulgaire

Qui pèse au même poids

L'histrion ridicule et le génie austère

Vous met sur le pavois!

La Gloire est infidèle et c'est une maîtresse

Plus âpre que la mort.

Quand on a le bonheur, à quoi bon cette ivresse?

Crains de tenter le Sort!

Je sais qu'on avertit en vain ceux que dévore

La soif de l'inconnu.

Si le soir est trompeur, souviens-toi qu'à l'aurore

Je t'avais prévenu.

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3,95 ₼

Janr və etiketlər

Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
16 yanvar 2025
Həcm:
27 səh. 1 illustrasiya
ISBN:
4064066088903
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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