Kitabı oxu: «Correspondance de M. de Rémusat pendant les premières années de la Restauration. III»

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Charles de Rémusat

Correspondance de M. de Rémusat pendant les premières années de la Restauration. III


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066330583

Table des matières

OUVRAGES DE M. CHARLES DE RÉMUSAT DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE

CLXIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXIV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXVI. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXVI MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXVIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXIX. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXX. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXXI. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXXII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS

CLXXIII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXIV. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXV. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXVI. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXVII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXVIII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXIX. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXX. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXXI. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXXXII. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXXIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXXXIV. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXXV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXXXVI. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXXVII. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CLXXXVIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CLXXXIX. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CXC. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CXCI. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CXCII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CXCIII. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CXCIV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CXCV. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CXCVI. CHARLES DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CXCVII. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CXCVIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CXCIX. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CC. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCI. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCIV. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCVI. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCVII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCVIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCIX. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCX. CHARLES DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXI. CHARLES DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXIII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXIV. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE

CCXV. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXVI. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXVII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXVIII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXIX. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXX. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXXI. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCXXII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE

CCXXIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, AU CHATEAU DU MARAIS, PAR ARPAJON (SEINE-ET-OISE) .

CCXXIV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, AU MARAIS.

CCXXV. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXXVI. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE

CCXXVII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXXVIII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXXIX. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE

CCXXX. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE

CCXXXI. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXXXII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXXXIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, CHEZ M. LE COMTE MOLÉ A CHAMPLATREUX.

CCXXXIV. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXXXV. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXXXVI. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXXXVII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT. A LILLE.

CCXXXVIII. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXXXIX. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXL. MADAME DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE

CCXLI. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXLII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCXLIII. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXLIV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCXLV. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXLVI. CHARLES DE RÉMUSAT A M. DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCXLVII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS

CCXLVIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCXLIX. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCL. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLI. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE

CCLII. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLIV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLVI. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLVII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLVIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLIX. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLX. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLXI. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLXII. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLXIII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLXIV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLXV. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLXVI. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLXVII. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLXVIII. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLXIX. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE,

CCLXX. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLXXI. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLXXII. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLXXIII. CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE.

CCLXXIV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES. DE RÉMUSAT, A PARIS.

CCLXXV. MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

OUVRAGES
DE M. CHARLES DE RÉMUSAT DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE

Table des matières

ESSAIS DE PHILOSOPHIE. 2volumes in-8. Paris, Ladrange, 1842.

DE LA PHILOSOPHIE ALLEMANDE, rapport à l’Académie des sciences morales et politiques. In-8. Paris, Ladrange, 1845.

SAINT ANSELME DE CANTORBÉRY, sa vie et sa philosophie. In-8. Paris, Didier, 1853.

ABÉLARD, sa vie, sa philosophie et sa théologie. Nouvelle édition, 2volumes in-8. Paris, Didier, 1855.

L’ANGLETERRE AU XVIIIe SIÈCLE, études et portraits. 2vol. in-8. Paris, Didier, 1856.

BACON, sa vie, son temps, sa philosophie et son influence jusqu’à nos jours. In-18. Paris, 1857.

CRITIQUES ET ÉTUDES LITTÉRAIRES, ou passé et présent. Nouvelle édition, revue et considérablement augmentée. 2volumes in-18. Paris, Didier, 1857.

POLITIQUE LIBÉRALE, ou Fragments, pour servir à la défense de la Révolution française. In-8. Paris, Michel Lévy, 1860.

PHILOSOPHIE RELIGIEUSE. De la théologie naturelle en France et en Angleterre. In-18. Paris, Baillière, 1864

HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE EN ANGLETERRE, depuis Bacon jusqu’à Locke. 2vol. In-8. Paris, Didier, 1875.

ABÉLARD, drame inédit, publié avec une préface et des notes, par PAUL DE RÉMUSAT. In-8. Paris, Calmann Lévy, 1877.

LA SAINT-BARTHÉLEMY, drame inédit, publié par PAUL DE RÉMUSAT, In-8. Paris, Calmann Lévy, 1878.

MÉMOIRES DE MADAME DE RÉMUSAT, 1802-1808, publiés avec une préface et des notes, par son petit-fils, PAUL DE RÉMUSAT, sénateur de la Haute-Garonne. 3vol. in-8. Paris, Calmann L’évy, 1880.

LETTRES DE MADAME DE RÉMUSAT (1804-1814), publiées par son petit-fils PAUL DE RÉMUSAT, sénateur de la Haute-Garonne, 2vol. in-8. Paris, Calmann Lévy, 1881.

BOURLOTON.–Imprimeries réunies, B.

CORRESPONDANCE

DE

M. DE RÉMUSAT

PENDANT LES PREMIÈRES ANNÉES DE LA RESTAURATION

PUBLIÉE PAR SON FILS

PAUL DE RÉMUSAT

SÉNATEUR

III


PARIS

CALMANN LÉVY, ÉDITEUR

ANCIENNE MAISON MICHEL LÉVY FRÈRES

3, RUE AUBER, 3

1884

Droits de reproduction et de traduction réservés.

CORRESPONDANCE
DE
M. DE RÉMUSAT PENDANT LES PREMIÈRES ANNÉES DE LA RESTAURATION

Table des matières

CLXIII.
MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

Table des matières

Toulouse, vendredi31janvier1817.

Je n’ai envoyé aucune de vos chansons à Paris. Rien de ce qui m’arrive de vous, en prose ou en vers, n’y retourne, et, si je le faisais, je vous le manderais sur-le-champ. Je me souviens des caquets de l’année dernière, et je n’ai même pas dit à madame de Vintimille de vous demander votre chanson, quoique je la trouve jolie. Vous avez raison d’être difficile sur le choix d’un copiste, il ne faut pas confier ces sortes de choses légèrement. Si cela se copiait aussi bien que Tacite, je vous proposerais ma belle plume; vous n’auriez pas peur cette fois que je misse mon esprit à la place du vôtre. A propos de Tacite, je suis toujours charmée de Tite-Live; quand je puis, j’en attrape quelque chose dans le latin, sinon dans la traduction de M. Dureau, qui avait fait les deux premières décades. Votre père et moi, nous faisons des réflexions à perte de vue sur ce gouvernement des Romains, sur ce degré d’exaltation patriotique chez un peuple brut encore et que le goût des lettres et des choses d’imagination n’avait point éveillé aux sentiments élevés, comme les Grecs; et puis nous disons que c’est une belle étude que l’histoire, et que nous vous la conseillons beaucoup. Comme j’étais ce matin toute remplie de mes réflexions à ce sujet, et des querelles des patriciens avec le peuple de Rome, en écrivant à madame N., je n’ai pu m’empêcher de traiter, le plus doucement que j’ai pu cependant, le chapitre noblesse dont elle m’avait entretenue. Vous me direz si son humeur féodale en a été effarouchée, et si elle vous lit cette partie de ma lettre comment vous la trouvez. Il me semble que je n’ai point frappé fort; il est vrai que j’en pense plus que je n’en dis; mais le peu qui m’est échappé pourrait bien encore être trop.

Je vois tout ce que vous me contez comme si j’étais dans notre faubourg, et je ne m’aviserai pas de risquer aucun conseil, car il serait mal reçu. Il n’y a guère que notre cousin qui pût traiter ce sujet, mais je ne répondrais pas qu’il ne finit par nommer qui l’en aurait prié. Il vaut donc mieux laisser aller tout cela, et se fier à l’habileté de la personne en question, qui se tire ordinairement assez adroitement des embarras qu’elle aime à se créer. Il faudrait lui souhaiter, à cette personne, quelque peu de mon goût pour les choses. Vous devez souvent vous trouver un peu gêné, au travers de tout cela, et surtout dans l’obligation où vous êtes de ravaler des idées justes et raisonnables. Mais cette sorte de contrainte vous sera utile pour le reste de votre vie, et vous aurez conçu de bonne heure le bon sens qu’il y a dans ce mot de Fontenelle sur les vérités qu’il garderait dans sa main. A propos de mot, vous m’en avez écrit un, l’autre jour, qui m’a charmée, parce qu’il est d’une justesse extrême: «On passe sa vie, disiez-vous, à être jugé sans être compris.» Votre père a poussé une sorte de soupir approbatif en l’écoutant, et, moi, j’ai crié bien haut: «Bon Dieu! qu’il a raison!» Vous avez encore bien raison quand vous dites, après, qu’on est dédommagé par certaines approbations; mon aimable enfant, vous savez ce que je pense de la vôtre.

Ils font ici courir cent nouvelles. Il y en a une qui est un vrai brandon. S’il est vrai que les princes aient écrit au Roi, cela ne suffit pas à nos insensés. Ils prétendent qu’il y a une protestation des princes signée et déposée dans les mains du chancelier. Que serait donc une protestation contre une loi proposée légalement par le Roi dans toute la plénitude de son pouvoir, et consentie par une Chambre légale aussi? Et, là-dessus, chacun invente de faire sa petite protestation secrète. J’espère cependant que tout cela n’aura nulle suite, mais la passion fait extravaguer ces gens-ci; ils débitent plus que jamais que le Roi est malade, et on est obligé de rassurer également le peuple et la bourgeoisie à cet égard. La dernière nouvelle d’aujourd’hui, c’est que M. Molé est à l’Intérieur, et M. Lainé un peu malade passe à la Marine, pour se reposer.

Comme vous aimez assez, comme moi, à faire experimentum in anima vili, vous pourriez bien vous amuser un quart d’heure des émotions de notre magistrature depuis ce changement de seigneur. Notre premier n’en est point charmé et le dit assez bonnement, parce qu’il est vrai. Le Gary s’inquiète beaucoup de petits méfaits passés, craint l’homme aux gros yeux plus qu’il ne le mérite, je crois, et, d’ailleurs, marche dans une bonne voie aujourd’hui, parce qu’il suit le vent. Le Combettes relève la tête que ses dernières correspondances avaient fortement baissée; on lui écrivait de tout étouffer, de ménager, de prendre garde; il ne savait plus où il en était, découvrait d’assez hautes choses qu’on refusait d’entendre; enfin, on l’avait mis à la tranchée et on l’y laissait. Le voilà ranimé, et sûrement il aura écrit une rame de papier à son nouveau ministre.

Nous sommes contents du rapport sur le budget On a parlé avec décence et vérité des dépenses de certains ministres; il me semble que tout cela est raisonnable, mais cela n’empêchera pas les La Bourdonnaye et consorts de se faire inscrire contre. Au reste, on est très fâché ici de voir sortir MM. de Corbière et de Castelbajac, et fâché aussi que le sort ne soit pas tombé sur ce La Bourdonnaye qu’on trouve qui gâte le parti. Administrés et administrateurs se réjouissent d’en avoir pour quatre ans à respirer. Mon fils, est-ce que je serai encore loin de vous dans quatre ans? J’ai pourtant, hier, planté dans mon jardin des jonquilles pour le mois de juin. Vous voyez que je me résigne assez bien; au fond, je suis une bonne femme, et, dès que mon monde ne fait plus que m’ennuyer, je m’en accommode fort bien. Il me semble que je respirerai mieux quand je pourrai évaporer mes mauvaises humeurs au milieu de mes fleurs et de mes rossignols, et, pourvu que le grain ne renchérisse pas trop, et qu’on ne nous assassine pas, je serai tranquille et dans ma sérénité habituelle.

M. de R… me disait, l’autre jour, qu’il m’adorait; je lui ai répondu: «C’est votre excuse auprès des ultrà; vous n’auriez jamais le courage de leur dire tout bonnement que vous m’aimez.» Je trouve cette réponse fort bonne, en y pensant; contez-la de ma part à madame Chéron. Vraiment, elle me paraît excellente. Je voudrais donner à ce petit homme un peu de zon-zon (en prenant ce mot dans son acception métaphysique, vous m’entendez-bien). Il a de l’esprit, une mémoire admirable, toute chargée de je ne sais quoi, et, avec tout cela, il m’ennuie à mort; quand il sort de chez moi, il me semble que j’ai mangé trop de pastilles; je crois que j’aime mieux Tricou.

Je suis charmée que madame M. m’aime; d’abord parce que vous l’aimez, et puis… ma foi, je n’ai pas d’autre raison. C’est un peu fort, cependant, de dire qu’elle ait beaucoup d’esprit. M. de Talleyrand vous répondrait: «Non, elle n’a pas d’esprit; mais elle a de l’entente.» C’est son mot favori, et là il est bien. Si Paris me revoit, ce sera un de nos premiers sujets de dispute avec votre tante; le mari pourra bien en être une seconde, et d’autres encore, et de tout cela je tâcherai de n’avoir de dispute sur personne; je suis devenue très conciliante. Ce dont je suis bien sûre, c’est de ne pas me dis– puter avec vous.

CLXIV.
MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS.

Table des matières

Toulouse, lundi3février1817.

Je suis fort contente du discours de M. Molé; il a été neuf sur une matière qui semblait usée, et il a fort bien dit. Votre père persiste à dire que la loi n’amènera aucun trouble, et que les choix seront bons en masse, et j’ai confiance en son opinion. Il m’a fait bien rire, hier, en me contant que sa matinée, c’était le dimanche, avait été employée à recevoir, les uns après les autres, tous nos magistrats grands et petits, qui, se flattant de le trouver libre, sont venus lui parler de sa parenté avec le nouveau ministre, lui en faire l’éloge, s’ouvrir sur leurs secrets sentiments, et lui avouer qu’ils avaient toujours pensé que la justice ne marcherait bien que lorsqu’on aurait fait un tel choix. Quelles marionnettes nous sommes tous! Le soir, mon petit salon était tout noir des habits de nos juges et de nos conseillers, et moi, souffrante, étendue sur ma chaise longue, je riais dans mon bonnet de nuit des longs compliments qu’on m’adressait. Plus tard, est arrivé M. de M. que j’ai reçu de haut, et qui avait l’air un peu empêtré. Il craint beaucoup que son ami Castelbajac ne soit point nommé dans le Gers; il m’a trouvée un peu endurcie contre un tel malheur. Comme je suis en mauvais train de santé, je me suis donné congé pour demain. J’ai écrit des billets d’excuse, et je veux me ménager pour me trouver mercredi à un grand bal que donne madame de Rességuier, où sera toute la ville, et où je me trouverai en visum-visu de mes mortelles ennemies; cela m’amusera, car je commence à profiter fort bien de vos conseils, et, comme vous dites, vous et Voltaire:

A me moquer un peu de mes sots ennemis.

Janr və etiketlər

Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
16 yanvar 2025
Həcm:
361 səh. 2 illustrasiyalar
ISBN:
4064066330583
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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