Kitabı oxu: «L'envers d'une campagne : Italie 1859»

Şrift:

Charles Joliet

L'envers d'une campagne : Italie 1859


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066305482

Table des matières

A EDMOND TEXIER

EN TÉMOIGNAGE DE VIVE SYMPATHIE

AU LECTEUR

ITINÉRAIRE

L’ENVERS D’UNE CAMPAGNE

ITALIAM

A BORD DU SAHEL

UNE VISITE A ALPHONSE KARR

GÊNES

ARQUATA

VILLAVERNIA

TORTONE

MONTEBELLO

PONTE CURONE

LA MARCHE DES RÉGIMENTS .

VOGHERA

UNE PANIQUE

MONTEBELLO

UN ESPION

CASALE

BULLETIN DE LA GUERRE (N° 59)

VERCELLI

TONY

ROUTE DE BORGO-VERCELLI

MAGENTA

LA CASA PIANTARINA

LE CAPITAINE M***

LA BICOCCA

BATAILLE

SAN-MARTINO DEL TICINO

MAGENTA

CHAMP DE BATAILLE

MELEGNANO

CINQ HEURES A MILAN

LA FERME DE SAN-MARTINO

LES MORTS

LE SERGENT ROI

LE PRESBYTÈRE

PARENTHÈSE

UNE LETTRE PARISIENNE

LES VILLAGES

LES PAYSANS

ÉTAPE HUMORISTIQUE

UN DINER A CASSANO

L’ADDA

TREVIGLIO

UN MOT SUR LA PEINTURE

MÉMORABLE ENTRETIEN AVEC GIVAUDAN FILS DES SOMMETS

LES CIGALES

MOZZANICA

URAGO D’OGLIO

TRENZANO

BRESCIA

LA VILLE

MARC

AU CAMP DE RHO

ESENTA

SOLFERINO

POZZOLENGO

MOZAMBANO

CASA BUSETTA

LE MORNE AUX BLAGUEURS

CASTELNUOVO

LE MORNE AUX BLAGUEURS

ARMISTICE

LA PAIX

L’ÉMIGRATION DE VENISE

EXPÉDITION NOCTURNE

MUSEO PATRIO

LA MAISON DE CATULLE

LE LAC DE GARDE

BRESCIA

CHIARI

TREVIGLIO

SÉJOUR A MILAN

HISTOIRE D’AMOUR

LE LAC DE COME

JOSEPH FRANCK

UNE SOIRÉE A LA SCALA

RETOUR


Les événements qui s’accomplissent en Italie donnent à ce livre un intérêt d’actualité.

C’est la campagne de 1859 qui recommence aux lieux mêmes où elle s’est arrêtée, et l’enjeu est encore une fois Venise.

L’intérêt du moment sera favorable à ce livre; cependant il était destiné à paraître dans sa ferme humoristique, et sa publication était annoncée depuis longtemps.

LES ÉDITEURS

A EDMOND TEXIER

Table des matières

EN TÉMOIGNAGE DE VIVE SYMPATHIE

Table des matières

CHARLES JOLIET

AU LECTEUR

Table des matières

«Celui qui a vu peut prétendre à se faire lire.»

J’étais attaché à la Trésorerie de l’armée française, au quartier général du maréchal Baraguey- d’Hilliers, et j’ai suivi jour par jour, heure par heure, cette guerre au clocher, cette campagne au pas de course qui s’appelle la deuxième campagne d’Italie.

J’ai essayé de rendre ce que j’ai vu et senti avec sincérité, la sincérité étant la meilleure recommandation d’un récit comme celui que je présente au public.

Ceci n’est pas un guide et encore moins un livre d’histoire. Aussi je parlerai fort peu d’art et presque pas de la guerre, et si je me hasarde à faire gronder le canon entre une réflexion et une anecdote, c’est qu’une note grave et sourde fait bien dans un concerto de violon.

J’ai écrit mon Odyssée de la façon la plus amusante que j’ai pu, car je hais l’affectation et l’émotion factice. Voilà pourquoi on trouvera une grande légèreté d’allures dans ces pages intimes, feuillets épars, griffonnés à la hâte sous des impressions d’esprit bien diverses, auxquelles je laisse le ton de l’heure où elles sont nées.

Il appartient aux historiens d’assigner la part qui revient aux vainqueurs et aux vaincus, et je me bornerai au récit de mes impressions personnelles. J’espère que le lecteur aura pour moi une heure de bienveillance et ne trouvera pas mon «moi» trop odieux. J’avais d’abord écrit pour conserver mes souvenirs. Si le public y trouve quelque délassement et quelque intérêt, j’aurai la récompense des voyageurs, qui sont assez payés d’être écoutés volontiers.

CHARLES JOLIET.

ITINÉRAIRE

Table des matières

AVRIL 1850

De Paris à Marseille, 29 avril.

MAI

Marseille, 30 avril-3 mai.

En mer (à bord du Sahel). 4 mai.

Villafranca-Nice, 5 mai.

Gênes, 6-12 mai.

Arquata, 13 mai.

Villavernia, 14 mai.

Tortone, 15 mai.

Ponte-Curone, 16-20 mai.

Voghera, 21-22 mai.

Montebello, 23-27 mai.

Voghera, 28 mai.

Sale, 29 mai.

Valenza, 30 mai.

Casale, 31 mai.

JUIN

Vercelli (Borgo-Vercelli), 1er juin. Novare, 2-5 juin. San Martino del Ticino-Magenta-Boffalora, 6 juin. San Pietro all’ Olmo, 7 juin. Milan (ferme de San Martino), 8 juin. Melegnano, 9-10 juin. Segraté, 11 juin. Melzo, 12 juin. Cassano-Treviglio, 13 juin. Mozzanica, 14-15 juin. Urago d’Oglio, 16 juin. Trenzano, 17 juin. Brescia, 18-20 juin. Au camp de Rho, 21-22 juin. Esenta, 23 juin. Castiglione-Solferino, 24 juin. Pozzolengo, 25-29 juin.

JUILLET

Mozambano, 30 juin-1er juillet. Castel nuovo, 2-17 juillet. Dezenzano, 18-20 juillet. Brescia, 21-23 juillet. Chiari, 24 juillet. Treviglio, 25 juillet. Milan, 26 juillet-13 août.

AOUT.

Turin-Suze, 13 août.

Mont-Cenis. — Saint-Jean de Maurienne, 14 août.

Chambéry-Paris, 15 août.

L’ENVERS D’UNE CAMPAGNE

Table des matières

ITALIAM

Table des matières

Paris, 29 avril 1859.

J’ai fait mes adieux à Paris, et je ne raconterai pas ici l’emploi de mes dernières journées; c’est l’histoire de tous les voyageurs. Il n’y a que les hirondelles qui s’embarquent sans bagages et sans feuille de route, le cœur léger, la tête libre et les ailes déployées au vent qui les emporte avec le dernier rayon de soleil.

Marseille, 30 avril, 1er, 2,3 mai.

Le vendredi soir (je ne suis pas superstitieux) 29 avril, j’ai pris le chemin de fer de Marseille, où je suis arrivé le lendemain à quatre heures du soir. Les quatre jours que j’y ai passés m’ont semblé longs.

3 mai. — Les ordres de départ sont arrivés.

A BORD DU SAHEL

Table des matières

Enfin, j’ai commencé mon premier voyage maritime! Nous sommes à bord du Sahel, en partance pour Gênes. Nos chevaux sont embarqués. Il est dix heures du soir. Le navire quitte le port, et je reste à regarder la manœuvre, malgré une pluie fine et glacée qui tombe depuis trois heures de l’après-midi.

Je m’attendais à une émotion en laissant derrière moi les becs de gaz, dont la lumière éloignée me dit que nous fuyons les côtes de France. Cela ne m’a absolument rien fait.

Je me suis réveillé ce matin dans une cabine, tout étonné de ne pas être malade. Après un solide déjeuner, je suis monté sur la dunette du navire où se promènent quelques officiers.

— Et le mal de mer? me dit un capitaine d’artillerie, avec lequel j’avais dîné la veille, en m’offrant un cigare.

— J’en ai beaucoup entendu parler, répondis-je avec aplomb.

— Vous êtes bien heureux: presque tous nos camarades sont indisposés. Voici du feu.

Nous côtoyons les îles d’Hières. A quelque distance, une frégate fait l’exercice à poudre et manœuvre comme un cheval bien dressé.

UNE VISITE A ALPHONSE KARR

Table des matières

Nice, 5 mai

La traversée de Marseille à Gênes est habituellement de vingt heures, ce qui fait que nous avons mis trois nuits et deux jours avant de débarquer. Outre le réel plaisir que j’éprouvai de n’avoir pas le mal de mer, un agréable mauvais temps m’a permis de passer une journée à Nice et de faire une visite à Alphonse Karr, fils de Voltaire, qui s’intitule dans l’Almanach-Didot: ALPHONSE KARR, jardinier à Nice. Je n’accuserai donc pas ce pauvre Sahel; il a sombré en 1863. Il avait un million à bord: il sera regretté.

Après être resté en panne la deuxième nuit, à cause de nos pauvres chevaux, ballottés sur leurs sangles par un roulis tempéré par du tangage, nous abordâmes à Villafranca. Pardonnez-moi «abordâmes» : ce mot-là est si marin!

Vous connaissez Villafranca. Vous voyez d’ici ses maisons blanches, groupées au bord de son port en miniature et adossées contre un versant des Alpes-Maritimes. De Villafranca, une voiture me conduisit à Nice, en compagnie de quelques passagers, par une route bordée d’oliviers. Leur feuillage, d’un gris verdatre, fait un contraste plein d’harmonie avec la végétation chaude et luxuriante qui les environne.

Une belle jeune fille, au teint cuivré, nous croisa sur le chemin. Elle était vêtue d’un jupon à bandes rouges et noires alternées, assez court pour laisser voir deux jambes fines et nerveuses, auxquelles le soleil avait donné les tons bruns du bois d’acajou. Elle allait nu-pieds et portait allégrement sur la tête un panier d’oranges acides fraîchement cueillies, qu’elle nous abandonna (détail vulgaire) à raison de cinq sous la douzaine. Elle aurait peut-être donné un baiser par-dessus le marché ; mais, en campagne, vous savez qu’il est de principe de ne pas embrasser les jolies filles.

Je ne vous dirai rien de Nice la Nonchalante. Le soleil était chaud, par exemple, et tombait d’aplomb. Nous avons grimpé le chemin en spirale, bordé d’ifs et de cyprès comme un cimetière oriental, qui conduit à la terrasse du château. De cette plate-forme, d’une élévation prodigieuse, l’œil embrasse un des plus beaux panoramas du monde: la Méditerranée, avec ses grandes zones qui changent de couleur à tous les jeux de la lumière, se noie dans les profondeurs d’un horizon immense; sur le rivage, Nice, la perle blanche des mers, se roule autour de son rocher comme un serpent au soleil; et, au fond du tableau, le rideau vert des Alpes-Maritimes.

En descendant, le Paillon à sec me fit penser au verre d’eau offert par Alexandre Dumas au Mançanarès. Une voiture passait, et je dis au cocher: «Alphonse Karr». Le véhicule niçois s’engagea bientôt sans hésitation dans un chemin étroit, à pic, raboteux et flanqué de murs jusqu’à la villa Saint-Etienne. L’écriteau qui surmontait la grille avait disparu. Il signifiait en termes polis: Les Anglais n’entrent pas ici, pour leur faire comprendre qu’ils n’étaient pas au jardin des plantes de Paris. Ces insulaires, si réservés chez eux, traitent les peuples étrangers en pays conquis. Ils vont à l’Opéra en casquette.

L’Angleterre est une île escarpée et sans bords,

Où l’on est peu poli quand on en est dehors.

Je me présente, moi, Français, bravement à la grille. Je donne mon nom. J’entre. Je n’ai pas la prétention de décrire la maison d’Alphonse Karr. Je vis une habitation charmante, dans un nid de verdure, des champs de fleurs et quelques animaux familiers.

Alphonse Karr apparut au bout d’une allée. Je le vois encore avec sa vareuse de velours noir; un imperceptible ruban rouge était noué à la boutonnière. Je le reconnus d’après ses portraits et ses caricatures. Sa physionomie, ouverte et Légèrement narquoise, vous est sans doute familière. C’était bien ce philosophe tranquille, qui manie la plume et la bêche à ses heures, et qui nous envoie de loin des guêpes cachées sous ses fleurs.

— Vous arrivez avec le mauvais temps, dit Alphonse Karr.

Trente degrés tout simplement.

En toute autre occasion, j’aurais évoqué le souvenir des promenades autour de ce jardin merveilleux, et j’aurais peut-être entendu le bourdonnement de l’escadron d’or des Guêpes, mais la guerre d’Italie fut le sujet de l’entretien. Alphonse Karr avait un neveu à l’armée. Mon temps était mesuré, je n’osais non plus abuser de l’hospitalité, et je pris congé.

C’est à Montebello que je trouvai le caporal Karr, campé en plaine, au pied de la colline que le village domine comme un nid d’aigle. Le hasard de la campagne nous rapprocha quelquefois. Le caporal Karr est sans doute officier à l’heure qu’il est. Si ces lignes le rencontrent, qu’il y trouve le bon souvenir de nos causeries, dont Alphonse Karr était le fond. D’une lettre de lui j’ai retenu cette pensée, qui résume le code du soldat à l’ennemi: Sois brave sans férocité.

J’ai repris la mer, enfin calme. Le lendemain, au lever du soleil, on frappait à coups redoublés à la porte de ma cabine: Gênes! Gênes! Nous entrons dans le port de Gênes!

GÊNES

Table des matières

Du 6 au 12 mai.

«Mer sans poissons, montagnes sans bois, hommes sans foi, femmes sans pudeur.» — (Proverbe génois.)

«Il y a tant de libertinage à Gènes qu’il n’y a pas de filles publiques —tant de prêtres qu’il n’y a pas de religion — tant de gens qui gouvernent qu’il n’y a pas de gouvernement — tant d’aumônes que les pauvres y fourmillent. » — DUPATY.

Tu l’as vue, assise dans l’eau,

Portant gaiment son mezzaro,

La belle Gènes,

Le visage peint, l’œil brillant,

Qui babille et joue en riant

Avec ses chaînes.

A. DE MUSSET.

«J’aime l’admiration, une des plus heureuses, de nos plus nobles facultés, et quand elle est autre chose qu’un engouement de commande ou un enthousiasme d’emprunt, le temps la fortifie au lieu de l’affaiblir. Elle ne se blase point. Je trouve même que la réalité des belles choses est supérieure à l’imagination, et en tout, j’ai plus senti que je n’avais rêvé. Une des choses qui font le plus de tort à la vérité, c’est la quantité incroyable de mauvaises raisons dont on l’appuie. On traite le beau comme la vérité, et l’on ne sait pas le louer sans lui prêter toutes sortes de mérites qu’on invente ou qu’on surfait. On se forge des règles pour approuver, des formules pour sentir.»

Ce passage de M. Charles Rémusat m’est revenu en mémoire, et je me suis promis, en posant le pied sur le sol de l’Italie, de me mettre en garde contre toutes les idées préconçues à l’endroit de cette terre tombée dans le domaine public et classique, pour garder la virginité de mes impressions.

N’en déplaise aux amateurs de rhétorique et aux ciseleurs de phrases, la première chose à faire, en arrivant à Gênes, est d’aller prendre un bain, et ensuite de déjeuner sous les orangers du café de la Concorde.

Toutefois, il ne faudrait pas croire que je professe le nil mirari d’Horace, et j’ai souffert plus d’une fois de ne pouvoir admirer et sentir. Les grandes émotions sont rares et rapides. Qui sait si les décors de l’Opéra et de la Porte-Saint-Martin ne m’ont pas gâté deux magnifiques spectacles: la mer que je voyais pour la première fois, et le port de Gênes au lever du soleil!...

On aurait beau fatiguer son imagination, évoquer ses souvenirs, rien ne saurait donner l’idée de la Superbe du côté de la mer. Quand on entre dans le port par un beau soleil, on est ébloui. La ville, batie en amphithéâtre circulaire, offre à l’œil ses échafaudages de palais de marbre, de brique rouge et de jardins suspendus... On cherche en vain une maison dans les trois grandes artères traversant la ville, la via Balbi, la via Nuova et la via Nuovissima, qui forment une longue enfilade de palais d’architectures et de couleurs variées.

«Les propriétaires de ces beaux palais, la plupart nobles et sénateurs, ignorent les beautés qu’ils possèdent ou ne l’apprennent que de l’admiration des étrangers ou de la renommée qui les vante. Au lieu d’habiter ces superbes appartements, ils logent dans des galetas, ils ne paraissent que les gardiens de leurs palais.»

Je ne pense pas que cette remarque de Dupaty soit juste aujourd’hui; on m’a dit cependant que certains propriétaires ruinés vivaient en partageant avec le custode les oboles du visiteur. Vivre pauvre à côté de tableaux qui font envie au Louvre, voilà qui me surprend et ne peut être attribué qu’à l’orgueil de ne pas livrer à l’étranger ces nobles héritages de leurs ancêtres.

A part les trois grandes artères que je viens de citer, le reste de la ville n’a pas un aspect monumental. Toutes les rues de Gênes sont étroites pour y conserver l’ombre et la fraîcheur. On m’avait affirmé qu’elles étaient fort malpropres. C’est peut-être en notre honneur qu’elles sont balayées plusieurs fois par jour, et leurs dalles de granit sont unies comme celles d’une cuisine hollandaise. Il n’y manque que des tapis.

Les ameublements des palais sont d’un luxe effrayant, et l’art y a entassé toutes ses merveilles. Les appartements sont vastes et clairs. L’air et l’eau circulent à flots. Partout le regard rencontre des jardins, des galeries, des colonnades, des statues; des péristyles dallés en mosaïque. Partout du marbre.

Les maisons sont très-élevées. J’ai compté jusqu’à dix étages.

Gênes est la seule ville qui m’ait laissé dans l’esprit le souvenir d’une physionomie vraiment originale, bien qu’elle soit transformée en place de guerre depuis mon arrivée. On ne voit que des uniformes, et, chaque jour, des navires jettent sur le port des milliers d’hommes avec l’épouvantable matériel de l’armée. Cependant, le dimanche (12 mai), jour de la fête donnée pour l’arrivée de l’Empereur, le peuple, débordant dans les rues, avait mis ses habits de gala, et les mezzaros blancs des Génoises, qui les font ressembler à des premières communiantes, se détachaient au milieu de la foule bigarrée.

Joignez à cela les troupes sous les armes, les cris de la multitude, les cloches sonnées à grandes volées, le bruit imposant et régulier du canon, et vous aurez vu une fête italienne.

Le soir, il y a eu représentation au théâtre Carlo-Felice.

Devant la façade de chaque palais, masquée par des drapeaux et des tentures multicolores de soie et de velours à franges d’or, brûlaient d’énormes cierges. L’illumination du port était splendide.

Nous sommes installés pour huit jours à la casa Bonino Ratto, strada interna della Chiapella, n° 39. Je ne suis pas fâché d’écrire cette adresse. Elle donne de la couleur locale à mon récit.

Nous avons un jardin qui domine la mer.

Le café de la Concorde est le centre de réunion des officiers. Il forme un grand parallélogramme dont les ailes encadrent un jardin merveilleux. On y mange bien, et l’on y prend des glaces exquises, surtout les glaces aux fruits.

Si vous voulez des détails sur les monuments et l’histoire de Gênes, achetez un Guide. Le plus beau monument ne vaut pas le café de la Concorde, où j’allais fumer mon cigare, le soir, sous ses acacias et ses orangers parfumés. Adieu, Gênes; adieu, café de la Concorde!

ARQUATA

Table des matières

13 mai.

Aujourd’hui, à cinq heures du matin, le chemin de fer de Gênes à Turin nous conduit à Arquata rejoindre l’état-major du maréchal Baraguey-d’Hilliers, dont nous suivrons les mouvements. Le lendemain, nous avons quitté cet odieux petit village.

Cette fois, me voici en campagne.

L’armée est en marche. Les divisions échelonnées sont en avant. Les bagages suivent; caissons, fourgons, voitures, chariots, chevaux, bœufs et mulets s’avancent à la file sur une longueur de deux ou trois kilomètres.

Depuis le matin, il tombe une de ces petites pluies fines qui vous trempent un homme jusqu’aux os en une demi-heure. Je supporte assez bien le froid ou le chaud; mais la pluie a le privilége d’endormir mes facultés morales. Mon Odyssée menaçait de commencer d’une façon lugubre, mais en Italie le soleil finit toujours par avoir le dernier mot. Au milieu de la route, j’abaissai le capuchon de mon caban à la vue du ciel qui avait repris ses belles teintes vertes et bleues.

Au moment d’entrer à Villavernia, deuxième étape d’une course qui ne devait s’arrêter qu’avec les Autrichiens, une bruyante clameur arriva à mes oreilles.

«J’entends rire mes zouaves, dit un capitaine; je parie qu’il est arrivé un accident.»

En effet, un zouave était tombé dans un fossé, plongé dans l’eau jusqu’à la ceinture, en compagnie d’un mulet.

3,93 ₼

Janr və etiketlər

Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
15 yanvar 2025
Həcm:
141 səh. 3 illustrasiyalar
ISBN:
4064066305482
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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