Kitabı oxu: «L'anarchie»

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Elisée Reclus

L'anarchie


Publié par Good Press, 2021

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066074685

Table des matières

La première de couverture

Page de titre

NOTICE PRÉLIMINAIRE

L'ANARCHIE

PARIS
Au Bureau des « TEMPS NOUVEAUX »
140, RUE MOUFFETARD, 140
1896
NOTICE PRÉLIMINAIRE

Table des matières

Les paroles qui suivent furent prononcées en 1894 dans la loge maçonnique des Amis Philanthropes de Bruxelles, quoique depuis trente-six années l'orateur, simple « apprenti », n'eût jamais, par principe, collaboré en quoi que ce soit à l'uvre de la société fermée des Francs-Maçons. D'autant plus doit-il remercier les « Frères » qui, ce jour-là, invitèrent le « Profane » à venir exposer ses idées.

Ce discours a été reproduit dans les livraisons 3, 4 et 5 de la première année des Temps Nouveaux (mai et juin 1895).

L'ANARCHIE

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L'anarchie n'est point une théorie nouvelle. Le mot lui-même pris dans l'acception d' « absence de gouvernement », de « société sans chefs », est d'origine ancienne et fut employé bien avant Proudhon.

D'ailleurs qu'importent les mots? Il y eut des « acrates » avant les anarchistes, et les acrates n'avaient pas encore imaginé leur nom de formation savante que d'innombrables générations s'étaient succédé. De tous temps il y eut des hommes libres, des contempteurs de la loi, des hommes vivant sans maîtres, de par le droit primordial de leur existence et de leur pensée. Même aux premiers âges nous retrouvons partout des tribus composées d'hommes se gérant à leur guise, sans loi imposées, n'ayant d'autre règle de conduite que leur « vouloir et franc arbitre », pour parler avec Rabelais, et poussés même par leur désir de fonder la « foi profonde » comme les « chevaliers tant preux » et les « dames tant mignonnes » qui s'étaient réunis dans l'abbaye de Thélème.

Mais si l'anarchie est aussi ancienne que l'humanité, du moins ceux qui la représentent apportent-ils quelque chose de nouveau dans le monde. Ils ont la conscience précise du but poursuivi et, d'une extrémité de la terre à l'autre, s'accordent dans leur idéal pour repousser toute forme de gouvernement. Le rêve de liberté mondiale a cessé d'être une pure utopie philosophique et littéraire, comme il l'était pour les fondateurs des cités du Soleil ou de Jérusalem nouvelles; il est devenu le but pratique, activement recherché, pour des multitudes d'hommes unis, qui collaborent résolument à la naissance d'une société dans laquelle il n'y aurait plus de maîtres, plus de conservateurs officiels de la morale publique, plus de geôliers ni de bourreaux, plus de riches ni de pauvres, mais des frères ayant tous leur part quotidienne de pain, des égaux en droit, et se maintenant en paix et en cordiale union, non par l'obéissance à des lois, qu'accompagnent toujours des menaces redoutables, mais par le respect mutuel des intérêts et l'observation scientifique des lois naturelles.

Sans doute, cet idéal semble chimérique à plusieurs d'entre vous, mais je suis sûr aussi qu'il paraît désirable à la plupart et que vous apercevez au loin l'image éthérée d'une société pacifique où les hommes désormais réconciliés laisseront rouiller leurs épées, refondront leurs canons et désarmeront leurs vaisseaux. D'ailleurs n'êtes-vous pas de ceux qui depuis longtemps, depuis des milliers d'années, dites-vous, travaillent à construire le temple de l'Égalité? Vous êtes « maçons », à seule fin de « maçonner » un édifice de proportions parfaites, où n'entrent que des hommes libres, égaux et frères, travaillant sans cesse à leur perfectionnement et renaissant par la force de l'amour à une vie nouvelle de justice et de bonté. C'est bien cela, n'est-ce pas, et vous n'êtes pas seuls? Vous ne prétendez point au monopole d'un esprit de progrès et de renouvellement. Vous ne commettez pas même l'injustice d'oublier vos adversaires spéciaux, ceux qui vous maudissent et vous excommunient, les catholiques ardents qui vouent à l'enfer les ennemis de la Sainte Église, mais qui n'en prophétisent pas moins la venue d'un âge de paix définitive. François d'Assise, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila et tant d'autres encore parmi les fidèles d'une foi qui n'est point la vôtre, aimèrent certainement l'humanité de l'amour le plus sincère et nous devons les compter au nombre de ceux qui vivaient pour un idéal de bonheur universel. Et maintenant, les millions et les millions de socialistes, à quelque école qu'ils appartiennent, luttent aussi pour un avenir où la puissance du capital sera brisée et où les hommes pourront enfin se dire « égaux »sans ironie.

Le but des anarchistes leur est donc commun avec beaucoup d'hommes généreux, appartenant aux religions, aux sectes, aux partis les plus divers, mais ils se distinguent nettement par les moyens, ainsi que leur nom l'indique de la manière la moins douteuse. La conquête du pouvoir fut presque toujours la grande préoccupation des révolutionnaires, mêmes des mieux intentionnés. L'éducation reçue ne leur permettrait pas de s'imaginer une société libre fonctionnant sans gouvernement régulier, et, dès qu'ils avaient renversé des maîtres haïs, ils s'empressaient de les remplacer par d'autres maîtres, destinés suivant la formule consacrée, à « faire le bonheur de leur peuples ». D'ordinaire on ne se permettait même pas de préparer un changement de prince ou de dynastie sans avoir fait hommage de son obéissance à quelque souverain futur: « Le roi est tué! Vive le roi! » s'écriaient les sujets toujours fidèles même dans leur révolte. Pendant des siècles et des siècles tel fut immanquablement le cours de l'histoire. « Comment pourrait-on vivre sans maîtres? » disaient les esclaves, les épouses, les enfants, les travailleurs des villes et des campagnes, et, de propos délibéré, ils se plaçaient la tête sous le joug comme le fait le buf qui traîne la charrue. On se rappelle les insurgés de 1830 réclamant « la meilleure des Républiques » dans la personne d'un nouveau roi, et les républicains de 1848 se retirant discrètement dans leur taudis après avoir mis « trois mois de misère au service du gouvernement provisoire ». A la même époque, une révolution éclatait en Allemagne, et un parlement populaire se réunissait à Francfort: « L'ancienne autorité est un cadavre! » clamait un des représentants. « Oui, répliquait le président, mais nous allons le ressusciter. Nous appellerons des hommes nouveaux qui sauront reconquérir pour le pouvoir la puissance de la nation. » N'est-ce pas ici le cas de répéter le vers de Victor Hugo:

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Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
10 oktyabr 2024
Həcm:
22 səh. 1 illustrasiya
ISBN:
4064066074685
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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