Kitabı oxu: «Études sur la philosophie du XVIIIe siècle: Montesquieu»

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Ernest Bersot

Études sur la philosophie du XVIIIe siècle: Montesquieu


Publié par Good Press, 2022

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EAN 4064066330767

Table des matières

I.

II.

III.

APPENDICE.

I.

Table des matières

Voici d’abord quelques principes de cette morale humaine, appliqués à la politique, et, ce me semble, dans leur enchaînement naturel.

Société naturelle.

L’homme naît dans la famille. Le besoin physique, l’affection, l’habitude, conservent la famille, une fois formée. Par dessus tout, un puissant instinct, l’instinct de société, tient les hommes rapprochés de leurs semblables, parce que ce sont leurs semblables, des êtres intelligents, sensibles et libres, comme eux, te crée la grande famille humaine.

La question n’est donc pas, quand on trouve les hommes réunis, comment ils ont passé de l’état d’isolement à l’état de société; mais quand on les trouve isolés, comment ils ont passé de l’état de société à l’état d’isolement. Or, à l’exception d’accidents infiniment rares, ils sont partout et toujours réunis: la société est le fait naturel, le fait humain; l’état sauvage est une curiosité.

Que de peines se donne J.-J. Rousseau pour rapprocher les hommes, comme s’ils étaient tombés du ciel ou sortis de terre et qu’il n’y eût point entr’eux une attraction irrésistible, et des nécessités éternelles. Vraiment, il n’y fallait point tant d’art: la nature travaille plus grossièrement et plus solidement. Mais il est besoin de beaucoup d’esprit, pour remplacer la nature. Tout simplement, l’homme est en société, parce qu’il est sociable.

Ce que la nature a commencé, la prudence le continue. Un homme est faible, associé à d’autres il est fort. Un seul est incapable de remuer une pierre, que deux remueraient; il en appelle un second, qui, dans l’occasion, l’appellera à son tour; et ainsi du reste. Ce mécanisme est assez simple; il n’est pas nécessaire d’être versé dans l’économie politique pour le comprendre, et nos premiers parents pouvaient bien avoir ce génie-là.

Enfin la raison confirme la nature et la prudence. Créatures intelligentes et morales, nous devons développer, autant que possible, notre intelligence et notre moralité. Mais cela ne peut se faire ou se fait malhors de la société. Au lieu de la science collective et héréditaire, une science qui naît et meurt dans chaque individu, toujours à recommencer. Puis, point de sympathie, de pitié, d’amitié, d’amour, d’affection entre parents et enfants, d’attachement à la patrie, à l’humanité: donc aussi plus des vertus que ces passions engendrent. L’homme doit vivre dans la société, parce que dans la société seule il peut être tout ce qu’il doit être.

La société est donc fondée sur la nature, la prudence et la raison.

Droit naturel.

Comme homme j’ai des devoirs, comme homme j’ai des droits.

J’appartiens à la raison: il ne dépend pas de moi de croire vrai ce qu’elle me dit être faux, ni faux ce qu’elle me dit être vrai. Donc aussi nul ne peut me forcer de croire ou de ne pas croire; nul ne peut, sans injustice, me forcer d’exprimer par mes paroles ou par mes actes d’autres convictions que mes convictions. Premier droit essentiel: liberté de conscience.

Mon corps est à moi, c’est mon serviteur, auquel je commande les actes que ma raison me commande. Liberté personnelle.

Je dois conserver ma vie pour faire mon œuvre morale ici-bas; j’ai donc le droit de la défendre contre quiconque la menace. Droit de légitime défense.

Être libre, qui m’appartiens à moi-même, je possède légitimement tout ce qui ne s’appartient pas; je le possède d’abord au moment où je l’occupe, puis, mon travail, qui le transforme, fait durer mon occupation et consacre ma possession. Droit de propriété.

Liberté de conscience, liberté personnelle, légitime défense., propriété, voilà mes droits, droits naturels, parce que je les tiens de la nature. Je ne puis pas plus y renoncer que renoncer à être un homme.

Dans l’exercice du droit naturel, je suis sacré pour mes semblables, et eux pour moi: ainsi tout homme a le droit de faire ce que le droit correspondant des autres hommes ne lui défend pas. La société est l’égalité du droit: en y entrant, je garde l’usage de ma liberté, et renonce à l’abus.

Société civile.

Par malheur, certains hommes prétendent garder l’usage et l’abus: un plus fort asservit un plus faible; et voilà mon bien, ma liberté, ma vie menacés. Il me faut veiller, combattre sans cesse, et n’être sûr de rien. Dans cette société où je cherchais sécurité et assistance, l’assistance est incertaine et mon droit périt. La vague société naturelle, le simple voisinage des individus, sous la loi de leur bon plaisir, ne suffit donc pas, et il faut quelque chose de mieux.

C’est la société organisée, la société civile, l’État. Puisque la violence menace la liberté, créons un pouvoir qui menace la violence; qu’il soit fort pour les faibles, qu’il range chacun au devoir, le force de respecter le droit de tous, le contraigne par autorité de faire ce que la justice l’oblige de faire: qu’il soit le droit armé.

Droit exil

Nous sommes maîtres de nos personnes et de nos biens: mettons au service de l’État une portion de notre force pour composer sa force, une portion de notre fortune pour composer sa fortune. Ainsi puissant, par nous et pour nous, il défendra nos propriétés, notre vie, notre liberté physique et morale. Tout à l’heure, dans la société naturelle, nous renoncions à l’abus de notre liberté, pour sauver l’usage, sans y réussir; maintenant, dans la société civile, nous renonçons à l’usage légitime d’une portion de notre liberté, pour sauver le reste, et nous le sauvons.

Je cède une partie de mon bien par l’impôt; de ma liberté physique, par le service militaire; de ma liberté de conscience, en renonçant aux paroles et aux actes contraires à la morale publique; je remets à la société, impassible, équitable, le droit de me faire justice, sauf les cas d’urgence absolue. Et si je viole ce contrat, je consens à perdre une plus grande partie de mes droits, ou même à tout perdre: fortune, liberté, et la vie. C’est le droit civil, qui n’est que le droit naturel, se limitant pour être plus fort.

A l’égalité naturelle succède l’égalité civile, qui est légitime: car les contractants sont des hommes, des êtres naturellement égaux, qui contractent d’égales obligations. L’État est constitué par tout le monde pour tout le monde.

En résumé, l’homme avec des devoirs et des droits, une société organisée où ces devoirs et ces droits s’exercent en sécurité, un pouvoir qui maintient la société: ces choses sont inséparables; et, partout où il est, le pouvoir social, non dans ses formes, mais dans son essence, est fondé, en dernière raison, sur la justice naturelle.

Voilà le fond solide sur lequel l’État repose; voilà le vrai contrat social. Je ne le trouve point écrit dans un certain pays et dans un certain temps par quelques hommes, qui y ont mis ce qu’il leur a plu; il est mieux que cela: il est le contrat tacite, inexprimé, sur la foi duquel se forment et durent toutes les sociétés humaines, partout où il y a des hommes associés.

Fraternité.

La société civile ainsi constituée, mon droit est sauvé; cela ne me suffit pas: il serait aussi bien gardé dans la caverne d’un rocher ou dans une île déserte. En me rapprochant de mes semblables, j’espérais autre chose encore, j’espérais en tirer des secours pour la vie, et je les demande toujours. Ce n’est pas moi qui puis tracer des routes, percer des montagnes, jeter des ponts, canaliser des fleuves, fonder des hôpitaux; ce n’est pas moi qui puis créer des bibliothèques, des musées, des théâtres, des écoles, des observatoires; ce n’est pas moi qui puis fonder un hôtel des Invalides, des places, des distinctions, de grandes récompenses nationales. Et pourtant tout cela est bon, est excellent, pour le corps, pour l’esprit et pour l’âme, multiplie le bien-être physique, provoque l’intelligence, excite la vertu.

Ce qu’un seul ne peut faire, tous le peuvent faire: où un seul est trop faible contre la nature extérieure, tous sont assez forts: l’industrie le prouve chaque jour. Il faut seulement qu’ils veuillent s’unir: c’est le secret de l’Etat.

Dans l’Etat, il n’y a plus des individus, en face les uns des autres, il y a un corps et des membres; il n’y a plus des opinions et des velléités particulières, il y a une pensée du corps, une volonté du corps. Celte pensée, cette volonté vont au bien, non pas de tel ou tel membre, mais de tous les membres, au bien du corps, et entretiennent la santé du tout, par laquelle chaque élément du tout est sain. Elle crée un énorme trésor de bien-être physique, intellectuel et moral, où chacun puise, quand il lui plaît. Ces routes, ces canaux amènent à tous les citoyens, à meilleur marché, les subsistances nécessaires et les agréments de la vie; veulent-ils eux-mêmes voyager, ils les portent, tantôt l’un, tantôt l’autre; et les hôpitaux fondés, non pour tel misérable, mais contre la misère, nous reçoivent tour-à-tour, moi aujourd’hui, vous demain. Les établissements d’instruction, fournissant les sciences d’où sort l’industrie, servent déjà à tout le monde, et chaque famille y envoie à quelque moment quelqu’un des siens. Les récompenses proposées au mérite servent à tous, en encourageant le mérite, qui sert à la communauté; et qui veut courageusement les obtient à son heure.

A vrai dire, la société civile est une personne morale, qui travaille à se perfectionner: c’est la personne humaine agrandie, fortifiée, pour mieux faire son devoir. Comme je dois combattre en moi un triple ennemi: la misère physique, intellectuelle et morale, elle doit combattre en elle ces mêmes ennemis. Comme je dois ne pas me reposer avant d’avoir achevé ma tâche, elle doit ne pas se reposer avant d’avoir achevé sa tâche. Comme je suis fier quand j’ai bien travaillé et que j’ai réussi, comme je suis honteux quand j’ai été lâche et inutile, elle est fière ou honteuse du bien qu’elle a voulu et qu’elle a fait, du bien qu’elle n’a pas voulu et qu’elle n’a pas fait. Je cache ma misère, si je suis misérable, mon ignorance, si je suis ignorant, mes vices, si je suis vicieux; elle cache à elle-même et aux autres, autant qu’elle le peut, ses misères, ses ignorances et ses vices; au contraire elle montre avec orgueil à ses amis et à ses ennemis les populations vêtues, sainement logées et sainement nourries, les asiles pour l’enfance, la maladie et la vieillesse; le commerce et l’industrie encouragés et florissants; les monuments d’art, les théâtres, les grandes collections, les écoles de toute sorte fréquentées; les Invalides, les caisses d’épargne, les pénitenciers, tout ce qui relève l’homme. La société a un corps qu’elle fortifie, une intelligence qu’elle cultive, une âme qu’elle élève; c’est son devoir, son œuvre; et elle le sait, car si quelqu’un des citoyens l’aide puissamment dans ce travail, s’il étend son commerce, crée ou perfectionne une branche d’industrie, supprime quelque misère ancienne, et procure quelque bien-être nouveau; si, savant ou artiste, il illustre l’esprit de la nation; si, par des vertus éclatantes, il rehausse la moralité de la nation, la nation reconnaissante le comble d’honneurs et de gloire, le propose à l’admiration, à l’imitation des citoyens, et après sa mort, le récompense encore dans ses arrière-neveux.

La société civile est donc une vaste assurance mutuelle, une puissante association contre le mal. L’âme de cette association est la fraternité, quand les hommes, considérant la masse des misères humaines, et la menace toujours suspendue sur toutes les têtes, se sentant unis par la communauté du sort, conspirent ensemble contre le mal, et consentent à souffrir chacun un peu, pour que nul ne souffre beaucoup. La fraternité n’est point la charité. La charité est le don d’un à un, d’étranger à étranger, la fraternité le don de tous à tous, de membre à membre d’un corps; la charité le don capricieux, la fraternité le don organisé; la charité le don gratuit, la fraternité le don reversible au donateur. La fraternité étend, assure le bienfait de la charité: elle encourage, par l’espoir du retour, celui qui donne et relève celui qui reçoit.

Bien entendu que, même sous le régime de la fraternité, la charité a, grâce à Dieu, sa place. L’État est à tout le monde, mais il est froid, et il attend qu’on l’appelle; la charité, moins vaste, moins égale, plus passionnée, plus complaisante pour la personne, recherche la souffrance secrète et insiste. L’État est le médecin savant et rude qui prescrit; la charité le tendre ami qui soigne et console. Deux excellentes choses qu’il ne faut point opposer, qu’il ne faut point détruire l’une par l’autre, qu’il faut concilier pour notre bonheur et notre honneur: l’action régulière de la fraternité sociale, et les touchantes fantaisies de la charité.

Limites du pouvoir de l’État.

Voilà notre État, sa fonction, voici les limites de d son pouvoir. Il ne peut rien contre la justice naturelle, contre le droit et le devoir naturel. S’il touche aux droits fondamentaux par lesquels et pour les quels il existe, il s’ébranle et se détruit lui-même. Il est donc injuste s’il supprime la liberté de conscience, la liberté personnelle, la propriété; s’il prétend imposer aux citoyens une croyance, les réduire en esclavage et seul posséder tous les biens. Chaque homme sent en lui-même la nature humaine, et ces droits inhérents qu’on ne peut pas lui prendre, qu’il ne peut pas donner,

Tous les citoyens, avons-nous dit, sont égaux: l’égalité devant la loi et le droit de suffrage sont les principes du droit civil. Mais les citoyens qui sentent en eux la nature et les droits de l’homme, ne sentent pas tous si bien en eux cette nature du citoyen, et les droits qu’elle confère: ils laissent dormir ces droits, par ignorance ou indifférence, et alors l’État qui ne les leur reconnait pas n’est point certainement aussi coupable que s’il ne reconnaissait pas un droit naturel; mais quand les citoyens prennent conscience de leur droit et le réclament, il n’est plus permis de le retenir, et l’État qui en frustre un citoyen irréprochable est injuste.

La limite du pouvoir social est donc la justice naturelle: il doit respecter dans chacun de nous ce qu’il n’a pas fait, et qui l’a fait lui-même, à savoir: l’homme et le citoyen.

Il ne peut violer cette loi sous aucun prétexte, même sous le beau prétexte de la fraternité. Sous prétexte de faire mon bonheur, il ne peut me dépouiller d’un droit primitif. Il ne peut, non plus, me décharger d’un devoir. Or j’ai sans doute le devoir de me soutenir par mon activité, moi et les miens, et de ne me reposer de cette obligation sur personne. Une société qui me dispenserait de pourvoir aux besoins de ma famille et à mes propres besoins, serait donc mauvaise. Qu’elle m’aide à marcher, à me relever quand je tombe, c’est fort bien; mais qu’elle n’essaie pas de me porter, quand j’ai des pieds pour me porter moi-même. Aide-toi, le Ciel t’aidera, dit le proverbe; et la justice dit: Aide-toi, la société t’aidera.

D’où cette conséquence. J’ai le droit absolu à la justice; je n’ai pas le droit absolu au bien-être. Je n’ai ici de droit que ce que la justice naturelle me permet et que la volonté nationale me donne. En entrant dans la société, j’exige qu’elle respecte ma liberté, j’espère, par surcroit, qu’elle me procurera la plus grande somme possible de bien-être physique, intellectuel et moral; je l’espère, mais je ne saurais exiger que cela soit. Il ne suffit pas à l’État de désirer, il faut qu’il puisse; et il ne peut que par les contributions des citoyens, par les sacrifices qu’ils s’imposent: il n’a que ce qu’on lui donne. Or, à qui appartient-il de déterminer les sacrifices à s’imposer, et l’emploi des ressources créées par ces sacrifices? Sans doute à la nation, c’est-à-dire à la majorité des citoyens, non pas à un individu, non pas à vous, non pas à moi. En fait de bien-être de toute sorte, l’État ne doit que ce qu’il peut, et il ne peut que ce que la majorité des citoyens veut. Par là tombent toutes les théories qui créent un droit individuel au bonheur contre le droit de tous, et celles qui créent un prétendu bonheur universel, en dépouillant chacun de sa propriété et de sa liberté, ou ne lui laissant qu’une propriété et une liberté exténuées.

Moralité de la société.

La société absolument immorale est celle qui supprime le droit et le devoir et crée le mal: affaiblissant les corps, éteignant les esprits et corrompant les âmes. La société absolument morale est celle qui assure le droit, protège le devoir, et détruit le mal: misère, ignorance et vice. Les sociétés existantes sont plus ou moins morales ou plus ou moins immorales, à mesure qu’elles se rapprochent de l’une ou de l’autre de ces deux sociétés, de la barbarie ou de la civilisation.

Légitimité.

Le gouvernement illégitime par excellence est celui qui ne reposerait que sur la volonté d’un seul, détesté du reste; le gouvernement légitime par excellence, celui qui reposerait sur la volonté unanime de la nation. Les gouvernements existants sont plus ou moins légitimes, selon qu’ils se rapprochent plus ou moins de l’un ou de l’autre de ces deux gouvernements. En l’absence de l’unanimité désirable et irréalisable, il faut se contenter du nombre plus fort; dans nos sociétés divisées, le gouvernement légitime est celui qui est consenti par la majorité des citoyens. Un seul n’est pas plus que tous, et à nombre égal il y a complète incertitude; donc la majorité fait loi, la moitié plus un des suffrages suffit. Au défaut du droit divin, qui donne une nation à une famille, il n’y a, en définitive, qu’une souveraineté, celle de la nation sur elle-même, se donnant le gouvernement qui lui convient. Et personne n’est hors la nation que les mineurs, chez qui la raison n’est pas encore présumée, les idiots et les fous, qui l’ont perdue, et les criminels, qui se sont, par leur crime, retranchés eux-mêmes de la cité. Des qu’un homme est membre réel de la société, dès qu’il est sous sa discipline, dès qu’il en accepte les charges, dès qu’il contribue de quelque façon, de son bien ou de sa personne, au maintien de la communauté, il compte, il a sa voix, pour créer le gouvernement de tous.

Démocratie.

Parmi les gouvernements légitimes, le meilleur est celui qui conserve le mieux au gouvernement sa légitimité et à la société sa fonction morale: la démocratie. Dans la démocratie, la nation est souveraine et tous les citoyens sont égaux.

D’abord la légitimité y est le mieux conservée, car la nation parle, fait entendre ce qu’elle veut. Puis la fonction morale de la société: car l’individu, sentant sa dignité de souverain, se respecte plus volontiers; toutes les places étant accessibles au mérite, indépendamment de la naissance, de la fortune, des avantages accidentels, le mérite est partout suscité; et une société d’égaux est évidemment plus prête pour la fraternité.

République.

La forme rigoureuse de la démocratie est la république. Partout ailleurs, elle est en péril. Dans la monarchie, le prince peut se créer un intérêt à part de l’intérêt géneral, s’obstiner contre la volonté de la nation, et tenter d’être le maître; les citoyens, de leur côté, considérant la faveur du prince comme un mérite qui dispense de l’autre, du vrai, à l’émulation de la vertu, à l’amour de la patrie succèdent l’émulation de complaisance pour un homme, l’attachement à sa personne.

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4064066330767
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