Kitabı oxu: «Système de fraternité»

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Étienne Cabet

Système de fraternité


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066319298

Table des matières

SYSTEME DE FRATERNITÉ.

POINT DE MILIEU.

RÉPUBLIQUE.

FRATERNITÉ.

LIBERTÉ.

Incroyables calomnies.

Cabet accuse d’escroquerie.

ICARIE. Existe-t-elle? où est-elle?

Nos deserteurs.

Courage, Persévérance.

SYSTÈME DE FRATERNITÉ. (Extrait du POPULAIRE.) N o 2.

POUVOIR LÉGISLATIF.

ICAR E DEVANT LE MONDE.

Armes de nos adversaires.

Notre mission.

QUELQUES PROTESTATIONS En faveur du Citoyen Cabet, accusé d’escroquerie.

Société des Proscrits démocrates-socialistes à Londres.

Protestation de la Colonte Icarienne à Nauvoo.

Protestation de trois prétendus Plaignans et témoins à charge.

Membres de la première et de la deuxième Avant-Garde.

Protestation des icariens de Paris.

Les Icariens de Toulon à leur vénéré Père Cabet.

AUX FONDATEURS D’ICARIE.

LE CITOYEN CABET A LOUIS-NAPOLÉON, Président de la République française.

ROME.

DÉFENSE LÉGITIME.

INFAME CALOMNIE.

SYSTÈME DE FRATERNITÉ. N o 3.

ÉMANCIPATION DU BAS CLERGÉ.

Suffrage universel Comme une garantie de la souveraineté de chacun.

Conclusion.

Louis Blancs aux Curés de campagne.

JÉSUITISME CONFONDU.

Ce Communisme, c’est le vrai Christianisme.

La Communauté des biens obligatoire pour les vrais Chrétiens .

Que faire dans notre situation?

SYSTÈME DE FRATERNITÉ N o 4.

UNION ET FUSION.

Explication sur la fraternité. (Extrait d’une lettre de P. Bourg à un intime ami.)

Faites mieux, ou taisez-vous!

ALERTE, ICARIENS! On nous déclare la guerre.

A la rédaction de la VOIX DU PEUPLE.

Lettre du citoyen Durand.

C’est Proudhon.

Qu’est-ce que Proudhon?

Qu’est-ce que la VOIX DU PEUPLE?

SYSTÈME DE FRATERNITÉ. (Extraits du POPULAIRE.) N o 5.

PROTESTATION DU CITOYEN CABET Contre sa deuxième condamnation par défaut.

Le citoyen CABET au citoyen PROUDHON.

Réponse des Icariens de Nauvoo.

Mort aux Socialistes!

Tablettes d’un transporté.

TROIS PARTIS DANGEREUX.

Parti de la Révolution.

Parti des Assassins.

Le parti des Athées.

Conclusion.

Dette des États de l’Europe.

RÉGIME DES MAJORITÉS.

Mortalité dans les Manufactures.

Impôts en Suisse et en France.

SYSTÈME DE FRATERNITÉ. N o 6(dernier) .

AU LECTEUR.

Socialisme.

Chômage.

Californie et Icarie.

Droit de détester la République.

Géographie mensongère.

République romaine.

Malheur aux Conspirateurs.

Jugement universel du Peuple.

La Consommation.

L’Impôt.

Tu es un communiste

Je ne suis pas Communiste

Garde à nous

Catholicisme.

Souvenir historique.

Infaillibilité de l’Eglise catholique.

Plus de Maîtres

Gouvernement.

Peuple et Gouvernement.

Etat de siège.

Idée générale du Communisme.

FRATERNITÉ. Relations fraternelles.

La Nature et la Société.

Notre Evangile.

Progrès Irrésistible: notre triomphe certain.

SOUVERAINETÉ DIRECTE.

Révision par le Peuple et pour le Peuple.

Gouvernement direct et universel.

Opinion de Louis Blanc SUR LE GOUVERNEMENT DIRECT.

Opinion de Lamartine SUR LE MÊME SUJET.

Gouvernement naturel ou providentiel.

Autorité.

Unité sociale.

Quand et comment serons-nous affranchis?

Ni Constitution, ni Lois, ni Législateurs

Absurdité et danger des lois écrites.

Où allons-nous?

Règne de Dieu.

L’avenir est à nous

Démocrates! serrons nos rangs!

RÉFORME DÉFINITIVE. Projet à soumettre à la Souveraineté nationale.

I. Conseils pour l’époque préparatoire.

II. Société fraternelle.

III. Formation de la Société fraternelle.

Dernier mot.

SYSTÈME

DE

FRATERNITÉ.

(Extrais du POPULAIRE.)

No1.

Adoptons, pratiquons, proclamons, propageons

le principe chrétien de la Fraternité, tirons-en tou-

tes les conséquences, et nous arriverons à l’organi-

sation sociale la plus parfaite, et la plus capable

de réaliser complètement le salut et le bonheur de

l’Humanité. CABET.

Prix: 10cent., par la poste, 15c.

PARIS,

AU BUREAU DU POPULAIRE,

RUE J.-J. ROUSSEAU, 18,

ET CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES.

Septembre1849.

ROUGES OU BLANCS.

Le grand Jugement universel, appelé, à cause de sa justice et de sa puissance, Jugement de Dieu, approche et nous entraîne, tous, à ne former que les deux camps évangéliques qui doivent embrasser toute l’Humanité.

Encore un moment et il n’y aura plus sur toute la terre que des Élus et des Damnés, des Rouges et des Blancs.

Nous ne pouvons pus résister; nous sommes tous forcés de nous déclarer Rouges ou Blancs: chacun selon son cœur et ses habitudes.

Quant à nous, nous sommes Rouges dans toute la force du terme. Nous acceptons la Révolution et la Répuplique avec toutes leurs conséquences.

La Révolution pour nous, c’est l’accomplissement de la destinée de l’Humanité; c’est celle grande transformation de la Société humaine, que l’Évangile appelle Jugement de Dieu, Jugement dernier.

La Révolution, suivant Robespierre, l’un de ses plus fidèles et ardens Apôtres, doit avoir pour but d’améliorer profondément le sort du Peuple, autrement elle ne serait qu’un CRIME remplaçant une autre CRIME.

Nous sommes donc, dans ce sens, Révolutionnaire au suprême degré: car nous voulons le bonheur commun de tous les Peuples. Nous abandonnons aux Blancs tous les embarras des Révolutions stériles pour le bonlnur du Peuple: à eux toute la responsabilité de leurs crimes! Voici notre programme:

Réalisation complète du VRAI CHRISTIAMISME avec toutes ses conséquences, jusqu’aux dernières limites, posées par PAUTEUR DE L’ÉVANGILE: rien de plus, rien de moins.

Nous acceptons par conséquent et nous voulons réaliser:

FRATERNITÉ.


SYSTEME DE FRATERNITÉ.

Table des matières

POINT DE MILIEU.

Table des matières

Le Communisme avec la Paix, la Fraternité et le bonheur de tous ; ou le despotisme avec la guerre, l’oppression et la misère de l’immense majorité; ce sont les deux uniques issues de la situation actuelle, les deux fameuses alternatives que Napoléon nous prophétisait, en nous assurant que dans cinquante ans toute l’Europe sera RÉPUBLICAINE ou COSAQUE. Il ne nous reste point d’autre choix. Voici comment le citoyen Billault le prouve (journal la Presse, du3juillet):

«Mais, me dit-on, pour être élu, je ne suis pas assez blanc aux yeux des uns, pas assez rouge aux yeux des autres. Je comprends bien ce que cela veut dire: entre les deux tendances extrêmes et exclusives qui se disputent le succès, il n’y a point de place en ce moment.»

Voici aussi ce qu’en dit avec beaucoup de raison et de conviction un journal monarchien, l’UNION, qui est pourtant excessivement intéressé à ne pas reconnaître cette toute puissante virtualité du Communisme, qui entraîne irrésistiblement toute l’Humanité à se constituer en une seule Famille de Frères:

«Nous le demandons à l’histoire et à la raison, aux faits acquis et au bon sens de tous, quel a été chez nous, depuis plus d’un demi-siècle, l’office des milieux révolutionnaires? En est-il un seul, dites-nous, qui ait sérieusement etd’une façon permanente, réalisé son rêve insensé trouvé ce point d’arrêt, ce tempéramment chimérique, véritable pierre philosophale de l’alchimie révolutionnaire? 93, avec sa sinistre logique, passa rapidement sur la tête des modérateurs, et la fit tomber en passant; l’orage de février dispersa à son tour d’autres modérateurs, et le parti vaincu, broyé du National, n’a pu même sauver ses débris au fond de l’urne du13mai.

Ainsi disparaîtront tous les milieux révolutionnaires; ainsi seront emportés tour à tour ces sophistes du moyen-terme, ces visionnaires du point d’arrêt, pareils à l’imprudent enfant de la ballade, qui, effrayé d’avoir déchaîné le torrent, cherchait naïvement à lui faire une digue de ses petites mains.

Cela dit, nous irons plus loin. Qu’on suppose un moment l’arrivée au pouvoir du parti montagnard. Certes, la chose est grave, la perspective assez menaçante: aussi ne faisons-nous qu’une supposition. Eh bien! dans l’hypothèse de cet avènement, le même phénomène se produit aussitôt. M. Ledru-Rollin et son parti politique passent rapidement à l’état de milieu révolutionnaire. De faction débordante, ils deviennent pouvoir débordé; d’oppresseurs de la veille, opprimés du lendemain. Ils sont menacés, ébranlés, emportés a leur tour par cette inflexible logique, qui crie, elle aussi, à la Révolution, ce que la voix du ciel répétait au maudit de Dieu: Marche incessamment, marche encore, marche, marche!

La Montagne n’est déjà plus l’expression avancée de la Révolution. Derrière son horizon apparaissent au monde des horizons plus lointains, mais qui, chaque jour, à chaque heure, se rapprochent de nous. Le Socialisme,–nous pouvons le nommer,–le Socialisme est le légataire tout prêt à recueillir la succession révolutionnaire du parti montagnard.

Mais encore qu’est-ce donc que le Socialisme? Qu’est-ce donc que la triple école de MM. Proudlion, Considérant et Pierre Leroux? Mon Dieu, rien de plus simple, et pour tout dire sur celte école à trois chaires, nous croyons pouvoir affirmer qu’elle est l’introduction au Communisme PUR du citoyen CABET.

Si donc nous poursuivons l’hypothèse posée, si nous admettons au pouvoir les chefs Socialistes, nous les voyons à leur tour devenir milieu révolutionnaire, comme l’aura été M. Ledru Rollin, comme l’auront été le parti du National et lesauires chercheurs doctrinaires du point d’arrêt en révolution.

Ainsi, le Communisme apparaît comme conséquence rigoureuse, infaillible, au fond de cet abîme qui s’est ouvert sous nos pas. C’est le terme dernier de la Révolution.»

Nous reconnaissons aussi que le Communisme est une conséquence rigoureuse, infaillible, de toutes les améliorations et de tous les progrès sociaux.

Et comme l’Humanité ne peut pas vivre sans progrès; la preuve en est que l’Europe, de cosaque qu’elle était naguère tout entière, devient irrésistiblement démocrate et socialiste; il en résulte que toutes les Nations marchent fatalement à la réalisation du Communisme, qui est le dernier terme de toutes les Révolutions.

Remarquons qu’à ce développement de l’opinion du journal légitimiste il ne manque qu’une seule conclusion, c’est que son système, comme barbare, oppressif, retrograde et matérialiste par excellence, est inévitablement destiné à périr, à tout jamais; tandis que le Communisme seul, réalisant la Fraternité avec toutes ses conséquences, accomplira la destinée de toute l’Humanité, et se perpétuera avec son bonheur impérissable, qui lui est déjà promis depuis tant de siècles par le Fondateur du Christianisme.


RÉPUBLIQUE.

Table des matières

Notre ennemi, c’est notre maître.

(LA FONTAINE).

Depuis le commencement de son existance l’ Humanité est divisée en deux classes, en oppresseurs et opprimés, en exploiteurs et exploités. Selon la judicieuse observation de Volney, il ny a aujourd’hui de milieu pour personne: il faut se ranger avec les uns ou les autres.

Suivant la tradition biblique les hommes se sont divisés dès le commencement en deux camps: celui des Abels ou des justes, dont l existance normale, providentielle, divine fut anéantie, ensevelie dans la mort par un fratricide; et celui des Coins ou des assassins, qui en vertu de leur force ou de leur ruse sont devenus maîtres et possesseurs de tout, même de la part des Abels.

Dieu notre PÈRE COMMUN ne pouvait ainsi abandonner ses enfans a la merci de la violence, de la vengeance et du crime. Il prit donc le parti des déshérités et des opprimés, et demanda compte aux Caïns de de leurs actions abominables.

Ceux-ci se montrèrent endurcis, incorrigibles, en prétendant qu’ils n’étaient obligés à aucune solidarité avec leurs Frères. Le Père éternel maudit ces individualistes et ces assassins, qui reconnurent dailleurs eux-mêmes avoir mérité d’être exterminés; mais il défendit de les tuer (Genèse ch. IV.); et il promit à l’Humanité qu’elle serait sauvée a jamais de la mort, que subissaient innocemment les Abels, par suite du mensonge, de la ruse et des promesses de ce vieux serpent symbolique, qui se présente encore aujourd’hui à nous sous la figure des diplomates et des jésuites.

Voilà l’origine, la raison et l’histoire de toutes les Sociétés individualistes, c’est-à-dire des monarchies, des fausses républiques, des aristocraties, des castes et des Peuples asservis.

Voilà la véritable question sociale, posée devant la République du24 février qui est venue avec la mission d’effacer toutes les iniquités, de réparer toutes les injustices, d’abolir tous les priviléges, de mettre fin à toutes les exploitations de l’homme par l’homme, de supprimer toutes les servitudes et la misère, de réduire les oppresseurs au rôle de serviteurs, et de réaliser enfin le Règne de Dieu sur la terre, en assurant la SOUVERAINETÉ pour chacun et pour tous et la FRATERNITÉ entre tous. Depuis des siècles, cette grande question a été déjà bien des fois agitée, principalement par un Communiste Galiléen, qui pour taire cesser le règne des Caïns, le règne du mensonge, de la ruse, de la corruption, de la violence et de la mort, cherchait à établir sur toute la terre la Solidarité universelle, et la Fraternité humanitaire.

Pour qu’on ne puisse se tromper sur la signification de sa Réforme et sur la portée de l’Association fraternelle qu’il provoquait entre tous les hommes de bonne volonté, il ne l’appela point Empire ni République, noms appliqués déjà à la Société des Caïns; mais il la qualifia de Règne ou Empire de Dieu, Eglise. Pour ne laisser aucun doute sur la nature de la Société qu’il voulait fonder, il enseignait que nous sommes tous Frères, et que nous ne devons former tous qu’une seule famille où il n’y a de privilège pour personne, où les premiers sont comme les derniers, et les Chefs comme des Serviteurs de tous, sans pouvoir jamais imposer par violence à personne leur volonté, leur commandement, ni même leur service.

Mais les Caïns, irrités comme une bête féroce a qui la proie échappe, pour anéantir l’Entreprise humanitaire de ce LIBÉRATEUR, lui firent expier sur le Golgotha son dévoûment pour ses Frères déshérités, exploités et opprimés^ Et quand ils s’aperçurent que sa mort ne pouvait empêcher la continuation de son OEuvre, ils se déclarèrent eux-mêmes Chrétiens, ses Apôtres, ses Continuateurs, avec toutes les démonstrations de régénération, d’abnégation, de saineté et de dévoûment à la Cause de l’Humanité souffrante. Mais ils ne le firent qu’en apparence, pour s’emparer du gouvernement dans son Eglise, afin de pouvoir tout commenter, expliquer, diriger et commander au profit de leur domination et de leur oppression.

Avec cette perfidie, qui les caractérise encore aujourd hui, ils se firent plus Chrétiens que tous les Chrétiens, afin de pouvoir exterminer les véritables Apôtres et Réalisateurs de la Fraternité évangélique. Ils continuent encore de jouer ce rôle ignoble, même en ce moment où le pape, l’un de leurs chefs, pousse Limpudence jusqu’à bénir le tyran sanguinaire de Naples, en le présentant comme un modèle de piété, et en maudissant toutes les populations qui cherchent à reconquérir leur dignité et qui ne demandent que la réalisation de l’Evangile.

Ce sont aussi eux qui, monarchiens dans l’âme, se font aujourd’hui passer pour de meilleurs Républicains que tous les Républicains de la veille, afin de pouvoir mieux les asservir tous ou les exterminer.

Ce sont eux qui, pharisiens, jésuites ou républicains honnêtes et modérés, sont toujours les mêmes, et qui se font tout à tous, afin de pouvoir s’emparer de tout et exploiter tout.

Ils crient: vive la République! pour pouvoir plus facilement la trahir, la vendre et l’anéantir au profit de la monarchie, qui répond le mieux à leurs vœux, et dans laquelle ils croient trouver leur salut.

Ils sont toujours disposés à accepter, même à prôner tous les programmes, toutes les constitutions, toutes les doctrines, tous les systèmes, même l’Evangile, pourvu qu’ils conservent eux seuls le pouvoir illimité avec la faculté de les expliquer, enseigner, appliquer et réaliser.

Mais quand ils s’aperçoivent que les Justes prennent une attitude ferme, et qu’ils sont bien résolus de réaliser la Fraternité évangélique, malgré eux, sans eux et même contre eux, ils cherchent par la ruse et les plus séduisantes promesses, à entortiller leurs Frères qui sont sans défiance ni arrière-pensée.

Sous le prétexte de perfectionnement, de progrès, d’ordre, de liberté ou d’autre jonglerie semblable, ils substituent adroitement leur système fratricide à celui de l’Evangile, et lorsqu’ils parviennent à le faire adopter, comme une pilule empoisonnée, sous l’enveloppe d’une constitution ou d’un code quelconque, ils proclament avec une grande solennité que la Société, la Religion, la Morale, la Propriété et la Famille sont sauvées. Et le plus souvent, le Peuple ignorant et crédule, ne s’aperçoit pas que dans toutes ces vaines parades il ne s’agit nullement de la Propriété, de la Famille, etc., instituées et sanctifiées par l’Evangile, en vue du bonheur commun de toute la Famille humaine, mais uniquement de celles des Caïns.

Au moment de leur triomphe, il se trouve malheureusement toujours des scribes, leurs valets ou compères, qui prêchent et enseignent avec emphase et une grande apparence d’autorité, que la Fraternité évangélique n’est qu’une niaiserie;–que leur doctrine est bien supérieure à toutes ces billevesées utopiques;–que la Constitution et la loi, faites par d’habiles Caïns, assurent au Peuple tout ce qu’il lui faut;–que c’est-là tout le progrès possible, toute la perfection, tout le salut social;–et que hors de là il n’y a que des illusions et des chimères.....

Ces pharisiens, pour mieux tromper le Peuple, marchent sous sa bannière, imitent même ses allures et son langage; ils poussent leur hypocrisie jusqu’à venir s’asseoir aux repas communs avec lui.

Mais heureusement le Peuple commence à apprécier ses véritables amis et à connaître ses ennemis. Quand ceux-ci, dans un baiser de Judas, répètent son cri: Vive la République! le Peuple croit s’être trompé, se défie, et se met à crier: Vive la République démocratique! Quand ceux-ci continuent à reproduire son prorgamme, le Peuple se reprend et crie: Vive la République démocratique et sociale! ou tout simplement: Vive la Sociale!...

Ces sortes de Républiques s’usent et passent bien vite; carie Peuple, trompé par leurs apparences et leurs promesses fallacieuses, n’en veut plus. Il s’aperçoit qu’il ne cesse d’être joué et asservi, le plus souvent par ceux-là même qui lui promettaient la meilleure République possible. Il se fortifie de plus en plus dans cette conviction que, sans la réalisation de la Fraternité évangélique, il n’a rien de bon à espérer de tous les systèmes, de toutes les réformes politiques et de toutes les institutions sociales. Il veut et cherche avant tout la RÉPUBLIQUE FRATERNELLE, dont le triomphe amènera toutes les améliorations, tous les perfectionnemens, comblera de bonheur tous les Hommes, et réalisera le Règne de Dieu sur la terre.

On ne peut pas suivre à la fois deux routes opposées. On ne peut pas accepter la République fraternelle et continuer le règne des Caïns, la monarchie, l’aristocratie, l’exploitation de l’homme par l’homme. Il faut opter.

Le grand jour de la vérité envahit déjà toutes les régions naguère plongées dans des ténèbres séculaires. Les deux camps se dessinent de mieux en mieux. Le jour du GRAND JUGEMENT approche. La volonté de Dieu, qui est notre unique constitution et notre invariable loi, sera accomplie, sa Justice sera faite, son Règne sera réalisé; tous les hommes, en devenant Souverains et Frères, seront sauvés!...

Ne nous laissons donc point tromper par ces Escobards qui, au nom du Socialisme, nous promettent tout, et qui cependant, loin de poursuivre la réalisation de la Fraternité avec toutes ses conséquences, ne cherchent qu’à perpétuer l’Individualisme et la Concurrence, sans lesquels le règne des Caïns ne pourrait jamais subsister.

Pénétrons-nous bien de ce principe évangélique que nous sommes tous Frères, et que nous ne devons jamais établir ni souffrir d’autres relations avec nos semblables, que celles qui sont fraternelles. En vertu de notre dignité d’Enfans de Dieu, nous sommes au-dessus de tous les Rois et Archi prêtres, qui n’ont d’autre litre que le privilège et la force. Dans notre République fraternelle, il n’y a pas un seul maître, pas un seul exploiteur, pas un seul privilégié: tous au contraire sont Souverains, et personne ne peut être soumis à un commandement qui lui serait imposé par la violence des autres.

Tous les membres de notre Société sont Travailleurs; tous les Travailleurs sont Fonctionnaires; tous les Fonctionnaires sont nos Elus, et tous nos Chefs ne sont que nos Serviteurs.

En vertu de notre Souveraineté, nous changeons nos Fonctionnaires, nos Serviteurs, quand nous le voulons, sans aucune permission ni autorisation de personne. Et celui qui voudrait nous ravir celle Souveraineté, ou qui tenterait de s’imposer à nous, ou de nous imposer un chef, un directeur ou même un serviteur quelconque, serait regardé par tous comme un audacieux violateur de la CONSTITUTION ÉTERNELLE de l’Humanité.

Cette Souveraineté, qui n’a d’autre limite ni regle que la Fraternité entre tous, c’est le premier point de départ de notre politique, c’est notre premier droit de citoyen, c’est la première condition de l’existence de notre République, qui était inaugurée en Février par l’engagement solennel de réaliser en France la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

Nous sommes tous Enfans do Dieu, donc nous sommes tous Souverains et Frères.

C’est de la volonté de Dieu, de la destinée de l’Humanité, de la Constitution éternelle de la Famille humaine, que tirent leur origine et leur sanction la SOUVERAINETÉ de tous et la FRATERNITÉ entre tous. Il ne peut y avoir au monde de constitution ni de lois contre elles.

Celui qui attente à cette Constitution génératrice de toute dignité et de tout droit humain, qui est antérieure et supérieure à toutes les autorités et à toutes les lois humaines, se révolte contre Dieu lui-même, commet un crime de lèse-Humanité, et se met lui-même hors la loi.

La première conséquence d’une proclamation-sincère de la République, c’est la Souveraineté de tous et la Fraternité entre tous. C’est donc l’abolition complète de tous les priviléges, de toute domination de de l’homme sur l’homme et de toute exploitation de l’homme par l’homme. Entre de véritables Frères il ne peut y avoir de maîtres ni d’exploiteurs.

Un maître quel qu’il soit dans une vraie République, c est une anomalie; c’est une monstruosité qui doit disparaître; c’est un ennemi de la République qui doit être vaincu et désarmé. C’est un ennemi dautant plus dangereux qu’il se trouve dans l’intérieur de la Famille nationale; il faut donc s’en atfranchir avant tout et à tout prix.

En effet, tous les ennemis extérieurs, et toutes les coalitions du monde, fussent-elles mille fois mieux armées qu’elles ne le sont, seraient complétement impuissantes contre nous, si nous n’étions point divisés par ces arrogans exploiteurs du Peuple, qui veulent rester à tout prix nos maîtres.

Supposons un instant que notre Gouvernement provisoire eût provoqué et protégé une organisation sociale vraiment fraternelle, sans exploiteurs sans maîtres; eût-il jamais été possible que nous ayons éprouvé tant de malheurs, attiré tant de calamités sur tous les Peuples de l’Europe, sans aucun autre résultat que l’affreuse misère, des haines implacables, et une guerre civile d’extermination en perspective?...

A l’œuvre donc Frères! Il est toujours temps de faire le bien. Ne craignons plus de nous compromettre par la Vérité, la Justice et la Perfection. Ne laissons plus de place à cette sauvagerie et à cette lâche barbarie qui ravagent les plus belles villes de l’Europe, et exterminent les populations les plus généreuses! Réalisons l’Evangile avec toutes ses conséquences, ou cessons de jouer le rôle d’hypocrites et abjurons à jamais le litre de Chrétiens!...

Les vrais Chrétiens savent très bien qu’ils sont tous appelés dans le Royaume éternel des BIENHEUREUX, oû il n’y a de place que pour des ELUS. Ce Royaume c’est notre RÉPUBLIQUE FRATERNELLE. N’admettons donc dans notre Société républicaine, et même dans nos relations fraternelles, que ceux qui sont nos élus.

Ne nous laissons imposer à aucun titre, par aucune raison, ni sous aucun prétexte nos chefs, nos commandans, nos administrateurs, nos serviteurs, ni même nos compagnons et camarades! Nous sommes tous SOUVERAINS et nous ne devons nous laisser autrement traiter par personne qu’en FRÈRES.

Si on nous fait la guerre, parce que nous voulons sincèrement et loyalement la réalisation de la Fraternité avec toutes ses conséquences, même au profit de nos éternels ennemis; acceptons la guerre, même la guerre à mort; car il vaut mieux en subir tous les malheurs, que de consentir encore à la prolongation du règne de l’injustice et de l’iniquité.

Arrière donc toute violence, toute astuce, tout mensonge, toute corruption, et tous privilèges de quelque nature qu’ils soient!... Arrière tout pouvoir, tout commandement et toute direction, dont les organes ne sont pas élus par le Peuple, ou ne peuvent être, au besoin à tout moment, changés par le Peuple!

Arrière toute exploitation de l’homme par l’homme, et toute domination de l’homme sur l’homme.

Le moment solennel pour toute l’Humanité est déjà venu, où tous les obstacles doivent céder et toutes les barrières disparaître devant l’action toute puissante de la Vérité, de la Justice et de la Fraternité!

Arrière tous les Caïns; vous ne savez que tuer pour pouvoir plus facilement vous approprier tout le pouvoir et toutes les richesses! Si vous ne voulez que de l’or, prenez-le tout. Nous vous l’abandonnons de très bon cœur, avec tous les trésors de la France. Nous nous obligeons même, au besoin, à vous envoyer à nos frais dans la riche Californie, afin que vous puissiez en recueillir davantage et vous y enrichir à satiété. Mais quant au sol de la France, à tous les instrumens de travail et à la direction de nos affaires, vous ne les aurez plus jamais!.... Devant Dieu et dans notre conscience, votre règne est fini sans retour, à tout jamais! Car il ne reste plus le moindre doute, pour le Peuple, que la Francene sera jamais grande, glorieuse, puissante ni heureuse, tant que vous serez à la tête des affaires publiques et tant que vous ne serez réduits à la position évangélique, où vous ne pourrez plus disposer d’aucun instrument de travail sans travailler vous-mêmes, d’aucune faveur, d’aucune place, d’aucun pouvoir, pas même de celui de garde-champêtre ou de simple caporal!...

Tant que vous pourrez arbitrairement disposer en maître de ces choses-là, vous serez toujours nos ennemis, et des ennemis beaucoup plus dangereux pour nous que les Russes vos amis; car ceux-ci ne peuvent au moins, comme vous, disposer de nos personnes ni des fruits de notre travail. ?

Et sachez le bien, nous vous condamnons et vous repoussons non point comme propriétaires, riches ou capitalistes; mais uniquement comme nos oppresseurs, exploiteurs, maîtres ou dominatéurô. Nous ne vous envions nullement vos propriétés et vos richesses. A l’exemple des Chrétiens primitifs, nous ne recherchons que vos personne s, pour fraterniser et nous associer librement avec vous.

Si vous nous repoussez et que vous préfériez vivre dans l’isolement et dans votre individualisme, nous vous laissons et garantissons la disposition complète de toute la valeur de vos propriétés et de vos richesses, mobilières et immobilières, bien ou mal acquises. Si vous êtes assez fous d’y chercher votre bonheur, nous sommes disposés, par compassion pour vous, à vous assister au besoin et à vous secourir. Nous pouvons même nous engager à vous donner tout notre argent, jusqu’au dernier centime, et à nous en passer complètement. Mais nous voulons à tout prix conserver vis-à-vis de vous notre position de SOUVERAINS et de FRÈRES; de manière que personne de vous, même pour tous le s trésors du monde, ne puisse jamais asservir, corrompre, louer, engager ni même obliger aucun de nos Frères, à vous prostituer ses services ou ses complaisances à quelque titre que ce soit.

3,93 ₼

Janr və etiketlər

Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
17 yanvar 2025
Həcm:
467 səh. 12 illustrasiyalar
ISBN:
4064066319298
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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