Kitabı oxu: «La manière de bien traduire d'une langue en aultre»

Şrift:

Etienne Dolet

La manière de bien traduire d'une langue en aultre


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066085353

Table des matières

LA MANIERE DE BIEN TRADVIRE D'VNE LANGVE EN AVLTRE.

LA PVNCTVATION DE LA LANGVE FRANCOYSE.

LES ACCENTS DE LA LANGVE FRANCOYSE.

D'aduantage.

De la punctuation de la langue Francoyse.

Plus.

Des accents d'ycelle.

Le tout faict par Estienne Dolet natif d'Orleans.



SCABRA, & IMPOLITA AD AMVSSIM DOLO, ATQVE PERPOLIO.

A Lyon, chés Dolet mesme.

M. D. XL.

Auec priuileige pour dix ans.

AV LECTEVR.

Ly, & puis iuge: ne iuge toutesfois deuant que d'auoir ueu mon Orateur Francoys, qui (possible est) te satisfaira quant aux doubtes, ou tu pourras encourir lisant ce liure.

ESTIENNE DOLET A

Monseigneur de Langei humble

salut, & recongnoissance

de sa liberalité

enuers

luy.

Ie n'ignore pas (Seigneur par gloire immortel) que plusieurs ne s'esbaissent grandement de ueoir sortir de moy ce present Oeuure: attendu que par le passé i'ay faict, & fais encores maintenant profession totalle de la langue Latine. Mais à cecy ie donne deux raisons. L'une, que mon affection est telle enuers l'honneur de mon pais, que ie ueulx trouuer tout moyen de l'illustrer. Et ne le puis myeulx faire, que de celebrer sa langue, comme ont faict Grecs, & Rommains la leur. L'aultre raison est, que non sans exemple Autheurs antiques illustrateurs de leur langue. de plusieurs ie m'addonne à ceste exercitation. Quant aux Antiques tant Grecs, que Latins, ilz n'ont prins aultre instrument de leur eloquence, que la langue maternelle. De la Grece seront pour tesmoings Demosthene, Aristote, Platon, Isocrate, Thucydide, Herodote, Homere. Et des Latins ie produis Ciceron, Cæsar, Salluste, Virgille, Ouide. Lesquelz n'ont delaissé leur langue, pour estre renommés en une aultre. Et ont mesprisé toute aultre: sinon qu'aulcuns des Latins ont apprins la Grecque, affin de scauoir les arts, & disciplines traictées par les Autheurs d'ycelle. Aulcuns Autheurs modernes illustrateurs de leur langue, tant en Italien, qu'en Francoys. Quant aut modernes, semblable chose que moy a faict Leonard Aretin, Sannazare, Petracque, Bembe (ceulx la Italiens) & en France Budée, Fabri, Bouille, & maistre Iacques Syluius. Doncques non sans l'exemple de plusieurs excellents personnages i'entreprends ce Labeur. Lequel (Seigneur plein de bon iugement) tu recepuras non comme parfaict en la demonstration de nostre langue, mais seulement comme ung commencement d'ycelle. Car ie scay, que quand on uoulut reduire la langue Grecque, & Latine en art, cela ne fut absolu par ung homme, mais par plusieurs. Ce qui se faira pareillement en la langue Francoyse: & peu a peu par le moyen, & trauail des gens doctes elle pourra estre reduicte en telle parfection, que les langues dessusdictes. A ceste cause (Seigneur tout humain) ie te requiers de prendre ce mien labeur en gré, & s'il ne reforme totallement nostre langue, pour le moyns pense, que c'est commencement, qui pourra paruenir à fin telle, que les estrangiers ne nous appelleront plus Barbares. Te soubuienne aussi en cest endroict, qu'il est bien difficille, qu'une chose soit inuentée, & parfaicte tout a ung coup. Parquoy tu te doibs contenter de mon inuention, & en attendre ou par moy, ou par aultres la parfection auec le temps. Ioinct aussi, qu'en choses grandes, & difficilles le uouloir Le comble des uertus de Monsieur de Langei. doibt estre asses. Ie laisse ce propos, & te ueulx dire ce, qui m'a esmeu de te dedier ce Liure. Certes l'opinion, & estime grande, que i'ay de ton scauoir, eloquence, & iugement en tout esmerueillable, m'a induict à ce faire, aultant ou plus, que l'humanité, & liberalité, de laquelle tu uses de iour en iour de plus en plus en mon endroict: & ce sans aulcun mien merite: car de te faire aulcun seruice meritant telle amour, que me la portes, & monstres par effect, cela est hors totallement de mon pouuoir. Toutesfoys pour suppliment du pouuoir la uoulunté te doibt satisfaire: laquelle est telle, que sans exception d'aulcun Humain ie te reuere, comme ung Demidieu habitant en ces lieux terrestres, & estincellant de tous costés par une lumiere de uertus à toy seul octroiées par l'Omnipotent: Omnipotent enuers toy prodigue de ses graces, si iamais il en eslargist à aulcune sienne creature. Et qui est celuy, qui puisse à mon dict coutredire, s'il a congnoissance de tes faicts? Nul ne doubte de la bonté de ta nature. Chascun se sent de ta munificence. Toutes Nations estranges ne preferent aulcun a toy, touchant l'art militaire, & conduicte de guerre. Quant a la politique, & gouuernement equitable d'ung pais, le Piedmont en donnera tesmoignage: en laquelle Prouince tu es a present gouuerneur soubz l'autorité du Roy, qui t'a esleu à ceste charge, comme personne idoine à touts faicts de grand conseil, & prudence. Croy (Seigneur le premier des Humains) que ie suis l'homme le moins admirant les hommes sans raison, & cause uehemente: mais tes uertus, & perfections infinies m'ont rauy iusques a la, que sur touts ie t'adore: & ceste affection, la Posterité n'ignorera, si mes Oeuures meritent immortalité de nom. Icy feray fin de mon epistre, te priant de rechef auoir ce mien Liure pour aggreable. De Lyon ce dernier iour de May, Mil cinq cents quarante.

ESTIENNE DOLET

au peuple Francoys humble salut,

& accroyssement d'honneur,

& puissance.

Depuis six ans (ô peuple Francoys) desrobbant quelcques heures de mon estude principalle (qui est en la lecture de la langue Latine, & Grecque) te uoulant aussi illustrer par touts moyens, i'ay composé en nostre l'Orateur Francoys. langage ung Oeuure intitulé l'Orateur Francoys: duquel Oeuure les traictés sont telz.

La grammaire. L'orthographe. Les accents. La punctuation. La pronunciation. L'origine d'aulcunes dictions. La maniere de bien traduire d'une langue en aultre. L'art oratoire. L'art poëtique.

Mais pource que ledict Oeuure est de grand importance, & qu'il y eschet ung grand labeur, scauoir, & extreme iugement, i'en differeray la publication (pour ne le precipiter) iusques a deux, ou troys ans. Ce pendant tu t'ayderas des instructions, qui sont en ce present Liure. Lequel si ie congnois t'estre aggreable, ie seray plus enclin a te bien polir, & parfaire le demeurant de mon entreprinse. Combien que i'en attends plus tost contentement de la Posterité, que du Siecle present: car le cours des choses humaines est tel, La uertu du uiuant est tousiours enuiée. que la uertu du uiuant est tousiours enuiée, & deprimée par Detracteurs, qui se pensent aduantager en reputation, s'ilz mesprisent les labeurs d'aultruy. Mais l'homme de scauoir, & de bon iugement ne doibt regarder à telz resueurs, & plus tost s'en mocquer du tout. Ainsi faisant, ie poursuiuray mon effort, & attendray legitime los de la Posterité: non d'aulcuns uiuants par trop pleins d'ingratitude, & mauluais uouloir. Contente toy pour ceste heure (ô peuple Francoys) de ce petit Oeuure: & prens pour pleige l'affection, que ie porte à ma renommée, que dedans quelcque temps ie te rendray parfaict l'Oeuure dessusdict. Et si aulcuns se delectent en tel labeur, cela n'est que bon. Que pleust à dieu, que pour ung il y en eust mille: car par telz efforts le plus parfaict sera congneu, & en demeurera la gloire au bien entendant la langue Latine, & Francoyse. Pour le moins de mon costé ie tascheray de faire mon debuoir en si noble, & louable passetemps. Vray est, que si i'estois enuieux du bien d'aultruy, ie me deporteroys de ce mien labeur: pource L'ingratitude d'aulcuns personnages de ce temps. que i'ay congneu telle ingratitude entre les hommes de mon temps, que ceulx, qui ont le plus proffité sur mes Oeuures, sont les premiers, qui taschent de deprimer mon renom: mais pour leur meschante nature ie ne laisseray de produire par Oeuures le don de grace, que le Creatur m'a faict tant en la congnoissance de la langue Latine, que de ma maternelle Francoyse. Et ce tout à l'honneur, & gloire de luy (luy seul autheur de tout bien) & à l'utilité de la chose publicque: laquelle ie prefere aux maldicts de touts mes Enuieux, & Detracteurs: qui à la fin se trouueront trompés en moy: car leur meschant langage ne me sert, que d'ung esguillon à la uertu: tout au rebours de ce qu'ilz uouldroient de moy proceder. Mais ie scay, comme il fault tromper telles bestes chaussées: & en telle prudence consumeray le demeurant de ma uie, taschant tousiours de perpetuer mon nom par Oeuures recommendables à la Posterité, & aage futur: lequel se trouuant uuide d'enuie en mon endroict, & muni de bon uouloir, ne se monstrera ingrat, mais par une equité, & raison louera ce, qui est de louer. Ceste esperance m'a tousiours esmeu à escrire, & donné cueur de prendre les labeurs, que i'ay iusques icy prins en la uacation literaire. Car au iugement des uiuants il y a bien peu d'equité, & racueil pour les Doctes. A dieu Peuple le plus triumphant du Monde, soit en uertu, soit en puissance. A Lyon, ce dernier iour de May, l'an de grace. Mil cinq cents quarante.

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Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
10 oktyabr 2024
Həcm:
31 səh. 3 illustrasiyalar
ISBN:
4064066085353
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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