Kitabı oxu: «Surgères dans le passé»
Gaston Dervieux
Surgères dans le passé

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066335069
Table des matières
AU X e SIÈCLE
SURGÈRES AU XI e SIÈCLE
SURGÈRES AU XII e SIÈCLE
SURGÈRES AU XIII e SIÈCLE
SURGÈRES AU XIV e SIÈCLE
SURGERES AU XV e SIÈCLE
SURGÈRES AU XVI e SIÈCLE
SURGÈRES AU XVII e SIÈCLE
SURGÈRES AU XVIII e SIÈCLE
SURGÈRES A LA FIN DU XVIII e SIÈCLE
LA RÉVOLUTION A SURGÈRES
SURGÈRES AU DÉBUT DU XIX e SIÈCLE
SURGÈRES A L’AVÈNEMENT DES BOURBONS
SURGÈRES EN 1830
LA RÉVOLUTION DE 1848 A SURGÈRES
SURGÈRES SOUS L’EMPIRE JUSQU’EN 1870
OUVRAGES CONSULTÉS
TABLE DES GRAVURES

AU Xe SIÈCLE
Table des matières
L’ORIGINE de Surgères est assez obscure.
La division géographique et politique du pays d’Aulnis ne fut énoncée qu’à la fin du Xe siècle.
La charte la plus ancienne qui cite la région surgérienne date de l’an 936.
D’après le cartulaire de l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély, sous le règne de Hugues Capet (987), il existe un marais nommé «Girum» et une saline appelée «Girea». Ce marais reçoit les eaux qui descendent de la région du «castrum surgeriacum », dont parle, en 992, une charte de l’abbaye de Saint-Maixent.
Pour s’opposer aux incursions des Normands qui, au IXe et au Xe siècle, descendaient sur les côtes de l’Aulnis, pillaient et dépouillaient les habitants de leurs biens et de leurs moissons, et portèrent même leurs ravages jusqu’à Saint-Jean-d’ Angély, le duc de Poitou construisil une forteresse — «castrum» — à la tête du marais «Girum». Cette forteresse, comme toutes celles du IXe siècle, fut, à ses débuts, un simple donjon entouré de fossés où résidait une garnison d’hommes d’armes.
En 911, le roi de France, Charles III, donna au chef des Normands, Rollan, par le traité de Saint-Clair-sur-Epse, une portion de la Neustrie, appelée depuis Normandie. Les gens du Nord cessèrent dès lors leurs visites en Aulnis. Ils peuplèrent la Neustrie: par contre-coup le «castrum surgeriacum » devint bientôt inutile.
Ces renseignements historiques nous permettent de fixer l’étymologie de Surgères. Le «castrum surgeriacum» est établi plus haut que le cours de la rivière. Il est bâti sur la première assise de la colline, dans une situation élevée par rapport à une autre plus basse, ce qui est le sens du latin «super», d’où le mot «sur» tire son origine. Le castrum, étant construit dans un lieu plus élevé que le marais «girum » et la saline «girea», s’appela «surgeriacum», au-dessus de la saline, du marais, de la rivière de «Gir» ou de «Ger». Ce dernier mot, indéclinable dans Pline, est le nom d’un fleuve de la Mauritanie — (le Maroc). Peut-être est-ce par analogie que la rivière surgérienne reçut son nom?
Le prieuré de Saint-Gilles.
Guillaume, comte de Poitou, distraya des propriétés environnant la forteresse surgérienne une bonne partie des terres dont il fit don à l’abbaye de Maillezais, alors très florissante. Il fonda par là le prieuré de Saint-Gilles, qui relevait de Maillezais. La charte de cession de cette donation fut signée et ratifiée par le duc d’Aquitaine, l’abbé de Maillezais et le pape Sergius IV en l’année 1009.
Les Maingot, sires de Surgères.
Les Maingot, premiers seigneurs de Surgères, auraient eu pour ancêtre, Emerson, vicomte d’Aulnay, comte de Poitou, mort en 866.
Ils seraient issus d’un cadet de ce comte.
On lit, pour la première fois, le nom de Maingot en 903, au bas d’une charte où il est qualifié de vicomte, et où il signe aussitôt après le comte Ebles de Poitou, 10e année du roi Charles.
On trouve également d’autres signatures sur des chartes de 907, et de 963.
L’orthographe du nom change. C’est tantôt Maingot, Maëngot, Meingot. «La baronnerie» des Maingot en Aulnis s’appelait de castro surgeriaco.»
Jusqu’à Hugues Capet, les nobles n’ajoutaient rien à leur nom patronymique. Plus tard, pour se distinguer les uns des autres, ils firent suivre leur signature du nom des terres qu’ils possédaient; quelques-uns même de leur sobriquet, dit Vialart.
Les Maingot apposèrent leurs signatures sur les chartes aussitôt après les ducs d’Aquitaine, les comtes de Poitou, leurs suzerains. Ils prirent rang parmi les premières et plus anciennes maisons de France. Messire Vialart, prêtre, prieur de Montournais en Poitou, qui écrivit l’histoire généalogique de la maison de Surgères en Poitou en 1717, dit qu’il «y a peu de maisons en France, quelques anciennes et illustres qu’elles soient, qui puissent apporter de plus anciens titres.» Il ajoute: «de l’antiquité des noms des Maëngot de Surgères, il ne faut pas attendre des preuves écrites, mêmes les maisons souveraines ne les ont pas; elles n’ont pour ressources que les documents conservés, les chartes.»
On suppose qu’à la fin du Xe siècle un Maingot acquit de son parent, le comte de Poitou, le «castrum surgeriacum » et la partie des terres, situées autour du château fort, qui restaient libres, depuis la donation faite par Guillaume de Poitou du prieuré de Saint-Gilles, à l’abbaye de Maillezais.
A partir du XIe siècle, les chartes parlent souvent du «castellum surgeriacum».
Le Prieuré de Saint-Gilles.
Le Prieuré de Saint-Gilles, dont nous venons d’indiquer l’origine, fut donc fondé par un comte de Poitou. Les Maingot s’intéressèrent certainement à cette fondation; il est assez difficile de dire dans quelle mesure.
Le prieuré fut confié à un prieur séculier et à des chanoines.
Son église collégiale fut dédiée à Saint-Gilles. Elle était construite à 420 mètres de l’église Notre-Dame de Surgères.
Au XIe siècle, le peuple chrétien avait une grande dévotion pour le saint moine Gilles. Saint Gilles était né à Athènes. Il était de race royale. Après la mort de ses parents, Gilles avait distribué aux pauvres son patrimoine. Sa charité était telle qu’un jour il se dépouilla de sa propre tunique pour en couvrir un malade dans l’indigence. Celui-ci recouvra la santé aussitôt. D’autres miracles rendirent saint Gilles tellement populaire qu’il résolut de laisser la Grèce. Il vint à Arles auprès de Césaire, renommé lui aussi par sa sainteté.
Il l’abandonna peu après pour vivre en ermite sur les confins d’une forêt. Gilles se nourrissait de légumes et du lait d’une biche. Un jour, cette biche fut poursuivie par la meute du roi de France, qui chassait près de l’ermitage. Le roi frappé de la sainteté de Gilles, lui proposa de fonder, à côté de son ermitage, un monastère dont il prendrait la direction. Le saint moine y consentit.
Après la mort de Gilles, les miracles se multiplièrent sur son tombeau, à tel point qu’après Rome et Compostelle, Saint-Gilles était considéré comme l’un des trois grands pèlerinages de l’Occident.
Ces faits expliquent pour quelles raisons le prieuré de Surgères fut placé sous le patronage de saint Gilles.
L’Aulmônerie de Saint-Gilles.
En l’année 1083, Guy Geoffroy Guillaume VIII, duc d’Aquitaine, vint à Surgères.
Guillaume VIII était un véritable roi.
L’étendue de ses états était considérable; la plus grande partie du midi de la France reconnaissait sa suzeraineté. Il l’exerçait sur le comté du Poitou, qui comprenait la baronnie de Surgères.
Pendant son séjour à Surgères, Guillaume fit don au prieuré de Saint-Gilles d’une maison située près du prieuré, pour y établir un hôpital où seraient recueillis les vieillards miséreux de la région.
Il joignit au don de cette maison des terres et indiqua l’usage que les chanoines du prieuré de Saint-Gilles feraient de ces revenus: Ils les affecteraient à l’entretien des vieillards reçus dans la maison aulmônière. Le duc choisit comme protecteur de l’hospice Hugues Maingot.
Cette fondation prit le nom de «Maison Aulmônière de Saint-Gilles». Cette maison était la seconde «Aulmônerie» de France, d’après l’ordre chronologique.
Plus tard, l’Aulmônerie de Saint-Gilles fut enrichie d’autres terres offertes, à diverses époques, par les descendants du duc d’Aquitaine, par les seigneurs de Surgères, par le roi d’Angleterre, Richard.
L’Aulmônerie de Surgères fut considérée comme étan une fondation royale. Un différend qui s’éleva au XIVe siècle, entre les chanoines du prieuré de Saint-Gilles et les héritiers des sires de Surgères, permit de préciser ce point d’histoire Le prieur de Saint-Gilles disait ne relever que du roi de France et en aucune façon des Maingot de Surgères et de leurs héritiers. Le procès fut plaidé en 1567. Le prieur le perdit.
La maison aulmônière de Saint-Gilles fut seule reconnue de fondation royale. Le prieuré de Saint-Gilles ne le fut pas. Les juges déclarèrent qu’il avait pour fondateur un comte de Poitou et les sires de Surgères. Aussi quand, en 1600, le prieur et les chanoines de Saint-Gilles abandonnèrent le prieuré, la cession du domaine fut-elle faite et signée par le baron de Fonsèque, héritier des comtes de Surgères.
Nous venons d’indiquer la version de Délayant sur l’origine de l’Aumônerie de Saint-Gilles.
Mais Arcère, dans des notes manuscrites, déclare que le fondateur de l’Aumônerie de Saint-Gilles aurait été Guillaume IX, duc d’Aquitaine, et non pas Guy-Geoffroy Guillaume VIII mort en 1086. Il s’appuie sur ce fait qu’au XVIIe siècle les minimes de Saint-Gilles recherchèrent la date de la fondation de leur Aumônerie. Ils apportèrent comme preuve une charte du Cartulaire de leur couvent. Cette charte dit que l’Aumônerie de Saint-Gilles fut fondée sous l’épiscopat de Rodulphe, évêque de Saintes de 1083 à 1107.
Ils ajoutèrent qu’une charte de Richard, duc d’Aquitaine et plus tard roi d’Angleterre, datée de 1179, déclarait que la fondation de l’Aumônerie de Saint-Gilles était due à son bisaïeul Guillaume IX, duc d’Aquitaine. La voici reproduite par Massiou: «Sachez tous, présents et à venir, que l’Aumônerie de Surgères a été fondée sur mon territoire, ainsi qu’il est justifié par une charte de la reine Aliénor, ma mère, et par celle de Guillaume, mon bisaïeul, comte du Poitou, que le même Guillaume en la bâtissant sur son propre domaine, l’affranchit de tous les droits en usage dans l’étendue de sa souveraineté, particulièrement du droit de pacage pour les bestiaux que l’Aumônerie enverrait paître dans la forêt d’Argenton, et lui permit en outre de prendre, dans la même forêt, tout le bois nécessaire soit pour la construction et la réparation de ses bâtiments et pour le chauffage des pauvres qui y seraient reçus, soit pour tous autres usages. Sachez tous aussi que je prends sous ma protection et sauvegarde la même aumônerie avec ses habitants et ses dépendances et que j’entends qu’elle soit libre de toutes charges et que je l’en tiens quitte, comme l’ont tenue tous mes prédécesseurs.»
Devenu roi d’Angleterre, Richard fit de nouvelles donations à l’Aumônerie de Saint-Gilles. En 1188 et 1189, il lui confirma tous les privilèges déjà accordés.
Massiou écrit, avec raison, que «cet hospice, enrichi des offrandes des barons, des princes et des rois, devint un des établissement les plus importants du duché d’Aquitaine.»
SURGÈRES AU XIe SIÈCLE
Table des matières
Tout à fait au début du XIe siècle, en 1006, une fille d’Hugues Maingot, sire de Surgères, épouse le sire de Maltevaux.
En 1027, d’après Vialart, Guillaume Maingot, sire de Surgères, est le chef connu de la maison de Surgères.
Guillaume Maingot eut deux fils: Hugues Maingot et Morinel de Surgères.
Le premier appose sa signature en 1039 au bas d’un acte de donation à l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély, aussitôt après le duc d’Aquitaine.
Le 26 octobre 1068, Hugues Maingot reçoit dans son château de Surgères le duc Guillaume d’Aquitaine. Le duc venait rendre justice. Il avait, en effet, comme suzerain, le droit de haute et basse justice dans ses états.
Hugues Maingot gagna l’amitié du duc. Il figure, en 1076, en tète d’une liste des grands personnages du palais du duc.
Hugues Maingot épousa la fille d’Adalbert, sire de Dompierre-sur-Boutonne.
Il fit don aux moines de l’abbaye de Vendôme de l’île de Flais, située dans le marais et sur les bords de la Gère. On lit dans une charte de 1080 que les moines, afin d’assainir leur nouveau domaine, creusèrent des fossés pour l’écoulement des eaux. On trouve aujourd’hui dans les marais de Rochefort une butte, formant plateau, entourée d’excellentes prairies, qui porte encore le nom d’île de Flais.
L’église Notre-Dame de Surgères
Hugues Maingot, entre 1070 et 1080, dans l’enceinte de son château, fit construire une église à laquelle on donna le nom de Notre-Dame de Surgères. Les architectes auraient été les moines de l’abbaye de Vendôme, dont le second abbé fut Odéric.
L’église Notre-Dame de Surgères est un des plus beaux monuments de style roman de la Saintonge. Les moines en auraient sculpté eux-mêmes les pierres, dans les carrières. Ils les auraient apportées toutes taillées, ce qui expliquerait ce vernis naturel dont elles sont revêtues. Ce vernis est un gage de conservation et un préservatif contre les intempéries.
L’église Notre-Dame fut desservie par les moines de l’abbaye de Puyravauld, qui relevait de Vendôme. Un acte de 1097 en fait foi. Il porte les signatures d’Hugues Maingot, sire de Surgères, de son épouse Pétronille, de l’abbé Geoffroi de Vendôme, de l’évêque de Saintes, Ramnulfe, du prieur de Surgères, Goffridus, et de 33 témoins.
Par cette charte, Hugues de Surgères, avec le consentement de sa femme Pétronille, donne à l’abbé Geoffroi de Vendôme le patronage et la présentation du prieuré-cure de Surgères, «fondé par ses prédécesseurs, qui bâtirent dans la cour de leur château l’église paroissiale.» Ils avaient conservé la présentation au prieuré de cette église; Hugues en fit remise à l’abbé Geoffroi. Le patronage avait été donné antérieurement à Odéric, abbé de Vendôme.
Façade romane de l’Eglise restaurée par les Beaux-Arts

Le 24 novembre 1098, une bulle du pape Urbain Il approuva cette donation librement consentie en faveur de l’abbé Geoffroi de la Trinité de Vendôme par Hugues Maingot de Surgères.
Quelques temps après, l’abbé Geoffroi de Vendôme se plaignait à Pierre de Soubise du tort qu’il causait à ses religieux en leur enlevant les offrandes des fidèles de Surgères. Il le faisait au nom du moine Goscelin, archidiacre de l’église. L’Abbé lui reprochait encore le refus qu’il opposait au paiement de la dîme de ses marais-salants. C’était là les ressources du prieuré-cure de Notre-Dame de Surgères.
Les sires de Surgères.
Hugues Maingot, seigneur de Surgères, eut de son mariage avec Pétronille de Dampierre, six enfants: Guillaume Maingot, l’aîné, Constantin de Surgères, Hugues et Ranufle de Surgères, Aloïse qui épousa Raimond, sire de Malvau, et Pétronille qui épousa Raoul du Puy du Fou.
Guillaume Maingot II, le second du nom, fils aîné d’Hugues, signe: sire de Surgères et de Dompierre-sur-Boutonne. Il fut choisi par Guillaume VII) duc d’Aquitaine, pour être le protecteur de l’hôpital que le duc donna en 1083 au prieuré de Saint-Gilles de Surgères.
La Rochelle au XIe siècle et Châtel-Aillon.
La Rochelle avait une très petite importance au XIe siècle dans le pays d’Aulnis.
L’histoire de cette époque se concentrait autour du Château de Surgères, des grandes abbayes et du donjon de Chiâtel-Aillon. Il nous faut parler un peu de ce dernier.
Le jour de Pâques de l’an 1096, le 13 avril, le pape Urbain II, qui était venu consacrer l’église Saint-Eutrope de Saintes, officiait pontificalement dans l’église Saint-Pierre de Saintes.
Le peuple, les notables, les évêques étaient accourus de tous les environs. Le baron Eble de Châtel-Aillon seul ne parut pas. Il avait été excommunié pour avoir retenu injustement des terres appartenant à l’abbaye de Vendôme, au mois de mars de la même année.
Le pape le manda. Il vint.
Urbain II le pressa de céder au jugement rendu, puisqu’il était prouvé avec évidence que les biens en question ne lui appartenaient pas. Le baron resta inflexible.
La persuasion ayant échoué, le pape chargea l’archevêque de Bordeaux d’exhorter le duc d’Aquitaine à se servir de la force. Le duc mit le siège devant le castel du baron Eble. Le maître de l’Aulnis vaincu, restitua les terres volées
Le 10 septembre 1097, il fut relevé de l’excommunication, mais la malédiction resta sur lui.
Trente ans après, Châtel-Aillon tombait sous les armes du comte de Poitou, jaloux de son émule. La capitale de l’Aulnis disparut. Il ne reste aujourd’hui du sol sur lequel était construite la forteresse de l’orgueilleux baron, qu’un rocher battu et miné par les flots.
SURGÈRES AU XIIe SIÈCLE
Table des matières
Au début du XIIe siècle, Pierre-Guillaume Maingot, sire de Surgères, batailla contre les Anglais sous les ordres de Savary de Mauléon. Il trouva la mort dans un combat en l’année III 7. Il avait pour cri de guerre cette belle devise: «Fier fils, ne faulx pas à ton pays». Pierre Maingot était très lié avec le duc d’Aquitaine, Guillaume.
Au retour d’une expédition malheureuse en Palestine, qui lui avait coûté 50.000 combattants, Guillaume d’Aquitaine avait versé de grands biens à l’Aulmônerie de Saint-Gilles de Surgères.
Son héritier, Richard, Cœur de Lion, duc d’Aquitaine et plus tard roi d’Angleterre, était l’ami de Guillaume Maingot III, sire de Surgères. Il lui concéda pour sa baronnie le droit de basse justice, qui consistait à entendre et à juger les causes de seconde importance.
Richard, Cœur de Lion fit don, comme son grand-père, à l’hospice de Saint-Gilles, de terres franches de tous droits, et d’un clos, appelé Strumarie. Il ratifia les donations antérieures faites à Saint-Gilles par ses ancêtres.
Richard, duc d’Aquitaine, devint roi d’Angleterre en 1189. Il autorisa un des quatre fils de Guillaume Maingot, Geofroy de Surgères, à prendre le titre de sire des Granges.
Guillaume Maingot III épouse Berthe de Taillebourg et de Rançon. Ses quatre fils portent les noms de Simon Maëngot, Guillaume Maingot IV, Hugues de Surgères qui mourut au siège d’Acre l’an 1190 et ne laissa qu’une fille mariée à Geofroy de Lusignan, et Geofroy de Surgères.
C’est ce Geofroy, devenu sire des Granges, de qui sortit la maison des Granges, dont nous parlerons.
Guillaume Maingot était généreux. Il donna plusieurs domaines à l’abbaye de Saint-Léonard de La Rochelle. II fit une fondation à l’hospice Saint-Gilles de Surgères en 117 1.
L’attachément de Guillaume Maingot III, pour Richard Cœur de Lion, semble avoir été le mobile du passage du sire de Surgères dans le camp des partisans du roi d’Angleterre. On trouve, en effet, la signature de Maingot de Surgères au bas d’un acte relatant une trève intervenue, en 1207, entre, le roi Philippe-Auguste et Jean sans Terre, roi d’Angleterre. Cette signature figure parmi les noms des signataires anglais.
D’ailleurs, plus tard, le sire de Surgères recevait une lettre du roi d’Angleterre, Henri III, qui le remerciait de ses bons et loyaux services envers ses aïeuls. Il lui exprimait le désir de le voir les lui conserver à lui-même.
La fière devise de Pierre Maingot subissait une éclipse.
Tour du XIIe siècle

L’église Saint-Pierre de Surgères.
Au delà de la Gère, sur la paroisse Saint-Pierre, située à 200 mètres du château, fut construite une église, peu de temps après celle que les Maingot firent élever à l’intérieur de leur château.
L’église Saint-Pierre était une église collégiale et séculière. Elle comptait un prieur et huit chanoines.
Le titre d’archiprêtre de Surgères était attaché à cette église, et non pas à celle du château.
On trouve au bas d’un acte daté de 1159 la signature de l’archiprêtre de Surgères accompagnée de son sceau: «Ego, Willelmus, canonicus et archipresbyter de Surgeris».
L’archiprêtré s’étendait sur les paroisses des doyennés de Surgères, d’Aigrefeuille, la partie nord du doyenné de Loulay, sur Saint-Félix, Dœuil, Migré, Vrigné, Coivert, Croix-Comtesse, Villeneuve, Muron, Saint-Christophe, Anais, Réaux, Priaire, Torigny, Prissé.
La division écclésiastique était calquée sur la division civile. Le langage, le costume, jusqu’en ces dernières années, la physionomie locale de cette région étaient demeurés identiques. C’est aujourd’hui encore un groupe de 30.000 âmes, mais qui tend à perdre son. originalité.
L’église Saint-Pierre fut démolie en 1840. Une nouvelle route traversa l’ancien cimetière attenant à l’église. Il reste, toute proche, une petite maison basse que la tradition locale dit avoir été la demeure de l’ancien prieur de Saint-Pierre.
Pulsuz fraqment bitdi.