Kitabı oxu: «Les arts musulmans»

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Gaston Migeon

Les arts musulmans


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066326944

Table des matières

I

I. LE DÉBUT DE L’ISLAM. SES PREMIERS ÉDIFICES. LA KA-BAH DE LA MECQUE, LA MOSQUÉE D’AMROU, LA QUBBAT AS SAKHRAH OU MOSQUÉE D’OMAR A JÉRUSALEM.

2. INFLUENCES SUBIES PAR L’ARCHITECTURE MUSULMANE A SES DÉBUTS.

3. LES PREMIERS MONUMENTS MUSULMANS DES KHALIFES AU VIII e SIÈCLE A DAMAS, A KAIROUAN, A CORDOUE.

4. LES MONUMENTS DES ABBASSIDES AU IX e SIÈCLE A SAMARRA (MÉSOPOTAMIE) ET LA MOSQUÉE D’IBN TULUN AU CAIRE.

5. LES MONUMENTS DES SULTANS FATIMIDES AU CAIRE: LES MOSQUÉES D’EL AZHAR ET D’AL HAKIM.

6. L’ARCHITECTURE DES TURCS MAMMLUKS. LES AYYOUBIDES AU CAIRE ET EN SYRIE, ET L’INFLUENCE DES CROISADES (1171-1250) . LES MONUMENTS DES SULTANS MAMMLUKS BAHRITES ET CIRCASSIENS AU CAIRE JUSQU’AU DÉBUT DU XVI e SIÈCLE.

7. L’ARCHITECTURE DE LA PERSE SOUS LES ABBASSIDES, SOUS L’OCCUPATION MONGOLE ET SOUS LES SÉFÉVIDES. L’ARCHITECTURE TURQUE SOUS LES SELDJOUKS A KONIEH.

8. L’ARCHITECTURE DES SULTANS TURCS OSMANLIS OU OTTOMANS A BROUSSE, PUIS A CONSTANTINOPLE, ET DANS TOUT L’EMPIRE OTTOMAN AU XV e ET AU XVI e SIÈCLE.

9. L’ARCHITECTURE MUSULMANE DANS L’INDE ET EN CHINE.

10. L’ARCHITECTURE DE L’ISLAM DANS L’ESPAGNE ET DANS LE MAGHREB (MAROC, ALGÉRIE, TUNISIE) .

II

I. LA PEINTURE. LE LIVRE, SA DÉCORATION PAR L’ENLUMINURE. LA RELIURE. LES ÉCOLES DES ABBASSIDES A BAGDAD. LES ÉCOLES PERSANES, MONGOLES ET SÉFÉVIDES. LES ÉCOLES DE L’INDE.

2. LA SCULPTURE EN PIERRE ET EN BOIS. LA PETITE SCULPTURE EN IVOIRE.

3. LES ARTS DU MÉTAL: LE BRONZE, L’ORFÈVRERIE, LES CUIVRES INCRUSTÉS.

4. LES CRISTAUX DE ROCHE. LA VERRERIE ÉMAILLÉE.

5. LA CÉRAMIQUE.

6. LES TISSUS ET LES TAPIS.

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

TABLE DES PLANCHES


A MON AMI

RAYMOND KŒCHLIN


I

Table des matières

L’ARCHITECTURE
I. LE DÉBUT DE L’ISLAM. SES PREMIERS ÉDIFICES. LA KA-BAH DE LA MECQUE, LA MOSQUÉE D’AMROU, LA QUBBAT AS SAKHRAH OU MOSQUÉE D’OMAR A JÉRUSALEM.

Table des matières

Après avoir déclaré sa foi et commencé sa prédication au sanctuaire fameux de l’Arabie, la Ka-bah de la Mecque, Mahomet, devant l’opposition qu’il avait rencontrée, avait dû disparaître et mener pendant quelques années une vie errante. Invité par ses adhérents à venir les rejoindre à Médine, il s’y fixait en 622. C’est l’année dite de «Hidjra» (Hégire, émigration), de laquelle les musulmans firent dater leur calendrier.

Ce premier sanctuaire de l’Islam, la Ka-bah de la Mecque, avait une très antique histoire, à laquelle étaient rattachés les souvenirs d’Agar et d’Ismael, d’Abraham et de l’ange Gabriel; la miraculeuse fontaine de Zamzam en était toute voisine. La légende a établi que du temps de Mahomet un incendie l’avait déjà détruite, et qu’un hasard heureux permit qu’un navire chargé de matériaux destinés à la reconstruction d’une église d’Abyssinie, avec son architecte copte ou grec, échouât à Jiddah sur la mer Rouge, et que tout son chargement servît à reconstruire la Ka-bah. Il est impossible, par suite des remaniements successifs qu’elle subit, d’établir ce qu’elle put être à l’origine.

Après la mort de Mahomet (632), ses compagnons partaient à la conquête du monde qu’ils allaient soumettre à l’Islam. Amrou, en 640, occupait l’Égypte, fondait au bord du Nil une capitale qu’il appelait Fostat (la Tente), et y édifiait une mosquée, dont rien d’actuel ne nous permet de reconnaître l’ancien édifice. — Kufah, près de Hirah, en Mésopotamie, occupée par Ali, devenait en 656 la capitale de l’Irak; une mosquée y était édifiée dont il ne reste aucun vestige; peut-être le géographe Ibn Jubayr l’avait-il visitée encore en 1184, et Tavernier, au XVIIe siècle, vit encore non loin de là des ruines bien importantes. En 639 Omar entrait à la tête de ses troupes dans Jérusalem. Sur une vaste colline qui avait porté successivement les temples de Salomon, d’Hérode et d’Hadrien, que les Perses de Chosroès, vingt-cinq ans plus tôt, en 614, avaient pris et fort endommagés, Omar aurait décidé d’édifier une mosquée là où existaient la Porte Dorée et la «Sakhrah» ou Roc sacré ; on l’appela la Qubbat as Sakhrah, ou bien, suivant la dénomination des Croisés, la mosquée d’Omar. C’est un des plus beaux monuments du monde, dont nous avons encore conservé aujourd’hui à peu près la physionomie primitive (pl. I et II).

De plan octogonal, elle porte une haute coupole tapissée d’une merveilleuse mosaïque à larges motifs décoratifs, verts et or, portée sur une enceinte concentrique intérieure de superbes colonnes de marbre vert et de porphyre rouge, à chapiteaux dorés, travaux dont il faut reporter surtout l’honneur au khalife ommiade de Damas, Abd al Malik, qui voulut en 691 en faire le sanctuaire le plus vénéré de l’Islam. Il subit des réfections surtout sous le khalife El Mamun et après l’incendie de 1448. On est à peu près d’accord pour y reconnaître le plan et les procédés de construction chrétiens-byzantins.

2. INFLUENCES SUBIES PAR L’ARCHITECTURE MUSULMANE A SES DÉBUTS.

Table des matières

Le peuple arabe n’avait aucun art personnel et original, il était dépourvu de tout sens architectural. Il ne put, au début, qu’utiliser au profit de son culte récent les édifices qu’il rencontrait dans les nouveaux pays qu’il conquérait; quant à ceux qu’il allait construire, il ne put que se servir de la main-d’œuvre que lui procuraient les régions soumises. Ce furent tous les éléments empruntés à tant d’arts divers qui avaient fleuri sur les terres conquises à l’Islam, qui contribuèrent à la naissance d’un style nouveau.

Le début du VIIe siècle avait vu s’élever à Constantinople un monument byzantin grandiose: Sainte-Sophie, dont la renommée dut être immense dans toute la chrétienté. Il n’est pas douteux que beaucoup de constructeurs musulmans s’en inspirèrent par la suite.

La Syrie, province chrétienne, s’était couverte d’églises surtout au VIe siècle, à Édesse, à Antioche, à Ezra, à Bosra, dans tout le Hauran; on y a relevé des modes constructifs — le plan cruciforme, les arcs arrondis, les coupoles hémisphériques, les voûtes en berceau, les ouvertures à claire-voie, l’arc en fer à cheval, les pavements de mosaïque, les niches de plan semi-circulaire — où l’on a pu discerner les prototypes de maint détail de construction musulmane.

Les Sassanides, qui avaient régné sur la Mésopotamie et la Perse pendant quatre siècles (226-641), y avaient laissé de nombreux monuments que les Arabes avaient devant les yeux quand ils furent vainqueurs. Leurs façons de construire, héritées des Assyriens et des Chaldéens, l’emploi de la brique comme élément essentiel dans des édifices énormes, le principe de la voûte, peut-être dû aux Parthes ou aux Romains, furent autant de facteurs très puissants sur la formation de l’art musulman.

Et voici que les dernières théories des Anglais, rappelant les rapports qui existaient déjà entre l’Inde et l’Égypte sous le roi Asoka au IIIe siècle, prétendent que tous les éléments de la construction arabe se rencontrent dans ces temples de l’Inde.

En Égypte, l’art copte, c’est-à-dire chrétien-égyptien, avec ses innombrables couvents de moines, ses églises et ses cimetières, ne manqua pas d’influencer l’art musulman en maint détail, surtout de décoration ornementale. On sait d’ailleurs combien les Arabes utilisèrent les services des architectes et des ouvriers coptes.

Et toutes ces influences combinées, faciles à constater sur les monuments de l’architecture, se retrouvent également dans les produits des arts industriels, tissus, bois, bronzes, céramiques, qui eurent dans toutes les contrées islamisées une si prodigieuse floraison.

3. LES PREMIERS MONUMENTS MUSULMANS DES KHALIFES AU VIIIe SIÈCLE A DAMAS, A KAIROUAN, A CORDOUE.

Table des matières

La première capitale khalifale qu’Ali avait établie à Kufah en Mésopotamie, en 656, n’avait eu qu’une courte durée. Damas la remplaçait en 661, jusqu’à ce que Bagdad la supplantât un siècle plus tard.

Au début de l’occupation de Damas, les musulmans se contentèrent de partager avec les chrétiens l’église chrétienne de Saint-Jean, dont ils affectèrent à leur culte la moitié Est. Mais ce partage déplut au khalife ommiade Walid Ier (705-715), qui sur cet emplacement construisit la mosquée dans sa forme présente. C’est depuis longtemps une grande discussion archéologique de fixer ce que la mosquée a conservé de l’église primitive, si même elle en a rien conservé, étant donné que Walid, dans sa magnificence, avait voulu quelque chose d’immense et de tout nouveau. Elle présente encore une vaste cour entourée d’arcades de pierre soutenues, au Nord et au Sud, par des piliers, à l’Est et à l’Ouest par des piliers et des colonnes, les arcades du Sud fermées par des portes, ce qu’on ne retrouve ni au Caire ni ailleurs; l’innovation de l’arc en fer à cheval, soit en demi-cercle, soit pointu, est caractéristique du style sarrasin. On y constate aussi la première apparition du mirhab, niche demi-circulaire, avec le sommet en coupole ou en pointe, indiquant dans tout édifice religieux musulman la qiblah, ou direction de la Mecque, vers laquelle tout fidèle doit se tourner pour prier. Deux de ses minarets, aux angles, se trouvent sur les anciennes tours de l’église; ce seraient les plus anciennement connus si leurs soubassements, sinon leurs fûts, sont du temps de Walid, ce qui est toujours discuté. C’est d’une petite galerie circulaire extérieure situé en haut du minaret que le muezzin, aux heures rituelles, appelle des quatre coins de la ville les fidèles à la prière (pl. III). Sous Walid, la décoration de la mosquée de Damas fut merveilleuse. Muqadassi, qui la vit à la fin du Xe siècle. parle des mosaïques, de l’or, des pierres précieuses, des carreaux émaillés, des verres, qui l’ornaient. Peut-être reste-t-il quelques souvenirs des mosaïques à la voûte d’entrée, ainsi que les belles portes de bronze du gros œuvre, peut-être seulement les murs extérieurs et les arcades qui joignent la mosquée à la porte romaine occidentale, arcades tout à fait byzantines, car ce magnifique monument eut l’infortune de subir trois incendies en 1069, en 1400 (celui-ci mis volontairement après la prise de la ville par Tamerlan) et en 1893; et ces incendies furent suivis chacun de réfections.

C’est aussi des Ommiades qu’on peut faire vraisemblablement dater la grande mosquée El Aksa, sur le Haram as Sharif de Jérusalem, que le khalife Abd al Malik avait édifiée sur l’emplacement d’une église de Justinien dédiée à la Vierge, en 691, mais qui fut rebâtie après un tremblement de terre par le khalife al Mansour vers 771, modifiée parles Croisés, et remise en état par Saladin.

Le souvenir de la mosquée El Aksa se retrouve dans un monument fameux, qu’avait fondé en Tunisie le général Sidi Okba au cours de son expédition dans la seconde moitié du VIIe siècle, le long de la côte d’Afrique jusqu’à l’Atlantique.

La mosquée de Kairouan (pl. IV et V), rebâtie dans le deuxième quart du vine siècle et remaniée encore à la fin du IXe, présente en son plan une vaste cour avec double colonnade Est et Ouest, au Nord une colonnade inachevée avec un grand minaret, et au Sud un grand sanctuaire fermé ou liwan; le mirhab est couvert d’une coupole, et du mur du Sud se détache une large aile crevant la largeur du sanctuaire et déterminant une disposition en T dérivée du transept de la basilique chrétienne, comme aux mosquées de Cordoue et de Tunis. Les arcades sont portées par des colonnes de marbre à chapiteaux remployées de monuments antiques ruinés ou détruits. Et un minaret carré massif, de la première moitié du VIIIe siècle, est un des plus anciens exemples connus. C’est donc un monument des plus importants, intermédiaire entre la grande mosquée de Damas et la mosquée d’Ibn Tulun au Caire.

Du même type et très proches de la grande mosquée de Damas sont encore la mosquée Zaytûnah à Tunis, de l’année 732, et la grande mosquée des Ommiades à Cordoue. Quand Abd er Rahman, le dernier de la dynastie, échappé aux massacres de Damas, vint tenter la conquête de l’Espagne et se fit proclamer émir de Cordoue en 756, il voulut y édifier une mosquée qui égalât en somptuosité les plus fameuses de l’Orient; commencée en 785, elle fait toujours l’émerveillement des voyageurs, avec sa forêt de colonnes intérieures et sa magnifique cour d’entrée. Elle fut malheureusement remaniée par les rois catholiques et ne se présente plus à l’état de pureté primitif (pl. VI). A proximité de Cordoue, le khalife avait fait aussi construire de splendides palais et une mosquée à Medinat az Zarah. Des fouilles récentes les ont déblayés.

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Litresdə buraxılış tarixi:
16 yanvar 2025
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4064066326944
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