Kitabı oxu: «Ses Guerriers Cyborg»

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Ses Guerriers Cyborg
Programme des Épouses Interstellaires: La Colonie - 8
Grace Goodwin


Ses Guerriers Cyborg

Copyright © 2020 by Grace Goodwin

Tous Droits Réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, électronique ou mécanique, y compris photocopie, enregistrement, tout autre système de stockage et de récupération de données sans permission écrite expresse de l’auteur.

Publié par Grace Goodwin as KSA Publishing Consultants, Inc.

Goodwin, Grace

Ses Guerriers Cyborg

Dessin de couverture 2020 par KSA Publishing Consultants, Inc.

Images/Photo Credit: Deposit Photos: fxquadro, Angela_Harburn

Note de l’éditeur :

Ce livre s’adresse à un public adulte. Les fessées et toutes autres activités sexuelles citées dans cet ouvrage relèvent de la fiction et sont destinées à un public adulte. Elles ne sont ni cautionnées ni encouragées par l’auteur ou l’éditeur.

Table des matières

Bulletin française

Le test des mariées

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Épilogue

Contenu supplémentaire

Le test des mariées

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Bulletin française
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Le test des mariées
Programme des Épouses Interstellaires

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1


Umiko « Mikki » Tanaka,

Centre de Recrutement des Épouses Interstellaires, Terre

Des guerriers m'entouraient, pas uniquement les deux qui me caressaient, d'autres, debout, mataient à l’autre bout de la pièce. Ils fredonnaient quelque chose, le murmure sourd de voix graves me procurait une sensation de ... sécurité. Aussi étrange que cela puisse paraître, ces guerriers avaient juré de me protéger. Au péril de leur vie si besoin. Des combattants extraterrestres aguerris affrontant la Ruche. Ils ne badinaient pas avec la sécurité. Ils étaient neuf autour de nous, mon partenaire les avait choisis personnellement, leur avait fait jurer de me protéger quoi qu'il arrive à l'un d’entre eux.

Comment le savais-je, mystère, mais le corps dans lequel je vivais ce rêve—ou quoi que ce soit d'autre—s'en moquait. En fait, elle était hyper excitée à l'idée que ses partenaires la baisent en public ...

Hein ? C'était quoi ce bordel ?

Baiser ? En public ?

Sentir leurs bites en moi—non, en elle et…

—Acceptes-tu d’être mienne, partenaire ? Te donnes-tu à moi et à mon second librement, ou préfères-tu choisir quelqu’un d’autre pour époux principal ?

Époux principal ? C'était quoi ce bintz ? Et pourquoi, oh pourquoi, étais-je si excitée ? Un homme—non, pas un homme, un extraterrestre, cela faisait partie du test en cours, j'en avais désormais la certitude—un extraterrestre suçait mon mamelon. L'autre, les mains sur mes hanches, se plaça de telle sorte que sa verge en érection tombe pile devant ma chatte, alors qu'il parlait.

Ce corps—mon corps, à cet instant précis—crevait de désir pour cet extraterrestre, je—elle—acquiesça, essaya de faire en sorte qu’il la pénètre. Je me cambrais, fis ressortir ma poitrine à l’attention de l’extraterrestre agenouillé à nos côtés. J'étais entourée de mes partenaires, leur désir me montait à la tête, une espèce de rêve commun pour le moins étrange.

Je savais ce qu'ils attendaient de moi. Je les sentais psychiquement. Et leur désir, ce désir brut et envers moi, me faisait—non, à elle—lui faisait perdre la tête. Elle ne contrôlait plus rien, impossible de l'empêcher de supplier malgré mes tentatives.

—Oh oui. Baisez-moi. Je vous en supplie. Non, elle suppliait. Pas moi.

Le second délaissa mes seins, je fis la moue jusqu'à ce qu'il se positionne derrière moi, sa bite glissa entre mes fesses, afin de s'assurer que je les accueillerais tous les deux en même temps. J’en avais envie. Vraiment. À en mourir. J'étais si excitée que penser et m’exprimer était mission impossible. Ces guerriers étaient à moi. À moi. Je voulais que tout le monde le sache. Je voulais que tous me voient en train de les baiser.

—Partenaire, tu dois accepter avant qu'on puisse te posséder. Acceptes-tu que je couche avec toi ?

Il voulait que je parle ? Encore ? Il était dingue ou quoi ? Le corps dans lequel j'étais s'anima au son de sa voix, ma chatte pulsait, se languissait de sa bite.

Les chants gagnèrent en intensité et je me demandai si les guerriers ici présents étaient excités par cette débauche sexuelle ? Moi ? Je n'aimais pas me montrer en public mais ce que je voulais à cet instant précis n'avait visiblement pas d'importance, la femme qui avait pris possession de mon corps tel un fantôme s'exprima à ma place.

—J'accepte votre proposition, guerriers.

—Nous allons par conséquent te posséder selon le rituel consacré. Tu m’appartiens, et je tuerai tout guerrier qui osera te toucher.

Tuer ?

Ce n'était pas un peu poussé ?

—Que les dieux en soient témoins et te protègent.

Les autres guerriers, ceux qui mataient, parlèrent d'une seule voix, comme en réponse à un sermon à l'église, alors que le guerrier devant moi me pénétrait profondément, m'empalait sur sa queue. Je poussai un cri.

Celui derrière moi donna un coup de rein, mon corps partit en tilt, bientôt terrassé par un orgasme. J’étais sur le point de hurler lorsque cela se produisit. Je sentais le cri monter dans ce corps—dans ma gorge.

Non.

Et non.

Trois fois non.

Non pas que ces deux extraterrestres ne soient pas hyper bandants. J’avais besoin de cet orgasme autant que l’air qu’on respire mais pas comme ça.

Le peep-show n'était pas mon truc, je ne comptais pas me rabaisser au point de baiser en public.

Non et non.

Je poussai un cri en sentant la deuxième bite me pénétrer. Là. L'orgasme allait crescendo, j’étais à deux doigts de jouir, je me retenais, faisais durer le plaisir. Je ne comptais pas me lâcher devant…

La scène s’évanouit et je poussai un soupir de soulagement. Dieu merci. Je n’aurais jamais pu ... Non. Point barre.

—Ça va mieux, ma belle ?

Une voix grave apaisa mes nerfs à vif, je poussai un soupir de soulagement. Dans ce nouveau rêve, j’étais agenouillée par terre. La joue reposant sur une cuisse musclée. Je souriais et me frottais contre lui comme un chat. Je me sentais hyper bien. J'étais toujours excitée, je cherchais le contact, mais il n'y avait plus ce groupe de crétins qui chantaient en regardant ces deux extraterrestres me faire l'amour. Non, putain. Nous étions seuls.

À la maison.

Comment le savais-je, mystère. J'acceptais la vérité alors que sa main caressait tendrement mes cheveux. Un geste apaisant, relaxant. Il ne m'ignorait pas. Au contraire. Son attention était uniquement focalisée sur moi.

Je me sentais prête, apaisée suite à notre dernière partie de jambes en l’air, le corps dans lequel j’étais incarnée savait qu'ils m’appartenaient.

Eux. Les extraterrestres. J'étais toujours dans ce test bizarre. Mon esprit bourdonnant étrangement, presque comme un bruit de fond qui voulait s’immiscer en moi, s'introduire dans le rêve. Telle la sonnerie agaçante d’un réveil interrompant mon sommeil, détruisant l'atmosphère paisible que j'éprouvais lorsque cet immense extraterrestre me caressait.

Je devais admettre que c'était agréable. Je ne m'étais pas sentie aussi bien depuis des mois. La prison, très peu pour moi. Personne n’y allait de gaieté de cœur mais je n'étais pas destinée à être enfermée en cage. J'avais besoin de sentir le vent sur mon visage, le soleil sur ma peau.

Mais ce n'était pas moi. C'était elle. Une autre femme. C’était elle que ce grand extraterrestre caressait, pas moi.

Je décidai de lâcher prise pour une fois. Je le laissais s’occuper de moi, j’accueillais ses pensées, les faisais miennes.

J’exerçais un métier passionnant, prenant. Mes pensées étaient comme les onglets d'un navigateur, vingt ouverts à la fois. J’étais stressée H24. J'avais besoin de temps pour y voir clair, passer une soirée à la maison.

En leur compagnie.

Avec eux ?

Je regardai autour de moi mais ne vit rien. Je le sentais, je sentais le coussin doux sous ma joue se déplacer pour plus de confort.

Pas un coussin, un homme. Un extraterrestre.

Mon extraterrestre.

Non, son extraterrestre. Elle—moi—en avait à nouveau deux à disposition.

Comment était-ce possible ? C'était un rêve. Enfin je crois. J'avais chaud même si j'étais... zut, de nouveau nue.

J'aurais dû être consternée. Je m'en voulais d'être comme ça. Je ne m’étais jamais agenouillée devant personne. Nue, pour ne rien arranger.

—Ça va mieux ? demanda l'extraterrestre d’une voix grave et basse, on aurait dit du coulis au caramel sur de la glace, j’allais fondre.

Je hochai la tête contre la jambe du premier. Ce n'était pas moi. Impossible. C'était un rêve. Le test. Ce devait être un rêve, drôle de manière de juger mes aptitudes. Je ne ferais jamais ça. Et pourtant. J'étais cette femme-là. Comblée. Ça n'avait aucun sens.

—Oui.

Pourquoi aurais-je dû me sentir mieux ? Je m’arrêtai et réfléchis. J'étais rentrée du travail, quel qu'il soit, la tête remplie de tâches accomplies ou incomplètes. J’avais l’habitude. Je n’en avais jamais fini. Une pression constante, des délais permanents. Mais j'étais elle et je comprenais. Nous étions identiques.

Non ! J'étais Mikki. Pas cette femme.

Et pourtant oui.

On m'avait accueillie avec des baisers, des caresses, on m'avait déshabillée.

Je l'avais laissé faire.

Non, ce n'était pas lui qui avait fait ça. C'était quelqu’un d’autre.

Un autre que lui avait retiré tous mes vêtements et m'avait fait asseoir aux pieds de l'autre homme.

—Notre partenaire a besoin de calme et de détente après sa journée, dit-il.

Il m'avait attirée contre lui afin que je me blottisse sur ses genoux, à même le sol, auprès de mon autre partenaire. À proximité, j'avais posé ma joue sur la cuisse de l'autre, comblée et apaisée. Puis, ils m'avaient entourée. Pris dans leurs bras. Me calmaient. Me caressaient.

—Oui, elle est prête, ça se voit. Deuxième voix masculine.

Celle dont les mains m'avaient effleurée tout en me déshabillant, tout en faisant office d’oreiller. Je frémissais d'impatience, les sachant tous deux si proches. D'impatience ?

Il avait dit quoi, là ? Notre partenaire ? J'avais deux partenaires ?

—Debout, ma belle. Assieds-toi sur mes genoux.

Il me souleva facilement des cuisses de l’homme et, au lieu de m'asseoir de côté et me blottir contre lui, me retourna, je le chevauchais, dos contre sa poitrine, je ne le voyais pas. Je sentais sa chaleur, sa force me pénétrer.

—Magnifique.

Des mains s’approchèrent et caressèrent ma peau nue. Mes cuisses, mon ventre, mes seins, plus bas, jusqu'à ma chatte. Ses doigts glissèrent facilement dans mon sexe avide, j'étais trempée. Le plaisir déferlait sous ses caresses, j’avais le diable au corps.

—Oui, je gémis en sentant un doigt me pénétrer, filer droit sur mon point G. Mes yeux étaient fermés, à moins que le rêve m’empêche de voir. Peu importait qu’ils soient réels ou pas. C'était trop bon pour s’en priver. Envolée la bande de guerriers bouche bée qui me gâchaient le plaisir.

—Regarde sa chatte béante, dit l’homme qui me tenait sur l'autre, écoutait visiblement le mouvement de succion et de va-et-vient de ses doigts dans mon vagin.

—Comme prévu.

Le deuxième homme, celui duquel je m’étais levée, acquiesça sur le champ. Je me fichais qu'il me regarde me contorsionner nue sur les genoux d’un autre. Que la main d’un autre se retrouve entre mes cuisses grandes ouvertes.

L'homme derrière moi me masturbait à l'aide de son doigt, impossible d’oublier le bruit humide de mon excitation. Il écarta ses genoux, ce qui eut pour effet d’écarter mes cuisses encore plus grand. Je réalisai à quel point j'étais petite—ou combien il était grand—lorsque d'un geste je glissai sur son corps. Sa bite dure et épaisse se pressait dans mon dos. Il ne fit rien, continua simplement à me besogner.

J'étais sur le point de jouir, rien qu’avec ses mains. Un gémissement se fit entendre, cette femme savait que ce n’était pas impossible. Pourquoi étais-je d'accord ? Cela n'avait aucun sens. Je luttais, corps et âme.

Il écarta sa main, asséna une claque humide et cuisante sur ma chatte.

Je criai et frémis sous la brûlure torride. Mon clitoris en feu entra douloureusement en érection à son contact. Je me cambrai et poussai un gémissement alors que la brûlure de la fessée se muait en une chaleur exquise.

Putain de merde, c'était bandant. Comment ? Je sentais tout. La fessée cuisante et sensuelle, la façon dont mon corps encaissait le choc, adorait ça. J'en avais besoin.

—Ne pense à rien ma belle, à rien hormis mes caresses.

Il caressa ma peau tendre avant d’introduire son doigt en moi. J'étais vachement plus humide qu'avant, sa main était couverte de ma mouille toute chaude.

—Ton esprit ne pense à rien, il ressent uniquement. Tu es belle quand tu succombes au plaisir, avec nous pour témoins. Quand nous te donnons du plaisir.

Oh. C'était logique. Il ne prenait rien. Il donnait. À moins que je ne veuille vraiment, vraiment plus penser à rien. Je ne faisais que penser, encore penser, toujours penser dans cette foutue cellule de prison. J'étais épuisée de combattre contre tout l’univers. D’affronter ma peur. D’affronter tout et tout le monde en même temps.

J'arrêtai de lutter contre le désir du corps de cette femme qui laissa échapper un doux gémissement. Elle était comme moi, fatiguée de penser. Elle se savait en sécurité avec ses partenaires si elle se laissait aller. Elle le savait avec une certitude jamais connue auparavant—c'est ce que je voulais. Vraiment.

Je sursautai en sentant ses mains sur mes cuisses écartées.

—Chut, répondit l'autre. Il me touchait lui aussi, entre mes jambes écartées. Je sentis son souffle puis sa langue alors qu'il léchait mon désir sur ma peau. Oh merde.

Deux à la fois ? J'allais vraiment faire ça ? Elle allait le faire ? Pas moi. N'est-ce pas ? Pas moi.

Je n'avais jamais été caressée par deux hommes en même temps. Je n'avais jamais imaginé que j'aimerais ça. Mais putain, j’avais envie d’eux. J’aurais voulu que ça dure éternellement.

La main qui masturbait ma chatte s'écarta, je sentis l’air frais sur ma peau échauffée.

Quelque chose de dur s’immisça dans les replis de ma vulve, me pénétra avant de ressortir plus bas vers mon…

—Oh !

Un plug anal, qu’il enduisait de ma mouille. Je criai alors qu’il enfonçait l'objet dans mes fesses. Il me dilata, avant de le glisser très facilement, parfaitement lubrifié, avant que je puisse m’y opposer. On ne m’avait jamais rien mis à cet endroit, sauf dans la première partie du rêve. Pas dans la vraie vie. Je ne devrais pas aimer ça, mais maintenant... je ne voulais pas qu'il le retire. C'était trop bon. Oh mon Dieu, j'avais quelque chose dans le cul et j’adorais ça.

Elle adorait ça. Ce corps excité au possible rêvait de ressentir la suite.

—C’est bien ma belle, dit celui entre mes cuisses. Tu te dilates à ma perfection, nous apprécions ta réactivité. On va bientôt te baiser ensemble. Tu te languis de sentir deux sexes en toi, n'est-ce pas, ma belle ?

—Oui, je gémis tandis qu’une langue léchait mon clitoris.

Mes hanches se mirent à onduler de leur propre chef, l'incitant à continuer.

Il ne me déçut pas. Impossible de décrire ce qu'il me faisait. Sa bouche, sa langue et ses doigts étaient sur moi, en moi, me poussaient à l'orgasme avec une habileté impitoyable. Une langue qui virevoltait et léchait, une bouche qui suçait et embrassait, des doigts qui baisaient et caressaient. Pendant que mon anus se faisait dilater et pénétrer.

Je haletais. Je gémissais. J’étais en nage, excitée au possible.

—Je vais jouir, m’écriai-je. Oh mon Dieu, c’est trop bon.

La bouche s’écarta sur le champ, je tendis la main pour attraper sa tête et faire en sorte qu’il continue.

—Non, ma belle. On pinçait mes tétons en même temps. Pas fort, mais suffisamment pour faire en sorte que je me concentre et reste excitée.

On me souleva et m’écarta de la source de chaleur dans mon dos, tout en demeurant sur les cuisses écartées du premier homme. Je le sentis dégrafer son pantalon dans mon dos, avant qu’on me soulève à nouveau, qu’on m’attire contre son corps musclé. Je sentis l’énorme protubérance de son sexe devant mon vagin, tandis que l’homme devant moi titillait mon clitoris et utilisait ses doigts afin d’écarter les lèvres de ma chatte et ménager un passage pour sa méga-bite.

Oh, je voulais le sentir en moi. Je savais qu'elle serait grosse, plus grosse que tout ce que j'avais connu auparavant. Et avec le plug...

—Oh mon Dieu, je poussai un gémissement alors qu'il m’empalait lentement.

Mes pieds ne touchaient plus le sol, j'étais entièrement à sa merci. Il ne me pénétrait pas, me dilatait centimètre par centimètre. Je me tortillais et bougeais afin de l’accueillir un peu plus à chaque fois.

Ses mains posées sur ma taille commencèrent à me soulever et m'abaisser, lentement, pour que j'aie le temps de m'adapter à un membre aussi gros.

Enfin, assise sur ses cuisses, j'étais si pleine que j'eus du mal à reprendre ma respiration.

—Penche-toi en avant, dit la voix derrière moi.

Je posai mes mains sur ses genoux à tâtons, et agrippai le tissu rugueux. Il avait dû ouvrir son pantalon juste assez pour sortir sa bite. Et me pénétrer. Il s’enfonça un peu plus profondément dans cette position, je poussai un gémissement.

—Ouvre, dit le second en prenant ma joue dans sa main, son pouce effleura mes lèvres, indiquant exactement ce qu'il attendait de moi. Sa main douce caressait ma peau de façon apaisante, en totale contradiction avec son ton impérieux.

J’obéis à ses ordres et ouvris la bouche, tandis qu'il me guidait. Pourquoi le laisser faire ? C'était de la folie. Faire l'amour avec un mec était une chose, mais recevoir l'ordre de faire une fellation à un autre en même temps ? Pourquoi ça m'excitait ? Pourquoi voulais-je lui faire plaisir ? Depuis quand me faisais-je un devoir de contenter un homme ?

Mais je me sentais bien. De plus, j'avais envie de faire ce qu'il me demandait, sa bite profondément en moi. Je voulais lui faire tout oublier. J'avais envie qu'ils se sentent tous deux aussi bien que moi et je savais, grâce à cette étrange connexion psychique, qu'il avait désespérément besoin de moi, qu'il souffrait, qu'il avait mal. Il s'était retenu pour que je prenne mon plaisir en premier.

Que cachaient ce désespoir et cette débauche sexuelle ? Désir. Vénération. Protection. Obsession. Amour. Je n'avais jamais rien ressenti de tel. Mon corps était à cran, avide. En feu. Mon cœur explosait, les sentiments étaient si forts que je criais en avançant pour réclamer ce qui m'appartenait, sceller notre union. Notre trio.

Je sentis sa chaleur intense sur mes lèvres et léchai son gland. Le goût de son sperme explosa sur ma langue. Oh oui, je l'excitais. Cette goutte de sperme était tout à moi, il me la donnait. Je léchais sa bite en érection comme un cornet de glace, avant de le prendre en bouche. Il était énorme, impossible de le prendre en entier, mais j'essayai. J'en avais envie. Mes hanches se mirent à onduler, ma chatte était prête à se faire baiser par sa bite.

J'avais deux sexes en moi. Dans ma bouche et dans ma chatte. Comme dans un film porno, mais je n'étais pas une star de cinéma pour adultes. Deux hommes me désiraient, avaient envie de moi. Ils ne m’utilisaient pas. Non, c'était spécial, étrange, décadent. J'étais le centre de l’univers de ces deux hommes, ils étaient mon cœur et mon âme. Nous nous procurions un plaisir mutuel.

Je ne pensais qu'à eux. À leurs désirs. Je les sentais, d'une certaine manière. Je savais combien je comptais pour eux. Je sentais leur plaisir et leur désir. Je sentais à quel point ils me trouvaient belle. Je me sentais vénérée. Adorée. Désirée. Protégée.

Pas étonnant qu'ils m'aient fait attendre tranquillement, histoire d'avoir les idées claires. Ils méritaient mon attention, et ce lien entre nous que je savais inhérent à ce mystérieux collier, était assez influent pour que je sois avec eux à cet instant précis.

Ils me parlaient, me murmuraient à voix basse des compliments et des mots crus. Je me sentais chouchoutée et coquine tandis que leurs bites coulissaient à l’intérieur et à l’extérieur de mon corps, mélange des plus torrides. Je savais ce qui se passerait. Je l'avais vu en rêve. Une baise officielle.

Soit ce n'était pas du sexe normal, soit je me trompais sur toute la ligne. Comment était-ce si incroyable, si sauvage, si trash et pourtant si agréable ? J'allais jouir mais je ne pouvais pas parler la bouche pleine.

Je suivais le rythme des battements de mon cœur, je cédais au plaisir, à la débauche, à la lumière aveuglante, au bonheur absolu en contractant les muscles de mon vagin sur sa bite, mes joues se creusaient sous l'effet de succion, des giclées de sperme chaud jaillirent. Me remplissant, corps et âme.

—Putain de merde, dis-je en me tortillant sur le fauteuil inconfortable, en tirant sur mes poignets.

L'orgasme me secouait mais je savais que je ne rêvais plus. C'était terminé. J'étais seule sur le fauteuil de test.

Non, pas seule, je clignai des yeux et aperçus la gardienne surveillant l’examen. Elle était assise derrière une table toute simple, sa tablette devant elle.

Je léchai mes lèvres, ma bouche soudainement sèche. Je sentais le sperme épais sur ma langue, j’en sentais encore le goût. Mais ce n'était pas réel.

Rien de tout cela n'était réel, j’eus soudainement les larmes aux yeux, sans raison aucune. Je savais depuis le début que cela faisait partie du protocole de test des Épouses Interstellaires. Je le savais. Pourtant, cette stupide technologie extraterrestre me trottait dans la tête, me donnait envie. Je m'étais sentie aimée. À part. Choyée. Enfin à ma place.

Après les derniers mois passés en procès et avocats, avec ce juge qui me regardait derrière son perchoir, sans parler des salopes que j'avais dû supporter en prison—le fait de m’être sentie aussi bien était presque cruel. J'étais désabusée, ces tests m'avaient épuisée, littéralement dépouillée de mes mécanismes de défense en quelques minutes.

Et puis merde.

—Un truc de ouf. C'est quoi ce test ?demandai-je, la voix rauque.

Ils avaient fait ça pour m'humilier ? Une torture spécialement conçue pour les criminels, afin de les forcer à se sentir encore plus mal qu'ils ne l'étaient lorsqu'assis dans une cellule de prison glaciale ?

—C’est le test des épouses, répondit la Gardienne Bisset.

Son badge indiquait Yvonne Bisset. Une femme petite guère plus âgée que moi, même pas trente ans. Elle était belle, typée européenne. Yeux bleu clair, cheveux blond foncé aux ondulations naturelles. Un léger accent, un anglais parfait d’où pointaient ses origines françaises.

L'autre femme, la responsable, était la Gardienne Égara. Je me tournai vers elle, des deux, c'est celle qui semblait le mieux s'y connaître. Elles avaient à peu près le même âge à mon avis, mais la Gardienne Égara dégageait une forte personnalité, et j'aimais ça. J'avais eu mon quota de mensonges dans la salle d'audience —de la part des avocats du procureur et de mon avocate —pour être vaccinée à vie. Tout son être respirait la vérité. La Gardienne Égara.

Elle représentait tout ce qu'Yvonne Bisset n'était pas. Cheveux brun foncé. Yeux gris. Expression sévère. Ses cheveux tirés en arrière en un chignon strict conféraient un air sévère à ses pommettes. Elle était belle mais dégageait quelque chose de tragique, là où Yvonne Bisset semblait la perfection incarnée.

La Gardienne Bisset était en formation, du moins c'est ce qu'on m'avait dit avant de me donner les sédatifs. Elle rejoindrait Paris dans un nouveau centre de recrutement pour futures épouses, dans lequel ils enverraient encore plus de criminelles dans l'espace, pour être prise en sandwich entre deux extraterrestres chauds bouillants, jusqu'à ce qu'elles en perdent la raison.

Et c'est exactement ce qui m'était arrivé. J'avais oublié que j'étais moi, j'étais devenue elle. Quelle qu'elle soit. La veinarde.

Je ne paniquais jamais, je ne perdais jamais mon calme. Je n'avais pas survécu aussi longtemps contre l'océan impitoyable en tant que surfeuse de niveau mondial en perdant mon calme lorsque les choses se gâtaient.

Mais ce rêve ? Ces deux femmes avaient gâché ma vie. M'avaient détruite. J'étais gênée et pas très contente de moi.

—Est-ce qu’une des épouses vous a déjà poursuivis pour harcèlement après que vous les ayez contraintes à des relations sexuelles ? murmura la Gardienne Bisset d’un ton désagréable, la Gardienne Égara haussa ses sourcils bruns illico.

—Vous a-t-on forcée ?

Je me remémorais le rêve, le souvenir obsédant de ma chatte bourrée à craquer, la sensation de brûlure dans mon cul avec ce plug anal.

Et merde. Je n'allais tout de même pas me forcer et lui mentir.

—Non, mais ils m'ont ordonné de faire des choses.

— Ce sont des mâles dominants. La plupart des hommes des autres planètes sont forts et exigeants. Le mâle alpha typique. La Gardienne Bisset laissait sous-entendre que cette information me ferait plaisir, comme si les extraterrestres dominateurs et autoritaires étaient mon truc.

Super génial.

—Vous n'avez pas répondu à ma question. Était-ce normal ?

La Gardienne Bisset consulta sa tablette.

—En fait, je n'ai jamais eu de volontaire qui se soit autant débattue durant les examens. Habituellement, les sujets de test cèdent et le rêve prend le dessus, permet l'accès au subconscient afin de recueillir les données nécessaires pour trouver le partenaire idéal. Mais nous avons dû vous soumettre au protocole secondaire.

—C'est à dire ?

Sans parler du fait qu'elle venait de me traiter de sujet de test, comme un vulgaire rat de laboratoire.

Elle soupira comme si je la saoulais grave. Rien à foutre. Je voulais savoir ce qu'elle entendait par protocole secondaire. Aucun partenaire ne me convenait ? J'étais anormale ? Quoi ?

2


Docteur Surnen Syrzon, Service Scientifique, Dispensaire, La Colonie

L'organisme qui se déplaçait sous le microscope se tordit et s'étira, engloutit totalement la cellule Prillon saine flottant dans le milieu de culture à proximité. Ce truc si minuscule, si fascinant, rendait les guerriers malades. Il ne tuait pas mes patients mais l'infection rendait malade de vigoureux combattants dans la fleur de l'âge. Ma mission consistait à l'identifier, la comprendre et l'éradiquer. Pas seulement pour ici, sur la Colonie, mais pour toute la Coalition. J'y étais presque.

—Dr Surnen ? Tu es attendu en salle de transport numéro 2.

Le Capitaine Trax se tenait à l'entrée de mon laboratoire. C'était le second que j'avais choisi—si jamais j'avais la chance d’épouser une femme—c’était un ami fiable. Il était enclin à réagir de façon excessive, son instinct de guerrier rendait chaque affaire pressante. Il avait grandi à bord d’un cuirassé, se battait depuis qu'il était assez grand pour tenir un pistolet laser, prenait des décisions hâtives auxquelles je préférais réfléchir un peu plus longuement.

J'étais médecin, chercheur. Nous appliquions tous deux le protocole à la lettre— moi, en tant que scientifique, lui, en tant que combattant impitoyable—nous estimions que les règlements garantissaient notre sécurité. Mais les trajets fréquents effectués vers la salle de Transport 2 pour vérifier l'arrivée des fournitures médicales devenaient usants. J'étais occupé et à deux doigts de mettre un point final au traitement qui viendrait à bout de cette maladie et accaparait tout mon temps.

Je ne quittai pas des yeux la cellule infectieuse qui continuait de dévorer la cellule Prillon désormais affaiblie, ne pris pas la peine de lever la tête pour répondre à Trax. J'ajoutai une goutte de liquide sur la lame et contemplai mon échantillon de sérum en train de tuer la bactérie. Je souris.

—Envoie un technicien. Je suis occupé.

Sa profonde expiration fut son unique preuve d'agacement à mon encontre.

—Surnen, joue pas au con.

Ainsi que le ton de sa voix. Le choix des mots.

—Je suis occupé.

Deux guerriers Prillons reposaient dans des modules ReGen et une demi-douzaine d'autres étaient en quarantaine dans leurs quartiers. Un autre que moi se chargerait de l'inventaire.

Je m'attendais à ce que Trax s'en aille, fasse ce que j'avais demandé et demande à un des médecins d'inspecter la nouvelle cargaison. Au lieu de cela, il s'avança plus avant dans la pièce.

—Tu refuses de m'accompagner en Salle de Transport Numéro 2 ?

—Oui, merde à la fin, aboyai-je. Fous le camp. J'ai déjà huit guerriers hors circuit avec cette putain d'infection, je suis en train de mettre le traitement au point. Je te le répète, je suis occupé. J'ai des choses plus importantes à faire qu'inspecter l'arrivage de la dernière cargaison.

—Excellent.

Sa gaieté piqua ma curiosité, je finis par lever les yeux et le regardai par-dessus mon microscope.

—Ton bonheur fait plaisir à voir. Je lui indiquai la porte d'un signe de tête Et maintenant, file.

—Dr Surnen de Prillon Prime, tu viens de refuser de te rendre en salle de transport pour accueillir ta nouvelle partenaire, je demande officiellement à ce que les droits et privilèges d'Époux Principal me soient transférés. Ordinateur, veuillez enregistrer les date et heure de ma demande.

Une voix douce et féminine émanait d'un haut-parleur près de la porte.

—Confirmé, Capitaine Trax. Votre demande a été traitée et envoyée à Prillon Prime pour examen.

—Pardon ?

C'etait quoi ce bordel ?

—Fais-moi savoir quand tu auras terminé de faire mumuse, Surnen. Tu peux être mon second. Je m'occuperai de notre femme pendant que tu travailleras. Ne t'inquiète pas pour sa sécurité ou son bonheur. Je m'assurerai qu'elle soit bien baisée et protégée par un collier Prillon, je comblerai tous ses désirs pendant que tu sauveras le monde."

Sur ce, il s'inclina solennellement, tourna les talons et me laissa bouche bée derrière mon bureau.

Pardon ?

Mon esprit se mit lentement en branle. Quand je travaillais, la moindre pensée, le moindre sentiment, la moindre émotion se focalisaient sur la tâche à accomplir. L'échantillon de sérum ainsi obtenu permettrait peut-être de se passer des caissons ReGen pour guérir les guerriers. Une seule dose de sérum devrait permettre de se prémunir d'autres infections. Les informations et le traitement que je mettrais au point seraient téléchargés dans la base de données médicales de la Flotte de la Coalition et diffusés à la Flotte pour aider d'autres guerriers désireux d'épouser des humaines. La Terre étant la seule planète où les femmes étaient prêtes à accepter comme des compagnons des hommes brisés bannis sur la Colonie, trouver un remède était d'une importance capitale, le microbe étant une maladie humaine qui s'était adaptée à son nouvel environnement : les non-humains de la Colonie.

Avec autant de planètes en constante interaction, mon combat pour endiguer de nouvelles souches de maladies m'occupait nuit et jour, une bataille permanente au sein de la Flotte de la Coalition, un combat que je m’efforçais de gagner.

Je me battais contre ce que je pouvais, en utilisant mon intellect et ma capacité à me concentrer pour trouver un remède à toutes les maladies de la galaxie. D'autres planètes m'envoyaient souvent des échantillons de nouveaux organismes et de nouvelles maladies, cherchaient à les comprendre et les éradiquer. Je refusais de pourrir sur cette planète en m'apitoyant sur mon sort. Hors de question.

J'avais passé suffisamment de temps à pleurer la mort de mes parents à cause de la nature rebelle de ma mère et du manque d'envie de mes deux pères à la retenir. Elle s'était bien amusée. Je devais l'avouer. Ma mère avait vécu sa vie comme si chaque jour était le dernier, faisant fi des règles de prudence élémentaire—et du règlement. Ils étaient morts pour elle, mes pères avaient cédé à tous ses caprices.

J'étais devenu orphelin à douze ans, mes parents ayant enfreint les protocoles de la Flotte de la Coalition. Déterminé à ne pas laisser les autres faire les mêmes erreurs ou subir les mêmes conséquences, j'avais effectué des études de médecine sur Prillon Prime pour apprendre à sauver les autres. Je n'avais pas de famille, peu d'amis, tout tomberait à l'eau si j'étais capturé et contaminé par la Ruche.

Routine. Objectif. Études. Règles. Règlement. Ordre. Tout ce que ma mère détestait viscéralement étaient les seules choses capables de me sauver.

J'avais une mission. Une mission importante. Sauf que...

Trax avait sûrement plaisanté concernant l'arrivée d'une compagne.

L'arrivée d'une femme compatible avec moi était impossible. Carrément impossible. J'avais fait le test, une chance existait sur le plan statistique, mais j'avais abandonné tout espoir d’obtenir une Épouse Interstellaire depuis des années. Des années.

Et pourtant ...

—Opérateur, aboyai-je. Ici le Docteur. Mettez-moi en contact avec la Salle de Transport Numéro 2.

—Contact établi, Docteur, répondit l'opérateur.

J'entendais des voix par le haut-parleur. Trop de voix pour une banale livraison de fournitures médicales.

—Ici Dr Surnen.

—Surnen ? C'est Rachel. Qu'est-ce que tu fous, bon sang ? Pourquoi t'es pas là ? Magne-toi !

Cette humaine avait été affectée au gouverneur de la Base 3 et à son second, le Capitaine Ryston. Nous n'étions pas amis à son arrivée sur la Colonie. Loin de là. Lors de son accouchement, elle m'avait pardonné d'avoir appliqué le protocole à la règle à son arrivée, d'avoir insisté pour procéder à des examens médicaux qu'elle refusait de subir.

—Oh mon Dieu, c'est hyper cool. J'ai trop hâte de la rencontrer !

Cette voix appartenait à une autre humaine, Lindsey, sauf erreur. Elle était arrivée à la Colonie avec sa mère et son jeune fils, avait épousé un Chasseur Everian. J'avais également mis au monde son nouvel enfant. J'avais la double casquette d'obstétricien et bactériologiste.

—Qu'est-ce qui se passe ici ? Mon cœur se mit à tambouriner dans ma poitrine, mais je refoulais toute trace d'excitation. C'était sûrement un piège. Mon esprit tournait au ralenti, encore entièrement absorbé par l'analyse génétique. Passer d'un sujet à l'autre de façon aussi radicale était difficilement acceptable. Une femme. Pour de vrai ?

—Amène-toi, Doc. Nous avons été informés du résultat de ton test et de l'arrivée imminente de ta femme. Trax va péter un plomb.

Ces paroles vulgaires ne pouvaient venir que de Kristin—la femme de Tyran et Hunt—anciennement flic sur Terre, elle travaillait toujours avec les équipes d'éclaireurs ici, sur la planète. Je ne comprenais pas, et cautionnais encore moins, comment ces deux hommes permettaient à leur femme de risquer sa vie au quotidien, mais je n'étais pas là pour la protéger. Ce n'était pas mon problème, du moins jusqu'à ce qu'elle se blesse.

Si ma femme me parlait sur ce ton, je lui botterais le cul avant de la tringler bien profond.

—Doc ? T'es là ? demanda Kristin.

—Oui.

—Ta femme. Tu m'écoutes quand je parle ou quoi ?

—Oui. Oui, mais je n'y croyais toujours pas. Je n'osais pas y croire. Le fait de m’être résigner était la seule chose qui m'avait permis de rester sain d'esprit toutes ces années sur cette planète déserte. Je servirais ma cause et mourrais sur ce caillou. Tel était mon destin.

Une femme symbolisait l'espoir. Et ce fichu espoir risquait d'avoir raison de moi.

J'étais debout mais mes pieds restaient cloués au sol alors qu'une explosion de bruit et de voix de femmes surexcitées me parvenaient dans un embrouillamini de sons via le haut-parleur.

—Dr Surnen, ici Maxim.

Je fus parcouru par un immense soulagement en entendant sa voix grave et autoritaire. Cette hérésie s'achevait enfin.

—Oui, Gouverneur.

—Ce n'est pas une plaisanterie, lâcha-t-il. L'arrivée de votre femme, Umiko Tanaka de la Terre, est prévue via la prochaine navette. Trax attend son arrivée ici avec une couverture bleue.

Merde.

Le bleu était la couleur de la famille de Trax, pas la mienne. Pas la mienne, putain. Il ne plaisantait pas.

—J'ai reçu une notification, Docteur, disant que Trax aurait envoyé une demande à Prillon Prime pour être officiellement désigné Époux Principal. Souhaitez-vous que j'approuve sa demande ?

Putain.

—C'est mon bras droit, elle est à moi, dis-je en me dirigeant vers la porte... et c’est ma femme.

Son rire m'aurait rendu furieux si je ne m'étais pas comporté comme un idiot ces dernières minutes.

—Je savais que vous me répondriez ça.


Mikki, Centre de Recrutement des Épouses Interstellaires, Terre

La Gardienne Bisset esquissa un sourire face à ma question.

—Cela signifie, Mlle Tanaka, que les tests ont pris deux fois plus de temps que d'habitude. J'ai dû lancer une seconde simulation, que vous avez acceptée, les données ont finalement pu être recueillies. Le système a trouvé le partenaire idéal.

J'étais perplexe.

—Ah bon ? J'essayai de lever la main pour me gratter la tête mais j'avais les mains liées. Vous me les enlevez ?

—Non. Selon le protocole, toutes les criminelles doivent rester entravées pendant la durée des tests et du trajet. Je suis désolée, Mlle Tanaka.

—Mikki. Je ne vous ferai aucun je mal. Je levai la tête. Je suis biologiste spécialisée en environnement. Je suis sûre que cette tablette contient tout mon dossier. Je poursuivis en soupirant. Ok, j'ai fait de la prison pour destruction de biens, pas pour meurtre.

J'avais foré d'énormes trous dans quelques bateaux. Des bateaux vides. Des baleiniers qui enfreignaient l'interdiction internationale. Recherche scientifique, mon cul. Ils ternissaient la réputation de vrais scientifiques comme moi. C'était pourtant l'excuse qu'ils avaient sortie. Et alors ? Ils avaient le droit de tuer des baleines en toute impunité et moi je n'avais pas le droit de faire un trou dans la coque d'un bateau vide ?

Si c'était à refaire, je le referais. Raison pour laquelle mes parents m'avaient laissée pourrir en prison et forcée à me contenter d'un avocat commis d'office, alors qu'ils avaient suffisamment de fric pour en engager un qui aurait pu me faire libérer sous caution.

Mes parents étaient très à cheval sur la loi. Les règles. Le protocole. Le devoir, l'honneur familial. J'y avais eu droit tant de fois que je pouvais réciter le discours de mes parents par cœur avant même qu'ils ouvrent la bouche. Des immigrants qui évitaient de faire des vagues, tant qu'ils ne seraient pas des citoyens à part entière. Même après, la culture dans laquelle ils avaient baigné n'approuvait pas la rébellion. La famille. L'honneur. Le devoir. C'était toute leur vie.

J'avais refusé de m'y conformer. J'étais bien la fille de mon père. Les baleiniers agissaient mal. Ils faisaient du mal à des animaux sans défense. L'océan devait demeurer un havre de paix. Avant même d'obtenir mon diplôme, je luttais contre l'élément liquide lors de compétitions de surf, les vagues étant mon concurrent ultime. Je respectais l'océan et ses êtres vivants. D'autres ne le respectaient pas. D'autres détruisaient notre planète, et c'est moi qui étais en prison pour des crimes contre l'humanité ? Sans déconner !

Oui, on m'avait traitée de tous les noms, de sauvage, de hippie, voire de droguée. Je n'étais rien de tout cela. Les industries qui déversent produits chimiques et déchets dans l'océan, la pêche illégale et les opérations de chasse à la baleine avaient fait en sorte de transformer mon amour de l'océan et tout ce qu'il contient en quelque chose de honteux.

—Elle doit appliquer le protocole à la lettre quel que soit votre crime, Umiko. Je regrette.

La Gardienne Égara avait répondu à la place de l'autre, comme si le fait de s'excuser arrangerait les choses. Pourquoi s'obstinait-elle à utiliser mon vrai prénom ? Je me demandais si elle le faisait exprès ou si elle était prout-prout au point de ne pas savoir comment s'adresser aux gens. Je penchais en faveur de la deuxième possibilité, à en juger par son chignon strict et son expression sévère.

Umiko. Enfant de la mer.

Je soupirai.

—Mikki.

—Très bien, Mlle Tanaka, la Gardienne Égara acquiesça sans toutefois utiliser mon surnom. Et leva les yeux au ciel. Cette femme aurait grand besoin de se faire tringler. En parlant de...

—Vous avez dit qu'on m'avait trouvé un partenaire ? demandai-je.

La Gardienne Bisset acquiesça avec enthousiasme.

—Vous êtes compatible avec un combattant de la Colonie. Un homme originaire de Prillon Prime. Ce qui explique votre rêve et votre attirance sexuelle pour deux hommes.

Je demeurai bouche bée, sentis mes joues s'empourprer. Je présumais qu'elles savaient pour mon test puisqu'elle avait regardé mais j’avais cru qu'elles m'observaient, simplement allongée sur le fauteuil. Elles avaient assisté à mon orgasme final, qu'elle l'exprime à haute voix corroborait que tout ce que j'avais fait dans ce rêve, tout ce que je croyais détester, avait été observé.

—Comment savez-vous qu'ils étaient deux ? Vous pouvez voir le rêve ?

Ça m’avait tout l’air d'une violation d'intimité.

—Non. Bien sûr que non. La charmante Mlle Yvonne était-elle gênée ? Bien. Pour être compatible avec un guerrier de Prillon Prime, vous deviez simplement montrer un désir et une préférence psychologique pour deux partenaires aptes à vous protéger et veiller sur vous.

D'accord. La nouvelle qui tue.

—Donc, Prillon Prime ? C'est là que je vais ?

—Les épouses sont d'abord affectées à une planète. Puis à un homme en particulier. Le vôtre est sur la Colonie.

—Je croyais que vous aviez dit deux.

Elle croisa ses mains devant elle sur la table.

—Vous avez été affectée à un homme, mais selon la coutume, les Prillons choisissent un second partenaire, ce qui signifie que vous aurez deux époux. L'un d'entre eux est votre époux légitime, l'autre est choisi par votre partenaire. Ça vous parle ?

J'avais donc un époux, et son meilleur ami comme partenaire en prime. Je m'y ferais. Je fis un signe de tête.

Son doigt glissa sur la tablette.

—Comme je vous l'ai dit, votre guerrier Prillon vit sur la Colonie. Vous y serez transportée dès que l’examen sera terminé.

J'écarquillai les yeux.

— Mon examen n'est pas terminé ? Je dois refaire ce truc du rêve ?

—Non. J'ai quelques questions basiques à vous poser avant de vous envoyer à destination.

La Gardienne Bisset se tourna vers la Gardienne Égara afin d’obtenir son approbation, l'autre femme acquiesça.

—Oui. Parfait. Continuez.

—Cet endroit, la Colonie ? C'est comment ? demandai-je.

La Gardienne Bisset consulta sa tablette et se mit à lire.

—La Colonie est composée de huit bases sectorielles dont la population varie de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'habitants. Les habitants de chaque base élisent leur propre gouverneur. Le gouverneur de votre base, la Base 3, est le Gouverneur Maxim Rone, un guerrier Prillon. À l'heure actuelle, la Base 3 compte sept cent quatre-vingt-trois guerriers Prillons, vingt-sept Atlans et trois-cent-quatre combattants de différentes planètes de la Coalition.

Non. Ce n'était pas ce que je voulais dire.

—Arrêtez, s'il vous plaît. À quoi ressemble la planète ? Il ne s'agit pas de la planète en fait. La Base 3, c'est comme la Terre ?

La Gardienne Bisset baissa la tête, fit défiler les images du bout des doigts et tourna l'écran vers moi. Ce que je vis ressemblait à l'Utah, ou pire, à l'Arizona. Rouge. Aride. Rien hormis du désert et des rochers. Pas d'eau.

—Je n'y suis jamais allée bien évidemment, mes connaissances géographiques concernant cette planète sont limitées. D'après ce rapport, cette zone est aride. Stérile. Désertique. Rocheuse. L'atmosphère ne permet pas à un humain d'y vivre longtemps, vous resterez par conséquent à la base, à moins de porter un équipement de protection.

C'était la vérité vraie ?

— Cette planète possède des océans ? Quelque part ?

—Aucun, d'après ce rapport.

J'allais partir dans un endroit sans aucun océan, où je ne pourrais même pas sortir sans porter de combinaison spatiale spéciale ?

—La double peine, marmonnai-je. Être enfermée dans une cellule en béton de deux mètres sur trois pendant dix ans sans être en contact avec l'eau autrement que via un évier ou une douche était une chose, mais aller sur une planète où il n'y en avait pas du tout ? Aucune possibilité de surfer, de voir des poissons ?

—Puis-je changer d'avis ?

Dix ans, ce n'était pas si long ? N'est-ce pas ?

Et après ? Je sortirais mais je serais une criminelle patentée. Je serais mise sur le banc de touche et ne trouverais pas de nouvel emploi, malgré le fait d’avoir travaillé comme une dingue pour obtenir mon master en sciences de l'environnement dans l'une des meilleures universités au monde. J'avais des années d'expérience dans la réalisation d'études de terrain, dans les demandes de subventions. Tout cela n'aurait servi à rien. Je serais une ex-taularde. Point final.

J'aurais dix ans de plus et je serais seule. Toujours seule.

—Veuillez indiquer votre nom pour le dossier.

La Gardienne Bisset n'avait pas répondu à ma question.

Des réminiscences du rêve affluaient. Les douces caresses de mes partenaires. Le sentiment de satisfaction et d'appartenance. Je me sentais chez moi. L'orgasme. Le plaisir aveuglant.

Il fallait que je parte. Je trouverais une solution une fois sur place. Ils m'offraient une vie de rêve avec deux guerriers extraterrestres qui me respecteraient et m'adoreraient. N'est-ce pas ? Qui me feraient l'amour comme si j'étais la femme de leurs rêves. Qui ne me tromperaient jamais, ne m’abandonneraient jamais. Faudrait être sacrément idiote pour refuser.

—Mikki Tanaka.

Je commençais à me faire à cette idée. Je choisissais l'espace plutôt que la Terre. Une planète stérile et désertique plutôt qu'une peine de prison. Je ne me voyais pas passer dix ans en prison, privée de liberté. Aurais-je ma liberté sur la Colonie en compagnie de deux Prillons autoritaires ?

—Avez-vous des enfants biologiques, ou dont vous êtes légalement responsable ?

—Pardon ? Je divaguais, je pensais à ces deux extraterrestres et à ce qu'ils m'avaient fait—ce qu'ils lui avaient fait. Non. Je n'ai pas d'enfants. Êtes-vous mariée ?

—Non.

—J’ai le devoir de vous informer, Mlle Tanaka, que vous avez trente jours pour accepter ou refuser le partenaire qui vous a été attribué via nos protocoles de recrutement. N'oubliez pas qu’aucun retour sur Terre n’est possible. Une fois que vous aurez accepté cette union, vous renoncerez à votre statut de Terrienne et deviendrez citoyenne de Prillon Prime, vous vous conformerez à leurs lois et règlements. Si votre partenaire ne vous donne pas entière satisfaction, vous pouvez en demander un autre dans un délai de trente jours. Le processus est renouvelable jusqu'à ce que vous trouviez le partenaire idéal.

Elle effleura de nouveau sa tablette.

—Votre peine de prison est réduite à la durée de la peine purgée, en échange de votre statut de jeune mariée. Vous n'êtes désormais plus citoyenne de la planète Terre mais de Prillon Prime. Comprenez-vous tout ce que j'ai dit ?

—Oui, ma voix manquait de son aplomb habituel.

Putain, ça y était. Je partais dans l'espace. En laissant tout ce que je connaissais derrière moi. Plus d'océan. Plus de poissons, de baleines, de vagues. Plus de surf.

Le fauteuil coulissa vers l'arrière dans une ouverture du mur que je n'avais pas encore remarquée. Une douce lumière bleue m'enveloppa.

La gardienne plus âgée, la Gardienne Égara, qui avait observé et hoché la tête en signe d'approbation pour vérifier si la Gardienne Bisset faisait tout correctement, s'écarta du chemin tandis que la jeune femme se postait près de l'ouverture.

—Veuillez rester immobile en vue des préparations ou modifications corporelles qui pourraient s'avérer nécessaires avant le transfert.

—Quoi ? Je me débattis pour me débarrasser de mes liens.

—Mlle Tanaka, inutile de résister. Vous pourriez vous blesser.

—Résister à quoi ? Quelles modifications corporelles ? Deux partenaires ne suffisent pas ? Deux partenaires autoritaires ?

—Le test a fait ressortir vos désirs et vos besoins les plus profonds ancrés dans votre subconscient.

—Il ne s'agissait pas de mes désirs les plus profonds !

La Gardienne Bisset regarda par-dessus son épaule en souriant d'un air impuissant, la Gardienne Égara s'avança et posa une main sur mon avant-bras, geste étrangement apaisant.

—Vraiment ? demanda-t-elle en m'adressant un petit sourire. Il est parfois extrêmement difficile pour des femmes de caractère telles que vous de trouver un partenaire suffisamment dominateur pour combler vos... hum... besoins. Deux guerriers Prillons pour partenaires seront l'idéal. Elle rit légèrement et contempla sa tablette. Eh bien, parfait à quatre-vingt-dix-huit pour cent.

J'essayai d'éviter la grosse aiguille qui sortit du mur sur un long bras métallique, jusqu'à ce que la Gardienne Égara me serre fort pour que je la regarde.

L'aiguille me piqua en pénétrant dans ma peau, derrière la base de mon oreille, le processus était aussi rapide qu'un vaccin contre la grippe.

—Nous avons implanté un très petit dispositif dans votre os temporal. Le dispositif n'est pas plus grand qu'un grain de riz. Il s'agit d'un NP, ou Neuro-Processeur. Le dispositif vous permettra de comprendre toutes les langues. N'ayez crainte Mikki Tanaka. Quand vous vous réveillerez, vous serez sur la Colonie, votre partenaire vous attendra.

—Attendez ! criai-je, la Gardienne se borna à sourire comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, le fauteuil descendit dans un bain bleu et chaud. Mes pensées s'apaisèrent, je luttai contre ma léthargie, réalisant que c'était la dernière eau que je verrais sur Terre.

—Votre voyage débutera dans trois... deux... un.

3


Mikki, La Colonie, Salle de Transport Numéro Deux

Je me réveillais nue. Pourquoi étais-je nue ? Complètement nue ? Dans quel intérêt ? La blouse d'hôpital que je portais pour passer les tests n'était pas vraiment digne d'un créateur, mais au moins elle me couvrait.

La Gardienne avait dit que mon partenaire m'attendrait. Eh bien, j'avais dû perdre la mémoire car j'étais apparemment maquée à trois femmes surexcitées. Elles ne ressemblaient pas à des extraterrestres, bien que je ne sois pas vraiment sûre de ce à quoi ressemblaient des femmes extraterrestres, je supposais donc qu'elles étaient originaires de la Terre.

Elles me serrèrent dans leurs bras alors que je quittais le revêtement inconfortable de la plateforme de transport. Elles se présentèrent si rapidement que j'eus du mal à suivre. J'avais cru comprendre qu'elles s'appelaient Rachel et Lindsey. Crystal ou Christy ? La troisième était … Kristin ? Un truc dans le genre. Au moins, j'aurais des copines. Des copines extrêmement enthousiastes. Bonne nouvelle, parce que l'idée de me faire démonter par les immenses extraterrestres qui me mataient me donnait envie de me rouler en boule, de disparaître sous terre et vomir le peu que j'avais mangé au petit déjeuner pour refaire tout ce trajet dans l'univers jusqu’à la Terre.

Les hommes extraterrestres étaient tous immenses. Gigantesques, un peu comme dans les films. Comme la Montagne dans Game Of Thrones mais plus beaux et mieux habillés. Un mètre quatre-vingt-dix, un visage viril et des yeux d'une couleur étrange. Leur teint variait de l'or, au brun et au cuivré, comme s'ils étaient faits d'éléments terriens et de métal. Pour être honnête, ils étaient super sexy mais j’ignorais lequel était le mien, et je n'avais aucune possibilité de poser la question puisque les femmes qui m'entouraient parlaient plus vite qu'un groupe de pom-pom girls lors d'un rassemblement.

—Salut ! Moi c’est Rachel. Mon chéri est gouverneur ici, je travaille dans le médical, n’hésite pas si tu as besoin de quoi que ce soit. Ok ?

Rachel me serra dans ses bras, bien que je sois nue, c’était bizarre, agréable et, super bizarre. Elle portait une tunique et un pantalon vert foncé qui semblaient extrêmement confortables, des chaussures vertes souples, ses cheveux bruns étaient relevés et torsadés sur sa tête. Elle portait un étrange collier couleur cuivre autour du cou, mais cela ne semblait pas la déranger, ça devait être la mode.

Rachel semblait sympathique, ses yeux bruns ne contenaient pas la moindre trace de méchanceté. De près, elle était humaine, pas de doute possible. Elles l'étaient toutes. Dieu merci.

La femme suivante avait des cheveux blonds coupés en brosse et une armure, soldat ou policière. Le pistolet laser sanglé à sa hanche et sa cuisse n’était pas là pour faire joli. Policière ? Militaire ? Elle aussi portait un de ces étranges colliers, le sien était vert foncé. Je ne savais pas encore comment cette planète fonctionnait, mais elle sourit et prit une couverture bleue des mains d'un des grands extraterrestres sexy au bord de la plateforme. Elle m’enveloppa dedans, je la remerciai et tirai sur les bords pour m’y blottir. Rachel était gentille de toute évidence, mais également sensée. Je saurais m’en souvenir.

—Bienvenue dans la Quatrième Dimension. Je m’appelle Kristin. Je me suis dit que tu voudrais peut-être te couvrir.

—Mikki. Mikki Tanaka. Et merci, dis-je en tenant la couverture bien fermée.

—D'où viens-tu ? demanda-t-elle.

—D'Hawaï.

—Génial. Kristin haussa les sourcils. Tu fais du surf alors ? Ou tu fais juste du sport pour le plaisir? Ouais, désolée, c’est un peu évident, vu tes muscles.

Un flic, c’était tout vu. Du genre à vite juger. Évaluation de la menace potentielle, etc. Elle n'avait pas tort, mais je lui avais facilité la tâche puisqu’elle m’avait vue nue.

—Oui du surf. Deux fois championne du monde, il y a longtemps. J’en fais parce que j'aime ça. Enfin... parce que j'aimais ça.

—North Shore ? Oahu ? elle écarquillait les yeux.

—Oui.

—Y’a de grosses vagues là-bas.

Pas faux. Je l'aimais de plus en plus.

—Des vagues du tonnerre.

—Super. Son visage s’illumina comme si je venais de lui décrire un délicieux gâteau au chocolat. Un mélange de plaisir et d'envie, j’aurais une copine qui carbure à l'adrénaline. Je bossais pour le FBI avant d’atterrir ici. Maintenant, je fais des missions de reconnaissance avec les gars.

Elle indiqua les hommes dans la pièce d’un signe de tête.

—Super, répondis-je en retour. Nous venions de partager un moment de connivence avant que la jolie blonde qui se tenait derrière elle nous interrompe. Je l’avais reconnue grâce à des vidéos que j'avais vues avant de décréter que devenir une Épouse Interstellaire serait probablement mieux que passer dix ans derrière les barreaux.

—Salut. Moi c’est Lindsey.

Agréable, blonde, sublime, avec cette douceur qui donne envie de raconter tous ses secrets. Pas de collier. La théorie de l'accessoire de mode venait de se faire la malle.

—Je te reconnais.

Elle sourit.

—Avant j'étais blogueuse. Maintenant, je fais des reportages et m'occupe des relations publiques pour les gars d’ici. Nous envoyons des vidéos et des interviews sur Terre pour essayer de faire en sorte que des volontaires s’enrôlent dans le Programme des Épouses.

—Oui, j'en ai vu quelques-unes. Elles étaient vraiment bien.

—Merci.

Elle rougit, c’était touchant. Elle avait l’air trop sympa pour être honnête, mais j'avais l’habitude de travailler dans un laboratoire avec une bande d'intellos qui passaient la plupart de leur temps libre à jouer. Ou traîner avec des révolutionnaires, des hippies qui ne se lavaient pratiquement jamais, des militants écologistes aussi à l'aise pour traquer les animaux sauvages dans les bois qu’assis face à leur mère à table. Les citoyens trop gentils et trop honnêtes n'étaient pas ma tasse de thé.

Je n'allais pas le lui dire, étant donné que je ne m'étais pas vraiment portée volontaire pour quitter Hawaii, l'océan, ma vie. Avouer que j'étais une criminelle reconnue coupable n'était probablement pas la meilleure façon de lier amitié.

—Ravie de vous rencontrer. Je m'appelle Mikki.

Nous échangeâmes des sourires avant que l'un des géants ne s'éclaircisse la gorge. Je dus pencher la tête en arrière pour le regarder. Grand, brun, beau. Expression sérieuse, posture tout aussi imposante. J'avais entendu dire que les extraterrestres vivant sur la Colonie étaient des soldats capturés durant la guerre, des gars qui avaient survécu à leur emprisonnement aux mains de la Ruche, mais possédaient des caractéristiques mécaniques qui avaient été ajoutées à leur corps, comme les cyborgs d'un film de science-fiction. Je n'avais jamais imaginé à quoi ressemblaient ces intégrations. Jusqu'à aujourd'hui. La peau du bras gauche de ce type luisait d'un reflet métallique, à l’endroit où elle sortait de sa manche.

—Rachel, nous devrions peut-être faire en sorte que ta nouvelle amie fasse la connaissance de ses partenaires.

Je regardais par-dessus l'épaule de Lindsey tandis que Rachel se tournait vers le géant avec un regard que je lui enviais. Amour. Désir. Adoration. Les trois en même temps. Elle venait de la Terre, était mariée à cet Incroyable Hulk, et semblait visiblement heureuse de cette union. Cet endroit n'était peut-être pas si mal, en fin de compte.

Lui aussi portait un collier. En cuivre, comme celui de Rachel, et ce n'était pas une coïncidence. Je me souvins du rêve, de la mention des colliers, d'une connexion spéciale pour ceux qui les portaient.

—Excuse-moi, Maxim, murmura-t-elle. Tu as raison. Nous étions surexcitées.

Le regard qu'il lui lança ? Putain. Si un mec canon me regardait comme ça, je fondrais illico et lui demanderais de me baiser sur le champ.

Rachel se posta auprès de Maxim, qui passa un bras autour de sa taille. Les autres femmes s'éloignèrent de moi, chacune alla vers un extraterrestre différent, leur moitié. Je remarquais que les deux hommes qui entouraient Kristin portaient des colliers vert foncé correspondant au sien.

Peut-être ... qu'ils aimaient être assortis à leurs femmes, ici ? Pourquoi Lindsey n'en avait pas ?

Peu importe. Je m'inquiétais de ce qu'ils portaient alors que j'étais nue. Étant donné la foule qui s'était rassemblée, je devais être un vrai monstre de foire, tout le monde était venu voir à quoi ressemblait la nouvelle.

J‘avais la peau claire. Plus claire que la moyenne. Je l'avais toujours été. Yeux marron, cheveux noirs. Pas du tout un canon de beauté. Mes parents étaient originaires du Japon et j'étais petite, comme ma mère. Peau claire, lèvres café au lait—comme mes tétons—pas le joli rose pimpant que j'enviais aux filles du lycée. Mais c'était il y a longtemps. Depuis, j'étais en paix avec moi-même, au diable les angoisses adolescentes. J'étais forte, rapide et n'avais peur de rien. Si j'étais capable de surfer sur une vague de six mètres, je pouvais rencontrer un extraterrestre censé être l'homme idéal. Non ?

Même s'il mesurait deux mètres.

—Où est Surnen ? Rachel regarda autour d'elle, confuse.

—Qui est Surnen ? demandai-je.

—Ton mari, ma chérie. Lindsay me sourit comme une Barbie Malibu super heureuse, ce qui était sympa mais pas très utile. Je me tournais vers Kristin pour avoir des réponses, mais elle haussa les épaules. Aucune aide de ce côté-là.

Super. Je venais de faire un « téléporte-moi Scotty », j'avais traversé la moitié de la galaxie, et l'homme de mes rêves ne venait pas m'accueillir à mon arrivée ? Formidable. La conclusion parfaite d'une journée parfaite.

—Toutes mes excuses, madame. Je suis le Capitaine Trax, votre second. Le Dr Surnen a été retardé par son travail. Il nous rejoindra ultérieurement.

—Pardon ? Je me tournai vers l'extraterrestre en question. Trax. Un nom inhabituel. Il était grand, comme les autres, avec une peau hâlée magnifique, comme le bureau en acajou de mon père. Ses cheveux avaient des reflets auburn, cuivré, ses yeux luisaient d'un éclat ambré parsemé de paillettes de couleur bronze, comme la pierre de l'œil de tigre. Un regard tout sauf froid. J'avais l'impression qu'un soleil brûlant, un feu ardent me consumait, ma peau picotait presque. Il portait une tenue de camouflage, mais au lieu du kaki terne de l'armée, la sienne était noir et gris, similaire à l'armure de Kristin.

Lui était soldat et mon autre partenaire médecin ?

Un putain de médecin ?

Dieu se payait de nouveau ma tête ? Putain c'était pas drôle. Je supportais difficilement les médecins sur Terre, je détestais la moitié d'entre eux. Généralement, c'étaient soit des connards coincés comme mon père, soient des cavaleurs à l'ego surdimensionné qui changeaient de femmes tous les mois comme s'il s'agissait de brosses à dents équipées de nichons—plus les seins étaient gros, mieux c'était. Taille 34 et soutien -gorge bonnet F ? Ben voyons. Tout ce qu'il y a de plus normal.

J'étais petite. Petite. Petit cul. Petits seins. Si ces extraterrestres s'attendaient à plus qu'un bonnet B, ils étaient mal barrés.

Du métal argenté brillant recouvrait la peau émergeant du col de la chemise de Trax. Non, pas seulement dessus, c'était incrusté en partie dans son cou, pas du tout superficiel. Ça me rappelait un Terminator, je me demandais jusqu'où ça descendait sur son corps. Son visage était exempt de toute trace étrange, si tant est que le liseré argenté qui courait sur son cou et son oreille gauche, similaire à cette même substance, semblable à une délicieuse friandise au chocolat noir, soit considéré comme normale chez un extraterrestre.

Il s'avança et prit ma main dans la sienne. Je m'attendais à ce qu'il me fasse un baisemain comme dans les films de jadis mais il se contenta de tenir ma paume à plat dans la sienne et de la caresser du pouce. Juste son pouce, d'avant en arrière, un rythme lent et hypnotique. Il me caressait doucement, sa peau était chaude. Le contraste de nos couleurs de peau était flagrant. Toutefois, la taille de sa main beaucoup plus grande que la mienne me donnait l'impression de ne pas être à ma place. Ma main ressemblait à celle d'une gamine, dans la sienne.

Il était temps de me rappeler qui était l'extraterrestre, ici. J'étais l'extraterrestre pour tous les hommes présents dans cette pièce, et ils étaient les extraterrestres pour moi. Je me rappelais que personne n'était vraiment différent sur le plan physique une fois nu. Ma présence sur une planète extraterrestre était la preuve que toutes les créatures étaient identiques en termes de désir, de besoin et d'envie, même si, extérieurement, nous étions différents en taille, forme et couleur.

Il pressa mes doigts, interrompant le cours de mes pensées. Je fus parcourue de frissons, je resserrai la couverture autour de moi alors qu'il penchait la tête pour indiquer son inquiétude.

—Tu as froid, ma chérie ?

C'était mon mari. Mon second, d'après ses dires. Ce Surnen était celui dont le test affichait un taux de compatibilité de quatre-vingt-dix-huit pour cent ? Ce foutu docteur ? Qui n'était pas là ?

—Vous êtes mon second. Mon autre compagnon est médecin ?

Il fit signe de tête.

—C'est exact, madame.

—Et il n'est pas là parce que... ?

Je voulais savoir comment ça se passerait maintenant. Inutile de nouer des liens s'il ne se pointait pas au mariage ... ou je ne sais où. La Gardienne avait dit que j'avais trente jours pour accepter ou refuser, si mon partenaire ne se donnait même pas la peine de pointer le bout de son nez, ça m'avait tout l'air d'un refus de ma part.

Derrière moi, Kristin riait.

—Oh, je sens qu'on va bien s'amuser.

—Ok. Maxim a raison. Laissons-leur un peu d'intimité, lança Rachel avec sa grosse voix, tous sortirent par une grande porte qui s'était ouverte en silence, comme dans Star Trek.

Kristin s'attarda jusqu'à ce que je relève les yeux. Nos regards se croisèrent et elle me salua brièvement en signe de solidarité féminine—du moins, c'est ainsi que je le compris. Son petit geste m'assurait que tout allait bien. Elle était de mon côté, même si j'ignorais exactement pourquoi elle voulait s'assurer que je sache qu'elle assurait mes arrières.

—Surnen peut se montrer ... pénible, dit-elle. Si tu as besoin que je lui botte les fesses, dis-le-moi.

Pénible ? Oh, mauvais plan.

—Kristin ! Rachel attrapa Kristin par le bras, elle se laissa faire en riant.

—Je ne mens pas, dit-elle en franchissant la porte.

—Tyran et Hunt ont peut-être leur mot à dire quant au fait que tu t'amuses à botter le cul du premier venu, et je te rappelle qu'une bonne fessée ne leur a jamais fait peur, lui rappela Rachel.

—Pas vraiment, Kristin n'était pas d'accord. Je ne comprends pas les ordres. Pas quand c'est l'heure de la fessée.

—Tu ne toucheras les fesses de personne, ma chérie, dit un des mecs baraqués, visiblement pas fâché. Mais plutôt ... excité.

À moins que je ne pense qu'au cul. Je m'étais préparée psychologiquement à être enlevée par deux extraterrestres et emmenée directement dans un lit pour y être possédée—pour reprendre le terme de la Gardienne.

Leurs chamailleries cessèrent lorsque la porte se referma derrière elles, m'enfermant à l'intérieur, nue sous une couverture, discutant avec un parfait inconnu qui n'était même pas mon mari. Il semblait... doux. Un gentil géant, même si je n'allais pas le lui dire.

Qu'étais-je censée faire ? Le suivre ? La Gardienne avait abordé cette histoire de deux partenaires Prillons, mais que devais-je penser, le gars avec qui j'étais censée être compatible ne se montrant pas ?

Je me tournai vers Trax, qui me tenait toujours la main, si délicatement que je l'avais presque oublié.

—Le docteur est trop occupé pour me rencontrer. Et maintenant on fait quoi ?

Il s'agenouilla devant moi et baissa la tête. Je restai bouche bée.

Il allait me demander en mariage ?

—Je m'excuse pour l'absence de Surnen. Comprenez-moi bien quand je vous dis que je suis tout à vous, madame. Votre partenaire. Je suis à votre service, je vous protégerai, je mourrai pour vous. Je ferai tous les sacrifices possibles pour vous rendre heureuse. Je vous demande d'accepter mon collier de mariage en tant qu'épouse Prillon. Il vous liera à vos compagnons, mais ne prendra pas la couleur de ma famille tant que vous n'aurez pas formellement accepté notre demande. Le collier veillera sur votre sécurité et informera tous les guerriers et combattants ici sur la Colonie que vous êtes notre femme, placée sous notre protection.

—Je croyais que vous aviez dit être mon second.

Trax haussa imperceptiblement les épaules.

—Surnen n'étant pas présent pour être votre mari principal, j'ai demandé au Prime de m'accorder ce droit.

De quoi parlait-il ? Quel droit ?

Trax sortit quelque chose de son uniforme qu'il me tendit. C'était le collier dont il parlait, identique à ceux que j'avais vus au cou de Rachel et Kristin. Mais celui-ci était en métal noir, mais … non. C'était un métal inconnu. Je n'avais aucune idée de la façon dont il tenait autour du cou sans fermoir, je pris le collier extraterrestre dans sa main pour le regarder de plus près.

—Comme une alliance, mais autour du cou ?

Il leva les yeux, fronça les sourcils.

—Je ne vois pas à quelle bague vous faites allusion mais c'est un signe extérieur montrant votre appartenance à vos époux. Est-ce que cette... alliance de mariage établit une connexion entre les époux sur Terre ? Une sorte de connexion psychique qui relie vos émotions ?

Je secouai la tête.

—Non.

—Comment vos maris peuvent rendre leurs épouses heureuses s'ils ne partagent pas leurs émotions ?

—Ils ne partagent rien. C'était un peu méchant pour tous les hommes sur Terre, ma voix était teintée d'amertume. Les extraterrestres de l'espace n'avaient aucune idée de ce que les beaux mecs tout bronzés et les surfeurs entendaient par « relation ». Certains. Mais ce n'est pas facile. Ils doivent faire des efforts. Mon père en était l'illustration parfaite. Très traditionnel. Chirurgien. Ma mère supportait son attitude sévère et son comportement dominateur depuis plus de trente ans. Je ne comprenais pas leur mariage, mais je lui en étais reconnaissante. Leur union n'était pas parfaite, mais elle était solide. Je n'avais jamais fait partie de ces enfants inquiets face au divorce.

—Tiens-toi prête, ma chérie. Tu risques d'être surprise par la puissance du lien que nous allons partager.

—Très bien.

Au rang des surprises, je doutais que me livrer à un ou deux parfaits inconnus puisse rivaliser avec mon voyage sur une planète extraterrestre. Je n’allais pas m’unir avec un étranger normal, mais à un extraterrestre. Étaient-ils au moins constitués pareil ?

—Ça se met comment ?

—Tu dois d'abord accepter notre union et nous accorder trente jours pour conquérir ton cœur.

—Tu dis « nôtre », mais je n'ai pas encore fait votre connaissance. Le docteur était mon primo-époux, et voilà qu'il ne l'est plus ?

—Comme je te l'ai dit, il n'est pas ici, j'ai déposé une demande officielle pour devenir ton partenaire principal. Il sera mon second.

D’accord. Accepter quoi que ce soit était assez difficile, n'ayant pas encore rencontré mon partenaire. Premier, deuxième, aucune importance.

La Gardienne avait dit que je pouvais partir, je pouvais lui faire confiance. Elle était trop pointilleuse vis-à-vis du processus pour me mentir. Elle était humaine. Rachel, Kristin et Lindsey semblaient heureuses ici. Je n'avais vraiment rien à perdre. Et ce mec ? Plutôt pas mal.

De plus, je tenais vraiment à sortir de cette pièce, et à m'habiller. Je m'attendais à faire la connaissance de mon mari et me faire tringler par un extraterrestre bien costaud, chaud bouillant, qui aurait hâte de m'embrasser et de me dire combien j'étais belle et parfaite. Fait incroyable, j'avais rencontré presque tout le monde sur la base, sauf mon mari.

Bien que je ne puisse pas en vouloir à Trax et lui faire payer son absence. Il était venu ici. Il était là, agenouillé devant moi avec un collier. Il ne savait rien de moi et m'avait dit qu'il était à moi, et non l'inverse. Un grand extraterrestre sexy en diable me demandait en mariage. Je lui devais bien ça.

—J'accepte ta demande, Trax. Je t'accorde tes trente jours. Je ne comptais pas prononcer le nom de l'autre. Ça commençait bien par un S ? Je n'en étais pas sûre. Tout ce que je savais, c'est que l'autre extraterrestre, mon mari, travaillait. J'avais entendu cette phrase toute ma vie de la bouche de mon père. Toujours trop occupé pour sa femme et sa fille. Toujours des choses plus importantes à faire. Toujours occupé à vouloir sauver le monde.

Mon père m'aimait à sa façon. Je le savais, même si lui et maman n'avaient pas assuré lors de mon arrestation. Oui, ça m'avait fait de la peine. Ça m'en faisait toujours. Avant cela, cependant, j'aurais bien aimé être en première ligne pour attirer son attention sans devoir me sentir nulle et inférieure. Je savais qu'il sauvait des vies. Que représentait une pièce de théâtre à l'école ou une compétition de surf, comparées à l’intervention chirurgicale d’un patient qui risquait de mourir ? Il savait pourtant que j'aidais les autres. Sauf que les baleines n'étaient pas des êtres humains. Pour lui, ça ne comptait pas.

—Tu me fais un grand honneur, ma femme, déclara-t-il, avant de se redresser. Il était heureux vu son sourire. Je te protégerai et veillerai à ton bonheur. Tu as ma parole.

C'était si officiel. Se comporterait-il de même quand nous ...

Non. Je ne pouvais pas y penser. Pas encore. Une énorme protubérance était clairement visible sous le pantalon de son uniforme. Impossible de la manquer étant donné sa taille de géant, j’étais minuscule en comparaison. Mes yeux arrivaient presque pile au bon endroit. Il bandait pour moi. Il ne s'en cachait pas. Pas le moins du monde.

Il en était fier.

C’était mon mec. Mais alors, je n’avais qu’un seul partenaire ? Pourquoi être déçue ? Je n'avais jamais imaginé sortir avec deux mecs à la fois avant de passer ce foutu test de rencontres. Un rêve de ouf, j’avais joui comme jamais dans la vraie vie. Cette expérience me donnait à penser que baiser avec deux hommes m’excitait. Surtout si l'un d'eux était Trax. Je faisais la fine bouche alors qu’un homme sublime me suppliait de devenir son épouse légitime ?

Imbécile. Je me comportais comme une vraie idiote. Au diable les problèmes de mon père. Le trajet m’avait peut-être perturbée. Dire que la journée avait été longue serait un euphémisme. Rares étaient les femmes qui se réveillaient en cellule, étaient conduites au Centre de Recrutement des Épouses pour passer un examen puis transportées à des années-lumière pour être livrées à un extraterrestre qui, en gros, la posséderait. Et tout cela avant l’heure du dîner.

—Alors, euh... qu'est-ce que je fais ? Je le mets autour de mon cou ? demandai-je en levant le collier entre nous.

—T’aider est un plaisir.

Trax se posta derrière moi. Comme dans un film romantique, j’attrapai la couverture d'une main et soulevai mes longs cheveux noirs sur mes épaules pour lui faciliter l’accès.

—Tu es magnifique, ma chérie. Ses doigts effleuraient mon épaule et mon cou, aller- retour, ma chatte se contractait de désir. Mon Dieu, ce mec était incroyable, et dire qu’il m'avait à peine effleurée du bout des doigts. Ça se passerait peut-être bien, après tout.

Je doutais que Rachel, Lindsey et Kristin m’aient laissée en compagnie de Trax si elles le prenaient vraiment pour un sale con.

Il s'approcha et je sentis un léger picotement sur ma peau lorsque le collier sombre entra en contact avec mon cou.

Je vis la porte de la salle de transport s'ouvrir du coin de l'œil.

—N’essaie même pas de faire ça, Trax. Je suis là et elle m’appartient.

Une voix grave et exigeante, apparemment habituée à donner des ordres, à être obéie. Trax se figea un moment avant de se pencher et de chuchoter à mon oreille :

—Ton époux principal est là. J’ai réveillé la bête, ma chérie. N’aie crainte. On va tous les deux en prendre plein notre matricule.

Je ne savais pas ce qu'il voulait dire par là, je regardais fixement, yeux écarquillés, le grand extraterrestre qui se tenait devant moi. Grand, comme Trax. Des traits anguleux et beau à tomber par terre, comme Trax. La ressemblance s’arrêtait là. Il portait une cape gris acier, ses pieds nus dépassaient du bas. D’après ce que je pouvais voir, il était couleur or des pieds à la tête, un vrai lion. Cheveux dorés, peau dorée, yeux or pâle. Une beauté indécente. Impitoyable, mais pas glacial. Dominateur, mais pas féroce. Les cheveux et les yeux de ce type étaient couleur « paillettes d'or », mais il ne brillait pas. Il était... fascinant.

—Je suis Surnen, ton mari. Pardonne mon absence à ton arrivée mais je dois admettre que tu es arrivée par surprise. Une arrivée loin d’être indésirable, cela dit. Je t'attends depuis des années.

Il me reluquait des pieds à la tête, bien qu’il ne voie pas grand-chose, enveloppée que j’étais dans la couverture. Pas comme Trax, qui m'avait déjà vue nue.

—Être ton mari est un honneur, poursuivit-il. Tu es venue jusqu’à moi nue, saine et sauve, parfaite, sans aucun colifichet. Je viens à toi de même, conformément à la coutume Prillon traditionnelle.

La cape sur ses épaules me rappelait la cape d'un film de vampire, le tissu lourd et rigide le couvrait du cou jusqu'aux chevilles.

Il baissa la tête et laissa tomber la cape à ses pieds.

Je poussai un cri.

Surnen était nu. Nu comme un ver. Sa bite était aussi dorée que le reste de son corps... et visiblement plus que ravie de me voir.

Pulsuz fraqment bitdi.

11,39 ₼

Janr və etiketlər

Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
11 noyabr 2025
Həcm:
227 səh. 12 illustrasiyalar
ISBN:
9783985227600
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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