Kitabı oxu: «Anatomie & 100 étirements essentiels pour le running»


Édition espagnole :
Ce texte est une création originale des éditions Paidotribo, parue sous le titre
Anatomía&100 estiramientos esenciales para running.
© Editorial Paidotribo 2015
Textes © Guillermo Seijas
Illustrations © Myriam Ferrón
Photographies © Nos & Soto
Tous droits réservés.
Édition française :
Traduction : Marion Cot-Nicolas et Nathalie Renevier
Coordination éditoriale : Belle Page
© Parramon 2015 pour l’édition française
ISBN : 979-10-261-0066-9
ISBN E-Book : 979-10-261-0108-6
Dépôt légal : juillet 2015
Toute reproduction totale ou partielle de cet ouvrage, par quelque méthode que ce soit, y compris, mais sans s’y limiter, l’impression, la reprographie, le microfilmage, le traitement informatique ou toute autre technique, sans autorisation écrite de l’éditeur est formellement interdite.

Préface
Peu de chose procure autant de plaisir et de bien-être que le sport : la fierté d’être arrivé au bout d’une épreuve difficile, la satisfaction d’avoir terminé l'entraînement en sachant que vous avez tout donné, le dépassement de vos propres limites et la lutte constante pour progresser. Aucune autre sensation ni aucune autre activité ne vous fait vous sentir à ce point comblé. En ce sens, le sport est gratifiant, quel qu'il soit, mais peu de disciplines le sont autant que la course à pied ou le running. Toutes les occasions sont bonnes pour enfiler une paire de baskets et sortir courir : nul besoin de longs préparatifs, d’équipements complexes ni d’installations spécialisées; aucun obstacle ne se dresse entre vous et la route, le chemin ou la campagne à perte de vue.
Sa simplicité, sa polyvalence et son adaptabilité aux sportifs de tout niveau font du running un des meilleurs moyens de se dépasser. À la campagne, en ville, à la plage, peu importe : seule la première foulée compte pour faire de vous un coureur. La première fois, vous tiendrez probablement peu de temps, mais les progrès ne tarderont pas à se faire sentir et, assez rapidement, vous serez capable de garder le rythme 30 ou 40 minutes, de participer à des compétitions et qui sait... Vous seul décidez de fixer vos limites !
Mais ne nous leurrons pas : toute pratique sportive implique des risques, et le running ne fait pas exception à cette règle. Avec le temps, des problèmes articulaires et des surcharges musculaires (dues à une forte sollicitation de certains muscles) peuvent apparaître. Vous vous apercevrez peutêtre que vous n’arrivez plus à progresser, tout simplement, ce qui peut vous démotiver et vous obliger à renoncer à votre sport. Il est donc important d’avoir les connaissances nécessaires avant de commencer, et d’appliquer les bonnes méthodes ainsi que les techniques adéquates pour minimiser ces risques.
Vous trouverez ici des concepts techniques sur la course à pied qui vous aideront à améliorer votre style et vos performances tout en garantissant une économie de course optimale. Cet ouvrage inclut également une analyse des principes de la biomécanique de la course et des muscles sollicités à chaque étape, ainsi qu'une sélection complète des étirements les mieux adaptés aux exigences physiques du running, insistant sur les groupes musculaires les plus enclins à la surcharge et à la fatigue. Vous apprendrez quelle méthode d’étirement est la mieux adaptée à chaque étape, comment réaliser sans risque les différents exercices, et quels étirements peuvent vous être les plus utiles dans les disciplines de course les plus appréciées.
Enfin, et pour ne pas vous faire perdre de temps, nous vous proposons quelques programmes d’étirements préconçus adaptés au moment où vous les effectuez et au temps dont vous disposez.
Toutes ses connaissances ont pour but d’améliorer votre expérience sportive et vos performances, et visent à ce que vous profitiez, en tant que coureur, d’une vie sportive aussi longue et complète que possible.
Sommaire
Comment utiliser ce livre
Atlas du système musculaire
Plans du mouvement
Origines de la course à pied
Biomécanique de la course
Bénéfices des étirements lors de la pratique du running
■ÉTIREMENTS DYNAMIQUES À L’ÉCHAUFFEMENT
Principes de base des étirements dynamiques
1Le moulinet
2Inclinaisons latérales en marchant
3Extension bras et jambe opposés
4Les ciseaux
5Battements de bras alternés
6Inclinaisons latérales à l'arrêt
7Rotations de hanche
8Le battement d’ailes du papillon
9Fentes avant avec rotation du buste
10Rotations du buste
11Balancements de jambe
12Slalom
13Rotations de cheville
14Flexion de la hanche à l'aide des mains
15Les escaliers
16Le pas militaire
■ÉTIREMENTS STATIQUES EN FIN DE SÉANCE
Principes de base des étirements statiques
Étirements du buste
TRAPÈZE
17Traction avec les bras croisés
GRAND DORSAL
18Antépulsion des épaules avec les mains croisées
19Extension du bras au-dessus de la tête
20Flexion latérale du buste
21Glissement latéral
22Traction unilatérale avec une barre verticale
MUSCLE DROIT ANTÉRIEUR DE L’ABDOMEN
23Posture du cobra
MUSCLES OBLIQUES
24Rotation du buste avec appui
25Rotation du buste avec un bâton
26Rotation du buste en position allongée
27La croix en position allongée
MUSCLE CARRÉ DES LOMBES
28La croix en position debout
Étirements des membres supérieurs, des épaules et du torse
MUSCLE DELTOÏDE
29Rétropulsion bilatérale des épaules
30Posture de l’oiseau
31Rétropulsion des épaules avec appui
PECTORAUX
32Traction postérieure avec assistance
MUSCLES ROTATEURS
33Traction antérieure du coude
BICEPS DU BRAS
34Rétropulsion des épaules avec assistance
TRICEPS BRACHIAL
35Traction postérieure avec les doigts
36Traction postérieure du coude
Étirements des hanches
ADDUCTEURS
37Le papillon
38Abduction de la hanche avec appui
39Abduction alternée de la hanche
40Le papillon en position allongée
ABDUCTEURS
41Adduction de la hanche sur le côté, avec appui
42Jambe croisée derrière en position debout
43Jambe croisée derrière avec appui
MUSCLE PSOAS
44Position du chevalier
45Fente avant
FESSIERS
46Étirement jambe croisée en position allongée
47Traction jambe croisée
48Traction du genou en position allongée
49Traction du genou sur la poitrine
MUSCLE PYRAMIDAL
50La chaise
51Traction sur la poitrine en position allongée
52La chaise avec appui
Étirements des membres inférieurs
QUADRICEPS CRURAL (FÉMORAL)
53À genoux, en appui arrière sur les bras
54Extension du genou et de la hanche avec assistance
55Étirement unilatéral en position allongée, sur le côté
56Position du flamant rose
57Position du chevalier avec traction
ISCHIOJAMBIERS
58Flexion du bassin
59Traction du pied avec une serviette
60Flexion de la hanche avec appui
61Flexion de la hanche avec assistance en position allongée
62Flexion de la hanche debout, avec assistance
63Debout, genou fléchi et jambe tendue devant
64Jambes en V en position assise
65Flexion unilatérale de la hanche en position assise
MUSCLES JUMEAUX (GASTROCNÉMIENS)
66Flexion dorsale (dorsiflexion) de la cheville en position allongée
67Position des pompes
68Traction de la pointe du pied
69Appui sur un support fixe
70Flexion dorsale (dorsiflexion) de la cheville avec assistance
71Flexion du coude avec inclinaison et point d’appui
72Position « prêt » du sprinter
73Traction bilatérale avec une serviette
MUSCLE SOLÉAIRE (TRICEPS SURAL)
74Étirement en position accroupie
75Position « à vos marques » du sprinter
76Position du lanceur de poids
77Traction des pieds en position assise
78Flexion verticale avec un support
79Flexion dorsale (dorsiflexion) forcée de la cheville
80Appui sur un step
MUSCLE JAMBIER ANTÉRIEUR
81Flexion plantaire en position accroupie
82Jambe croisée sur la cuisse en position assise
83Position de la prière
84Assis sur les talons en appui sur les mains
85Pas de danse
86Appui arrière surélevé
87Jambes croisées en position debout
MUSCLES PÉRONIERS
88Inversion de la cheville en position assise
89Appui en inversion
90Inversion et traction jambe tendue
APONÉVROSE PLANTAIRE MOYENNE
91Fente avant avec flexion des genoux
92Appui sur les orteils
93Traction du pied à une main
94Appui sur les genoux et les orteils
■ETIREMENTS DES MUSCLES RESPIRATOIRES
Principes de base des étirements des muscles respiratoires
95Expansion de la cage thoracique
96Traction des coudes avec assistance
97Position du nageur
98Traction des jambes
99Inclinaison de la tête
100Élévation du menton
Programmes d’étirements
Index alphabétique des muscles
Bibliographie

Comment utiliser ce livre


Atlas du système musculaire


Plans du mouvement
Avant de commencer, il est utile de définir un certain nombre de termes relatifs aux mouvements du corps, fréquemment employés tout au long de cet ouvrage. En effet, vous aurez des difficultés à comprendre la description détaillée des exercices si vous ne connaissez pas la nomenclature de base des mouvements. Si certains de ces termes, comme « flexion » ou « extension » sont d’usage courant, la définition de certains autres, comme « inversion », « éversion », « adduction » ou «supination», plutôt réservés aux spécialistes, vous aidera à mieux appréhender ces notions. Il faut avant tout savoir que les mouvements du corps sont exécutés dans trois plans distincts : frontal, sagittal et transverse. Comme nous le verrons plus loin, un ensemble de mouvements précis correspond à chacun d’eux. La position anatomique de base, illustrée sur l’image ci-dessous, offre une description claire de ces plans.

PLAN FRONTAL
Il divise le corps en deux parties : ventrale et dorsale, c’est-à-dire antérieure et postérieure ou avant et arrière. Le torse et l’abdomen sont du côté ventral, alors que la nuque, le dos et les fesses sont dans la région dorsale. Les mouvements du plan frontal sont :
Abduction : mouvement qui consiste à éloigner un membre de l’axe central du corps. Il est facile à voir, que la personne soit de face ou de dos, car le changement qui intervient dans la silhouette est flagrant. Lorsque vous ouvrez les bras en croix, vous effectuez une abduction des épaules.

Adduction : mouvement qui consiste à rapprocher un membre de l’axe central du corps. Il s’oppose à l’abduction. Lorsque vous avez les bras en croix et que vous les baissez pour les mettre le long du corps, vous effectuez une adduction des épaules.

Inclinaison latérale : mouvement qui permet de pencher la tête, le cou ou le tronc sur le côté. Si vous dormez en position assise, la tête et le cou finissent par tomber sur un côté, grâce à une inclinaison latérale.

Inversion : même si ce mouvement n’appartient pas uniquement au plan frontal, c’est dans ce plan qu’il prédomine. L’inversion du pied se produit lorsque la pointe et la plante s’orientent vers l’intérieur, entraînant en même temps une flexion plantaire.

Éversion : mouvement par lequel la pointe et la plante du pied s’orientent vers l’extérieur, entraînant en même temps une flexion dorsale du pied.

PLAN SAGITTAL
Il divise le corps en deux parties : gauche et droite. Les mouvements réalisés dans ce plan se voient mieux de côté, lorsque l’individu est observé de profil. Les mouvements du plan sagittal sont :
Flexion : mouvement qui consiste à avancer une partie du corps par rapport à l’axe central. Par exemple, si vous pliez le coude, vous avancez l’avant-bras par rapport à l’axe central. La flexion du genou ou la flexion plantaire de la cheville sont des exceptions à cette définition.

Extension : mouvement qui consiste à reculer une partie du corps par rapport à l’axe central ou à le réaligner avec celui-ci. Par exemple, pour regarder le ciel en position debout, vous devez obligatoirement effectuer une extension de la colonne cervicale. Là encore, le genou est une exception à cette définition.

Antépulsion : mouvement équivalent à la flexion qui ne concerne que l’épaule.

Rétropulsion : mouvement équivalent à l’extension qui ne concerne que l’épaule.

Flexion dorsale : mouvement de flexion qui concerne uniquement l’articulation de la cheville.

Flexion plantaire : mouvement de la cheville, équivalent à l’extension.

PLAN TRANSVERSE
Il divise le corps en deux parties : supérieure et inférieure. Les mouvements de ce plan, décrits cidessous, peuvent être observés depuis n’importe quel angle, même s’ils sont mieux perçus vus d’en haut ou d’en bas.
Rotation externe : mouvement qui permet de tourner une partie du corps vers l’extérieur et autour de son propre axe. Lorsque vous êtes assis à table et que votre voisin s’adresse à vous, par exemple, vous effectuez une rotation externe du cou pour le regarder pendant qu’il parle.

Rotation interne : mouvement opposé au précédent, il implique de tourner une partie du corps vers l’intérieur et sur son propre axe. À la fin de la conversation avec votre voisin de table, vous effectuez une rotation interne du cou pour remettre la tête dans l’axe et regarder devant vous.

Pronation : mouvement de rotation de l’avant-bras, qui oriente le dos de la main vers le haut et la paume vers le bas. Lorsque vous utilisez un couteau ou une fourchette pour manipuler les aliments dans une assiette, les mains sont en pronation.

Supination : mouvement opposé au précédent, il implique une rotation de l’avant-bras qui oriente le dos de la main vers le bas et la paume vers le haut. Si quelqu’un vous donne de la monnaie, vous joignez les mains en supination, paumes vers le haut, en formant un creux (comme un petit bol) pour qu’elle ne tombe pas.

Origines de la course à pied
La course à pied (appelée également running) est une des disciplines sportives les plus populaires aujourd’hui. Ce phénomène concerne des centaines de milliers de personnes à travers le monde et se décline en des dizaines de disciplines et de variantes. La diversité des épreuves dépend non seulement des distances à parcourir, mais aussi des différents équipements utilisés, du type de surface sur laquelle on court, de l’absence ou non d’obstacles, du dénivelé et même de l’association à d’autres disciplines.
Courir n’a rien de nouveau en soi. Nos ancêtres, qui furent les premiers à se déplacer debout, recouraient déjà à la marche ou à la course pour survivre. Les premiers hominidés courraient pour échapper à leurs prédateurs ou chasser leurs proies, mais également pour parcourir de longues distances à la recherche de régions où la nourriture et l’eau étaient plus abondantes.
Au premier abord, l’être humain ne semble pas l’animal le plus adapté à la course : les hommes les plus rapides du monde, comme le sprinter Usain Bolt, atteignent à peine les 40 à 45 km/h, et ceux qui pratiquent la course de façon plus modeste ne dépassent généralement pas les 35 km/h; une vitesse qui n’est pas excessivement élevée et qui peut même paraître frustrante comparée à celle du chat (48 km/h) et du rhinocéros (40 km/h). Sans parler d’autres espèces comme le lion, qui court à près des 80 km/h, ou le guépard qui affiche un surprenant 114 km/h au compteur. Le fait est que même des animaux dont le poids et la taille représentent un dixième des nôtres sont plus rapides que nous. Aussi, si la plupart des prédateurs et des proies potentielles de nos ancêtres étaient plus rapides qu’eux, nous pouvons penser, en toute logique, que si nous nous trouvions un jour nez à nez avec un de ces prédateurs, nous aurions tout intérêt à grimper dans un arbre plutôt que de partir en courant. L’avantage de nos ancêtres n’était donc pas la vitesse, mais leur station debout, qui leur permettait de scruter l’horizon et de repérer le danger bien avant qu’il ne soit suffisamment près d’eux pour devoir se mettre à courir.

Le guépard, un des animaux les plus rapides du monde, peut atteindre une vitesse de pointe de 114 km/h.
En fait, l’Homme est un coureur né, mais pas un sprinter. Les premiers hominidés n’atteignaient pas leurs proies grâce à leur vitesse, mais à leur endurance et à leur intelligence. L’être humain est en effet capable de parcourir de très longues distances en trottinant, ce qui le différencie de la plupart des animaux terrestres.
Encore aujourd’hui, certains peuples ont fait de la course à pied un véritable mode de vie. Au Kenya, l’ethnie kalenjin, qui habite la vallée du Rift, en est un exemple. Tout au long de son histoire, ce peuple a parcouru de grandes distances à pied pour accomplir les tâches quotidiennes les plus simples, comme aller chercher de l’eau ou apporter des messages aux villages voisins. Face à la nécessité de courir et à la vie en altitude, les Kalenjins se sont extrêmement bien adaptés à la course, si bien que cette ethnie constitue aujourd’hui une source inépuisable de champions pour les épreuves internationales d’endurance. Le Kenya ou l’Éthiopie, sa voisine ont vu naître de grandes figures du marathon, comme Haile Gebreselassie ou Patrick Makau, qui illustrent parfaitement le fait que l’Homme est un coureur de longues distances.
De l’autre côté du globe, dans la Sierra Madre occidentale, au Mexique, vit un peuple particulièrement adapté à la course les Tarahumaras (ou Rarámuris), dont l’environnement présente des caractéristiques communes à celui des coureurs kalenjins. Tout d’abord, ils vivent dans des régions mal desservies et avec peu de ressources, ce qui les oblige à effectuer de longs trajets à pied pour se procurer les biens et les produits de première nécessité. En outre, s’agissant d’une région montagneuse, la plupart des villages se trouvent à une altitude considérable, comme Guachochi qui se situe à quelque 2400 m au-dessus du niveau de la mer. Les habitants se sont donc adaptés à un environnement dur et relativement pauvre en oxygène, les poussant à obtenir et exploiter ce dernier de manière plus efficace, et faisant d’eux des coureurs de fond exceptionnels.

Les Rarámuris ou «pieds légers courent de longues distances chaussés de simples sandales.
Les caractéristiques génétiques et les conditions environnementales des Kenyans et des Éthiopiens en font des coureurs exceptionnels.
À tous ces facteurs s’ajoute, chez les Tarahumaras, un aspect culturel qui n’a aucun rapport avec la rudesse de leur environnement, mais découle d’une de leurs principales activités collectives : le jeu de boules, où les participants courent parfois jusqu’à 200 km, en frappant une boule du pied. Une partie peut durer jusqu’à deux jours et deux nuits sans que les coureurs s’arrêtent, et bien que leur rythme soit inférieur à la vitesse moyenne d’un coureur de marathon, la difficulté de ce jeu est sans égal. Ce peuple mérite bien le nom de « Rarámuris » qui signifie « pieds légers ».
La course à pied a donc joué un rôle clé dans les origines et l’évolution de l’Homme. Elle lui a permis de se déplacer dans des régions plus riches en eau et en nourriture, de fuir le danger et même de chasser, atteignant son objectif en épuisant totalement sa proie.
S’il existe encore des peuples pour lesquels la course est vitale, du fait de l’hostilité de leur environnement, dans les sociétés développées, les gens vivent dans une relative abondance et ne sont plus menacés par de grands dangers, ou du moins par des dangers auxquels ils puissent échapper en courant. Cependant, ceci n’a jamais freiné l’instinct naturel de courir dont l’Homme fait preuve dès l’enfance. À peine réussit-il à tenir debout que courir devient son jeu favori, et ceci perdure ensuite à travers une multitude d’activités sportives : les disciplines liées à l’athlétisme ou à la course, mais aussi le football, le basket-ball, le base-ball, le handball, le hockey ou la pelote basque, pour n’en citer que quelques-unes. En effet, la course est présente dans la grande majorité des sports pratiqués sur la terre ferme, même si elle se limite parfois à une demi-douzaine de foulées.
Quoi qu’il en soit, il apparaît que lorsque l’Homme n’a pas besoin de courir pour survivre, il le fait par plaisir. Comme c’était déjà le cas au temps de la Grèce antique et de l’Égypte des pharaons, le sport et la course sont une forme de jeu, de compétition et même d’accès au prestige social.
Discipline simple sur le plan technique, le running a actuellement le vent en poupe : même quelqu’un qui enfile des chaussures de sport pour la première fois peut maintenir le rythme pendant plusieurs minutes. Il s’agit d’un sport à la portée de tous car il suffit de sortir dans la rue pour courir, et l’équipement nécessaire (si tant est que l’on veuille utiliser un équipement spécial) est très réduit et accessible.
La course de loisir se décline en des dizaines de variantes, parmi lesquelles les formes les plus traditionnelles, liées à l’athlétisme, comme le 100 mètres, le 200 mètres et le 400 mètres (courses de vitesse) ; le 3000 mètres steeple (course d’obstacles de demi-fond qui se déroule sur piste et comporte de nombreux changements de rythme imposés par le franchissement de barrières et d’une rivière), le 5 000 mètres, le 10 000 mètres, le semi-marathon et le marathon (courses d’endurance).

Les disciplines de cross sont de plus en plus populaires parmi les coureurs.
Il existe également une multitude d’épreuves populaires ouvertes à tous et dont la durée et la difficulté varient énormément.
Par ailleurs, le nombre d’amateurs de course d’ultrafond (très longue distance) et de course nature (cross-country ou trail) se multiplie, même si, compte tenu de leur niveau d’exigence, ces variantes sont celles qui impliquent le plus de risques.
Le cross-country (ou cross) est une variante athlétique qui consiste à courir sur un circuit naturel, et bien que les distances à parcourir ne soient pas excessivement longues, les dénivelés et les obstacles que peut présenter le terrain en font une compétition très rude. Les amoureux de la nature la préfèrent toutefois aux épreuves sur route comme le semi-marathon.
Pour ceux qui aiment les paysages naturels et l’air pur, le trail, ou course de montagne, constitue une autre option. Sorte de grand frère du cross, il implique des distances nettement plus longues et des parcours plus sauvages qui peuvent emprunter des sentiers, des chemins secondaires et même des passages à gué. Si la distance de ces épreuves n’est pas fixe, elle est généralement supérieure à 10 km, et dépasse les 160 km lorsqu’il s’agit d’ultra-trail.
Citons également les courses de haute montagne, ou skyrunning, pratiquées à plus de 2 000 m d’altitude, et qui nécessitent, en raison du manque d’oxygène, une préparation et une forme physique excellentes. (Même si ce type d’épreuve pourrait sembler un jeu d’enfants aux Tarahumaras).
Voici pour le contexte; naturellement, ceci n’est qu’un résumé succinct, car il existe de nombreuses autres disciplines, tout aussi importantes que celles que nous venons de mentionner, et qui fédèrent une multitude d’amateurs.
Enfin, même si le running est un sport ouvert à tous, il doit être pratiqué en prenant soin de soi, et dans le respect du sport et de l’environnement. Si courir est divertissant et contribue à améliorer la forme physique, cette activité a également un énorme impact sur les articulations et en particulier les genoux. Il est plus que conseillé de porter des chaussures de sport à semelle bien épaisse, qui amortit les chocs successifs propres à la course, voire de faire faire une analyse de votre démarche et d’opter pour des chaussures sur mesure si vous parcourez 30 à 40 km par semaine. Dans ce domaine, le conseil des professionnels est simple : fuyez la mode ! Ne portez pas de chaussures à semelle courbée à moins de voir de grands sportifs en porter en compétition officielle, ce qui n’arrivera pas ; ne courez pas pieds nus, sauf si vous vous trouvez dans la savane avec, sous la plante des pieds, une couche de cal de 1 cm d’épaisseur, ce qui a également peu de chances de se produire ; ne courez pas sur la pointe des pieds car vos tendons d’Achille ne sont pas en titane et ne pourront pas supporter ce que ne supportent déjà pas vos genoux; enfin, ne croyez pas aveuglément ce que racontent ces articles dont le seul but est de vous vendre un produit pour la pratique du running.
Dernier conseil : si quelqu’un vous dit que, pour être plus naturel, vous devriez courir comme nos ancêtres, souvenezvous que ces derniers se promenaient aussi naturellement nus, mangeaient naturellement une seule fois par jour — et encore —, et avaient, tout aussi naturellement, une espérance de vie inférieure à 30 ans.

Les chaussures de running doivent être légères et bien renforcées au niveau de la semelle afin d’amortir les chocs à chaque foulée.
Biomécanique de la course
Comme tout sportif qui souhaite améliorer ses performances, éviter les blessures et prolonger au maximum sa vie d’athlète, un coureur doit connaître les notions techniques inhérentes à son sport. Nul besoin d’être un compétiteur de haut niveau ni un athlète professionnel : quiconque a envie de pratiquer le running de façon occasionnelle, ou même régulière mais sans faire de compétition, doit avoir certaines connaissances sur la technique de course et les facteurs qui l’influencent.
Combien d’amateurs de sports de raquette souffrent un jour d’un «tennis elbow» (tendinite de la partie externe du coude)? Lisez les études sur le sujet et vous verrez que le pourcentage est surprenant. Bien que cette douleur ne puisse pas être évitée dans tous les cas, elle pourrait bien des fois être limitée, voire prévenue, grâce à une préparation adéquate et quelques connaissances de base sur la biomécanique du tennis, du squash, du padel (sport de raquette dérivé du tennis).
En outre, un sportif est très probablement plus efficace et obtient sans doute de meilleurs résultats s’il sait comment fonctionne son corps — ne serait-ce que dans les grandes lignes — lorsqu’il pratique sa discipline.
Cette remarque est valable pour toute activité physique, y compris le running. Naturellement, le plus simple est d’enfiler ses baskets et de sortir courir, sans rien de plus — ce qui n’est pas mauvais en soi puisque le plus important, en fin de compte, est de bouger. Si vous hésitez entre lire un livre sur le running et sortir courir, choisissez toujours la deuxième option, même s’il est presque certain que vous pourriez faire les deux. Mais si vous commencez à courir de façon plus ou moins régulière, aussi modeste que soit votre temps de course, le plus prudent est d’acquérir quelques connaissances sur ce que vous faites pour éviter les blessures et les dépenses inutiles dans des équipements dont vous n’avez pas besoin.
Il suffit de réfléchir à la phrase de Socrate : « La connaissance nous rendra libres ». Elle ne nous libérera peut-être pas totalement, mais pourra au moins éviter certaines blessures et surtout nous permettre de choisir notre façon de courir en connaissance de cause. Les grands champions ne doivent pas uniquement leur réussite à leur génétique exceptionnelle, à leur persévérance à l’entraînement ni au fait de porter des chaussures autopropulsées dernier cri dont tous les médias font la publicité.
Pulsuz fraqment bitdi.