Kitabı oxu: «L'avenir du mariage, ou L'usage et l'abus dans l'union des sexes»
H M Gourrier
L'avenir du mariage, ou L'usage et l'abus dans l'union des sexes
Propositions et développements rédigés aux points de vue médical, philosophique et théologique

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066336585
Table des matières
PRÉFACE
L’AVENIR DU MARIAGE ou L’USAGE ET L’ABUS DANS L’UNION DES SEXES
CHAPITRE PREMIER
De la préservation de la Grossesse
Simples retards de la Grossesse.
Remise des Grossesses.
SOUS-CHAPITRE PREMIER
L’abus de la lactation.
CHAPITRE DEUXIÈME
Examen critique des moyens employés de nos jours pour éviter la grossesse.
CHAPITRE TROISIÈME.
Détails analytiques intimes et descriptions.
CHAPITRE QUATRIÈME.
Le tableau du désordre.
CHAPITRE CINQUIÈME.
État et étendue des surfaces; leur influence Altérations plus profondes.
CHAPITRE SIXIÈME
Le renversement du bon sens.
CHAPITRE SEPTIÈME
La conséquence de nos fautes et surtout de nos plaisirs
CHAPITRE HUITIÈME.
La part de l’homme et la part de Dieu, ou la liberté de l’homme et ses limites.
CHAPITRE NEUVIÈME.
La part de la nature. Qu’arriverait-il si la nature était livrée à elle-même?
CHAPITRE DIXIÈME.
Le retour aux saines pratiques.
SOUS-CHAPITRE DIXIÈME.
Digression et dissertation sur la grossesse-remède, considérée comme moyen de rétablissement de la santé de la femme, altérée par les abus.
Quelle est l’influence et l’action de la grossesse en elle-même, et comment agit la gestation?
CHAPITRE ONZIÈME
Progrès et décadence. — Conservation du sujet. Propagation du genre.
CHAPITRE DOUXIÈME
Quelles sont les causes des dégradations des charpentes humaines?
CHAPITRE TREIZIÈME
Philosophie, Hygiène, Sélection.
CHAPITRE QUATORZIÈME
La réglementation dans l’union des sexes.
CHAPITRE QUINZIÈME
La préservation de la grossesse dans les cas nécessaires ou réglementation et prophylaxie conditionnelle de cet état, et quelques mots de mise en garde contre la syphilis.
Quelques mots de mise en garde contre la syphilis.
CHAPITRE SEIZIÈME.
Avantages de la méthode de la réglementation de l’union conjugale, et de la phophylaxie conditionnelle de la grossesse.
L’Usage et l’Abus.
RÉSUMÉ DE LA PREMIÈRE PARTIE
MÉTHODE DE LA RÉGLEMENTATION DE L’UNION CONJUGALE.
DES INFLUENCES
UN MOT DE PLUS.
PROPOSITIONS
CHAPITRE PREMIER
De la préservation de la Grossesse.
Remise des Grossesses.
SOUS-CHAPITRE PREMIER
Grossesse anticipée ou subintrante.
Les abus de la lactation.
CHAPITRE DEUXIÈME.
Examen critique des moyens employés de nos jours pour éviter la grossesse.
CHAPITRE TROISIÈME.
Détails analytiques intimes et descriptions.
CHAPITRE QUATRIÈME.
Le tableau du désordre.
CHAPITRE CINQUIEME
CHAPITRE SIXIÈME.
Le renversement du bon sens.
C’est le renversement du bon sens.
CHAPITRE SEPTIÈME.
La conséquence de nos fautes et surtout de nos plaisirs.
CHAPITRE HUITIÈME
La part de l’homme et la part de Dieu, ou la liberté de l’homme et ses limites.
CHAPITRE NEUVIÈME.
Qu’arriverait-il si la nature était livrée à elle-même?
CHAPITRE DIXIÈME.
Le retour aux saines pratiques.
SOUS-CHAPITRE DIXIÈME
Sur la Grossesse-Remède.
CHAPITRE ONZIÈME.
Progrès et décadence. — Conservation du sujet. — Propagation du genre.
CHAPITRE DOUZIÈME.
Quelles sont les causes des dégradations des charpentes humaines.
Telles sont les causes principales de la dégradation des charpentes humaines et de l’affaiblissement de l’espèce.
CHAPITRE TREIZIÈME
Philosophie. — Hygiène. — Sélection.
CHAPITRE QUATORZIÈME
La réglementation dans l’union des sexes.
CHAPITRE QUINZIÈME
CHAPITRE SEIZIÈME.
CONCLUSION
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DÉFINI
A
B
C
D
E
F
G
H
I
L
M
O
P
R
S
T
U
V
PRÉFACE
Table des matières
Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, dit-on.
L’Avenir du mariage échappera-t-il à cette loi?
Avec des matières fatiguées, le docteur Gourrier nous présente des aperçus à la fois neufs, saisissants et originaux, dans la bonne acception du mot .
Rien n’est plus vieux que l’usage, rien n’est plus fréquent que l’abus de l’union conjugale; mais aussi, rien n’est plus vital, rien n’est plus actuel, et cette question est toujours à l’ordre du jour.
Cet ouvrage se compose de deux parties:
Dans la première, l’auteur pose en principe la nécessité de la réglementation des fonctions génératrices humaines, tout aussi bien que celle qui préside, aujourd’hui, à la production animale quelconque, sous la domination de l’homme.
C’est la grande question de l’opportunité de la grossesse, dont il retranche l’arbitraire et la mauvaise façon.
Dans la seconde, au contraire, il s’occupe des moyens de favoriser la conception, et d’en combattre tous les empêchements, dans les limites de la raison.
Présentement, il ne s’agit que de la première partie, c’est déjà une page assez large.
Mais, sous un titre modeste, l’auteur cache un but plus élevé.
Ce n’est pas, en effet, la préservation de la grossesse en elle-même, ou la favorisation la plus générale de cet état, en un mot: la conception, ou la non-conception que poursuit, au fond, notre auteur.
Pour lui, ces choses ne sont qu’accessoires.
Ce sont les prémices, ce sont les moyens employés pour arriver à un but considérable, dont il poursuit la conséquence dans la bonne forme et la bonne façon d’agir.
Ce but, ce nom, qui tout naturellement eût dû former le titre de son ouvrage, il l’a trouvé trop ambitieux. Il lui a semblé , comme il le dit lui-même, que pour vaincre, il fallait commencer par combattre, rassembler ou préparer les matériaux de la lutte.
La régénération de notre pauvre machine, la reconstitution des tempéraments sur de larges bases, en commençant par la restauration des charpentes humaines, tel est le problème à résoudre, il est grandiose.
Les moyens d’action sont simples.
Ils consistent: 1° A empêcher la conception qui s’accomplirait dans des circonstances vicieuses et anormales; 2° à favoriser et acquérir la conception normale, régulière, bien acceptée, bien conduite, chez les sujets sains, et dans les meilleures conditions possibles.
C’est en vue de ce résultat que procède et travaille l’auteur.
La délicatesse extrême de la matière, l’oblige souvent à un ton de sévérité qui n’exclut en rien la moralité ni l’attrait que développe, en son ouvrage, l’exposition méthodique de son sujet. Il n’inspirera à personne l’incitation voilée des ouvrages du même genre; car il n’enseigne que le bien, et il a ouvert, contre les abus, une verte croisade.
Le fond du travail se résume en deux cent seize propositions, qui s’adressent à la science, mais que leur développement permet à tous de suivre et de comprendre.
L’auteur y découvre une plaie saignante.
«La vie de la femme s’en va, dit-il, sacrifiée au luxe et aux plaisirs des sens.»
Aussi son livre est-il dédié aux dames, c’est-à-dire au sexe faible et souffrant.
Le rôle considérable de la femme dans l’éducation et la moralisation de la famille n’a pas échappé à l’auteur; et, en s’adressant à elle, il lui décerne simplement l’hommage qui lui est dû.
Ce livre est donc essentiellement améliorateur et conservateur.
Il attire très-fortement parcequ il conserve.
Et, s’il est vrai, comme l’affime la science, que la femme soit, par elle-même, conservatrice du type de sa race; sa santé et la beauté de ses formes ont une très-haute portée.
Tel est, en somme, le livre que nous recommandons aujourd’hui. Telle est la vérité.
Nous n’avons qu’une seule crainte, celle d’en avoir, à son préjudice, affaibli l’expression.
Tous ceux qui ont eu les prémices de cette œuvre, et lui ont donné leur approbation, médecins, magistrats et prélats, tous vous le diront comme nous.
E. L.
RÉGLEMENTATION DE L’UNION CONJUGALE
PREMIÈRE PARTIE
PRÉSERVATION
DE
LA GROSSESSE
DANS LES CAS NÉCESSAIRES
ou
PROPHYLAXIE CONDITIONNELLE DE CET ÉTAT
L’AVENIR DU MARIAGE ou L’USAGE ET L’ABUS DANS L’UNION DES SEXES
Table des matières
RÉGLEMENTATION
DE L’UNION CONJUGALE
EXPOSITION ET PRINCIPES
1.
L’usage d’une fonction, c’est son service normal. son jeu naturel et son exercice modéré.
2.
L’abus, c’est son usage forcé ou tronqué, sa déviation, ou l’écart de sa véritable destination.
3.
De l’usage à l’abus, souvent, il n’y a qu’un pas; il est facile de le franchir, difficile de le juger lorsqu’il s’agit de soi.
4.
La réglementation d’une fonction consiste à obtenir d’elle, à un moment donné, et d’une manière normale ou rationnelle, soit son fonctionnement, soit son repos, selon la nécessité qui se produit.
Il est des fonctions qui ne peuvent jamais se reposer, et sont involontaires. Telles sont: la respiration, la circulation, l’innervation, etc. D’autres chez lesquelles le repos, à un moment donné, devient pour ainsi dire impératif. Elles sont volontaires. De ce nombre sont la génération, la locomotion.
Enfin, il en est d’autres dont le fonctionnement est irrégulier ou intermittent, comme la digestion et ses dérivés, les fonctions sensoriales, telles que la vue, le toucher, etc., qui sont suspendues pendant le sommeil.
Sur ce thème, je pourrais bien écrire de gros volumes.
Rassurez-vous, lecteur; faute de temps, je serai bien plus concis.
Est-ce un mal?
D’ailleurs, cette matière, délayée en pages plus longues, n’en aurait pas plus de valeur.
J’ai pris pour texte l’examen critique du mode des relations sexuelles de notre temps et leurs conséquences.
Je tâcherai de justifier mon titre, en signalant et en combattant les abus, en indiquant les moyens de s’en préserver, en faisant connaître les réformes que nécessitent les usages actuels.
Je terminerai par un coup d’œil sur l’origine des mauvais procédés qui sont entrés dans la pratique journalière et discrétionnaire.
Je m’efforcerai enfin de faire comprendre l’influence du mode actuel des relations sexuelles, au présent, dans la dégradation des tempéraments; et dans l’avenir, au point de vue de l’amélioration de l’espèce.
Ce travail aura donc un but multiple: celui de favoriser la conception et la grossesse, de combattre la stérilité et l’impuissance, comme aussi d’apprendre à préserver la femme de la grossesse dans les cas nécessaires.
Mais surtout, et c’est là que tendent tous mes efforts, le but capital de cette œuvre, c’est la reconstitution, ou du moins la restauration des charpentes humaines. C’est là que conduit la pratique.
Dans les sciences comme dans les moyens, tout s’enchaîne. Cette proposition ressortira claire de la lecture attentive de cet ouvrage.
Cette tâche est élevée, épineuse, je le sais; et mes moyens sont simples dans leur emploi.
Seront-ils à la hauteur des besoins? ce sera à vous d’en juger.
Je serai sobre de paroles, et presque toutes mes phrases ne seront que les anneaux d’une longue chaîne de propositions, apportant avec elles leurs preuves ou leurs déductions.
De mon temps, le cours d’hygiène était, à l’éoole de médecine de Paris, la partie la plus faible de l’enseignement.
Je ne dirai pas que ce livre est destiné à combler partiellement cette lacune; seulement, il traite plus in extenso, le côté du sujet dont je remarquais alors, avec d’autres, l’insuffisance.
Il s’adresse plus spécialement aux élèves avancés et aux jeunes docteurs. D’un autre côté, il renferme, pour tous, l’exposition et l’annonce d’une méthode nouvelle qui, je crois, sera utile à plusieurs dans le cours de leur pratique.
Il affecte la forme brève, en propositions, pour ménager le temps du praticien.
Le développement des propositions est destinée à déguiser leur aridité, ainsi qu’à faciliter à l’esprit, par une analyse succinte, l’exposition de certains faits qui, sans discussion, pourraient sembler obscurs.
Le ton de sévérité dogmatique qui y règne ne réflète pas nécessairement le fonds du caractère de l’auteur. S’il a cru devoir être sévère ici, c’est à cause de la gravité et de la délicatesse extrême du sujet qu’il traite, et des conséquences qu’il entraine.
Un voile de tristesse ne couvre-t-il pas momentanément le front des personnes les plus gaies, lorqu’elles assistent à une triste cérémonie?
Et ne savent-elles cependant, trouver au besoin quelques bonnes paroles de consolation pour les affligés? Dans la consultation et la vie pratique, cette glace se fond; l’homme se révèle avec ses infirmités, et l’auteur redevient l’égal et quelquefois l’inférieur de son client.
Hypocrate disait:
Mulier, propter uterum, tota morbus est.
Ce qui signifie que, chez la femme, ou mieux, chez l’épouse, l’organe de la gestation est une cause incessante de maladie.
5.
Cette proposition sera toujours vraie.
Elle peut être développée dans un sens différent:
La femme porte en elle les organes de la gestation et de la lactation. Par ce fait, son rôle générateur est plus considérable que celui de l’homme. C’est pour cela qu’elle supporte mieux que lui la fatigue de l’acte. La nature l’a munie, à cet effet, d’une grande puissance de résistance, et d’une grande vitalité.
Mais, il est facile de comprendre que, si, par sa nature même, l’épouse est plus exposée à la douleur, elle le sera bien davantage encore, si, dans l’acte conjugal, on fausse le jeu normal de ses organes, si l’on abuse d’eux.
Je commencerai, dans la première partie de ce travail, par examiner et déterminer les cas d’exemption de la grossesse, de sa réglementation et de sa préservation.
J’y joindrai une annexe pour la partie pratitique de l’œuvre. Ce sera la première partie de méthode de la réglementation de l’union conjugale.
Dans la seconde partie, au contraire, je traiterai des moyens de favoriser la conception et la grossesse, de combattre la stérilité et l’impuissance, et je parlerai de l’embryogénésie ou de la formation du sexe chez l’embryon.
Au chapitre de la préservation, je dirai secondairement un mot des maladies contagieuses, ce sera peut-être encore parler pour les époux.
6.
A part la guérison des maladies, le rôle du médecin de la famille n’est-il pas aussi l’hygiène ou la conservation de la santé des époux, au milieu des rapports intimes qui existent entre eux?
J’ai entendu dire quelque part qu’il était toujours temps d’abandonner le péché.
De même, je dirai: il est toujours temps de renoncer à de mauvaises manoeuvres, à des procédés défectueux et dangereux, pour recourir à la pratique d’une appréciation plus saine, en même temps qu’elle est d’une application facile et rationnelle.
Dans ce travail, c’est de la femme surtout qu’il sera question.
7.
La femme est désarmée, la plupart du temps elle est passive.
Ces conditions, ces considérations valent bien quelques études, et lui méritent bien quelques égards.
Quoiqu’il s’adresse à la science, ce livre est donc et surtout le livre des dames, car c’est à la défense du sexe faible et souffrant qu’il est consacré. Et, si le rôle générateur de la femme ne lui avait valu cette préférence, ses qualités lui en auraient certainement attiré l’hommage.
CHAPITRE PREMIER
Table des matières
De la préservation de la Grossesse
Table des matières
CONDITIONS ET MOTIFS
OU CONTRE-INDICATIONS RADICALES.
Le médecin conseille généralement à la femme d’éviter la grossesse dans les cas suivants:
8.
Lorsqu’il la juge nuisible à sa santé.
9.
Lorsque, par suite de sa conformation ou de toute autre cause, le produit de la conception risquerait de ne pouvoir être obtenu vivant et à terme sans danger, soit pour la mère, soit pour lui-même.
Simples retards de la Grossesse.
Table des matières
A part les cas précédents, il en est encore d’autres où la grossesse peut-être simplement retardée. C’est ce que nous appellerons:
La remise de la grossesse.
Remise des Grossesses.
Table des matières
CONDITIONS ET MOTIFS
OU CONTRE-INDICATIONS TEMPORAIRES.
Les motifs de ces remises, ou les contre-indications temporaires de la grossesse peuvent être rangés en deux catégories.
La première comprend les maladies et les causes d’affaiblissement qui concernent les parents; la seconde, celles qui concernent les produits de la conception.
A la rigueur, on pourrait encore former une troisième catégorie, où les mêmes causes se rencontrent à la fois chez la mère et chez l’enfant.
Dans la première catégorie viennent se grouper:
10.
1° L’état de délabrement de la santé de la femme, après une ou plusieurs grossesses dont les suites lui ont été préjudiciables.
2° La convalescence des maladies aiguës, alors que le réveil des sens et des organes génitaux exposerait l’épouse adulte à la conception d’une manière presque infaillible, mais inopportune.
3° Enfin, son âge trop avancé, à cause du travail de l’accouchement et dés fatigues de l’allaitement.
Dans la deuxième catégorie, l’âge de la mère vient encore se représenter, mais à un point de vue différent.
La loi française autorise, il est vrai, le mariage d’une fille à quinze ans. Mais il est reconnu par tous les médecins légistes, qu’en général, les produits issus d’un âge aussi tendre ne peuvent être que débiles ou rachitiques, et qu’il est prudent d’attendre, dans ce cas, que la constitution de la femme se soit développée, raffermie; et cela, tant pour elle-même que pour le produit futur de la conception. «Il ne faut pas que
«l’enfant vienne avant que son berceau ne soit
«convenablement préparé, et avant qu’il n’ait
«des attaches suffisantes.»
11.
Il ne faut pas non plus perdre de vue l’état physiologique des époux au moment de la conception, ni oublier que leurs tempéraments et leurs dispositions à certaines maladies se transmettent facilement aux descendants.
Ici viennent se grouper les dispositions aux affections rhumatismales, goutteuses, scrofuleuses, calculeuses, à l’apoplexie, à l’hypocondrie, à l’hystérie.
Et puis viennent: la folie, le crétinisme, le rachitisme, la phthisie pulmonaire, la syphilis, les cancers de l’utérus et les vices de conformation.
12.
Dans les mariages consanguins, les règlements de grossesses sont encore de mise, car les produits qui en dérivent sont exposés à naître chétifs, mal conformés, sours-muets, en un mot dégénérés; si le médecin, qui est presque toujours consulté dans ces cas-là, ne conseille aux époux un régime sévère et approprié à leur tempérament, avant de procéder régulièrement à l’obtention d’une progéniture .
Il eût été préférable que la loi les interdît; elle eût ainsi tranché bien des difficultés qui nous incombent.
Personne n’ignore qu’on se passe souvent du médecin, et cependant, toutes les conditions ci-dessus énumérées ne peuvent être simplement jugées par la famille, car elles rentrent dans les cas de la médecine la plus épineuse.
C’est assez dire qu’ici cette abstention n’est plus permise.
Nous avons passé en revue les contre-indications de la grossesse, et indiqué celles qui en méritent l’exemption et le règlement. Ces cas sont encore assez nombreux comme il est facile de le voir.
Il nous reste maintenant à parler d’un état intermédiaire qui, sans être pathologique, n’en est pas moins anormal, au point de vue de la conception, et constitue, par ce fait, une complication et un obstacle momentané. Il rentre dans notre cadre.
C’est la grossesse pendant l’allaitement.
Et comme les cas de lactation et de grossesse simultanées se présentent encore assez fréquemment, nous croyons devoir nous y arrêter, et en faire l’objet d’une digression.
Bien que livre soit plus spécialement écrit au point de vue scientifique, nous ne perdons pas de vue cependant que c’est surtout aux époux qu’il doit être utile.
Que serait la science sans application? Ce serait l’expérience sans utilité pratique, sans consécration, et scientia in partibus.
SOUS-CHAPITRE PREMIER
Table des matières
DIGRESSION SUR LA GROSSESSE ANTICIPÉE OU SUBINTRANTE.
Il est des choses que la plus simple énonciation éclaire; d’autres, au contraire, qui appellent la discussion et les développements.
13.
1° Nourrir dans une juste mesure.
14.
2° Cesser de nourrir en cas de grossesse avérée.
15.
3° Ne pas s’exposer à la conception pendant l’allaitement.
16.
4° S’y exposer le moins possible quand on n’est pas apte à nourrir.
(Il est, du reste, très-rare que la grossesse se produise dans ces conditions.)
Telle serait, à la rigueur, l’énonciation suffisante. Mais, le sera-t-elle pour amener la réforme des abus, s’il en existe?
C’est au moins douteux.
Dans tous les cas, nous allons expliquer l’incompatibilité physiologique et fonctionnelle dont il est question, c’est pourquoi nous aurons, cette fois, recours à l’analyse.
Une femme qui nourrit se trouve placée dans l’une des conditions suivantes:
Premier cas.
Elle nourrit son enfant jusqu’à l’avulsion des dents de lait, c’est la règle, quoiqu’il n’y ait rien d’absolu. Puis, elle sèvre, et tout est dit.
Deuxième et troisième cas.
Elle conçoit tout en nourrissant, et elle continue à nourrir; ou bien elle met son enfant en nourrice aussitôt qu’elle s’est aperçue de son état.
Quatrième cas.
Enfin, elle ne conçoit pas pendant la lactation, mais elle prolonge celle-ci d’une manière exagérée et abusive, hors de toute mesure rationnelle et raisonnable.
Habituellement, la nature, qui harmonise tout, se charge d’empêcher le cumul, la rencontre et le heurt des deux fonctions dont nous parlons.
Elles sont, effectivement, incompatibles, et s’excluent mutuellement.
Mais il y a, dans la nature tant d’exceptions qu’il est nécessaire d’ajouter que les explications qui vont suivre ne s’appliquent qu’à la généralité des cas.
EXPOSÉ.
Les seins et la matrice sont unis, chez la femme, soit à l’état de vacuité ou de grossesse, par les liens d’une étroite sympathie; et c’est à cause d’elle que la dualité de leurs fonctions est un mal.
Dualité veut dire antagonisme. Il s’entend de l’exercice de fonctions qui se contrarient et s’excluent réciproquement lorsqu’elles ont lieu dans le même temps, par analogie à cet aphorisme: Duobus doloribus, simul obortis, non in eodem loco, vehementior obscurat alterum. (Aphorimis Hippocratis.)
Aussitôt la conception opérée, un travail et un mouvement fluxionnaires s’établissent à la fois du côté des seins et de l’utérus. La nature commence à y préparer et à y charrier des matériaux qui doivent servir, les uns actuellement, les autres plus tard, à la formation et à l’alimentation du nouvel être qui est encore contenu dans le sein de sa mère.
Si, pendant la période de l’allaitement, une nouvelle grossesse survient, chose rare cependant, qu’arrive-t-il?
Le travail ci-dessus décrit est troublé. Chaque jour, un être relativement âgé, absorbe à son profit, et en grande proportion, des éléments qui ne lui sont plus destinés.
Faible d’abord, le mouvement fluxionnaire de la matrice n’en continue pas moins; puis il s’accentue tous les jours davantage. Il résulte de ce fait une dualité de service et d’action, une double nutrition intra et extrautérine, en un mot, une perturbation dans les services; un antagonisme qui entraîne nécessairement avec lui un grand dommage.
De quel côté le dommage sera-t-il? Nous allons bientôt le savoir.
Il sera partout.
La nature veut reprendre ses droits. Quelquefois les menstrues reparaissent, irrégulières et comme indécises. L’altération de la santé de la femme, l’altération du lait et sa diminution ne tardent pas à se produire.
Si la mère s’aperçoit de son double rôle, elle sèvre son enfant, car il y a lieu, ou elle le met en nourrice.
17.
Mais les choses ne se passent pas toujours d’une façon aussi simple, surtout si la femme continue à nourrir, tout en connaissant ou en ignorant son état.
Dans ce cas, le plus grand préjudice sera pour le nourrisson, qui absorbe indûment des matériaux réservés pour un autre, et qui ne possèdent plus, pour lui, les qualités requises.
Le préjudice sera aussi pour la mère qui, par ce fait, est obligée de pourvoir, tant bien que mal, à trois existences à la fois.
Enfin, il y aura aussi préjudice pour l’embryon. Mais celui-ci sera cependant le moins atteint. C’est justice, et cela en vertu d’une des grandes lois de la génération sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir plus tard.
Certes, voilà bien du dommage partout, pour un petit manque de soin.
18.
Il est donc avéré que les deux services s’excluent réciproquement.
19.
Et, comme la grossesse doit être respectée en tout état de causes, ce sera la lactation qui devra être supprimée.
Il en résultera cette double proposition qui a déjà été ébauchée:
D’une part:
Si la grossesse survient pendant l’allaitement, la femme doit cesser de nourrir aussitôt qu’elle a conscience de son nouvel état.
Et d’autre part:
Une femme qui nourrit ne doit pas s’exposer à une grossesse anticipée ou subintrante.
Mais alors, que de réclamations!
Et surtout de la part des femmes qui ignorent (et elles sont nombreuses),
20.
Que le sevrage anticipé a moins d’inconvénients que la lactation trop prolongée.
21.
En thèse générale, il ne faudrait pas croire que mettre son enfant en nourrice soit une chose si simple, si naturelle, et de pure convenance individuelle et pécuniaire.
Nullement.
22.
La femme doit nourrir son enfant; c’est la règle. Dieu l’a voulu ainsi, et il a tout préparé dans ce but.
«Le contraire est une dissonnance de la nature et la femme ne remplit que la moitié de sa tâche, lorsqu’elle ne nourrit pas l’enfant qu’elle a mis au jour. Elle n’est bien digne du rang qu’elle occupe dans la société que lorsque, après en avoir fait l’ornement par ses charmes, elle a contribué à en augmenter la force en lui donnant des citoyens vigoureux et sains, qui aient reçu d’elle, avec le lait, l’exemple d’un inviolable attachement aux devoirs sacrés qu’elle impose» .
23.
La santé de la femme ne souffre pas de la lactation, lorsque celle-ci a lieu dans des limites modérées.
24.
Au contraire, la lactation normale est un émonctoire naturel, qui peut prévenir certains désordres du côté surtout des organes génitaux de la mère.
25.
La nourrice étrangère ne doit donc être qu’une exception dans l’espèce.
Exception sage ou imprudente.
Sage, lorsqu’elle sera bien conduite, que la nourrice sera bien choisie; et surtout lorsque le cas rentrera dans l’un de ceux des contre-indicacations de la grossesse, tel que les maladies héréditaires, les scrofules, le rachitisme, la phtisie pulmonaire, etc.
Imprudente dans un très-grand nombre de cas,
La question de la nourrice est considérable. Un père de famille, homme très-intelligent, nous assure que ses huit enfants, nourris chacun par une nourrice différente, ont chacun le caractère et le tempérament de leur nourrice.
UN MOT DE PLUS:
L’abus de la lactation.
Table des matières
26.
C’est le métier de l’allaitement.
Il ne faut pas qu’on puisse le confondre avec le métier de nourrice.
On comprend que si les faits qui précèdent ont été exposés ici, c’est moins pour les démontrer que pour en tirer des inductions, car ces faits sont connus de tous.
L’abus qui s’y glisse l’est un peu moins, c’est pourquoi il est utile de le signaler en finissant ce chapitre.
Certaines femmes le connaissent bien, cependant, surtout celles de la campagne. Elles l’exploitent à leur profit, et le font servir à la réalisation de leurs désirs, tout en déguisant leurs passions.
Elles abusent ainsi de la prolongation de l’allaitement, en se donnant et en savourant tout à leur aise les apparences d’une excellente mère de famille, qui demande à son gros garçon de lui avancer une chaise pour le faire téter plus à l’aise.
C’est la lactation luxurieuse.
Sommes-nous bien compris? Nous ne devons nous expliquer plus, et ne saurions nous expliquer mieux.
Fidèle au titre de cette œuvre, auquel ces attributs se rattachent, si étroitement, nous avons dû montrer l’abus pour le combattre.
Nos armes seront bien simples, les voici:
Chaque abus porte avec lui sa peine.
Prolonger l’allaitement de l’enfant indûment et sans raisons, ou lui substituer des nourrissons successifs, dans le but de retarder la grossesse, c’est abuser de la nature.
27.
Mais le châtiment suit de près cet abus.
Le châtiment, ce sera la maigreur extrême qui sied si mal à la femme. Elle maigrira..... beaucoup... pour ne plus jamais démaigrir.
Heureuse même, si elle en est quitte à si bon marché !
«Les seins, ces organes doubles et symétriquement disposés sur la partie antérieure de la poitrine, entrent essentiellement dans l’idée de la beauté, de sorte qu’en consommant et en perfectionnant l’ouvrage de la génération, ils servent en même temps à parer la femme et à augmenter ses attraits naturels. Cela vient à l’appui du principe que nous avons établi ailleurs, que la beauté n’est que l’aptitude à bien remplir un objet utile et grand, fondée sur des rapports exacts et sensibles. Cela est d’autant plus incontestable par rapport à l’organe dont il s’agit ici, que la forme, que le seul agrément ferait rechercher en lui, est aussi celle qui est la plus propre à effectuer les intentions de la nature. Un trop grand volume, une forme aplatie, maigre, exiguë s’éloignent également des justes rapports que sa destination exige. (Roussel.)»
La continence n’est pas la seule vertu convenable à une nourrice. Le plus essentiel c’est qu’elle ait un tempérament sain et une âme paisible.
(Une âme paisible dans un corps sain.)
CHAPITRE DEUXIÈME
Table des matières
Examen critique des moyens employés de nos jours pour éviter la grossesse.
Table des matières
28.
Pour éviter la grossesse, plusieurs moyens ont été mis en œuvre. Jusqu’ici, tous se sont montrés plus ou moins défectueux, dangereux, immoraux.
29.
Ils sont immoraux surtout lorsqu’ils ont pour but d’éluder la grossesse, au lieu de l’éviter ou de la régler pour des motifs avouables.
30.
Avant tout, nous ferons à ce sujet une observation. C’est que les moyens actuels, qui vont être, en partie, exposés, sont employés à tout propos, sans règle, sans mesure, sans discrétion.
31.
A ce titre, ils seraient déjà répréhensibles.
32.
Ils ont de plus contre eux, comme on le verra, les plus mauvais effets et leurs dangers pour l’épouse, au point de vue hygiénique ou sanitaire. Mais n’anticipons pas.
Voici quels sont les principaux:
33.
L’abstention pure et simple de l’acte vénérien.
34.
Les actes incomplets, ou l’usage tronqué.
35.
Le rejet de la matière séminale au dehors.
36.
Sa réserve dans les condoms, ou suivant le procédé du docteur Condom.
Ce sont les plus fréquents. Ils sont presque aussi mauvais les uns que les autres. Leurs inconvénients sont, du reste, faciles à démontrer.
Un sentiment bien facile à comprendre nous empêchera d’entrer dans bien des détails, et nous ne dirons pas tout, ici. Il existe même d’autres moyens que ceux dont nous parlerons. Mais, si nous infligeons un blâme à ceux que nous indiquons, afin de pouvoir les combattre, avec combien plus de raison ne flétrirons-nous pas ceux que nous passons sous silence.
Il est certaines bornes qui ne doivent franchir ni l’esprit, ni la science, et Boileau disait:
«Le latin, dans les mots, brave l’honnêteté,
«Mais le lecteur français veut être respecté.»
Nous pouvons affirmer, toutefois, que tous ces moyens sans exception, trompent ou excitent les appareils génitaux de la femme, si ce n’est son organisation entière, sans lui fournir la compensation la plus indispensable à son repos. Nous parlerons, plus tard, de leurs défauts, au point de vue physiologique et pathologique.
DISSERTATION.
37.
Lorsque, pour éviter la grossesse, le médecin conseille l’abstention complète de l’union conjugale, qui, de tous les moyens, est le plus sûr et le moins mauvais; il prive, sinon les deux époux à la fois, du moins l’un d’eux, et expose l’autre à recourir à des secours étrangers.
Eh bien, les secours étrangers ne sont plus le mariage; c’est le célibat dans le mariage, et le célibat introduit par son plus mauvais côté. Je le dis sans rien exagérer.
C’est la régularisation de l’adultère, avec ses conséquences immorales; c’est le divorce dans l’intimité, et se compliquant du consentement tacite, ou de la tolérance forcée et, en tous cas, inqualifiable de la personne empêchée. A moins qu’elle ne l’ignore entièrement.
Si non, la contrainte morale qu’elle subit, dans ces circonstances anormales, ne peut-elle altérer la quiétude et la confiance qui contribuent, pour une si large part, à l’harmonie du ménage?
Et cette position fausse ne rappelle-t-elle pas involontairement le mot de cet auteur si connu:
L’honneur est comme une île escarpée et sans bords,
On n’y peut plus rentrer quand on en est dehors.
Entre l’honneur et le respect de soi-même, n’y a-t-il pas une espèce d’analogie?
Il est douteux que l’esprit puisse conserver, à cet égard une arrière-pensée; mais il est certain que l’état moral d’un sujet influe singulièment sur son état physique.
Passons.
38.
Si les époux, d’un commun accord, rejetten au dehors la matière séminale, ou cherchent à y parvenir, comme cela n’arrive que trop souvent, si, par un effet de volonté, le mari n’achève pas l’acte commencé, d’autres inconvénients graves se produisent .
39.
Nous avons condamné le procédé du docteur Condom; il sera examiné en détail à la deuxième note pratique, p.
Maintenant, sans insister sur la défense de la religion, sans parler de l’Église qui, dans un but louable, quoique différent du nôtre qui est tout médical, impose aux époux la conservation de la matière dans les vases naturellement destinés à la recevoir,
40.
La physiologie explique comment le mari porte à la santé de sa femme un préjudice notable, lorsqu’il prive ses organes du seul fluide naturel destiné à y faire renaître le calme après l’orgasme de l’acte marital, et à y maintenir la santé.
Mais ces faits sont d’une très-haute importance et méritent qu’on s’y arrête quelques instants afin de leur donner le développement nécessaire.
CHAPITRE TROISIÈME.
Table des matières
Détails analytiques intimes et descriptions.
Table des matières
SUITE DE LA DISSERTATION
41.
Dans l’acte de la génération, l’émission de la liqueur prolifique joue plusieurs rôles, il a plusieurs buts.
Nous ne voulons rien dire des jouissances, licites ou non, qui accompagnent ordinairement l’acte marital, attendu qu’elles ne constituent pas le but principal et physiologique de la fonction, encore moins le but moral du mariage.
Une dame très-austère, madame de Gasparin, n’a pas craint, dit Michelet, en touchant à ce sujet délicat, de poser en principe la proposition suivante:
«Le but du mariage, c’est le mariage.»
L’enfant n’est que le second but.
L’amour conjugal impose, selon elle, plus de renoncement et de vertu, plus d’abnégation que l’amour maternel, et l’enfant touche de trop près à la mère pour ne pas se confondre en elle.
Elle a énoncé tout cela simplement, naïvement, courageusement. Elle se sentait asse voilée de vertu pour ne pas imiter en cela la matrone de Perse.
Pour nous, que notre position oblige à faire abstraction du côté moral, pour ne considérer du mariage, que son côté matériel ou physiologique, le but essentiel, c’est la conception, c’est la production.
Disons cependant, puisque nous y sommes, qu’il n’y a ni gaieté ni bonheur ici-bas en dehors de cet espoir.
Le second but physiologique, le but accessoire, secondaire ou complémentaire, c’est le bain local de semence pour les organes intérieurs de l’épouse.
42.
Cette lubréfaction leur est nécessaire pour éteindre l’incitation qui accompagne l’acte marital, et ramener le calme dans les appareils générateurs, ainsi que dans toute l’économie.
43.
Dans le cas contraire, lorsque la semence est dissipée et perdue, que l’acte marital n’est pas accompli dans sa plénitude, il se produit, du côté des organes génitaux de la femme et souvent ailleurs, des désordres très-notables.
44.
Dans l’acte dont nous parlons, il y a même une action lubréfiante et un fait de réciprocité ; car les mucosités du vagin servent également à lubréfier les organes de l’homme.
Le bain local de semence et le mélange des mucosités est donc nécessaire aux deux époux à la fois.
45.
La nature n’a rien fait d’inutile.
46.
Si, dans la nature, nous trouvons quelque chose d’inutile, ou mieux d’inexpliqué, c’est que nos moyens d’investigation sont encore trop bornés ou trop imparfaits.
Et que nous avons encore bien besoin d’étudier.
CHAPITRE QUATRIÈME.
Table des matières
Le tableau du désordre.
Table des matières
SUITE DE LA DISSERTATION
47.
Pour maintenir la santé, non-seulement dans les appareils générateurs, mais encore dans toute l’économie, il est nécessaire que l’acte si important de la génération soit accompli le plus naturellement possible.
48.
Si, au lieu de cela, on abuse, soit par le nombre des rapprochements, soit par la longueur du temps qu’on leur consacre, soit par la manière dont ils s’effectuent, soit enfin et surtout par la perte de la semence, les organes de la femme s’irritent, ils s’enflamment; ils donnent naissance, d’abord, à des produits ou sécrétions supplémentaires destinés à remplacer le fluide normal qui leur a fait défaut.
49.
Sans doute, la nature, en mère sage, veille et travaille sans cesse à la conservation du sujet. Elle fait bien naître, dans ce cas, et pour les besoins du moment, sur les surfaces muqueuses de l’épouse, des exsudations palliatives. Mais celles-ci, sortant du fonds même du sujet, ne viennent pas à son secours.
50.
D’ailleurs, ces exsudations ont un tout autre but, celui de favoriser le glissement des parties.
51.
En effet: partout où il y a des mouvements, il y a aussi des membranes muqueuses ou séreuses, et un produit ou sécrétion destiné à en lubréfier les surfaces.
52..
La lubréfaction des membranes, c’est leur entretien, leur santé, leur vie.
Ainsi, l’œil est recouvert d’une membrane lubréfiée par les larmes qui sont le produit des glandes lacrymales. Les poumons, les intestins sont munis, chacun, de deux membranes, l’une séreuse, l’autre muqueuse, destinées à faciliter leurs glissements.
Tous les mouvements des articulations sont favorisés par un produit spécial, nécessaire à la mobilité et au frottement de leurs surfaces, c’est la synovie.
53.
Il ne faut donc pas être étonné que la membrane muqueuse du vagin soit appelée à fournir à de grandes sécrétions.
54.
Elles sont d’autant plus considérables que les mouvements sont plus fréquents, et qu’elles sont appelées à servir, non-seulement pour le vagin, mais aussi pour le compte de l’organe du sexe opposé.
55.
Lorsqu’il y a exagération dans le service des fonctions, les sécrétions les suivent et sont, à leur tour, exagérées.
56.
Elles épuisent la femme.
57.
Et même, une fois l’habitude prise, elles se continuent à l’état de repos .
58.
L’épouse, ainsi sevrée de son bain local de semence et de l’aura seminalis, ne ressent plus après la lutte, que la lassitude et la fatigue d’un acte générateur incomplet, qui la prive de ce sentiment de bien-être, issu d’une fonction régulière et régulièrement accomplie.
Elle fait ainsi succéder la maladie à la fatigue.
59.
La raison en est:
Qu’on ne saurait se créer à soi-même un secours, et qu’il est nécessaire que ce secours dérive du fonds d’autrui, de l’organe correspondant, et du sexe opposé.
Car on ne crée pas la force, on l’applique.
60.
La raison en est:
Qu’on a porté atteinte au jeu naturel de la fonction, et qu’on a fait appel à une réaction que la nature est toujours prête à opérer, pour relever l’équilibre affaissé, rompu? et qu’elle y a pourvu aux dépens de la propre substance du sujet.
Ce que nous disons là, est applicable, jusqu’à un certain point, à d’autres actes, à d’autres manœuvres, telles que les mauvaises habitudes (manus stuprum), à cause de l’appel que fait l’organe sexuel à l’estomac, pour la réparation du dommage et de l’ébranlement que l’abus vient de causer à toute l’économie.
61.
Rien ne saurait donc remplacer, pour le mari, les mucosités vaginales, et chez l’épouse, le fluide spermatique, dans l’accomplissement des fonctions dont nous parlons.
62.
Le fluide spermatique n’a pas de succédané : Les mucosités vaginales n’en ont pas non plus.
CHAPITRE CINQUIÈME.
Table des matières
État et étendue des surfaces; leur influence Altérations plus profondes.
Table des matières
SUITE DE LA DISSERTATION.
63.
Sous l’influence des mauvais procédés, souvent renouvelés, la nature se lasse, et le sujet s’épuise.
64.
Alors vient le tour de l’altération des surfaces muqueuses et des sécrétions morbides, qu’accompagnent, en outre le dérangement progressif et les lésions graves des fonctions digestives, à cause de l’étroite sympathie qui unit les organes qui président à la propagation de l’espèce, et à la conservation ou à l’alimentation du sujet.
Les tissus sus-jacents finissent eux-mêmes par s’altérer et dégénérer.
De là viennent, chez la femme, les maladies et les infirmités qui sont si fréquentes de nos jours. Heureuses lorsqu’elles ne sont pas au-dessus des ressources de l’art, incurables ou mortelles comme les cancers, etc.
Il est bien facile d’entrevoir quelles sont les conséquences qu’entraîne cet état de choses.
Les moindres sont la réciprocité des maladies des époux, l’interruption des fonctions maritales ou la disjonction conjugale.
(C’est le divorce anticipé.)
Il y a du frisson dans la couche conjugale!
Nous ne dirons rien des dissentiments du ménage, des accusations sans fondement entre époux, de l’extinction et de la mort des désirs vénériens de l’épouse: inconvénients médiats, qui échappent à plusieurs. Et, cependant, aujourd’hui, nous en sommes là. Le mari insiste, et chacun se met dos à dos.
C’est la plaie de notre époque, la plaie saignante, inguérissable.
Inguérissable?
«Belle demande! disait à ce propos un auteur célèbre. Comment guérirait-on, si chaque jour revient aggraver?»
Le mariage, ce n’est pas la fraude; ce n’est pas plus la réticence.
65.
Il faut donc considérer comme pernicieux tous les moyens qui tendent à priver l’épouse d’une chose qui lui est nécessaire, qui lui est destinée, qui lui est due.
Lors donc que le médecin, consulté pour un cas où la grossesse serait nuisible, devrait être évitée ou simplement réglée, conseille aux époux, même d’une manière transitoire, momentanée ou passagère, soit l’abstention complète des rapports conjugaux, soit le rejet de la liqueur, soit sa rétention, sa dissipation, ou son expulsion hors des réservoirs naturels, il leur donne un conseil irréfléchi et qui a son côté nuisible.
(Cela est rare, il est vrai: et c’est en dehors de la médecine que ces inconvénients se produisent.)
Mais, ce n’est pas tout. La réticence maritale, c’est-à-dire la rétention de la semence dans les fonds de l’homme, est, pour lui surtout, de tous les abus, le plus grave.
Mais il l’ignore.
66.
Nous l’avons appelée: l’usage tronqué.
Il compromet à la fois la santé de la femme et celle de l’homme. Celui-ci s’expose gravement dans ce cas aux maladies de la prostate.
Les poëtes s’évertuent à trouver des description d’enfers qui n’existent que dans leur imagination. C’est qu’ils n’ont pas assisté aux derniers moment des vieux libertins atteints d’affections de la prostate. Ils y trouveraient; tout fait; le tableau d’un enfer anticipé très-digne de leur colère, et n’auraient pas besoin d’avoir recours à la fable.
Tels sont les résultats des réticences maritales ou des complaisances conjugales.
La fin des prostatiques est affreuse de douleur et de blasphèmes, nous renonçons à la décrire.
CHAPITRE SIXIÈME
Table des matières
Le renversement du bon sens.
Table des matières
67.
Dans le courant de la vie d’une femme, la conception peut avoir lieu, pendant sa jeunesse, plus ou moins souvent, et le nombre des grossesses est une chose facile à compter.
68.
Il n’en est pas de même de l’acte conjugal; acte qui nécessite, à chaque retour, la lubréfaction et le calmant des parties; acte qui se répète un nombre de fois considérable, et jusque dans un âge assez avancé.
69.
Et plus il se répète, et plus il y a de danger dans la perte de la semence, cela se conçoit.
70.
Si, médicalement parlant, on ne considère de l’acte marital que son côté physiologique, on y voit un but capital: la conception; puis des fonctions accessoires accompagnatrices ou complémentaires.
71.
Ces dernières jouent, dans l’acte conjugal, un rôle extrêmement considérable.
72.
En effet, la liqueur séminale ne peut servir à la conception qu’une fois en neuf ou dix mois, pour faire à la grossesse une part énorme et presque impossible, tandis que, comme calmant et lubréfiant, elle est appelée à servir un nombre infini de fois... et nous ne saurions trop le dire, puisque la santé de l’épouse est au prix de son service normal.
73.
Eh bien, elle est très-souvent sacrifiée..... Et c’est une faute immense.
Nous l’avons dit dès le début, il est toujours mauvais de dénaturer les choses, de fausser ou de faire dévier les fonctions, en un mot d’en abuser.
L’acte générateur et les organes qui président à la fonction génératrice ont une si grande valeur, que les moindres écarts qui s’y rapportent sont tous d’une grande gravité.
Il ne faut donc pas être étonné que le rôle du sperme soit, à leur égard, considérable et tel que son emploi mauvais se fasse sentir sur l’équilibre et le maintien de la santé dans les appareils générateurs, autant que sur les états pathologiques qui les affectent.
Et de même que l’exercice sexuel, à un certain âge, devient une nécessité, de même, passé un certain âge, la modération dans les services devient une vertu et une nécessité de premier ordre.
De Bordeu comparait le sang à la chair liquide. Le sperme est plus précieux que la chair, il est plus précieux que le sang même; par conséquent son sacrifice est plus funeste que le sacrifice même du sang.
Eh bien, est-il possible d’admettre qu’un liquide si précieux et si mal conduit, qu’une fonction si importante et si mal menée, qu’une fraude si souvent répétée, n’aient sur la santé, sur la vie, aucune mauvaise influence, aucun mauvais résultat? Non, ce n’est pas possible.
Vous voyez que la chute répétée d’une goutte d’eau finit, à la longue, par creuser le roc: et cela ne vous étonne pas.
Vous savez que si, pendant la transpiration, vous vous exposez un instant à un courant d’air froid, vous prendrez un rhume, un rhumatisme: et cela ne vous étonne pas.
Pour y remédier, vous suivez un régime de quarante jours, dans le premier cas; dans l’autre, vous couvrez votre corps entier de flanelle, vous prenez des précautions infinies, et nous ne vous en blâmons pas. Vous suivez un régime sévère, vous allez aux eaux, sans être certain du résultat, poursuivi avec une grande insistance.
Vous n’en retirez aucun avantage, mais votre esprit est fort tranquille, et ne se révolte pas du tout.
74.
Pour l’objet en litige, au contraire, vous suivez une marche inverse; vous renversez les rôles, et vous faites de l’accessoire le principal, que vous évitez avec soin pour ne suivre que l’attrait du plaisir.
Au lieu de vous arrêter pendant la grossesse, c’est alors, au contraire, que vous recherchez avec le plus d’ardeur l’acte vénérien.
Aberration des sens!
Puis, après l’accouchement, tout l’esprit du ménage se concentre sur ce point: éviter de nouveau la grossesse.
Vous la fuyez comme un état frauduleux, comme si vous n’étiez pas marié. Le sperme est de nouveau sacrifié comme un élément sans valeur, projeté au loin comme un poison redoutable! Vous vous gênez, vous vous privez toute votre vie; et si, par un miracle d’habileté, vous parvenez à vos fins, vous remerciez la providence!...
Vous vous étonnez de la perte de votre santé, mais vous êtes contents de vous!
Par suite de la plus fausse association des idées, vous vous arrogez modestement le droit de débaptiser les mots pour votre plus grande commodité, de métamorphoser l’imprudence en sagesse, la sottise en prudence, et vous appelez précaution ce qui vous tue, la précaution la plus détestable!
Mais les animaux sont plus sages.
Le moindre animal, oiseau ou moucheron, ne commet pas de pareilles fautes; il est à l’abri de semblables déviations, et de la perversion de ses sens et de ses fonctions!
Et tandis qu’au milieu de ces immenses sottises, vous vous réjouissez de la résistance de votre tempérament, vous vous étonnez de voir votre femme souffrante, inerte, inapte, sans désirs et sans force!
Vous vous étonnez de la mort ou de l’extinction de ses désirs et de ses sens!
Comment!
Vous abusez chaque jour de la plus précieuse de vos fonctions, vous la torturez sans relâche et de toutes les manières imaginables, en éludant, en détournant, en faussant le but de la nature, vous faites monter à son niveau la fonction accessoire, et vous vous étonnez de vos mauvais résultats, de la langueur du ménage?.
Vous renversez les rôles, et vous appelez cela: prendre des précautions!
Est-il possible d’atteindre à un pareil abus de langage!
Mais, en un seul mot:
C’EST LE RENVERSEMENT DU BON SENS.
75.
Aussi ne voit-on plus ces brillantes santés des anciennes mères de famille, et la vie de la femme s’en va, sacrifiée au luxe et au plaisir des sens, c’est-à-dire à l’ennemi commun.
Dans ces conditions d’actualité, s’il y a lieu d’être étonné d’une chose, c’est que les maladies des femmes, déjà si nombreuses, si graves, ne le soient pas devenues davantage encore; et que, par suite, notre pauvre espèce n’ait pas plus dégénéré qu’elle ne l’a fait.
Stupete gentes!
Nous sommes dans le siècle des maladies utérines.
76.
La solution de ce grave problème se trouve assurément dans les progrès incessants de la science.
Le remède est à côté du mal;
La richesse, à côté de la pauvreté ;
La punition, à côté de la faute.
CHAPITRE SEPTIÈME
Table des matières
La conséquence de nos fautes et surtout de nos plaisirs:
Table des matières
77.
L’excès du coït est néfaste, c’est un fait acquis et hors de doute.
78.
La manière de l’accomplir peut l’aggraver encore.
79.
L’imagination joue aussi un rôle considérable dans la fatigue sexuelle, et dans l’ébranlement qu’elle apporte aux organes et à leur excitation;
Témoin, les ébats dans la séparation du corps et de l’esprit,
Avec des êtres imaginaires,
Des formes idéales,
Des souvenirs, des personnes mortes ou absentes, mais qui vous étaient chères, et dont on a conservé le souvenir....
Ou le vestiaire.
80.
Rien ne fatigue autant que la tension continuelle des idées fixées sur ce point.
Nous n’en dirons pas autant des rêves de bonne fortune.
Ils sont le signe, soit d’une excitation passagère, soit d’une irritation locale, soit de la santé florissante et d’un trop-plein spermatique, soit, au contraire, d’une grande débilité, associée aux plus mauvaises habitudes invétérées ou réitérées.
Une chose bien remarquable, c’est de voir ces diverses causes, qui semblent si opposées, se manifester et se traduire par des symptômes analogues qui produisent les mêmes effets.
81.
Mais, de tous les abus, le plus nuisible, c’est l’usage tronqué, c’est-à-dire l’acte marital incomplet.
Il exerce sur le mari surtout une pernicieuse influence, il a sur l’épouse un très-mauvais effet, en trompant ses organes par des excitations contre nature, et il produit sur la vie un retentissement considérable.
82.
Plus, au contraire, l’accomplissement de l’acte vénérien est naturel, et moins il offre de danger.
Il n’en offre même aucun, dans ce cas-là, lorsqu’il est modéré .
83.
L’imbibition des voies intérieures de l’épouse, par le fluide spermatique, est, pour ainsi dire, chez elle, le contre-poison de l’excès numérique de la copulation.
Est-il possible, dans l’état actuel de la science, de pousser plus loin les affirmations, et de dire que, dans un acte accompli normalement, la liqueur spermatique mitigé, en quelque sorte, l’action délétère du virus syphilitique, lorsque le malheur a voulu qu’il rencontre un cas de cette nature?
Nous reviendrons, plus tard, sur cette proposition, sur cette affirmation.
84.
Maintenant nous affirmons que, dans ce cas, il est le plus puissant dérivatif des irritations génitales, dont il constitue le meilleur calmant. Nous affirmons qu’il est le plus excellent préservatif des maladies très-nombreuses qu’occasionne le sacrifice de cette liqueur; et nous ajoutons que son rôle est beaucoup plus complexe qu’on ne le croit généralement.
85.
Nous affirmons même que la privation de ce liquide, suivie pendant un certain temps, engendre, soit dans les appareils générateurs, soit ailleurs, les maladies les plus graves, qui conduisent souvent le sujet à la mort, au milieu des diverses altérations organiques ou des symptômes nerveux dont nous avons déjà parlé .
Et nous pourrions citer, à ce sujet, tel médecin qui a vu de nombreux exemples de mort dans sa seule pratique, chez les fraudeurs.
86.
Eh bien, ces altérations ne sont ni connues ni appréciées, ni attribuées surtout à leur véritable origine, excepté par le corps médical.
Et pourquoi?
Parce que ces désordres ne sont pas immédiats,
Et qu’on imagine difficilement, dans le monde, et surtout dans la jeunesse, qu’on puisse détruire son corps ou sa santé, en procédant à l’acte génital de telle ou telle manière .
87.
Assurément, c’est une chose fort triste de trouver la mort clans l’excès du plaisir. Il en est ainsi, cependant, et il en est de même de tous les excès possibles.
88.
Le mariage, l’acte génital ou l’accouplement constitue un des actes principaux et des plus importants de la vie.
89.
Et ce n’est pas un vain amusement duquel on puisse faire bon marché.
Si nous descendons dans les règnes inférieurs, nous voyons certains animaux mourir, même sans abus, après l’accouplement.
Le but de la nature est atteint, l’individu est devenu inutile, et il meurt.
Plus bas, dans l’échelle des êtres, chez les végétaux, par exemple, nous y voyons que cet acte est l’acte par excellence, puisqu’un végétal annuel ne peut mourir si, par artifice, on empêche sa reproduction ou sa grenaison ou même sa floraison seule d’avoir lieu.
Qu’en faut-il conclure?
90.
Il faut en conclure que, quand le but de la nature est atteint, et qu’on s’est assez reproduit, on n’a plus rien à faire de ce côté ; qu’il faut que les organes se reposent avec l’économie tout entière; qu’il faut que l’homme tourne ses idées vers d’autres horizons.
Une autre conclusion fort importante:
91.
C’est qu’on peut ménager sa vie par le ménagement de la liqueur spermatique.
Quand on veut avoir plus tôt fait, on mène la vie à grandes guides: cela n’a rien de nouveau, surtout par le temps qui court.
Qu’on veuille bien nous pardonner cette ironie, car depuis longtemps on ne manque pas de ces déplorables exemples.
92.
Ménagée et accumulée dans les réservoirs naturels, la liqueur spermatique finit, au contraire, par y être résorbée, lorsque l’afflux y est trop considérable. Et cette résorption sert à retremper l’économie toute entière par son entrée et son mélange à la masse des humeurs.
Il ne faut pas pousser les choses à l’extrême, ni prétendre qu’il faille toujours en faire provision et vivre dans une continence exagérée; ce serait un excès contraire.
93.
Et l’excès en tout est un défaut.
Nous disons seulement qu’il est une règle en toutes choses.
Est modus in rebus.
Usez donc, mais n’abusez pas.
CHAPITRE HUITIÈME.
Table des matières
La part de l’homme et la part de Dieu, ou la liberté de l’homme et ses limites.
Table des matières
94.
Au point de vue légal ou physiologique, le rapprochement sexuel, le mariage des sexes est un acte libre et naturel.
95.
C’est l’acte préliminaire de la conception ou de la génération.
C’est la part de l’homme.
L’homme en est le maître, comme il est le maître de choisir son épouse, d’avancer ou de retarder son mariage, d’en débattre et régler les conditions civiles, ou de rester célibataire, s’il le préfère.
L’homme est libre de conduire, de gouverner, de perfectionner sa santé, sa vie à sa guise;
Libre de diriger à sa volonté ses fonctions vitales, ses actes intimes, de manière à obtenir ou à éviter une progéniture;
Libre enfin de s’acheminer ou de s’arrêter dans cette voie, ou d’hésiter encore dans sa force ou sa faiblesse, s’il le peut: car a liberté individuelle est la première considération dans l’état actuel de notre société, comme dans l’état de nature.
Cette liberté, la femme la partage avec l’homme .
Personne ne cherche à le contester.
Est-ce un bien, est-ce un mal?
Si c’était un mal, comment ferait-on pour l’empêcher?
Nous l’ignorons absolument.
Matériellement, c’est impossible.
Moralement, peut-être la religion serait-elle ici la seule idée, le seul frein que puisse opposer aux déviations l’esprit le plus rigide.
Il faut donc souffrir ce que l’on ne peut éviter, ou faire de nécessité vertu.
C’est le parti le plus sage.
96.
Mais la liberté, comme tout, a sa définition, c’est-à-dire ses limites et ses bornes. La dernière limite de la liberté de l’homme, ici, c’est la conception.
Dans le sein de la femme, la matière, jusqu’alors inerte, vient de s’animer et de prendre un corps; une âme s’en est emparée, la vie commence.
C’est la part de Dieu.
Devant ce mystère, la liberté de l’homme s’incline. L’homme n’est plus désormais le maître de l’œuvre commune. Il lui est défendu de la détruire, parce qu’il y a eu passage de ce qui n’était pas encore la vie à ce qui est actuellement la vie.
Tel est le résultat vital de l’opération que le coït a provoquée chez la femme, et d’où il est résulté qu’un nouvel être s’est formé en elle.
De ces faits, les conséquences sont faciles à déduire.
Les voici:
C’est que si la copulation et la matière appartiennent à l’homme, la vie et l’âme appartiennent à Dieu.
Ces parts sont bien inégales...
Lecteur, réfléchissez;
Discernez quelle est la plus belle!
Discernez entre l’usage et l’abus, et ne dépassez jamais les limites de votre liberté.
CHAPITRE NEUVIÈME.
Table des matières
La part de la nature. Qu’arriverait-il si la nature était livrée à elle-même?
Table des matières
Existe-t-il encore de ces exemples-là ?
La réponse ne saurait être douteuse.
Il en existe certainement un grand nombre, et dans les deux camps les plus opposés, c’est-à-dire, dans le vice et dans la vertu.
Qu’on veuille bien nous faire grâce des situations intermédiaires ou interlopes, que l’on est convenu de transformer en proverbe:
97.
In medio stat virtus.
Et nous tairons, à cet égard, notre o
98.
En état de santé, la femme mariée qui est vertueuse, n’a d’enfants que ce qui est juste nécessaire à la libre expansion et à l’équilibre de ses moyens vitaux.
99.
Mais, pourrez vous bien, vous-même, madame, être l’arbitre de votre vertu, et vous apprécier à ce point de vue?
Ne sera-ce pas mettre votre modestie à une trop rude épreuve?
Nous ne voulons pas discuter avec vous l’incontestable valeur du sens intime:
Nous préférons vous donner gain de cause; et pour vous faciliter votre tâche, nous dirons que, par la vertu, ici, nous voulons dire, justement, la modération.
100.
En état de santé, donc, la modération, dans l’exercice sexuel, ne peut être suivie que d’une reproduction modérée, et en rapport avec les forces vitales des époux.
La maladie apporte à cet axiome des modifications.
Nous ne parlerons pas encore de la formation du sexe chez l’embryon, nous ne dirons pas encore dans quel sens agit la nature, afin de ne pas trop compliquer la question, et de pouvoir ainsi passer du simple au composé.
101.
Nous disons simplement aujourd’hui que rien n’est l’effet du hasard;
102.
Que la fixation du sexe par la nature n’est pas plus l’effet du hasard, que ne l’est l’aptitude à la génération et à la stérilité.
103.
La stérilité de la femme est une chose rare. Quelle est la femme qui peut affirmer qu’elle est stérile dans toute la rigueur de l’expression?
Stérile aujourd’hui, et fertile demain, peut-être;
Stérile avec un premier mari, fertile avec un second....
Il ne faudrait pas s’y fier.
Il est bien facile de comprendre le vice du raisonnement suivant:
Telle chose n’est pas arrivée, donc, telle chose n’arrivera pas.
104.
Chez l’homme, la stérilité est encore plus rare que chez la femme.
(Il ne faut pas la confondre avec l’impuissance).
La stérilité de l’homme est la suite d’une altération du liquide spermatique, naturelle, accidentelle ou provoquée. Elle est encore la suite du progrès de l’âge. Quelquefois elle dépend d’un vice de conformation, des abus dans l’union des sexes .
Dans la nature, il y a trois sexes: le masculin, le féminin et le duel ou hermaphrodisme.
L’état d’hermaphrodisme indique que le sujet est placé très-bas dans l’échelle des êtres. Les végétaux le sont presque tous. Quelques-uns, pourtant, font exception.
Est-ce le hasard qui y a présidé ? Évidemment, non. C’est une loi; la loi que nous appellerons:
La loi de relèvement des végétaux.
Admettre que le sexe soit l’effet du hasard, ce serait le comble de la déraison,
Le mot hasard ne représente qu’une idée vide. C’est un de ces mots dont la définition est des plus difficiles. Il signifierait ici, ignorance de la cause ou à peu près son équivalent.
L’ignorance d’une cause n’implique pas nécessairement sa non-existence.
Maintenant, nous dirons un mot du vice, puisque ce mot a été prononcé.
Dans l’état actuel de notre organisation sociale, cette expression est à la fois juste et sévère;
Beaucoup plus juste que sévère.
105.
En effet, les maisons de tolérance ont été établies, comme le disait le baron Desgenettes, professeur d’hygiène à la Faculté de médecine de Paris, pour sauvegarder l’honneur des maisons privées.
Mais ce but est-il réellement, atteint?
Et le célibat est-il donc une manière d’être, un état si normal et si parfait?
106.
Est-il le but final de la nature?
Assurément non.
Qui nous oblige à l’organisation dont nous venons de parler? ou, dans tous les cas, qui nous oblige à nous en servir?
Elle est bien loin d’exister partout; et les peuples qui se passent d’elle, n’en valent pas moins pour cela, que nous sachions.
Dans ces écoles, où la débauche et la mollesse font prime, on fait abus de tous les sens, et l’on s’y prépare des mécomptes.
Mais ce n’est pas seulement là, c’est partout que l’usage forcé prend le nom d’abus.
Et nous avons déjà dit, en commençant, qu’il en était de même de la déviation ou de l’écart de la fonction.
107.
Les filles inscrites conçoivent rarement, bien qu’elles ne prennent aucune espèce de précautions contre la grossesse.
Cependant elles ne sont pas stériles.
108.
Cette inaptitude tient, sans doute, à l’usage immodéré des fonctions ou des organes qui, chez elles, dégénèrent en une chose inerte, et qui, par conséquent n’est plus bonne à rien.
Le corps est livré à l’abandon, les organes font un travail machinal, incessant; mais les sens sont au repos. Qui peut nous dire où est la tête?
109.
Il n’en peut être autrement. C’est une affaire de métier. Celui-là s’exerce bien plus froidement qu’un autre, et avec beaucoup d’indifférence. Croyez-en un ancien médecin de la salubrité publique.
Venez me voir souvent, lui disait un jour un de ses confrères, professeur à l’école de Paris; vous me ferez toujours plaisir, à la condition que vous ne me parlerez jamais de médecine. Cet homme était cependant un véritable puits de science; mais il était saturé de médecine, et il subissait, comme un autre, l’action du métier.
Nous avons vu cela en mainte occasion.
Nous n’avons encore rencontré qu’une seule exception, c’est celle du prêtre, toujours ferme à son poste, et rigoureux observateur de la discipline.
110.
Mais dans les conditions ordinaires de la vie, la nature est d’autant plus avide de production qu’on lui laisse moins les moyens de produire.
111.
C’est dans la gène et dans la contrainte qu’elle se montre le plus exigeante, et qu’elle est le plus avide de compensations.
Cela est tout naturel; car c’est dans les situations les plus difficiles qu’on fait le plus d’efforts en toutes choses.
112.
Or, le jour où, rompant en visière avec les habitudes actuelles, on laisserait la nature, tout à coup, et sans ménagements, en possession d’elle-même, c’est-à-dire de toute sa liberté (et nous entendons une liberté et des allures sages et modérées), nul doute, alors, qu’elle ne reprît son empire, et qu’entrant à pleines voiles dans le système des compensations et de l’équilibre, elle ne profitât, pour ainsi dire, de son émancipation et des moindres écarts de sa tutelle.
113.
C’est que la nature veut l’équilibre partout, et poursuit invariablement les deux buts suivants:
1° La conservation de l’individu,
2° La propagation du genre.
La conservation du sujet, par le sentiment puissant et inné de la fuite du péril, par un besoin excessif de la vie, poussé jusqu’au désir de l’immortalité (l’espérance et l’attente d’une vie future ne puisent-elles pas à cette source le désir de la prolongation de celle-ci?);
Par l’admirable agencement de nos ressorts et de nos moyens vitaux.
Soit, pour ne parler que de la nutrition seument:
Dans les plans inclinés que franchit le bol alimentaire, la lubréfaction des voies, la disposition conique des papilles nerveuses de la langue, qui fait précipiter la déglution par l’attrait qu’y développe la perception croissante des saveurs, etc., etc.
Enfin, la propagation du genre, qui fait précéder la conception par l’appât des voluptés licites, et la fait accompagner par l’espérance, qui toujours suit le plaisir qui passe.
114.
L’homme, devenu impuissant, conserve encore un cœur tout rempli de sollicitude pour la vie de ses enfants.
115.
Rien n’est plus vital que l’amour maternel, plus naturel que le désir de la maternité, plus constant que les efforts tentés dans ce but.
116.
A ce but, poursuivi sans relâche par la nature, la nature a tout sacrifié dans tous les règnes.
Voyez-vous ce chêne maladif? Il est couvert d’une magnifique glandée!
C’est la loi...
Et regardez ce pauvre poitrinaire, chargé de famille, malheureusement entachée de cette maladie héréditaire...
C’est la loi!
Ne nous montrons pas plus sévères que la loi; que cette loi implacable qui fait subir aux enfants la faute de leurs pères !
Pulsuz fraqment bitdi.