Kitabı oxu: «La culture de la vigne dans les Charentes et la production du cognac»
Henri Prioton
La culture de la vigne dans les Charentes et la production du cognac

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066318222
Table des matières
INTRODUCTION
LE VIGNOBLE DES CHARENTES AUTREFOIS ET AUJOURD’HUI
L’invasion phylloxérique.
La reconstitution.
Autres chiffres concernant la production viticole de la région.
Variations de rendement suivant les viticulteurs d’un même canton lors d’une même année.
LA RÉGION DÉLIMITÉE ET LES CRUS DE COGNAC
LES CONDITIONS DU MILIEU LE SOL ET LE CLIMAT
Géologie et Agrologie.
Climat.
LES CÉPAGES
Cépages blancs.
LE CHOIX DES PORTE-GREFFES
CRÉATION DU VIGNOBLE
Plantations.
Frais de création d’un hectare de vigne.
SOINS AU VIGNOBLE
La taille.
Les fumures.
Les façons culturales.
Les affections et les parasites de la vigne.
Les vendanges.
MODE D’EXPLOITATION ET MAIN-D’ŒUVRE
Contrat de Vigneronnage.
Frais de main-d’œuvre pour les diverses façons culturales.
Principaux frais culturaux d’un hectare de vigne.
LA VINIFICATION
Les vins blancs des Charentes.
ÉVALUATIONS DIVERSES
Frais généraux à l’hectare.
Valeur du matériel.
LE COGNAC
L’alambic charentais.
Pratique de distillation.
Dépenses de distillation.
Extraction du tartre des vinasses de distillation.
Conservation et vieillissement du Cognac.
Le Cognac et sa consommation.
Contrôle de la production du Cognac.
Régime fiscal du Cognac.
Associations diverses de viticulteurs et organismes pour la défense du Cognac.
Le commerce du Cognac.

INTRODUCTION
Table des matières
Il nous manquait une Encyclopédie viticole d’un caractère à la fois technique, scientifique et pratique, susceptible de s’adapter à tous les milieux agricoles, de les pénétrer tous, et de propager, pour leur plus grand profit, les méthodes, les procédés de culture de la vigne qu’au lendemain de la crise phylloxérique, — ou lui faisant cortège, — l’expérience a définitivement consacrés. Cette lacune va être comblée.
Une telle œuvre, embrassant l’ensemble des connaissances utiles à quiconque s’intéresse aux choses de la viticulture, exige des vues larges et claires, un sens très net des possibilités de l’heure présente: on conçoit qu’elle ait tenté un réalisateur comme est M. Baillière, toujours attentif à accroître le domaine des publications agricoles et à l’enrichir par de nouvelles acquisitions.
Voici, en effet, que, grâce à lui, paraît sous la direction d’un ingénieur agronome des plus distingués, M. Massignon, le premier volume de l’Encyclopédie viticole; les autres suivront de près. On ne peut qu’applaudir à l’esprit qui, après l’avoir inspirée, préside à son exécution.
Président du Syndicat des Viticulteurs de l’Anjou, praticien émérite, M. Massignon appartient à cette lignée de viticulteurs angevins, chez qui l’amour de la vigne et du vin est comme la plus noble et la plus précieuse des traditions ancestrales. C’est cet amour passionné de la vigne et du vin, cette attirance innée vers la viticulture, partagés à un égal degré par la population tout entière, qui rend si attachante, si prenante, la visite du vignoble de l’Anjou. J’en ai, pour ma part, gardé une impression ineffaçable, confirmée plus profondément encore par chacune de mes excursions dans ce pays. Quelle bonne fortune, il est vrai, fut la mienne que d’y avoir, dès le début en 1895, pour guide et pour magister, un homme dont la mémoire est demeurée vivante chez tous ceux qui l’ont approché et connu, «le père Bouchard».
Délicieusement épicurien, rabelaisien de «haulte graisse et de gaî sçavoir», conteur intarissable, d’une érudition très vaste et très sûre, le Dr Bouchard était le mieux fait pour faire sentir et comprendre les beautés de l’Anjou; il était le plus charmant compagnon de route qui se pût imaginer. Parcourir avec lui les coteaux du Layon ou les côtes de la Loire, en déguster les produits étaient un véritable régal en même temps qu’une admirable leçon de choses. Je l’avais à mes côtés, lors de ma première conférence à Saumur, où il dirigeait avec un soin jaloux les magnifiques collections ampélographiques de cette ville. Il fut l’apôtre de la vigne américaine et, avec Daignière, l’infatigable pionnier de la reconstitution.
Élevé à semblable école, nourri de tels exemples, de tels enseignements dont les résultats parlaient si haut, M. Massignon, en vérité, a de qui tenir. Enfant, lui aussi, de cette terre d’Anjou, si harmonieuse et si douce qu’il est impossible de la connaître sans l’aimer, il possède à un haut degré les qualités nécessaires pour mener à bonne fin la tâche qui lui a été confiée. Les collaborateurs dont il a su s’entourer sont de ceux dont le passé, la situation, les écrits ont déjà marqué aux yeux de tous la grande compétence et la valeur professionnelle, tels notamment, — pour ne citer que ceux-là entre beaucoup d’autres, — les Paul Marsais, les Raymond Brunet, les Hommel, les Lebrun, les Moreau et Vinet. De tels noms parlent d’eux-mêmes assez haut pour qu’il soit aisé de prévoir et de prédire ce que sera — dans sa pleine lumière — cette Encyclopédie viticole à laquelle M. Massignon aura attaché son nom. Nul doute que le succès ne réponde à son attente.
Nous allons, ainsi, voir défiler une fois encore, et sous une forme nouvelle, le tableau de nos diverses régions viticoles: Bourgogne, Bordelais, Champagne, Anjou, Touraine, Midi, etc., incomparables joyaux de notre couronne viticole, source de notre universelle renommée, — depuis le vignoble d’Alsace, abrité et comme blotti sous la ligne bleue des Vosges, jusqu’au vignoble de l’Algérie, épanoui comme par miracle sur cette terre d’Afrique où la France, héritière du génie de Rome, a ressuscité et fait revivre les bienfaits de la civilisation latine. Réjouissons-nous de cette perspective, et remercions ceux qui ont voulu nous en ménager le bénéfice: en forgeant cette Encyclopédie viticole, dont je suis heureux de saluer la naissance, MM. Massignon et Baillière se sont montrés des ouvriers diligents, de bons serviteurs de la viticulture française, puisqu’ils vont permettre à tous de la mieux connaître, et, en étendant son rayonnement, de propager les progrès de tous ordres que, depuis plus d’un demi-siècle, elle n’a cessé de réaliser.
PROSPER GERVAIS,
de l’Académie d’Agriculture.
Fig. 1. — Carte des crus de Cognac.

LE VIGNOBLE DES CHARENTES AUTREFOIS ET AUJOURD’HUI
Table des matières
Le vignoble charentais s’étend principalement sur les anciennes provinces de l’Angoumois, de la Saintonge et de l’Aunis qui ont formé les départements de la Charente et de la Charente-Inférieure. La réputation de cette région tient surtout, au point de vue viticole, à la production du Cognac, eau-de-vie de grande qualité obtenue par la distillation des vins blancs récoltés dans les divers crus délimités.
Sans vouloir ici faire un historique complet de la culture de la vigne en honneur dans le pays dès l’antiquité, nous rappellerons certains faits ou événements dignes d’intérêt.
Dès le début du XIIIe siècle, les vins des Charentes étaient renommés et grâce à leurs qualités, leur tenue et leur faculté de conservation, donnaient lieu à un commerce d’exportation.
Jean sans Terre, roi d’Angleterre, accordait en 1205 aux Rochelais «plusieurs grandes et amples franchises pour le commerce et traficq de leurs vins» ; ceux-ci étaient consommés jusque dans le Nord de l’Europe ainsi qu’en témoigne le poème d’Henri d’Andely où le vin de la Rochelle s’exprime en ces termes: «Je repais toute l’Angleterre, les Bretons, Flamands, Normands, Ecossais, Irlandais, Norvégiens et Danois et de tous ces pays je rapporte de beaux esterlins» .
Des vins des Charentes allaient même jusqu’à figurer sur la table des rois: une lettre de Philippe III, roi de France, rappelle en 1280 à Édouard d’Angleterre un paiement à effectuer à un bourgeois de la Rochelle pour trente-deux tonneaux de vin jadis fournis à Henri III, roi d’Angleterre .
En 1629, Olivier de Serres plaçait les vins d’Aunis parmi les meilleurs vins blancs.
A cette époque un trafic assez important se faisait avec les Hollandais dont les vaisseaux remontaient la Charente jusqu’à Cognac: les vins des Borderies ne suffisant plus aux demandes, on étendit les plantations sur la rive gauche de la Charente; il s’en suivit une augmentation de la production qui devint assez considérable et c’est alors que pour conserver le vin on eut l’idée de le distiller. Ne dit-on pas ainsi qu’à l’origine le beurre et le fromage furent inventés pour conserver le lait? L’eau-de-vie mélangée à l’eau constituait un breuvage dont les qualités étaient comparables à celles du vin.
De ce qui précède, nous pouvons retirer l’indication que le sol charentais est susceptible de produire de grands vins de table avec des cépages, un mode de culture et une vinification appropriés.
En 1712, l’ingénieur Masse écrit que le moindre paysan un peu aisé fait «brûler» son vin; et il ajoute: «le vin récolté est plus propre en général pour l’eau-de-vie que pour boire». Sans doute en quatre-vingts ans avait-on modifié l’encépagement ainsi que certaines pratiques viticoles.
Mais déjà en 1643 s’était fondée à Cognac la première maison de commerce, suivie de près par diverses autres, et l’exportation des eaux-de-vie remplaçait vers les principaux pays d’Europe l’exportation du vin; en même temps que le trafic avec les diverses provinces de France présentait une grande importance.
En 1640 fut appliqué le premier impôt: c’était «un droit de barrage de 10 sols par muid».
La concurrence aux eaux-de-vie de Cognac commença à s’exercer, notamment avec les rhums et les tafias, et une déclaration royale supprimait en 1713 l’introduction de ces derniers.
Diverses régions françaises, le Languedoc, notamment, avaient été amenées à entreprendre la distillation surtout par suite de droits intérieurs de circulation très élevés sur les vins. Enfin l’Espagne, la Catalogne produisaient aussi des eaux-de-vie dont certaines venaient parfois à Cognac se mélanger aux eaux-de-vie du pays. A la suite de ces fraudes, un mécontentement s’étant manifesté parmi les vignerons, plusieurs négociants publièrent une déclaration par laquelle ils s’engageaient sur l’honneur à ne vendre que des produits recoltés dans la région.
Le vignoble s’étant considérablement accru était menacé d’une crise de surproduction, aussi le 5 juin 1731 un arrêt du roi interdisait de faire aucune nouvelle plantation de vignes sans l’autorisation des intendants du royaume.
Plus tard, pour faciliter le commerce, le roi exempta en 1784 le vin et les eaux-de-vie de droits de sortie, sauf un faible droit de «5 sols par muid d’eau-de-vie de 36 veltes».
Après la crise consécutive à la Révolution, le commerce se ranima peu à peu, libéré de nombreuses entraves fiscales; il traversa ensuite, avec des fortunes un peu diverse mais générale ment assez favorables, les périodes suivantes, et plus tard, l’exportation devint considérable, notamment vers l’Angle-terre libre-échangiste, et le traité de commerce avec ce pays marqua bientôt l’apogée de la prospérité de la région viticole charentaise.
C’est alors que le phylloxéra apparut.
L’invasion phylloxérique.
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Il existait vers 1875 dans les deux Charentes, d’après les statistiques du ministère de l’Agriculture, 266 000 hectares de vignes en production, surface plus que triple de celle d’aujourd’hui. La récolte, toujours assez variable comme partout, pouvait être évaluée en moyenne à 8 ou 9 millions d’hectolitres, ce qui indique une production d’environ 32 hectolitres à l’hectare qui n’est guère inférieure au rendement moyen qu’on obtient de nos jours. Si l’on ne disposait pas d’instruments de culture perfectionnés, si les engrais chimiques étaient inconnus, si les cépages les plus productifs actuellement étaient peu utilisés, on ignorait la plupart des maladies cryptogamiques ainsi que de nombreux insectes ampélophages dont les ravages ont été parfois considérables au cours des dernières années.
En outre, des indications d’une statistique commerciale, on peut conclure que la quantité d’eau-de-vie produite était environ quadruple de celle d’aujourd’hui.
On voit ainsi que l’importance de la production actuelle des Charentes est faible par rapport à ce qu’elle fut avant la période d’invasion phylloxérique, mais on ne doit pas manquer de souligner le fait que, suivant certaines évaluations, plus de la moitié du Cognac obtenu au cours des vingt années précédant le désastre serait restée emmagasinée dans les chais des récoltants ou des commerçants, et si la disparition du vignoble ne s’était pas produite, il aurait fallu trouver rapidement des débouchés nouveaux, sinon on serait allé au devant d’une crise terrible de surproduction et de mévente.
Après la grande année de 1875, des taches phylloxériques apparurent lors de l’été suivant et le vignoble dans les terrains calcaires commença à disparaître en 1877; le chiffre de la production tomba de 8 ou 9 millions d’hectolitres à 463 000 hectolitres dans les deux départements, après avoir été de 14 millions en 1875.
Ce fut la ruine dans le pays: voici d’ailleurs le tableau que traçait M. A. Verneuil, rapporteur du jury du Concours de la Prime d’Honneur de la Charente en 1893: «Le département traverse une crise particulièrement longue et cruelle. La trop rapide disparition des vignes qu’aucune autre culture vraiment rémunératrice ne saurait remplacer, a laissé tous ses habitants, ceux de la campagne et par contre-coup ceux des villes, dans une situation souvent voisine de la gêne.
«Il leur a fallu vivre sur les économies du passé, et cela s’épuise vite. Dans certaines communes le nombre des habitants, des travailleurs a notablement diminué ; ils ont dû aller chercher plus loin le travail que la terre sans vignes ne pouvait plus leur donner en Charente. Cette émigration a surtout été sensible dans les communes autrefois les plus riches, celles où la vigne avait absorbé le sol et ses habitants au point qu’on n’y connaissait pas les autres cultures.
«Devant la mort du vignoble cependant il fallait agir. Les terres étaient invendables, il eût fallu les donner pour trouver preneur. Quelques propriétaires ne pouvant tirer aucun parti de domaines où ils n’habitaient même pas et incapables de les cultiver eux-mêmes ou de les faire cultiver avec fruit, les ont abandonnés à l’inculture, attendant des temps meilleurs...
«Ce qu’il fallait, c’était refaire les anciens vignobles, c’était là le seul moyen de sortir de cette période de misère.»
La reconstitution.
Table des matières
Après bien des tâtonnements, des essais de lutte par des produits insecticides, on entra dans la voie de l’utilisation des porte-greffes américains; mais les premiers cépages introduits mouraient dans les sols calcaires, là où l’importance du vignoble et la qualité des produits étaient les plus grandes. Dix années s’étaient écoulées depuis l’apparition de l’insecte que l’on ne disposait encore d’aucun porte-greffe à la fois résistant au phylloxéra et au calcaire. C’est en 1887 à la suite d’un vœu émis par le «Comité central d’études et de vigilance » de la Charente-Inférieure et dont M. A. Verneuil était l’auteur, vœu appuyé par les Conseils généraux des deux départements, que fut décidé par le ministère de l’Agriculture l’envoi en Amérique d’une mission dont fut chargé M. Pierre Viala «afin d’y rechercher les cépages pouvant végéter en terrain calcaire et marneux» .
Le résultat de cette mission a été la multiplication en Charente du Berlandieri dont les hybrides et notamment le Chasselas x Berlandieri 41 B. de Millardet et de Grasset ont servi à reconstituer une grande partie de la Champagne.
Ainsi, grâce aux efforts de savants éminents auxquels on ne saurait trop rendre hommage, de M. Viala, de M. Ravaz, alors directeur de la Station viticole de Cognac et qui eut pour successeur M. Guillon, inspecteur général de l’Agriculture, grâce à ceux de professeurs, d’hybrideurs... tels que MM. Couderc et Millardet qui établirent des champs d’expériences dans la région, et aussi à ceux des meilleurs viticulteurs charentais, on est arrivé à doter le pays de porte-greffes convenant aux diverses natures de sol, et la reconstitution commença assez activement: en 1900 la production s’élevait déjà à plus de 2 millions d’hectolitres.
Cette action a été encouragée et soutenue par certaines grandes maisons de commerce de Cognac dont c’était peut-être l’intérêt bien compris, mais qui ont apporté néanmoins une aide très efficace à la reconstitution.
Celle-ci, loin d’être aujourd’hui totale, comme nous l’avons dit, fut surtout importante dans la Grande Champagne de Cognac; mais en de nombreux points, et particulièrement dans les crus éloignés et dans la partie jurassique où les sols étaient souvent, d’ailleurs, les plus maigres, la culture de la vigne a été remplacée, dans une certaine mesure, par celle des céréales et des prairies artificielles, de la luzerne surtout. On a pu ainsi, grâce à ces prairies, entretenir un bétail assez nombreux, composé principalement de vaches laitières dont le lait est traité dans des laiteries-beurreries coopératives. De là pour l’agriculture est résulté, par le fumier produit, par l’enrichissement du sol en azote consécutif à la culture de la légumineuse, une amélioration des rendements des diverses récoltes; et avec l’emploi des engrais chimiques, on a pu arriver à obtenir des résultats satisfaisants dans des terres de valeur souvent médiocre.
Ainsi en diverses régions où la vigne dominait jadis, on fut amené à faire de la polyculture, mais il n’en reste pas moins vrai que souvent le vignoble, par les soins qu’il nécessite, l’importance du produit brut qu’il est susceptible de donner, absorbe la majeure partie de l’activité de l’agriculteur charentais.
En reconstituant leurs vignobles, les viticulteurs profitant des leçons du passé ont cherché plus qu’autrefois un double débouché pour les vins: la consommation de table et la distillation pour la production du Cognac: l’on a, dans ce but, modifié l’encépagement, restreint les plantations de «Folle Blanche », variété sensible à la pourriture grise et fournissant un vin trop souvent acide et l’on a, par contre, augmenté les surfaces consacrées au «Saint-Emilion» et au «Colombar» qui donnent un rendement plus élevé et un vin de meilleure qualité, surtout pour ce qui est du Colombar.
Fig. 2. — Un grand vignoble charentais.

Les viticulteurs charentais, ayant, si l’on peut dire, double corde à leur arc, semblent donc bien placés pour résister aux crises de mévente assez fréquentes dans l’histoire de la viticulture; si l’on songe surtout que le Cognac est un produit qui s’améliore en vieillissant, tout en augmentant de prix, facile à loger sous un faible volume et ne nécessitant qu’un minimum de surveillance pour sa conservation; c’est un capital qui ne «dort» pas, car il vient s’y ajouter régulièrement les intérêts, mais il faut évidemment pouvoir attendre et saisir le moment favorable pour la vente.
IMPORTANCE DE LA PRODUCTION VINICOLE DANS LES CHARENTES
Nous résumons dans les tableaux suivants des renseignements statistiques sur les récoltes vinicoles au cours des dix dernières années.
I. — DÉPARTEMENT DE LA CHARENTE.
La surface du vignoble en production était avant 1914 approximativement de 24 000 hectares; on peut donc constater un accroissement de superficie en Charente de près de 4 000 hectares depuis cette époque.
Cette augmentation est d’ailleurs irrégulière: on remarque un maximum en 1924, année où les plantations faites vers 1919, lorsque les cours des vins s’étaient relevés, sont entrées en production; et depuis lors il y a eu sensiblement maintien des superficies, avec tendance actuelle à l’accroissement.
Toutefois, d’après la statistique agricole, on constate, surtout depuis 1924, que la surface des jeunes vignes non encore en production s’accroît, l’écart étant de 2 000 hectares environ entre les chiffres de 1924 et de 1927; cela devra se traduire par une augmentation des vignes en rapport; mais il faut aussi observer que de nombreux vignobles datant du début de la période de reconstitution doivent être arrachés et remplacés par des plantations nouvelles, opération qui est en cours d’exécution.
Les rendements, de 35 hectolitres à l’hectare en moyenne, ont oscillé au cours des dernières récoltes de 56hl,6 dans l’année exceptionnelle de 1922, où ils furent même supérieurs à ceux de 1875, à 20 hectolitres en 1926.

C’est donc presque dans la proportion de 1 à 3 que la moyenne de la récolte a varié dans la période considérée.
En 1910, année humide où le mildiou avait énormément sévi, le rendement n’avait pas dépassé pour l’ensemble du département 7 hectolitres à l’hectare.
II. — DÉPARTEMENT DE LA CHARENTE-INFÉRIEURE.
La surface du vignoble de la Charente-Inférieure s’est maintenue sensiblement constante et comparable à ce qu’elle était avant la guerre; avec une tendance à la diminution actuellement.
Les rendements, de 32hl, 4 en moyenne à l’hectare, ont été de 52 hectolitres en 1922 pour tomber à 19 hectolitres en 1926 pour l’ensemble du département; ils étaient en 1910 de 7 hectolitres à l’hectare et de 9 hectolitres en 1915; ils présentent assez peu de différences avec ceux de la Charente et ont varié dans les mêmes proportions. Le degré moyen est comparable.

En résumé, dans les Charentes, la moyenne des années de 1919 à 1928 indique une production annuelle de 2 550 700 hectolitres de vin, ce qui représente un rendement moyen de 33hl,4 à l’hectare.
Il est à observer que la Charente possède actuellement une surface en vignes égale à 37 p. 100 environ du vignoble des deux départements et qu’elle produit près de 39 p. 100 de la récolte totale.
La superficie actuelle de tout le vignoble charentais, étant de 76 500 hectares environ, représente 5 p. 100 de la surface totale du vignoble français évaluée à 1 524 750 hectares en 1926.
Les rendements charentais sont légèrement inférieurs au rendement moyen de la France.
Pulsuz fraqment bitdi.