Kitabı oxu: «Teniers : huit reproductions fac-simile en couleurs»
Henry Roujon
Teniers : huit reproductions fac-simile en couleurs

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066334123
Table des matières
POUR PARAITRE SUCCESSIVEMENT
DAVID TÉNIERS
LA JEUNESSE DE TÉNIERS
L’ART DE TÉNIERS.
LES ANNÉES GLORIEUSES
LES DERNIÈRES ANNÉES.

DÉJA PARUS:
VIGÉE-LEBRUN.
REMBRANDT.
REYNOLDS.
CHARDIN.
VELASQUEZ.
FRAGONARD.
RAPHAEL.
GREUZE.
FRANZ HALS.
GAINSBOROUGH.
L. DE VINCI.
BOTTICELLI.
VAN DYCK.
RUBENS.
HOLBEIN.
LE TINTORET.
FRA ANGELIO.
WATTEAU.
MILLET.
MURILLO.
INGRES.
DELACROIX.
LE TITIEN.
COROT.
MEISSONIER.
VÉRONÈSE.
PUVIS DE CHAVANNES.
QUENTIN DE LA TOUR.
H. ET J. VAN EYCK.
NICOLAS POUSSIN.
GÉROME.
FROMENTIN.
BREUGHEL LE VIEUX.
GUSTAVE COURBET.
LE CORRÈGE.
H. VAN DER GOES.
HÉBERT.
PAUL BAUDRY.
ALBERT DURER.
HENNER.
LOUIS DAVID.
PHILIPPE DE CHAMPAIGNE.
GOYA.
ROSA BONHEUR.
FANTIN LATOUR.
LE BRUN.
BASTIEN-LEPAGE.
DECAMPS.
BOUCHER.
ZIEM.
PRUDHON.
RIGAULT.
GÉRICAULT.
POUR PARAITRE SUCCESSIVEMENT
Table des matières
Ouvrages de la 3e Série
MEMLING
LAWRENCE
GUSTAVE MOREAU
RIBERA
HENRI REGNAULT
LE GRECO
CLAUDE LORRAIN
ALFRED STEVENS
HORACE VERNET
NATTIER
BENJAMIN CONSTANT
MANTEGNA
DIAZ
JORDAENS
WHISTLER
LARGILLIÈRE
BURNE JONES
LE SUEUR

DAVID TÉNIERS
Table des matières
En 1793, Wicar disait à son maître David, membre du Comité de Salut Public et dictateur de l’art en France:
— Maître, il faut que nous fassions guillotiner tous les peintres de genre.
— Diable! Et pourquoi donc?
— Parce qu’ils n’aiment ni Raphaël, ni Jules Romain, ni l’antique.
— A ce compte, Wicar, que ferais-tu de moi qui aime et admire Téniers?
C’est le privilège de Téniers, privilège dont l’histoire offre peu d’exemples, d’avoir réuni sur son œuvre l’unanimité des suffrages, d’avoir forcé la louange des artistes les moins favorables à son genre familier et populaire. L’admiration de David, le peintre académique des Sabines, en est la preuve. Même de son vivant, prodige bien rare encore, Téniers acquit la réputation et la fortune. Cependant il était venu au monde à une époque où il semblait bien difficile, pour un peintre flamand, de s’assigner au soleil une place brillante. Le génie de Rubens rayonnait de tout son éclat et Van Dyck, déjà célèbre, s’apprêtait à recueillir son héritage de gloire. A côté d’eux, Jordaëns continuait l’œuvre de son maître Rubens dont il avait adopté la manière large, les couleurs vives, les formes truculentes. Sans essayer une lutte inutile, Téniers chercha des yeux autour de lui un domaine où il serait seul maître. Il le trouva dans la vie familière des paysans: c’est un petit monde sur lequel il règne souverainement. S’il essaya parfois quelque sujet d’histoire ou de sainteté, ce fut uniquement par fantaisie. Il traitait d’ailleurs l’histoire avec un beau dédain, et se permettait l’anachronisme du costume avec la même liberté que Paul Véronèse. Il était homme à mettre des canons au siège de Troie et une pipe entre les lèvres d’Achille aux pieds légers. Ces toiles sont amusantes, originales, brossées avec habileté, mais elles nous plaisent moins que ces peintures de la vie flamande dans lesquelles il est demeuré inimitable.
“On troùve, écrit Théophile Gautier, un charme intime à ces cabarets où fument des paysans à côté d’un pot de bière, où des servantes, lutinées par de rustiques galants, passent portant des plats ou des flacons, où dans une ombre chaude, piquée de paillettes lumineuses, étincellent des batteries de cuisine bien écurées; à ces cabinets d’alchimistes, encombrés de matras, de siphons, de cornues, de serpentins et de tout le fatras cabalistique, mobilier ordinaire des souffleurs; à ces tentations de saint Antoine, à ces kermesses qui dansent en plein air, à ces chasses au héron, et à tous ces sujets de la vie familière que Téniers excelle à rendre. Personne ne peignit mieux l’aspect de la Flandre, avec son ciel humide d’un gris léger, ses fraîches verdures, ses maisons de briques aux pignons en escalier, dont les toits offrent des nids aux cigognes, ses canaux regorgeant d’eau brune, ses corps-de-garde tapageurs, ses cabarets hospitaliers, ses paysans trapus, à mine goguenarde et ses bonnes petites femmes rondelettes.
PLANCHE II. — INTÉRIEUR DE CABARET
(Musée d’Anvers)
Ici apparaît la manière qui sera désormais celle de toute sa vie. La lumière blonde, à reflets dorés, éclaire doucement le groupe principal, laissant les plans reculés dans une pénombre où tous les détails sont perceptibles. Quant à la couleur, elle est d’une harmonie parfaite. Cet intérieur de cabaret est remarquable aussi par le naturel des personnages.

“ A travers cette rusticité, Téniers fait quelquefois apercevoir les tourelles d’une habitation seigneuriale, car s’il peignait la campagne, c’était de la fenêtre d’un château. David Téniers n’est pas, comme on se l’imagine trop souvent, un artiste dont les œuvres doivent leur principal mérite au fini. Personne n’a travaillé d’une façon plus libre, plus légère, plus rapide. La plupart de ses petits tableaux, qu’on se dispute à prix d’or, ne lui coûtaient qu’une après-dînée. Sa peinture, blonde, transparente, maintenue dans des gammes rousses ou des gris tendres, procède par larges tonalités que modèlent, en deux ou trois coups, des touches piquantes, des réveillons spirituels. Un point de lumière, une demi-teinte, un reflet, et voilà un pot de grès, une bouteille de verre qui semblent terminés avec un soin excessif. L’effet juste est obtenu à très peu de frais. Il en est de même pour les figures, accusées par méplats avec une prestesse et une certitude de grand artiste. Rubens, Van Dycket Téniers ont été de leur vivant les noms les plus célèbres des Flandres, et la postérité leur a conservé et confirméleurs titres. L’idéal de Téniers n’était pas très haut sans doute, mais il l’a réalisé complètement. ”
LA JEUNESSE DE TÉNIERS
Table des matières
David Téniers naquit à Anvers le 15 décembre 1610; il était le premier enfant issu de l’union célébrée, deux ans auparavant, dans l’église Sainte-Walburge, entre David Téniers, peintre notoire delà ville, et demoiselle Dymphe Cornélissen de Wilde ou Hendrick, fille de Corneille de Wilde ou Hendrick, capitaine sur l’Escaut au moment de ce mariage et plus tard amiral.
Par ses origines, la famille Téniers n’était pas flamande, mais wallonne; elle venait du village d’Ath qui fait aujourd’hui partie du département du Nord, à deux pas de la Belgique. Dans ce village et dans toute la région de Mons on rencontre encore aujourd’hui de nombreux «Taisnières». Or, le nom de Téniers, dans les actes du XVIIe siècle et même sur ses toiles, est orthographié de manières très diverses: Taisnier, Ténier, Tengner, Teyniers, Teynnier, Tesnier, Tenir.
Le premier ascendant connu de Téniers fut un certain Jean Taisnier, né à Ath vers l’an 1500, qui remplit à la cour de Charles-Quint les fonctions de précepteur des pages et de maître de danse. Ce danseur-musicien était en même temps jurisconsulte et mathématicien de grand mérite. Il s’occupait d’astronomie, d’astrologie, de chiromancie, de mécanique, et il laissa des ouvrages écrits en latin qui attestent une réelle valeur scientifique. Lorsqu’il mourut à Cologne, il était maître de chapelle de l’archevêque électeur.
Les Téniers demeurés en Wallonie occupaient des emplois plus modestes. L’un d’eux, Joachin Téniers, était carillonneur de l’église Saint-Julien, à Ath. Son fils Julien quitta le village pour s’établir à Anvers, en 1557, où il fonda une maison de mercerie. Deux de ses fils furent peintres. L’aîné, Julien, né en 1572, fit partie de la confrérie de Saint-Luc. On ne connaît aucun tableau de lui, mais il jouit certainement d’une assez grande réputation, car il eut de nombreux élèves, parmi lesquels son jeune frère David, le père du grand artiste.
«Ce David Téniers, écrit M. Roger Peyre dans sa belle étude sur Téniers, eut le bonheur et le malheur de donner naissance à un fils bien supérieur à lui dans l’art qu’il pratiquait lui-même: ce qui assura à son nom une célébrité qu’il ne lui aurait pas donnée à lui seul, mais fut cause aussi qu’il a été trop effacé par son illustre homonyme. Il est même assez difficile aujourd’ hui de juger de tout son mérite. Car, s’il est arrivé qu’on lui ait attribué des œuvres secondaires et relativement médiocres de son fils, par contre on a plus d’une fois mis sous le nom de ce fils les meilleures œuvres du père: il a donc perdu des deux côtés. ”
David Téniers le père ne semble pas mériter l’indifférence que certains critiques de nos jours affectent pour son œuvre. Rubens, dont il fut l’ami et peut-être l’élève, le tenait en grand estime, et ses concitoyens avaient la plus haute opinion de son talent. On lui avait confié des travaux considérables de décoration pour les églises d’Anvers. A vingt-quatre ans, il avait exécuté dans l’église Saint-Paul une série de peintures représentant les Sept œuvres de miséricorde, sujet que son fils reprit par la suite et condensa en une seule toile; dans cette même église, il avait peint un Jésus au milieu des docteurs qui n’était pas sans mérite. La ghilde de Saint-Sébastien lui avait commandé pour l’église Saint-Nicolas un tableau à volets représentant la Consécration de saint Nicolas. A vingt-six ans, il était franc-maître de la confrérie de Saint-Luc, fonction dans laquelle il succéda à Rubens. Il voyagea en Italie et, sous l’influence des maîtres de la péninsule, il aborda les sujets mythologiques, parfois avec bonheur. Toutefois, dans la deuxième partie de sa vie, il se spécialisa dans le genre familier et rustique où son fils devait s’immortaliser.
Pulsuz fraqment bitdi.