Kitabı oxu: «Notions d'agriculture et d'horticulture: premières notions d'agriculture»

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Jean-Augustin Barral, Henry Sagnier

Notions d'agriculture et d'horticulture: premières notions d'agriculture


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066323691

Table des matières

AVANT-PROPOS

PREMIÈRE LEÇON

DEUXIÈME LEÇON

TROISIÈME LEÇON

QUATRIÈME LEÇON

CINQUIÈME LEÇON

SIXIÈME LEÇON

SEPTIÈME LEÇON

HUITIÈME LEÇON

NEUVIÈME LEÇON

DIXIÈME LEÇON

ONZIÈME LEÇON

DOUZIÈME LEÇON

TREIZIÈME LEÇON

QUATORZIÈME LEÇON

QUINZIÈME LEÇON

SEIZIÈME LEÇON

DIX-SEPTIÈME LEÇON

DIX-HUITIÈME LEÇON

DIX-NEUVIÈME LEÇON

VINGTIÈME LEÇON

VINGT ET UNIÈME LEÇON

VINGT-DEUXIÈME LEÇON

VINGT-TROISIÈME LEÇON

VINGT-QUATRIÈME LEÇON

VINGT-CINQUIÈME LEÇON

VINGT-SIXIÈME LEÇON

VINGT-SEPTIÈME LEÇON

VINGT-HUITIÈME LEÇON

VINGT-NEUVIÈME LEÇON

TRENTIÈME LEÇON

TRENTE ET UNIÈME LEÇON

TRENTE-DEUXIÈME LEÇON

TRENTE-TROISIÈME LEÇON

TRENTE-QUATRIÈME LEÇON

TRENTE-CINQUIÈME LEÇON

TRENTE-SIXIÈME LEÇON


AVANT-PROPOS

Table des matières

Le programme officiel du 27 juillet 1882 pour l’enseignement primaire détermine comme il suit le cours moyen d’agriculture et d’horticulture:

«Notions, à propos des leçons de choses et des promenades, sur les principales espèces de sols, les engrais, les travaux et les instruments usuels de culture. »

Conformément à ce programme, les leçons que renferme ce volume sont consacrées successivement aux principaux travaux de culture, au matériel approprié au labour des champs, aux semailles, aux récoltes, etc.; aux engrais, à leur origine et leur emploi; au matériel des écuries, des étables, des porcheries, des bergeries, des basses-cours, de la laiterie. C’est par la méthode descriptive que les auteurs procèdent, comme dans le cours élémentaire, afin de donner des notions générales qui doivent servir de base à l’enseignement plus complet du cours supérieur.

Pour rendre les explications plus saisissantes et pour parler aux yeux des enfants en même temps qu’à leur intelligence, de nombreuses gravures ont été intercalées dans le texte.


PREMIÈRE LEÇON

Table des matières

DÉFINITION ET IMPORTANCE DE L’AGRICULTURE

1. — L’Agriculture est l’art de tirer de la terre, avec économie, la plus grande quantité possible de produits utiles à l’homme.

Toutes les denrées nécessaires à la nourriture des populations viennent directement ou indirectement du sol; elles sont toutes végétales ou animales; de là aussi proviennent la plupart des matières qui servent à faire les vêtements ou à meubler et orner les habitations.

L’agriculture est une des principales branches de l’activité humaine: c’est la plus ancienne.

Elle est née du besoin qu’éprouvent les peuples de pourvoir à leur subsistance.

En effet, comme les produits naturels du sol ne sont pas en quantité suffisante, les hommes les multiplient, en confiant à la terre des graines de plantes alimentaires: c’est ainsi que se sont formés les champs cultivés.

La chasse et la pêche fournissaient d’abord aux hommes la chair des animaux comestibles. Mais les produits en étaient trop limités. De simple pêcheur ou chasseur, l’homme dut se faire pasteur. Il se mit à réunir, à garder et à élever les animaux dont la chair et le lait lui servaient d’aliments. De là la formation des troupeaux d’animaux, domestiques.

Comme la culture des champs, le transport de leurs produits exigent une plus grande quantité de travail, les hommes se sont adjoint des animaux qu’ils ont dressés à servir de bêtes de somme.

2. — Toutes ces transformations se sont faites progressivement à l’aide de procédés inventés peu à peu.

L’agriculture, fondée sur des expériences ou des observations successives, a commencé par être un art de tradition, c’est-à-dire un art dont les règles se transmettaient de père en fils dans les familles.

D’abord limitée à la production des plantes propres à la nourriture de l’homme et des animaux domestiques les plus utiles, l’agriculture s’est ensuite étendue à la production des plantes dont les récoltes sont de nature à satisfaire à d’autres besoins: vêtements, habitations, médicaments. Plus tard, elle a compté au nombre de ses objets la nécessité de donner satisfaction à des jouissances de plaisir ou de luxe.

La production des plantes de grande consommation est réservée à l’agriculture, et elle se fait sur de grandes surfaces, qu’on appelle des champs pour les plantes annuelles ou bisannuelles, des forêts ou bien des vignes ou des vergers pour les plantes arbustives. On réserve le mot d’horticulture pour la culture des plantes sur de petites surfaces appelées des jardins.

3. — Les tribus primitives, quand elles quittaient leur ancienne patrie, pour aller s’établir ailleurs, emportaient avec elles les semences des plantes qu’elles cultivaient; elles traînaient à leur suite les troupeaux qui servaient à leur nourriture.

Aussi, les plantes qu’on cultive dans presque tous les pays sont originaires d’autres contrées. Ceci est vrai du moins pour la plupart des variétés; il en est de même pour la plupart des animaux domestiques.

Par exemple, la plus grande partie des variétés de froment et d’orge qui sont cultivées en France viennent d’autres pays.

Le riz, la vigne, l’olivier, le mûrier, la luzerne, la plupart de nos légumes et de nos arbres fruitiers viennent de l’Asie.

L’Afrique a fourni à l’Europe le sarrasin.

Dans des temps plus récents, nous avons emprunté à l’Amérique le maïs, la pomme de terre, le tabac, sans compter beaucoup de plantes de nos jardins, et d’arbres qui font l’ornement de nos forêts.

4. — C’est ainsi que, pour rendre sa vie plus facile et plus agréable, l’homme a changé les conditions d’existence d’un grand nombre de plantes et d’animaux. Mais, pour en tirer un bon parti, il est nécessaire qu’il consacre à ces plantes et à ces animaux des soins constants et un travail sans relâche.

Les cultivateurs doivent, dans leurs travaux, suivre partout les mêmes règles, sauf les modifications qu’exige la différence des climats, ainsi que cela va être expliqué. Longtemps ces règles ont été peu connues; aujourd’hui on commence à les appliquer méthodiquement.

Par malheur, l’application en est encore trop rare dans quelques parties de la France.

Si le cultivateur ne les suit pas partout, c’est tantôt parce qu’il ne les connaît pas, tantôt parce que, les connaissant mal, il les considère comme des nouveautés dangereuses.

5. — Vous comprenez donc combien il vous importe de connaître les règles de la bonne agriculture, afin de pouvoir les appliquer dans les champs.

Disons-le tout de suite: il y a des choses dont le cultivateur ne peut pas être le maître, et qui, dans toutes les circonstances, s’imposent à lui.

Voici les trois principales: 1° la nature des terres qu’il doit travailler; 2° les caractères du climat dans le pays où il habite; 3° les débouchés offerts à ses produits.

6. — Vous savez que la nature des terres est très variée. Les terres diffèrent par leur constitution, c’est-à-dire par les éléments dont elles sont formées; par leur profondeur, c’est-à-dire par l’épaisseur de la couche superficielle dont la nature est uniforme; par leur situation en plaine, en coteau ou en montagne.

Enfin, le temps depuis lequel on cultive les terres influe aussi sur leur nature et leurs qualités.

On comprend facilement combien pourront être différentes les plantes qu’il s’agit de cultiver, avec avantage, dans des circonstances aussi variables.

7. — Le climat ne dépend pas du cultivateur, qui doit l’accepter avec ses conditions favorables ou défavorables. Ce que l’on appelle le climat résulte des phénomènes de chaleur ou de froid, d’humidité ou de sécheresse, qui dans une localité caractérisent les saisons.

A cet égard, les diverses plantes ont souvent des besoins tout à fait différents.

Par exemple, le blé pousse dans toutes les parties de la France. Au contraire, il n’y a pas assez de chaleur dans la partie septentrionale du pays pour que la vigne et le maïs y viennent à maturité.

Beaucoup de plantes fourragères se développent mieux dans les régions où le printemps est humide, tandis que, parmi les céréales, l’avoine redoute l’humidité excessive du printemps.

8. — Enfin, on ne cultive pas les champs pour le seul plaisir de faire de belles récoltes, mais pour vendre ces récoltes et pour en retirer le plus d’argent qu’on peut. Le profit doit récompenser le travail.

Le cultivateur doit donc se rendre compte de l’importance des marchés au milieu desquels il se trouve placé. Parmi les végétaux à cultiver ou les animaux à élever, il doit choisir ceux dont il pourra vendre les produits le plus facilement et avec le plus d’avantage.

QUESTIONNAIRE. — Qu’est-ce que l’agriculture? — Quelle est l’origine de la culture des plantes? — Quelle est celle de l’élevage des animaux domestiques? — A quels besoins l’agriculture doit-elle satisfaire? — Quels sont les pays d’où viennent la vigne, la luzerne, le sarrasin, le maïs, la pomme de terre? — Pourquoi les bonnes méthodes de culture ne sont-elles pas usitées partout? — Quelles sont les circonstances dont le cultivateur n’est pas le maître? — D’où vient la variation dans la qualité des terres arables? — Quelle est l’influence du climat sur l’agriculture? — Qu’appelez-vous débouchés? — Quelle en est l’importance?

DEUXIÈME LEÇON

Table des matières

LES SAISONS DANS LES FERMES

9. — A chaque saison correspondent, dans la ferme, des travaux différents. Les saisons ne commencent pas, pour les travaux des champs, aux dates précises indiquées par le calendrier. Nous n’avons à nous occuper ici que de leur influence sur les opérations agricoles dans les diverses parties de la France.

Pour l’agriculteur de nos climats, les mois de décembre, de janvier et de février constituent l’hiver.

Les mois de mars, d’avril et de mai forment le printemps.

Les mois de juin, de juillet et d’août forment l’été.

Les mois de septembre, d’octobre et de novembre forment l’automne.

10. — Les travaux à exécuter dans les champs peuvent se diviser en quatre grandes catégories: préparation de la terre, semailles ou plantation des plantes cultivées, soins de culture, récolte et préparation des produits. Ces travaux sont répartis entre les diverses saisons.

C’est en automne et en hiver que l’on pratique principalement les labours, qu’il s’agisse de défricher des terres incultes, ou de préparer une terre qui a donné une récolte à en porter une autre. C’est en automne aussi que se font les semailles des graines qui doivent germer et lever avant l’hiver. C’est pendant l’hiver que l’on s’occupe à créer de nouveaux chemins, à entretenir les anciens, à tailler les arbres, etc. Pour faire ces opérations, on profite des jours les plus beaux et les plus secs.

11. — Au printemps, on achève les labours et on sème la plupart des plantes annuelles. Pendant les mois de mars et d’avril, le cultivateur a des travaux urgents à exécuter; de la manière dont il les exécute dépend le succès de la plupart de ses cultures.

Lorsque les mûriers se couvrent de feuilles, on met à l’éclosion les œufs des vers à soie et l’on commence les travaux des magnaneries.

FIG. 1. — La ferme.


Les dernières semaines du printemps donnent au cultivateur quelques journées de repos. Avec l’été arrivent les travaux de récolte, qui suivent de près les soins de culture; les soins de culture ont pour objet de débarrasser les plantes des mauvaises herbes, qui tendent toujours à envahir les champs cultivés.

12. — Une coupe des fourrages est la première des opérations de récolte de l’été. Pendant quelque temps, tous les efforts des agents de la ferme sont employés à faucher, à sécher les fourrages, à les mettre en meules ou à les rentrer dans les greniers.

La moisson des céréales vient ensuite. Elle commence généralement, dans le midi de la France, avec le mois de juin; elle ne s’achève dans le nord qu’au mois d’août, un peu plus tôt ou un peu plus tard, suivant que la saison est plus ou moins favorable.

La moisson terminée, après un intervalle de quelques semaines dont on profite pour faire des labours, on procède à la cueillette des fruits. C’est le moment des vendanges dans les pays de vignobles, de la récolte des pommes dans les pays à cidre, de la cueillette du houblon dans les pays du nord, tandis que, un peu plus tard, vient l’époque de la cueillette des olives dans les. pays méridionaux.

13. — Pendant l’automne aussi, on arrache les pommes de terre, les betteraves à sucre, les plantes cultivées pour leurs racines, telles que les carottes et les navets. Aussitôt que ces récoltes sont achevées, on reprend, dans les champs vidés, les travaux de labour pour faire de nouvelles semailles. On exécute aussi à l’automne la dernière coupe des prairies.

Les opérations de la culture des champs sont donc bien déterminées; mais le succès dépend des circonstances de la saison, trop souvent contraires aux souhaits du cultivateur. Parfois celui-ci est obligé de retarder ses labours, ses semailles, ou même ses récoltes. Il doit lutter contre les circonstances défavorables, sans oublier qu’il vaut mieux différer un travail, quelque important qu’il soit, que de l’exécuter dans de mauvaises conditions. Les travaux mal exécutés profitent peu; souvent ils peuvent devenir la cause de véritables insuccès.

QUESTIONNAIRE. — Indiquez la division de l’année en saisons, au point de vue des travaux agricoles? — En combien de catégories divise-t-on les principaux travaux agricoles? — Quelles sont les opérations à exécuter pendant l’hiver; — pendant le printemps; — pendant l’été ; — pendant l’automne? — Quelle est l’influence des circonstances climatologiques des saisons sur l’exécution des travaux agricoles?

MAXIMES AGRICOLES

Répartir convenablement les travaux, de manière à les exécuter le mieux possible, c’est le propre du bon cultivateur.

En agriculture, il n’y a pas de petite économie.

Rarement la terre est mauvaise, mais trop souvent elle est mal utilisée.

L’horticulture a fourni à l’agriculture moderne un grand nombre des progrès que celle-ci a réalisés.

TROISIÈME LEÇON

Table des matières

LES LABOURS. — LEUR IMPORTANCE

14. — Le labourage est la première opération de l’agriculture.

On appelle labours des travaux qui ont pour but d’émietter, c’est-à-dire d’ameublir la partie supérieure de la terre arable. Ils ont aussi pour objet d’enfouir les engrais dans le sol, de détruire les mauvaises herbes qui se développent à la surface.

Le principal but du labour est, en émiettant la terre, de permettre aux racines des plantes cultivées de s’y développer facilement; de mélanger dans toute la masse les engrais, de telle sorte que les racines trouvent toujours à proximité la nourriture qui leur convient.; de permettre à l’air, qui est indispensable à la végétation, de circuler dans la terre où se développent les plantes.

15. — Grâce aux labours, les racines absorbent facilement les principes utiles aux plantes que la terre elle-même renferme. Les labours améliorent donc le sol au profit des plantes cultivées. Cet avantage s’ajoute à celui qui résulte de l’émiettement de la terre arable.

Les labours sont exécutés à la main ou avec des instruments traînés par des bêtes de somme; les autres moteurs, machines à vapeur ou électriques, ne sont encore qu’exceptionnellement employés pour la culture de la terre.

Les outils à main employés pour labourer sont la bêche et la houe, que vous connaissez déjà.

Le travail marche lentement avec ces outils; la bêche est aujourd’hui presque exclusivement réservée aux travaux du jardin; quant à la houe, son emploi est encore général dans beaucoup de vignes, mais il est réservé à ces cultures. En effet, si, dans une exploitation rurale, il fallait labourer les champs à la bêche ou à la houe, les travaux ne seraient jamais achevés en temps utile. C’est pourquoi on emploie des instruments conduits par des animaux, tels que le cheval, le bœuf, la vache, le mulet ou la mule, l’âne.

16. — La profondeur des labours varie beaucoup. Jadis, on se contentait de gratter la partie supérieure du sol, à la profondeur de quelques centimètres. C’est encore ce qui se pratique chez les peuples barbares, notamment chez les Arabes en Algérie. Les agriculteurs français savent aujourd’hui qu’il faut en général labourer profondément pour obtenir de bonnes récoltes,

Suivant la profondeur qu’ils atteignent, les labours sont dits labours superficiels, labours ordinaires, labours profonds.

17. — Les labours superficiels sont ceux dont la profondeur ne dépasse pas 10 centimètres. Ces labours ont pour objet de détruire les mauvaises herbes, ou d’enfouir les engrais réduits en poudre, ou de recouvrir les semences, ou enfin enlever les chaumes qui restent après la coupe des céréales.

Dans ce dernier cas, on appelle ces opérations des labours de déchaumage.

Les labours ordinaires atteignent une profondeur de 15 à 20 centimètres. On doit les exécuter après et avant chaque récolte, en nombre variable suivant la nature de la terre, suivant la récolte que le champ a portée, suivant celle qu’il est destiné à recevoir. Ce sont ceux qui sont faits le plus communément par les cultivateurs; de leur bonne exécution dépend, en partie, le succès des récoltes.

18. — Les labours profonds sont ceux dont la profondeur dépasse 20 centimètres. Ils ont pour effet d’accroître la couche ameublie dans laquelle plongent les racines des plantes, par conséquent d’augmenter la puissance productive des champs. En effet, si les racines trouvent une couche remuée et aérée dans laquelle elles pénètrent facilement, elles s’y développent avec vigueur, et toutes les parties de la plante profitent de cette expansion des racines. Au contraire, si les racines rencontrent un sol dur, elles ne peuvent y pénétrer, et l’arrêt de leur développement entraîne celui du développement de la tige.

En outre, les plantes qui croissent dans des terres labourées profondément, ont beaucoup moins à redouter les effets des excès de sécheresse ou d’humidité.

Enfin, les labours profonds attaquent et détruisent les plantes nuisibles à racines vivaces que les labours ordinaires ne peuvent souvent atteindre qu’imparfaitement.

Les labours profonds sont parfois appelés labours de défoncement.

19. — Si l’on considère les labours au point de vue de la forme qu’ils donnent à la surface du champ, on les divise en labours en billons, labours en planches, labours à plat.

FIG. 2. — Champs labourés en billons, en planches et à plat.


Dans les labours en billons, le champ est partagé en bandes de terre bombées, étroites, séparées par des rigoles profondes.

Les labours en planches ont pour effet de diviser le champ en bandes de terre d’une largeur variable, séparées par des raies moins profondes que pour les billons.

Dans les labours à plat, la surface du champ est nivelée aussi complètement que possible.

La figure 2 vous montre la forme de champs labourés en billons, en planches et à plat.

20. — Pour être profitables, les labours doivent être exécutés aux saisons convenables.

La condition indispensable du succès est que la terre se trouve dans un état moyen d’humidité.

Quand le sol est trop humide, il se forme en grosses mottes et ne s’ameublit pas, et le labour n’atteint pas son but principal.

Si, au contraire, le sol est trop sec, il oppose souvent une très grande résistance aux instruments, ou bien il se pulvérise à l’excès, et ne forme qu’une poussière sans consistance.

QUESTIONNAIRE. — Qu’appelle-t-on labour? — Quel est le but des labours? — Comment les labours peuvent-ils améliorer la terre? — Comment, exécute-t-on, les labours? — Quelle est l’importance de la profondeur des labours? — Comment divise-t-on les labours au point de vue de la profondeur? — Qu’appelez-vous labours superficiels? — labours ordinaires? — labours profonds? — Qu’est-ce qu’un labour en billons? — un labour eu planches? — un labour à plat? — Quand les labours doivent-ils être exécutés? — Quelle est l’influence du temps sur les labours?

MAXIME AGRICOLE

Doubler la profondeur du sol vaut mieux qu’en doubler l’étendue.

QUATRIÈME LEÇON

Table des matières

CHARRUES

21. — La charrue est l’instrument dont on se sert pour exécuter les labours.

C’est l’instrument essentiel du cultivateur; il est désigné sous des noms divers: araire, areau, charrue, suivant les pays.

L’ouverture faite dans la terre par la charrue est appelée sillon.

Les sillons bien faits sont droits, également profonds dans toute leur longueur.

Ces qualités dépendent de l’habileté du laboureur.

La largeur du sillon varie avec la largeur du soc combinée avec celle du versoir. Les sillons étroits divisent mieux la terre que les sillons larges; c’est pourquoi ils sont généralement préférés. Il est surtout important, dans les terres fortes, que les sillons n’aient pas une trop grande largeur.

Le laboureur habile évite de s’arrêter pendant qu’il trace un sillon. Il fait reposer son attelage seulement aux extrémités du champ. C’est une excellente précaution pour assurer à la fois la direction régulière et la profondeur uniforme des sillons.

22. — Jadis informe, faite d’un bois dur muni d’une lame ou soc en fer, la charrue est devenue un instrument perfectionné, qui, avec une dépense de force beaucoup moindre, accomplit un meilleur travail.

Les principales parties de la charrue la plus ordinaire sont (fig. 3) l’age, le coutre, le soc, le versoir, le sep, les manches ou mancherons, le régulateur.

23. — L’age forme la charpente de la charrue; c’est une pièce horizontale E, en bois ou en fer, sur laquelle sont fixées les autres parties de l’instrument. L’âge est droit ou cintré.

Le coutre, GH, couteau fixé sur l’age, est destiné à couper verticalement la bande de terre.

FIG. 3. — Charrue simple.


Le soc, C, est un couteau placé horizontalement au-dessous de l’age, auquel il est fixé par sa partie supérieure; il entre dans le sol, et coupe horizontalement, quand la charrue est en marche, une bande de terre égale à sa largeur.

Le sep, A, pièce de bois ou de fer, placée derrière le soc, glisse au fond du sillon, en appuyant dessus.

24. — Le versoir, D, est une pièce métallique, placée derrière le soc, conformée et disposée de manière à rejeter sur le côté du sillon, en la retournant, la bande de terre coupée par le soc et le coutre.

FIG. 4. — Araire attelé de deux chevaux.


Les manches ou mancherons, F, sont deux pièces inclinées fixées à l’arrière de l’age; c’est à l’aide des mancherons que le laboureur conduit la charrue.

FIG. 5. — Charrue à avant-train.


Le régulateur, KJ, est une pièce fixée à l’avant de l’age, glissant dans une mortaise, et qui sert à élever ou à abaisser la ligne de tirage ou bien à la porter plus à droite ou plus à gauche, suivant que l’on veut faire pénétrer le soc plus ou moins profondément dans le sol, ou bien encore selon qu’on veut creuser un sillon plus ou moins large.

25. — Les charrues les plus employées peuvent être classées en deux grandes catégories: les charrues sans avant-train (fig. 4), appelées aussi araires, et les charrues à avant-train (fig. 5 et 6).

FIG. 6. — Charrue flamande à avant-train.


L’avant-train (fig. 6) se compose de deux roues réunies par un essieu. L’extrémité antérieure de l’age est fixée à l’essieu, lequel porte le régulateur. Dans beaucoup de charrues à avant-train, le régulateur est plus compliqué que dans la charrue simple.

La charrue à avant-train demande, pour exécuter le même travail, plus de force que la charrue simple; mais elle présente l’avantage d’exiger moins d’habileté chez le laboureur.

FIG. 7. — Labourage avec la charrue à avant-train.


On construit des charrues à avant-train qui, une fois réglées, demeurent fixes et stables dans la disposition de leurs divers organes, quelle que soit la profondeur du labour. C’est ce qu’on appelle des charrues fixes (fig. 8).

L’avant-train est parfois remplacé par une simple petite roue ou rouelle en fer (fig. 9), ou même par un sabot comme on le voit dans le binot flamand (fig, 31, page 49).

FIG. 8. — Charrue fixe de Dombasle.


26. — Le type de charrue appelé charrue Dombasle est celui qui a servi de modèle pour la plupart des charrues modernes.

La charrue ordinaire retourne toujours du même côté la terre du sillon. Par conséquent, lorsqu’un sillon a été tracé, le laboureur doit revenir à l’extrémité du champ d’où il est parti, pour faire un deuxième sillon à côté du premier; s’il veut revenir en travaillant, il faut qu’il trace son sillon à une certaine distance du premier, afin de ne pas rejeter dessus la terre retournée.

FIG. 9. — Charrue munie d’une petite roue en fer.


Pour éviter les inconvénients de ces pertes de temps, on a imaginé les charrues tourne-oreilles. Ce sont des charrues dans lesquelles le soc et le versoir peuvent basculer autour de l’age. Elles peuvent donc renverser alternativement la terre du sillon de gauche à droite ou de droite à gauche. Avec ces charrues, on peut tracer côte à côte, en allant et en revenant, des sillons dont la terre est retournée dans le même sens.

FIG. 10. — Charrue brabant double.


La charrue tourne-oreilles est souvent remplacée par la charrue brabant double (fig. 10). Cette charrue est formée par deux corps de charrue montés sur le même âge, dans un plan vertical. La figure 11 montre comment on laboure avec la charrue brabant double.

FIG. 11. — Labourage avec la charrue brabant double.


27. — L’invention des charrues à plusieurs socs a permis d’économiser du temps pour les labours superficiels et pour les labours ordinaires dans les terres faciles à travailler.

Dans la charrue bisoc (fig. 12), l’age est remplacé par un bâti en bois ou en fer, portant deux corps de charrue. On peut, avec cette charrue, tracer à la fois deux sillons parallèles.

FIG. 12. — Charrue bisoc.


La charrue trisoc est munie de trois socs et trace à la fois trois sillons.

28. — Les charrues fouilleuses sont (fig. 13) des charrues sans versoir et dont le soc est en forme de coin allongé. Ces charrues servent à remuer et à émietter le sous-sol, lorsqu’on ne veut pas le ramener à la surface.

On les fait avancer dans le sillon tracé par la charrue ordinaire. Lorsque celle-ci trace le sillon suivant, elle renverse la terre arable par-dessus le sous-sol ameubli par la fouilleuse et l’on a l’avantage d’un labour plus profond sans mélanger la terre arable supérieure avec celle du sous-sol.

FIG. 13. — Type de charrue fouilleuse.


29. — Dans quelques pays, les travaux de labour des vignobles se font à la charrue.

La charrue qui sert pour les vignes porte le nom de charrue vigneronne (fig. 14). Elle doit être construite de manière à présenter peu de largeur, afin que l’on puisse faire le travail sans froisser et sans blesser les bourgeons ou les sarments.

La même précaution doit être prise pour l’attelage (fig. 15). Le plus souvent, la charrue est traînée par un cheval, par une mule, ou par un bœuf, dont les harnais sont réduits au strict nécessaire.

FIG. 14. — Charrue vigneronne.


30. — Les charrues sont ordinairement traînées par des chevaux (fig. 11) ou par des bœufs (fig. 16). Les bœufs marchent plus lentement, mais ce sont les animaux dont le travail coûte le moins cher, car ils conservent leur valeur d’animaux de boucherie.

Le nombre des animaux qui doivent être attelés à la charrue dépend de la nature de la terre et de la profondeur du labour. Il varie depuis deux jusqu’à huit ou dix chevaux dans les labours de défoncement.

La quantité de travail que l’on peut faire avec une charrue varie de 35 à 60 ares par jour, suivant la nature du sol, la profondeur du labour et le système de charrue qu’on emploie.

On peut cultiver les champs avec des charrues mues par la vapeur ou même par l’électricité. Dans l’état présent des choses, ce système n’est applicable que dans des champs vastes et en plaine. En Amérique, on se sert avec avantage de charrues munies d’un siège pour le conducteur.

FIG. 15. — Attelage de la charrue vigneronne


Mathieu de Dombasle.

31. — Mathieu de Dombasle, qui a transformé l’ancienne charrue, est né à Nancy, en 1778. Il se livra de bonne heure aux études agricoles, et il s’appliqua, avec une grande ardeur, à perfectionner les industries qui se rattachent à la culture de la terre.

En 1822, il fut appelé à diriger la ferme de Roville, dans la vallée de la Moselle, entre Nancy et Épinal. Frappé de l’imperfection des outils aratoires en usage chez tous les cultivateurs, il chercha pendant longtemps quelle forme leur convenait le mieux. Il fit venir de Belgique et d’Allemagne des modèles de quelques instruments qui y avaient acquis de la réputation. 11 les perfectionna, et créa à Roville la première fabrique d’instruments agricoles qui ait existé en France.

Bientôt, pour recevoir les élèves que sa réputation croissante attirait, il fonda à Roville une école d’agriculture. C’est aussi la première école qui ait été, en France, consacrée à l’enseignement des sciences agricoles. De Roville sont sortis un grand nombre d’agriculteurs qui ont propagé partout les enseignements qu’ils y avaient reçus.

Malgré les services qu’il rendait, Mathieu de Dombasle ne fut pas toujours heureux. Mais du moins, grâce à ses élèves, aux instruments qu’il a créés, à ses nombreux écrits, il a exercé une grande influence sur les progrès de l’agriculture française.

Il est mort en 1842, entouré du respect de tous. La ville de Nancy lui a érigé une statue.

QUESTIONNAIRE. — Qu’est-ce que la charrue? — Qu’appelez-vous sillon? — Quelles sont les principales pièces de la charrue? — Donnez la description de l’age; — du coutre; — du soc; — du sep; — du versoir; — du régulateur; — des mancherons. — Qu’appelez-vous araire? — charrue à avant-train? — Décrivez la forme de l’avant-train. — Qu’appelez-vous charrue tourne-oreilles? — Quel en est l’emploi? — Qu’appelez-vous charrue brabant? — Qu’est-ce qu’une charrue bisoc ou trisoc? — Qu’est-ce qu’une charrue fouilleuse? — Comment fonctionne-t-elle? — Qu’appelez-vous charrue vigneronne? — De quelles conditions dépend le travail des charrues? — Quelles sont les conditions d’un bon labour?

EXERCICE. — Racontez brièvement la vie de Mathieu de Dombasle.

FIG. 16. — Charrue attelée de deux bœufs.


CINQUIÈME LEÇON

Table des matières

HERSES, ROULEAUX, EXTIRPATEURS

32. — La surface d’un champ qui vient d’être labouré est hérissée de grosses mottes provenant des bandes de terre que la charrue a soulevées et retournées.

Pour que la terre soit bien émiettée, il importe que ces mottes soient désagrégées.

FIG. 17. — Rouleau brise-mottes.


On obtient ce résultat à l’aide des rouleaux et des herses.

33. — Les rouleaux sont des cylindres unis ou garnis d’aspérités. Par suite du mouvement de traction, le cylindre tourne autour de son axe et appuie sur le sol.

Autrefois on se servait de rouleaux en bois, dont l’action était presque toujours insuffisante. Au bois on peut substituer la pierre. Aujourd’hui on se sert surtout de rouleaux en fer.

Le rouleau le plus estimé est le rouleau brise-mottes, dit Crosskill, du nom de son inventeur. Ce rouleau se compose (fig. 17) d’une série de disques en fer, à dents saillantes, montés sur un même axe. Il agit à la fois par son poids et par ses dents pour briser les mottes. Suivant ses dimensions, il est traîné sur le champ labouré par un ou plusieurs chevaux.

Quand on agit sur des terres peu tenaces, on remplace le rouleau brise-mottes par le rouleau plombeur. C’est un rouleau creux, en fonte, roulant sur un axe. Lorsqu’il a une grande longueur, il peut être divisé en deux ou trois segments. C’est surtout par son poids qu’il agit sur la terre à niveler ou à tasser à la surface.

FIG. 18. — Herse triangulaire.


34. — Les herses servent surtout à émietter les petites mottes de terre; on les emploie également pour extirper les mauvaises herbes, enlever les cailloux, et enfin recouvrir les graines semées.

Les herses sont formées par des châssis munis de dents droites ou recourbées, parfois tranchantes. Les dents doivent être disposées de manière à tracer des raies parallèles, et à ne pas marcher les unes derrière les autres.

Elles doivent être assez espacées pour ne pas s’engorger. Le point d’attache de la chaîne d’attelage doit être combiné de telle sorte que la herse marche bien parallèlement à la surface du sol.

35. — Les anciennes herses se composent d’un bâti triangulaire en bois (fig. 18) sur lequel sont fixées des dents en bois, et qui s’attelle par une de ses pointes.

FIG. 19. — Herse dite de Valcourt.


La herse à losange dite de Valcourt (fig. 19), formée par un bâti à quatre faces, avec deux travers parallèles, et des dents de fer, a été un premier progrès. Ces herses s’attellent par une chaîne près d’un de leurs angles.

Les herses à bâti en fer sont les meilleurs: elles pesent davantage et sont plus solides Les herses articulées (fig. 20 et 21) sont formées par des châssis indépendants, reliés à une seule barre d’attelage, et travaillant isolément de manière à suivre toutes les inégalités du sol.

FIG. 20. — Herse articulée en fer.


FIG. 21. — Herse articulée pour les billons.


36. — On peut faire travailler les herses à dents recourbées soit en accrochant, c’est-à-dire en faisant marcher les dents avec la pointe en avant, soit en décrochant, c’est-à-dire avec les pointes des dents tournées en arrière. La première méthode est pré férable pour extirper les mauvaises herbes et enlever les pierres.

FIG. 22. — Expiration.


Quand on transporte les herses dans les champs, on les place sur un petit chariot ou traîneau muni de roulettes (fig. 23). Sans cette précaution, leurs dents détérioreraient les routes.

37. — Pour exécuter les labours superficiels, qui ont pour but de débarrasser la terre des mauvaises herbes, ou d’enlever le chaume d’une céréale coupée, on remplace la charrue par un instrument spécial appelé extirpateur ou scarificateur (fig. 22).

FIG. 23. — Traîneau pour le transport des herses.


Il est formé d’un bâti soutenu sur trois petites roues, et portant des socs minces ou des couteaux à pointes recourbées, appelés dents, qui pénètrent dans le sol et en retournent la partie superficielle.

QUESTIONNAIRE. — Quelle est l’utilité de l’emploi des rouleaux dans les champs cultivés? — Qu’est-ce qu’un rouleau brise-mottes? — un rouleau plombeur? — A quoi servent les herses? — Comment construit-on les herses? — Qu’appelez-vous herse de Valcourt? — herse articulée? — Quand dit-on qu’une herse fonctionne en décrochant ou en accrochant? — Quelle est l’utilité du traîneau à herse? — Qu’est-ce qu’un extirpateur? — Quel en est l’usage?

SIXIÈME LEÇON

Table des matières

LES SEMAILLES

38. — On fait les semailles à la main ou avec des instruments spéciaux.

Les semailles à la main se font soit à la volée, soit au plantoir.

On pratique les semailles à la volée surtout pour les graines de céréales et celles de plantes fourragères. Le semeur (fig. 24), marchant d’un pas mesuré, jette méthodiquement autour de lui les graines, par un mouvement cadencé du bras. Les graines répandues sur le sol sont recouvertes par un coup de herse.

39. — Pour semer au plantoir, on fait, en suivant des lignes tracées d’avance sur le champ, des trous appelés poquets, où l’on dépose la graine que l’on recouvre ensuite de terre. On peut se servir du rayonneur (fig. 25) pour tracer ces lignes. C’est la méthode usitée pour les haricots, les fèves, etc.

Quant aux pommes de terre, on les plante soit à la charrue, soit à la houe. Avec la charrue, on trace une raie dans laquelle les tubercules sont placés entiers ou par morceaux, que l’on recouvre par un deuxième labour. Avec la houe, on creuse des trous qu’on remplit par un deuxième coup de houe, lorsque le tubercule y a été déposé.

40. — Les instruments spéciaux pour semer mécaniquement les graines sont les semoirs.

Le semoir présente plusieurs avantages. Avec cet instrument, le travail se fait plus rapidement; on économise la semence, et on assure aux plantes une plus grande vigueur. Il en résulte que le rendement des céréales est notablement plus élevé et surtout plus régulier que lorsqu’on sème à la volée. Le semoir est un des instruments dont beaucoup de cultivateurs n’apprécient pas suffisamment la grande importance.

FIG. 24. — Semaille à la volée et hersage.


FIG. 25. — Rayonneur pour tracer les lignes des semis.


FIG. 26. — Semoir à brouette.


Le semoir le plus simple est le semoir à brouette (fig. 26). Il se compose d’un bâti de brouette portant une trémie dans laquelle on place la graine. Au fond de la trémie tourne une petite roue à godets dont les cuillers saisissent la graine, pour la jeter dans un petit tube qui la déverse sur le sol. Le mouvement est transmis à la roue à godets par une corde qui s’enroule sur l’essieu de la roue de la brouette.

FIG. 27. — Semoir à cheval.


41. — Les semoirs à cheval (fig. 27) sont plus grands et plus compliqués.

Sur l’axe de deux roues est placée une longue caisse qui reçoit le grain. Cette caisse est traversée par un arbre muni de disques portant de petites cuillers. L’arbre tournant sur lui-même, au moyen d’un engrenage mis en mouvement par les roues qui portent le semoir, les cuillers se remplissent de graines, et les font tomber dans des tubes verticaux et articulés qui se terminent près du sol.

On peut varier la vitesse de l’arbre, et par suite la quantité de semence que l’instrument répand. Suivant ses dimensions, le semoir est conduit par un attelage d’un ou de deux chevaux.

42. — Aux semoirs se rattachent les distributeurs d’engrais. Ce sont des instruments destinés à répandre sur le sol les engrais en poudre.

Ils se composent généralement d’une caisse montée sur deux roues et traversée par un arbre muni de palettes. Le jeu de ces palettes fait sortir l’engrais soit par des tubes, soit par des ouvertures pratiquées à la partie inférieure de la caisse.

Grâce à ces instruments, on peut déterminer avec précision la quantité d’engrais que l’on répand dans un champ.

QUESTIONNAIRE. — Comment exécute-t-on les semailles dans les champs? — Qu’appelle-t-on semailles à la volée? — semailles au plantoir? — Comment sème-t-on à la charrue? — à la pioche ou à la houe? — Décrivez le semoir à brouette. — Comment construit-on le semoir à cheval? —. Qu’appelez-vous distributeurs d’engrais? — Quelle est l’utilité de ces instruments?

MAXIME AGRICOLE.

La première condition pour obtenir des produits abondants est de faire de bonnes semailles.

SEPTIÈME LEÇON

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SARCLAGES ET BUTTAGES

43. — Toutes les plantes cultivées n’exigent pas les mêmes soins pendant leur croissance. Il en est quelques-unes qui se développent et viennent à maturité presque sans qu’on ait à s’en occuper après les semailles. Mais c’est le petit nombre.

Pour la plupart des plantes, il faut, dans les champs comme dans les jardins, faire des travaux de binage et de sarclage, afin d’émietter ou d’ameublir le sol et de détruire les plantes nuisibles. Pour quelques-unes, il est important que la terre soit relevée autour des tiges; c’est ce qu’on appelle butter, faire un buttage.

44. — On se sert généralement de la houe pour opérer les travaux de binage et de sarclage. Mais c’est un labeur pénible que de biner avec la houe à main; le travail est lent, et exige un grand nombre de bras, si l’on veut qu’il soit achevé en temps voulu.

La houe ou bineuse à cheval est destinée à remplacer la houe à main.

Elle se compose (fig. 28) d’un bâti en fer monté sur deux roues, et portant un certain nombre de lames recourbées à leur partie inférieure, qu’on appelle des couteaux ou des rasettes. Ces lamés servent à ameublir la surface du sol et à couper les mauvaises herbes.

On doit construire la houe de telle sorte que les lames soient mobiles sur le bâti qui les porte, pour qu’on puisse les écarter ou les rapprocher à volonté, suivant que les lignes des plantes sont plus ou moins écartées. En effet, toutes les plantes ne sont pas semées à un écartement semblable, et la houe doit pouvoir servir pour toutes les natures de récoltes. Quand on cultive des céréales, on ne peut effectuer les binages que dans les champs où les semailles ont été faites en lignes avec le semoir mécanique. Les avantages des semailles en lignes ressortent encore ici.

FIG. 28. — Houe à cheval.


Il est important que la houe soit conduite avec beaucoup d’habileté ; à la moindre déviation les lames attaquent et coupent les plantes cultivées, au lieu de détruire les mauvaises herbes.

FIG. 29. — Buttoir


45. — Pour faire les buttages à la main, on se sert de la pioche.

Afin d’accélérer le travail, on a imaginé des instruments spéciaux qui portent le nom de buttoirs.

Un buttoir affecte la forme générale d’une charrue sans avant-train, souvent munie d’une petite roue à la partie antérieure de l’age. Il diffère de la charrue en ce qu’il est muni (fig. 29) de deux versoirs places dos à dos, de chaque côté du soc.

46. — Grâce à cette disposition, lorsque le buttoir avance entre deux lignes de plantes, il creuse un sillon au centre de l’espace qui les sépare, et il rejette la terre à droite et à gauche, de manière à garnir la partie inférieure des tiges, et à former de veritables buttes au-dessus desquelles les plantes continuent à pousser.

Entre les deux versoirs (fig. 30) sont placées des charnières qui permettent d’en faire varier l’écartement.

FIG. 30. — Versoirs de buttoir.


Les buttoirs peuvent ainsi tracer des sillons plus ou moins larges, selon la distance qui sépare les lignes de plantes.

47. — En Flandre, on se sert d’un buttoir spécial (fig. 31) appelé binot.

Il est construit à peu près de la même manière que le buttoir ordinaire, avec cette différence qu’il est muni, en avant des versoirs ou oreilles, d’un soc analogue à celui des charrues fouilleuses (fig. 13, page 29), qui ameublit la terre avant qu’elle soit versée à droite et à gauche.

QUESTIONNAIRE. — Quelle est l’utilité des travaux de binage et. de sarclage? — Avec quel instrument fait-on les binages à la main? — Qu’est-ce qu’une bineuse à cheval? — Quelle en est la construction? — Qu’appelle-t-on buttage?. — Comment fait-on les buttages à la main? — Qu’est-ce qu’un buttoir? — En quoi le buttoir diffère-t-il de la charrue? — Quelle est l’utilité des charnières qui séparent les versoirs? — Qu’appelle-t-on binot en Flandre? — Comment le binot flamand est-il construit?

FIG. 31. — Binot Flamand


Pulsuz fraqment bitdi.

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