Kitabı oxu: «Fables et contes»

Şrift:

Hippolyte de Thierry de Faletans

Fables et contes


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066325992

Table des matières

I. L’ANE ET LA LOCOMOTIVE.

II. LE ROCHER ET LE CAILLOU,

III. LE LABOUREUR ET SA TROUVAILLE.

IV. LE CORBEAU ET LES COLOMBES.

V. LA BALEINE ET LE FRETIN.

VI. LE CHOU ET LES LIMACONS.

VII. LE LOUP DÉMAGOGUE.

VIII. LE PÊCHEUR VOLÉ.

IX. LES TROIS ENFANTS ET LE PARAPLUIE.

X. LE DIPLOMATE ET LA FOURMILIÈRE.

XI. LES MERLES ACADÉMICIENS.

XII. LE BALLON CAPTIF.

XIII. VIEUX ET JEUNES CASTORS.

XIV. L’AIGLE DEVENU DÉBONNAIRE. APOLOGUE.

XV. L’ENFANT CURIEUX.

XVI. L’OURS ET LE RENARD.

XVII. LE PAPILLON ET LA MARE.

XVIII. L’ÉLÉPHANT ET LE CIRON.

XIX. LES MUSICIENS AMBULANTS.

XX. LE CHARPENTIER ET LES OUTILS. APOLOGUE.

XXI. LE BRACONNIER RETORS.

XXII. LES TROIS COMPARAISONS.

XXIII. LE COQ-D’INDE ET LES PAONS.

XXIV. LE ROSSIGNOL ET LA FOURMI. CONTE PERSAN.

XXV. L’ÉLÉPHANT GOUVERNEUR. IMITÉ DE KRILOFF.

XXVI. LA HERSE. D’APRÈS UN CONTE AMÉRICAIN.

XXVII. LE POUVOIR DU VIN. CONTE GREC.

XXVIII. LA RÉPONSE DU BERGER. CONTE EGYPTIEN.

XXIX. LE PAYSAN ET SA FAMILLE. D’APRÈS UN APOLOGUE FRANÇAIS.

XXX. LE BLOC DE MARBRE ET LE MEUNIER. IMITÉ DE O. D. POÈTE SUISSE.

XXXI. LES DEUX AVARES. CONTE HÉBREUX.

XXXII. LE PÊCHEUR ET SA FEMME. CONTE DES FRÈRES GRIMM.

XXXIII. LA TOUR, LA MAISONNETTE ET LE TORRENT. D’APRÈS L’ANGLAIS.

XXXIV. UN JALOUX MANIAQUE. D’APRÈS UN FABLIAU ESPAGNOL.

XXXV. LA VÉRITÉ ET SON MIROIR. D’APRÈS UN CONTE ITALIEN.

XXXVI. L’HOMME DE LETTRES ET L’ÉLÈVE. EPILOGUE.

ESSAIS

DESSINS

DE

BRESDIN ET ECOSSE

GÊNES

IMPRIMÉ A LA TYPOGRAPHIE DE L’INSTITUT

ROYAL DES SOURDS-MUETS

CRÉÉ PAR NAPOLÉON I.

M, DCCC, LXXI


A

SON ALTESSE

LE PRINCE IMPÉRIAL




FABLES ET CONTES

Table des matières

... Je tâche d’y tourner le vice en ridicule

. . . . . . . . . . . .

Tantôt je peins en un récit

La sotte vanité jointe avecque l’envie...

LA FONTAINE

(LIVRE V, FABLE I.)


I.
L’ANE ET LA LOCOMOTIVE.

Table des matières

Un Ane d’âge mûr, cheminait lentement;

Il portait sur l’échine un lourd sac de froment;

Certain bâton noueux avait, sur la surface

De son rude épiderme, imprimé mainte trace...

L’Ane suivait pensif la route du moulin,

Semblant compter ses pas tout le long du chemin;

Mais voilà qu’il s’arrête auprès d’un bloc énorme,

Moitié fer, moitié cuivre et d’un aspect informe;

C’est la Locomotive au ton brusque et criard,

Qui voyant l’embarras de notre campagnard,

Lui fait un beau discours boursouflé d’éloquence,

Pour démontrer au mieux son extrême importance.

L’Orateur tout entier aux lyriques excès

Sans cesse lui vantait l’universel progrès,

Les aises de la vie et l’immense avantage,

Qu’ajourd’hui la vapeur offre aux gens en voyage.

L’Ane branle l’oreille et poursuit son chemin;

L’autre, plein de dépit reprend d’un air hautain:

Quand tu fais quatre pas tu regrettes l’étable

Moi, j’avance toujours, toujours infatigable...

De la vapeur le souffle emporte les fardeaux

Bien au loin sur les mers et par monts et par vaux:

Une heure et l’on franchit espace sur espace,

Tandis que sur ta maigre et vilaine carcasse

On t’applique à tout pas, ô mon pauvre baudet,

Quelque vigoureux coup de trique ou de fouet.

L’orgueilleux monstre veut qu’à l’instant on l’admire:

Ses naseaux sont en feu, mugissant, en délire,

Il glisse et s’en va, tout fumant, parader

En criant au grison: «Tu n’as qu’à regarder!»

Mais soudain, à toute vitesse,

Lançant un aigu sifflement,

Survient un long train en détresse

Et tout cède au choc foudroyant:

Voyageurs et colis, et vagons et chaudière

Se heurtant, s’écrasant, roulent dans la poussière;

Enfin bientôt après on n’eut sous les regards

Que des blessés, des morts, et maints débris épars!

Bien que fort peu subtil et de faible sagesse

L’Aliboron se dit, non sans quelque justesse:

Où diantre est le profit de si fort se hâter,

Pour qu’à moitié chemin tout aille culbuter?

Chacun se rit de moi; mais tout en broutant l’herbe,

Je rumine souvent ce fort ancien proverbe:

«Chi va piano va sano,

Chi va sano va lontano».


II.
LE ROCHER ET LE CAILLOU,

Table des matières

Du haut d’une montagne, au moment d’un orage

Roulait d’étage en étage

Un majestueux rocher;

L’implacable tempête ayant fait table rase

Venait de l’arracher

A son auguste base...

Un tout petit Caillou, que méprisaient les grands,

Veut, au bord des gouffres béants,

Retenir le Rocher... Le seigneur de porphyre

Lui dit: «Pourquoi te placer devant moi?»

«C’est pour vous sauver Sire!

Ou périr fidèle à mon Roi.»

–«Me sauver, malheureux, mais ta perte est certaine;

Vois ce souffle ennemi, qui sur nous se déchaîne,

Tu veux remplir un noble, un saint devoir,

Et ton sacrifice inutile

Ne saurait triompher de la fortune hostile!

Tout est perdu!.. je vois l’injuste prévaloir,

Qu’à mon sort plus rien ne t’enchaîne.»

Cela dit, le Rocher, que la tourmente entraîne,

Ecartant le Caillou, s’élance d’un seul bond

Et disparaît dans l’abîme profond.

Aux Puissants de nos jours la fortune trahie

Reserve rarement une parole amie!..

Notre Caillou, plein de zèle et d’ardeur,

Fit à son Souverain une offre généreuse

Qui n’obtint qu’un refus; mais sans nulle hauteur,

Car le Rocher songeait au pauvre serviteur

Bien plutôt qu’à la chûte périlleuse,

Qui lui ravit tout... «fors l’honneur!

III.
LE LABOUREUR ET SA TROUVAILLE.

Table des matières

Un Laboureur était heureux,

Quand dès l’aube il voyait ses grands et vaillants boeufs,

Que rarement il aiguillonne,

Traîner le large soc dans le champ qu’il sillonne.

Un jour il découvrit un creux

Tout rempli d’un amas de piécettes charmantes:

«Oh! c’est de l’or! comme elles sont brillantes!

Me voilà riche ma foi!

Se disait le pauvre homme, et riche comme un roi!»

La charrue et ses boeufs de suite il abandonne;

Il court chez le curé, qui bientôt le sermonne:

–Mon ami, lui-dit-il... mais ce sont des jetons!

Criant, jurant, pestant et sans plus rien entendre,

Notre fou tout penaud retourne à ses sillons;

«Eh! mes boeufs, disait-il, si l’on va me les prendre,

Cré dié! je n’aurais qu’à me pendre!»

Le fit-il, je ne sais;

Mais je puis vous apprendre

Qu’il ne les revit plus jamais!

Plus qu’en tout temps le lucre est par trop le mobile

De bien de gens: On veut un prompt succès,

On méprise un travail lent, assuré, facile,

L’on dédaigne du sol les généreux bienfaits,

Et du foyer le vrai bonheur s’éxile!

Que reste-t-il alors?... Le clinquant des niais!


IV.
LE CORBEAU ET LES COLOMBES.

Table des matières

Certain Corbeau plus vain encore

Que son ancêtre, tant fameux,

Et fier, dit-on, ainsi que l’aigle dont l’aurore

Eclaire le vol glorieux,

Aperçut un matin une troupe candide

De Colombes et Pigeonneaux,

Qui s’élançaient de l’herbe humide,

Cherchant à dépasser le sommet des ormeaux;

Il se dit: A leurs faibles ailes

Procurons des forces nouvelles;

Pauvres êtres chéris, j’en ai vraiment pitié!

D’où vint cette étrange amitié,

Cet étonnant souci, cette rage d’instruire?

Il veut faire parler de lui... le pauvre sire!

Et par monts et par vaux,

Aussitôt cris confus pareils à mille trombes,

Lancent au loin l’annonce: «Accourez tourtereaux,

Et vous aussi douces colombes,

Devant ses bons amis, Corbeau veut vous dresser

A bien vous élancer sur les plus hautes crêtes,

Jusqu’aux régions des tempêtes,

Et même à vous balancer

Sous le soleil en tous parages,

Au dessus des clochers, dans les plus hauts nuages.

A dix heures, demain,

Venez sur le rocher voisin;

Vos excellentes mères,

De vos grands succès, seront fières».

Trompant l’espoir de ce corbeau bouillant

L’appel n’eut pas un succès bien brillant:

Quelques Colombes de tout âge,

Des Pigeons par trop curieux,

Seuls se laissèrent prendre à tout ce vain tapage:

Ils sont là tout anxieux

Ecarquillant leurs yeux

Devant de noirs docteurs, aux serres bien cruelles!

Et le Corbeau lorgnant parmi les colombelles

Galamment lisse ses ailes;

Puis démontrant son savoir

(Sempiternel dévidoir!)

Préside ses amis, trop experts oiseleurs

Pour n’être pas de terribles censeurs...

Enfin, Pigeons, faucons, buses chacun se flatte

D’obéir à sa voix... L’on part vers les hauteurs...

L’oiseau prêche d’exemple et... se casse la patte.

Tous de rire en concert du trop fougueux Corbeau,

Et plus d’un joli fauconneau,

Profitant de l’instant, s’élance

Sur les naïfs tendrons

Epars aux environs...

Quelle danse!

Jurant qu’à ces leçons on ne l’y verrait plus

Le Corbeau tout honteux s’échappe l’aile basse...

Et maint élève tombe en de grands becs crochus:

«La faim vient en mangeant,» maman Colombe y passe!..

Un rien peut égarer et même pervertir

Notre tendre moitié dans sa frêle jeunesse.

Que le savoir éléve, on peut en discourir,

Mais pour grand’dame, ou non, un parfum de simplesse

Doit mieux convenir;

Et ne vaut-il pas mieux pour une jeune fille

Apprendre la sagesse au sein de la famille,

Plutôt que de courir

A «l’école supérieure»

Où tout se défleure

A plaisir,

Où la candeur et même l’innocence

Dit-on, peuvent d’avance

Périr!

baissons donc aux yankes de la libre Amérique

Leur «haut enseignement» comme leur république;

Ce qu’on estime bon dans tel ou tel pays,

Dans l’application, perd souvent de son prix.


V.
LA BALEINE ET LE FRETIN.

Table des matières

Par cette fable, cher lecteur,

Je voudrais vous conter l’extrême gourmandise

D’un gros Léviathan, profond spéculateur;

Et comment à propos cet enfant de Moïse

Dans ses profit sut mettre, en bon agioteur,

Des tout petits rentiers l’impayable sottise.

Dans un lointain océan,

Un jour que l’ouragan

Confondait terre et ciel de sa terrible étreinte,

Cent peuples fils des flots, redoutant son atteinte,

Fuyaient de ça de là, dans un commun élan.

Pas un coin de mer tranquille

Ne leur offrait un asile...

Seule, près d’un rocher, et bravant l’aquilon,

Une Baleine était calme immobile...

Vers elle tout le gros et le menu poisson,

Espérant fuir le choc de la tempête,

S’approche fasciné par l’oeil doux, amical

Du Géant, qui leur dit, du ton le plus honnête:

Ne redoutez plus aucun mal,

Venez amis, rien n’est à craindre,

Je vous dorloterai... point n’aurez à vous plaindre,

«Foi d’animal».

A ces promesses illusoires

Quelques prudents poissons détendent leurs nageoires,

Et fuiyent le Géant, à l’air par trop bénin...

Le grand nombre, tout le fretin,

De s’écrier en choeur:O Reine!

Grande et magnanime Baleine!

Ah! protegez-nous contre un féroce requin,

Du liquide élément redoutable aigrefin,

Et nous plaçons en vous toutes nos espérances;

Ménagez-nous un port sous vos fanons immenses.

A cette étrange oraison

Le monstre de sa gueule entrouvre la cloison,

Et par milliers tous ceux qu’il ensorcelle,

Trop confiants, s’y jettent pêle-mêle.

Cependant, sans dégringoler

En son coffre profond, ils sont sous sa tutelle:

Chose étrange, on pu voir leur nombre centupler...

Un beau matin l’ami s’en va livrer bataille

Et, sans avoir fait ripaille,

Revient fort compromis... Alors, dans ses flancs creux,

Il coule sans pitié l’essaim aventureux:

Harengs, anchois, merlans et toute la marmaille!

Le ventre des banquiers,

N’aimant pas faire carême,

Sait engloutir tout de même

Le fretin des rentiers.


VI.
LE CHOU ET LES LIMACONS.

Table des matières

Au pied d’un Chou de fort belle venue

(Ils ont quelque renom en la Franche-Comté)

Un limaçon disait: «J’ai faim!... la charité!

J’ai froid! ma peau, voyez, est nue!»

Les Choux ont partout le coeur bon

C’est connu, le notre répond:

« Montez donc que je vous recueille,

Mettez-vous à l’abri sous ma plus large feuille. »

Le fainéant, sans plus se plaindre ou criailler,

Quitte le sol et monte s’installer,

D’abord modestement sous un pli du feuillage...

Puis compagnes et compagnons,

Limaces et Limaçons,

Y viennent gentiment établir leur ménage.

Enfin par l’exemple alléchés,

D’autres se sont du Chou tout autour accrochés,

Au point, qu’en peu de temps, sous leur poids il succombe,

Troué comme un vieux crible il se dessèche et tombe.

Le monde est plein de gens

Pareils aux limaçons, mendiants pleins d’audace,

L’un vous cajole, un autre vous tracasse,

Pour ne vivre qu’à vos dépens.

Il faut être bon, non bonasse!


VII.
LE LOUP DÉMAGOGUE.

Table des matières

Au lointain pays qu’autrefois

Découvrit le hardi Génois,

Deux beaux et braves chiens de chasse,

Tous deux noirs et de bonne race,

Malgré leur pénible labeur

Vivaient sans maudire leurs chaînes...

Hélas! se disaient-ils, toute vie a ses peines!

Certain jour un loup raisonneur,

Emérite hableur,

Leur tint «à peu près ce langage: »

«Hé! sots amis de l’esclavage,

Sachez donc que la liberté

Conduit à la fraternité...

Oui, suivez-moi, venez, pour jouir du bien-être

Sans devoir rapporter au tyran, votre maître,

Et sans travail ni peine ayant tout à foison

Gibier à poil, à plume et dans toute saison...»

Alors sans défiance,

Après ce speech insidieux,

Le moins fidèle des deux

Suit la trop avide engeance...

A quelque temps de là, «tout honteux et confus,»

Clopin, clopant, tous les membres perclus,

Léchant d’un air piteux et bosses et morsures,

Souvenirs chagrinants de folles aventures,

Noiraud s’en revint au logis;

Son frère, au poil frais et lustré, l’aborde:

–«Miséricorde!

Quels flancs amaigris!

En quelle compagnie

As-tu donc voyagé?–Je viens de chez les loups

De vrais pendards, d’adroits filous.

Fallait-il attaquer?... pour épargner leur vie

En tête il me plaçaient devant les ennemis,

Me promettant ma part de gloire et de richesse.

Victorieuse enfin cette gent larronnesse,

Oubliait sans pitié le bien être promis!

Et je ne reçus en partage

Que coups de dents pour tout potage!

Aussi reviens-je au maître, et carcans pour carcans,

Au diable ceux des charlatans!

Travailler, vivre en paix, vivre comme naguère

Camarade, crois moi, ça fait mieux notre affaire!

Nous sommes plus ou moins esclaves ici-bas!

A quoi bon, novateurs, tout fouler sous vos pas?...

Dans votre rage humanitaire,

Pourquoi ces haines, ces combats?

Si vous criez: Guerre, guerre!»

L’écho vous répond: «Misère!»


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Yaş həddi:
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Litresdə buraxılış tarixi:
16 yanvar 2025
Həcm:
70 səh. 34 illustrasiyalar
ISBN:
4064066325992
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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