Kitabı oxu: «Constantin Guys : 60 planches hors texte en héliogravure»
Jean-Paul Dubray
Constantin Guys : 60 planches hors texte en héliogravure

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066306212
Table des matières
CONSTANTIN GUYS
UN ÊTRE MYSTÉRIEUX
LA VOCATION
LE SECOND EMPIRE
L’ARTISTE ET LA VIE
SA MORT
BIBLIOGRAPHIE
TABLE DES PLANCHES

CE VOLUME, LE TRENTIÈME DE LA COLLECTION “MAÎTRES DE L’ART MODERNE”, DIRIGÉE PAR T.-L. KLINGSOR, A ÉTÉ ACHEVÉ EN AVRIL M.CM.XXX, LA GRAVURE DES PLANCHES PAR LA SOCIÉTÉ DE GRAVURE ET D’IMPRESSION D’ART A CACHAN, LE TEXTE PAR DAUPELEY-GOUVERNEUR A NOGENT - LE - ROTROU (EURE-ET-LOIR).
CONSTANTIN GUYS
Table des matières
CHACUN voudra bien admettre qu’il était très osé de vouloir entreprendre une étude d’ensemble sur Constantin Guys après le grand et sublime Baudelaire. Guys fut salué comme un triomphe de l’instinct, de la vocation. De fait, il en est le héros, puisque la vocation est semblable à la foi qui transporte les montagnes.
Constantin Guys, Hollandais élevé à Londres, attiré vers Paris, qui le prendra, l’absorbera et en fera son confident, est un vrai Parisien. Il est inséparable du Paris du Second Empire, où la République était si belle. Le temps est plus ancien pour nous que l’Égypte, la Grèce et Rome, la Renaissance et la Réforme, Louis XIV, Louis XV et même Louis XVI. Il nous paraît être un compromis. Il l’est en effet. Amas de médiocrités dans tous les domaines, le Second Empire est à peu près inexplicable. Il est si loin de la Régence, de l’Encyclopédie et du Romantisme qu’on ne saurait le faire valoir avantageusement.
Qu’on veuille bien feuilleter les livres d’avant le Coup d’État. Ils sont clairs, ils sont intelligents. Les bouquins destinés aux écoles sont lisibles. Ensuite, c’est le vague, c’est l’abscons, c’est le style universitaire béat qui n’a ni raison ni fin et ressemble aux Catophébas du sonore et habile Flaubert. Pourquoi? Parce que 1830 a coupé la tradition française et obnubilé l’esprit révolutionnaire. On a eu beau rétablir les chaires de Quinet, de Michelet, de Mickiewicz, la réaction coulait à pleins bords, l’esprit de finance régnait. On ne peut expliquer cette période que par Henri Heine montrant dans les salons de M. de Rothschild les spéculateurs qui s’inclinaient respectueusement devant le puissant baron.
Néanmoins, cette période eut des hommes dignes de ce nom: Bugeaud en art militaire, Gustave Courbet, et Carpeaux plus tard, dans les arts, moins soumis à la règle impure.
Et Constantin Guys apparaît ensuite...
Bien qu’étranger, il est Parisien, et il n’est que cela. Si l’on en croit le fameux auteur des Fleurs du Mal, il aurait, comme La Fontaine, comme Jean-Jacques, commencé à produire à quarante ans, poussé par une vocation impérieuse qui lui fait tout délaisser. Il est prophète, l’hostilité lui donne un point d’appui. Les méconnus trouvent dans leur orgueil une force suffisante pour créer. Elle leur sert de tremplin...
Il n’était pas riche: ce qui est nécessaire pour dédaigner les couronnes de papier doré. Il croyait à son art, et c’est la plus belle mystique, et la meilleure. Il fut Parisien, parce qu’il aimait cette atmosphère unique. Peut-être paya-t-il cher le plaisir de comprendre et de traduire Paris en images...
Le Second Empire n’eut pas, à proprement parler, d’art. Les artistes qui y vécurent ne lui appartiennent pas, ou ils sont condamnés à la mort sans phrases. Ni les meubliers, ni les tapissiers, ni les stratèges, ni les écrivains, ni les journalistes de cette époque n’ont mérité de vivre. Le Second Empire est une erreur monstrueuse, à tous les points de vue. En politique comme en économique, cette époque est indéfendable. Et cependant! Qu’on examine une œuvre de Constantin Guys: il ressuscite avec ses personnages apprêtés, son luxe frelaté, ses amours plates et sans avenir. Mais il est magnifié par la magie de l’art. Il est digne, en tous points, des consécrations. Constantin Guys, Parisien, a fixé les heures mémorables, l’atmosphère, l’esprit de cette période qui est un crépuscule de la pensée et de l’esprit français. Avec quel brio, quelle divination ne les a-t-il pas magnifiés! Les véritables Parisiens sont exceptionnellement de Paris. La plupart sont nés en province. Quand ils sont venus d’ailleurs et sont acclimatés, ils sont extraordinaires. Tel Henri Heine, tel Constantin Guys. Le nationalisme est troublé par ces constatations.
Comment vivait-il? Mystère. On ne sait de lui que son acte de naissance et ce qu’en écrit Baudelaire, critique d’art compréhensif entre tous et qui vécut, on peut dire, exilé de ses trois principales aspirations: la gloire, une femme à soi, la vie régulière, et dont l’existence a été traversée par l’histoire d’une négresse, Jeanne Duval, de la dernière catégorie, mais qui a donné naissance à des chants immortels.
Quel dommage que Constantin Guys n’eût pas l’idée, tel Joseph Vernet, d’écrire ces Livres de raison qui sont un document autobiographique du plus grand intérêt! J’eusse pu conter avec un plus grand luxe de détails la vie de ce grand nomade, qui certes fut méconnu en son temps, raillé peut-être, et dédaigné certainement. Il continua, il persista, et son œuvre vaut davantage que tous les tableaux de l’École académique et la production des officiels. Elle est un témoignage d’abord. Elle est surtout une œuvre d’art.
C’est par l’Art que se fixent les époques. Malheureusement, les intendants des Beaux-Arts sont souvent incapables de discerner les vrais tempéraments. Autrement, gageons que ce serait trop beau...
Passionné de Constantin Guys, je désirerai faire comprendre les beautés de cette œuvre, entre toutes prestigieuse. Montrer comment Guys a réalisé des pages admirables, sans nul souci d’un temps révolu, et dont, à dire vrai, il est le joyau.
Je me suis bien voulu garder d’inventer des anecdotes ou des faits sur ce Solitaire. Je me suis plu et contenté de n’avancer que ce que je sais, avec ferveur. Et cela suffit. Je me suis aussi bien gardé de faire œuvre de critique. Il me déplaît. Peut-être — et j’aime ainsi penser — par cette étude, on pourra aisément concevoir que les contemporains ne comprennent pas leur époque, ce qui ne saurait étonner personne.
UN ÊTRE MYSTÉRIEUX
Table des matières
CONSTANTIN GUYS ne signait pas ses œuvres. Il obligea le sublime Baudelaire à n’écrire sur lui qu’en le désignant par ses initiales: C. G. Il ne pardonna jamais à Thackeray d’avoir parlé aimablement de lui dans un journal de Londres.
Ami des plus grands artistes du Romantisme, il entendait être traité en amateur. Il n’était qu’un gentleman, dessinateur des Nouvelles illustrées de Londres (London Illustrated News). On ne sait presque rien de lui. On ignore comment il se voua au dessin et voulut fixer les images de son temps, hanté par le pittoresque, cherchant l’originalité et la rendant d’un trait saisissant, avec des modelés qui sont un hommage à la couleur.
Résumons les faits dont nous sommes sûr à son sujet.
Il naquit à Flessingue, le 3 octobre 1802, de parents français et même provençaux. Son père, François Lazare, était commissaire en chef de la marine française et voyageait donc sur les bateaux. Son parrain et oncle était commissaire aux relations commerciales avec la Hollande à Rotterdam, consul de France par conséquent. Mais il ne demeura pas en Hollande, puisqu’il fut pris, plus tard, par le désir fou de connaître la ville où il naquit et ne put le satisfaire qu’à plus de soixante ans, grâce à Nadar, le photographe, l’aéronaute, le journaliste républicain, qui fut son dernier ami.
Quelles études fit Ernestus-Hyacintus-Adolphus-Constantinus Guys? Il fréquenta certainement un lycée impérial, au hasard des ports d’attache de son père. A quel âge le perdit-il, et sa mère, Élisabeth Betin, dont nous savons moins encore? Fut-il élevé par Barthélemy, son cousin, représentant du peuple en 1848 et l’un des chefs du libéralisme? Il semble que la pension qui lui fut faite par l’ancien fidèle du général Cavaignac soit un souvenir d’adoption. On ne prend aucune peine à se le représenter alors rêveur et enthousiaste: il le fut toute sa vie. Il est passionné, frémissant; il aime l’aventure, il entend se dévouer à une grande œuvre.
A dix-huit ans, en 1820, il part en Grèce avec lord Byron, qui soutient les insurgés hellènes contre la Turquie.
Lord Byron, qui était un poète au renom universel, à l’esprit cinglant, avait une vie bien désolée. Désolée, bien qu’il fût fort beau et que son infirmité de pied bot ne le gênât aucunement pour ses prouesses sentimentales et amoureuses, dont il se montrait très friand.
Il faisait scandale par son dandysme, son amour pour Napoléon... Mais, chose plus grave, il était, en outre, épileptique. Il le cachait soigneusement, et ce fut la cause principale de cette fugue à Missolonghi où il trouva la mort; fugue de forme quasi comitiale, bien que drapée des prétextes les plus séduisants.
N’y eut-il pas aussi, dans cette vie des plus tourmentées, un amour coupable, s’adressant à une personne de sa famille à laquelle il n’aurait jamais dû songer? Cet amour coupable, auquel on ne trouve guère d’allusion que dans Manfred, est demeuré, en somme, au second plan, et ce qui est resté, toute sa vie, au premier, ç’a été la crainte et l’attente de l’attaque épileptiforme. Le cas rappelle celui de Flaubert, d’après Maxime du Camp.
N’empêche! lord Byron avait sa cour d’admirateurs et de... flatteurs. Les correspondants de journaux, les échotiers dirions-nous aujourd’hui, s’enquéraient de ses gestes et en informaient la presse de Londres, déjà fort active et qui, comme chacun sait, s’était imposée par l’ampleur de ses informations. Si les bourgeois qui ouvraient l’ère des manufactures avaient peu de goût pour les voyages, l’aristocratie, par contre, s’y adonnait fort et trouvait partout des amitiés, des relations. On savait, par lettres, ce qui se passait dans le monde qui lui agréait. Il est certain que le jeune Guys se présenta à lord Byron, qui accueillit fraternellement ce Français inconnu.
Serait-ce trop d’affirmer que cette rencontre décida de sa destinée? Et cependant!...
Constantin Guys eut, certes, toujours le goût du dessin. Il se forma seul, sans maîtres. Les croquis, l’emploi qu’il fit des couleurs — desquelles jamais il n’abusera — montrent un amateur qui n’a pas passé par les écoles, qui n’a pas une formation «régulière». Il ne s’embarrassait pas d’une palette classique: il gouachait ou aquarellait avec ce qui lui tombait sous la main, avec une fureur telle qu’il faisait rejaillir l’eau de son pinceau «jusqu’au plafond», dit le poète des Fleurs du Mal. S’il n’eut pas de professeur, si l’idée lui vint d’étendre, pour la première fois, sur une feuille blanche, de l’encre et des couleurs, c’est, suppose encore Baudelaire, vers la quarantaine. Laissons parler le «poète maudit» :
J’ai vu un grand nombre de ces barbouillages primitifs et j’avoue que la plupart des gens qui s’y connaissent, ou prétendent s’y connaître, auraient pu, sans déshonneur, ne pas deviner le génie latent qui habitait dans ces ténébreuses ébauches. Et le critique d’ajouter que C. G... trouve, à lui seul, toutes les petites ruses du métier, qu’il fait, sans conseils, sa propre éducation et que, devenu puissant maître, il ne garde de sa première ingénuité que ce qu’il en faut pour ajouter à ses riches facultés un assaisonnement inattendu...
Mais qu’on croie bien que déjà, dès son enfance, Constantin Guys chercha à crayonner, à tracer des images. Il avait le don. On ne l’avait pas remarqué au collège ou, du moins, on ne chercha pas à l’encourager. Ce qui le prouve, c’est qu’à son retour de Grèce il s’engage dans l’armée. On ne voyait donc pas en lui un artiste. On ne l’aida pas à affirmer son génie.
Constantin Guys ne doit rien qu’à lui-même et à une invincible passion.
Par conséquent, ce n’est pas, croyons-nous, une hypothèse saugrenue que de se persuader qu’en Grèce, auprès de lord Byron et de ses compagnons de tous les pays, accourus auprès de lui pour une nouvelle croisade qui entendait délivrer l’humanité classique de l’oppression turque, il dessinait dans ses minutes de loisir. Il illustrait la campagne des littérateurs. Il se formait à un reportage spécial dont il sera plus tard le maître incontesté.
On trouverait, certes, si l’on cherchait dans les journaux anglais de cette époque, dans les archives de correspondants britanniques de lord Byron, les premiers essais de Constantin Guys, trésors d’un prix inestimable.
Il s’inspire alors de Debucourt, de Saint-Aubin, d’Eisen, des maîtres du XVIIIe siècle. S’il était passé par les écoles, il aurait, à coup sûr, été influencé par l’école de David. Il devint ainsi un mélange audacieux, et unique, du pur classique élégant, délicat avec le romantisme.
Qu’est-ce qui le jeta vers la Grèce, les armes à la main? C’est que tout cœur vibrait aux malheurs des Hellènes, magnifiait Canaris, le corsaire, voulait sauver l’Hellade, à tout prix, d’un joug barbare. Le principe des nationalités, jailli de la Révolution française, exaltait fort les esprits. La cavalerie immense et forte des armées de l’an II avait été arrêtée à Waterloo. Mais les jeunes gens conservaient tous le goût de cette aventure et ne voulaient rien moins que la ressusciter. Toute noble lame se passionnait. Délivrer la Grèce apparaissait aussi beau, aussi grand, que donner la liberté au monde ou libérer le Saint-Sépulcre.
Constantin Guys dut à cet élan de son cœur de très précieuses amitiés anglaises. Ce ne peut être que par elles qu’il sera l’un des fondateurs du London Illustrated News. Les fervents de lord Byron se souviennent alors de ce dessinateur qui ne redoutait aucun danger pour fixer les vues des spectacles guerriers et de la vie de bivouac.
Rentré en France, à vingt ans il s’engage pour sept ans, certainement, comme c’est l’usage. Pourquoi? Parce qu’il avait été séduit par les chevaux, qu’il traduira plus tard en expressifs dessins, lavés de teintes plates à l’encre; par les charges fougueuses, ou parce que ses parents avaient déconseillé sa fugue en Hollande et cherchaient — les pauvres! — à mater son esprit aventureux. Nous ne pouvons rien conclure.
Il fit, assure Armand Dayot, un service très actif. Il sortit maréchal des logis de dragons. Ici encore nous ne pouvons rien affirmer. Nous savons seulement que Barthélemy, son cousin, qui avait son âge, avait été établi imprimeur à Paris et avait eu, à cause de son libéralisme, force difficultés avec le pouvoir. Il dut même se retirer en Eure-et-Loir en 1829, parce que, plus que suspect, ses opinions républicaines le faisaient traiter en agitateur dangereux!...
Constantin Guys, fils d’un serviteur de l’Empire, allié d’un républicain appartenant à une famille qui comptait un ancien membre de la Révolution, ne pouvait envisager la possibilité d’être élevé au grade d’officier. La politique entravait toutes ses espérances. Force lui fut donc d’abandonner l’armée.
Et ce qui peut, certes, donner quelque poids à cette affirmation, c’est que le Peintre de la Vie moderne, ainsi qu’on l’appellera plus tard, se rend en Angleterre.
Et là, plus que dans nulle autre contrée qu’il traversera, il assiste au spectacle lamentable de l’horrible déchéance, de la dégradation physique aussi bien que morale.
Il va dans les rues encombrées de costers ambulants, où les états se prolongent à l’infini, aussi variés, aussi abondants que les rêves du peuple glouton. Il va...
Il transcrit, au jour le jour, la physionomie des vieilles sordides — qui circulent — grandes flaireuses de morceaux douteux, aux mines confites en petits dégoûts et liardant avec âpreté, des compagnies de buveuses de thé au brandy, bavardes, hystériques, riant de manière horripilante et dénigrant tout.
Il est saisi par la rencontre des voyous, d’affreux voyous aux faces rusées et criminelles, qui ingurgitent des petits tas de déchets au long des trottoirs. Combien Constantin Guys, en son moindre détail, saura traduire ce qu’ils ont du «cant» du ruisseau et qui, tous, portent la singulière friperie dont aimera, plus tard, à se revêtir la «mob» : redingote oxydée, hautes formes en lanternes vénitiennes, et, sur la hideuse misère des jupes en loques, des corsages ignobles, des châles déchiquetés, va la capote de tulle roux... Toutes les variétés d’alcooliques. Des faces de carême, des tissus mous ou spongieux, des déformations odieuses du visage, l’attaque de l’avilissant poison à la fermeté des contours, à la force des leviers: la métamorphose de l’homme en immondice.
Mais il est au ravissement de contempler dans ce Londres, grand évocateur de brumes, ses parcs, ses rues, les joies du soleil, les caprices de mai et les cuissons de la canicule, les fièvres charmantes du ciel, les nuages parés de transparence marine, les clartés d’un bel azur. Il avait cru, lui aussi, à la légende qui veut Londres sans printemps et sans été !...
Et il va... toujours notant, le calepin à la main, à la manière d’un Faust à la kermesse, prenant des notes: les grandes voies sont noires, enfumées de suie, souvent rebelles aux plus beaux jours; — il se plaît aussi à surprendre les petites villas aux jardinets aimables, aux vitres diaphanes, aux floraisons opulentes.
En des croquis d’une subtile élégance, de haute «aristocratie », Constantin Guys a su rendre, plus que nul autre artiste, fût-il même Anglais, la splendeur intime des parcs de Londres. Sur les ray-grass abondants, sous les ombrages des grands arbres, parmi les brillants parterres y sont étalés la liberté d’allure, le repos au bord des étangs et des petits lacs. Les perspectives alors s’ouvrent larges ou pleines de quelque mystère, encloses des vapeurs du soir ou dans le cristal du plein jour.
Et le soir Constantin Guys est là, toujours à guetter... les jeunes couples. Il attend silencieux l’heure où les bras des jeunes hommes s’enlaceront aux tailles des nymphes: la gamme des caresses permises; les longs baisers du flirt — la tolérance anglaise aux simulacres de l’amour — dans quelque campagne qu’on dirait éclairée d’un soleil qui essuie des larmes.
Il avait certainement continué à dessiner, ses débuts sont proches. Dès 1830, il collabore à l’Artiste. Et si nous le trouvons à Londres, c’est qu’il comprend très bien qu’il n’a de Paris rien à espérer qui soit digne de quelque intérêt. Ses rêves ont été, brutalement, détruits. La réaction en France coule à pleins bords. Il a grand besoin de gagner sa vie. Il n’est pas écrivain. Cet artiste intarissable et anonyme n’est qu’un amateur de dessin, qui prend à se cacher autant de peine, dira Nadar, que s’en donnent les autres pour paraître. Il comptait sur les épaulettes: elles l’ont fui. Il va revoir ses compagnons d’armes d’antan, près desquels il à continué de se confier. Il profitera de l’exquise hospitalité anglaise. On lui fait d’ailleurs espérer que dans la Cité ses dessins seront fort accueillis. Il s’y rend donc.
L’Angleterre est pauvre en écrivains, en peintres, en artistes. C’est la raison pour laquelle ceux-ci s’y créent facilement des situations enviables.
Pulsuz fraqment bitdi.