Kitabı oxu: «Méthode de dressage rapide du cheval de selle et d'obstacles par des procédés simples et puissants»

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Joseph Guyot d'Asnières de Salins

Méthode de dressage rapide du cheval de selle et d'obstacles par des procédés simples et puissants


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066324179

Table des matières

AVANT-PROPOS

MÉTHODE DE DRESSAGE

Images.

Action de la main dans le sens latéral.

Utilisation des mouvements qui précèdent dans le double but de développer la puissance, l’élasticité des ressorts et d’obtenir la légèreté à la main.

Répétition des mouvements qui précèdent à un trot gaillard. Variations d’allures. — Reculer.

Mettre le cheval à même de jouer de son propre poids.

Jambe isolée. — Flexion.

Comment obtenir la Flexion?

POIDS DU CAVALIER

ACCORD DES AIDES

Répétition, en utilisant l’Accord des aides, de tout ce qui précède.

TRAVAIL AU GALOP

Serpentine au galop.

Changement de pied.

Le cavalier doit limiter ses exigences.

ÊTRE SUR LA BOULE

Changements de pied du Tac au Tac.

ÉLÉGANCE DU CAVALIER

Trot scandé à détentes énergiques.

RÉSUMÉ DE LA MÉTHODE DE DRESSAGE

REDRESSER UN CHEVAL DE TRAVERS

Tourner le plus stable qui soit.

CHEVAL EMBALLARD

CHEVAL RÉTIF

CHEVAL PEUREUX

DRESSAGE AU SAUT

DRESSAGE A L’OBSTACLE DU CHEVAL DE CONCOURS

Qualités que doit posséder un Cheval de concours ou que nous devons lui faire acquérir.

Comment amener le Cheval de ses débuts à l’épreuve publique?

Apprendre au Cheval à sauter.

Mécanisme du Saut de pied ferme.

Saut avec élan.

Comment donner au Sauteur ou comment développer chez lui les qualités qui lui sont indispensables.

Le Respect de l’Obstacle.

Dans quelle direction élever la barre à frapper?

Déplacement facile du centre de gravité.

Amener le cheval à se comporter sous le cavalier comme s’il était en liberté (Dressage) .

Cheval dérobard.

Maniement des rênes.

Le Cavalier dans les dernières foulées.

Mettre le Cheval en état d’effectuer sans fatigue un parcours sévère (Entraînement) .

AVANT-PROPOS

Table des matières

Ce livre est l’exposé fidèle des procédés de dressage que, depuis de très longues années, j’ai appliqués indistinctement à tous les chevaux que je montais.

Il est, en même temps, le résumé non moins fidèle de l’enseignement que je donnais à mes élèves.

J’y prends le cheval débourré — c’est-à-dire cédant à l’action simultanée des deux jambes et à celle de la rêne directe d’ouverture — sans plus.

J’appuie sur tout ce qui, à mon sens, a une importance primordiale; je glisse sur le reste. Soit que ce reste découle naturellement de mon dire; soit que je l’estime trop connu, trop décrit, déjà, pour ne pas constituer un bagage peu utile et hors de proportion avec mon sujet: «DRESSAGE RAPIDE» qui comporte la concision.

MON CHER AMI,

Vous me demandez de présenter votre livre au public: c’est pour moi un honneur et un plaisir.

Un honneur, car je suis fier d’inscrire mon nom sous celui de l’officier qui, pendant 35 ans, fut une des plus grandes et des plus pures gloires hippiques de l’Ouest.

Un plaisir, car j’ai retrouvé dans cet ouvrage tous les grands principes d’équitation enseignés à notre belle Ecole de Cavalerie.

Vos lecteurs verront dans votre ouvrage, une fois de plus, exposé dans un style clair et imagé : la question capitale de l’impulsion, clef de voûte de l’équitation et sur laquelle le comte d’Aure, le général L’Hotte, le général de Beauchesne et tous les grands écuyers ont tant insisté.

L’engagement des postérieurs produisant le voussement du rein dont parle longuement Champsavin.

Le maniement et l’emploi des rênes, chers au général Jules de Benoist. Enfin, l’épaule en dedans qui, comme le disait La Guérinière, est «la première et la dernière de toutes les leçons qu’on peut donner au cheval».

Mais ce qu’ils trouveront surtout, c’est le fruit d’une longue expérience, du travail acharné d’un cavalier doué entre tous et ne s’attaquant qu’aux chevaux difficiles.

J’ai revécu, en lisant votre livre, vos duels fameux avec l’emballeur «Balthazar» qui, après avoir promené au Grand-Palais un débutant de concours (devenu plus tard un maître à votre école), tomba dans les rênes d’acier et se soumit après avoir goûté les douceurs du demi-arrêt.

J’ai reconnu le rogue «Et Comment», condamné à mort à cause de sa rétivité, par un marchand de champagne tristement célèbre, et qui, entre vos mains, gagnait les coupes les plus sévères!

J’ai revu le pauvre «Korrigan» qui mettait si gentiment les pieds dans l’eau et que vous corrigiez à coups de barre!

Et votre plus beau succès, la petite «Velleda», une ponette de 1 m. 50, fille de «Bure», ponette de polo de Max Lebeaudy, qui, sous votre poids, gagnait des championnats de hauteur mettant en valeur toutes vos théories: l’impulsion, l’engagement, le voussement du rein, la détente de tous les ressorts, l’allongement d’encolure.

Qu’il me soit donc permis de saluer à son apparition le livre d’un ami et d’un maître, et d’en recommander la lecture surtout aux jeunes cavaliers qui abordent la carrière des Concours. Ils verront en le lisant que si le «jumper» n’a pas besoin d’être manégé, il doit être dressé et d’une obéissance absolue aux aides, souple pour être vite, équilibré pour pouvoir faire du train sans se mettre sur les épaules, jouer avec son poids et celui de son cavalier pour se reprendre dans les difficultés sans perte de temps.

Enfin, à votre école, ils prendront la flamme du cavalier et le goût du risque!!

Angers, le 16 juin 1925.

Lt-Colonel HAENTJENS,

ancien Ecuyer de Saumur.

Je ne veux pas livrer mon manuscrit à l’impression avant d’avoir apporté à mon excellent et charmant ami, Jean-Paul-Louis Courier de Méré, le témoignage de ma plus affectueuse reconnaissance pour les précieux encouragements qu’il m’a prodigués.

Il est le premier à avoir lu mon vague projet de livre qui, sans lui, n’aurait peut-être jamais vu le jour.

Ce remarquable homme de cheval, au jugement droit et aux vues si nettes, par ses aimables instances, a eu raison de ma répugnance native pour la plume.

Mais, ce qui m’a surtout décidé (à cause du grand prix que j’y attachais), c’est l’entière approbation qu’il a donnée à mes moyens de dressage.

Pauvre vieux Jean! vous voici compromis et je crains fort de vous jouer un bien vilain tour, en vous attelant ainsi à mon char; mais vous avez les épaules... chaudes et (digne petit-fils de votre illustre grand-père)... bec et ongles pour vous défendre.

Cela diminue mes scrupules.

Quant à mon ancien camarade de concours, le colonel Haent jens — un des plus brillants cavaliers parmi l’élite qui, dans toutes les épreuves internationales d’avant-guerre, a tenu si haut le drapeau français — je ne lui dirai jamais assez combien est grande ma joie de l’avoir pour parrain; non plus que la gratitude que je lui garde pour le lustre que donnera son nom à mon ouvrage.

MÉTHODE DE DRESSAGE

Table des matières

J’ai dressé un grand nombre de chevaux et formé bien des cavaliers.

Dans le dressage des uns, de même que pour l’instruction des autres, je me suis toujours efforcé de n’appliquer que des procédés simples, ayant une action puissante sur le cheval et ne demandant aucun effort d’imagination pour être parfaitement compris de mes élèves, que j’ai constamment mis en garde contre toute méthode compliquée.

C’est cette simplification, comportant la rapidité en dressage et en instruction, que je vais tenter de fondre ensemble dans les pages qui suivent.

Lorsqu’on entreprend le dressage d’un cheval de selle, on «muse» en route, parce qu’on n’a pas un but bien défini. Manquant de point de direction, la marche est hésitante; on s’égare dans des petits chemins sans issue; ceux mêmes qui finissent par vous ramener dans votre «vague» direction n’en ont pas moins allongé votre trajet... On piétine sur place, parce qu’on accorde à des procédés «à côté » une importance qu’ils n’ont réellement pas et parce qu’on s’obstine à vouloir leur faire rendre, quand même, ce qu’ils sont incapables de donner, alors qu’on n’applique pas les moyens simples et à «rendement» immédiat.

On place ainsi la charrue devant les bœufs et, souvent, tous les péchés d’Israël sur le dos de son cheval qui n’en peut mais; on le rend responsable, même de sa propre ignorance. Le pauvre diable «écope» et cela n’avance pas les choses... bien au contraire.

Donc, le point essentiel est d’avoir un but très net; de voir clair sur le chemin qui y conduit et de marcher droit sur lui.

«Obtenir un cheval: calme, en avant, droit, léger», nous dit le général L’Hotte, en quatre mots lumineux faisant, de ce but, un phare étincelant qui inonde de clarté la route entière à suivre.

Avant de nous y engager, jetons un rapide coup d’oeil en arrière.

De tous les arts, l’équitation est certainement le plus noble et le plus ancien.

L’homme, entre autres choses, a bien inventé : le pinceau, le burin, la truelle, la rime, la clé de sol et le bécarre.

Mais c’est Dieu lui-même qui a créé, l’un pour l’autre, l’homme et le cheval.

L’équitation remonterait donc au sixième jour de la création.

Ce jour-là Dieu a fait l’homme avec un derrière pour s’asseoir sur la selle, des jambes pour actionner le cheval, des mains pour l’arrêter et pour le diriger.

Sachant qu’il serait si léger, si chétif auprès de son robuste compagnon, le Créateur avait, déjà la veille, doté le cheval d’une gracieuse et puissante encolure. La désignant à son futur cavalier, il lui expliqua: «Voici le levier qui, entre tes mains, réduira presque à néant le trop fort poids de ton fougueux coursier».

Il dit: et l’Equitation fut!

Ne la laissons pas dévier dans des méthodes compliquées; maintenons-la dans les limites simples et rationnelles qui lui ont été assignées le jour même de sa naissance. Par un travail constant, efforçons-nous de devenir des virtuoses dans l’art le plus noble et le plus passionnant qui soit. Nous constaterons alors que, parallèlement à nos progrès, grandira chez nous le besoin d’en simplifier constamment les procédés.

Que je trace d’abord le cadre dans lequel je compte maintenir ce petit travail.

L’éducation du cheval comporte: le débourrage et le dressage.

Le débourrage est affaire d’instituteur primaire qui, suivant ce qu’il vaut lui-même, peut former aussi bien un honnête «homme» qu’un anarchiste.

Je ne nie donc pas l’importance de son rôle; mais, outre que «Dressage rapide» n’est pas le fait d’un tout nouveau-né, à l’équitation s’entend, afin d’être concis, je laisserai intentionnellement de côté le débourrage avec sa rêne d’ouverture, pour m’en tenir au dressage proprement dit qui comporte, au début, l’emploi presque exclusif des deux jambes agissant simultanément; puis, celui de la rêne d’opposition et, enfin, celui du poids du cavalier.

Plus tard, à ces actions si simples, viendront s’ajouter celles de la jambe isolée et de la flexion.

Avant de poursuivre, embrassons d’un regard l’ensemble du travail. Cela aidera à le mieux comprendre.

J’évoquerai d’abord quelques images simples destinées, dans mon esprit, à étayer des principes fondamentaux et à les mieux faire tomber sous le sens.

Il est tellement plus aisé de bien exécuter un mouvement que de l’expliquer de façon lucide que, si ma plume inexpérimentée ne recourait à ces images, elle risquerait de rendre imparfaitement ma pensée.

Ceci dit, au lieu d’encercler mon travail dans le cadre rigide de chapitres séparés, je ferai simplement monter mon cheval de dressage et je demanderai au lecteur de vouloir bien suivre du regard ses évolutions, tout en prêtant une oreille attentive aux explications que je donnerai à son cavalier.

Puis, le dressage étant terminé, je le convierai à contempler l’homme aux prises avec le cheval dans les résistances qu’il peut lui opposer.

Je terminerai par le dressage du cheval à l’obstacle.

Images.

Table des matières

En fait, la «machine cheval» est essentiellement un moteur muni d’une direction.

MOTEUR. — Le moteur ne produira, en effet utile, son maximum de rendement qu’à la condition d’être placé, très exactement, dans l’axe de la masse à mouvoir. Sur cet axe, il doit pouvoir coulisser avec aisance. Mais, si là est sa position normale, il faut qu’il puisse, sur demande formelle, la quitter momentanément.

Le moteur peut même être appelé à tourner autour de la direction; mais alors, l’ensemble de la machine ne pourra prétendre à une célérité, à une légèreté comparables à celles qu’elle peut atteindre lorsque c’est la direction qui pivote autour du moteur.

DIRECTION. — La direction ne peut presque rien par elle-même. Elle ne vaut que par le moteur. Son rôle est de s’emparer de la force produite par ce dernier. Elle peut la laisser passer, en tout ou en partie; répartir à sa guise ce qu’elle en retient. Elle peut neutraliser cette force; l’employer à faire rétrograder la machine; ou bien, s’en servir pour la faire pivoter autour d’un quelconque de ses points, aussi bien qu’autour d’un point situé n’importe où en dehors d’elle-même.

Elle a donc tous pouvoirs sur le moteur dont, par réciprocité, elle ne peut se passer.

Même coup d’œil sur la «machine homme». En dehors du fait qu’elle doit enlacer la «machine cheval» et se lier avec souplesse à ses mouvements, elle est essentiellement:

Une mise en marche et avance à l’allumage (jambes).

Une commande de direction (mains).

Enfin, un régulateur (poids).

Ceci, attentivement observé, nous amène à cette évidence: «La machine ne pourra se mouvoir en évitant à-coups et soubresauts, qu’à la condition expresse que son moteur et sa direction soient en prise directe et constante avec les organes destinés à la conduire».

D’où, en raccourci:

CAVALIER. — Le cavalier, ses mollets ne faisant qu’un avec les flancs du cheval, ses mains ayant, avec la bouche de ce dernier, la liaison la plus intime, est à examiner dans ses trois «organes de commandement» : les jambes, la main, le poids.

Jambes et main doivent être irrésistibles dans leurs actions extrêmes et pouvoir graduer leurs effets, pour ainsi dire, à l’infini.

JAMBES. — Les jambes n’étant limitées dans leur puissance que par le maximum de vitesse dont est capable le cheval qu’elles actionnent.

MAIN. — Mur infranchissable et dont les doigts ne doivent, pourtant, pouvoir se desserrer sans que le cheval s’échappe en avant; la main, tout en conservant intactes ces deux prérogatives extrêmes, doit obtenir toute la gamme allant de l’appui senti, jusqu’au simple chatouillement des doigts par les rênes et même, jusqu’à l’abandon, très court et momentané, je m’empresse de le dire, de tout appui (flexion).

POIDS. — Le poids du cavalier peut être considéré, au début, comme «aide des aides».

Son importance grandit avec le savoir du cheval et avec l’intelligence des fesses du cavalier qui, dans l’équitation fine, devront, à elles seules, pouvoir entraîner, dans un sens ou dans l’autre, le cheval préalablement mis en équilibre.

A ce moment, le poids du cavalier devient une «aide véritable».

CHEVAL. — Le cheval est à examiner dans ses propulseurs et dans son appareil de direction qu’il doit livrer, tous deux, à la volonté de son cavalier.

PROPULSEURS. — Pour donner tout l’effet de leur puissance, les propulseurs, nous l’avons vu, doivent travailler dans l’axe du cheval.

Leur rôle n’est pas limité à l’unique devoir de chasser en avant la masse, en occupant toujours la même place, par rapport à elle.

Ils peuvent être appelés à servir de point d’appui pour alléger la direction; pour faciliter l’enlever de l’avant-main et aussi pour permettre au cheval une détente plus puissante et plus brusque.

Ils ne pourront remplir cet office qu’en s’engageant. Il faut donc que les propulseurs puissent coulisser, avec aisance, sous l’axe du cheval.

Toutefois, on peut utiliser leur travail en dehors de cet axe, ne serait-ce que pour diminuer la poussée trop puissante qu’ils exerceraient à un moment donné.

Il faut donc qu’ils puissent aisément quitter leur position habituelle.

Avant d’étudier l’appareil de direction, j’invite le lecteur à jeter un coup d’œil comparatif sur le cheval et sur son cavalier.

Il se défendra, je crois, difficilement de cette réflexion: «Comment, dans sa faiblesse, le cavalier pourra-t-il manœuvrer une telle masse, si lourde et douée en sus d’une force musculaire formidable en comparaison de la sienne?»

Comment?

Le Créateur, nous l’avons vu, s’est, dès l’origine des temps, posé le problème et lui a donné la solution la plus élégante en dotant le cheval d’un appareil destiné à multiplier, presque à l’infini, la puissance d’action de la main du cavalier sur lui.

DIRECTION. — Cet appareil n’est autre que l’encolure.

L’encolure peut fonctionner:

1° Dans le sens de l’axe du cheval;

2° Dans le sens latéral.

RESSORT A BOUDIN. — Dans le sens de l’axe du cheval, elle agit à la façon d’un ressort à boudin qui se détend de lui-même dès qu’aucune force ne met obstacle à son allongement.

Légèrement bandé, ce ressort ne laisse plus passer en avant qu’une partie de l’impulsion venant de l’arrière; il impose le ralentissement.

Complètement bandé, pendant un instant, il fait équilibre à l’impulsion et impose l’arrêt.

Maintenu complètement bandé, le bout fixe du ressort étant alors à l’avant, et la détente ne pouvant plus, de ce fait, se produire que vers sa base, il renverse le sens de l’impulsion qui se produit en arrière; il impose le reculer.

RESSORT A LAMES. — Dans le sens latéral, l’encolure agit à la façon d’un ressort à lames, très souple à son extrémité et à élasticité décroissante jusqu’à sa base, presque rigide.

Captée à son extrémité, l’impulsion, à laquelle il est fait opposition d’un côté seulement, fait ployer l’avant du ressort.

La poussée, venant de l’arrière, s’opposant à son redressement, toute sa puissance de détente se reporte vers sa base avec d’autant plus d’énergie que plus forte est la poussée.

Dès lors, le ressort opère, par réaction, sur la masse elle-même qu’il fait dévier, suivant la direction qui a été donnée à la résistance: soit dans un de ses bouts; soit dans l’autre; soit dans son ensemble.

Réunissons maintenant le cheval qui exécute, au cavalier qui ordonne.

Les commandements du cavalier doivent être nets, précis, exempts de tout effet de surprise.

Ils ne le seront que si les points de contact, unissant homme et cheval, sont établis à «courant continu».

La moindre interruption, la plus légère reprise produiraient, en effet, un à-coup préjudiciable à l’exécution instantanée et coulante du mouvement ordonné et nuiraient grandement à la confiance, que doit avoir le cheval, dans les aides fermes et bienveillantes qui le dirigent et à l’action desquelles il doit s’abandonner sans contrainte, sans appréhension.

Cette confiance, le cheval l’accordera entière, lorsque les deux «courants continus» qui le manœuvrent seront dosés à la juste mesure et jamais ne se contrarieront.

Si les jambes disent: «marche!» la main doit laisser passer... Si la main dit: «recule!» les jambes doivent laisser passer.

JAMBES. — Les jambes commandent ou accélèrent le mouvement.

Elles sont en prise directe avec les côtes qui reçoivent leurs ordres.

Armées d’éperons rendant leur action irrésistible, il leur est facile, grâce à ces puissants auxiliaires, de doser à leur gré le mouvement et, au fur et à mesure des progrès du cheval, d’obtenir la même impulsion au moyen d’une pression des mollets de plus en plus légère et dont le registre sera, en fin de compte, fonction de la finesse du cavalier et du degré d’instruction du cheval.

MAIN. — La main sert de régulateur de l’impulsion, de frein, elle manie la direction.

Elle est unie à la bouche du cheval par l’intermédiaire du mors et des rênes.

La direction ne peut être maniée par une main folle.

Il est donc indispensable que le coude soit collé au corps, afin de lui donner un appui solide.

De plus, la direction, devant être d’une souplesse extrême, elle comporte deux ressorts.

L’un, entre la bouche du cheval et la main du cavalier, n’est autre que l’encolure.

L’autre, en arrière de la main, est constitué par le jeu du poignet sur l’avant-bras fixe.

Du fait même de son union intime et constante avec la bouche, la main est souveraine maîtresse du cheval et pourtant, en dressage, on peut dire qu’elle n’est rien par elle-même.

La main ne vaut, en effet, que par l’impulsion et si, à un moment donné, la direction hésite à lui obéir, elle n’a pas à marquer davantage son action; mais bien à réclamer des jambes une poussée plus forte qui, multipliant instantanément sa puissance, mettra la direction dans l’impossibilité de résister à son action ainsi renforcée.

La main peut agir «en souplesse» à des degrés infinis, depuis la liberté à peu près complète du poignet, jusqu’à son immobilité presque absolue.

Elle peut, au contraire, devenir absolument immobile, les doigts énergiquement serrés sur les rênes.

Voyons d’abord l’action de la main dans le sens de l’axe du cheval:

1° Pour laisser passer l’impulsion, les doigts se desserrent. L’encolure s’étend alors sous l’effet de la poussée venant de l’arrière, pendant que les rênes glissent.

2° Pour ralentir, la main arrête, au passage, une partie de l’impulsion, en diminuant le jeu des poignets, les doigts légèrement serrés sur les rênes.

A la première opposition faite au passage de l’impulsion, le cheval doit répondre en relevant légèrement l’encolure (placer). Puis, sur le serrement des doigts, il ralentit son allure.

ARRÊT. — 3° Pour arrêter, la main produit un effet totalement différent. Elle devient alors le «frein» auquel le cavalier doit pouvoir confier son existence.

Il est indispensable qu’elle agisse, dans ce cas, d’une façon qui ne puisse être confondue avec aucune autre.

Au lieu d’être la force «mobile» qui s’oppose au passage, mettons même des 99/100 de l’impulsion, elle doit devenir le mur brusquement dressé devant le chanfrein du cheval. Mur infranchissable et qui, bon gré, mal gré, impose l’arrêt: les avant-bras serrés au corps; la main strictement immobile; les doigts se contractant, de toute leur puissance, sur les rênes.

Le cheval, habitué à l’impression qu’il est lié à la main du cavalier par des rênes tantôt en caoutchouc, tantôt en simple élastique, ne peut confondre l’action de ces rênes souples avec celle des véritables «rênes d’acier» qu’on vient de lui imposer. Sur ces dernières, il s’arrêtera net, d’autant plus volontiers d’ailleurs, qu’au moment même où il aura marqué son arrêt, une légère impulsion, sur desserrement des doigts, l’obligera à percer en avant en détendant son encolure.

Plus vite il aura cédé, plus tôt, dans la détente successive à son arrêt, viendra sa récompense.

RECULER. — 4° Le cheval est habitué à s’arrêter net dès que les rênes < d’acier» se font sentir et à couler immédiatement en avant sur une détente d’encolure.

La première fois que les doigts resteront un instant de plus serrés sur les rênes, c’est donc en plein essai de détente en avant que le cheval trouvera la route barrée. Le mouvement qu’il vient de si bien préparer se produira forcément. Empêché en avant, il aura lieu en arrière.

En appuyant sur le ressort, le cheval l’a bandé à bloc. Maintenu fixe dans son extrémité avant, il ne peut se détendre qu’en arrière.

Immobile, le cheval pourrait, à la rigueur, opposer à la détente du ressort sa propre force d’inertie; repoussé par lui, alors qu’il est mobilisé, il se trouve dans l’obligation de céder à sa poussée.

Nous reviendrons sur ce fait; pour le moment, admettons-le.

Mais, dès que le cheval a fait un pas en arrière, il faut absolument qu’il reçoive sa récompense, dans la détente en avant.

Le mécanisme que je donne du reculer n’a rien de paradoxal. Dans la pratique rien n’est plus simple parce que ce mouvement, obtenu progressivement, n’est demandé qu’à un moment où son exécution ne présente pas l’ombre d’une difficulté.

Ce que j’ai dit de la jambe s’applique également à la main. Elle peut doser à sa guise l’énergie de son opposition et, au fur et à mesure des progrès du cheval, obtenir la même obéissance au moyen d’une résistance à l’impulsion de plus en plus légère et dont le registre sera, en fin de compte, fonction du tact du cavalier et du degré d’instruction du cheval.

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Janr və etiketlər

Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
16 yanvar 2025
Həcm:
121 səh. 3 illustrasiyalar
ISBN:
4064066324179
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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