Kitabı oxu: «La Production chevaline en France et les concours hippiques»

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Joseph Ory

La Production chevaline en France et les concours hippiques


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066304423

Table des matières

I

II

III

IV

V

VI

I

Table des matières

Importance de la production chevaline en France.

Le cheval est le plus beau et le plus utile des animaux de la Création. Qui, en effet, n’admire sa conformation, la majesté de sa taille, la proportion de ses membres, l’expression de son regard, la précision et la grâce de ses mouvements? Sa mémoire, son instinct, son intrépidité n’ont-ils pas été décrits par les prosateurs, chantés par les poètes et exprimés par tous les peintres célèbres?

On peut dire du cheval qu’il est un des instruments les plus nécessaires à la richesse des Etats: 1° par son emploi indispensable à la production du sol; 2° par son usage constant dans les armées dont il est une des principales forces. De plus, ce noble animal n’a-t-il pas droit à la reconnaissance générale pour sa large contribution à la civilisation des peuples en facilitant leurs relations, en favorisant les rapports de province à province, d’individu à individu.

L’utilité du cheval est des plus incontestables, son appropriation est applicable à un grand nombre de destinations: il fait d’abord partie intégrante de la défense nationale, puisqu’il est d’une nécessité si absolue dans l’art de la guerre que l’on mesure aujourd’hui la puissance guerrière d’un peuple à sa richesse chevaline; il est d’un grand secours à l’agriculture pour la production des céréales et l’amélioration des terres qu’il sert à cultiver, pour lesquelles il fournit de l’engrais; quels services multiples ne rend-il pas à l’industrie et au commerce en soumettant sa force motrice à la volonté de l’homme!

Oui, les peuples ont reconnu l’importance de la production chevaline, et ils apportent maintenant, avec raison, le plus grand soin à l’entretien et à la reproduction de cette espèce.

Les nations guerrières, entre autres l’Allemagne, mettent tous leurs soins à la production du cheval. Les Prussiens, à qui notre campagne de 1870, date néfaste pour tout Français, a livré une multitude de nos chevaux, ont su en conserver chez eux la majeure partie, augmentant ainsi rapidement, d’une forte proportion, leur production chevaline, déjà très-florissante. Pendant ces dernières années encore, ils n’ont pas hésité à venir chez nous acheter à grand prix nos meilleurs étalons de la Normandie, du Merlerault et du Perche, pour perfectionner leurs races, augmenter encore leur production, et par suite leur force nationale au détriment de la nôtre.

Et cependant l’infériorité de la France provient plus du manque de qualité de ses chevaux que de la quantité proportionnelle. Il n’est pas nécessaire d’être un observateur bien sérieux pour s’apercevoir que le nombre considérable de chevaux employés dans l’industrie et le commerce sont, pour la majeure partie, de formes défectueuses, et qu’ils ne possèdent pas les aptitudes spéciales que réclament les services auxquels on les emploie. Il serait donc à désirer que chaque contrée produisît son genre de cheval, afin que les marchands et les consommateurs, renseignés sur chaque lieu de production, puissent aller sûrement acheter les divers types qu’ils veulent acquérir et qui varieront suivant les services qu’ils désirent exiger d’eux. Par ce moyen, l’Etat pourrait, d’une manière moins problématique, fixer les achats de chevaux pour telle ou telle arme, dans telle ou telle province, et ces pays, élevant plus spécialement ces chevaux, fourniraient des types de plus en plus perfectionnés. Nous ne voulons pas demander la spécialisation de l’élevage d’un tel type dans un tel pays; nous reconnaissons bien que, dans un même pays, on peut élever des types différents, mais cependant la climatologie, variable suivant les différents lieux, nous indique qu’il peut y avoir des variations dans le type, mais non telles que l’un soit l’opposé de l’autre, c’est-à-dire d’élever dans un même pâturage le léger cheval arabe et le lourd cheval flamand. C’est ainsi qu’il serait irrationnel d’élever dans le Midi les forts et lymphatiques chevaux boulonnais, dont l’énorme développement osseux et musculaire se fait lentement et réclame les fourrages très-longs du Nord qui nourrissent peu, mais dont la grande quantité est nécessaire pour le fonctionnement d’organes développés en proportion du volume de leur corps. Il en serait de même si l’on transportait dans les pays septentrionaux le vigoureux cheval arabe, qui demande, sous un petit volume, une nourriture très-nutritive; il peut la trouver dans le fourrage court, mais sapide et excitant des prairies du Midi. Néanmoins, nous reconnaissons que, dans un pays situé dans le même climat qu’un autre, mais dont le sol est différent, on peut élever un cheval plus volumineux, parce que le terrain est plus humide, plus alluvien, et que les fourrages qu’il produit sont plus nutritifs et fournis en plus grande quantité.

La configuration du sol, la différence de climat, l’agriculture, le commerce, sont autant de causes spéciales qui influent puissamment, mais de manières diverses, sur le développement d’animaux de la même espèce. Le poulain arabe, transporté à l’âge de six mois dans les gras pâturages du Nord, sera bien différent de ses frères lorsqu’on le ramènera auprès d’eux à l’âge adulte. Je ne crois pas que l’on puisse produire l’énergique cheval percheron dans les vallées des Pyrénées, ni que l’on obtienne la finesse du cheval de Tarbes dans les riches pâturages de la Flandre. Pour l’esprit observateur, la nature varie à chaque pas et avec elle la création animée. Lorsqu’un être organisé est transporté dans un lieu différent de celui où il est né, sous l’influence des nouvelles conditions de la vie, son tempérament se modifie, ses formes se rapprochent de celles des individus de son espèce qui y vivent, et c’est à la prévoyance admirable de la Création que nous devons l’acclimatation de nombreux animaux et végétaux si utiles. C’est en vain que l’homme luttera contre cette loi générale, tous ses moyens échoueront sans pouvoir la changer, parce que son action n’est que momentanée, tandis que celle de la nature est constante et incessante. La marche de la Création obéit à une puissance à laquelle notre faiblesse ne peut faire aucune opposition.

Pour déterminer l’amélioration d’une espèce, il faut donc étudier les lois de la nature, s’y soumettre et diriger suivant elles la production des animaux.

En chevaux, la France est tributaire de l’étranger; c’est ainsi que nous voyons, pour nos besoins, l’importation atteindre annuellement le chiffre d’environ vingt-cinq mille cinq cents individus, tandis que l’exportation n’atteint que celui de neuf mille. L’Angleterre et l’Allemagne nous expédient des chevaux de selle et de carrosse; la Suisse et la Belgique, surtout cette dernière, nous fournissent des chevaux de trait; en revanche, nous leur envoyons des percherons et des carrossiers anglo-normands, deux catégories de chevaux possédant des qualités que ces pays rencontrent rarement dans leurs races indigènes.

La statistique que nous donnons ci-dessous est une preuve convaincante de ce que nous avançons.


Il résulte de cette statistique qu’en déduisant le nombre de chevaux que nous avons exportés, nous avons encore été tributaires de l’étranger: en 1879, de 21,114 chevaux; en 1880, de 16,352; en 1881, de 11,328. Ces chiffres, certes, sont d’une éloquence plus persuasive que toutes les paroles véhémentes qu’on peut employer pour prouver cette pénurie en chevaux et le passage de notre argent entre les mains de nos voisins.

Mais si l’équilibre des transactions chevalines n’existe déjà plus dans la situation ordinaire, quelle est la situation précaire de la France lorsqu’elle a besoin de remonter son armée? L’importation s’élève alors à 30 ou 35,000 individus. Lorsqu’il y a en France un nombre de chevaux relativement proportionnel à ces besoins, à quelle cause attribuer cette pénurie, si ce n’est aux défectuosités de nos chevaux, défectuosités propagées et entretenues par des générateurs tarés, mâles ou femelles? C’est ainsi que nous voyons quotidiennement des propriétaires de juments atteintes de fluxion périodique, affection héréditaire, en faire des poulinières produisant des individus qui, fécondés à leur tour, perpétuent cette désastreuse maladie!

Les zootechnistes disent qu’à une époque relativement peu éloignée, la France était très-riche en chevaux remarquables par leur aptitude et satisfaisant à tous ses besoins. La cause de cette richesse a été recherchée et l’on a reconnu que, pendant plusieurs siècles, pendant toute la durée du moyen-âge, depuis le douzième jusqu’au dix-septième siècle, plusieurs causes contribuèrent à une belle producduction chevaline. D’abord l’introduction en France de chevaux orientaux par les Maures et les Croisés a singulièrement amélioré les races. A cette époque, il existait un très-grand nombre de haras particuliers; leur but était de produire des chevaux de selle pour la noblesse, qui formait alors la classe guerrière du pays. Le goût équestre était plus répandu qu’aujourd’hui, et il était stimulé par des fêtes, comme les tournois, les carrousels, où toute la noblesse se rendait avec pompe et sur des équipages traînés par des chevaux magnifiques. A cette époque, la cavalerie formait la majeure partie de l’armée: elle en faisait toute la puissance. Les besoins civils demandaient aussi un certain nombre de chevaux; les routes étaient très-rares, il n’y en avait que quelques-unes reliant la capitale aux principales villes du royaume; les voyages se faisaient donc à selle, et le transport des marchandises à l’aide de chevaux de bât. Le service de ville se faisait également à cheval. Pour satisfaire à tous ces besoins, il fallait beaucoup de chevaux de selle, ayant néanmoins des aptitudes différentes. Par cela même la production était plus uniforme et il était plus facile de satisfaire à des besoins de même nature. Comme on le voit, tout concourait à l’amélioration de la production chevaline: les goûts, les mœurs, les coutumes et les nécessités de l’époque.

Quant aux chevaux de trait, nous avons peu de données sur leur nombre et sur leurs qualités: ils suffisaient sans doute aux besoins de l’agriculture qui ne devait pas alors leur demander autant de services qu’elle en exige aujourd’hui, ni en tirer autant de profit.

Lorsque peu à peu les petites puissances féodales s’écroulèrent sous les coups que leur porta Richelieu, l’émulation cessa, l’élève du cheval sembla péricliter.

Les longues guerres qui, après ce ministère, éclatèrent dans la première partie du règne de Louis XIV et se terminèrent glorieusement, en 1648, par le traité de Westphalie, vinrent nous ravir tous les chevaux aptes au service de là guerre. Nous ne voulons pas dire qu’à cette époque la production chevaline ait été entièrement abandonnée, mais la dépense dépassait de beaucoup la proportion ordinaire; aussi le déficit fut-il considérable. D’après des renseignements précis, la France aurait, sous le règne de Louis XIV, acheté 500,000 chevaux à l’étranger et sorti de ses coffres, pour les payer, 100 millions de numéraire, ce qui, de nos jours, ferait la moitié plus.

C’est en 1665 que Colbert, un de ces hommes supérieurs qui brillèrent pendant le grand siècle, fit acheter dans le Nord et sur les côtes africaines des étalons qu’il répandit dans toute la France. Ces chevaux furent distribués, les uns en petits groupes isolés, les autres abandonnés aux localités où l’élevage du cheval semblait présenter un peu de ressources. Garsault, hippiâtre de la grande écurie du roi, fut désigné par un décret du Conseil, du 17 octobre 1665, pour opérer la répartition des étalons. Ceux d’origine africaine furent placés dans les parties méridionales, tandis que ceux qui provenaient du Nord furent distribués sur les bords de l’Océan Atlantique et de la Manche. Tous ces reproducteurs, si intelligemment répartis, étaient confiés à la garde de particuliers choisis par Garsault, et dont il était dressé un état nominatif des noms et demeures.

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Litresdə buraxılış tarixi:
16 yanvar 2025
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ISBN:
4064066304423
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Bookwire
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