Kitabı oxu: «Notes et documents inédits sur les expositions du XVIIIe siècle»
Jules Guiffrey
Notes et documents inédits sur les expositions du XVIIIe siècle

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066321253
Table des matières
AVIS AU LECTEUR.
Le Surintendant ou le Directeur général des bâtiments du Roi ordonne et surveille les Expositions.
Composition des Salons.
Le Jury.
Local des Expositions.
Rédaction du Livret.
Impression, vente et prix des livrets.
Tapissiers et décorateurs des Expositions.
Concours et commandes.
Particularités de certaines Expositions.
Critiques.
CONCLUSION.
DOCUMENTS INÉDITS SUR LES ANCIENS SALONS DU LOUVRE
I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
VII.
VIII.
IX.
X.
XI.
XII.
XIII.
XIV.
XV.
XVI.
XVII.
XVIII.
XIX.
XX.
XXI.
XXII.
XXIII.
XXIV.
XXV.
XXVI.
XXVII.
XXVIII.
XXIX.
XXX.
XXXI.
XXXII.
XXXIII.
XXXIV.
XXXV.
XXXVI.
XXXVII.
XXXVIII.
XXXIX.
XL.
XLI.
XLII.
XLIII.
XLIV.
XLV.
XLVI.
XLVII.
XLVIII.
XLIX.
L.
LI.
LII.
LIII.
LIV.
LV.
LVI.
LVII.
LVIII.
LIX.
LX.
LXI.
LXII.
LXIII.
LXIV.
LXV.
LXVI.
LXVII.
LXVIII.
LXIX.
LXX.
LXXI.
LXXII.
LXXIII.
LXXIV.
LXXV.
LXXVI.
LXXVII.
LXXVIII.
LXXIX.
LXXX.
LXXXI.
LXXXII.
LXXXIII.
LXXXIV.
LXXXV.
LXXXVI.
LXXXVII.
LXXXVIII.
LXXXIX.
XC.
XCI.
XCII.
XCIII.
XCIV.
XCV.
XCVI.
XCVII.
XCVIII.
XCIX.
C.
CI.
CII.
CIII.
CIV.
CV.
CVI.
CVII.
CVIII.
CIX.
CX.
CXI.
CXII.
CXIII.
CXIV.
CXV.
CXVI.
CXVII.
CXVIII.
CXIX.
CXX.
CXXI.
CXXII.
CXXIII.
CXXIV.
CXXV.
CXXVI.
CXXVII.
CXXVIII.
CXXIX.
CXXX.
CXXXI.

AVIS AU LECTEUR.
Table des matières
En publiant des notes sur les Expositions du XVIIIe siècle en tête de la Table des Salons, nous avons annoncé que nous ferions paraître les pièces originales mises à contribution pour la rédaction de ces notes. Leur étendue nous a empêché de les joindre à la table des livrets et, d’un autre côté, le nombre des personnes qui s’intéressent à des documents de cette nature étant restreint, nous n’avons fait imprimer qu’un petit nombre d’exemplaires de ce volume.
Il renferme d’abord l’Introduction placée avant la table des livrets, dans laquelle nous avons résumé tous les renseignements recueillis par nous sur les anciens Salons. A cette Introduction, nous avons joint ici, sous forme de Conclusion, les réflexions que nous a suggérées le rapprochement de l’organisation ancienne et moderne des Expositions.
Les pièces originales qui forment l’objet principal de cette publication sont divisées en deux séries distinctes. La première, qui va du n° I à CIV, comprend toutes les lettres, notes, mémoires ou autres documents relatifs à l’ouverture ou à la police des Salons, à la composition des livrets, aux critiques. Dans la seconde, qui débute par le tableau général des commandes faites pour le compte du Roi de 1775 à 1792 (n° CV), sont rassemblées les pièces de toute nature et la correspondance qui ont ces commandes pour objet. Dans chacune de ces deux séries les documents sont classés strictement dans l’ordre chronologique. Enfin la table générale des pièces citées facilitera les recherches et suppléera aux renvois que nous n’avons pu intercaler dans les notes sur les Salons du XVIIIe siècle.

Note
Table des matières
SUR LES SALONS DU XVIIIe SIÈCLE (1673-1800)
Une liste publiée au début de la réimpression des livrets du XVIIIe siècle, et due à M. Saint-Vincent Duvivier, établissait que le nombre des Salons Je l’ancienne Académie ne correspondait pas exactement au nombre des livrets connus jusqu’ici. Il est peu probable qu’on retrouve désormais un exemplaire d’un livret encore ignoré. On peut donc considérer comme une liste définitive celle que nous avons reproduite. Il y aurait eu, de 1673 à 1791, trente-six catalogues de salons.
Mais il s’en faut qu’on en soit arrivé au même degré de certitude sur le nombre des Expositions dont aucun livret ne nous a conservé la date précise et la composition. M. Saint-Vincent Duvivier en compte neuf de 1667 à 1727; mais avant tout n’en a-t-il point omis? les registres qu’il a pu consulter n’offraient-ils aucune lacune, aucune omission? doit-on enfin admettre comme exposition, dans le sens strict du mot, certaines exhibitions organisées par l’Académie à l’occasion de quelque réjouissance publique?
Et d’abord il faut rayer, semble-t-il, de la liste de ces Expositions primitives sans livret, celles que notre auteur place en 1706 et en 1727. En 1706, l’Académie admet le public à visiter, à l’occasion de la fête du Roi, les morceaux de réception et les objets d’art lui appartenant; c’est-à-dire qu’elle invite les amateurs à pénétrer dans le sanctuaire, à examiner, mais pendant un jour seulement, les salles où se tenaient ses séances. Peut-on considérer cela comme une véritable Exposition?
En 1727, c’est autre chose. Le duc d’Antin a ouvert un concours entre un certain nombre d’artistes. Pour ne pas assumer la responsabilité d’un jugement difficile, il appelle les Académiciens eux-mêmes et le public à décider sur le mérite des concurrents. Les œuvres commandées par le Roi restent sous les yeux des visiteurs pendant tout un mois . Nous ne retrouvons pas là toutefois les caractères essentiels d’une Exposition, telle que nous la concevons maintenant, telle qu’elle était déjà comprise au XVIIIesiècle . Combien d’exhibitions analogues a-t-on vues de nos jours, qui ne doivent à aucun titre, bien qu’accompagnées de livrets et suivies de réclames et de critiques, figurer dans la liste des Salons de peinture. Aussi faut-il en rabattre, jusqu’à nouvel ordre du moins, du chiffre d’Expositions sans livrets ajoutées par M. Saint-Vincent Duvivier aux Salons authentiques. Quand on aura retrouvé des détails plus précis sur ces fêtes académiques, nous verrons si nous devons nous montrer moins exclusif; mais jusque-là nous ne tiendrons compte que des trente-six Salons, bien connus mainnant, ouverts par l’ancienne Académie de peinture, depuis sa fondation jusqu’en 1791, année de sa suppression. C’est de ceux-là seulement que nous devons nous occuper; c’est sur ceux-là et sur ceux de la Révolution que nous allons donner quelques détails tirés des publications contemporaines ou puisés dans les Archives de l’ancienne Maison du Roi.
Le Surintendant ou le Directeur général des bâtiments du Roi ordonne et surveille les Expositions.
Table des matières
Par une marque de déférence, et aussi par un souvenir de l’intervention efficace de Colbert dans l’organisation des premières Expositions académiques, le ministre chargé de la haute direction des Beaux-Arts est toujours cité comme le promoteur officiel du Salon. Après Colbert, après Mansard, lorsque la surintendance est supprimée, le Directeur des Bâtiments hérite de la prérogative d’ordonner les Expositions. Pendant tout le cours du XVIIIesiècle on voit les différents personnages qui se succédèrent dans cette charge, le duc d’Antin, M. Orry, M. Le Normand de Tournehem, le marquis de Marigny, l’abbé Terray, et enfin le comte d’Angiviller, figurer en tête du livret comme ordonnateurs de chaque Salon.
Voici en quelques mots les formalités qui précédaient l’ouverture de l’Exposition.
Le Directeur des Bâtiments, sur l’avis du Directeur ou du Secrétaire de l’Académie, qui se chargent au besoin de rappeler au ministre la date prochaine du Salon, soumet au Roi la proposition d’exposer les œuvres des Académiciens. Immédiatement après avoir obtenu l’autorisation du Souverain, il transmet au premier des officiers de la compagnie l’ordre de commencer les préparatifs. La date de l’ouverture est presque invariablement fixée au 25 août, jour de la fête du Roi.
Le rôle du Directeur des Bâtiments ne se borne pas à cette formalité. Il exerce personnellement une surveillance réelle sur l’organisation du Salon. Le livret lui est soumis avec les observations de l’Académicien chargé de sa rédaction, et il décide en dernier ressort des changements ou des retranchements à y apporter. Il s’occupe activement de donner à la solennité le plus d’éclat possible en invitant spécialement à y prendre part les artistes chargés de travaux pour le Roi. Il visite les salles d’exposition avant l’admission du public, afin que rien ne choque les bienséances; et il fait retirer, de son autorité privée, les œuvres qui pourraient devenir l’occasion d’un scandale. Il prolonge à son gré la durée de l’Exposition. Il institue enfin le jury chargé d’exercer une censure sur les tableaux ou les statues envoyés par les membres eux-mêmes de l’Académie. Car l’institution d’un jury n’est pas, comme on pourrait le croire, une innovation moderne; elle remonte au milieu du XVIIIe siècle. Seulement à l’époque où les Salons étaient ouverts aux seuls Académiciens, le jury avait une mission différente, comme nous le verrons tout à l’heure, de celle qu’il a reçue de nos jours.
Composition des Salons.
Table des matières
Les Académiciens ou les Agréés de l’Académie avaient seuls le droit d’envoyer leurs œuvres au Salon. Ce privilége, qui nous paraît exorbitant aujourd’hui, n’offre plus le même caractère exclusif si on songe à l’organisation de l’ancienne Académie et aux conditions dans lesquelles avaient lieu ses Expositions.
Le nombre des membres de l’Académie Royale de peinture et de sculpture n’était point alors invariablement fixé à un chiffre restreint. Dès qu’un artiste avait donné des preuves de dispositions réelles, il obtenait assez facilement l’agrégation qui lui conférait le droit d’exposer au Louvre. Il dépendait de lui seul d’obtenir le titre d’Académicien. C’est ainsi qu’à une certaine époque on compte près de cent Académiciens et de quarante agréés, sans comprendre dans ce nombre les honoraires amateurs ou honoraires associés libres. Tout artiste pouvant offrir la garantie d’une aptitude bien marquée pour son art pouvait, on le voit, rapidement obtenir l’accès de ces Expositions privilégiées.
Nous n’avons point à nous occuper de la constitution de l’ancienne Académie de peinture; mais on nous permettra de faire remarquer en passant que son mode de recrutement offrait de grands avantages sans aucun inconvénient. Accessible à toutes les manifestations du mérite, et recrutée dans les genres les plus divers, l’Académie ne donnait point à cette époque le triste spectacle de cet esprit de parti, de ces violences, de ces exclusions systématiques qui, de nos jours, ont souvent nui à sa considération. Toutefois les intérêts de l’art étaient sauvegardés, car les charges les plus importantes appartenaient de droit aux artistes qui s’étaient illustrés dans les genres les plus élevés et les plus difficiles; ils conservaient ainsi une influence prépondérante dans la haute direction de l’enseignement confié à la compagnie.
Les anciennes Expositions n’étaient donc point aussi exclusives qu’on pourrait le croire au premier abord. Tout artiste un peu bien doué obtenait aisément le droit d’y paraître. D’ailleurs il ne faut point oublier non plus que l’Académie tenait de la faveur royale seule tous ses priviléges; qu’elle devait au Roi non-seulement son existence, mais toutes ses ressources; que les Expositions dont l’entrée était toujours gratuite se tenaient dans le Louvre, c’est-à-dire chez le Roi; enfin que l’Académie, logée au Louvre, entretenue par la libéralité du Souverain, n’avait à supporter qu’une bien faible partie des dépenses qu’entraînait l’Exposition, tandis que la vente du livret devenait pour elle une source de revenus importants.
Rien de plus logique donc et de plus sage que la condition imposée aux artistes qui voulaient profiter du bénéfice de ces Expositions officielles. Libre à eux de renoncer aux avantages qu’entraînait l’admission à l’Académie, et d’aller demander aux expositions écourtées de la place Dauphine, ou plus tard à celles que parvint à organiser l’Académie de St-Luc, s’ils étaient en état de payer les frais élevés de réception dans la communauté, une publicité sans examen préalable et sans contrôle.
Le Jury.
Table des matières
Le rôle du jury auquel nous avons déjà fait allusion devait être, cela se conçoit, beaucoup plus restreint qu’aujourd’hui. L’idée de son institution appartient à M. Le Normand de Tournehem; il fit son apparition au Salon de 1748. On le trouve signalé dans la critique de ce Salon par Saint-Yves . Nous avons rencontré un document qui donne bien mieux que la brochure de Saint-Yves les véritables causes et les détails de cette innovation.
Dans une lettre adressée à Coypel au commencement de l’année 1748, après avoir invité les Académiciens à redoubler d’efforts et à donner à l’Exposition prochaine le plus d’éclat possible afin de justifier la faveur du Roi qui venait de se déclarer le protecteur de la compagnie, M. de Tournehem, alors Directeur général des Bâtiments, ajoutait judicieusement que ce n’est pas le grand nombre, mais le beau choix des tableaux qui rend les Expositions brillantes. Sans doute dans le cours des années précédentes avaient été exposées des œuvres faibles et peu dignes du renom de leurs auteurs. Pour arriver au but désiré, M, de Tournehem ordonnait de faire déposer dans la galerie d’Apollon, au moins huit jours avant l’ouverture, c’est-à dire dès le 17 août, tous les tableaux envoyés par les artistes. Une commission composée du Directeur de l’Académie, de deux Recteurs, de deux adjoints à Recteurs et de douze autres membres élus par les Académiciens parmi les Professeurs et Conseillers, devait passer en revue les tableaux destinés à l’Exposition, les examiner sans partialité et sans passion, et exclure, par la voie du scrutin, ceux qu’ils ne jugeraient pas dignes d’être exposés.
Dès sa première apparition, le jury se trouve constitué suivant les règles de l’équité la plus stricte. Si les principaux officiers de l’Académie y entrent de droit, les Académiciens, c’est-à-dire tous les exposants, concourent à l’élection de la majorité des membres, ce qui est la meilleure garantie d’impartialité et le plus sûr moyen de prévenir toute récrimination. Enfin les juges sont invités à apporter dans leurs arrêts la plus complète indépendance; et pour les préserver des animosités ou des rancunes auxquelles la publicité du vote pourrait donner naissance, le Directeur des Bâtiments décide que l’exclusion sera prononcée au scrutin secret. N’est-il pas assez curieux qu’on ait atteint, dès cette première expérience du jury, le dernier dégré de perfectionnement auquel nous soyons parvenus après des tâtonnements sans nombre et des plaintes générales?
D’une lettre de M. de Marigny du 24 juillet 1755, adressée à Cochin, secrétaire de l’Académie, il résulte que la commission instituée par M. de Tournehem en 1748 ne cessait de fonctionner régulièrement depuis cette époque.
Le rôle de ce jury primitif ne se bornait pas à statuer sur la valeur artistique des ouvrages destinés au Salon; il devait aussi et surtout exercer un contrôle sévère sur leur moralité. Plusieurs fois des plaintes fort vives avaient été formulées sur l’indécence des ouvrages exposés. En 1763, un tableau de Baudouin , représentant un prêtre catéchisant des jeunes filles, avait été retiré sur la plainte de l’archevêque de Paris. Mais cet acte de sévérité semble avoir produit peu d’effet à en juger par une lettre de Pierre du 16 juin 1773; on y lit que le public avait été vivement choqué en 1771 des nudités et des choses hasardées, c’est le terme dont il se sert, admises à l’Exposition. Cette lettre fait aussi mention d’une particularité curieuse: les officiers de l’Académie n’étaient point soumis au contrôle de la Commission d’admission. C’était les exempts du temps. Aussi doivent-ils être invités particulièrement «à faire un choix dans leurs ouvrages qui exigent du nud.»
La correspondance de Pierre avec le Directeur des Bâtiments nous révèle l’existence du jury jusqu’aux derniers jours de l’ancienne Académie. Pierre écrit le 12 août 1785; «Demain on examinera les morceaux qui seront admis au Salon,» et il ajoute qu’on sera peut-être obligé de repousser une figure de Houdon à cause de son inconvenance. Le livret n’indique point de sujet auquel puisse s’appliquer la critique de Pierre. Il est donc probable que le célèbre sculpteur fut en 1785 la victime de la rigueur du jury.
Nous voyons à la même époque le premier peintre assiégé d’autres scrupules encore plus singuliers. Debucourt avait peint un ouvrage intitulé : Trait de bienfaisance du Roi. Ce sujet ne figure point au livret, et nous voyons par la correspondance conservée dans les Archives de la Maison du Roi que l’artiste n’obtint l’autorisation d’exposer son tableau qu’en changeant les traits de la figure principale et en supprimant du catalogue le titre primitif. Curieux signe des temps! Les louanges les plus hyperboliques avaient à peine paru suffisantes pour honorer les vertus royales quelques années auparavant, et on n’osait même plus rendre au successeur de ces princes trop vantés un éloge mérité.
Sous les Expositions républicaines provoquées, soit par les Assemblées, comme en 1791 et en 1793, soit, comme plus tard, par les ministres, le jury fut très-probablement supprimé ; n’était-il pas incompatible avec les idées de liberté qui avaient ouvert à tous les artistes les portes de l’Exposition? L’avertissement de 1799 nous apprend que pour cette année au moins, il n’y eut point de jury chargé d’exercer un contrôle sur le mérite des œuvres envoyées. Il en fut sans doute de même pour les autres Salons de la Révolution. Toutefois une commission était nommée pour veiller à l’organisation matérielle de l’Exposition et au respect des lois et des mœurs.