Kitabı oxu: «Histoire chantée de la première République, 1789 à 1799»

Şrift:

Louis Damade

Histoire chantée de la première République, 1789 à 1799

Chants patriotiques, révolutionnaires et populaires


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066338121

Table des matières

PRÉFACE

1789

LH SERMENT DU JEU DE PAUME

LA PUISE DE LA BASTILLE

HYMNE

RÉCIT HISTORIQUE

HYMNE

COUPLETS

COUPLETS

L’ABOLITION DES PRIVILÈGES

COUPLETS

DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN

CHANSON DE 1789

CHANT PATRIOTIQUE DE 1789

AUPRÈS DE MA BLONDE

LES VOEUX DE LA NATION

MONSIEUR ET MADAME DENIS

COUPLETS

CHANSON NOUVELLE

LE CURÉ ET SA SERVANTE

COUPLETS SUR LES BOURBONS

CHANSON

LE SOLDAT PATRIOTIQUE

AU CI-DEVANT ROI

O FILII NATIONAL

LES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN

CHANSON DE 1789

1790

ÇA IRA!

CITANT DU 14 JUILLET

HYMNE POUR LA FÊTE DE LA RÉVOLUTION, LE 14 JUILLET 1790

SERMENT DE LA CONFÉDÉRATION

COUPLETS SUR LA FÉDÉRATION

CHANSON PATRIOTIQUE

LA FRANCE INVINCIBLE

L’HEUREUSE RÉFORME

CHANSON PATRIOTIQUE

LA DÉROUTE DES AGIOTEURS

L’ADOPTION

LES RATS ET LES CHATS

LE TRIOMPHE DE LA LIBERTÉ

L’UNION PATRIOTIQUE

HOMMAGE A L’ACTE CONSTITUTIONNEL

CHANSON

COUPLETS

HYMNE A LA LIBERTÉ

CHANSON

CHANSON PATRIOTIQUE

PORTRAIT DES ROIS

CHANSON PATRIOTIQUE

LE SAVETIER BOX PATRIOTE

ROMANCE RÉPUBLICAINE

1791

LA JOURNÉE DES POIGNARDS

HYMNE A L’AGRICULTURE

HYMNE A L’ÉGALITÉ

COUPLETS

HYMNE A VOLTAIRE

LA BONNE AVENTURE

COUPLETS

LE CHANT DES VICTOIRES

HYMNE POPULAIRE

COUPLETS POPULAIRES

RONDE PATRIOTIQUE

HYMNE A LA LIBERTÉ

CHANT RÉPUBLICAIN

LES ÉMIGRANS

PORTRAIT DE PHILIPPE-ÉGALITÉ

1792

COUPLETS

COUPLETS

LA MARSEILLAISE

COUPLETS

CHANT POUR LA FÊTE DE CHATEAUVIEUX

HYMNE FUNÈBRE

LE CHANT DU 10 AOUT

CHANTÉ A LA RÉUNION DU 10 AOUT

LE DIVORCE

LA RÉPUBLIQUE

GAIETÉ PATRIOTIQUE

SECONDE GAIETÉ PATRIOTIQUE

LA DÉESSE DE LA LIBERTÉ

LE SIÈGE DE LILLE

LE GÉNÉRAL CUSTINE

ÉLOGE DE THIONVILLE ET DE LILLE

LA CARMAGNOLE

ADIEU DES FRANÇOISES

MARCHE

LE BONNET DE LA RÉPUBLIQUE

CHANSON SATIRIQUE

CHANT DE GUERRE

AU GÉNÉRAL DUMOURIEZ

QUEL MAL POURROIENT-ILS FAIRE?

HOMMAGE A J-J. ROUSSEAU

CHANT DE GUERRE

LE BONNET DE LA LIBERTÉ

CHANT

LES VOYAGES DU BONNET ROUGE

AUX CITOYENS

DIALOGUE

HYMNE

PROJET DE DÉCRET

CHANSON DE LA GAMELLE

COUPLETS

1793

LE TRIOMPHE DE LA RÉPUBLIQUE

COUPLETS CIVIQUES

COUPLET

LE MOIS DE FÉVRIER

TOULON SOUMIS

HYMNE

CHANSON DU MAXIMUM

COUPLETS

COUPLET

HYMNE RELIGIEUX ET PATRIOTIQUE

COUPLETS ET HYMNES

HYMNE A LA LIBERTÉ

CHANT CIVIQUE

LE TRIOMPHE DE LA RÉPUBLIQE

A LA BASTILLE

HYMNE

HYMNE PATRIOTIQUE

CHANT PATRIOTIQUE

HYMNE A LA RAISON

LA REDDITION DE LA VILLE DE LYON

LES VOLONTAIRES

AUX ARMES!

COUPLETS

COUPLETS

CHANSON PATRIOTIQUE

LES SANS-CULOTTES

CONSEILS AUX SANS-CULOTTES

LA NOURRICE RÉPUBLICAINE

COUPLETS

COUPLETS

LES BONS EFFETS DU SALPÊTRE

COUPLETS

HYMNE AUX MANES

HYMNE A LA LIBERTÉ

CANTIQUE SÉCULAIRE DU PÈRE DUCHESNE

COUPLETS POPULAIRES

LA MONTAGNE

HYMNE A L’ÉGALITÉ

COUPLETS PATRIOTIQUES

ROMANCE

HYMNE A LA LIBERTÉ ET A L’ÉGALITÉ

HYMNE

LE NOUVEAU CALENDRIER

HYMNE

CHANSON MILITAIRE

HYMNE FUNÈBRE

L’HEUREUSE DÉCADE

COUPLETS

COUPLET

COUPLETS DE LA ROSIÈRE RÉPUBLICAINE

FÊTE DE LA RAISON

HYMNE A LA RAISON

COUPLETS

CHANT

COUPLETS DE LA FÊTE CIVIQUE

L’HYMNE DES VINGT-DEUX

L’EMPRUNT FORCÉ

LA CARMAGNOLE DE FOUQUIER-TINVILLE

LA PRISE DE TOULON

HYMNE A LA RAISON

LA REPRISE DE LA VILLE INFAME DE TOULON

COUPLETS SUR LA PRISE DE TOULON

HYMNE

COUPLETS

OFFRANDE A LA LIBERTÉ

LES TRAVAUX DU CAMP

COUPLET

CHANT PATRIOTIQUE

LE SANS-CULOTTE

LE SERMENT RÉPUBLICAIN DE 1793

HYMNE A LA LIBERTÉ

LE CRI DE MORT CONTRE LES ROIS

1794

COUPLETS DES PETITS MONTAGNARDS

CHANSON POPULAIRE

L’AMITIÉ RÉPUBLICAINE

COUPLETS

LA PRISE DE TOULON

COUPLETS

LE NOBLE ROTURIER

STANCES

COUPLET POPULAIRE

CONCERT

IMPROMPTU

ODE SUR LE VAISSEAU LE VENGEUR

HYMNE A L’ÊTRE SUPRÊME

STROPHES

COUPLETS

COUPLETS POUR LA FÊTE DE BARRA

L’ARMÉE EMBALLÉE

LA BATAILLE DE FLEURUS

COUPLETS

HYMNE

LE CHANT DU DÉPART

HYMNE A LA LIBERTÉ

COUPLETS DE L’ALARMISTE

COUPLETS RÉVOLUTIONNAIRES

HYMNE DU IX THERMIDOR

COUPLETS POPULAIRES

HYMNE

COUPLETS

COUPLETS

COUPLETS

COUPLETS

COUPLETS

HYMNE POPULAIRE

COUPLETS

COUPLETS POPULAIRES

COUPLETS

COUPLETS DE DENIS LE TYRAN

HYMNE DITHYRAMBIQUE

CHANT PATRIOTIQUE

LES PLAISIRS DE LA FRATERNITÉ

HYMNE A J.-J. ROUSSEAU

ODE A JEAN-JACQUES ROUSSEAU

HYMNE A JEAN-JACQUES ROUSSEAU

TRAIT DE BIENFAISANCE REMARQUABLE

COUPLETS

COUPLETS

CHANT

AUX MANES DE LA GIRONDE

LA NOBLESSE DU PATRIOTE

LA GRANDE DÉCLARATION

C’EST MON AVIS

CHANSON A LA PAIX

HYMNE GUERRIER ET PATRIOTIQUE

1795

LE VOEU DES CITOYENS PAISIBLES

COUPLETS POPULAIRES

L’INNOCENT

HYMNE

LA JOURNÉE DU 12 GERMINAL, AN III

AU PEUPLE FRANÇOIS

CHANT FUNÈBRE

LE FRANC RÉPUBLICAIN

LE ONZE THERMIDOR, AN III

CHANT DU IX THERMIDOR

GUERRE A L’ANGLETERRE

CHANT TRIOMPHAL A LA PAIX

LE RÉVEIL DU PEUPLE

1796

HYMNE A LA FRATERNITÉ

COUPLETS PATRIOTIQUES

LES DANGERS DE LA CONFESSION

RÉPONSE DE L’AUTEUR DU CONFITEOR

CONSEILS CIVIQUES AU BEAU SEXE

CHANSON POPULAIRE

HYMNE A L’AGRICULTURE

MES VOEUX

HYMNE A L’HUMANITÉ

CHANT MARTIAL

AUX PATRIOTES

1797

LES AVANTAGES DE LA PETITE TABLE

LE CITOYEN D’HERMAND

GLOIRE AUX SOLDATS RÉPUBLICAINS

COUPLETS

LA CÉRÉMONIE LUGUBRE

HYMNE

COUPLETS SUR LA PAIX

COUPLETS A L’OCCASION DE LA PAIX

AU GÉNÉRAL BONAPARTE

CHANT POPULAIRE

COUPLETS.

COUPLETS POPULAIRES

1798

LA DANSE FRANÇOISE

COUPLETS

COUPLETS PATRIOTIQUES

COUPLETS

CHANT DES VENGEANCES

COUPLETS

COUPLETS

COUPLET A BONAPARTE

COUPLETS

1799

COUPLETS PATRIOTIQUES

LA DÉFAITE DE L’ARMÉE NAPOLITAINE

COUPLETS

LES SACS

HYMNE A L’HYMEN

HYMNE

COUPLETS

LA FRATERNITÉ RÉPUBLICAINE

COUPLETS

RONDE POPULAIRE

COUPLET


PRÉFACE

Table des matières

«Le peuple français, naturellement joyeux

«exprime ses sentiments d’allégresse par des

«chants qui caractérisent la situation de son

«âme. Il est aujourd’hui tout brûlant d’amour

«pour la liberté qu’il a conquise, pour l’égalité

«qu’il veut maintenir, et pour sa patrie qu’il

«veut sauver!...»

C’est ainsi que commence la préface d’un Recueil d’hymnes et couplets patriotiques, publié à Rouen, en l’an II, et il suffit de parcourir les pages qui vont suivre pour se convaincre que la chanson n’a jamais été plus à la mode que pendant cette période révolutionnaire de 1789 à l’an VIII.

Pour réunir tant de documents, l’auteur a fouillé avec patience dans les bibliothèques, il a compulsé les journaux du temps, les almanachs des muses, etc., et il offre aux lecteurs l’histoire en chansons. Tantôt sur un ton enjoué, tantôt sur un ton sévère, on chante partout! Dans la rue, dans les festins, dans les théâtres, dans les réunions publiques, à la barre de la Convention, où Chenard et Narbonne, de la Comédie Italienne, chantent des couplets le 5 juillet 1793; à la tribune même, où, le 18 septembre de l’an II, les volontaires jurent d’expulser les despotes sur l’air:

Du serin qui te fait envie,

tout y passe tour à tour; cela commence au serment du Jeu de paume, célébré sur l’air:

Mon petit cœur à chaque instant soupire,

puis on chante la Bastille, et les Droits de l’homme, et l’emprunt forcé, et les réquisitions et le divorce... on chante même

La douce guillotine

Aux attraits séduisants!

qui revient encore dans d’autres couplets, sous une forme persuasive, car, après tout,

Il vaut beaucoup mieux obéir,

Que de se faire raccourcir.

D’abord on a chanté sur l’air de Vive Henry quatre:

Vive Louis seize

Le bon Roi citoyen!

puis viennent les cris de mort contre les Rois et les hymnes à Marat, pour finir par les couplets à Bonaparte!

Dans cette rage de tout mettre ainsi en couplets, ce ne sont pas seulement les passions politiques, les sentiments patriotiques qui excitent la verve des chansonniers, on fait rimer le texte des décrets, des articles des lois, et jusqu’à la liste complète des noms des représentants. C’est un genre de poésie fort à la mode.

Déjà, en 1768, on avait publié la Coutume de Paris mise en vers; en 1792, Marchant fait paraître la Constitution en vaudevilles, suivie des Droits de l’homme, de la femme et de plusieurs autres vaudevilles, constitutionnels, — à Paris, chez les libraires royalistes. En l’an VIII c’est la Constitution en vaudeville, œuvre posthume d’un homme qui n’est pas mort, publiée par lui-même et dédiée à Madame Buonaparte.

Dans cette longue série de chants de toute sorte, les paroles sont adaptées le plus souvent, tant bien que mal, à l’air des Marseillais, de la Carmagnole ou de: A la façon de Barbari. Mais, souvent aussi, la musique des hymnes de Chénier, de Lebrun, de Baour-Lormian est écrite par Grétry, par Catel, par Gossec.

Il est permis de croire qu’une fois la tourmente révolutionnaire passée, les souvenirs de cet ardent lyrisme n’ont pas toujours été agréables aux auteurs; parmi les productions de ce genre, celles qui ont été imprimées ou gravées nous restent. Quant à celles qui étaient manuscrites, il en est beaucoup que l’on a pris soin de faire disparaître plus tard, et, dans la riche bibliothèque de l’Opéra, c’est le répertoire Républicain qui est le moins complet.

CH. NUITTER.

Paris, juillet 1892

1789

Table des matières

LH SERMENT DU JEU DE PAUME

Table des matières

20 JUIN 1789

Air: Mon petit cœur à chaque instant soupire.

O liberté, combien est magnanime

Ce fier mortel qui, plein de ton ardeur,

Prend son essor, et dans son vol sublime

Soudain s’élève et plane à ta hauteur!

Tel qu’un hercule, en s’offrant à ma vue,

Aux nations vient-il donner des loix?

Partout son bras, armé de sa massue,

Abat l’orgueil des tyrans et des rois!

Mais est-ce toi, liberté trois fois sainte,

Qui, dans ce lieu déployant tes attraits,

Fais pour toujours briller son humble enceinte

De tout l’éclat des superbes palais!

Oui, c’est toi-même, adorable immortelle,

Qui nous créant ces généreux vengeurs

Pour soutenir la cause la plus belle

Du plus beau feu viens embraser leurs cœurs.

Tous, pénétrés de ta céleste flamme,

Tous, repoussant de coupables effrois

Jurent ensemble au despotisme infâme,

Ou de périr, ou de venger nos droits.

Dans le délire où ce serment le jette.

Le spectateur, en pleurant, le redit;

Les bras en l’air, le peuple le répète,

Il le répète, et le ciel applaudit!

Législateurs qui vous couvrez de gloire

Par le serment qu’ici vous prononcez,

Sur les tyrans vous gagnez la victoire,

Usez-en bien, ils sont tous terrassés!

Le despotisme, en sa rage exécrable,

Se flatte en vain d’un empire éternel;

Votre serment, ce serment redoutable,

Est pour le monstre un arrêt sans appel!

Vœu superflu! les pères de la France

Brisent le fil de ses brillants destins:

Affreux revers! de sa vive espérance

Le flambeau meurt et s’éteint dans leurs mains!

En l’élevant contre les fiers despotes,

Mille d’abord veulent tous les frapper,

L’intérêt parle, et ces faux patriotes,

Valets du Louvre, y vont soudain ramper!

Pour décevoir à ce point leur patrie,

Est-ce donc l’or, est-ce le fol orgueil

Qui, de l’honneur, dans leur âme flétrie,

Devient, hélas! le trop funeste écueil?

A leur début dans la vaste carrière,

Je vois en eux les plus grands des humains:

Vers le milieu, leur taille est ordinaire;

A peine, au bout, paraissent-ils des nains.

LA PUISE DE LA BASTILLE

Table des matières

14 JUILLET 1789

Air: Aussitôt que la lumière.

Est-il bien vrai que je veille

Et que mes yeux soient ouverts?

Quelle étonnante merveille

Frappe aujourd’hui l’univers!

Launay(), le ciel nous seconde, Tes efforts sont superflus: Un seul instant l’airain gronde, Et la Bastille n’est plus!

Que le beau feu qui m’anime

T’électrise en ce moment,

François! peuple magnanime,

Cède à mon ravissement!

L’exécrable despotisme

Implorant de vains secours,

Soudain, aux cris du civisme,

A vu s’écrouler ces tours!

D’une terrible épouvante

Remplissant tout Jérichos,

Tel en son ardeur bouillante,

Josué, jeune héros,

De la trompette guerrière

Aux éclats retentissans,

Voit de cette ville altière

Tomber les murs insolents!

Toi qui déchirant mon âme

Au récit de tes malheurs,

De cette Bastille infâme

Nous dévoile les horreurs,

Epargne à l’homme sensible

Ce trop douloureux récit!

Pour peindre ce lieu terrible,

Sur cent traits un seul suffit.

Des cris perçans et funèbres

Poussés par le désespoir

Font, du prince des ténèbres,

Abhorrer l’affreux manoir;

Mais, peuplé de tous les vices,

L’enfer, séjour du démon,

N’est qu’un palais de délices

Auprès de cette prison!

A l’heure si fugitive

Quand reprochant sa lenteur,

Ici la vertu plaintive

Succomboit à sa douleur,

Qui régnoit sur ma patrie,

Qui donc lui donnoit des loix?

Etoit-ce, dans leur furie,

Ou des monstres ou des rois?

Saturnes abominables

Qui dévorez vos enfans,

Qui des pleurs des misérables

Engraissez vos courtisans,

Si quelques dieux tutélaires

Aux mortels vous ont donnés,

Fut-ce pour être des pères

Ou des bourreaux couronnés

HYMNE

Table des matières

POUR CÉLÉBRER LE 14 JUILLET 1789

Air: Jeunes amans ceuillez des fleurs.

Amis, que de faits glorieux

Ce jour retrace à la mémoire!

Pour les François quel jour heureux!

Quel jour brillant pour notre histoire!

Il éclaira le premier coup

Qui fit trembler la tyrannie;

En un instant il vit debout

Tous les amis de la patrie. (bis)

Il réveilla les sentimens

Qui, jadis, animoient nos pères;

D’un peuple d’esclaves rampans,

Il fit un grand peuple de frères.

Il vit la sainte liberté

Relever la France asservie,

Et rallier avec fierté

Tous les amis de la patrie, (bis)

Sur les pas de la liberté,

Mais dans sa marche un peu plus lente,

Il vit la douce égalité

De loin sourire à notre attente:

Elle menoit à son côté

Sa compagne la plus chérie,

La troisième divinité

Des vrais amis de la patrie. (bis)

Egalité, Fraternité

Nous vous rendons un pur hommage;

Dans nos chants, dans notre gaieté

Vous reconnoissez votre ouvrage;

Nous vous jurons fidélité ;

Ce serment à jamais nous lie,

Pour défendre la liberté,

En vrais amis de la patrie. (bis)

Vous dont l’intrépide valeur

Assure notre indépendance,

Guerriers, qui fondez le bonheur

Et l’éclat futur de la France,

Lorsque du démon des combats

Vous aurez lassé la furie,

Vous serez pressés dans les bras

Des vrais amis de la patrie. (bis)

Et vous dont ce jour glorieux

A fait éclater l’énergie,

François dont l’effort généreux

A renversé la tyrannie,

Réunis par l’égalité

Autour de notre heureux génie,

Défendons tous la liberté,

En vrais amis de la patrie. (bis)

RÉCIT HISTORIQUE

Table des matières

DE CE QUI S’EST PASSÉ DANS LA VILLE DE PARIS,

DEPUIS LE COMMENCEMENT DE JUILLET,

JUSQU’AUX 13, 14, 15 ET 16 DU MÊME MOIS, DE L’ANNÉE 1789

Air de Henri IV.

Pour célébrer la gloire

De nos fiers Parisiens,

Je chante leur victoire,

Qui brisa nos liens;

Leur active prudence

A mis en décadence

Nos secrets ennemis.

Pour la cause commune,

Nos forces ne font qu’une;

Nous voilà réunis.

Le monarque de France

Vouloit faire le bien,

Le chef de la finance

En offroit le moyen;

Mais un parti contraire,

Prolongeant la misère

Qui blesse les petits,

A protester s’amuse.

C’est ainsi qu’on abuse

Du bon cœur de Louis.

La mésintelligence

S’empare des États,

La brillante éloquence

Entretient les débats.

Le peuple enfin s’irrite

De voir que l’on s’agite

Et qu’on n’avance à rien.

Il met en évidence

Que tout sujet de France

Doit être citoyen.

Bouillant, chaud comme braise,

Le bourgeois de Paris

Adresse à Louis seize

Les plus pressants écrits

Lui disant dans son trouble:

Notre crainte redouble

De voir au Champ-de-Mars

Des troupes étrangères,

Arborant leurs banières,

Pavillons, étandards.

Une bande indocile

De gens séditieux

Se portent dans la ville

Comme des furieux,

Mettant tout au pillage,

Dans un accès de rage

Qu’on ne peut conçevoir,

Pillant grain et farine

Pour causer la famine

Comme le désespoir.

L’affligeante nouvelle

Du départ de Necker

Donne l’effort au zèle

Du peuple qui le perd;

Tout est dans les alarmes,

Chacun s’écrie: Aux armes!

L’on tremble pour Paris.

Au moment où nous sommes,

Plus de deux cent mille hommes

Sur pied se trouvent mis.

Le bureau de la ville

Arme tout citoyen,

Gens d’une espèce utile

Et braves gens de bien.

Pour découvrir les traîtres,

On se rend bientôt maîtres

Des lettres et paquets.

Le premier que l’on ouvre

Heureusement découvre

Le plus noir des forfaits.

L’on fut à la Bastille

Parler au gouverneur

Pour qu’il nous soit utile

Dans ces prochains malheurs.

Vingt milliers de poudre,

Dit-il, peut nous résoudre

A nous mettre à couvert.

Aujourd’hui, par nos armes,

Vous et tous vos gendarmes

Feroi sauter en l’air.

Nos bourgeois intrépides

Vont, remplis de valeur.

L’hôtel des Invalides

Se rend avec honneur;

L’on trouve en cet asyle

Au moins quinze à vingt mille

Fusils et mousquetons,

Des bombes, des grenades,

Espontons, hallebardes,

Des mortiers et canons.

R’tournant à la Bastille

Avec tous ces renforts,

Delaunay s’entortille

Et fait de vains efforts;

Bientôt il fait entendre

Qu’il consent à se rendre,

Il fait baisser les ponts;

La bourgeoisie entrée

Soudain est massacrée

Par le feu des canons.

Un bourgeois de courage

Fameux, sieur Hulin,

Les gardes il encourage

Par un discours divin,

Criant: Chers camarades,

Citoyens prenons garde

A ne laisser périr

Et massacrer nos frères

Dedans cette carrière

Il faut vaincre ou mourir.

Les gardes à merveille

Y marchent les premiers

D’une ardeur sans pareille,

Et tous leurs officiers.

Le coup de canon tonne,

Mais aucune personne

N’en demeure effrayé :

Bientôt la brèche est faite,

La victoire est complète

Et le fort est gagné.

A l’assaut, sans attendre,

Qui d’abord a monté ?

Comme l’on doit entendre,

Ce fut le sieur Harné,

Brave soldat des gardes

Que partout l’on regarde,

Suivi du sieur Humbert,

Qui, sur les embrasures,

Montrèrent en belle figure

Drapeaux à découvert.

Bientôt le sieur Hélie,

Que l’on avait cru mort,

Reparoît plein de vie,

Glorieux dans ce fort,

Portant très bien plantée,

Au bout de son épée,

Capitulation.

Nous voilà donc les maîtres:

Chacun crie des fenêtres,

Vive la Nation!

Le sieur Maillard ensuite,

Portant drapeau d’honneur,

Tous deux vont au plus vite

D’abord au gouverneur.

HYMNE

Table des matières

SUR LA JOURNÉE DU 14 JUILLET

ou

LA BASTILLE RENVERSÉE

Air de l’Hymne des Marseillais

Ils languissoient dans l’esclavage,

Les descendants des fiers Gaulois;

Ils avoient courbé leur courage

Sous le sceptre odieux des rois;

La Bastille, de noirs abîmes

Des vertus étoient le séjour;

A peine un gémissement sourd

Osoit dire aux cœurs magnanimes:

Nous avons trop subi de tyranniques loix,

Brisons (bis) nos fers honteux et rentrons dans nos droits.

Chœur

Nous avons trop subi, etc.

Le monstre affreux du despotisme,

Au gré de ses projets cruels,

Secondé par le fanatisme,

Fouloit sous ses pieds les mortels.

Son ambition et ses crimes

Faisoient couler des flots de sang;

Ceux dont il déchiroit le flanc

Poussoient au ciel ces cris sublimes:

Nous avons trop subi de tyranniques loix,

Brisons (bis) nos fers honteux et rentrons dans nos droits.

Chœur

Nous avons, etc.

Que vois-je! l’on frémit en France

De ramper sous un souverain...

Mais où vole ce peuple immense,

D’un long sommeil sortant enfin?

Armé de faux, de faibles piques,

Il brave cent bouches d’airain;

Marche et chante au son du tocsin,

Dans ses transports patriotiques:

Nous avons trop subi de tyranniques loix,

Brisons (bis) nos fers honteux et rentrons dans nos droits.

Chœur

Nous avons, etc.

Il escalade avec furie

Les murs, les menaçantes tours,

Qui devoient de la tyrannie

Prolonger à jamais les jours.

En vain, à son ardent courage

S’opposent de larges fossés:

Que nos cadavres entassés,

Cria-t-il, ouvrent un passage:

Nous avons trop subi de tyranniques loix,

Brisons (bis) nos fers honteux et rentrons dans nos droits.

Chœur

Nous avons, etc.

C’en est fait, le ciel se déclare

Contre un despote détesté.

Tombe, forteresse barbare,

Cède aux coups de la Liberté ;

Déjà les murs sont en poussière;

Élevés sur leurs fondements,

Les plus augustes monumens

Vont redire à l’Europe entière:

Vous avez trop subi de tyranniques loix,

Brisez (bis) vos fers honteux et rentrez dans vos droits.

Chœur

Nous avons, etc.

COUPLETS

Table des matières

SUR LA COCARDE NATIONALE

18 JUILLET 1789

Par le citoyen MERCIER

Air: On compterait les diamants.

J’admire la variété

De ces rubans, de cette aigrette,

Dont le citoyen exalté

Embellit à l’envi sa tête.

Emblème de l’égalité,

Une cocarde est sa marotte;

Le savoyard marche à côté

Du gentilhomme qu’il décrotte. (bis)

Chaque citoyen est guerrier,

Cœur, fortune, amour, tout le lie,

Chacun arbore le laurier

Comme vengeur de la patrie;

Tous sont frères, tous sont égaux,

L’astre de la liberté brille,

Et la France, oubliant ses maux,

Ne forme plus qu’une famille. (bis)

Des fléaux de la nation

Pour chasser la horde funeste,

Il n’a fallu que l’union

Du bleu, du rouge et du céleste;

Le blanc annonce la candeur

D’âme vraiment républicaine;

Le bleu fait présager au cœur

Une existence plus sereine. (bis)

Reste le rouge, mais comment

Lui trouverai-je une origine?

M’y voici, c’est que, sûrement,

Les fleurs viendront après l’épine;

Peut-être encore, sexe charmant,

Chaque preux, défendant ta cause,

A voulu porter galament

Ta couleur en prenant le rose. (bis),

Femmes, exaucez donc un vœu

Dicté parle patriotisme;

Au blanc assortissez le bleu

Et partagez notre héroïsme;

Que de leurs festons ondoyans

Le goût décore vos coëffures;

La cocarde de vos amans

Doit se faire avec vos ceintures. (bis)

COUPLETS

Table des matières

COMPOSAS ET CHANTÉS

PAR LES DAMES DÉPUTÉES DU MARCHÉ SAINT-PAUL

LE 20 JUILLET 1789

Air de La Gaité.

Buvons à rasade

A la santé du Roi,

Mes chers camarades,

Ayons le cœur en joie.

Nos grands députés aujourd’hui

Ont la gloire

De voir le monarque à Paris.

Vive Louis!

Nos gardes-françoises

Et nos bons citoyens

Sont tous remplis d’aise,

Ont banni le chagrin;

Ils ont remporté la victoire

De la France,

Et nous voilà tous réunis.

Vive Louis!

Que d’feux d’artifice,

Que d’illuminations

En dedans la ville!

On n’y voit que lampions.

Paris, Versailles et Saint-Germain

Sont en danse,

D’voir les trois ordres réunis.

Vive Louis!

L’ABOLITION DES PRIVILÈGES

Table des matières

DANS LA NUIT DU 4 AU 5 AOÛT 1789

Air: Avec les jeux dans le village.

Enfans d’un vrai peuple de frères

Gouverné par les mêmes loix,

Sous l’empire heureux des lumières

Jouissez tous des mêmes droits:

Non, la liberté n’est qu’un piège.

Par l’avare orgueil apprêté,

Tant que le mot de privilège

Blesse la sainte égalité. (bis)

Amour sacré de la patrie,

Vertu la plus chère aux grands cœurs,

Tu fais, dans une âme flétrie,

Naître les plus nobles ardeurs:

Ces êtres, esclaves vulgaires

Des préjugés et des abus,

Aussitôt que tu les éclaires,

Deviennent des Fabricius. (bis)

Oui, je l’ai vu ce grand miracle

Ici s’opérer âmes yeux:

Qu’il est bien digne spectacle

De frapper les regards des dieux!

O nuit d’immortelle mémoire,

Nuit que consacre notre amour,

Tu dois aux fastes de l’histoire

L’emporter sur le plus beau jour. (bis)

Dans cet auguste aréopage

Soudain se lèvent les vertus;

A l’instant le combat s’engage

Contre les antiques abus:

Pour avoir part à la victoire,

Développant tous ses moyens,

Chacun n’aspire qu’à la gloire

Des plus grands héros citoyens! (bis)

Jamais l’infâme despotisme

N’osera souiller nos regards.

Comme aujourd’hui si le civisme

Brille toujours dans nos remparts;

Songeons qu’il conserve et féconde

Le bien, sans lui trop incertain,

Que pour le bonheur de ce monde

Peut enfanter l’esprit humain. (bis)

Ce monde entier qui nous contemple

Brûle ici de nous imiter;

L’honneur de lui donner l’exemple

Est bien fait pour nous exalter:

Prouvons-lui que de l’esclavage

Qu’il voit à nos pieds abattu,

Qui triomphe par le courage

S’en préserve par la vertu. (bis)

Que votre accord inébranlable

Offre, législateurs unis,

Une barrière insurmontable

Aux efforts de nos ennemis:

Contre eux, d’une ardeur peu commune,

Que chaque orateur transporté

Lance du haut de la tribune

Les foudres de la vérité. (bis)

Sages, que la France rassemble

Pour concourir à son salut,

Unissez vos moyens ensemble,

N’ayez jamais qu’un même but:

Aux principes toujours fidèles,

Tous n’ayez jamais qu’un seul cœur;

Voilà les bases éternelles

De sa gloire et de son bonheur. (bis)

COUPLETS

Table des matières

A MONSIEUR LE MARQUIS DE LA FAYETTE

PRÉSENT A LA BÉNÉDICTION DU DRAPEAU DU DISTRICT

DES CORDELIERS, LE 13 AOUT 1789

Paroles de IMBERT

Prête à jouir de sa noble conquête,

La liberté consacre nos drapeaux;

Celui-là seul doit présider sa fête

Qui sut longtemps en être le héros.

Il réunit le zèle et la prudence;

A l’Amérique il a su le prouver:

Ce qu’une fois a conquis sa vaillance,

Par sa sagesse il sait le conserver.

Dieu, tu dois être à ses désirs propice;

Chez les mortels qui ne peuvent te voir,

La vertu doit figurer ta justice,

Et la valeur remplacer ton pouvoir.

L’aimable objet à qui l’hymen l’engage () Daigne à nos vœux accorder un souris; Et la beauté qui sourit au courage, Après la gloire est son plus digne prix.

Ciel, à Louis prête un bras tutélaire;

D’un peuple libre il est le digne appui;

Roi-Citoyen, pour nous qu’il vive en père,

Chacun de nous saura mourir pour lui.

DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN

Table des matières

LES 20, 21, 22, 25 ET 26 AOUT, 1789

Air: Philis demande son portrait.

Généreux et braves François,

En vantant son courage,

Chantez les immortels bienfoits

De votre aréopage!

Il s’élance à pas de géant

Dans sa vaste carrière,

Et rend à l’homme, en débutant,

Sa dignité première.

Prenant de tes augustes loix,

Pour base la plus sûre,

Tous les imprescriptibles droits

Qu’il tient de la nature,

Tu vas, sage législateur,

Que j’aime et que j’admire,

De ces loix saintes dans son cœur

Eterniser l’empire!

Ces droits qu’ici tu reconnois

Sont inaliénables;

En France comme au Paraguay

Ils sont impérissables:

Apprends au despote cruel

Qu’en traits ardens de flammes,

Le doigt sacré de l’Éternel

Les grava dans nos âmes!

Oui, tous les hommes sont égaux,

Et leurs droits sont les mêmes;

On ne distingue les héros

Qu’à leurs vertus suprêmes;

Mais la loi qui vous pèse tous

Dans sa juste balance,

Mortels, ne doit mettre entre vous

Aucune différence.

Vivre libre est le premier bien

Aux champs comme à la ville;

Partout on doit du citoyen

Respecter l’humble asile;

Qu’un vil tyran ose tenter

D’en faire sa victime,

Il peut s’armer et résister

A quiconque l’opprime.

Dès qu’à mon prochain respecté

On ne me voit pas nuire,

Rien, ô ma chère liberté !

Ne peut te circonscrire:

Quand la loi parle, à son décret

Je cède à l’instant même;

Mon plaisir, dès qu’elle se toit,

Est ma règle suprême.

Je puis désormois en tout lieu,

Fidèle à ma croyance,

Adorer et servir mon Dieu

Suivant ma conscience,

Ferme dans mon opinion,

Et sans crainte des pièges,

Braver de l’inquisition

Les fureurs sacrilèges.

Aujourd’hui libre de tes fers,

Quel pays, riche France,

Pourroit sur toi, dans l’univers,

Avoir la préférence!

Ailleurs on chercheroit en vain

Le sort le plus prospère;

Le bonheur n’est que dans ton sein

Ou n’est pas sur la terre.

CHANSON DE 1789

Table des matières

Air: La belle Bourbonnaise.

Falcon dans sa boutique,

Avec toute sa clique, (bis)

Chacun leur fait la nique.

Ils poussent des holà ! ha, ha, ha, ha,

Oh! les tristes figures

Qu’ils ont, je vous assure;

Ils ont tous l’encolure

De craindre le trépas, ha, ha, ha, ha.

Malgré leur rage extrême

De n’avoir ceux qu’ils aiment, (bis)

Collot, Barère, Varenne

Pour eux n’existent plus, hu, hu, hu, hu.

Il vont, dans leur délire,

Ces faiseurs de soupirs,

Regorger, c’est tout dire,

Le sang qu’ils avaient bu, hu, hu, hu, hu.

Il est un grand apôtre,

En quittant sa calotte, (bis)

Se disant sans-culotte,

Regorgé de forfaits, hé, hé, hé, hé.

Vingt autres de sa suite,

Suivant bien la tactique

De l’animal inique,

Au mieux le secondoit, hé, hé, hé, hé.

Vengeur de l’innocence,

Soutiens ta contenance; (bis)

Désarme en assurance

Les suppôts des Bilhaut, hau, hau, hau, hau.

Leur but est la discorde,

Leur confort est la corde,

Les emblèmes qu’ils portent,

Ce sont des échauffeaux, hau, hau, hau, hau.

CHANT PATRIOTIQUE DE 1789

Table des matières

Air: Reçois dans ton galetas.

Quand la richesse est le fruit

Du travail et du génie,

Aimons quiconque en jouit:

Respect à l’honnête industrie!

Mais, François, guerre à celui

Qui ne vit qu’aux dépens d’autrui!

On voit aller et venir

Ces gens du nouveau commerce;

Il est bien temps de sévir

Contre cette engeance perverse,

Car chacun d’eux est celui

Qui ne vit qu’aux dépens d’autrui.

C’est dans ces perfides mains

Que croit le prix des denrées;

C’est après d’injustes gains

Qu’aux pauvres elles sont livrées:

Ces gains nourrissent celui

Qui ne vit qu’aux dépens d’autrui.

Marchand qui, pour nos besoins,

Tient sa boutique fournie,

Est l’abeille dont les soins

Font que la ruche est bien garnie:

Mais chassons les frelons qui

Ne vivent qu’aux dépens d’autrui.

AUPRÈS DE MA BLONDE

Table des matières

CHANSON POPULAIRE DE 1789

Tous les oiseaux du monde Viennent y faire leurs nids. Auprès de ma blonde Qu’il fait bon dormi.

La caille, la tourterelle Et la joli’ perdrix, Auprès de ma blonde Qu’il fait bon dormi.

Et ma joli’ colombe Qui chante jour et nuit. Auprès de ma blonde Qu’il fait bon dormi.

Qui chante pour les filles Qui n’ont pas de mari. Auprès de ma blonde Qu’il fait bon dormi.

Pour moi ne chante guère, Car j’en ai un joli. Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon dormi.

«Dites-nous donc, la belle, «Où donc est votr’ mari?» Auprès de ma blonde Qu’il fait bon dormi.

Il est dans la Hollande, Les Hollandais l’ont pris. Auprès de ma blonde Qu’il fait bon dormi.

«Que donneriez-vous, belle, «Pour avoir votr’ mari?» Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon dormi.

Je donnerais Versailles, Paris et Saint-Denis. Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon dormi

Les tours de Notre-Dame, Le clocher d’mon pays. Auprès de ma blonde Qu’il fait bon dormi.

Et ma joli’ colombe Pour avoir mon ami. Auprès de ma blonde Qu’il fait bon dormi.

LES VOEUX DE LA NATION

Table des matières

Par DEVIS, auteur patriote.

Air: Vive Henri IV!

Vive Louis seize!

Ce bon roi citoyen;

Son cœur est aise

De faire notre bien.

Vive Louis seize!

Ce bon roi citoyen.

Vivent sans cesse

Nos dignes députés!

Dont la sagesse

Fait nos félicités.

Vivent sans cesse

Nos dignes députés!

Vive la France!

Vive la liberté !

Paix, abondance,

Justice, égalité :

Vive la France!

Vive la liberté !

Vive le maire!

Le vertueux Bailly;

Ce tendre père

Est notre bon ami;

Vive le maire!

Ce vertueux Bailly.

De La Fayette

Célébrons les succès;

Que la trompette

Sonne pour les hauts faits

De La Fayette,

Le héros des François.

Vivent nos frères,

Nos soldats, nos amis!

Nos cœurs sincères

Sont enfin réunis:

Vivent nos frères,

Nos soldats, nos amis!

MONSIEUR ET MADAME DENIS

Table des matières

SOUVENIRS NOCTURNES DE DEUX ÉPOUX DU XVIIe SIÈCLE

Il avoit plu toute la journée, et, n’ayant pu aller le soir faire leur partie de loto chez Mme Caquet, sage-femme, rue des Martyrs, Mr et Mme Denis s’étoient couchés de bonne heure. Au bout de vingt-trois minutes, Mme Denis qui ne dormoit pas, impatiente du silence obstiné de son mari, qui n’avoit pas cessé de lui tourner le dos, soupira trois fois et prit la parole:

Quoi! vous ne me dites rien?

Mon ami, ce n’est pas bien;

Jadis, c’étoit différent,

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en,

J’étais sourde à vos discours,

Et vous me parliez toujours.

MONSIEUR DENIS (se retournant.)

Mais, m’amour, j’ai sur le corps

Cinquante ans de plus qu’alors,

Car c’étoit en mil-sept-cent,

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en.

O premier de mes amours,

Que ne duriez-vous toujours!

MADAME DENIS (se ravisant.)

C’est de vous qu’en sept-cent-un

Une anguille de Melun

M’arriva si galamment!

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en,

Avec des prunaux de Tours

Que je crois manger toujours.

MONSIEUR DENIS

En mil-sept-cent-deux, mon cœur

Vous déclara son ardeur;

J’étois un petit volcan,

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en.

Feu des premières amours,

Que ne brûlez-vous toujours!

MADAME DENIS

On nous maria, je crois,

A Saint-Germain-l’Auxerrois:

J’étois mise en satin blanc,

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en,

Du plaisir charmants atours,

Je vous conserve toujours!

MONSIEUR DENIS (se mettant sur son séant.)

Comme j’étois étoffé !

MADAME DENIS (s’asseyant de même.)

Comme vous étiez coiffé !

MONSIEUR DENIS

Habit jaune en bouracan,

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en,

MADAME DENIS.

Et culotte de velours

Que je regrette toujours.

(Continuant:)

Comme en dansant le menuet

Vous tendîtes le jarret;

Ah! vous alliez joliment,

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en,

MONSIEUR DENIS

Aujourd’hui nous sommes lourds,

On ne danse pas toujours.

(S’animant:)

Comme votre joli sein

S’animoit sous le satin!

Il étoit mieux qu’à présent,

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en;

Belles formes, doux contours

Que ne duriez-vous toujours!

MADAME DENIS

La nuit, pour ne pas rougir,

Je fis semblant de dormir;

Vous me pinciez doucement,

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en;

Mais, à présent, nuit et jour,

C’est moi qui pince toujours.

MONSIEUR DENIS

La nuit, lorsque votre époux

S’émancipait avec vous,

Comme vous faisiez l’enfant!

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en;

Mais on foit les premiers jours

Ce qu’on ne foit pas toujours.

MADAME DENIS

«Comment avez-vous dormi?»

Nous demandoit chaque ami;

«Bien» répondois-je à l’instant,

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en;

Mais nos yeux et nos discours

Se contredisoient toujours.

MONSIEUR DENIS (lui offrant une prise de tabac.)

Demain, songez, s’il vous plaît,

A me donner un bouquet.

MADAME DENIS (tenant la prise de tabac sous le nez.)

Quoi c’est demain la Saint-Jean?

MONSIEUR DENIS (rentrant dans son lit.)

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en;

époque où j’ai des retours

Qui me surprennent toujours.

MADAME DENIS (se recouchant.)

Oui, jolis retours, ma foi!

Votre éloquence avec moi

Éclate une fois par an,

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en;

Encore votre beau discours

Ne finit-il pas toujours.

(Ici. M. Denis a une réminiscence.)

MADAME DENIS (minaudant.)

Que faites-vous donc, mon cœur?

MONSIEUR DENIS

Rien!... je me pique d’honneur.

MADAME DENIS

Quel baiser!... il est brûlant...

MONSIEUR DENIS (toussant.)

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en.

MADAME DENIS (rajustant sa cornette.)

Tendre objet de mes amours,

Pique-toi d’honneur toujours!

Ici le couple bailla,

S’étendit et someilla,

L’un marmottant en ronflant:

Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en;

L’autre: Objet de mes amours,

Pique-toi d’honneur toujours!

COUPLETS

Table des matières

CHANTÉS EN L’ASSEMBLÉE DES COMPAGNIES DE GRENADIERS ET DE CHASSEURS DU BATAILLON DE BONNE-NOUVELLE, DONT LE DRAPEAU PORTE POUR DEVISE: «UNION, FORCE, LIBERTÉ.» ET RÉPÉTÉS A CELLES DU BATAILLON DE L’ORATOIRE RÉUNIES DANS LE MÊME LIEU, LE DIMANCHE 20 DÉCEMBRE, 1789.

Par CHARON, ci-devant officier de la garde nationale.

Air: Aussitôt que la lumière.

Quel exemple plus sublime

Qu’aux regards de l’univers

Offre un peuple magnanime

Qui vient de briser ses fers?

Défenseur de la patrie,

Dans sa bouillante fierté,

Il perdrait plutôt la vie

Que l’heureuse liberté.

Jusques aux marches du trône

Il poursuit ses ennemis,

Mais raffermit la couronne

Sur la tête de Louis.

Courageux, mais trop volage,

Il chantoit ses maux, ses droits;

Aujourd’hui, vaillant et sage,

Il combat et fait ses loix.

Loin de craindre les fatigues,

Loin de chercher le repos,

Chacun des citoyens brigue

Les dangers et les travaux.

Quand dans les champs de Bellone

Tous vont cueillir des lauriers,

L’honneur tresse la couronne

Des chasseurs et grenadiers.

Aussitôt que la trompette

Frappe l’air de ses éclats,

Aussitôt que La Fayette

Appelle à lui ses soldats,

Une brillante jeunesse

A l’instant sous les drapeaux

S’agite, accourt et s’empresse

D’obéir à ce héros.

A l’orme s’unit le lierre,

Qui rampe sans ce soutien:

Voyons un parent, un frère

Dans chaque concitoyen.

Au nom cher de la patrie,

Conservons l’égalité,

Et pour devise chérie:

Union, force et liberté.

CHANSON NOUVELLE

Table des matières

DE DEUX DAMES DE LA HALLE QUI ONT EU L’HONNEUR

DE VOIR LE ROI, LA REINE,

MONSEIGNEUR LE DAUPHIN ET TOUTE LA FAMILLE ROYALE,

AU CHATEAU DES TUILLERIES, EN 1789.

Par BARRÉ

LAGUITTE

Catau veux-tu v’nir avec moi (bis)

Aux Thuill’ri’s pour y voir le roi? (bis)

Prens l’casaquin qu’t’avois dimanche

Et tâch’ d’avoir un’ chemis’ blanche.

CATAU

Je l’voudrois ben de tout mon cœur, (bis)

Ça s’roit pour moi beaucoup d’honneur; (bis)

Mais tu parl’ comme eune ébêtée,

Car on nous z’en laissera pas l’entrée.

LAGUITTE

Moi, j’te répond d’entrer partout (bis)

Et que j’verrons tout d’bout en bout. (bis)

J’nai qu’à parler à c’gros cent d’Suisse

Qu’est l’preup’ enfant d’ma mèr’ nourrice.

CATAU

Je n’savois pas qu’t’avois l’honneur (bis)

D’connoît: un aussi grand seigneur; (bis)

Y peut ben nous faire voir Louis seize

Et la fille à Mari’-Thérèse.

LAGUITTE

J’espèr’ ben que j’verrons l’Dauphin, (bis)

Qu’est plus beau qu’un p’tit séraphin; (bis)

Ainsi qu’ sa sœur, Madame première,

Qu’est tout l’portrait d’Monsieur son ch’père.

CATAU au Roi:

Vous v’là donc v’nu d’meurer ici? (bis)

Allez, croyez-moi, restez-y; (bis)

Car aussi ben l’château d’Versailles

N’vaut quasiment plus rien qui vaille.

LAGUITTE à la Reine

J’ai su qu’vous restiez za Paris; (bis)

Pardon d’la liberté qu’j’ai pris; (bis)

N’retournez jamais en Allemagne:

Y fait trop cher vivre en campagne.

CATAU au Dauphin:

Bonjour monseigneur le Dauphin. (bis)

A c’t’ heur’ que vous v’là not’ voisin, (bis)

J’viendrons d’temps en temps, moi, Laguitte,

A cel’fin d’ vous rendre not’ visite.

LAGUITTE à Madame première:

Je n’savons pas si j’nous trompons, (bis)

N’êtes-vous pas d’la rac’ des Bourbons? (bis)

Vot’ figure, vot’ ton, vot’ magnière,

C’est tout craché l’portrait d’vot’ mère.

Ensemble, pour toute la Nation.

D’vous voir tretous j’somme ben contens. (bis)

Vous savez qu’les François sont francs: (bis)

On dit qu’si l’ya d’belles tapisseries,

Qu’a sont dans l’château des Thuil’ries.

Le lit du Roi.

Y peuvent ben t’nir là tous les deux, (bis)

C’lit-là n’est pas un lit boudeux. (bis)

Y z’ont biau faire la bagatelle,

Y n’tomberont jamais dans la ruelle.

Le lit de la Reine.

Est-c’ qu’a couch’roit tout’ seul’ là d’dans? (bis)

Il y tiendroit ben six enfants! (bis)

LAGUITTE

Al’ y pass’ la saison des roses,

Car les femmes ont toujours quequ’ chose.

Le lit du Dauphin.

C’est donc ça l’lit d’monsieur l’Dauphin. (bis)

J’vas y arranger son traversin. (bis)

Sur-tout, prenez garde qu’y n’tumbe,

Et j’suis ben vot’ sarvante très-humbe.

Le lit de Madame première

V’là donc celui d’Madame sa sœur; (bis)

Il est pour le moins plus meyeur, (bis)

La courte-pointe en est tout’ neuve;

Tiens tat’zi t’en verras la preuve.

LAGUITTE

Tiens, r’garde donc queux grand miroir (bis)

Y n’faut pas s’baisser pour s’y voir; (bis)

C’est plus cher qu’eune autre marchandise,

Car on dit qu’c’est d’la glace de V’nise.

CATAU

J’ai ben vu d’ la glace à Paris (bis)

Plus épaisse et pas d’si grand prix; (bis)

L’an passé, d’bout en bout d’la Seine,

Toute la rivière en était pleine.

LAGUITTE

Catau, viens-t’en, y n’ fait plus jour, (bis)

Y allons r’mercier monsieur d’Fribourg: (bis)

Tu sais qu’c’est un très galant homme,

Je l’régalerons d’un coup d’rogomme

LE CURÉ ET SA SERVANTE

Table des matières

CHANSON POPULAIRE DE 1789

De la foire et du marché, Simone, ma Simone, De la foire et du marché, Ma petite mignone.

Des souliers blancs pour danser, Simone, ma Simone, Des souliers blancs pour danser, Ma petite mignone.

Quand tu sauras travailler, Simone, ma Simone, Quand tu sauras travailler, Ma petite mignone.

Alors je te les donn’rai, Simone, ma Simone, Alors je te les donn’rai, Ma petite mignone.

Dis-moi ton plus gros péché, Simone, ma Simone, Dis-moi ton plus gros péché, Ma petite mignone.

Faudra donc nous séparer,. Simone, ma Simone, Faudra donc nous séparer, Ma petite mignone.

Alors je t’enterrerai, Simone, ma Simone, Alors je t’enterrerai, Ma petite mignone.

Non car il faudra chanter, Simone, ma Simone, Requiescat in pace, Ma petite mignone.

COUPLETS SUR LES BOURBONS

Table des matières

Air: Français laisserons-nous flétrir.

Manes invengés des Bourbons,

Errants autour de votre tombe,

Sur votre sort nous gémissons;

Mais bientôt nous vous offrirons

De Jacobins une hécatombe.

Ah! François, sous ces oppresseurs,

Vous fûtes régicides,

Vous fûtes déicides;

Pour venger tant d’horreurs

Immolons ces perfides.

Ces monstres, par l’enfer vomis

Pour le châtiment de la terre,

Du genre humain sont ennemis.

Mais pour les voir bientôt soumis,

Relençons-les dans leurs repaires.

Ah! François, etc.

Faisons trêve à l’humanité ;

Aux scélérats jamais de grâce;

Leur force est dans l’impunité,

Aux tourmens de l’éternité

Vouons cette exécrable race.

Ah! François, etc.

Celui qui craint de les frapper

Ne peut être que leur complice;

Dans leurs complots il dut tremper;

Il faut, s’il veut nous détromper,

Que lui-même en fasse justice.

Ah! François, etc.

Le sang pur versé par leurs mains

Retomberoit sur notre tête,

Si nous manquions les assassins.

Du ciel secondons les desseins;

Lui-même à les punir s’apprête.

Ah! François, etc.

L’esprit de vertige et d’erreurs

Enfin nous livre des victimes

Que l’on protégeoit sans pudeur.

Qu’elles éprouvent la terreur

Qu’inspirèrent longtemps leurs crimes.

Ah! François, etc.

Une montagne, avec fracas,

Couvre la France de scories.

Ouvrons ses flancs, elle est à bas!

Le fer en main, n’hésitons pas,

Sondons ces entrailles pourries.

Ah! François, etc.

Et vous, qu’égara quelquefois

Des vils Jacobins la furie,

Vengez vos affronts et vos droits;

Montrez-vous défenseurs des loix

Et de l’ordre et de le patrie.

Ah! soldats, sous ces oppresseurs,

Vous fûtes régicides,

Vous fûtes déicides;

Pour venger tant d’horreurs

Immolez ces perfides.

CHANSON

Table des matières

SUR LES SENTIMENTS DU PEUPLE

CONTRE LE CI-DEVANT ROI ET SUR LES TRAHISONS

DE L’EXÉCRABLE BOUILLÉ

Air: Reçois dans ton galetas.

François, voici le moment

De montrer notre courage,

Louis fausse son serment:

Pour nous préserver de l’orage,

Restons toujours bien unis,

Et nous vaincrons nos ennemis. (bis)

Louis étoit notre ami,

Nous le nommions notre père;

Sans rien dire, il est parti.

Hélas! Qu’espéroit-il faire?

C’est l’exécrable Bouillé

Qui dans la France a tout troublé. (bis.)

Dans l’affaire de Nançi,

Il eut en vain des louanges,

Croyant avoir réussi,

Du vrai, du faux fit des mélanges.

Sous le nom de citoyen,

Ses faits montrent qu’il ne vaut rien. (bis)

Il voudroit, par ses écrits,

Faire aux François des menaces,

On les voit avec mépris,

Les François lui font des grimaces;

Sa clique ne nous fait pas peur;

Qu’il vienne, s’il a du cœur! (bis)

Ce traître est donc bien subtil

Pour vaincre la capitale,

Sachant la route, dit-il!

Mais la force nationale

Se moque de ses discours,

Qu’il craigne plutôt pour ses jours. (bis)

Bouillé seroit-il César,

Seroit-il un Olopherne?

Non, ce n’est qu’un babillard,

Un réchappé de la lanterne.

On a mis sa tête à prix,

Qu’il vienne, qu’il vienne à Paris! (bis)

Vivre libre c’est la loi

De tout le peuple de France,

Mais, soutenir un faux roi,

Tout bon François autrement pense.

Nous connoissons les vertus,

Du vice nous n’en voulons plus. (bis)

LE SOLDAT PATRIOTIQUE

Table des matières

Air: Oui, j’aime à boire, moi.

Oui, je suis soldat, moi,

Oui, pour la patrie,

Pour la loi comme à mon roi,

Je donnerois ma vie.

Si par quelque événement

La France se divise,

Vivre ou mourir triomphant,

Est ma seule devise.

Oui, je suis soldat, etc.

Je ne crains pas le souci

D’un noir aristocrate.

Si mon courage est hardi,

C’est pour le démocrate.

Oui, je suis soldat, etc.

Aristocrate orgueilleux

Des titres de tes pères,

Crois-moi, ces titres pompeux

Ne sont que des chimères.

Oui, je suis soldat, etc.

Aujourd’hui l’égalité

Détruit la tyrannie.

Chérissons la liberté,

En dépit de l’envie.

Oui, je suis soldat, etc.

Trop aimable liberté,

Tu vas régner en France;

Tu fais la félicité

D’un peuple qui t’encense.

Oui, je suis soldat, etc.

Louis, le meilleur des rois,

La France te révère;

La France chérit en toi

Un citoyen, un père.

Oui, je suis soldat, etc.

AU CI-DEVANT ROI

Table des matières

Air: Ce fut par la chute du fort.

Monarque autrefois si fêté,

Des bons François l’unique idole,

Pour avoir trop mal écouté,

Tu fréquentas mauvoise école.

Souviens-toi de cette leçon,

Tu viens de ternir ta mémoire.

Réfléchis bien dans ta prison

Que vertu seule fait gloire.

Le bonheur eût filé tes jours;

Que ta conscience en décide,

Les rois nés bons le sont toujours

Quand la vertu devient leur guide.

Si ton sort fut d’être abusé,

Les François ne veulent plus l’être;

Pour ce que tu nous as causé,

Apprend comme on punit un traître.

O FILII NATIONAL

Table des matières

François enfin vous avez triomphé ;

Les noirs complots sont étouffés,

Et votre honneur subsistera.

Alleluia.

Avoient ensemble résolu

D’avoir votre dernier écu

Et de vous endosser le bât.

Alleluia.

Cette gueuse de Polignac

Comptoit aussi remplir son sac;

La chambre noire en crèvera.

Alleluia.

Vous n’entendez donc plus crier

Linguet, canard de ce bourbier;

Désormais il y pourrira.

Alleluia.

Jouant Dieu, vos hauts calotins

De leurs plus perfides venins

Croyoient empoisonner l’État.

Alleluia.

A saint Tartuffe, leur patron,

Ils avoient fait vœu, ce dit-on,

D’agir en fils de Loyola.

Alleluia.

Aussi leur très digne moteur,

La croix en main avec ferveur,

Sa doctrine au roi débita.

Alleluia.

Vos beaux messieurs les baladins

Vouloient vous traiter en gredins.

Mais on leur a dit, halte-là.

Alleluia.

Honneur, honneur aux esprits forts

Qui rendent nuls tous les efforts;

Leur nom à jamais survivra.

Alleluia.

Bailly, Targer, Jaller, Dillon,

Grégoire, le brave Crillon,

Lally et nos dignes prélats.

Alleluia.

Mirabeau, Rabund, Chapellier,

Barnave, Sieyès et Le Monnier,

Sur le marbre on vous gravera.

Alleluia.

A Necker réservons l’airain;

C’est lui qui d’une habile main

Tous ces miracles prépara

Alleluia.

Pour d’Orléans et son parti

Brûlons l’encens, car, Dieu merci,

Avec le temps tout se fera.

Alleluia.

Pour couronner un si beau jour,

Il nous faut des brigands de cour

Faire un fagot qu’on brûlera.

Alleluia.

LES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN

Table des matières

Mis en Vaudeville avec le texte au-dessus de chaque couplet.

ARTICLE PREMIER

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits; les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Tous les hommes, dès leur naissance,

Ont et gardent les mêmes droits;

Libres, mais sans indépendance,

Ils demeurent soumis aux loix.

Plus d’intrigue, plus de cabale,

Plus de folles prétentions;

Sur l’utilité générale

Reposent les distinctions. (bis)

ARTICLE II

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme; ces droits sont: la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

Vivre sans appréhension,

Sans se permettre de licence,

Opposer à l’oppression

Une intrépide résistance,

Conserver la possession

De tous ses droits imprescriptibles:

De toute association

Voilà les signes infaillibles. (bis)

ARTICLE III

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation; nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

De toute souveraineté

La Nation est le principe,

Il est dans la société,

Tout citoyen y participe;

Nul ordre, nul empêchement

Qui n’en émane expressément.

ARTICLE IV

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui; ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits; ces bornes ne peuvent être déterminées par la loi.

Qu’est-ce donc que la liberté ?

Notre propre volonté ;

C’est le droit, c’est la faculté

De penser, de faire,

De dire ou de taire,

D’aller d’un ou d’autre côté,

V’la c’que c’est qu’la liberté.

ARTICLE V

La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.

Du temps lorsqu’on fait bon emploi,

On n’est pas puni, car la loi

Ne défend d’aimer ni de boire:

Mais quand on nuit à son prochain,

Par la fraude et par le larcin.

Dam! C’est que la loi ne badine plus, elle vous agite comme son panache terrible qui fait trembler le coupable, et lui dit d’une voix de tonnerre:

J’veux être un chien, etc.

ARTICLE VI

La loi est l’expression de la volonté générale; tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation; elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Des honneurs, des emplois,

Mon cousin,

Rien ne peut nous exclure:

Vite si tu m’en crois,

Mon cousin,

Vite à la prélature,

Mon cousin,

Voilà, mon cousin l’allure, etc.

ARTICLE VII

Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans des cas déterminés par la loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires doivent être punis; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l’instant: il se rend coupable par résistance.

Nul ne peut être mis en cage

Que suivant la formalité :

Plus de ces lettres en usage

Sous l’absolue autorité ;

Mais toute résistance est vaine

Pour celui que la loi surprend,

R’li, r’lan

R’lan tan plan, on vous mène,

R’lan tan plan, tambour battant.

ARTICLE VIII

La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie antérieurement au délit et légalement appliquée.

La loi ne doit établir

Que la peine nécessaire;

Ce n’est point une mégère

Sans cesse prête à punir:

Mais, quand elle s’y voit forcée,

Elle ouvre le code et lit:


ARTICLE IX

Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne seroit pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

Tout homme, bien qu’on le soupçonne,

Peut être une honnête personne;

N’allez avant le jugement

Sévir inconsidérément. (bis)

La loi défend, la loi supprime

Ces fers qui, sans raison ni rime,

Servoient jadis de chapelet

Aux habitants du Châtelet. (bis)

ARTICLE X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.

Nul ne peut être inquiété

Pour son défaut de piété ;

Fort à son aise il peut médire

Du culte et des loix de l’empire;

Mais pourvu que, dans aucun cas,

Le bon ordre il ne trouble pas.

ARTICLE XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans le cas déterminé par la loi.

Tout citoyen peut être auteur

Sans craindre la censure,

Même devenir imprimeur

Suivant la conjecture.

Mais, s’il n’y fait pas attention,

La faridondaine, la faridondon,

On pourra l’imprimer aussi,

Biribi,

A la façon de Barbari,

Mon ami.

ARTICLE XII

La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique. Cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée.

Pour l’intérêt de la chose publique,

Il faut un chef à la société,

Qui revêtu de son autorité,

Non pas pour lui, mais pour elle l’applique.

ARTICLE XIII

Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses de l’administration, une contribution commune est indispensable; elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.

Pour maintenir la suprême puissance,

Il faut des bras, il faut un coffre-fort.

Tout citoyen doit donner, sans effort,

Dans le besoin, son sang et sa finance.

ARTICLE XIV

Les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement, la durée.

Tout citoyen a droit de régler les subsides,

D’en fixer le montant aux publicains avides,

De consentir l’impôt et d’en suivre l’emploi,

De le payer surtout, c’est la première loi.

ARTICLE XV

La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.

Nous devons de même, en tout temps,

Demander compte à nos agents;

Tout citoyen, sans doute,

Eh bien!

Est las de n’y voir goutte;

Vous m’entendez bien.

ARTICLE XVI

Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

Quand les hommes vivent ensemble,

Plus par crainte que par devoir;

Quand chez eux l’absolu pouvoir

Est le lien qui les rassemble,

Une pareille nation

N’a pas de Constitution.

ARTICLE XVII

Les propriétés étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et valable indemnité.

Sans une juste indemnité,

Au citoyen en jouissance,

Aucun fonds ne peut être ôté,

Fût-ce pour le bonheur de la France.

Dans toutes les sociétés,

L’usurpateur est condamnable;

Le droit le plus inviolable

Est celui des propriétés

CONCLUSION

Voilà les droits

De tout peuple, de tout empire,

Voilà les droits

Immuables bases des loix:

Des miens si vous voulez maudire,

Souvenez-vous que de la lyre

Voilà les droits.

CHANSON DE 1789

Table des matières

Air: O filii et filia.

Notre saint Père est un dindon,

Le calotin est un fripon,

Notre archevêque un scélérat.

Alleluia.

Ces malheureux ont arrêté

Les bienfaits de sa majesté ;

Tôt ou tard il en périra.

Alleluia.

A quoi sert la confession,

Ainsi que l’absolution?

Le Seigneur nous la donnera.

Alleluia.

Le clergé s’est bien entêté,

Le pain a toujours augmenté,

Mais Necker le diminuera.

Alleluia.

Ils ont caché tous leurs trésors,

Empilés dans des coffres-forts.

Mais bientôt on les trouvera.

Alleluia.

Grand Dieu! mettez fin à nos maux,

Délivrez-nous de ces corbeaux;

Nous chanterons des libera.

Alleluia.


1790

Table des matières

ÇA IRA!

Table des matières

CHANTÉ A LA FÊTE DE LA FÉDÉRATION NATIONALE

LE 1er JUILLET 1790

Paroles de LADRÉ

Musique de BÉCOURT

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Le peuple, en ce jour, sans cesse répète:

Ah! ça ira, ça ira, ça ira,

Malgré les mutins, tout réussira.

Nos ennemis confus en restent là,

Et nous allons chanter Alleluia.

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

En chantant une chansonnette,

Avec plaisir on dira:

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Le peuple, en ce jour, sans cesse répète:

Ah! ça ira, ça ira, ça ira,

Malgré les mutins, tout réussira.

Quand Boileau jadis du clergé parla,

Comme un prophète, il prédit cela:

Ah! ça ira, ça ira, ça ira,

Suivons les maximes de l’évangile,

Ah! ça ira, ça ira, ça ira,

Du législateur tout s’accomplira:

Celui qui s’élève, on l’abaissera,

Celui qui s’abaisse, on l’élèvera.

Ah ça ira, ça ira, ça ira.

Le peuple en ce jour sans cesse répète:

Ah! ça ira, ça ira, ça ira,

Malgré les mutins, tout réussira.

Le vrai catéchisme nous instruira

Et l’affreux fanatisme s’éteindra.

Pour être à la loi docile,

Tout François s’exercera.

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Le peuple, en ce jour, sans cesse répète:

Ah! ça ira, ça ira, ça ira,

Malgré les mutins, tout réussira.

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Pierrot et Margot chantent à la guinguette:

Ah! ça ira, ça ira, ça ira;

Réjouissons-nous, le bon temps reviendra.

Le peuple françois, jadis a quia;

L’aristocrate dit: mea culpa.

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Le clergé regrette le bien qu’il a;

Par justice la nation l’aura;

Par le prudent La Fayette

Tout trouble s’apaisera.

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Ah! ça ira, ça ira, ça ira,

Par les flambeaux de l’auguste Assemblée;

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Le peuple armé toujours se gardera;

Le vrai d’avec le faux l’on connoîtra;

Le citoyen pour le bien soutiendra.

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Quand l’aristocrate protestera,

Le bon citoyen au nez lui rira,

Sans avoir l’âme troublée,

Toujours le plus fort sera.

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Le peuple, en ce jour, sans cesse répète:

Ah! ça ira, ça ira, ça ira,

Malgré les mutins, tout réussira.

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Petits comme grands sont soldats dans l’âme;

Ah! ça ira, ça ira, ça ira!

Pendant la guerre aucun ne trahira;

Avec cœur tout bon François combattra;

S’il voit du louche, hardiment parlera.

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

La liberté dit: vienne qui voudra,

Le patriotisme lui répondra.

Sans craindre ni feu ni flamme,

Le François toujours vaincra!

Ah! ça ira, ça ira, ça ira.

Le peuple, en ce jour, sans cesse répète:

Ah! ça ira, ça ira, ça ira,

Malgré les mutins, tout réussira ().

CITANT DU 14 JUILLET

Table des matières

Paroles de MARIE - JOSEPH CHÉNIER

Musique de GOSSEC

Dieu du peuple et des rois, des cités, des campagnes,

De Luther, de Calvin, des enfants d’Israël,

Dieu que le Guèbre adore au pied de ses montagnes,

En invoquant l’astre du ciel.

Ici sont rassemblés, sous ton regard immense,

De l’empire françois les fils et les soutiens,

Célébrant devant toi leur bonheur qui commence,

Égaux à leurs yeux comme aux tiens.

Rappelons-nous ces temps où des tyrans sinistres

Des François asservis fouloient aux pieds les droits;

Ces temps, si près de nous, où d’infâmes ministres

Trompoient les peuples et les rois.

Des brigands féodaux les rejetons gothiques

Alors à nos vertus opposoient leurs aïeux;

Et le glaive à la main, des prêtres fanatiques

Versoient le sang au nom des cieux.

Princes, nobles, prélats nageaient dans l’opulence

Le peuple gémissoit de leurs prospérités:

Du sang des opprimés, des pleurs de l’indigence

Leurs palais étaient cimentés.

En de pieux cachots, l’oisiveté stupide,

Afin de plaire à Dieu, détestoit les mortels;

Des martyrs, périssant par un long suicide,

Blasphémoient au pied des autels.

Ils n’existeront plus ces abus innombrables;

La sainte liberté les a tous effacés;

Ils n’existeront plus ces monuments coupables;

Son bras les a tous renversés.

Dix ans sont écoulés: nos vaisseaux, rois de l’onde,

A sa voix souveraine ont traversé les mers;

Elle vient maintenant, des bords du nouveau monde,

Régner sur l’antique univers.

Soleil, qui, parcourant ta route accoutumée,

Donnes, ravis le jour et règles les saisons;

Qui, versant des torrents de lumière enflammée,

Mûris nos fertiles moissons;

Feu pur, œil éternel, âme et ressort du monde,

Puisses-tu des François admirer la splendeur!

Puisses-tu ne rien voir dans ta course féconde

Qui soit égal à leur grandeur!

Que les fers soient brisés; que la terre respire:

Que la raison des loix parlant aux nations

Dans l’univers charmé fonde un nouvel empire

Qui dure autant que tes rayons.

Que des siècles trompés le long crime s’expie;

Le ciel pour être libre a fait l’humanité ;

Ainsi que le tyran, l’esclave est un impie

Rebelle à la divinité.

HYMNE POUR LA FÊTE DE LA RÉVOLUTION, LE 14 JUILLET 1790

Table des matières

Paroles de MARIE-JOSEPH CHÉNIER

Il est venu le jour où, depuis une année,

Les destins de la France ont fini ses revers;

Accourez, citoyens; cette auguste journée

A rompu nos antiques fers.

François, offrons à Dieu l’hymne patriotique;

Mêlons à nos serments des chants pleins de fierté,

Courons sur le lieu même, autrefois despotique,

Où naquit notre liberté.

Gravons sur les débris de ces tours formidables

Le récit du combat, les exploits des vainqueurs,

Les loix de notre empire, et les noms respectables

De nos premiers législateurs.

Que le roi des François ait part à notre hommage;

Ne l’environnons point d’esclaves enchaînés,

Et n’avilissons point aux pieds de son image

Des peuples entiers prosternés.

Nous avons vu des rois chéris de la victoire:

La justice du temps a brisé leurs autels;

Mais le temps, toujours juste, élèvera sa gloire

Sur des fondements immortels.

SERMENT DE LA CONFÉDÉRATION

Table des matières

LE 14 JUILLET 1790, PAR LES FÉDÉRÉS DE SENLIS

Citoyens que rien n’arrête

Dans le cours de vos exploits,

Quand votre bonheur s’apprête,

Prêtez l’oreille à ma voix:

Rempli d’une noble audace,

Fier de ma témérité,

Dédaignant faveurs et place,

Je chante la liberté.

En vain l’aristocratie

De ses venins malfaisants

Voudroit perdre la patrie,

Ses efforts sont impuissants!

Amis, citoyens, nos frères,

Vengeurs de la liberté,

Puissions-nous purger la terre

De ce monstre détesté.

Au Roi.

Roi chéri que je révère,

Digne objet de notre amour,

Permet qu’un peuple de frères

T’offrent leurs vœux tour à tour.

De cette union parfaite

Naît la douce égalité,

Et chacun de nous répète:

Vivons pour la liberté !

A nos Députés.

A vous, dieux de la patrie!

Bienfaisants législateurs,

De la loi presque flétrie

Puissants régénérateurs;

Par votre zèle intrépide

L’homme a recouvré ses droits,

Et la vertu qui vous guide

Fait l’honneur du nom françois.

Serment civique.

Jurons tous d’être fidèles

Aux loix, à la nation,

Au roi qui règne par elles,

A la constitution;

Qu’enfin notre espoir se fonde,

Et que notre liberté,

Donnant un exemple au monde,

Passe à la postérité.

COUPLETS SUR LA FÉDÉRATION

Table des matières

14 JUILLET 1790

Air: On doit soixante mille francs.

Les traîtres à la nation

Craignent la fédération;

C’est ce qui les désole. (bis)

Mais aussi, depuis plus d’un an,

La liberté poursuit son plan:

C’est ce qui nous console. (bis)

L’instant arrive où pour jamais

Vont s’éclipser tous leurs projets:

C’est ce qui les désole. (bis)

Mais l’homme enfin va, cette fois,

Rétablir l’homme dans ses droits:

C’est ce qui nous console. (bis)

II arrive souvent qu’au bois

Ou va deux pour revenir trois,

Dit la chanson frivole. (bis)

Trois ordres s’étaient assemblés,

Un sage abbé les a mêlés:

C’est ce qui nous console. (bis)

Quelques-uns regrettent leurs rangs,

Leurs croix, leurs titres, leurs rubans:

C’est ce qui les désole. (bis)

Ne brillons plus, il en est temps,

Que par les mœurs et les talents:

C’est ce qui nous console. (bis)

Ce dont on fera moins de cas,

C’est des cordons et des crachats:

C’est ce qui les désole. (bis)

Mais des lauriers, mais des épis,

Des feuilles de chêne ont leur prix:

C’est ce qui nous console. (bis)

On en a vus qui, franchement,

N’ont fait qu’épeler leur serment:

C’est ce qui nous désole. (bis)

Qu’on le répète à haute voix,

De bouche et de cœur à la fois:

C’est ce qui nous console. (bis)

La loge de la liberté

S’élève avec activité :

Maint tyran s’en désole. (bis)

Peuples divers, mêmes leçons

Vous rendront frères et maçons:

C’est ce qui nous console. (bis)

CHANSON PATRIOTIQUE

Table des matières

Air d’Azémia.

Parlons un peu de ces édits

Qui jettent l’épouvante;

Parlons un peu de ces écrits

Du parlement qu’on vante.

Lamoignon, sans savoir pourquoi,

Clabaude et fait parler le roi;

Clabaude, clabaude,

Clabaude et fait parler le roi.

Pour éclaircir tout ce mystère,

Il veut parler et fait taire;

Mais, Monseigneur, mais, Monseigneur,

Si vous êtes de bonne foi,

Laissez-nous donc parler au roi. (bis)

Taisez-vous, messieurs les robins,

Vraie race de canailles,

Et qui, tranchant du souverain,

Ne faites rien qui vaille;

Nous vous chassons, vous et vos loix:

Sont-elles faites pour les rois?

Sont-elles, sont-elles,

Sont-elles faites pour les rois?

Mais, si ce rien vous embarasse,

Messieurs, mettez-vous à ma place;

Je n’eus jamais, je n’eus jamais,

Je n’eus jamais ni foi ni loi,

Et cependant je sers le roi. (bis)

Mais finissons cet entretien

Et tous ces radotages;

N’est-ce pas pour votre bien

Qu’on vous fait des bailliages?

Enfin nous aurons des impôts,

Sans craindre tous vos sots propos,

Sans craindre, sans craindre,

Sans craindre tous vos sots propos.

Vous aurez pour magistrature

Des parlements en miniature

Qui jugeront, qui jugeront,

Qui jugeront..... comme ils voudront;

Mais, du moins, ceux-là se tairont. (bis)

Pour rassurer les citoyens,

Il reste encor les dames;

Il nous reste plus d’un moyen:

Leur babil et leurs âmes;

Pour imposer à leur caquet,

Que servent lettres-de-cachet?

Que servent, que servent,

Que servent lettres-de-cachet?

Amour, honneur et le courage,

Tous les moyens mis en usage

Enflammeront, enflammeront,

Et les amants et les maris

Deviendront citoyens au lit. (bis)

LA FRANCE INVINCIBLE

Table des matières

PAR LE PATRIOTISME

Par LADRÉ

Air: A la dragonne.

La belle constitution

Va réjouir la nation;

Que la trompette sonne.

Nous sommes libres maintenant;

En bons amis chantons gaiement,

A la rataplan, à la rataplan, pan,

A la dragonne.

Malgré tous les mauvais complots,

Nos ennemis sont tous capots;

Contre eux notre loi tonne;

Contre elle, qui sera méchant

Sera mené tambour battant,

A la rataplan, etc.

Condé, tout armé doit venir;

Qu’il vienne s’il aime à mourir,

C’est la loi qui l’ordonne.

Sans avoir égard à son rang,

En France à pied ferme on l’attend,

A la rataplan, etc.

Rohan, ce méchant cardinal,

Près du Rhin cause bien du mal

Par les conseils qu’il donne;

Et ce fanatique galant

Vivoit en nous scandalisant,

A la rataplan, etc.

Malgré son éminent chapeau,

La Bastille fut son château;

Aimant trop la mignonne,

Aujourd’hui voudroit saintement

Des François voir couler le sang,

A la rataplan, etc.

Non, le sang ne coulera pas,

Les François armés ont des bras,

Tous enfants de Bellone;

Que seroient donc ces émigrans

Contre tant de François vaillans?

A la rataplan, etc.

Condé, Mirabeau, d’Autichamp

Et tous les soldats de leur camp

Ne font peur à personne;

Le louis d’or et l’écu blanc

Ne vaincront pas le François franc,

A la rataplan, etc.

Contre tous les conspirateurs

La voix de nos législateurs

Par justice raisonne.

Tous François, François combattant,

Aussitôt, la mort les attend,

A la rataplan, etc.

L’HEUREUSE RÉFORME

Table des matières

Par le citoyen MULOT, de Compiègne.

Air de la Croisée.

Quittons un instant ma Zulmé,

Quittons- un instant ma Zulmé,

Ses talents, ses goûts, sa folie,

Et sa douce mélancolie;

Cessons un instant nos plaisirs,

Quittons-la pour la forme;

Plus vifs en noîtrons nos désirs,

Et chantons la réforme. (bis)

Concitoyens, il n’en est pas

Ainsi de tout ce qui s’exerce;

Nous, nous réformons à grands pas;

Tyrans, erreurs, tout se renverse,

Voilà le fanatisme à bas,

Ce n’est pas pour la forme.

Laissons les sots gémir tout bas;

Moi, j’aime la réforme. (bis)

Le bonnet de la liberté

Contre la mitre a fait échange

Pour nous rendre l’égalité,

Et nous ne perdons rien au change;

Tous les hochets du prestolet,

Prenant meilleure forme,

De tous côtés vont au creuset,

Ah! la bonne réforme. (bis)

Nous avons admis la raison

En place d’absurdes mystères,

Fruits de la superstition

Qui si longtemps berça nos pères;

Ce que tous ces cuistres prêchoient

N’étoit que pour la forme

Dieu sait ce que tous en croyoient:

Allons à la réforme. (bis)

Plus de voluptueux prélat

Traîné dans un char magnifique,

Insultant au peuple, à l’État.

Qu’opprimoit leur gourmande clique:

Le philosophe gémissoit

De ce spectacle informe,

Et tout citoyen désiroit

Cette heureuse réforme. (bis)

Sans revenus, plus de moyens

D’afficher le libertinage

Des mœurs... ce sont là les vrais biens:

Le luxe à bas, on devient sage,

Filles, époux qu’ils attrappoient,

Dans le fond, dans la forme,

Vengeance de ceux qu’ils trompoient;

Chantons cette réforme. (bis)

CHANSON PATRIOTIQUE

Table des matières

Par M. L. G. F., avocat.

Air: C’est la petite Thérese, de la pièce des Vendangeurs.

Ce n’est point une fadaise,

Les François sont triomphans;

Quand à moi, j’en suis fort aise,

Ils ont l’air de bons enfans.

Pour le coup, l’aristocrate

Dans le filet comme un sot;

En vain sa bile dilate,

Il crève sans dire mot.

Abbés, prélats, monacaille

Sont effimés comme rien;

Ils faisoient grande ripaille

Et possédoient tout le bien;

Certain curé sans ressource,

Quoique fort sage et fort discret,

Étoit, curé de la bourse,

Plus malheureux qu’un valet.

Paris avec les provinces,

Tous États sont réunis;

Plus de comtes ni de princes,

Les grands titres sont bannis;

L’Assemblée nationale

Met les gens à l’unisson;

Quand la vanité détale,

Au diable soit le blason!

Livrons-nous à l’allégresse,

Célébrons un si beau jour;

Plus de soucis ni tristesse,

Éloignons-les sans retour;

Chantons, dansons tous en ronde,

Au doux son des violons;

Qu’on dise par tout le monde,

François sont de bons lurons.

LA DÉROUTE DES AGIOTEURS

Table des matières

Air: On doit soixante mille francs.

Vous pairez six cent mille francs

Pour avoir bien volé les gens;

C’est ce qui vous désole.

Mais nous ne mourrons plus de fain,

Et nous aurons enfin du pain,

C’est ce qui nous console.

Vous qui brocantiez des louis,

Adieu, messieurs, tous vos profits:

C’est ce qui vous désole.

Mais l’abondance reviendra

Grâce à ce petit malheur là ;

C’est ce qui nous console.

En cabriolets, en Wiskis

Vous n’irez plus, mes bons amis;

C’est ce qui vous désole.

Mais par vous l’honnête homme à pié

Ne sera plus estropié ;

C’est ce qui nous console.

Dans Paris, le vice insolent

Ne sera plus aussi brillant;

C’est ce qui le désole.

Quand on n’aura plus de velours,

On verra renoître les mœurs:

C’est ce qui nous console.

Le fripon ne voit en payant

Que la perte de son argent;

C’est ce qui le désole.

L’honnête homme en payant dira:

Le bien public y gagnera,

C’est ce qui me console.

L’ADOPTION

Table des matières

CHANT PATRIOTIQUE

Air: Jeunes amans, cueilles des fleurs.

Le bienfaiteur sourit en paix

Aux heureux dont il est le père:

Entouré de ceux qu’il a faits,

Il songe à ceux qu’il pourrait faire:

Chaque jour il cueille le fruit

Des biens que ses dons lui ravissent;

Sa bienfaisance l’appauvrit,

Ses jouissances l’enrichissent. (bis)

Homme inhumain! sois comme lui

Sensible au cri de la misère;

L’infortuné cherche un appui,

Oublieras-tu qu’il est ton frère?

Ah! le ciel, au gré de nos vœux,

Également le ciel nous aime;

Adopter l’être malheureux,

C’est honorer l’être suprême. (bis)

Oui, par le ciel, par la raison,

L’adoption est consacrée;

Et parmi nous l’adoption

Cesserait d’être vénérée?

Chez elle habite l’amitié :

De ses vertus c’est la première;

Tendre fille de la pitié,

Du sentiment elle est la mère. (bis)

Des jours heureux de l’orphelin

L’adoption hâte l’aurore;

Au vieillard elle tend la main,

Et le vieillard veut vivre encore;

Il n’est de bien qu’en tous les temps

L’adoption ne nous procure;

Elle nous donne les enfants

Que nous refuse la nature. (bis)

Ah! qu’à jamais honte et malheur

Poursuivent le riche coupable,

Qui, sans rougir, ferme son cœur

Sur les besoins de son semblable:

Qu’il soit par la fraternité

Rayé de la liste civique.

Qui n’aime pas l’humanité

Ne peut aimer la République. (bis)

LES RATS ET LES CHATS

Table des matières

Air: Pour que l’hymen m’engage.

Vous qui voulez entendre

Un récit très plaisant,

Tâchez de le comprendre

Toujours en plaisantant. (bis)

Tous les soldats de France,

On les nomme des rats;

Aussi par préférence,

Les Anglois sont des chats. (bis)

Oui, sur notre hémisphère,

On voit beaucoup de chats;

On dit que sur la terre

Ils attrappent les rats.

Les bords de la Tamise

Sont gardés par des chats,

De crainte de surprise

De la part de nos rats. (bis)

Les chats de l’Angleterre

Nagent bien, c’est fort beau,

Nous leur feront la guerre,

Montés sur des rats d’eau.

Oui mais les chats sont traîtres.

Et ces vilains matous

Veulent être nos maîtres

Et nous dévorer tous. (bis)

Hélas! quels mauvais signes,

Pour tous les chats anglois,

Que de voir sur deux lignes

Deux cents rats d’eau françois.

Les chats comme des lâches,

En faisant le gros dos,

Se sauvent des moustaches

Que portent nos rats d’eau. bis)

Déjà tous les chats miaulent.

Voyant tous les rats d’eau

De plaisir qui s’accollent

En s’approchant de l’eau.

Près de notre ratière,

Ils grognent après nous;

Gare à votre repaire

Si les rats vont chez vous. (bis)

Dans l’ancienne méthode,

Les chats mangeaient les rats;

Dans la nouvelle mode,

Les rats mangent les chats.

Tous les chats veulent nuire

A de tranquilles rats.

Mes amis, faut détruire

La sequelle des chats. (bis)

LE TRIOMPHE DE LA LIBERTÉ

Table des matières

Trop longtemps des fers odieux

Ont fait gémir la France;

En vain elle priait les dieux

De finir sa souffrance.

La Liberté songe au François,

Qui l’a si bien servie,

Et veux pour prix de ses bienfaits,

Secourir sa patrie.

Mais qui sera son écuyer?

Il le faut brave et sage.

J’ai, dit-elle, mon chevalier,

Avec lui je voyage;

En Amérique, de son bras

Je fus très satisfaite:

Qui pourroit mieux guider mes pas

Que n’a fait La Fayette?

Elle arrive! à l’œil enchanté

Comme elle paroît belle!

On admire, on est transporté,

Tous les vœux sont pour elle;

Des couleurs qu’offrent ses atours

On se pare la tête;

Chacun, au péril de ses jours,

Veut faire sa conquête.

Ses regards changent en héros

Le citoyen paisible,

Au François qui suit ses drapeaux

Il n’est rien d’impossible.

La déesse, sous ses lauriers,

En souriant contemple

Ce nouveau peuple de guerriers.

Qui lui consacre un temple.

Comme on voit sur les toits nouveaux

Bouquets d’heureux présage,

Marquer le succès des travaux

Et la fin de l’ouvrage,

L’étendard de la liberté

Du temple orne le faite,

Et, par La Fayette planté,

Il brave la tempête.

L’UNION PATRIOTIQUE

Table des matières

Par le citoyen BOULAY

Vers le temple de la victoire,

François, nous courons à grands pas;

Toujours animés par la gloire,

Nous redoutons peu le trépas.

Maintenant, sortis d’esclavage,

Réunis par l’égalité,

Nous chantons d’une voix plus sage

Vive à jamais la liberté, (bis)

Aujourd’hui, nous sommes tous frères,

L’égalité serre nos nœuds;

Nous punirons les téméraires

Qui s’opposeroient à nos vœux.

Maintenant, etc.

Désormois, plus de préférence

Pour la pourpre de nos seigneurs;

Le vain titre de la noissance

Ne donnera plus les honneurs.

Maintenant, etc.

Tout citoyen plein de mérite

Qui remplira bien ses devoirs,

Pourra, sans qu’il le sollicite,

Obtenir d’illustres pouvoirs.

Maintenant, etc.

Notre étonnante décadence

Nous a fait trouver un trésor,

Et la plus féconde abondance

Va nous ramener l’âge d’or.

Maintenant, etc.

Ce jour heureux qui nous rassemble

Est l’ère de notre bonheur,

Il nous excite tous ensemble

A conserver la même ardeur.

Maintenant, etc.

HOMMAGE A L’ACTE CONSTITUTIONNEL

Table des matières

HYMNE

POUR LA FÊTE DE LA SANCTION PAR LE PEUPLE

Par E. ROUSSEAU

Air: Avec les jeux dans le village.

Peuple sensible et magnanime,

Quel beau jour frappe mes regards!

Embrasé du feu qui m’anime,

J’accours au sein de tes remparts:

Cédant à ma bouillante ivresse,

J’acours pour chanter avec loi

Le chef d’œuvre de la sagesse,

Le livre immortel de la loi. (bis)

Objet sacré de mes hommages.

Évangile du genre humain,

Du foyer brûlant des orages

Quel dieu le fait sortir soudain?

Sur la Montagne étincelante,

Parmi les foudres, les éclairs,

C’est la vérité qui t’enfante

Pour le bonheur de l’univers. (bis)

Saisi d’une soudaine rage,

L’ennemi de l’égalité

A ton aspect, sublime ouvrage,

Recule et tombe épouvanté ;

Tandis que, grâce à ta lumière,

La France, marchant droit au but,

En toi seul admire et révère

L’astre immortel de son salut. (bis)

Brille, ô loi vraiment populaire!

Et, pour premier de tes bienfaits,

Aux cris de leur plaintive mère

Viens rallier tous les François.

Code de l’amitié leur-donne!

N’est-il pas juste dans ce jour

Que l’amitié le sanctionne

Sous les auspices de l’amour. (bis)

Ce livre adoré dont la vue

Suffit pour nous électriser,

Tyrans est le coup de massue

Qui seul doit tous vous écraser.

Ainsi que la tête effrayante

De la Méduse d’autrefois,

Lui seul va glaçer d’épouvante

Et pétrifier tous les rois. (bis)

Sous cette égide impénétrable,

Combattez, Hercules vaillants,

La horde affreuse et détestable

De leurs satellites brigands.

Mourir pour votre loi suprême,

Voilà le comble de l’honneur;

Tout François doit penser de même,

Si j’en juge d’après mon cœur, (bis)

CHANSON

Table des matières

CONTRE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Air: Quand le bien-aimé reviendra.

Le duc d’Orléans reviendra;

Tous les matins on nous l’anonce;

Le duc d’Orléans ne vient pas,

Sa fuite seule le dénonce:

Chacun l’accuse,

Chacun l’accuse.

Hélas! hélas! le duc d’Orléans ne vient pas.

Aussitôt qu’il arrivera

Dans sa malheureuse patrie,

D’un seul mot il repoussera

Les soupçons de la calomnie:

Chacun l’espère,

Chacun l’espère.

Ah! Ah! Ah! nous verrons comme il s’y prendra!

Aisément il triomphera;

Mais, pour que son destin s’achève;

Son cher la Clos le conduira

Aux Porcherons et à la Grève:

On l’y désire,

On l’y désire.

Ah! Ah! Ah! Nous verrons s’il en sortira.

COUPLETS

Table des matières

COMPOSÉS ET CHANTÉS PAR LES OUVRIERS DU CHAMP-DE-MARS

Air: Vive Henri IV!

Aristocrates, vous voilà confondus,

Le Champ-de-Mars vous fiche pelle au cul;

Aristocrates, vous voilà confondus.

Votre Bastille, que vous estimiez tant,

Comme vétille fut réduite au néant,

Votre Bastille, que vous aimiez tant.

Le roi, le père, l’ami du citoyen

Leur est prospère et ne veux que leur bien,

Ce roi, leur père, l’ami du citoyen.

O! prince aimable, digne de notre amour

Ton règne affable nous promet d’heureux jours,

O! prince aimable, digne de notre amour.

HYMNE A LA LIBERTÉ

Table des matières

CHANT DE TRIOMPHE

Paroles de BAOUR-LORMIAN

Musique de RIGEL, Père

Toi, dont le bras tyrannicide

Fit briller le glaive des loix;

Couvert de ta céleste égide,

Le peuple a reconquis ses droits;

Du Tanaïs au bords du Tage,

Que tout répète nos accents,

Tes regards ont chassé l’orage

Prêt à fondre sur tes enfants.

O Liberté, chaste, immortelle,

Pénètre nos cœurs de tes feux;

De ce peuple qui t’est fidèle

Fais toujours un peuple d’heureux.

En vain la nature sommeille

Au sein d’une profonde nuit,

A ta voix elle se réveille,

Le jour naît et l’erreur s’enfuit.

Tu parles, notre âme embrasée

Respire l’ardeur des combats,

Et la France volcanisée

Vomit un essaim de soldats.

O Liberté, etc.

L’arbre impur de la tyrannie,

Étendant au loin ses rameaux,

Dévoroit la terre chérie

Et l’héritage des héros.

Liberté, tu lances la foudre:

Il courbe son front chancelant,

Et tombe enfin réduit en poudre

Dans les abymes du néant.

O Liberté, etc.

Mais une horde sacrilège

Insulte encore ton pouvoir;

Sous nos pas elle creuse un piège,

Et nourrit un frivole espoir;

Monstres, aux chants de la victoire

Ne mêlez pas le bruit des fers;

Reconnoissez dans notre gloire

Le triomphe de l’univers.

O Liberté, etc.

Déjà l’opulente Ibérie

Se réunit à nos drapeaux;

Loin de la Seine enorgueillie,

L’Èbre en paix roulera ses flots;

Et toi, par une douce chaîne,

Rassemblé les mortels épars;

Que la discorde et que la haine

Meurent aux pieds de leurs remparts.

O Liberté, etc.

CHANSON

Table des matières

Air: O ma tendre musette.

Prélat, hors de l’église,

A l’eau tant va le pot

Qu’à la fin il se brise,

Qu’à ta place on est sot;

Enfin donc, on t’exile,

Tu deviens à ton tour

La fable de la ville

Ainsi que de la cour.

Du clergé la puissance

N’a pu te garantir;

De ta persévérance

Tu dois te repentir;

Ta liberté ravie,

Prélat, te prouve bien

Que l’homme dans la vie

Ne doit compter sur rien.

Des parlements l’absence

Fit ton contentement;

Ils sont de cette offense

Vengés présentement;

Ils prendront leur revanche.

Ne te plains pas à tort

Si la balance penche

Du côté du plus fort.

Rien n’échappe aux grands hommes

Pour le bien général;

Dans le siècle où nous sommes,

Ils sont notre fanal;

Mais, avant la déroute,

Tu devois bien prévoir

Qu’ils porteroient sans doute

Échec à ton pouvoir.

Ta trame, découverte

Par un grand magistrat,

Assure dans ta perte

Le repos de l’État.

Il falloit un exemple

Aux yeux de tes égaux;

Crains Thémis dans son temple,

Préviens de plus grands maux.

Crois-moi, change de thèse,

Si tu ne veux longtemps

Méditer à ton aise.

Malgré tes partisans,

Abjure ton audace,

Et, moins rebelle aux loix,

Attends tout de la grâce

Du plus clément des rois.

CHANSON PATRIOTIQUE

Table des matières

Au feu brûlant de la liberté

L’homme enfin s’électrise;

Vivre libre et dans l’égalité,

Telle est notre devise.

Pour elle, en tout lieu,

Ne formons qu’un vœu:

Réunissons-nous, bons patriotes,

Honneur aux Sans-culottes, morbleu!

Honneur aux Sans-culottes!

A Messieurs les ci-devant:

De la cour, imbéciles valets,

Orgueilleux mercenaires,

Noirs caffards, indécens prestolets,

Charlatans réfractaires,

Sans l’abus des dons

Pour des histrions,

Sans l’amour de quelques dévotes

Auriez-vous des culottes, fripons,

Auriez-vous des culottes?

A Messieurs les honnêtes gens:

Spadassins, chevaliers saugrenus

De nos anti-Lucrèces,

Vils escrocs, intrigants parvenus

A force de bassesses;

Avant les achats

De nos assignats,

Réduits à siffler des linottes,

Aviez-vous des culottes, goujats,

Aviez-vous des culottes?

Aux braves Sans-culottes:

Citoyens, volons au Champ-de-Mars,

Volons à la victoire;

C’est au sein des dangers, des hazards

Que nous attend la gloire;

Périsse à jamais

Le nom des Capets

Dans le sang impur des despotes;

Vivent les Sans-culottes françois,

Vivent les Sans-culottes.

PORTRAIT DES ROIS

Table des matières

Air: Colinette au bois s’en alla.

Je veux vous faire cette fois

Le vrai portrait de tous les rois,

Même d’après les loix. (bis)

Imaginez-vous des zéros 000, 000

Qui sans chiffre restent capots...

Ecoutez, en deux mots: (bis)

Pour le peuple, un chiffre placez,

Avant les zéros le mettez, 1 000, 000

Cela forme un nombre; (bis)

Mais, si vous mettez, si vous placez

Le chiffre tout au bout, 000, 000, 1

Les zéros ne font plus qu’une ombre

Et le chiffre est tout. (bis)

CHANSON PATRIOTIQUE

Table des matières

La fière Autriche nous brave,

François, volons aux combats;

Aux vainqueurs du Turc esclave

Opposons d’autres soldats;

Le destin des patriotes

Est d’affranchir l’univers;

Sur la tête des despotes,

Peuples, nous briseront nos fers.

C’est ici la juste guerre

Des peuples contre les rois;

Aux oppresseurs de la terre

Nous redemandons nos droits;

Tous leurs trônes sanguinaires

Seront brisés pour jamais,

Nous bâtirons des chaumières

Des débris de leurs palais.

La liberté, la patrie,

Voilà les dieux de nos cœurs,

Pour cette cause chérie,

Nous jurons d’être vainqueurs.

C’en est fait, le canon gronde;

Nous ne voulons plus de paix,

Que tous les tyrans du monde

Ne soient aux pieds des François.

Une invisible puissance

D’avance a compté nos jours;

Nul effort de la prudence

N’en peut prolonger le cours;

L’heure fatale est écrite,

Le lâche fuiroit en vain,

La mort l’attend dans sa fuite

Et le frappe avec dédain.

Qu’à-t-il donc de si terrible,

Le trépas pour un guerrier?

C’est un asile paisible

Sous l’ombrage d’un laurier;

Son ombre à jamais chérie

Triomphe avec les vainqueurs.

On n’a point perdu la vie

Quand on vit dans tous les cœurs.

LE SAVETIER BOX PATRIOTE

Table des matières

Par LANDRÉ

Air: Le lendemain d’une ribote.

Les François par une loi sage

Sont donc devenus tous égaux,

Les nobles, les riches, les gros

Doivent suivre ce bel usage;

Moi qui ne suis qu’un savetier,

Je suis autant que le premier. (bis)

Je distingue un bon monarque,

Qui se rend soutient de nos loix,

Et d’autres, pour avoir ma voix,

C’est leur vertu que je remarque.

Le riche auprès de moi n’est rien

Lorsqu’il n’est pas bon citoyen, (bis)

Lorsque Paris dans les alarmes,

Presque sans farine et sans bled,

Tout le peuple étant menacé,

Comment faire n’ayant, point d’armes?

Je mis au plus vite un tranchet

Au bout de mon manche à ballet. (bis)

Je cours vite et vole à l’église,

Où les citoyens rassemblés

Me parurent tous désolés:

Vaincre ou mourir fut ma devise;

Sur tous nos ennemis veillons,

Le jour et la nuit patrouillons. (bis.)

Avec zèle montons la garde

Pour notre propre sureté ;

Que notre chapeau soit orné

De la fraternelle cocarde,

Tâchons de nos bras et nos mains

De braver les traîtres inhumains. (bis)

Tout homme est homme quand il pense

Que tous les hommes ne font qu’un.

Autrefois, j’étais du commun,

Malgré mon baquet de science,

Aujourd’hui je me vois égal

Au prince comme au général. (bis)

Qu’on ne méprise plus ma forme,

Je suis un citoyen guerrier,

Quoique je sois un savetier;

Quand j’ai mon habit d’uniforme,

Montant la garde chez le roi,

Et partout je soutiens la loi. (bis)

Je fais l’exercice sans peine

Et suis fier comme un grenadier.

Mon fusil je sais manier,

Plus lestement que mon haleine;

Portant mon arme ou l’arme au bras,

Je sais fort bien marcher au pas. (bis)

Mon fusil et ma bayonnette

Sont les meilleurs Ide mes outils.

Tous mes mouvements sont subtils;

Fête ou combat, rien ne m’arrête,

Je marcherais jusqu’en enfer

S’il fallait prendre Lucifer. (bis)

ROMANCE RÉPUBLICAINE

Table des matières

Air: J’ai six fois dans la plaine.

L’autre jour sur l’herbette,

A l’ombre d’un bosquet,

Julie étoit seulette,

Et moi là je passoi;

Voulant m’approcher d’elle

Pour lui prendre la main,

Arrête, me dit-elle,

Es-tu républicain? (bis)

Oui, je suis patriote,

Lui dis-je au même instant,

Veux-tu d’un Sans-culotte

Recevoir le serment?

Ah! si tu me refuse,

J’en ai bien du chagrin;

Je te parle sans ruse,

En bon républicain. (bis)

Mais, me dit la bergère,

Puisque tu es soldat,

As-tu, depuis la guerre,

Été dans les combats?

Racontes-moi de même,

N’es-tu pas muscadin?

Pour moi, ma foi! je n’aime

Qu’un bon républicain. (bis)

Oui dà, pour ma patrie

J’ai vu couler le sang,

J’ai exposé ma vie,

Ma chère, en combattant;

Contre plusieurs esclaves

J’ai mis le sabre en main;

Apprends que je suis brave

Soldat républicain, (bis)

Eh bien! me dit Julie,

Je te promets mon cœur.

Mais soit de la patrie

Toujours le défenseur,

Je te serai sincère;

Marche jusqu’à la fin

Et continue la guerre

En bon républicain. (bis)

Oui, pour la république

Et pour toi, belle enfant,

D’un courage héroïque

Je verserai mon sang.

Au champ de la victoire,

J’irai toujours grand train,

Pour mériter la gloire

D’un bon républicain. (bis)

Ne perds point courage,

Me dit-elle, citoyen,

Un jour le mariage

Sera tout notre bien;

Attends la récompense

D’un plus heureux destin;

Nous ferons à la France

Des petits républicains. (bis)


1791

Table des matières

LA JOURNÉE DES POIGNARDS

Table des matières

OU LE VINGT-HUIT FÉVRIER

Pot-pourri Civique

Air des Pendus.

Muses, célébrons les exploits

De ces vaillants amis des rois,

Troupe à son monarque fidèle,

Et qui, pour lui prouver son zèle,

Veut assassiner les François,

Et le tout pour leurs intérêts.

Toute la clique monarchique,

Le lundi vingt-huit () s’assembla, Et, dans son style académique, Ainsi l’abbé Maury parla:

Allons, courons vite au palois

Défendre la couronne;

C’est le devoir des bons François

De périr près du trône.

Moi, j’aime le roi tout de bon,

La faridondaine, la faridondon:

Ne l’aimez-vous pas tous aussi,

Biribi?

A la façon de Barbari,

Mon ami.

En avant, troupe monarchiste;

C’est votre roi qu’il faut sauver:

Il nous mettra tous sur sa liste,

Si nous le pouvons enlever.

— Quoi! l’enlever?

— Oui, l’enlever.

En avant, troupe monarchiste;

C’est votre roi qu’il faut sauver.

Ce projet

A tous plaît;

L’on s’apprête:

Mons Maury se déguisa

Et se mit tout fier à

Leur tête.

Mais, ô malheur! 0 peine extrême!

Hélas! Grands dieux!

On découvrit le stratagème

Aux soldats bleus.

Leur troupe accourt avec ardeur;

Elle environne

Le parti, zélé défenseur

De la couronne.

Qui pourroit peindre la surprise

De ce pauvre club monarchien?

En vain chacun d’eux la déguise:

Que peuvent-ils faire? Hélas! rien,

S’armer d’un courage stérile

Contre nos valeureux soldats?...

La résistance est inutile;

Ça n’se peut pas, ça n’se peut pas.

Messieurs les aristocrates,

Leur crièrent nos soldats,

Devant les bons démocrates,

Allons, mettez armes bas.

Et aye, et hu; et aye et pousse,

Et aye et hu; qu’on descende vite.

Ah! si vous revenez comm’ça,

De même l’on vous recevra.

Allons, messieurs, passez par-là, (bis)

Ou bien sautez du haut en bas. (bis)

Du haut en bas,

Mons Duval faisant le rebelle,

Du haut en bas,

Zest!... on lui fit sauter le pas.

Mais la chose n’est pas nouvelle

Puisqu’on voit aller sa cervelle

Du haut en bas.

Plein d’une humeur indocile,

Monseigneur de Frondeville

Dit qu’il était inutile

De lui crier: Armes bas!

Tous ces vaillants François

Portent à leur ceinture,

Outre deux pistolets,

Une arme bien plus sûre.

Ils sont fiers comme des césars,

Avec leur tirelire, lire,

Avec leur toureloure, loure,

Leurs longs poignards.

De ces grands personnages

De tous rangs et de tous étages,

De ces grands personnages,

Muse, dis-moi les noms,

Muse dis-moi les noms.

Parmi ces champions,

Monsieur Foucault s’avance,

Monsieur Fou... de Foucault s’avance:

Ah! c’est l’homme de France

Que l’on entend le mieux,

Que l’on entend le mieux.

Puis marchant deux à deux,

Cazalès, Follefille,

Murinois, Depoix, à la file,

Guillermy, Frondeville,

Montlausier, l’orateur,

Faucigny, le sabreur,

Duval, l’ex sénateur;

Clermont-Tonnerre ensuite,

Lequel mal... Malouet excite;

Clermont-Tonnerre, ensuite,

Faydel, et cœtera.

Virieux y fut-il aussi?

Vraiment, ma commère, oui.

Il partagea donc leur gloire?

Vraiment ma commère, voire,

Vraiment ma commère, oui.

L’on partit,

L’on suivit

Le bon prêtre,

Et, jusque dans le château,

Chacun incognito

Pénètre.

«Si jamais un téméraire

«Osait...» mais un coup par terre

Étend le parlementaire,

Qui s’écrie: «Ouf! les deux bras!»

Montlausier, Cazalès, Maury

Pensent encore à se défendre.

De mon sabre, dit Faucigny,

Attendez, je vais les pourfendre.

Mais, malgré tous ces beaux projets,

Ils reçoivent maints bons soufflets.

On les rosse, on les crosse tous,

Sens dessus dessous, sens devant derrière,

On les rosse, on les crosse tous,

Sens devant derrière, sens dessus dessous.

Cependant,

Prudemment

La cabale,

la faveur de la nuit,

Comme elle vint s’enfuit,

Et bien vite détale.

Mais Maury,

Qu’aucun bruit

Ne consterne,

Dans les groupes se mêla,

Et, déguisé, cria:

Mettez-les tous à la

Lanterne.

Ce fut ainsi

Que réussit leur entreprise;

Et c’est ainsi

Que tous leurs projets ont fini.

Conspirez, nobles, gens d’église;

IL en sera, quoiqu’on en dise,

Toujours ainsi.

HYMNE A L’AGRICULTURE

Table des matières

Par COUPIGNY

Musique de LEFÉVRE

Mère commune des humains,

Je te salue, Agriculture,

Les dons que prodiguent tes mains

Sont des bienfaits de la nature.

A ta voix sortant des forêts,

Quittant ses antres, ses montagnes,

L’homme féconda les guérets,

Et le soc nourricier sillonna les campagnes.

L’amour du travail, la santé

Habitent ton humble chaumière;

Ils écartent la pauvreté

De ta demeure hospitalière;

C’est là que les cœurs innocens

Des vertus nous offrent l’exemple:

Les vertus se plaisent aux champs,

Et ces filles du ciel y placèrent leur temple.

Laboureurs, citoyens, soldats,

Quel sort est plus digne d’envie?

Dans les sillons, dans les combats,

Vous servez deux fois la patrie;

Quand le dieu des sanglants hasards

Laisse reposer son tonnerre,

Par le plus utile des arts

Vous réparez encor les malheurs de la terre.

Mais bientôt de nouveaux succès

Vont mettre un terme à nos alarmes;

Pour les attributs de Cérès

Déjà Mars échange ses armes.

Heureux au sein de vos foyers,

Qu’a protégés votre vaillance,

Sous l’ombrage de vos lauriers,

Vous trouverez la paix, le repos, l’abondance.

HYMNE A L’ÉGALITÉ

Table des matières

CHANTÉ DANS UNE FÊTE CIVIQUE LE 19 JUIN 1791

JOUR ANIVERSAIRE

DE L’ABOLITION DE LA NOBLESSE EN FRANCE

Paroles de JOSEPH CHÉNIER, représentant du peuple.

Musique de CATEL.

Égalité douce et touchante

Sur qui reposent nos destins,

C’est aujourd’hui que l’on chante

Parmi les jeux et les festins;

Ce jour est saint pour la patrie;

Il est fameux par tes bienfaits;

C’est le jour où ta voix chérie

Vint rapprocher tous les François.

Tu fis tomber l’amas servile

Des titres fastieux et vains,

Hochets d’un orgueil imbécile,

Qui fouloit aux pieds les humains.

Tu brisas des fers sacrilèges,

Des peuples tu conquis les droits,

Tu détrônas les privilèges,

Tu fis noître et régner les loix.

Seule idole d’un peuple libre,

Trésor moins connu qu’adoré,

Les bords du Céphis et du Tibre

N’ont chéri que ton nom sacré.

Des guerriers, des sages rustiques,

Conquérant leurs droits immortels,

Sur les montagnes helvétiques

Ont posé tes premiers autels.

Ce Franklin, qui par son génie

Vainquit la foudre et les tyrans,

Aux champs de la Pensylvanie

T’assura des honneurs plus grands.

Le Rhône, la Loire et la Seine

T’offrent des rivages pompeux;

Le front ceint d’olive et de chêne,

Viens y présider à nos jeux.

Répands ta lumière infinie,

Astre brillant et bienfaiteur;

Des rayons de la tyrannie

Tu détruis l’éclat imposteur.

Ils rentrent dans la nuit profonde

Devant tes rayons souverains;

Par toi, la terre est plus féconde,

Et tu rends les cieux plus sereins.

Pulsuz fraqment bitdi.

Janr və etiketlər

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16 yanvar 2025
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4064066338121
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