Kitabı oxu: «Dictionnaire du bon langage»

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N.J. Carpentier

Dictionnaire du bon langage

Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066080785

Table des matières

PRÉFACE.

OUVRAGES CONSULTÉS.

ERRATA.

DICTIONNAIRE DU BON LANGAGE.

A

B

C

D

E

F

G

H

I

J

K

L

M

N

O

P

Q

R

S

T

U

V

W

X

Y

Z

PRÉFACE.

Table des matières

La difficulté de se corriger des vices de prononciation et de langage est un fait généralement reconnu par les hommes de l'enseignement, et par les personnes qui ont fait une étude quelque peu approfondie de la langue française. L'un des plus grands écrivains dont s'honore la littérature française, se fondant sur son expérience personnelle, ne craint pas de dire qu'il est rare que l'on se défasse entièrement de la rouille du provincialisme, à moins que l'on n'ait reçu de bonne heure, là où la langue se parle le mieux, c'est-à-dire dans la capitale, une éducation soignée.

A quoi faut-il attribuer cette infériorité du provincial dans l'usage de la langue?

Nous pensons qu'une des causes principales de ce fait, sinon la principale, est que, jusqu'à présent, l'on ne s'est pas assez attaché, dans l'enseignement de la langue maternelle, à signaler les taches qui en ternissent la pureté dans la bouche ou sous la plume de ceux qui la parlent ou l'écrivent. Cette partie négative, et pourtant essentielle, d'un cours complet de langue française a été, il faut le dire, singulièrement négligée dans nos écoles primaires et nos établissements d'instruction moyenne. Sans doute les bons traités de prononciation, les bonnes grammaires et les bons dictionnaires ne nous manquent point. Grâce à ces guides éclairés, nous parvenons à connaître les règles du bon langage; mais n'est-il pas vrai que ces manuels, pour la plupart, oublient trop qu'ils s'adressent à des personnes qui ont à se corriger des défauts originels de terroir? Ce n'est pas assez, à notre sens, d'apprendre à bien parler et à bien écrire; il faut encore, et avant tout, désapprendre à mal parler et à mal écrire.

Nous nous sommes proposé de combler cette grave lacune de l'enseignement. Nous nous adressons donc aux wallons et aux flamands, voire même aux lecteurs que notre Dictionnaire pourrait rencontrer en France, et nous les avertissons de prendre garde à certains défauts de prononciation qu'ils semblent ne pas soupçonner; nous leur signalons une foule d'expressions, de termes, de tournures, que réprouve le bon langage, ou que condamne un goût sûr et sévère: nous cherchons, en un mot, à les déprovincialiser, s'il nous est permis de parler ainsi.

Mais ce n'est que la moitié de notre tâche. Voulant donner à notre ouvrage un caractère de généralité qui en fasse un véritable manuel, même pour les personnes qui ont reçu une éducation complète, nous avons passé en revue les difficultés de la langue française. Nous avons désiré qu'à l'aide de notre Dictionnaire on pût trouver la solution prompte et catégorique des doutes qui se présentent journellement touchant le genre des noms, la signification de certains mots risqués, la prononciation, la synonymie, la paronymie et les règles les plus controversées de la lexicologie et de la syntaxe.

C'est assez dire que notre ouvrage offre, à chaque page, deux parties bien distinctes: une partie négative, destinée à signaler les vices et les fautes de langage, et une partie positive, qui traite sommairement des difficultés qui sont de nature à embarrasser dans la conversation et dans la rédaction.

On nous demandera peut-être pourquoi nous avons cru devoir écarter la forme du manuel proprement dit, pour adopter celle du dictionnaire.

Si l'on veut bien tenir compte de notre but, on comprendra sans peine pourquoi nous avons accordé la préférence à cette dernière forme. Nous avons eu en vue, en effet, non-seulement les élèves, mais encore les personnes qui ont terminé leur éducation. Or, si les élèves peuvent s'accommoder d'un manuel et s'en servir avec fruit, il n'en est pas ainsi des gens du monde qui demanderont surtout à trouver dans notre ouvrage un répertoire utile qu'ils puissent consulter à toute heure et sans difficulté. Il y a plus: si même nous n'avions eu en vue, en rédigeant notre Dictionnaire, que les élèves de nos établissements d'instruction publique, il nous eût été difficile, sinon impossible, d'adopter un ordre logique quelconque, par exemple, un plan calqué sur les grandes divisions de la grammaire. Car enfin nous écrivons non seulement pour les élèves des écoles primaires, mais encore pour ceux qui fréquentent les cours de l'enseignement secondaire ou moyen. Or, tel plan qui eût été parfaitement approprié au degré d'instruction et d'intelligence de ceux-ci, aurait présenté pour ceux-là d'inévitables inconvénients.

Ces considérations justifient pleinement, ce nous semble, le choix que nous avons fait de l'ordre alphabétique. D'ailleurs les numéros par lesquels nous avons eu soin de distinguer nos remarques, permettront aux maîtres qui feront usage de notre Dictionnaire d'y joindre les avantages qui résultent d'une méthode plus logique et mieux adaptée aux besoins divers d'un enseignement gradué.

On nous reprochera peut-être d'avoir signalé certaines fautes de prononciation ou de langage, trop communes ou trop populaires. Ce reproche tombe de lui-même, si l'on veut bien ne pas oublier que nous écrivons pour les enfants des écoles primaires aussi bien que pour les élèves des établissements moyens ou pour les hommes instruits, et que, en définitive, le français est une langue à peu près étrangère pour tout le monde.

On n'est guère plus fondé, croyons-nous, à nous faire un grief de nos répétitions fréquentes. Qui ne sait, en effet, que la répétition est l'âme de l'instruction? Qui ignore que les élèves surtout ne savent bien que ce qu'on leur a fait répéter à satiété et sous toutes les formes? Nous en appelons ici à l'expérience de nos confrères dans l'enseignement.

Nous ne prétendons point donner notre Dictionnaire comme un code du langage de tout point irréprochable. Nous sommes des premiers à reconnaître toutes les difficultés inhérentes à la rédaction d'un ouvrage de ce genre; et partant nous conviendrons sans peine qu'il est loin encore d'avoir ce degré de perfection dont il est susceptible, et qu'une critique éclairée pourra y découvrir plus d'une lacune et y signaler peut-être des inexactitudes.

C'est pourquoi nous sommes disposé à tenir compte des observations que l'on voudra bien nous communiquer. Ces observations même nous les appelons de tous nos vœux, convaincu que nous sommes que pour arriver à faire un bon ouvrage classique, ce n'est pas trop du concours des lumières de tous ceux qui s'intéressent au sort des lettres et aux progrès de l'enseignement.

OUVRAGES CONSULTÉS.

Table des matières

Dictionnaire de l'Académie.

Dictionnaire universel de la langue française, par M. Bescherelle, aîné.

Nouveau Dictionnaire universel de la langue française, par M. J. Poitevin.

Dictionnaire flamand-français, etc., par l'abbé Olinger.

Dictionnaire wallon-français, etc., par J. Cambresier;—item, par L. Remacle, 2 vol.;—item, par Hubert;—Dictionnaire étymologique wallon, par Ch. Grandgagnage.

Grammaire française, par l'abbé J.-J. Péters;—item, par Poitevin, Noël et Chapsal, Napoléon Landais, Girault-Duvivier, Mauvy, etc., etc.

Cours de Prononciation, etc., par Fréd. Hennebert;—item, par L. Remacle; item, par Joseph de Malvin-Cazal;—item, par le R. P. Mansion, de la Compagnie de Jésus, etc., etc.

Synonymes français, par l'abbé Girard.

Dictionnaire synonymique de la langue française, par J.-Ch. Laveaux.

Dictionnaire des synonymes de la langue française, par M. Lafaye.

Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue française, par J.-Ch. Laveaux, édition de Ch. Marty-Laveaux.

Dictionnaire raisonné des difficultés et exceptions de la langue française, par Th. Soulice et Sardou.

Dictionnaire des difficultés de la langue française, par C.-V. Boiste, édition de Ch. Nodier.

Remarques sur le Dictionnaire de l'Académie, par B. Pautex.

Les Omnibus du langage, par D. Lévi Alvarès et C.-L. Merle, dernière édition de Paris.

Dictionnaire wallon-français, à l'usage des habitants de la province de Luxembourg, par J.-B. Dasnoy.

Du bon Langage et des locutions à éviter, par Mme la comtesse Drohojowska.

Belgicismes ou les vices de langage et de prononciation les plus communs en Belgique, corrigés, etc., par Joseph Benoit.

Le Complément des grammaires et des dictionnaires français, par le même.

Nouveau manuel de la pureté du langage, par F. Biscarat, édition de A. Boniface.

Le Langage vicieux corrigé, par B. Jullien.

Flandricismes, Wallonnismes et expressions impropres de la langue française, par un ancien professeur (M. Poyart).

Dictionnaire des locutions vicieuses, etc., par M. D. R.

Manuel de la conversation ou traité de la pureté du langage; Bruxelles, chez Deprez-Parent.

Les Omnibus liégeois.

Les Omnibus montois, par L. Dethier, typographe.

ERRATA.

Table des matières

 Chambrale, page 65, ligne 17: lisez chambranle.

 Chambrale, page 65, ligne 19: lisez chambranle.

 Estompe, page 153, ligne 15, dernier mot de l'alinéa: lisez estombe.

 Alevain, page 258, ligne 34: lisez alevin.

DICTIONNAIRE
DU BON LANGAGE.

Table des matières


A

Table des matières

A, prép.—Ne dites pas: le cheval à mon père, le livre à mon frère, la fête à maman, etc.; dites, le cheval de mon père, le livre de mon frère, la fête de maman.—La barque à Caron fait exception à cette règle. (Acad.)

2. Ne dites pas: un ami à moi, à lui; dites, un de mes amis, un de ses amis; on disait autrefois, et bien gracieusement, un mien ami, un sien ami.

3. Ne dites pas: nous étions à dix à table; nous avons soupé à huit; dites, nous étions huit à table; nous étions huit à ce souper, ou nous avons soupé au nombre de huit.

4. Ne dites pas: il a mis son fils aux Jésuites; dites, chez les Jésuites, et mieux, au collége des Jésuites. (Wall. et Fland.)

5. Ne dites pas: je demeure à la rue Hors-Château; à quelle rue demeurez-vous; dites, je demeure dans la rue Hors-Château, ou simplement, je demeure rue Hors-Château; dans quelle rue demeurez-vous.

6. C'est à vous de parler, c'est à vous qu'il appartient, qu'il convient de parler, et, c'est à vous à parler, votre tour de parler est venu. (Acad.)

Cependant les bons écrivains n'ont pas toujours observé cette distinction: Dieu me l'a donné, c'est à moi à en prendre soin. (Bernardin de Saint-Pierre.)

7. La préposition à s'emploie entre deux noms de nombre, lorsque le sens permet d'augmenter le premier; ainsi on dit: il a fait cinq à six lieues; il a perdu quinze à vingt francs; il a invité trente à quarante personnes; il a perdu quinze francs et demi; il a fait cinq lieues et un quart; perdu quinze francs et demi, seize francs; invité trente et une, trente-deux personnes, etc.—Mais lorsque le sens ne permet pas d'augmenter le premier des deux nombres, c'est la conjonction ou qu'il faut employer; on dira donc: il a perdu quinze ou seize centimes; il a invité trente ou trente et une personnes, etc.

Aa.—Les deux a se prononcent et sont brefs: A-aron, Isa-ac, Ba-al.

Abaisser.—Ne dites pas: abaissez-vous pour ramasser ce qui est tombé; dites: baissez-vous.

Abasourdir, v. a., rendre sourd, étourdir: prononcez l's dure.

Abattoir, s. m., endroit où l'on tue les bestiaux; le mot abattage, dans ce sens, n'est pas français.

Abattue, dans le sens de remise, abri, n'est pas français.

Abbaye, s. f., couvent régi par un abbé, prononcez: Abé-î et non abai-ïe.

Abbé, s'écrit avec deux b, et fait au féminin abbesse: on ne prononce qu'un b dans abbaye, abbé, abbesse, abbatial.

Abîme, s. m.: on écrit aussi, mais plus rarement, abyme, abymer.

Abîmer.—Ce mot signifie gâter, et non salir, souiller, comme en wallon; vous pouvez donc dire: mon chapeau a été abîmé par la pluie; mais ne dites pas: mon pantalon est abîmé par la boue; vous direz dans ce cas: mon pantalon est crotté, éclaboussé, sali, couvert de boue.

Able, s. f., ablette, petit poisson; prononcez able (a bref.)

Able, terminaison qui a l'a long seulement dans les substantifs de deux syllabes: diable, fable (diâble, fâble), excepté table, qui a l'a bref. L'a est bref dans tous les autres cas: aimable, blamable, formidable, etc.—Les wallons sont exposés à supprimer l'l et à changer le b en p; les flamands de leur côté, prononcent trop souvent bèle au lieu de ble: ainsi les premiers diront: fâpe, tape, diâpe, aimape, estimape; les derniers diront fâbèle, tâbèle, diabèle, aimabèle, estimabèle. Il faut donc prononcer toutes ces lettres finales et particulièrement l'l, et les prononcer sans intercaler un e entre le b et l'l, et l'important, c'est d'y exercer impitoyablement les élèves dès leur plus tendre enfance.

Abloucner, attacher, serrer avec une boucle: ce mot n'est pas français; dites, boucler: bouclez vos jarretières. (Wall.)

Aboutonner, attacher avec des boutons: ce mot n'est pas français, dites boutonner. (Wall.)

Aboyer.—On ne doit pas dire: aboyer quelqu'un ou sur quelqu'un, mais aboyer à, contre ou après quelqu'un. Un chien qui aboie aux voleurs, contre tous les passants, après tout le monde; tous ses créanciers aboient après lui. En parlant des petits chiens, on emploie ordinairement le verbe japper: le chien ne fait que japper.

Abraham, n. pr.: prononcez Abrahame.

Abre, Abrer; Adre, Adrer; Avre, Avrer (terminaisons en): l'a est long dans ces terminaisons, sabre, sabrer, cadre, cadrer, navre, navrer. Cette règle s'applique aux dérivés de ces mots, auxquels il faut ajouter les analogues madré, madrée.

Abréviations.—Les principales abréviations sont les suivantes:

J.-C. Jésus-Christ.

N. S. Notre Seigneur.

N. S. J.-C. Notre Seigneur Jésus-Christ.

S. S. Sa Sainteté (le Pape).

S. P. Saint Père (le Pape).

S. M. Sa Majesté.

S. M. I. Sa majesté impériale (un empereur).

S. M. I. et R. Sa majesté impériale et royale.

S. M. B. Sa majesté britannique (le souverain de la Grande-Bretagne).

S. M. C. Sa majesté catholique (le souverain d'Espagne).

S. M. T. C. Sa majesté très-chrétienne (le souverain de France).

S. M. T. F. Sa majesté très-fidèle (le souverain de Portugal).

S. H. Sa Hautesse (le Sultan).

S. A. Son altesse. (Se dit d'un prince du sang ou d'un prince régnant).

S. A. I. Son altesse impériale. (Idem).

S. A. R. Son altesse royale. (Idem).

S. A. S. Son altesse sérénissime.

S. Exc. Son excellence. (Se dit d'un ministre, d'un ambassadeur).

S. Em. Son éminence (se dit d'un cardinal).

Mgr. Monseigneur. (Se dit d'un évêque, prince, etc.)

M. Monsieur.

Me Maître. (Se dit des notaires, avoués, avocats).

MM. Messieurs.—Mme ou Me Madame.

Mlle Mademoiselle.—Md Marchand.

Mde Marchande.—Ngt Négociant.

Acacia, s. m., arbre: prononcez acacia et non acazia.

Acalender, mot wallon; dites: cette boutique est bien achalandée, et non: acalendée.

Accessit, s. m.—Le t se prononce au singulier et au pluriel: l'Académie écrit au pluriel deux accessit, et fait remarquer que plusieurs écrivent des accessits: nous admettrions volontiers cette dernière orthographe.

Accourir, Apparaître, Disparaître et Résulter, prennent indifféremment avoir ou être: j'ai accouru, je suis accouru pour la fête; un spectre lui avait apparu, lui était apparu; mon argent a disparu, est disparu; qu'a-t-il résulté de là? qu'en est-il résulté? (Acad.)—Mais paraître, comparaître et reparaître ne prennent qu'avoir, ainsi que périr, contrevenir et subvenir: la troisième livraison de ce livre a paru; satan et ses anges ont péri par orgueil; on a subvenu à ses besoins. (Acad.)—C'est donc une faute de dire: ce livre est paru; cet ouvrage est paru depuis quinze jours.

Accroc, s. m., déchirure (le cinq des wallons); obstacle, embarras; on ne prononce pas le c final et on ne fait sentir qu'un des deux c: acrô (ô long).

Accroche, dans le sens d'agrafe, n'est pas français.

Acculé.—Ne dites pas des souliers acculés; dites des souliers éculés, pour signifier des souliers qui s'abaissent par derrière sur le talon.—On dit aussi: éculer ses souliers, ses bottes s'éculent.

A ce que.—Ne dites pas: j'arrangerai cette affaire de manière à ce que tout le monde soit content; dites simplement, de manière que tout le monde soit content.

Achéron, s. m., t. de mythol., fleuve des enfers: prononcez achéron et non akéron.

Acheter, v. a.—Ne dites pas: j'ai acheté ma maison pour dix mille francs; j'ai vendu mon cheval pour huit cents francs; mais dites: j'ai acheté ma maison dix mille francs; j'ai vendu mon cheval huit cents francs. (Wall.) Mais on dira bien: ce négociant a acheté hier pour mille francs; j'ai vendu des meubles pour deux cents francs.

Achever, v. a.—Prononcez achever, ach'ver et non ach'fer; il en est de même de échevin, cheville, écheveau, etc.—Voyez la lettre v.

Aclaircir, Raclaircir, ne sont pas français; c'est éclaircir qu'il faut dire.

Acolyte, s. m., clerc qui a reçu un des quatre ordres mineurs, nommé l'ordre des acolytes; ce mot ne figure pas dans les dictionnaires dans le sens de enfant de chœur; cependant, vu son usage fréquent dans notre pays, nous n'oserions pas le condamner absolument.—Choral, dans ce sens, n'est pas français.

Acte, s. masculin et non féminin; prononcez: ac-te, en faisant sentir le t et non ake; acte de foi, prononcez de même pacte, tact, compact, entr'acte, etc.

Actualité, s. f.—question palpitante d'actualité: cette expression, dit M. Francis Wey, est un des fruits de la révolution de Juillet; avant 1833, il n'était pas question de cette horrible façon de parler.

Addition.—Écrivez et prononcez les deux d.—Lorsqu'une consonne est doublée dans le même mot, ou se trouve à la fin d'un mot et répétée au commencement du mot suivant, les flamands n'en font ordinairement sentir qu'une; c'est une faute qu'ils doivent soigneusement éviter: ainsi ils prononceront: adition, alusion, aluvion, acessit, colaboration, peti table, aide-camp, au lieu de ad-dition, al-lusion, al-luvion, ac-cessit, col-laboration, petite table, aide de camp.

Adéquat, adj., entier, total, complet: prononcez adekoua.

Adjectif:—(prononcez ad-jectif, et non at-jectif ni ag'-jectif). Les wallons placent quelquefois abusivement l'adjectif devant son substantif; ainsi ils disent: un neuf chapeau, un blanc pantalon, une propre chemisette, etc.; il faut dire: un chapeau neuf, un pantalon blanc, une chemisette propre.

Certains adjectifs pourtant peuvent ou doivent précéder le substantif; l'essentiel est donc de bien les connaître; par ex.: on dit très-bien: une belle maison, un petit livre, un homme grand et un grand homme, etc.

Ad libitum, loc. adv., à volonté: prononcez ad libitome.

Administration, s. f.: ne dites pas: on a porté hier l'administration à M. Pierre; M. Pierre a reçu hier l'administration; dites: on a administré hier M. Pierre, M. Pierre a été administré hier; ou bien, on a porté hier le viatique, l'extrême-onction, les derniers sacrements à..... M. a reçu hier le viatique, l'extrême-onction, les derniers sacrements. (Fland.)

Adorer, v. n.—Ne dites pas: j'adore la musique; j'adore les asperges, les petits pois; dites: je raffole de la musique, je suis friand des asperges, des petits pois.

Ad patres, loc. lat., signifiant littéralement, vers les pères: aller ad patres, mourir; envoyer ad patres, faire mourir: prononcez patrèsse.

Age, s. masculin.—Ne dites pas: c'est à nos âges surtout qu'il faut éviter les excès; dites: c'est à notre âge surtout.... Cette faute est assez commune.

2. Age, dans le corps ou à la fin des mots, doit se prononcer age et non ache: âge, fromage, rivage, tapage, ménagement, déménagement, etc., et non ache, fromache, rivache, tapache, ménachement, déménachement. (Wall.)—Ache, d'un autre côté, doit se prononcer ache et non age: hache, vache, cravache, il crache, crachement, etc., et non hage, vage, cravage, il crage, cragement. (Fland.)

Aéré, adj., qui a de l'air, qui est en bel air.—Dites: cet appartement est bien aéré; ne dites pas: cet appartement est bien airé.

Affaire (Avoir).—Avoir affaire de, c'est avoir besoin de: j'ai affaire d'argent; j'ai affaire de vous, ne sortez pas.

2. Avoir affaire à quelqu'un, suppose pouvoir, autorité, force, supériorité de la part de ceux à qui on a affaire; et dépendance, infériorité, besoin de la part de ceux qui ont affaire; celui qui veut obtenir une grâce, une faveur, a affaire au ministre ou à ses commis, et non avec le ministre, etc.; il a affaire à un homme dur et méchant, à un homme plus rusé, plus fort que lui.

3. Avoir affaire avec quelqu'un, suppose concours d'affaires, discussions, différends, contestations: un commis a affaire avec le ministre; un associé a affaire avec son associé; il faut éviter d'avoir affaire avec les fripons; j'ai eu affaire avec cet homme-là au tribunal de commerce. Remarquez qu'avoir affaire s'écrit en deux mots (et non avoir à faire) dans les quatre acceptions qui précèdent.

Affiler, Effiler.—Affiler, signifie donner le fil à un tranchant; effiler, c'est défaire un tissu fil à fil: j'ai affilé la lame de mon canif; j'ai effilé ma cravate.

Affligé, adj.: ce mot ne peut pas s'employer comme synonyme d'estropié: c'est un estropié (et non un affligé) qui demande l'aumône.

Agace, s. f., oiseau qu'on nomme plus communément pie; quelques-uns écrivent, agasse. (Acad.)

Agenda, s. m., carnet où l'on inscrit jour par jour ce que l'on doit faire: le plur. est agendas: prononcez aginda et non agène-da.

Ag, Agde, Age, Agme, Agne, Agre, Agru, toutes finales brèves, excepté le seul mot âge. (M. J. Benoit, le Complément des Grammaires, etc.)

Agir.—Ne dites pas: il en a mal agi avec moi; dites: il a mal agi avec moi.

2. Ne dites pas: quand il a s'agi de parler; dites quand il s'est agi; dites de même: il se fût agi, il s'était agi, il se sera agi, il se serait agi, il se fût agi, qu'il se soit agi, qu'il se fût agi.

Agonisant: prononcez agonizant et non agonis-sant.

Ai, au lieu de oi.—Autrefois on écrivait: connoître, paroître, j'aimois, il vendroit, etc.: aujourd'hui on écrit communément: connaître, paraître, j'aimais, il vendrait.

Ai, Aie, Aye, (terminaisons en)—Généralement on fait trop sentir l'i et l'e des syllabes en ai, aie, aye. On prononce par exemple, que j'aiïe, hai-ïe, clai-ïe, gai-ïe, pai-ïe, etc., tandis qu'on doit dire: que j'aî, haî, claî, gaî, paî, (aî long). Il en est de même des mots en oie et en oye, tels que soie, voie, que je croie, etc., qu'il faut prononcer soî, voî, que je croî, etc., (oî long) et non: soi-ïe, voi-ïe, que je croi-ïe. (Wall.)

Aider, v. a.—Aider quelqu'un, c'est lui prêter plus ou moins d'assistance: il faut aider les pauvres; aidez-le à descendre.—Aider à quelqu'un, c'est, le plus souvent, l'assister en partageant ses efforts: aidez à cet homme à soulever ce fardeau.

Aide de camp, s. m.—Ce mot s'écrit sans trait d'union; faites sentir les deux d.

Aides, Aises.—Je connais les aides, les aises d'une maison, pour signifier les corridors, les chambres, les escaliers, la distribution d'une maison, n'est pas français; dites: je connais les êtres, subst. m. pl., et prononcez l'r fortement, ainsi que dans toutes les finales en dre, tre, gre, bre, fre, vre, cre, etc.

Aigle, s'emploie au féminin, 1o dans le sens d'enseigne militaire: les aigles romaines, (les enseignes des légions romaines); 2o dans le sens d'armoiries: l'aigle impériale (les armes de l'empire d'Autriche qui sont une aigle à deux têtes).—Dans tout autre sens, aigle, s'emploie au masculin: l'aigle fier et courageux, un aigle femelle;—c'est un aigle, c'est-à-dire, un homme qui a un esprit supérieur.

Aiguë, (tréma), fém. de aigu: voyez gu, guë.

Aiguière.—Prononcez: aighière; de même aiguiérée, anguille. Voyez gu.

Aiguiser, v. a.—Prononcez l'u et l'i séparément: aighuiser et non aighouiser, ou aighiser. Il en est de même de: aiguille, aiguillade, aiguillée, aiguillon, aiguillonner, aiguisement et de tous les dérivés du mot aigu. Voyez gu.

Aile ou Ale, s. f., espèce de bière anglaise: prononcez èle:—L'Académie écrit aile.

Aill.—La syllabe aill est longue au milieu des mots qui expriment une action, une chose plus ou moins méprisable ou ridicule, tels que brailler, bretailler, bretailleur, se chamailler, éraillure, haillon, railler, railleur, rimailler, rimailleur. Elle est brève dans les mots qui n'ont aucune signification désagréable: ailleurs, caillou, maillot, paillette, tressaillir, vaillant, vaillance: le mot poulailler a l'a long, parce qu'il dérive de l'ancien substantif féminin poulaille.

2. Les substantifs en aille, tous du genre féminin, ont généralement l'a long ainsi que leurs dérivés: bataille, batailler, (excepté bataillon); paille (les dérivés paillasse, paillasson exceptés); taille, tailler, etc.; excepté limaille, médaille, représaille.—Versailles, Noailles, la Fouraille, Aywaille, etc., ont aussi l'a long.

3. Les substantifs en ail, tous du genre masculin, ont au contraire l'a doux: ail, bail, corail, détail, éventail, travail, et leurs dérivés; il faut y ajouter les noms propres: Montmirail, Gail, etc. (Hennebert.)

Aimer. Ce verbe exige la préposition à devant un infinitif: ne dites pas: cet enfant aime de jouer, cet élève aime de lire: dites, cet enfant aime à jouer, cet élève aime à lire.

2. Ne dites pas: mon professeur aime à ce que mes devoirs soient bien écrits; dites: mon professeur aime que mes devoirs soient bien écrits.

3. Aimer mieux, devant un infinitif rejette toute préposition: il aime mieux jouer, il aime mieux étudier. Cependant on peut dire également: cet enfant aime mieux jouer qu'étudier, et cet enfant aime mieux jouer que d'étudier. (Acad.)

Aux temps composés, mieux précède le participe passé: j'ai mieux aimé.

4. Prononcez émer et non èmer: il en est de même de tous les mots où ai, première syllabe, est suivi d'une syllabe sonore: aisé, j'aidai, etc.

Ain.—L'n des substantifs terminés en ain ne se lie pas avec la voyelle du mot suivant: le pain est fort cher (et non le pain n'est fort cher); cet homme est vain et fier (et non vain n'et fier).

Aine, eine et ène.—Prononcez vène et non vain-ne:—huitaine, dizaine, douzaine, vaine, certaine, lointaine, veine, il mène, il amène, etc. (Wall.)

Ainsi.—Est-ce bien vrai? Oui, c'est ainsi: on dit plutôt, dans le style familier: c'est comme cela ou comme ça, forme abrégée de cela.

2. Ainsi n'est pas toujours synonyme de donc: ne dites pas: vous voilà ainsi, vous partez ainsi; dites: vous voilà donc, vous partez donc.

Air, s. m.: air frais, air chaud, air froid: v. avoir l'air.

Airer, pour aérer est un barbarisme: lieu aéré, aérer une pièce et non lieu airé, etc.

Ajamber, Ajambée, ne sont pas français; dites: enjamber, enjambée.

Ajoute.—Ce mot n'est pas français, et doit être remplacé par allonge, rallonge, ou addition, suivant le sens: mettre une allonge ou une rallonge à une jupe; la table est trop petite, mettez-y une allonge ou une rallonge; l'auteur a fait à son livre de nombreuses additions.—Prononcez allon-ge, et non: allon-che. Voyez les mots prononciation et finales.

Alargir, barb.: alargir une robe, un habit: dites élargir.

Albinos, s. m. et f., race d'hommes blafards.—Prononcez albinoce.

Alcoran, s. m., livre sacré des Mahométans.—Ne dites pas: l'Alcoran, mais le Coran. En effet, il est à remarquer que al en arabe correspond à notre article le, la; d'où il suit que vous ne pouvez pas plus dire l'Alcoran, que la labible, le lelivre, la laplume.

Alentour, autrefois préposition, est devenu adverbe; on dira donc: je me promène autour du parc; j'étais dans le parc, et mon ami se promenait alentour. Alentour ne peut avoir de complément et doit toujours s'employer adverbialement.

2. Ne dites pas: il travaille autour, à l'entour de sa maison, de son devoir; dites: il travaille à sa maison, à son devoir.

Alentours, s. m. pl., n'a pas de sing., et signifie les lieux circonvoisins: les alentours de Liége sont très-pittoresques.

A l'envi, expression adverbiale qui signifie avec émulation, à qui mieux mieux: c'est une faute très-commune que d'écrire à l'envie.

Alexandre, Alexandrine, Alexandrie; l'x est dure dans ces mots: Alekçandre et non Aleg-zandre.

A l'honneur.—Ne dites pas: Liége a érigé une statue à l'honneur de Grétry; dites en l'honneur de Grétry.

Aller.—L'Académie admet je vais et je vas, mais elle ajoute que cette dernière forme s'emploie rarement et seulement dans le langage familier.

2. Je fus, tu fus, il fut, etc., pour j'allai, tu allas, il alla, etc., se disent très-bien, quoi qu'en pensent Lévy, Boinvilliers, Chapsal, Poitevin, Girault-Duvivier, etc.: cette forme est consacrée par l'autorité de l'Académie et de plusieurs bons écrivains, notamment Corneille, Me de Sévigné: il ne peut donc rester l'ombre de doute sur cette question. Voyez la grammaire de M. l'abbé Péters, no 584, où l'auteur fait justice des raisons spécieuses de ses contradicteurs.

3. Employez: a été, lorsque vous croyez qu'on est de retour: Pierre a été à l'église, mais il n'y est resté qu'un instant. Employez: est allé, lorsque vous croyez qu'on n'est pas de retour. Mon père est allé à Paris, et il y séjournera trois mois. Le wallon ici est un bon guide.

4. Ne dites pas: Monsieur le baron a été ici (chez nous); dites: Monsieur le baron est venu ici.

5. Ne dites pas: je me suis en allé; on les a fait en aller; dites: je m'en suis allé; on les a fait partir. Ne dites pas: je m'y vais, mais j'y vais.

6. Ne dites pas: mon frère va sur vingt ans; dites: mon frère aura bientôt vingt ans, ou est dans sa vingtième année.

7. Ne dites pas: aller, voyager, revenir sur la terre, sur l'eau; dites: aller, voyager, revenir par eau, par terre: j'ai été à Namur et j'en suis revenu par eau.

8. Ne dites pas: il a voulu me faire aller; dites: se jouer de moi, se moquer de moi, me plaisanter, me faire poser, m'en faire accroire, selon le sens.

9. Ne dites pas: j'ai plusieurs endroits à aller; dites: je dois aller dans plusieurs endroits; j'ai plusieurs endroits à voir, à visiter; il faut que j'aille dans plusieurs endroits.

10. Allez! Allez! formule aussi inconvenante que: vous en avez menti; dites: vous plaisantez sans doute; parlez-vous sérieusement ou pour plaisanter; apparemment vous plaisantez.

11. Aller avec veut être suivi d'un régime: ne dites pas: vous partez, je m'en vais avec; dites: je m'en vais avec vous: avec est une préposition et non un adverbe. (Wall.)

12. Ne dites pas: comment va? comment vous va? comment va-t-il? dites: comment va votre santé? comment vous en va? et mieux, comment vous portez-vous? (Acad.) Ne dites pas non plus: Comment va-t-il avec vous? dites: comment vous portez-vous? (Fland.)

13. Par raison d'euphonie, on supprime ordinairement la particule y devant le futur irai, iras, ira, etc. Ira-t-il à Rome? Il ira? Mais ce ne serait pas une faute de l'exprimer.

Allocation, Allocution, Allodial, Allodialité, Alluvion, Allusion: dans tous ces mots, prononcez les deux ll.

Allonge, dans le sens d'élan, d'escousse, n'est pas français; ne dites pas j'ai pris mon allonge pour sauter; dites: mon élan, mon escousse.

Allonger (s').—Ne dites pas: les jours s'allongent; dites: les jours croissent.

Allumer.—Ne dites pas: allumez la lumière, le feu; dites: allumez la bougie, la lampe; faites du feu.

2. Allumer, dans le sens d'éclairer, n'est pas français. (Wall.)

Almanach est masculin et se prononce almana. Ne dites pas armanach ou almanak; ne dites pas non plus une almanach placante; dites: un almanach de comptoir.

Aloès, s. m.—Prononcez aloèce.

Alors pour ensuite: alors est un adverbe de temps qui signifie: à cette époque, dans ce temps-là, comme quand on dit: il était autrefois bien riche; alors il se voyait entouré de flatteurs; dans ce temps-là ou alors, nous étions heureux. Mais on emploie abusivement alors pour ensuite, puis, après, après cela, en disant par exemple: nous dinâmes, alors nous prîmes le café, alors nous nous promenâmes; il faut dire: ensuite nous prîmes le café, ensuite.... Dites encore: nous avons été à la messe, ensuite nous sommes venus déjeuner, puis nous sommes partis, etc., et non: alors, alors.... Prononcez alor et non alorse.

Alouette, s. f., oiseau.—Ne confondez pas ce mot avec luette, morceau de chair saillant placé à l'entrée du gosier: il a la luette enflée; remettre la luette: et non: il a l'alouette, etc.—Voyez oue.

Amadou, subst. masculin: votre amadou n'est pas sec et non votre amadou n'est pas sèche.—Ne dites pas amadoue.

Amancher.—Ne dites pas: amancher un balai; dites emmancher un balai.

Amande: voyez noix et noyaux.

Amateur, s. m.—L'Académie ne reconnaît point de féminin à ce mot. Beaucoup de personnes, à l'imitation de J.-J. Rousseau, disent amatrice.

Amblève, rivière de Belgique, qui prend sa source en Prusse et se jette dans l'Ourthe. On doit écrire Amblève et non Emblève: 1o parce qu'on prononce invariablement Amblève et non Imblève; 2o parce que l'a figure dans le mot latin Amblavia et dans le mot Amel qui en est le nom allemand; 3o parce que le mot Amblève vient du germain Ambla, aune (arbre) et Ahva, eau (rivière des aunes).—Il nous paraît donc tout-à-fait impossible de justifier la seconde orthographe (Emblève).

Amelette, pour omelette ou amulette, n'est pas français.

Amer, s., boisson, est masculin: cet amer n'est pas violent: écrivez amer et prononcez amère.

Ami, s. m.—On ne dit pas être ami avec quelqu'un, mais de quelqu'un: je suis l'ami de Pierre ou Pierre est mon ami; je suis son ami, il est mon ami.

Amical, ale, adj., n'a point de pluriel masculin (Acad.); quelques grammairiens disent amicals; Boiste et Boinvilliers disent amicaux: nous préférerions cette dernière forme, si le pluriel d'amical devenait nécessaire. (Soulice et Sardou).

Amict, s. masculin, sorte de linge bénit dont le prêtre se couvre les épaules: prononcez ami et non emike ni amik-te.

Amitié, s. f.—Prononcez amiti-é et non ami-tchi-é.—Voyez ti.

Amitieux.—Ce mot n'est pas français; remplacez-le par carressant, aimant, aimable, affectueux; cet enfant est fort carressant.

Amment, se prononce aman et non an-man: apparamment, constamment, précipitamment.—Il en est de même de emment: récemment, prudemment.

Amen: prononcez amène.

Amnistie, s. f., Armistice, s. m.—L'amnistie est un pardon accordé par le souverain.—L'armistice est une suspension d'armes: on faisait autrefois ce dernier mot du féminin.

Amont, s. m. Aval, s. m.—Amont est le côté (d'en haut) d'où vient la rivière; il est opposé à l'aval, côté vers lequel descend la rivière: ces bateaux viennent d'amont (descendent); ils viennent d'aval (ils montent).

Amour est masculin: l'amour des mères est le plus généreux de tous les amours; sculpter, peindre de petits amours.—Dans le sens de passion, il est ordinairement masculin au singulier et féminin au pluriel: un fol amour, de folles amours; et, par extension: mon pays, mon premier amour, mes plus chères amours.

Amouracher; ne dites pas: enmouracher.

An, s. m., année: ne dites pas à la nouvel an; dites: au nouvel an ou à la nouvelle année.

Ancêtres, subs. m. pl., ayeux, n'a pas de singulier: prononcez ancê-tres et non ancète ni ancè-tère.

Anche, s. féminin, tuyau pour pousser l'air dans les instruments à vent: une anche de clarinette.—Prononcez anche et non ange.

Anchois, s. masculin: de bons anchois.

Ancienne, fém. de ancien; prononcez anciène et non: ancien-ne.

Andain, s. m., rangée de foin qu'un faucheur coupe à la fois.

Andante, t. de musique: prononcez andanté et non andante.

Ane est masculin et fait ânesse au féminin: A laver la tête d'un âne on perd sa lessive.

Ange, s. masculin, esprit céleste: l'ange gardien; prononcez: an-ge, et non an-che, et appuyez fortement sur le g.

Angelus, s. m.—Ne dites pas: sonner les angelus; dites: sonner l'angelus: ce mot ne se prend pas au pluriel et se prononce angeluce.

Angora, s. m., chat; ne dites pas angola.

Anguille, s. f., poisson: prononcez anghille, en mouillant les l, et sans faire sentir l'u: voyez gu.

Anis, s. m., plante, graine, dragées: prononcez ani et non anizes.—Dites anisette et non anis pour désigner la boisson qui porte ce nom.

Annales, s. f. plur.—Faites sentir les deux n, an-nales, ainsi que dans les mots suivants: annal, annaliste, annate, Anna (subst. pr.), annexe, Annibal, annihiler, annoter, annuaire, annuel, annuité.

Année, s. f.—Prononcez a-né, é long, et non an-né ni a-néïe: voyez é, ie et an.

Anniversaire, cérémonie qui se fait le même jour chaque année, est un substantif masculin: le second anniversaire; un anniversaire solennel.

Annoté, part.—Ne dites pas: tous les articles de mon magasin sont annotés en chiffres connus; dites, sont marqués.

Anoblir et Ennoblir.—Anoblir, c'est rendre noble en donnant un titre de noblesse: le roi l'avait anobli. Ennoblir, c'est élever, donner de la noblesse: ces sentiments vous ennoblissent; les beaux arts ennoblissent une langue.—Ennoblir, prononcez an-noblir et non a-noblir.

Anonyme, qui est sans nom: ouvrage anonyme; pseudonyme, qui a un faux nom: le pseudonyme de cet ouvrage est N. (c'est-à-dire N. est un nom faux, il n'en est pas le véritable auteur).

Antechrist, s. m., en un seul mot: prononcez antecri;—Christ, Prononcez Chris-te;—Jésus-Christ, prononcez Jésucri.

Antichambre est féminin comme chambre: une belle antichambre.

Anticipativement: ce mot n'est pas français; dites donc, la rétribution est de 100 frs. par an, payable d'avance ou par avance et par trimestre, et non, payable anticipativement.

Antique est opposé à moderne;—ancien à nouveau;—vieux à neuf: dans une chapelle antique on voyait d'anciens règlements écrits sur de vieux parchemins.

Ao, Aon, Aou.—L'a est bref dans ces trois combinaisons: cacao, chaos, Lycaon, Phaon, Pharaon.—L'o est nul dans Craon (ville), faon, Laon (ville), paon; lisez donc Cran, fan, Lan, pan. Il en est de même des dérivés faonner, paonne, paonneau, paonnier, Laonais, Craonais qu'il faut prononcer faner, pane, paneau, panier, Lanais, Cranais.—C'est l'a qui s'élide dans aoriste (voyez ce mot), août, aoûteron, curaçao, Saône (rivière), Saonais, Saint-Laon (ville), saoul, saouler (on écrit généralement aujourd'hui soûl, souler) taon (insecte); on prononce donc oriste (quelques-uns prononcent aoriste et saône), oût, oûteron, sône, curaço, Sonais, Saint-Lon, sou, souler, ton.—L'a et l'o se prononcent dans aorte, aortique et dans aoûté, participe passé du verbe aoûter (qui ne s'emploie plus guère qu'à ce temps): pron. aorte, aortique, aoûté. (Hennebert).

Août, s. m., huitième mois de l'année: voyez ao, aon, aou.

Apercevoir, v. a., s'écrit avec un seul p.

Apothicaire ne se dit plus aujourd'hui; on dit pharmacien.

Apparution, Disparution: écrivez et prononcez, apparition, disparition;—cependant on dit comparution, action de comparaître en justice.

Appas ou Pas, dans le sens de marche, de degré d'un escalier, de seuil d'une porte, n'est pas français.

Appel, s. m.—Dites appeau, en parlant des instruments avec lesquels on imite le chant des oiseaux.

Appeler.—Dites appeler d'un jugement et non: rappeler.

Appendice, s. m.: on prononce ap'paindice et non apandice.

Applanter n'est pas français: ne dites donc pas: cette prairie est applantée d'arbres; dites: plantée d'arbres, garnie d'arbres.

Applaudir, v. a. et n.—Applaudir quelqu'un ou quelque chose, c'est, 1o battre des mains en signe d'approbation: on a vivement applaudi le poète; on a surtout applaudi le dernier vers; 2o louer: chacun l'a applaudi d'une si bonne action; on ne peut qu'applaudir un pareil trait. (Acad.)

2. Applaudir à quelqu'un ou à quelque chose, c'est l'approuver: s'il faisait cette bonne action, tout le monde lui applaudirait; j'applaudis à votre bonne conduite.

Appliquer, v. a.—Ne dites pas: une amende de cinq francs est appliquée à tout membre qui, etc.; dites, est infligée.

Appointements, s. m. pluriel: ses appointements (et non son appointement) sont de 2000 frs.: voyez gage.

Apprendre.—Ne dites pas: ma sœur s'est apprise elle-même à broder; dites: ma sœur a appris d'elle-même à broder.

2. On dit très-bien j'apprends la musique (j'enseigne) à cet enfant. (Acad.)

3. Ne dites pas: j'ai appris cela auprès de lui; dites de lui.

Apportez votre ami, votre frère, pour amenez votre ami, votre frère, est un flandricisme.

Apprenti, s. m., et non apprentif, fait au féminin apprentie et non apprentise ni apprentisse, apprentive.

Apprêt, s. m., préparatif: prononcez aprè.

Apprêter, v. a. et n. Ne dites pas: cela prête à rire, pour signifier que telle chose rend ridicule, donne à rire, donne une occasion de rire; dites: cela apprête à rire; si vous faites telle chose, vous apprêterez à rire à tout le monde. (Acad.)

Après.—Ne dites pas: on demande après vous; chercher après quelqu'un; dites: on vous demande, chercher quelqu'un.

2. On dit très-bien: courir, attendre après quelqu'un. (Acad.) Avis à certains grammairiens qui condamnent ces expressions.

3. Ne dites pas: il est en colère, il est fâché après vous, mais ... contre vous;—il est occupé après ce travail, mais ... à ce travail.

4. Ne dites pas: mettez les chevaux après la voiture; dites, mettez les chevaux à la voiture.

5. Ne dites pas: la clef est après la porte, dites, la clef est à la porte. (Fland.)

6. Par après n'est pas français; dites simplement après.

Après-dînée, Après-soupée sont des subst. féminins et s'emploient de préférence à après-dîné, après-dîner, ou après-soupé, après-souper qui sont du masculin. Le pluriel est après-dînées, après-soupées; l'Académie ne donne pas le plur. de après-midi. Après-midi est également du féminin, quoique plusieurs le fassent du masculin. (Acad.)

Aquatique, Aquarelle, Aquatile, Aquarium, Aqua-viva, Aquador, Aquariens, Aqua-tinta: prononcez akouatique, akouarelle, akouatile; etc. Voyez qu.

Aqueduc, s. m., canal pour conduire l'eau: prononcez akeduc et non akéduc, akèduc.

A quia, loc. adv.—Être, mettre à quia, être réduit, réduire quelqu'un à ne pouvoir répondre: cet élève a été dix fois à quia pendant la classe: prononcez akuia et non a kouia. Voyez qu.

Aquilin, Aquilon: prononcez akilin, akilon. Voyez qu.

Ar et Arr, au commencement des mots, sont brefs: arrondissement, prononcez arondissement, et non ârondissement; arroser, a-roser et non âroser.

Arbalète, s. f.—On dit une arbalète et un arbalétrier.

Arborer, dans le sens de d'arbres plantés, n'est pas français: ainsi ne dites pas, une prairie bien arborée; dites une prairie bien garnie d'arbres.

Arc, s. m., Arc de triomphe, s. m., (sans traits d'union), prononcez arke.—Arc-boutant, arc-bouter, arc-doubleau; prononcez arboutant, arbouter, ardoubleau. Arc-en-ciel se prononce arkenciel, même au pluriel, qui s'écrit arcs-en-ciel. (Acad.) Voyez c final.

Archaïsme, s. m.—Mot antique, tour de phrase suranné;—archange, s. m.;—archéologie, s. f., science des monuments de l'antiquité;—archéologique, adj.;—archéologue, s. m.;—archétype, s. m., terme didactique, original, patron, modèle;—archiépiscopal, ale, adj.;—archiépiscopat, s. m.;—archontat, s. m., dignité de l'archonte;—archonte, s. m., titre des principaux magistrats grecs, surtout à Athènes.—Dans tous ces mots ch se prononce comme k; partout ailleurs arch ou archi se prononce comme le ch français, dans franchise, chemise, etc.

Archal (fil d'), prononcez l'l.—Ne dites pas du fil d'archat ou d'aréchal, mais du fil d'archal.

Archelle, n'est pas français; c'est osier qu'il faut dire.

Ardoisier, s. m.: celui qui possède ou qui exploite une carrière d'ardoises; ne dites pas ardoisier pour désigner un ouvrier couvreur; mais dites couvreur en ardoise, comme on dit couvreur en chaume, en tuile.

Are, est un subst. masculin: un are de terre.

Are et Arre, ont l'a grave dans les substantifs de deux syllabes dont l'a n'est point initial; gare, barre, gare, tare, etc.—Ajoutez l'adjectif rare, le verbe je narre et tous les dérivés, à l'exception de narratif, narration, narrateur. L'a est moyen dans lares, mare, phare, tiare; il est bref dans les dérivés barrique, barricade, barricader. (Hennebert.)

Arêt.—Ne dites pas: j'ai manqué d'avaler une arêt (de poisson); dites une arête.

Argot, s. m.—Ne confondez pas argot avec ergot: argot est le jargon des filous qui n'est intelligible qu'entre eux; ergot est cette corne molle que les chevaux porte entre les jambes; ergot signifie encore une sorte de petit ongle pointu qui se trouve aux pieds de certains animaux: les ergots d'un coq.—Ne dites pas: cet homme est bien argoté, mais, cet homme est intelligent, instruit, rusé, entend bien ses intérêts, selon le sens.

Argus, s. m., espion domestique; prononcez arguce.—Voyez s finale.

Arlequin.—Ne dites pas harlequin. (h aspirée.)

Armes, s. f. pl.—Ne dites pas: la garnison est sur les armes; dites la garnison est sous les armes. (Wall.)

Armistice, s. m.: voyez amnistie.

Armoire est du féminin: une belle et grande armoire: les wallons font souvent ce mot du masculin.

Arrérages, s. m. pl., revenus arriérés; écrivez et prononcez arrérages et non arriérages.

Arrhes, s. f. pl., argent donné pour assurer l'exécution d'un marché verbal; le mot errhes pour arrhes n'est pas français. Voyez rh.

Arrière, interj.—Écrivez et prononcez arrière et non errière.

En arrière de.—C'est une faute de dire: Ne faites pas en arrière de lui, ce que vous n'oseriez faire devant lui; dites: ne faites pas hors de sa présence ce que... Mais on peut dire: il me loue en ma présence et me déchire en arrière. (Acad.)

2. Ne dites pas: mettez-vous arrière de moi; dites: éloignez-vous, retirez-vous de moi.

3. Ne dites pas: ils sont retournés en arrière, mais: ils s'en sont retournés, ils ont rebroussé chemin.

Arrondir, Arroser: prononcez, arondir, aroser.

Arsenic, s. m.—Prononcez arsenik. (Acad.) Devant une consonne on ne prononce pas le c: l'arseni se volatilise au feu.

Artillerie, Artilleur: mouillez les ll.

Artiste, s. m. et f.—Ce mot s'emploie abusivement aujourd'hui comme synonyme de acteur, actrice; ce ténor est un grand acteur et non un grand artiste. Voyez t.

As final.—L'a est long dans les mots terminés en as au singulier: amas, bas, cas, compas, coutelas, damas, échalas, frimas, gras, lilas, ramas, repas, tas, trépas, etc., ainsi que dans leurs dérivés amasser, basse, casser, compasser, grasse, etc. Pour quelques mots de cette classe, l'a s'est fort adouci dans le langage à la mode: ainsi pour ananas, bras, cabas, cadenas, chasselas, cervelas, embarras, fracas, matelas, tracas, taffetas, verglas.—L'a est encore long dans les noms propres Lucas, Thomas, comme dans ceux où l's finale se prononce: Agésilas, Damas, Epaminondas, Stanislas, Vaugelas, etc. (Hennebert.)

As, subst. masculin, carte, poids, monnaie: prononcez âce; les as sont égaux et non égales.

Ascension, s. f., action de monter, fête: prononcez as'sension (prononcez les 2 s dures).

Ase et Aze, à la fin des mots, ont l'a long, pourvu que l'on y retrouve l's douce ou le z: base, case, gaze, évase, écrase, phrase, etc., ainsi que leurs dérivés baser, caser, gazer, etc.; il en est de même des noms propres Anastase, Caucase, Métastase, Pégase, etc.

Asion, Assion, Ation (les trois terminaisons en) sont toujours graves, d'après quelques grammairiens: prononcez persuâsion, pâssion, nâtion, etc. Cette règle, qui comprend un grand nombre de mots (1193), ne souffrirait aucune exception. Elle serait même applicable aux dérivés où ion se change en io; ainsi pâssionné, nâtional, etc.; mais lorsque ion disparaît entièrement, comme dans dominateur, natif, persuadé, etc., l'a redeviendrait doux (bref).—(Hennebert.)

D'un autre côté, de bons grammairiens, et en grand nombre, prétendent que l'a des terminaisons asion, assion, ation est toujours bref. Nous pensons donc que l'une et l'autre prononciation sont bonnes; cependant, comme l'usage, à peu près général en Belgique, paraît être de faire ces sortes d'a brefs, nous admettrions plus volontiers la seconde prononciation, et nous croyons même, qu'à peine de s'exposer à se singulariser, il faut l'adopter, au moins dans notre pays.—Il va sans dire qu'on doit prononcer nettement acion et non achon, achion, etc.; il en est de même des finales en ition, sion, etc.: transition, session.

Asme, Aspe, Asque (terminaisons en): faites sentir l's et l'm: cataplas-me, spas-me, enthousias-me, asth-me (as-me), jas-pe, cas-que, etc., et non cataplasse, spasse, enthousiasse, asse, jasse, casse, ni cataplam-se, enthousiam-se, am-se, ni cataplame, spame, enthousiame, etc. Il en est de même des terminaisons en isme: catéchisme, schisme, barbarisme.

Aspect, s. m.—Prononcez aspek; prononcez de même respect, suspect (respèk, suspek); abject se prononce abjekte. Voyez ct.

Aspergès, s. m., goupillon, prononcez aspergèce.

Aspic, s. m., petit serpent venimeux: prononcez aspik et non aspi. Voyez c final et broc.

Aspiral, pour la spirale ou le ressort spiral est une faute grossière; vous direz donc: la spirale de cette montre est cassée et non l'aspiral.

Aspirer.—On dit aspirer à quelque chose et non après quelque chose; il aspire aux honneurs et non après les honneurs.

Assassiner, Assassin, Assassinat:—prononcez assaciner, assacin, assacinat et non assaziner, assazin, assazinat, ni azaziner, azazin, azazinat.

2. Assassineur, pour assassin, n'est pas français.

Asseoir, v. a.—Indicatif présent: je m'assieds, tu t'assieds, il s'assied, nous nous asseyons, vous vous asseyez, ils s'asseyent; imparf.: je m'asseyais, etc.; fut.: je m'assiérai, etc.; je m'assiérais; assieds-toi, etc.; que je m'asseye, etc.; s'asseyant, etc. L'Académie reconnaît aussi pour bonne la conjugaison suivante: Je m'assois, tu t'assois, il s'assoit, nous nous assoyons, vous vous assoyez, ils s'assoient; je m'assoyais, etc.; je m'assoirai, etc.; je m'assoirais, etc.; assois-toi, assoyons-nous, assoyez-vous; que je m'assoie, etc.; s'assoyant.—Il s'ensuit que l'expression assoyez-vous est très-française.

Assez, doit toujours être placé devant le mot qu'il modifie; ne dites donc pas: j'ai mangé assez, j'ai du papier assez, je suis malheureux assez; dites: j'ai assez mangé, j'ai assez de papier, je suis assez malheureux. (Wall.)

2. Ne dites pas: il a eu assez avec cela; dites: il a eu assez de cela ou il en a eu assez.

3. Ne dites pas: il a été assez sot de se fâcher; dites: pour se fâcher. (Wall.)

4. Assez capable pour n'est pas français; dites capable de. Assez ne va pas bien avec capable, excepté quand cet adjectif n'est suivi de rien et qu'il est employé pour habile, intelligent, etc.: ainsi l'on dit: il est assez capable, c'est-à-dire assez habile.

5. On ne dit pas non plus capable pour, mais capable de; il est capable de tenir tête à trois hommes.

6. Assez suffisant, pour suffisant, est un pléonasme ridicule, ne dites donc pas: ce repas est assez suffisant pour dix personnes; le mot suffisant rend tout à fait l'idée; assez est de trop; dites ce repas est suffisant.

Assiette à soupe, signifie assiette propre à contenir de la soupe; assiette de soupe signifie une assiette qui contient actuellement de la soupe; il en est de même de verre à vin, pot à fleur, etc., et verre de vin, pot de fleur.—Prononcez a-ciette et non achette ni agette.

Assis.—Ne dites pas: soyez assis, mais asseyez-vous ou assoyez-vous; ne dites pas non plus se mettre assis pour s'asseoir.

Assister signifie donner quelques secours, secourir, par exemple, à un mendiant; mais il ne se dit pas dans le sens d'aider quelqu'un à faire quelque chose; vous ne direz donc pas: assistez-moi à porter ce fardeau, mais aidez-moi à...

Assomption, s. f., fête catholique: prononcez le p, assomp'cion et non assom'-cion.

Assujettir, Assujettissement: prononcez as'sujétir, as'sujétissement.

Assurer, v. a.—Assurer une chose à quelqu'un, c'est affirmer, certifier cette chose: il leur assura que le fait était vrai. Vous ne direz donc pas: je les ai assurés que mon père était malade, mais je leur ai assuré...—Assurer quelqu'un d'une chose, c'est engager quelqu'un à regarder cette chose comme certaine, à y croire; assurez-le de mon respect, de mon dévouement; vous pouvez l'assurer que je prendrai en mains ses intérêts.

2. S'assurer, avec les prépos. dans, en, signifie établir sa confiance: il faut s'assurer en Dieu; malheur à celui qui ne s'assure que dans ses richesses. (Acad.)

3. S'assurer de quelqu'un, c'est s'assurer de sa protection, de son suffrage; il signifie aussi arrêter, emprisonner: assurez-vous de cet homme.

4. S'assurer d'une chose, c'est s'en procurer la certitude ou simplement se procurer cette chose, s'en rendre maître.

Astérisque (étoile qui indique un renvoi) est masculin et se prononce astériske et non astérisse: un astérisque indique un renvoi. Voyez t final.

Asthme, s. m., maladie de poitrine, courte haleine: prononcez asme et non amse;—asthmatique, prononcez asmatique. Voyez asme.

At (terminaison en): voyez t final.

Ation (terminaison en): voyez asion.

Atlas, s. m.: prononcez atlâce: le mont Atlas, un atlas de géographie. V. s finale.

Atmosphère est un subst. féminin: atmosphère chargée de vapeurs.

Atome, s. m. (o sans accent circonflexe), corpuscule: prononcez atôme (ô long).

Atteindre, v. a.—Si le complément de ce verbe est un nom de personne, ce complément est toujours direct: atteindre son ennemi; atteindre ceux qui marchent devant; il osait se flatter d'atteindre Racine.—Si c'est un nom de chose, le complément est direct ou indirect, suivant le sens du verbe.—1o Atteindre, signifiant parvenir à un terme dont on était plus ou moins éloigné: nous atteindrons ce village dans la nuit; nous partîmes en même temps, mais j'atteignis le but avant lui; et au figuré: nous atteignons enfin le terme de nos souffrances; atteindre l'âge de raison; atteindre son but, réussir dans ce que l'on s'est proposé.—2o Atteindre, signifiant toucher à une chose assez éloignée pour qu'on ne puisse y arriver sans effort: atteindre au plancher; atteindre au but; et au figuré: atteindre à la perfection; atteindre au sublime.

Atteinte, s. f.—Ne dites pas une atteinte d'apoplexie, mais une attaque d'apoplexie.

Attelée, s. f., n'est pas français; dites un attelage: il lui manque un cheval à son attelage.

Atteler, v. a.—Ne dites pas: il faut atteler le chien; dites il faut attacher... Atteler signifie attacher à une voiture.

Attendre après quelqu'un se dit très-bien. (Acad.)

Attention, s. f.—Dites avoir, faire, prêter attention, et non prendre, donner attention. (Fland.)

Au.—Au a le son de o bref devant la lettre r: j'aurai, tu sauras, il aura, nous saurons, aurore, Aurillac, Centaure, Laure, etc.; prononcez j'orai, tu soras, il ora, nous sorons, orore, Orillac, Centore, Lore. Il n'y a point d'exception à cette règle: vaurien se prononce vôrien, parce que ce mot doit être pris pour une contraction de vaut rien; Beaurevoir, Beauregard, Maurepas, et autres noms propres semblables, n'ont aussi l'au long que pour une raison analogue.—Au a le son de o bref au commencement des mots devant g guttural ou la syllabe to: augmenter, augurer, augural, autographe, autocrate, autorité, autoriser, Auguste, etc.—Il en est de même devant l'articulation composée st: austral, austère, austérité, holocauste, causticité, caustique, Austerlitz, Austrasie, etc.—Enfin il est encore bref, par exception, dans les mots suivants: auberge, aubergiste, audace, audience, aulique, aumône, auspice, autel, authentique, auxiliaire, cauchemar, cauchois, fauteuil, glauber, mauvais, mauviette, naufrage, paupière, rauque, épaulette (mais non épaule); ajoutons les noms propres Sainte-Aulaire, Ausche, Auvergne, Caulaincourt, Paul, Waux-Hall; les dérivés suivent la même prononciation.—Pourceaugnac a aussi l'au bref. (Hennebert.)

Auberge est du féminin: une bonne auberge.

Aucun et Nul se mettent au pluriel: 1o lorsqu'ils sont joints à un nom qui n'a pas de singulier: aucuns frais, nuls frais; 2o lorsque le substantif auquel ils sont joints, a, au pluriel, une signification particulière: on ne lui a rendu aucuns devoirs, c'est-à-dire, on ne lui a fait aucunes funérailles; vous n'avez aucuns soins, nuls soins pour vos parents, c'est-à-dire point d'attentions pour eux; ce domestique ne reçoit aucuns gages, nuls gages, c.-à-d., ce domestique ne gagne aucun salaire, n'a point de gages.—Aucuns, d'aucuns s'emploient dans le style naïf et badin pour quelques-uns: aucuns ou d'aucuns croient que je l'ai fait de propos délibéré. (Acad.)

Augmenter. Ne dites pas: les grains, les vins augmentent tous les jours, pour exprimer qu'ils sont à la hausse; dites: le prix des grains, des vins, augmente, s'élève, etc. Voyez diminuer.

Aujourd'hui.—On peut dire: on a remis l'affaire à aujourd'hui; jusqu'aujourd'hui ou jusqu'à aujourd'hui. (Acad.) Prononcez aujourd'hui et non aujourd'houi ni aujord'hui.

Aumône, s. f. Prononcez ômône (les deux ô longs). Plusieurs grammairiens prononcent omône (le 1er o bref).

Aune, arbre (quelques-uns écrivent aulne), est du masculin; aune, mesure, est du féminin.

Auparavant est adverbe: il ne peut donc avoir de régime comme avant, qui est préposition. Ne dites donc pas: auparavant de partir; je suis arrivé auparavant les autres, mais, avant de partir; je suis arrivé avant les autres. Mais vous direz très-bien: il avait reçu auparavant des lettres de son père; je suis arrivé longtemps auparavant, parce qu'ici il est adverbe.

Auprès de, Au prix de, Près de: voyez prix.

2. Ne dites pas: je demeure auprès de la place St-Lambert; dites ... près de la place St-Lambert.

Auspice, présage, protection, est du masculin; j'ai commencé sous d'heureux auspices: prononcez ospice (o bref).

Aussi... Comme, pour aussi... que: cette maison-ci est pour le moins aussi belle comme la vôtre; dites: aussi belle que la vôtre. (Fland.)

2. Aussi pas.—Vous n'êtes pas riche et moi aussi pas; je ne l'ai pas fait aussi; dites: ni moi non plus; je ne l'ai pas fait non plus. (Fland.)

Aussitôt, adv.: Ne dites pas: il est parti aussitôt vous; je partirai aussitôt la diligence arrivée, votre lettre reçue; dites: il est parti aussitôt que vous; je partirai dès que la diligence sera arrivée, dès que j'aurai reçu votre lettre ou aussitôt après l'arrivée de la diligence, après la réception de votre lettre.

Automne est du masc. et du fém., mais plus souvent du masculin: un automne sec; prononcez otone; mais dans autom-nal, faites sentir l'm.

Autour, prép.: voyez alentour.

Autre.—Rien d'autre est une locution vicieuse; dites: rien autre, rien autre chose, pas autre chose.

2. Monsieur est-il ici?—Oui.—N'y a-t-il personne d'autre? c'est encore une mauvaise locution; dites: n'y a-t-il point d'autre personne, personne autre, nul autre, aucun autre.

3. Ne dites pas non plus: quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre; dites: quelque autre, quelque autre chose; adressez-vous à quelque autre personne ou à quelque autre;—c'est autre chose que j'exige.

4. Ne dites pas: je l'ai trouvé tout autre que je pensais; dites ... que je ne pensais.

5. Nous autres, vous autres. En espagnol, nous et vous sont toujours suivis de autres, même dans la conjugaison: nous autres aimons; vous autres aimez; nous autres parlerons, vous autres parlerez, etc. Il en est à peu près de même en wallon où l'on fait également, surtout dans certains dialectes, un trop fréquent usage de ces expressions. Le génie de la langue française n'autorise l'usage de ces expressions que dans des cas assez rares, et seulement lorsqu'on veut exprimer une opposition à d'autres personnes dont on vient de parler, ou insister particulièrement sur les mots nous, vous: Je m'en vais me promener; vous autres, vous irez étudier; nos professeurs nous ont recommandé de bien étudier; nous autres (les élèves paresseux), nous préférons de nous amuser; les anciens ont cru que le soleil tournait autour de la terre; nous autres, nous croyons que c'est la terre qui tourne autour du soleil.—Les Wallons ne sauraient trop se mettre en garde contre l'usage impropre ou vicieux de ces locutions.

Auxiliaire, s. m., prononcez okcilière, (o bref) et non augziliaire.

2. Plusieurs verbes prennent tantôt avoir et tantôt être, selon qu'ils expriment principalement une action ou principalement un état, en d'autres termes, selon que l'on peut faire les questions: qu'a-t-il fait? ou bien qu'est-il devenu, qu'est-il, où est-il maintenant? Ainsi on dit avec avoir et avec être: sa fortune a augmenté rapidement et sa fortune est augmentée du double;—le prix du pain a encore baissé hier et le prix du pain est baissé;—la fièvre a cessé à minuit et la fièvre est cessée depuis hier;—le vent a changé tout à coup et le vent est changé;—les eaux ont crû rapidement et les eaux sont crues;—ce billet a échu hier et ce billet est échu depuis hier;—sa maladie a beaucoup empiré en peu de temps et sa maladie est bien empirée;—son bail a expiré à la St-Jean et son bail est expiré;—cet enfant a bien grandi en un an et cet enfant est bien grandi;—le baromètre a monté lentement et le baromètre est monté;—il a monté quatre fois à sa chambre pendant la journée et il est monté à sa chambre depuis une heure;—son fusil a parti tout à coup (Acad.) et il est parti pour Paris;—la procession a passé dans notre rue et la procession est passée depuis une heure;—il a sorti mais il vient de rentrer (Acad.) et il est sorti mais il va rentrer;—les poètes disent que Vulcain a tombé du Ciel pendant un jour entier (Acad.) et elle releva son enfant qui était tombé.—Les exemples que nous citons ici de l'Académie, ne sont pas à imiter, attendu qu'ils nous paraissent être de véritables exceptions.—On construit également avec avoir ou être les verbes camper, débarquer, décroître, dégénérer, diminuer, échouer, embellir, enlaidir, grossir, hausser, vieillir, etc.

Avant, Devant.—Avant, se dit du temps: je suis parti avant vous;—devant se dit du lieu, de la situation: placez-vous devant votre condisciple, devant cette porte.

2. Ne dites pas: avant que je parte, j'irai vous voir; dites: avant de partir...

3. Avant que, d'après l'Académie, n'est jamais suivi de la négative: j'irai le voir, avant qu'il parte; sauvons-nous avant que l'orage vienne; et non avant qu'il ne parte, avant que l'orage ne vienne.

4. Ne dites pas: avant que faisiez-vous; dites auparavant, autrefois, avant cette époque, etc.: avant, étant préposition, doit toujours être suivi d'un complément.

Avant de, Avant que de.—On dit avant de ou avant que de: avant de venir, ou avant que de venir, (Acad.); les athlètes se frottaient d'huile, avant que de lutter. (Id.) Ajoutons pourtant que avant de est préférable, et que avant que de nous paraît suranné.

Avant-hier.—Beaucoup de personnes prononcent mal ce mot: l'h d'hier étant muette, on doit faire sonner le t, et prononcer avan-t-hier, et non avan-hier, encore moins avan-z-hier; prononcez de même dès hier, (dè zière); cependant dans la conversation on peut dire avan-hier.

Avec, est une préposition qui demande un régime; c'est donc une faute de dire: Je m'en vais à Liége, venez avec; dites: venez avec moi.—Cependant l'Académie admet dans le langage familier avec sans régime: il prit mon manteau et partit avec.

2. C'est encore à tort que l'on donne à avec le sens de aussi; ne dites donc pas: mon frère a bien réussi dans ses concours et moi avec; dites: et moi aussi. (Wall.)

3. Avec ne peut pas non plus s'employer pour de: ne dites pas: que puis-je faire avec ces livres; dites: de ces livres. (Wall.)

4. Ne dites pas: avec qui parliez-vous? dites: à qui parliez-vous? (Wall.)

5. Ne dites pas: j'ai eu une maladie de cœur, j'ai beaucoup souffert avec; dites: j'en ai beaucoup souffert.

6. Ne dites pas: il est dur avec les pauvres, mais ... envers les pauvres.

7. Ne dites pas: vous vous ferez des ennemis avec vos plaisanteries; mais ... par vos plaisanteries. (Wall.)

8. Ne dites pas: je suis ami avec lui; dites: je suis son ami. (Wall.)

9. Ne dites pas: voilà les compagnons que je suis venu avec; dites ... avec lesquels je suis venu. (Wall.)

10. Ne dites pas: j'ai bien ri avec cet homme, avec cette aventure;—il vit avec le produit de sa ferme;—il est parti avec le premier convoi, avec la diligence;—dites: j'ai bien ri de cet homme, de cette aventure;—il vit du produit de sa ferme;—il est parti par le premier convoi, par la diligence. (Wall.)

11. Ne dites pas: cet élève est entré au séminaire avec une année de philosophie; dites ... après une année. (Wall.)

12. Content avec cela; fâché avec cela; dites: je suis content de cela, fâché de cela, ou bien, j'en suis content, j'en suis fâché.

13. Ne dites pas: il est parti avec une pluie battante; dites ... par une pluie battante.—On dit également: par le temps qui court.

14. Ne dites pas: il va avec ceci comme avec cela; dites: il en est de ceci comme de cela. (Fland.)

15. Ne dites pas: je ne me mêle pas avec cela, dites ... de cela. (Fland.)

16. Ne dites pas: prendre quelqu'un avec le collet; dites ... au collet, par le collet. (Fland.)

17. Avec ce temps-là: ne dites pas: vous serez enrhumé avec ce temps-là; dites ... par ce temps-là. (Fland.)

18. Ne dites pas: j'ai fait acheter ce livre avec le messager; dites ... par le messager. (Fland.)

19. Notez cependant que l'on peut dire indifféremment: déjeuner, dîner, souper d'un poulet ou avec un poulet; de radis ou avec des radis. (Académie, aux mots matin et radis.)

20. Prononcez avek et non avè; avec nous (avèk' nous) et non avè nous.

Aveine, Avoine.—On dit l'un et l'autre; avoine, (prononcez avo-anne), est plus en usage.

Aveuglement, s. m., cécité.—Aveuglément, (avec accent aigu) adverbe, à l'aveugle ou en aveugle: qui agit aveuglément ne peut pas voir; il est frappé d'aveuglement.—Aveuglement, perte de la vue, ne s'emploie plus aujourd'hui au sens propre; on dit cécité: il a été frappé de cécité par la foudre.

Avis, s. m.—Prononcez avi et non avice devant une consonne, et avize devant une voyelle: avis au public.

Avoir.—Il y a. Évitez de le multiplier, au commencement des mots, à la manière des enfants: il y a Pierre qui m'a frappé; il y a Paul qui m'a poussé, etc.; dites simplement: Pierre m'a frappé, Paul m'a poussé.—Prononcez comme c'est écrit et non igna, ignia.

2. Ne dites pas: mes frères veulent avoir que cet événement soit arrivé telle année; dites: mes frères prétendent, soutiennent... (Wall.)

3. Ne dites pas: mon maître en a toujours sur moi ou à moi; dites: mon maître m'en veut, me gronde toujours. (Wall.)

4. Ne dites pas: j'ai eu ce livre à un tel; dites: d'un tel.

5. Avoir bon.—Voyez le mot bon.

6. Avoir, impersonnel, s'emploie mal avec un verbe impersonnel; ne dites pas: il n'y a qu'à pleuvoir, qu'à neiger, etc.; dites: s'il vient à pleuvoir, à neiger. (Wall.)

7. Ne dites pas: quelle heure avons-nous? nous avons trois heures; dites: quelle heure est-il? il est trois heures.—Mais on dira bien: quelle heure avez-vous? pour demander quelle heure il est à votre montre.

8. Ne dites pas: nous avons aujourd'hui le dix; dites: c'est aujourd'hui le dix.

9. Avoir peu de chose à dire chez soi: dites: avoir peu d'autorité, peu de pouvoir. (Wall.)

10. Ne dites pas: je vous redois dix centimes.—Oh! je les aurai bien une autre fois; dites: vous me les donnerez une autre fois.

11. Ne dites pas: l'élève qui n'aura pas eu ses devoirs, sera puni; dites: qui n'aura pas fait, qui n'aura pas apporté ses devoirs.

12. Avoir une chose dans l'œil, pour: voir une chose, est un flandricisme; dites: j'ai l'œil sur lui, là-dessus, je le surveille.

13. Ne dites pas: voilà une jolie montre; combien vous coûte-t-elle?—Je l'ai eue; dites: on m'en a fait cadeau.

14. Pour l'emploi de l'auxiliaire avoir et être, voyez le mot auxiliaire.

15. Avoir de quoi, être riche ou dans l'aisance. (Acad.)

16. Vous en aurez, vous serez châtié, maltraité. (Acad.)

17. Je l'aurai, je saurai bien l'avoir, se dit en parlant d'une personne dont on espère se venger; cette manière de parler vieillit. (Acad.)—Voyez ravoir.

18. Contre qui en a-t-il, en avez-vous? c'est-à-dire, contre qui est-il, êtes-vous fâché, en colère? On dit aussi: à qui en a-t-il? (Acad.)

19. Mais à qui en a-t-il, à qui en avez-vous, en avez-vous à moi, dans le sens de: à qui parlez-vous, etc., sont des barbarismes.

Avoir l'air.—L'adjectif ou le participe qui suit avoir l'air, s'accorde avec air ou avec le sujet de la proposition.—Il s'accorde avec air, si la qualité qu'il exprime peut convenir au mot air: la tuile a l'air plus gai que le chaume; cette fille a l'air hardi; cette femme a l'air hardi; cette femme a l'air méprisant: on peut dire d'un air, d'un extérieur, qu'il est gai, hardi, méprisant.—Mais il s'accorde avec le sujet de la proposition, lorsqu'il exprime une qualité qui ne peut convenir au mot air; on dit: elle a l'air contente; ils ont l'air fâchés; cette viande a l'air d'être fraîche; ces légumes n'ont pas l'air d'être cuits. (Acad.) Parce qu'on ne peut pas dire d'un air qu'il est content, fâché, frais, cuit.

Avre, Avrer ont toujours l'a long: cadavre, navrer.

Avril, 4e mois de l'année: prononcez avrille (l mouillée); prononcez de même baril, péril. Voyez l mouillée.

Ayant, part. prés.—Prononcez, ai-iant et non a-yan: l'y ici représente deux i qu'il faut faire sentir comme dans: royal, moyen, citoyen, etc.

Aye, que j'aye: écrivez avec un i simple: on ne met pas d'y devant un e muet. Voyez ai, aie.

Axiome (o sans accent circonflexe), s. m., vérité, maxime évidente par elle-même; prononcez axiôme (ô long). Voyez o.

B

Table des matières

B.—C'est à tort que les wallons prononcent généralement le b des syllabes en be, comme un p: dites donc: une syllabe, une trombe, il tombe, une bombe, un verbe, un adverbe, la barbe, enjambement; et non: une syllape, une trompe, il tompe, une bompe, un verpe, un adverpe, la barpe, enjampement.

Babil, s. m.—Prononcez babille en mouillant l'l; prononcez de même les mots suivants: babillage, babillard, babillement, babiller. Voyez l mouillée.

Bac, s. m., ne s'emploie pas pour cabaret; dites: cet homme ne fréquente que les cabarets, les tavernes, les cabarets borgnes.

Bacchus: prononcez l's finale. Voyez s.

Bacon de lard, mot wallon; dites, flèche de lard.

Baguer, débaguer, débagage, pour transporter des meubles d'une maison à une autre, ne sont pas français; dites déménager. (Wall.)

Bai, Baie, adj., qui est d'un rouge brun: cheval bai; prononcez bé et non bè.

Baigner: voyez promener.

Baignoire, s. f.; dites une baignoire et non un baignoir.

Baille, n'est pas français; ne dites pas, on fait des bailles quand on a faim; mais, on fait des bâillements, ou on bâille.

2. Ne dites pas, bâiller aux corneilles (regarder bouche béante); dites bayer, et prononcez bè-ïé.

3. Dans bailler, donner, livrer par convention ou par bail, l'a est bref; dans bâiller, ouvrir involontairement la bouche, l'a est long et marqué d'un accent circonflexe.

Bailli, au féminin baillive, de l'ancien masculin baillif; bailleresse est le féminin de bailleur (de fonds).

Baïonnette, s. f.—On écrivait anciennement bayonnette.

Baise.—On ne dit pas, donnez une baise à maman; mais, donnez un baiser à maman, embrassez maman.

Baisser, v. n.—Ne dites pas: les jours baissent déjà en juillet; dites, décroissent, diminuent.

Balance, s. f., machine à peser, s'emploie au singulier: cette balance n'est pas juste et non ces balances.

Balier, Baliure, Balieur, pour balayer, balayure, balayeur, sont des expressions vicieuses; prononcez balai-ier, balai-iure, balai-ieur.

Balziner, pour lambiner, lanterner, muser, est wallon.

Banal, ale, adj., trivial; il fait au plur. masc. banaux: un compliment banal, des fours banaux.

Baptême, s. m.—Le p ne se prononce pas: batême; prononcez de même Baptiste, baptismal, baptistaire, baptistère, baptiser, débaptiser (changer de nom). Voyez p.

Barbarisme, s. m.—Il ne faut pas le confondre avec le solécisme. Il y a plusieurs sortes de barbarisme: ainsi un mot forgé, altéré ou détourné du sens que l'usage lui donne;—un adverbe employé comme une préposition;—des prépositions, des conjonctions ou d'autres mots employés ou omis mal à propos;—un nom employé à un genre ou à un nombre que l'usage lui refuse;—un verbe présenté sous une forme qui n'est pas autorisée par l'usage, par ex.: il soye, il aye, pour il soit, il ait, sont autant de barbarismes. Prononcez barbaris'-me et non barbarisse ni barbarim'se.—Voyez solécisme.

Barbe.—On dit très-bien: faire sa barbe, se faire la barbe, se faire faire la barbe, comme on dit se raser la barbe ou simplement se raser. (Acad.)

Barboter, n'est pas français; dites grommeler, marmoter.

Barette.—Faire barette, expression vicieuse, connue des écoliers; dites, faire l'école buissonnière.

Baril, s. m.: prononcez bari.

Baromètre, s. masculin; dites un baromè-tre et non baromette ni baronette.

Barres, jeu d'écolier, est un substantif féminin qui ne s'emploie qu'au pluriel: jouer aux barres.—On ne prononce qu'une r ainsi que dans barrer, barreau, barrette, barricade, barricader, barrière, barrique.

Barthélemi et non Barthélémi, ni Bartholomi, Bartholomé; on écrit aussi Barthélemy.—Voyez y.

Bartiau.—Ne dites pas: cet élève a fait aujourd'hui le bartiau; dites, ... a fait l'école buissonnière, a manqué l'école: bartiau est un mot wallon du Hainaut.

Bas.—Ne dites pas: j'ai vu cet acteur bas de la scène, mais, je l'ai vu hors de la scène, à la ville.

2. Ne dites pas: il est tombé, il s'est jeté, il a sauté en bas de son cheval, de l'échelle, de l'arbre, etc.; dites, à bas de son cheval.

3. Ne dites pas: descendre en bas, monter en haut; dites simplement descendre, monter. Voyez haut.

4. Ne dites pas: cette maison n'est bonne qu'à mettre bas; dites, qu'à mettre à bas.

5. Ne dites pas: j'ai mis bas ce grand garçon; dites, je l'ai renversé, je l'ai terrassé.

6. Ne dites pas: j'ai tiré l'oiseau bas ou en bas (au tir à l'arc ou à l'arbalète); dites, j'ai abattu l'oiseau.

7. Ne dites pas: tirez la clef bas ou en bas de la serrure; dites, tirez ou ôtez la clef de la serrure.

8. Ne dites pas: le tonneau est bas ou en bas, pour signifier qu'il est vide ou presque vide; dites, le vin, la bière, etc. est bas, pour exprimer que le tonneau est vide; et dites, le vin, la bière, etc. est au bas, pour signifier que le tonneau est presque vide.

Bassin, Bourse.—Le bassin se dit du plat où l'on reçoit les offrandes à la messe, ainsi que du petit vase dont on se sert pour aller à la quête à l'église.—La bourse sert également pour la quête et se dit d'un petit sac attaché au bout d'un manche.

Bât, s. m., selle de bêtes de somme; prononcez bâ (â long);—mais l'a est bref dans il bat, 3e pers. du prés. de l'ind. du v. battre.

Bateau, Tableau: prononcez batô, tablô (a bref) et non bâtô, tâblô.

Bâtisse, s. f., construction d'un bâtiment quant à la maçonnerie; prononcez bâtisse (â long) et non batisse ni batize; prononcez de même bâtir, bâtiment, bâton (â long).

Batiste, s. f., toile de lin très-fine; Baptiste, nom propre: prononcez batis-te et non batisse.

Bâtonnade, n'est pas français; dites bastonnade.

Battante, dans le sens de volet, n'est pas français: fermez les volets et non les battantes.

Beau, belle, adj.—Ne dites pas: c'était beau pour voir; dites, c'était beau à voir. (Fland.)

Beaucoup, adv.—Ne dites pas: il y avait beaucoup de peuple au sermon: dites, beaucoup de monde.

2. Beaucoup, dans le sens de plusieurs, ne s'emploie seul que quand il est précédé d'un déterminatif; on dit, nous sommes beaucoup, il y en a beaucoup; mais on ne dira point, beaucoup ont pensé, c'est-à-dire, beaucoup de personnes ont pensé; dans ce cas, il doit toujours être suivi de gens, personnes.

3. Beaucoup est précédé de la préposition de quand il est après l'adjectif; ainsi on dit: il est beaucoup plus grand, et il est plus grand de beaucoup.—Prononcez bôcou et non bocou ni bôcoupe; le p se prononce devant une voyelle ou une h muette: on l'a beaucoup admiré.

Beaufays, village à deux lieues de Liége: prononcez Beaufa-ïî et non Beaufai-î, par la raison qu'il faut conserver aux noms propres leur prononciation indigène ou de la localité.

Bécasse, oiseau: prononcez bécace et non bégace.

Béchée, s. f.—Ce mot n'est pas français; il faut dire, becquée ou béquée: cet oiseau donne la becquée à ses petits; on dit de même becqueter ou béqueter.

Béelzébut, Belzébut, Belzébuth, le diable: prononcez Belzébute.

Bègue.—Ne dites pas: cet enfant bègue, mais cet enfant bégaye; bègue, est subst. et adj.

Belge: prononcez Bel-ge et non Bel-che.

Ben pour bien; ne dites pas: ce jardin est ben joli; mais, bien joli.

Bénir, v. a.—Bénir a deux participes passés: bénit, bénite et béni, bénie. Le premier se dit de certaines choses sur lesquelles la bénédiction du prêtre a été donnée avec les cérémonies prescrites: pain bénit, eau bénite, maison bénite, crucifix bénit, image, médaille bénite; les drapeaux ont été bénits.—Le second participe a toutes les autres significations de son verbe, et s'emploie surtout en parlant des personnes: un peuple béni de Dieu; l'Ange dit à la Sainte-Vierge: vous êtes bénie entre toutes les femmes (Acad.); toutes les nations de la terre ont été bénies en Jésus-Christ (comblées de biens, de bénédictions par J.-C.)

Berce, pour berceau, n'est pas français.

Berlue, s. f., éblouissement passager; prononcez berlû et non berlu-we.

2. Ne dites pas: cet homme a la brelue, mais la berlue.

Bernique, est français: je croyais le trouver chez lui, mais bernique!

Berriques est un mot wallon qu'il faut traduire par besicles ou lunettes.

Besoin.—Prononcez bezo-in et non bezo-an.

2. Ne dites pas: je n'ai rien besoin, je l'ai besoin; dites, je n'ai besoin de rien, j'en ai besoin. (Fland.)

3. Ne dites pas: voulez-vous que je vous aide?—Ce n'est pas besoin; dites, c'est inutile, ce n'est pas nécessaire. (Fland.)

4. Ne dites pas non plus: je n'en ai pas de besoin; dites, je n'en ai pas besoin.

Beurre, s. m.—On dit une motte de beurre (et non tartine), pour signifier un morceau de beurre arrangé en forme de petit pain.

Beurré, s. m., sorte de poire fondante: beurré blanc.

2. Beurrée, s. f., tranche de pain recouverte de beurre; on dit aussi tartine.

Bey, gouverneur turc: prononcez bè.

Bibliophile, Bibliomane.—Le bibliomane est celui qui a la passion, la fureur de posséder des livres, non pas tant pour s'instruire que pour en repaître sa vue et se féliciter de les avoir. La bibliomanie est l'excès ou l'aberration de la bibliophilie.—Le bibliophile est celui qui aime sagement et honorablement les livres, qui a du goût pour les bons ouvrages et qui sait les discerner d'avec les mauvais. Les qualités du bibliophile et du bibliographe se confondent; mais quelquefois les bibliophiles les plus instruits et les plus raisonnables tombent dans la bibliomanie.

Bien, s. et adv.—Voyez le mot rien pour la prononciation de bien.

Bienfaisance, Bienfaisant.—Prononcez, mais n'écrivez pas, bienfesance, bienfesant.

Biez, s. m.—Ce mot ne se dit que du canal d'un moulin; dans toute autre acception il faut se servir du mot canal.

Bijoutière.—C'est à tort qu'on désigne sous ce nom une modiste ou monteuse de modes.

Bileux, n'est pas français, dites, bilieux: cet homme est d'un tempérament bilieux.

Bille, s. f. (ll mouillées), boule d'ivoire pour jouer au billard.—Petites boules de pierre ou de marbre qui servent à des jeux d'enfants; on dit quelquefois aussi gobille (Bescherelle). Voyez chique.

Billet, s. m.—Billet de faire part ou simplement billet de part, billet, lettre, ordinairement imprimée, par laquelle on annonce un mariage, une naissance, un décès, qui intéresse celui qui écrit; prononcez billet, ll mouillées. Voyez mortuaire.

Bis, bise, adj., brun; prononcez bi: du pain bis.

2. Bis, interj., encore une fois; prononcez bice.

Bisbille, s. f. (ll mouillées), querelle sur des riens; ne dites pas bisbisse.

Biser, dans le sens de faire de la bise, n'est pas français; dites donc il fait de la bise, nous avons vent du Nord et non il bise.

Bisquer, v. n., pester, être de mauvaise humeur, être vexé; ce mot figure dans les dictionnaires, mais il est populaire.

Bissextile, adj.: prononcez bis-sex-tile et non bizextile, bizectile, bisek.

Bivac ou Bivouac, s. m., garde en plein air; prononcez bivaque; il en est de même de bivaquer, bivouaquer.

Blague, s. f., est un petit sachet où les fumeurs mettent le tabac.

Blaguer, Blagueur, Blague, sont des expressions triviales et populaires; remplacez-les par hâbler, hâbleur, hâblerie.

Blamer, dans le sens de flamber, jeter de la flamme, n'est pas français; c'est un mot wallon.

Blanc.—Ce mot n'est jamais synonyme de pâle; ne dites donc pas d'un convalescent qu'il est encore bien blanc, qu'il est blanc-mort; dites, qu'il est encore bien pâle, qu'il est pâle comme un mort. (Wall.)

2. Ne dites pas non plus: il est blanc comme un lait, comme un satin; dites, il est blanc comme lait, comme du lait, comme le lait; comme satin, comme du satin, comme le satin.

Blanchisserie ou Blancherie (et non blanchierie), le lieu où l'on blanchit la toile ou la cire.

Blette, adj. sans masculin: poire blette, poire molle qui n'est pas encore gâtée.

Bloc, s. m.—On prononce le c final, quand le mot est isolé ou à la fin d'une phrase ou lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une voyelle ou une h muette: acheter toutes les marchandises en bloc (bloque), un bloc (blo) de marbre. Voyez c.

Blocus, s. m., action de cerner une place; prononcez blocuce. Voyez s finale.

Blouser, v. act., tromper; se blouser, se tromper: ces termes sont populaires et familiers.

Bluet, s. m., (on écrit plus rarement bleuet), espèce de fleur bleue qui croît dans les blés; on l'appelle aussi barbeau: prononcez bluè, bleuè et non blu-wet, etc.

Boa, s. m., grand serpent; prononcez bo-a en deux syllabes.

Bœuf, s. m., quadrupède ruminant; prononcez beu-fe; on prononce au pluriel beû, ainsi que bœuf gras (beû gras), bœuf salé (beû salé); dans nerf-de-bœuf on ne prononce l'f que dans bœuf; il en est de même de œuf (eufe) et œufs (eû).

Boire.—On dit, prendre du café, du thé, du chocolat; on dit également prendre et non boire une médecine. Voyez café.

Boîte, s. f., pour ventouse, est wallon; ne dites donc pas: on lui a mis six boîtes à la jambe, mais, six ventouses.

2. Il s'emploie absolument pour tabatière: une belle boîte; prononcez boate et non boète ni boéte.

Bon, adj., avoir bon, est un grossier wallonnisme; ne dites donc pas: on a si bon, pendant l'hiver, auprès du feu; dites, on est si bien, il fait si bon...

2. Ne dites pas: mon camarade a bon de me tourmenter; dites, mon camarade prend plaisir, a du plaisir, s'amuse à...

3. Ne dites pas: comme je ne suis pas assez riche, je ne pourrais pas faire cette énorme dépense, c'est bon pour vous; dites, c'est bon à vous.

4. Pour le bon, pour de bon, expressions usitées chez les enfants, surtout au jeu, sont des wallonnismes et doivent être remplacées par tout de bon ou un équivalent, comme, pour quelque chose; on dit également pour rire ou pour rien dans le sens contraire.

5. Ne dites pas: ce commerçant a bon à vivre; mais, vit bien, vit à l'aise, est dans l'aisance. (Wall.)

6. Tout de bon, sérieusement, est français: jusqu'ici il plaisantait, mais à présent il se fâche tout de bon, et non pour de bon, pour le bon, etc.

7. Bon pour: ne dites pas ce fruit est bon pour manger; mais, à manger; ne dites pas non plus: cette église est belle pour voir; mais, à voir: ce sont là des flandricismes.

8. Ne dites pas: j'ai bon trois sous ou trois sous de bon, pour indiquer que vous avez donné trois sous de trop, et que l'on vous doit trois sous; dites, il me revient trois sous. (Fland.)

9. Ne dites pas: le dites-vous en bon? dites, le dites-vous sérieusement? (Fland.)

10. On dit: il est bon de faire, de dire et il fait bon faire, dire: il est bon de savoir modérer ses désirs; il fait bon marcher, se promener, étudier, etc.

Bonheur, s. m.—Il n'a point de pluriel à moins qu'on ne l'emploie comme synonyme d'événement heureux: il lui est arrivé plusieurs bonheurs en un jour. (Acad.)

Bonhommes.—Ne dites pas: M. est un marchand de bonhommes; dites, M. est un marchand de jouets, un bimbelotier.

Boni, s. m., t. de finances; au pluriel bonis.

Bonne d'enfant.—Ne dites pas garde-d'enfant ni garde-enfant.

Bonnet, s. m., vêtement de tête: bonnette est wallon.

Bonté, s. f.—Ayez la bonté de vous asseoir, est une formule comique de politesse; dites, asseyez-vous, je vous prie.

Bordeaux, n. pr. de ville: écrivez et prononcez Bordeaux et non Bourdeaux.

Borgne, adj. et s., fait au féminin borgne; borgnesse est un terme bas et injurieux qui se dit d'une femme ou d'une fille borgne; borgnette n'est pas français.

Bosseler.—Ne dites pas: j'ai bosselé ma lampe en la laissant tomber; dites, j'ai bossué... Bossuer signifie faire des bosses à un métal; bosseler signifie travailler en bosse.

Bouc, s. m.: prononcez bouque.

Boucan, s. m., tapage, vacarme; ce mot est français.

Bouche.—Ne dites pas: je le lui dirai de bouche; mais, de vive voix, ou en face, sans détours, nettement.

2. Ne dites pas: il a toujours la pipe en bouche; dites, à la bouche. Voyez main.

3. D'après les exemples que donne l'Académie, on peut dire la bouche ou la gueule d'un barbeau, etc. En parlant des bêtes de somme et de trait, on dit la bouche d'un âne, d'un bœuf, d'un chameau, d'un cheval, d'un éléphant; on dit aussi la bouche d'une carpe, d'une grenouille, d'un saumon; le mot gueule s'applique particulièrement aux animaux carnassiers. Voyez gueule.

Bouchon, s. m.—Ne dites pas, un bouchon de cheminée; mais, un devant de cheminée.

Boucle, s. f.: prononcez et écrivez bou-cle et non bou-que, blou-que ni boukèle.

Bouger.—Ce verbe est neutre et ne peut avoir de régime; ne dites donc pas: il se bouge; mais, il bouge;—ne vous bougez pas de là; mais, ne bougez point de là;—bougez-vous; mais, ôtez-vous, retirez-vous, faites place;—vous bougez tout; mais, vous touchez à tout, vous dérangez tout.—Ainsi bouger quelque chose et se bouger sont des barbarismes.

Bouilleau pour bouleau.—Ne dites pas un balai de bouilleau, mais, de bouleau.

Boulancer.—Ne dites pas: il m'a boulancé, pour il m'a rudoyé, bousculé. (Wall.)

Boulet, s. m.—Ne dites pas, un boulet de neige, mais une boule, une pelote de neige; se battre à coup de pelotes de neige. Voyez briquette.

Boulette, dans le sens de balourdise, bévue, étourderie, est français, mais il est familier. Voyez hochet.

Boulevard, s. m.—Autrefois on écrivait boulevart.

Bouli et Boulie.—Écrivez et prononcez bouilli et bouillie, en mouillant les ll.

Bouloire, s. f., vaisseau de métal pour faire bouillir l'eau; écrivez et prononcez bouilloire.

Bouquette, mot wallon, en français crêpe, s. f., sorte de petite omelette faite avec de la farine de sarrazin: à Liége, on mange des crêpes à Noël; et non, des bouquettes; j'ai acheté de la farine de sarrazin; et non, de la farine de bouquette.

2. Ne dites pas: jeu de bouquette, mais, jeu d'osselets: jouer aux osselets.

Bourg, s. m., gros village: prononcez bour-ke. Cependant on ne fait pas entendre le g de bourg à la fin des mots: Limbourg, Cobourg, faubourg, que l'on prononce Limbour, Cobour, faubour.

Bourgmestre, s. m.—On prononce bourgue-mestre (Acad.), et non bourkmaître, bourkmaîse, bourgue-maître, bourguemaisse.

Bourse, s. f.—Ne dites pas: je suis allé en bourse; dites, à la bourse. Voyez bassin.

Bouteille (ll mouillées, et non boutèle).—Ne dites pas: le médecin m'a prescrit cette bouteille; mais, cette médecine, cette drogue, cette potion.

Boutique, s. f.—Ne dites pas: mon père fait boutique; dites, tient boutique, a un magasin, fait commerce. (Wall.)

2. Ne dites pas: mon domestique soigne les chevaux et fait en même temps à la boutique; dites, et sert à la boutique, s'occupe de la boutique. (Wall.)

3. Ne dites pas non plus: ce négociant fait dans les draps, dans les épiceries; dites, vend les draps, les épiceries, fait le commerce de draps, etc. (Wall.)

Bouton, s. m.—Le bouton d'une serrure, d'un verrou, est la partie saillante et arrondie à l'aide de laquelle on pousse et on tire le pêne d'une serrure ou un verrou; on dit dans un sens analogue, le bouton d'un tiroir, d'un couvercle, etc. (Acad.) Le bouton d'une porte est la pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement de forme ronde ou ovale, et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: tournez le bouton. (Acad.)

Boyard ou Boïard, seigneur russe; prononcez bo-ï-ard.

Brader, n'est pas français; rendez ce mot par, perdre, prodiguer, gâcher, vendre à trop bas prix, selon le sens: il vend sa marchandise à trop bas prix, il la gâche.

Brahme, Brahmane, Brahmanisme, Brahmanique; prononcez brâ-me, brâ-mane, etc., sans faire sentir l'h.

Braire, v. n., ne se dit que du cri peu harmonieux de l'âne; c'est donc à tort que les wallons le disent des personnes.

Bras, s. m.—Ne dites pas: elle tenait son enfant dans les bras; dites, dans ses bras.

Brâs ou Brai, pour signifier l'orge préparée pour faire de la bière, n'est pas français; dites, malt: en Angleterre, l'impôt sur le malt est considérable. (Acad.) La drèche est le marc (le résidu) de l'orge qui a été ainsi employée.

Brasse.—Ne dites pas: il m'a pris à brasse-corps et m'a renversé; dites, à bras-le-corps.

Brasserie, s. f., lieu où l'on fait la bière; ne dites pas brassine.

Brave, adj.—Un homme brave, est un homme qui a de la bravoure, du courage; un brave homme est un homme honnête, bon, obligeant; il est familier dans ce dernier cas.

2.—Brave, subst., se dit uniquement d'un homme qui a de la bravoure; vous ne direz donc pas à un écolier: faites vos devoirs comme un brave; dites, comme un sage, comme un bon écolier, ou bien, faites sagement, tranquillement vos devoirs; brave, dans cette acception est tout-à-fait wallon.

Breloque (battre la).—Cette locution vicieuse est fort usitée, surtout dans le Hainaut, pour signifier radoter.

Brevet, s. m., Breveter; prononcez comme c'est écrit et non, brévet, bréveter ni brefeter.

Brichauder, Briscader.—Ces mots ne sont pas français; c'est gaspiller, prodiguer, qu'il faut dire.

Brick, s. m., petit navire armé; prononcez bri-ke; on écrit aussi, mais moins souvent, brig.

Brièveté, s. f.: prononcez briè-ve-té et non brié-fe-té. Voyez v.

Brigadier, s. m.—Prononcez l'a bref et non brigâdier; prononcez de même saladier et les autres mots de la même terminaison.

Brillant, adj.—Un brillant éclat est un pléonasme vicieux, car tout éclat est nécessairement brillant.

Bris, s. m., terme de palais, fracture, rupture; prononcez l's, bri-ce. (Acad.)

Brise-feu, s. m.; ne dites pas un brise-feu; dites un écran.

Broc, s. m., grand vase pour le vin; prononcez brô; le c ne se prononce qu'en poésie et dans la locution de bric et de broc. Voyez c final.

Brosse, pour balai, n'est pas français.

Brosseter, nettoyer avec la brosse, n'est pas français: dites brosser. (Wall.)

Brouet, s. m., bouillon au lait et au sucre; prononcez brou-è (deux syllabes) et non broè ni brou-wet.

Brouette, s. f.; prononcez brou-ette et non brou-wette.

2. Faire brouette, terme du jeu de quilles, ne rien abattre, est une expression wallonne; dites, faire chou blanc.

Broiement ou Broîment, s. m., action de broyer: prononcez broi-ment et non broy-ï-ment.

Brou, s. m., enveloppe verte des noix, des amandes et des fruits à coquille; ce mot ne s'emploie pas au pluriel. Écale signifie la même chose, et se dit en outre: 1o, de certains légumes: écales de pois, écales de fèves; 2o, de la couverture solide de l'œuf, qui porte aussi le nom de coque et de coquille: j'ai brisé l'écale, la coque, la coquille de mon œuf. Mais cale n'est français dans aucune de ces acceptions: cales de noix, est donc une faute grossière; écrivez et prononcez écale et non écaille.—Cale, s. f., se dit d'un morceau de bois, de pierre, etc. qu'on place sous un objet quelconque pour le mettre de niveau ou lui donner de l'assiette.

Brouillamini, s. m., désordre, confusion: embrouillamini n'est pas français.

Brouillard (papier); voyez buvard et tache.

Brouillasser, n'est pas français; dites, il fait, il y a du brouillard, il bruine.

Brouilleur.—Ne dites pas d'un mauvais écrivain, c'est un brouilleur de papier; dites, ... un barbouilleur.

Bru, s. f.—On dit ordinairement belle fille.

Bruit, s. m.—Voyez mener.

Brûler (avec un accent circonflexe), employé impersonnellement, est un flandricisme: on sonne le tocsin, il brûle quelque part; dites, il y a un incendie; ne dites pas non plus: il a brûlé cette nuit; mais, il y a eu un incendie cette nuit.

2. Ne dites pas: mon feu brûle bien, ma lampe brûle bien; dites, mon feu flambe bien, ma lampe éclaire bien.

3. Brûler du café, pour rôtir, griller, torréfier du café, est une expression wallonne et flamande tout à la fois. Brûler du café, signifie: consumer du café par le feu; or ce n'est pas là ce qu'on veut dire quand on emploie cette locution; dites donc griller, rôtir du café et mieux torréfier qui nous paraît le mot propre; torréfaction est l'action de torréfier.

Brûle-bout: voyez profit.

Brut, adj.—On prononce le t: du sucre brut (brute).

Bruxelles, ville capitale de la Belgique; prononcez Brucè-les, d'après le flamand Brussel, et non Bruk-celles; ne dites pas Bruxelaire ni Brusselaire; c'est Bruxellois (Bru-cellois) qu'il faut dire.

Bu, ne s'emploie pas avec l'auxiliaire être en parlant des personnes; ne dites donc pas d'un homme ivre: il est bu, mais il a bu, il est gris, il est ivre, il a une pointe, une petite pointe de vin, de liqueur.

Bûche de bois, est un pléonasme vicieux; dites simplement, bûche, pièce de gros bois de chauffage; on dira pourtant une bûche de bois de hêtre, de bois flotté.

2. On dit tirer à la bûchette, à la courte paille; et non, à la bûche.

Buée, s. f., ancien mot français, aujourd'hui inusité; dites lessive.

Buffleteries, s. f., tout ce qui dans l'équipement militaire, est fait d'une peau préparée à la manière de la peau de buffle; écrivez et prononcez buffleteries, et non buffeteries.

Bure, puits de mines, est du féminin: cette bure est profonde.

Bureau.—Ne dites pas: mon père écrit sur un bureau; mais, dans un bureau.

Busculer, n'est pas français; dites bousculer.

Buse.—Ne dites pas: la buse ou les buses du poêle, mais le tuyau ou les tuyaux du poêle; buse dans ce sens est un mot wallon.

But, s. m., point où l'on vise, terme, fin; le t se prononce lorsque le mot termine la phrase, ou quand il est devant une voyelle ou une h muette.

2. Ne le confondez pas avec butte, s. f., qui signifie un petit tertre, une petite élévation de terre.

3. On ne remplit pas un but, comme on remplit un tonneau; on l'atteint: il a atteint son but.

But-à-but, loc. adv., également, sans aucun avantage de part ni d'autre; on l'emploie surtout au jeu: jouer but-à-but, être but-à-but.

Buvable, adj., est français, mais il est familier; on dit plutôt potable.

Buvard.—Papier buvard n'est pas français; dites, papier brouillard, pour signifier le papier dont on se sert pour faire sécher l'écriture fraîche.

2. Le buvard, s. m., est une sorte d'album où toutes les feuilles sont de papier brouillard, et dont on se sert pour faire sécher l'écriture fraîche.

C

Table des matières

C final.—Il ne se fait sentir qu'après une voyelle non nasale ou une consonne: arsenic (quelques-uns prononcent arseni contrairement à l'Académie), bac, hamac, lac, bec, pic, roc, bouc, caoutchouc, duc, busc, etc.; excepté pourtant dans arc-boutant, arc-bouter, arc-doubleau, broc, (voyez ce mot), accroc, raccroc, escroc, estomac, tabac, lacs (filets), cric, échecs (jeu), porc (on prononce ordinairement le c quand il est à la fin de la phrase et devant une voyelle), marc (poids), Saint-Marc, employé comme déterminatif, tels que la place Saint-Marc, le lion Saint-Marc; mais dans saint Marc, l'évangéliste, Marc, nom d'homme, le c se fait sentir; amict ne fait sentir ni le c ni le t. Dans le discours soutenu, la liaison peut avoir lieu pour les substantifs estomac, instinct, suivis d'un adjectif: estoma-kaffaibli, instin-kadmirable.—Le c se prononce également dans les noms propres Armagnac, Brissac, Balzac, Cavaignac (prononcez Cavagnac), Cognac, Nérac, Ravaillac.

Ça, interjection familière, dont les wallons abusent trop souvent dans les locutions suivantes: oui, ça! non, ça; régulièrement il faut la supprimer.

2. Il fera ça ou cela mieux une autre fois, est une locution wallonne; dites, il fera d'autant mieux... ou en revanche, il fera mieux. (Wall.)

3. Les flamands doivent éviter de commencer leurs phrases par le mot ça: ça est vrai, ça est bon, ça je dis, ça j'ai répondu, ça je ne sais pas; ils doivent dire simplement, c'est vrai, c'est bon, je dis cela, j'ai répondu cela, je ne le sais pas, à moins qu'on ne veuille insister particulièrement ou établir une sorte d'opposition: ceci est faux, cela est vrai; ceci est mauvais, cela est bon; quant aux expressions ça ou cela je dis, etc., cette inversion n'est jamais permise en français; il faut alors recourir à une autre tournure, par ex.: voici ce que dis, voilà ce que j'ai répondu.

4. Il est comme ça, c'est son caractère, est une expression française.

Cabaret, s. m.: faites le premier a bref.

Cabas, s. m., petit panier; l's ne se prononce pas.

2. Aller à cabasse, est une locution wallonne; dites, aller bras dessus, bras dessous.

Cabeliaud, n'est pas français; dites cabillaud (ll mouill.)

Cabus, adj. m., sans féminin, pommé; il ne se dit qu'avec le mot chou: des choux cabus; on ne prononce pas l's.—Cabusette n'est pas français; dites laitue pommée.

Cacao, s. m., amande du cacaoyer, base du chocolat; prononcez caca-o.

Cachément, Cachettement: ces mots ne sont pas français; dites en cachette, secrètement, en secret.

Cacis ou Cassis, s. m., arbuste, liqueur; prononcez câci-ce.

Cacophonie, s. f., son ou accord désagréable; ne dites pas cacaphonie.

Cadastre, s. m.; prononcez cadas-tre et non cadasse ni ca-das-tère.

Cadavre, s. m., corps mort; prononcez cada-vre et non cada-fe ni cada-vère: cadavre inanimé est un pléonasme ridicule.

Cadeau, s. m.—Ne dites pas: j'ai reçu ce livre en cadeau; dites, on m'a fait cadeau de ce livre.

Cadenas, s. m., serrure mobile; ne dites pas loquet pour cadenas; le loquet en effet est une fermeture très-simple que l'on met aux portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant; il correspond assez bien au mot wallon cliche, clichette.

2. Ne confondez pas non plus le loquet ou le cadenas avec la targette, qui est une petite plaque de métal, portant un verrou plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les fermer.—Prononcez ca-d'-na et non ca-ne-na.

Cadre, s. m.—Ne dites pas: j'ai acheté de beaux cadres, pour de beaux tableaux: un cadre n'est que la bordure du tableau, de l'estampe. Voyez quadre.

Café, s. m.; prononcez café et non cafet.

2. On ne dit pas, boire le café, mais prendre le café: boire ne se dit que des liqueurs faites pour servir de boisson, pour désaltérer, comme l'eau, le vin, la bière, etc. Voyez boire.

Cafouiller ou Fafouiller, pour Farfouiller, sont des barbarismes: farfouiller signifie fouiller dans quelque chose avec désordre.

Cahier, s. m.; prononcez ca-ié, (h muette) et non ca-iet ni ca-hier, en aspirant l'h.

Cahotement, s. m.—Ce mot n'est pas français; dites cahot, pour exprimer les sauts que fait une voiture sur un chemin raboteux; et cahotage, pour marquer l'effet, le mouvement que produisent les cahots.

Cahotte, s. f., mot wallon, morceau de papier roulé en pointe de manière à pouvoir contenir quelque chose, se traduit en français par sac, sachet, cornet et rouleau qu'il ne faut pas confondre; on dit: un cornet de tabac, de café; un rouleau de pièces de cinq francs.

Caillé, part.; dites, du lait caillé et une dent cariée.

Caisse, s. f.—Ne dites pas, une caisse de montre; dites, une boîte de montre.

Câlin, adj. (l'a est long).—Ce mot signifie flatteur, cajoleur: un petit câlin, cet homme a l'air câlin; prendre un ton câlin; mais il ne faut pas l'employer dans le sens de méchant ou de saligaud, salaud, crapuleux. (Wall.)

Caleçon, s. m., sorte de culotte; ne dites pas, caneçon.

Calendrier républicain.—Pendant la révolution française, la Convention voulant faire commencer l'année au jour où la république avait été proclamée, abolit l'ère vulgaire, et data l'ère républicaine du 22 septembre 1792, le jour même de l'équinoxe d'automne. Les mois, au nombre de douze, se composaient uniformément de 30 jours, et étaient rangés dans l'ordre suivant: vendémiaire, brumaire, frimaire,—nivôse, pluviôse, ventôse,—germinal, floréal, prairial,—messidor, thermidor et fructidor. L'année était complétée par des jours épagomènes au nombre de 5, et de 6 dans les années sextiles. Au lieu de la division du mois en semaines, on adoptait une division en 3 décades, dont les jours s'appelaient primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi. Le jour était divisé en 10 parties ou heures. Les noms des saints et des fêtes du calendrier grégorien étaient remplacés par une série de noms de plantes, de métaux, d'animaux, d'instruments aratoires. Exemple: vendémiaire, primidi, raisin; duodi, safran, etc. Le 1er des jours complémentaires fut consacré à la vertu, le 2e au génie, le 3e au travail, le 4e à l'opinion; le 5e était la fête des récompenses; le 6e, dans les années sextiles, la fête de la révolution. La période de 4 ans, au bout de laquelle avait lieu cette addition du 6e jour, formait une franciade.—Le Calendrier républicain avait été imaginé par Romme. La signification de ces mois n'était vraie que pour le climat de Paris. Il a duré moins de 14 ans; sa 14e année, commencée le 23 septembre 1805, finit le 31 décembre suivant: sur un rapport de Laplace au Sénat, un sénatus-consulte du 21 fructidor an XIII rétablit le calendrier grégorien à compter du 1er janvier 1806.

(Dictionnaire de Dezobry et Bachelet).

Calotte, gifle, pétard, coup donné sur la tête ou au visage avec la main; remplacez ces mots par taloche, claque, soufflet: gifle et calotte pourtant figurent dans les dictionnaires, mais ils sont populaires.

Calque, s., est masculin: un beau calque.

Calquer, Décalquer, v. n.—Calquer, c'est transporter les traits d'un dessin sur un papier: calquer un dessin, un plan.—Décalquer, c'est reporter le calque d'un dessin sur du papier, sur une toile, sur une planche, etc.

Calville (pomme).—Dites pomme calville ou pomme de calville et non calvine ni calvi.

Camail, s., vêtement ecclésiastique, et des chanoines ainsi que des évêques en particulier; ce mot est masculin; le pluriel est camails.

Cambouis, s. m., graisse noire formée du vieux oing, dont on a enduit les roues; écrivez et prononcez cambouis et non cambuis.

Campagne.—Être à la campagne, c'est être en promenade à la campagne ou être dans une maison de campagne, pour y passer quelque temps; être en campagne, c'est être en mouvement, hors de chez soi, qu'on voyage pour son plaisir ou pour ses affaires: quand il est à la campagne, il met tous ses gens en campagne, pour lui procurer des vivres. Ces observations s'appliquent également aux locutions: aller à la campagne et aller en campagne.

Canaille, s. f.—Ne dites pas: cette personne est une canaille; ce commissaire est une canaille qui mérite la potence. Ce mot n'est pas français dans ce sens; remplacez-le selon le sens par: un gueux, coquin, fripon; un bandit, malfaiteur, vagabond; un drôle, un maraud, un gredin, un pied-plat, un infâme, un chenapan.—Canaille est un terme de mépris qui se dit de la plus vile populace: il fut insulté par la canaille.—Il se dit aussi des gens de toute condition pour lesquels on veut témoigner du mépris: il nous traite de canaille.—Il se dit quelquefois, par plaisanterie, des petits enfants qui font du bruit, qui importunent: faites taire cette petite canaille.

Cangrène: voyez gangrène.

Caout-chouc, s. m., résine élastique; prononcez caoute-chouke.

Capable, adj.—On dit: cet homme est capable de bien se battre, et non, à, pour se battre; capable n'est jamais suivi des prépositions à ou pour.—Voyez susceptible et assez.

Capillaire, capillarité, capillation, capillature: prononcez les deux ll sans les mouiller.

Capitaine: prononcez comme c'est écrit, capitaine et non captaine.

Capot, adj., 1o confus, interdit; 2o terme de jeu, qui n'a fait aucune levée; cet adjectif est des deux genres et des deux nombres; ne dites donc pas d'une femme: elle est demeurée capote; mais capot.—Prononcez capo (o bref).

2. N'employez pas capot dans le sens de frit, fricassé, cassé, brisé, perdu: cet homme est frit; cet argent est fricassé; tout est frit; ce vase est cassé; cette canne est brisée; cet homme est perdu (et non capot ni capote). (Fland.)

Capote, ne se dit proprement que d'une espèce de redingote à l'usage des soldats; dans tout autre cas, servez-vous des mots redingote, frac (s. m. un frac).

Caprice, est masculin: un caprice bizarre.

Capuce, s. m.; ne dites pas: il rabattit sa capuche sur son visage; dites, son capuce, ou bien, son capuchon, (couverture de tête qui fait partie de l'habillement de certains religieux.)—Capuche n'est pas français.

Car en effet, pléon. vicieux; dites seulement, car ou bien en effet; ces deux locutions signifient la même chose.

Caracole, est un mot wallon; dites limaçon ou colimaçon.

Caramel, bonbon, est un s. m.: aimez-vous le caramel? le caramel est bon pour le rhume; mettre du caramel dans une sauce. (Acad.) Quoique l'Académie ne donne pas d'exemple de ce mot employé au pluriel, nous croyons pourtant qu'on peut dire des caramels, pour désigner les petits bonbons sucrés, de forme carrée ou oblongue, renfermés dans du papier: cet enfant aime mieux les caramels que les dragées.

Carbonaro, s. m., au pl., carbonari, nom des membres d'une société secrète d'Italie; ce mot signifie proprement charbonnier.

Caresse, s. f.—Ne dites pas: donner des caresses; dites, faire des caresses.

Carolus, s. m., ancienne monnaie: prononcez caroluce et non carluce.

Carotte, s. f.—Tirer une carotte à quelqu'un, c'est-à-dire, obtenir adroitement d'une personne ce qu'elle n'avait nulle envie de donner, est une locution basse et populaire.

Carpette, mot anglais qui n'est pas francisé; dites, tapis de pied, comme on dit, tapis de table, tapis de billard: carpette se dit en français d'un gros drap rayé pour emballage.

Carré, ne peut pas s'employer pour quadrille (sorte de danse).—Carré ne se dit pas non plus pour palier: nous logeons sur le même palier et non, sur le même carré.

Carreau, s. m.—On doit dire un carré de papier ou un quart de feuille, et non un carreau de papier: écrire une note sur un carré de papier; mais on dit, un carreau de vitre ou simplement un carreau.

Carrosse, voiture suspendue, est masculin: un beau carrosse.—Ne dites pas: il roule carrosse, il roule en carrosse; dites, il a un carrosse, il a un équipage.

Carrousel, s. m., tournois: prononcez carou-zèle et non caroucèle.

Cartabelle, s. f., le petit livre qui indique la manière de réciter l'office, se nomme, en français, un directoire; cartabelle ne figure pas dans les dictionnaires, mais il est usité en Belgique.

Carte, s. f.—Ne dites pas une carte de mort, mais un billet de part, un billet d'enterrement.

2. Ne dites pas: ce professeur donne des leçons à un franc la carte; dites, à un franc le cachet.

Carter, dans le sens de mêler ou de faire les cartes, n'est pas français; écarter (et non carter) est un terme du jeu de piquet.

Cas.—En cas que, au cas que, se disent indifféremment et sont des locutions conjonctives qui régissent le subjonctif.

2. On dit en cas d'empêchement, en cas de malheur; et non, au cas d'empêchement, etc.

3. Cas (faire): on dit, faire cas, faire grand cas, ou ne faire nul cas de quelqu'un ou de quelque chose; on ne dit pas, faire du cas, faire un grand cas de...; toutefois, on dit très-bien: j'en fais beaucoup de cas.

Casaque, habillement dont on se sert comme d'un manteau, et qui a ordinairement les manches fort larges: ce mot est féminin.

Casemate, s. f., souterrain voûté d'une citadelle: prononcez cazemate et non cacemate ni casemaque.

Casino, s. m., société de jeu, de danse: prononcez cazino et non cacino.

Cassonade, s. f., sucre non raffiné: prononcez cassona-de et non cassona-te ni castonnade.

Casuel (accidentel), ne doit pas s'employer pour cassant, fragile; il faut dire: la porcelaine est cassante, fragile, et non casuelle.

Cataplasme, est masculin: appliquer un cataplasme; prononcez cataplas-me et non catapla-me. Voyez asme.

Catéchisme, s. m.: prononcez catéchis-me et non catéchime, catéchisse, catéchim-se, catégisme.

Catherine, n. pr.: écrivez et prononcez Catherine et non Cathérine.

Cause (à).—A cause que, signifiant parce que, est français, quoi qu'en disent MM. Chapsal et Poitevin; au mot par, l'Académie dit: parce que, à cause que; et au mot cause, elle dit: à cause que, parce que.

2. Ne dites pas: c'est cause de vous que j'ai perdu mon livre; dites, c'est à cause de vous.

3. Ne dites pas non plus: je suis tombé, c'est vous la cause; mais, c'est à cause de vous ou c'est vous qui en êtes la cause.

Causer, dans le sens de parler; ne dites pas: je lui ai causé longtemps; mais, j'ai causé longtemps avec lui; j'ai causé avec lui de cette affaire (et non je lui ai causé de cette affaire).

2. Ne dites pas: nous nous causerons une autre fois; dites, nous causerons...—Se causer n'est pas français.

Causette, n'est pas français; dites causerie ou conversation, selon le sens.

Causeur, fait au féminin causeuse et non causeresse.

Cave, Esclave, Rave, etc.: prononcez comme c'est écrit, et non ca-fe, escla-fe, ra-fe. Voyez v final.

Ce, Cela.—Ne dites pas: cela ne vient pas à huit jours; dites, huit jours de plus ou de moins n'y font rien ou ne font rien à l'affaire. (Fland.)

2. Ne dites pas: c'est ce que je me plains; mais, c'est ce dont je me plains.

3. Ne dites pas: c'est moi qui a, c'est moi qui est; c'est vous qui a, c'est vous qui est; dites, c'est moi qui ai, c'est moi qui suis; c'est vous qui avez, c'est vous qui êtes; c'est nous qui avons, qui sommes, etc.

4. Ça ou cela voulait bien tomber que telle ou telle chose était arrivée.—Quand on veut parler d'une circonstance favorable, d'un heureux hasard, qui arrive dans un certain temps, on dit en flamand: ça voulait bien tomber que... Cette expression ne peut pas s'employer en français; il faut dire par exemple: c'était une circonstance favorable, un heureux hasard que votre frère aîné fût là pour prendre votre défense. (Fland.)

5. Ne dites pas: cela m'étonne que, cela ne me surprend pas que... dites, je m'étonne que ou je suis étonné que; je ne suis pas surpris que...

6. Cela va sans parler, barbar.; dites, cela va sans dire.

7. Ne dites pas: c'est aujourd'hui quatre mois que Jean est mort; dites, il y a aujourd'hui quatre mois que... (Fland.)

8. Ne dites pas non plus: ça été hier trois ans que...; ce sera demain six semaines que... dites, il y a eu hier trois ans que...; il y aura demain six semaines que... (Fland.)

9. C'est... c'était.—Ne dites pas: c'est bien étonnant que...; c'est temps de dîner; c'était dix heures, quand nous arrivâmes; c'était minuit précis, lorsque les voleurs entrèrent; c'était temps qu'il se corrigeât; mais dites, il est bien étonnant; il est temps; il était dix heures; il était minuit précis; il était temps qu'il se corrigeât. (Fland.)

10. Ne dites pas: c'est beau temps aujourd'hui; dites, il fait beau temps, il fait beau aujourd'hui. (Fland.)

11. Ne dites pas: c'est fini avec moi, avec lui; dites, c'est fait de moi, de lui. (Fland.)

12. Ne dites pas: c'est inconcevable les arbres qu'il y a dans ce jardin; dites, vous ne sauriez croire combien il y a d'arbres... (Fland.)

13. Ne dites pas: c'est certain que les enfants étaient plus soumis autrefois; dites, il est certain...

14. Ne dites pas: c'est midi, c'est six heures; il est temps que je retourne; dites, il est midi, il est six heures... (Fland.)

15. Ne dites pas: saluez ce Monsieur; dites, saluez Monsieur. Ce, devant monsieur, dame, demoiselle ou devant un nom propre, est toujours injurieux. Ne dites pas: celui-ci, celle-ci prétend que (en parlant d'une personne présente) cette chose est; ce terme est impoli et inconvenant; dites, Monsieur, Madame, Jean, Jeanne, prétend que...

16. C'est à vous à, signifie ordinairement, c'est votre tour de: c'est à vous à jouer;—c'est à vous de veut dire, c'est votre droit de: c'est à vous de jouer le premier; ou, c'est votre devoir de: c'est à vous de donner l'exemple.

Céleri, s. m., plante potagère: prononcez cél'ri et non céléri.

Cence, Cencier.—Ces mots ne sont guère usités; on dit plus communément, ferme, fermier.

Cendrisse.—Ce mot n'est pas français; dites: cendres.

Cens, s. m., redevance en argent: prononcez sance.

Censé, ée, réputé, est simplement adjectif: vous êtes censé l'avoir fait; ne le confondez pas avec sensé, qui a du bon sens, qui est conforme à la raison: personne sensée, discours sensé.

2. Censément, n'est pas français; ne dites pas: il est censément docteur; dites, il est censé docteur.

Cent et Vingt, prennent une s quand ils sont précédés d'un autre adjectif numéral qui les multiplie: quatre-vingts enfants; ils sont quatre-vingts; deux cents hommes; ils sont deux cents.—Exceptions: quoique multipliés par un autre adjectif numéral, vingt et cent sont invariables:—1o quand ils sont suivis d'un autre nombre: quatre-vingt-un ans, quatre-vingt-deux ans, deux cent trois ans, etc.; Mathusalem vécut neuf cent soixante-neuf ans.—2o Quand ils sont employés par abréviation pour vingtième, centième, parce qu'alors ils déterminent un substantif singulier exprimé ou sous-entendu: numéro quatre-vingt, page deux cent, l'an trois cent, en dix-sept cent, l'an mil huit cent, l'an mil huit cent cinquante-neuf, c'est-à-dire, numéro quatre-vingtième, page deux centième, l'an mil huit centième, etc.—Cent, employé pour centaine, devient substantif et prend la marque du pluriel: deux cents de fagots.

Centaure.—Ne dites pas: ce musicien a une voix de centaure; dites, une voix de stentor.—Centaure est un monstre fabuleux, tandis que Stentor est le nom d'un grec célèbre par la force de sa voix.

Centime, Décime, sont masculins comme les termes du système décimal: un centime, un décime (dix centimes).—Cents est aussi masculin: un cents; mais ce mot ne peut plus s'employer aujourd'hui, en Belgique, que pour désigner la monnaie hollandaise qui correspond à peu près à nos pièces de deux centimes; remplacez donc ce mot par le mot centime: deux centimes, pièce de deux centimes, cela coûte quatre centimes, etc.

Cep, s. m., pied de vigne: prononcez cèpe.

Cerf, s. m., bête fauve de l'ordre des ruminants; prononcez cerfe, lorsqu'il est seul ou à la fin d'un mot et cère lorsqu'il s'appuie sur un autre mot. (Poitevin, Dict.)—Dans serf (au fém. serve) on fait toujours sentir l'f. (Acad.)

Cerise, Cerisier.—Ne dites pas cérise, cérisier.

Certain, aine, adj.—Une certaine chose, est une chose non désignée; une chose certaine, est une chose vraie, sûre.

Cesser, Décesser.—Il ne décesse de parler, est une expression vicieuse, quoique très-commune; dites, il ne cesse, il ne discontinue pas de parler, il ne déparle pas.

Ceux, pr. p.—Ne dites pas: il y en a de ceux qui parlent; dites, il y en a qui parlent: prononcez ceu et non ceuze.

Ch.—Les flamands sont exposés à le prononcer comme une s: un sien, un sin, il se casse, panasse, siersier, siez, sicorée, etc., au lieu de, un chien, il se cache, panache, chercher, chez, chicorée, etc.—Ils ne doivent pas non plus donner à che le son de ge: panage, cravage, il se cage, il se fâge, pour panache, cravache, il se cache, il se fâche. Voyez archaïsme et sch.

Chacun.—On ne dit pas, un chacun, un quelqu'un; on dit simplement, chacun, quelqu'un.

2. Ne dites pas: ces livres me coûtent deux francs chaque; nous avons eu dix francs chaque; dites, six francs chacun, ou chaque livre me coûte deux francs; nous avons eu dix francs chacun; chaque est adjectif et veut toujours un substantif après lui.

Chair, s. f.—Ne dites pas: il est noir de chair; dites, il a la peau noire. Voyez noir.

Chaire prêchoire, barb.—Dites chaire de vérité ou simplement chaire (n'écrivez pas chair); ne dites pas non plus chaise.

Chako, s. m.: on écrit aussi schako et shako; au plur. chakos.

Chaland, signifie pratique, acheteur: il a perdu ses chalands; un nouveau chaland; attirer les chalands.

Châle, s. m., vêtement de femme: on écrit aussi, mais moins souvent, schall et shall.

Chalet, s. m., nom des maisons des paysans suisses, etc.; prononcez l'a et l'e brefs, chalet et non châlet ni chalais.

Chambellan, s. m., officier de la chambre du roi; ne dites pas chamberlan ni chambrelan.

Chambran, s. m., barb.; dites chambranle pour désigner l'encadrement de bois qui se place aux portes, aux cheminées: le chambranle; (masculin).

Champignon.—Dites, il y a un champignon à la chandelle, et non, il y a un voleur.

Chandeleur, s. f., fête de la Purification, 2 fév.; la fête de la Chandeleur; ne dites pas la Chandeleuse.

Chandelle de cire, pour cierge ou bougie.—Le mot chandelle se dit plus communément pour la chandelle de suif: les chandelles d'autel se nomment ordinairement cierges et quelquefois chandelles; bougie se dit des chandelles fines.

Changer.—Ne dites pas à une personne mouillée: changez-vous, allez vous changer ou allez changer; mais, changez de linge, changez de chemise, changez de vêtement.

2. Changer pour, changer contre: ces deux locutions se disent indifféremment: il a changé sa vieille vaisselle pour ou contre de la neuve.

Chanvre et Chènevis.—Le chanvre est la plante et le chènevis est la graine du chanvre; d'où il suit que l'on doit dire: donnez du chènevis à votre pinson, et non, du chanvre.

Chaque, adj. indéf.—Ne dites pas: il fait un voyage chaque huit jours; dites, tous les huit jours.

2. Ne dites pas: nous jouerons chaque à tour; dites, tour-à-tour. Voyez chacun.

Char à banc, s. m., s'écrit sans trait d'union; au pluriel chars à bancs.

Charcutier, s. m.—Autrefois on nommait chaircutier, celui qui vend de la viande de porc; aujourd'hui on dit seulement charcutier, charcutière (et non charcuitier, ière).

Chardonneret, s. m., oiseau; ne dites pas, chardonnet.

Charité, s. f.—Les dames de charité, sont les dames du monde qui concourent à une œuvre de bienfaisance; les dames de la charité, sont des religieuses qui soignent les pauvres, les malades, etc., et qu'on appelle ordinairement Sœurs de la charité.

2. Ce mot peut se mettre au pluriel dans le sens d'aumônes: cette dame fait de très-grandes charités; et dans cette expression proverbiale: prêter des charités à quelqu'un, c'est-à-dire, chercher à faire accroire faussement qu'il a dit ou fait quelque chose de mal.

Charlatan, s. m., n'a point de fém. correspondant.

Charpie, s. f., linge effilé qu'on met sur une plaie.—Poix, s. f., matière résineuse qui provient des pins ou des sapins: le cordonnier enduit son ligneul de poix (et non de charpie.) (Wall.)

Charrée.—Ne dites pas, une charrée de bois, mais, une charretée de bois.

Charron et Charretier.—Le charron, est un ouvrier qui fait des charriots; le charretier est le conducteur d'une charrette; les wallons sont exposés à employer charron pour charretier.

2. Charretier, s. m.; on dit au féminin, une charretière.

Chasse, s. f., action de chasser; prononcez chace (a bref); Châsse, s. f., coffre pour les reliques; prononcez châce (a long).

Chasselas, s. m., raisin; prononcez chass'là.

Châssis, s. m., cadre de vitrage; prononcez châci.

Château: voyez maison.

Châtier, Châtiment, Châtiable: prononcez châthier, etc., â long et ié diphthongue. Voyez ti.

Chaud.—Ne dites pas: j'ai chaud les mains, les pieds ou des mains, des pieds; dites, j'ai chaud aux mains, aux pieds; ou bien, j'ai les mains, les pieds chauds. Il en est de même de avoir froid. Voyez froid.

Chauffer.—Dites, échauffer un appartement et non, chauffer.

Chaufferette et Couvet, ustensile pour chauffer les mains, les pieds; ne dites pas, chauffette.

Chausson, s. m., sorte de pâtisserie qui contient de la marmelade, de la compote ou des confitures, et qui est faite d'un rond de pâte replié sur lui-même; c'est ce qui se nomme en wallon liégeois golzâ.

Chauveté, s. f., état de ce qui est chauve; ce mot n'est pas français; dites calvitie: cette calvitie a été causée par la maladie.

Chef, s. m.—Ne dites pas: j'ai dix ans de chef, d'employé, etc.; dites, il y a dix ans que je suis chef, employé; j'ai dix ans de service.

Chemin de fer.—Dites: je suis venu par le chemin de fer, par tel convoi et non, avec le chemin de fer, avec tel convoi; ne dites pas non plus: je suis venu par ou avec la vapeur.

Chenal, s. m., conduit de bois ou de plomb qui recueille les eaux du toit et les porte dans la gouttière ou dans le tuyau de descente; on dit plus souvent, chéneau, pluriel, chéneaux; chenal, quoique l'Académie n'en dise rien, doit faire au pluriel chenaux.

Chenil, s. m., logement des chiens de chasse: prononcez ch'ni et non chenile.

Cheptel, s. m., bail de bestiaux; prononcez chètèle.

Cher, Chère, adj., s'emploie souvent comme adverbe pour modifier un verbe, et alors il est invariable: ces étoffes sont-elles chères (adj.)?—je les ai payées cher. (adv.)

Chercher après quelqu'un ou après quelque chose, est une locution vicieuse; dites, chercher quelqu'un ou quelque chose: qui cherchez-vous?—Je cherche mon frère, je cherche ma montre.

2. Chercher querelle.—Les enfants disent souvent c'est lui qui me cherche; qui est venu me chercher; chercher, pris dans ce sens, n'est pas français; il faut dire: c'est lui qui me cherche querelle, qui me cherche noise, ou qui m'agace, qui me provoque.

3 Chercher, ne peut pas s'employer dans le sens d'apprendre; ne dites donc pas: où avez-vous cherché cette nouvelle; dites, où avez-vous appris cette nouvelle?

4. Ne dites pas: où avez-vous cherché pour ce mot? dites, où avez-vous cherché ce mot? (Fland.)

5. Ne dites pas non plus, voir après quelqu'un; dites, chercher quelqu'un.

Chérif, s. m., prince chez les Arabes ou chez les Maures. Il ne faut pas le confondre avec schérif ou shérif, officier municipal en Angleterre.

Chétif insecte: prononcez chéti-finsecte et non chéti-vinsecte.

Cheval, s. m.: prononcez cheval en appuyant fortement sur l'e et non jeval ni ch'fal; il en est de même de chevaux, cheveu, cheville, achever, écheveau, échevin.

Chevrettes, s. f., petites écrevisses de mer; ce mot n'est pas français; dites crevettes: aimez-vous les crevettes?

Chevrons, s. m. (en wallon, wère), pièces de bois placées sur les pannes (en wallon viennes), et qui soutiennent les lattes sur lesquelles on pose la tuile ou l'ardoise; voyez panne.—Chevron se dit aussi de deux morceaux de galon assemblés en angle, que les militaires ont le droit de porter sur la manche gauche de leur habit, après un certain temps de service: ce soldat a deux, a trois chevrons.

Chez.—Les Wallons abusent singulièrement de ce mot; ainsi ils diront: la servante de chez Simon, pour la servante de Simon; j'ai passé devant chez Pierre, pour devant la maison de Pierre; c'est un élève de chez les Jésuites, pour des Jésuites.

Chic, s. m.—Cet homme a du chic; cet ouvrier n'a pas le chic; etc.—Cette expression est de la dernière familiarité; on peut en dire autant de chicard, chicarder.

Chicaneur, euse, Chicanier, ère, adj. et s.—Le chicaneur aime à chicaner, principalement en affaires; le chicanier conteste, vétille sur les moindres choses.

Chien, s. m., animal domestique; prononcez chi-in et non chian, siïn, chin.

Chiffon de pain, gros morceau de pain, n'est pas français; dites, quignon de pain.

Chine.—Écrivez et prononcez échine: il s'est rompu l'échine (épine du dos).

Chiper, prendre, dérober, est français, mais il est très-populaire.

Chipote, dans le sens de chipotier, chipotière, n'est pas français.

Chipoteur.—Ce mot n'est pas plus français que façonneur, tripoteur, rancuneur ou rancuneux; dites, chipotier, façonnier, tripotier, rancunier, ière. Cependant on dit également bien chicaneur, euse, et chicanier, ière. Voyez ces mots.

Chique, s. m., petite boule de pierre ou de marbre qui sert à des jeux d'enfants; ce mot est wallon; dites, bille (ll mouillées): gobille se dit quelquefois aussi pour bille. (Bescherelle.)

Chiragre, s.f.;—chirographaire, adj. des 2 genres;—chirologie, s. f.;—chiromancie, s. f.; chiromancien adj.;—chiste, terme de chir. (on écrit plus souvent kyste; ne confondez pas avec schiste, pierre lamellée), s. m.—Dans tous ces mots, chi se prononce ki.

Chirer, pour déchirer, n'est pas français.

Chirurgien: prononcez chirurgien et non chirugien, cherurgien, cirugien, cirurgien.

Choir, v. n. et défectif.—Il ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe passé chu, chue, qui se construit avec être: il est chu.

Cholédologie, s. f.;—cholédoque, adj., masculin sans fémin.;—choléra,—cholérique,—chondrologie, s. f;—choraïque, adj.;—chorée, s. m.;—chorus, s. m.;—chorège, s. m.;—chorégraphie, s. f.;—chorégraphe, s. m.;—chorégraphique, adj.;—chorévêque, s. m.;—choriambe, s. m.;—chorion, s. m.;—choriste, subst. des deux genres;—chorographie, s. f.;—chorographique, adj.;—choroïde, s. f. Dans tous ces mots, cho se prononce ko.

Choléra-morbus ou simplement Choléra: prononcez koléra-morbuce, koléra (Acad.)—L'Académie écrit aussi coléra-morbus.

Choquer, ne s'emploie pas pour signifier pousser, bousculer, heurter: il m'a heurté en passant, et non, .... choqué; ces deux convois se sont heurtés, et non ... choqués.

Chose, s. f.—Évitez de vous servir de ce mot pour désigner, à la manière des enfants, une personne dont vous ne vous rappelez pas le nom: chose m'a dit; j'ai vu chose; j'ai dit à chose.

2. Ne dites pas: oh! Monsieur, c'était quelque chose! ajoutez, de beau, de magnifique; ou bien dites, c'était beau à voir. (Fland.)

3. Ne dites pas: il est fait la même chose que l'autre; dites, il est fait comme l'autre, absolument comme l'autre, ou, de même, tout de même que l'autre. (Fland.)

4. Prononcez chô-ze (ô long) et non choze ni chôce.

5. Chose (quelque).—Quelque chose est féminin dans le sens de quelle que soit la chose: quelque chose que je lui aie dite; ou au pluriel: quelques choses que je lui aie dites, je n'ai pu le convaincre.—Il est masculin quand il signifie une chose: quelque chose de fâcheux; quelque chose qu'il m'a dit m'a surpris.

6. Chose (autre).—Autre chose est masculin: quelque chose est promis, autre chose est accordé.

Choser, n'est pas français; ne dites pas: qu'est-ce que vous chosez là? dites, qu'est-ce que vous faites là?

Choucroute, s. f., chou aigre et salé; il s'écrit sans trait d'union et en un seul mot.

Chrême, s. masculin, huile sacrée, mêlée de baume: le saint Chrême;—crème (acc. grave), s. féminin, la partie la plus grasse du lait et nom de certaines liqueurs.

Chrestomathie, s. f., choix de morceaux d'auteurs réputés classiques dans une langue morte ou étrangère: la chrestomathie grecque de Boscha.—Prononcez chrestomathie (comme sympathie) et non chrestomacie.

Chrétienté, s. f., pays chrétien; écrivez et prononcez chrétienté (créthi-inté), et non, chrétienneté (créthi-ènn'té).

Christ: on prononce l's et le t dans ce mot: Chris-te; on ne les prononce pas dans Jésus-Christ, antechrist: Jésu-cri, antecri.

Chut, interj., paix, silence: prononcez chute.

Chute, s. f., mouvement d'une chose qui tombe, malheur, etc.: ce mot s'écrit sans accent circonflexe sur l'u.

Ci.—Les gens du peuple disent: cet homme ici, ce jardin ici; il faut dire, cet homme-ci, ce jardin-ci (avec le trait d'union).

2. Ci-inclus, ci-joint; voyez inclus.

Cicérone, s. m., guide des étrangers en Italie; prononcez cicérôné et non tchitchérôné ni chichérôné.

Cicogne, s. f., grand oiseau de passage; on prononce et on écrit aujourd'hui, cigogne.

Cigare, est masculin: un cigare, et non, une cigare.

Ciguë, s. f., herbe vénéneuse; prononcez cighû (u long) et non cighe ni cighu-we.

Cil, s. m., poil des paupières: prononcez cille (l mouillée). (Acad.)

Cime, s. f., le sommet d'une montagne, d'un arbre, etc.; écrivez cime et non cîme.

Cimetière, est masculin: porter un mort au cimetière; il faut bien se garder de prononcer cimetchière, cimitière ou cimetié. Voyez ti.

Cinq.—Devant une consonne, prononcez cin; cin francs, cin femmes; le q se fait entendre lorsque cinq est seul ou bien lorsqu'il est devant une voyelle ou une h muette et à la fin d'une phrase: cinq arbres (cinque), cinq hommes (cinque); nous sommes cinq (cinque); cinq (cinque) multiplié par cinq (cinque).

2. Ne dites pas: en tombant j'ai fait un cinq à mon pantalon (une déchirure); dites, j'ai fait un accroc (akrô).

Cypaye, s. m., soldat indien: prononcez cipa-ye, (comme paille) et non cipaî, (comme je paie, tu paies). (Acad.)

Circonspect, adj.; prononcez circonspek; cependant on peut aussi prononcer circonspè.

Ciseau, s. m. pl., instrument des couturières à deux branches, s'emploie ordinairement au pluriel: prêtez-moi vos ciseaux.—Cependant il s'emploie quelquefois au singulier: on n'a pas encore mis le ciseau dans cette étoffe; le chirurgien lui a donné trois coups de ciseau. (Acad.)

2. Ciseau, au singulier, est un instrument de menuisier.

Clair, e, adj.—Ne dites pas: le général fit une charge le sabre au clair; dites, le sabre au vent, au poing, le sabre haut, le sabre dégaîné.

Claquer, Craquer, v. n.—On dit, claquer des mains; faire claquer un fouet; ses dents claquent; il claque des dents.—On dit: ce lit craque; ce biscuit craque sous la dent.

Classe, s. f., ordre, leçon: prononcez clâce.

Claude: voyez reine-claude.

Clayon, s. m. ou Plat d'osier, se dit de la petite claie ronde sur laquelle on met du gâteau, de la tarte, etc.

Clef, s. f.—On prononce clé même devant une voyelle; quelques-uns écrivent clé. (Acad.)

2. Dites: tirez la clef de la serrure et non, tirez la clef en bas de la serrure.

3. Dites également: la clef est à la porte et non après la porte.

Clématite, s. f., plante; ne dites pas, clémentine.

Clerc, s. m., ecclésiastique, praticien; prononcez clère; le c final se prononce dans la locution: de clerc à maître.

Cliche, Clichette, s. f., mots wallons, que l'on fait trop souvent français.—Il faut le rendre, d'après ses acceptions diverses, par les mots: loquet, clenche, clinche, bouton et targette.

2. Le loquet est l'ensemble d'une fermeture très-simple que l'on met aux portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant; il est composé d'un battant, d'un mentonnet, d'un levier ou bascule et d'un bouton.

3. Le mentonnet est la pièce de fer, fixée au chambranle de la porte, qui reçoit le bout de la clenche ou du loquet, pour tenir la porte fermée.

4. Le levier ou bascule est proprement un petit levier faisant bascule, sur lequel on appuie pour lever le loquet d'une porte; les mots clenche ou clinche correspondent très-bien à lever et bascule.

5. Le battant est la pièce de fer horizontale qui se lève ou se baisse à l'aide du levier et s'adapte au mentonnet pour fermer la porte.

6. Le bouton est une pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement de forme ronde ou ovale, en forme de croix brisée ou de crosse, et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: tournez le bouton (Acad.)—N'employez pas les mots pommeau, clenche, clinche, crossette pour le mot bouton.

7. Le loqueteau est un petit loquet que l'on met ordinairement aux volets ou aux carreaux mobiles d'en haut d'une fenêtre, et auquel on attache un cordon, afin de pouvoir les ouvrir et les fermer aisément.

8. Targette, s. f., petite plaque de métal qui porte un verrou plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les fermer.

Client, s. m.—Les commerçants ont des pratiques, les hommes de loi ont des clients.—Prononcez cli-an et non cli-ian.

Cligne-musette, s. f., jeu d'enfants, où l'un ferme les yeux, tandis que les autres se cachent pour qu'il les cherche: jouer à cligne-musette ou à la cligne-musette.—Écrivez cligne-musette (trait d'union) et non clignemusette ni cligne-mussette.

Clissé, ée, adj., qui est garni, enveloppé d'une clisse (ou clayon), espèce de petite claie faite d'osier, de jonc: bouteille clissée, gourde clissée.

Cloaque, s. m., égout: prononcez clo-ake (deux syllabes).

Cloche, s. f., manteau de femme garni d'un capuchon et nommé pelisse dans certaines localités wallonnes.

Cloche-pied (à), loc. adv., sur un pied; ne dites pas: courir à croche-pied, mais, à cloche-pied.

Cloporte, s. m., insecte (en wallon cochon de cave, en flamand duizendbeen); ne dites pas clou-à-porte, mais cloporte.

Clou, s. m., petit flegmon très-douloureux qui a son siége dans la peau, est français: on l'appelle aussi furoncle (s. m.), surtout en terme de médecine.

Clouer et Clouter, ont une différence de signification bien marquée: clouter, c'est garnir de clous; clouer, c'est attacher avec des clous; d'où il suit qu'on ne peut pas dire clouer un clou, pas plus que chanter un chant; dites mettre, placer, ficher un clou, attacher avec un clou ou des clous.

2. Prononcez clou-er, je cloû et non clou-wer, je clou-we.

Club, s. m., société politique; prononcez clu-be et non clupe; plusieurs prononcent cloube, d'autres clobe. (Acad.)

Cocasse, adj. des 2 genres, plaisant, comique, ridicule; ce terme est populaire: personne cocasse, vêtement cocasse.

Code, s. m., recueil de lois; prononcez code (o bref) et non côde (o long) ni co-te.

Cœtera (et): voyez et cœtera.

Cœur (Avoir).—Ne dites pas: qu'ai-je cœur; je n'en ai cœur; dites, que m'importe; cela m'est égal, peu m'importe.

2. Avoir cœur (cure), est la vieille locution française avoir cure (habere curam), avoir soin, avoir souci de... Il est à regretter qu'elle soit tombée en désuétude; elle n'est plus usitée que dans quelques phrases familières, comme: a beau parler qui n'a cure de bien faire.

3. Ne dites pas: j'ai le cœur malade; dites j'ai mal au cœur.

Coi, adj., calme, tranquille; le féminin était autrefois coie; on ne dit plus aujourd'hui que coite.

2. Ce mot n'est guère usité que dans ces phrases familières: se tenir coi, demeurer coi. (Acad.)

3. La locution, chambre coite, (chambre bien fermée et bien chaude) a vieilli. (Acad.)

Coing, s. m., fruit astringent; on ne prononce pas le g.

Coléreux, adj.—Ne dites pas, c'est un homme coléreux; dites, c'est un homme colère ou colérique.

Colidor: ce mot n'est pas français; écrivez corridor et prononcez coridor.

Colla, Colle, Colli, Collo, Collu, initiales qui font toujours entendre les deux l: collatéral, collation, collection, collision, colloque, collusion.

Colle, s. f., menterie, hâblerie: quelle colle il débite là! ce terme est populaire.

Colophane, de la colophane, résine, est féminin; ne dites pas colaphane.

Colorer, Colorier.—Colorer, c'est donner la couleur, de la couleur: le soleil colore les fruits; un vif incarnat colorait son visage; les raisins commencent à se colorer; le safran colore l'eau; l'art de colorer une injustice, le verre, le cristal. Au figuré, colorer signifie, donner une belle apparence à quelque chose de mauvais: colorer un mensonge; vice coloré.—Colorier, c'est appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin: je veux colorier cette lithographie; gravure coloriée; frontispice colorié; ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine.

Colza, s. m., chou sauvage et huile tirée de sa graine; écrivez et prononcez colza et non golza. Voyez chausson.

Combien.—Ne dites pas: le combien du mois sommes-nous aujourd'hui? nous sommes le combien du mois? mais dites, quel quantième du mois avons-nous; quel est le quantième du mois? ne dites pas non plus: le quantième avons-nous; mais, quel quantième...

2. Combien est-ce que vous demandez pour?—Cette manière de demander le prix d'une marchandise n'est pas française; dites, combien vendez-vous...

3. Ne dites pas non plus: combien est-ce que vous avez payé pour ce livre? dites, combien avez-vous payé ce livre?

Commandement, s. m., ordre.—Prononcez comman-d'-ment (en faisant sentir le d) et non comman-n'-ment (en remplaçant le d par une n); il en est de même de, je demandais, je demeure, mandement, admettre, admission, administrer, etc.

Commander.—On commande quelque chose à quelqu'un et l'on commande à quelqu'un; ne dites donc pas: il faut savoir commander ses ouvriers; mais, à ses ouvriers.

2. Commander quelqu'un, ne se dit que quand il s'agit de commandement militaire: dix hommes furent commandés pour cette expédition; le régiment des guides est commandé par le colonel N.—Commander à et le: voyez présider.

Comme.—Ce mot ne peut pas être employé pour que, à la manière des flamands; ainsi ne dites pas: il est aussi grand comme moi; vous avez reçu autant comme moi; dites, il est aussi grand que moi; vous avez reçu autant que moi.

2. Il neige comme; vous êtes comme si gai, sont des expressions barbares; il est bien plus simple de dire: il paraît qu'il neige; vous me semblez ou vous m'avez l'air d'être gai.

3. Comme pour.—Ne dites pas: j'étais comme pour pleurer, comme pour mourir; mais dites, j'étais disposé à pleurer, j'étais sur le point de pleurer, j'allais pleurer; on aurait dit que j'allais mourir, etc.

4. Comme si, ou si, ne doivent jamais être suivis du conditionnel (ce serait un flandricisme): c'est comme si vous viendriez me voir; s'il aurait fait ses devoirs, il ne serait pas puni; dites, c'est comme s'il venait me voir; s'il avait fait ses devoirs, etc.

5. Comme de juste, est un barbarisme; dites, comme il est juste, comme il est raisonnable, et mieux comme de raison.

6. Comme il parle, au lieu de, à l'entendre, est un flandricisme; ne dites donc pas: comme il parle, on le prendrait pour le premier avocat du pays; dites, à l'entendre parler, on le prendrait...

7. Ne dites pas: il m'a dit comme ça, qu'il allait partir: retranchez comme ça, qui est inutile et ridicule.

8. Ne dites pas: comment est-ce qu'on dit, qu'on fait? dites, comment dit-on, comment fait-on?

9. Ne dites pas: si j'étais comme vous, voici ce que je ferais; dites, si j'étais de vous, si j'étais à votre place...

10. Comme tout.—Ne dites pas: il est sage comme tout; dites, il est fort sage, il est parfaitement sage.

Commencer, Finir.—On dit, commencer par, finir par et non commencer avec, finir avec: il commence son déjeuner par le café et finit par des fruits.

2. Commencer de, désigne une action qui aura de la durée: il avait commencé d'écrire sa lettre.—Commencer à, désigne une action qui aura du progrès, de l'accroissement: cet enfant commence à parler, à lire; le jour commence à luire.

Comment.—Comment va-t-il avec vous; comment vous va; comment vous va-t-il?—Remplacez ces expressions par: comment vous portez-vous, comment va votre santé, comment vous en va? (Acad.)—Comment va-t-il avec vous, est un flandricisme; comment vous va et comment vous va-t-il, sont des expressions incorrectes.

2. Il y a de ridicules façons de parler, auxquelles on se laisse aller quelquefois par insouciance ou par imitation; de ce nombre sont celles-ci: (comment vous portez-vous?) comme vous voyez; pas mal et vous, et la vôtre; comme un homme qui vient de chez son notaire; un spirituel magistrat, afin d'éviter un compliment banal, abordait ses amis en leur disant: pas mal et vous?

3. Comment ce que.—Comment ce qu'on fait; comment ce qu'on dit? locutions employées par le bas peuple; il faut dire, comment fait-on, comment dit-on?

4. Ne dites pas non plus: comment est-ce qu'on raconte ce malheur? comment est-ce que cela est arrivé? Dites: comment raconte-t-on ce malheur? comment cela est-il arrivé?

Commerce.—Ne dites pas: mon frère fait commerce; mais, est dans le commerce, fait le commerce; il est commerçant, négociant.

2. Ne dites pas: les commerces ne vont pas; dites, le commerce ne va pas.

3. Ne dites pas: je fais plusieurs commerces; dites, j'ai ou j'exploite plusieurs branches de commerce.

Commodité.—Ne dites pas: cette famille a bien la commodité, a bien le moyen, est fortunée; mon cousin a bien la commodité de tenir un cheval; dites, cette famille est, vit dans l'aisance, elle est riche, elle a de la fortune; mon cousin a bien les moyens (et non le moyen) de..., est assez riche pour... Moyen, dans le sens de richesses, ne s'emploie qu'au pluriel; vous ne direz donc pas avec les wallons: mon voisin a bien le moyen; dites, mon voisin vit dans l'aisance, a de la fortune, etc.

Commun, une, adj.—Commune voix, désigne l'unanimité des suffrages, des voix; la voix commune est la voix vulgaire, la rumeur publique.

Compacte, adj. des deux genres, très-resserré, peu poreux; cet adjectif s'écrit au masculin comme au féminin; prononcez compak-te et non compake.

Comparer.—On dit souvent par inadvertance: cette étoffe, cette maison n'est pas à comparaître à celle-là; il faut dire, à comparer.

2. Comparer à, comparer avec.—Le premier suppose une analogie, un rapport commun de ressemblance entre les deux termes. Comparer avec éloigne l'idée de ce rapport, de cette ressemblance: il n'y a point d'église que l'on puisse comparer à celle de Saint-Pierre à Rome;—que l'on compare la docilité, la soumission du chien avec la fierté et la férocité du tigre. (Buffon.)

Comparoir, v. n., usité seulement à l'infinitif; mais il a vieilli et l'on dit aujourd'hui comparaître.

Comparution, s. f., action de comparaître devant le juge; ce mot s'écrit et se prononce comparution, quoique l'on dise apparition et disparition.

Compendium, s. m., abrégé; prononcez conpindiome: un compendium de théologie.

Comperose, s. f., vitriol; écrivez et prononcez couperose.

Complet, adj. fait au fém., complète et non complette.

Complétement, adv., d'une manière complète, s'écrit avec un accent aigu.

Compliment, s. m.—Ne dites pas: allons, Monsieur, sans compliment, acceptez notre dîner; dites, sans cérémonie, sans façon.—Sans compliment, signifie, sans flatterie: je vous dis sans compliment que votre dessin est fort beau.

Compris, part. passé de comprendre.—Y compris, non compris, sont invariables, comme prépositions, lorsqu'ils précèdent le substantif, et ils s'accordent avec lui lorsqu'ils le suivent: combien y avait-il de régiments y compris l'artillerie? il a dix mille francs de revenu, non compris la maison où il loge; ou bien, la maison où il loge non comprise.

Compte (en fin de) locution triviale, irrégulière et barbare; son équivalent consacré est, au bout du compte, qui n'est pas élégant. (Francis Wey.)

Compter.—Ne dites pas: il faut compter que je n'ai presque pas été me promener cette année; dites, à peine ai-je été me promener... On ne prononce pas le p dans compter, comptant, compte, comptoir, comptable, comptabilité.

2. Compter, espérer, promettre.—Ces verbes marquent une chose à venir; on dit, compter, espérer, promettre qu'une chose sera; ne dites donc pas: je compte que vous êtes sage; j'espère que vous avez bien travaillé; je vous promets que j'ai dit la vérité; dites: je crois que vous êtes sage; j'aime à croire, j'ai la confiance que vous avez bien travaillé; je vous assure que j'ai dit la vérité.

3. Compter, dans le sens de se proposer, croire, ne prend point la préposition de devant un infinitif: ainsi vous direz: il compte partir demain et non de partir (Acad.)

4. Ne dites pas: comptez que j'ai été malade et ne vous étonnez pas que j'aie perdu de l'embonpoint; dites, apprenez, sachez que j'ai été malade.

Concetti, s. m. pluriel, pensées brillantes et sans justesse; ce mot, en France, est toujours pris en mauvaise part; le singulier est concetto, mais il est peu usité.

Concombre, subst., plante potagère, est masculin.

Condamner, Condamnation, Condamnable: prononcez condaner, condanable, condanation; l'a de dam est bref, tandis qu'il est long dans damner, damnation, damnable (dâner, dânation, dânable).

Conditionnel.—C'est une faute d'employer le conditionnel après la conjonction si: si vous feriez, si vous iriez, si j'aurais écrit, etc.; dites, si vous faisiez, si vous alliez, si j'avais écrit, etc.: c'est là un latinisme et un flandricisme tout à la fois.

2. C'est encore une faute que d'employer le conditionnel présent ou passé pour l'imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif: je voudrais que vous feriez vos devoirs, j'aurais désiré que vous auriez bien étudié; cette faute est très-commune chez les wallons; pour l'éviter, il suffira de se rappeler que les verbes qui expriment la volonté, le désir, un ordre, fussent-ils même employés au conditionnel, gouvernent le subjonctif.

Conduire, Conduite: prononcez conduire, conduite (ui diphthongue) et non condouire, condouite, ni condu-wire, condu-wite.—Il en est de même de toutes les syllabes en ui, comme lui, je suis, je puis, puissant, suite, fuite, fuir.

Confesse, s., qui n'a point de genre; il ne s'emploie que précédé de l'une des prépositions à ou de: aller à confesse, venir de confesse.

Confiance, s. f.—On a confiance, on met sa confiance en ou dans; devant l'article il faut dans: avoir confiance en quelqu'un; mettre sa confiance en Dieu; mettre sa confiance dans les richesses; avoir confiance dans l'avenir.

Confirmer, v. a., conférer le sacrement de confirmation: l'évêque seul peut confirmer; ne dites donc pas: j'ai confirmé l'année dernière dans l'église de St-Antoine; dites, j'ai été confirmé...

Confiteor, au pluriel, des confiteor; on prononce confitéor. (Acad.)

Confort ou Comfort, s. m., assistance, secours: donner aide et confort; dans cette acception il est vieux.—Aujourd'hui il se dit, pour signifier le bien-être matériel, le bien-être de la vie: les Anglais ont un grand amour pour le confort; prononcez con-fort.

Confortable ou Comfortable, adj., qui a rapport au confort, au bien-être matériel de la vie: les anglomanes emploient à tout propos le mot confortable; ils vous diront d'une maison qu'elle est confortable, etc.—Confortable, s'emploie aussi substantivement et se dit de tout ce qui contribue au bien-être matériel: les Anglais ont un grand amour pour le confortable.

Confrère, Collègue.—Confrère se dit de tous les individus d'un corps, d'une société; les gens du même état sont aussi confrères. Collègue a une signification plus restreinte; il s'applique aux individus qui agissent ensemble et de concert.—Les professeurs d'un même établissement sont collègues, mais ils sont confrères par rapport aux professeurs d'autres établissements.

Conjoncture, Conjecture.—Conjoncture, signifie circonstance et conjecture, supposition. Dans les malheureuses conjonctures, on fait de fausses conjectures.

Connaissance.—Dites: j'ai rencontré quelqu'un de ma connaissance ou une de mes connaissances et non, quelqu'un de mes connaissances.

Connaisseur.—On dit: ce monsieur est connaisseur en musique, en peinture; et non, connaisseur de musique, de peinture.

Connaître, v. a.—On ne dit pas: je connais ma leçon; il connaît son discours; mais, je sais ma leçon; il sait son discours; cependant on dit très-bien: je connais tel livre, telle personne, telle maison, telle langue.

Consanguin, ine, s.: voyez germain.

Consanguinité, s. f., parenté du côté du père; l'u fait diphthongue avec i (Acad.); il ne le fait pas dans consanguin, consanguine où le g est dur.

Conscription, Milice.—On dit, tirer à la conscription, à la milice, etc., ou bien: tirer au sort pour la conscription, pour la milice. On tombe à la conscription, à la milice et non dans ou de la conscription, etc. Voyez réquisition.

Conseiller quelqu'un et à quelqu'un.—Conseiller quelqu'un, veut dire en général, qu'on lui donne des conseils: son avocat le conseille bien, c'est-à-dire, lui donne de bons conseils; les courtisans conseillent parfois mal les souverains, c'est-à-dire, leur donnent de mauvais conseils.—Mais si l'on exprime l'objet du conseil que l'on donne, on doit dire, conseiller à quelqu'un: je lui ai conseillé de changer de conduite; la prudence conseille aux jeunes gens de fuir l'oisiveté et les mauvaises compagnies.

Conseilleur.—Ce mot est vieux et ne s'emploie plus guère que dans le proverbe: les conseilleurs ne sont pas les payeurs; il faut dans les autres cas se servir du mot conseiller (n'écrivez pas conseillier).

Consentir.—Ne dites pas: j'ai consenti dans la proposition qu'on m'a faite; mais j'ai consenti à la proposition...

Conséquent, se dit d'une personne qui est d'accord avec elle-même ou avec ses principes: cet homme est conséquent dans ses projets, dans sa conduite; c'est-à-dire qu'il est le même dans ses projets, dans sa conduite qu'en tout autre occasion. (Acad.)—Appliqué aux choses, il a à peu près le sens de l'adjectif conforme: il a une conduite conséquente à ses principes. (Acad.) Mais jamais ce mot ne peut signifier, considérable, important; il ne faut pas dire: une affaire conséquente, une somme conséquente, des propriétés conséquentes; mais, une affaire importante, une somme considérable, des propriétés considérables ou de grandes propriétés. Ce qui a pu donner lieu à cet emploi vicieux du mot conséquent, c'est qu'on dit très-bien, de conséquence, pour signifier qui peut avoir des suites importantes: une affaire de conséquence, une affaire de nulle conséquence. (Acad.)

2. Prononcez concéquent et non conzéquent ni conzèquent.

Consister: prononcez concister et non conzister.

Consolable, adj.—On ne le dit que des personnes (Acad.); cependant, au mot consoler, nous trouvons dans le Diction. de l'Académie l'exemple: consoler la douleur. Or, si l'on dit consoler la douleur, il suit nécessairement que la douleur est consolable. Il y a plus: d'après l'Académie, on peut dire: douleur inconsolable; et qu'est-ce qu'une douleur inconsolable sinon une douleur qui n'est pas consolable? Voyez inconsolable.

Consoler, Console, Consolation, Consolant, etc.; prononcez l's dure et non conzoler, conzole, conzolation, etc.

Consommer, Consumer.—Consommer, v. a., achever, accomplir, mettre en sa perfection. Il se dit aussi en parlant des choses que l'on détruit en les faisant servir aux usages de la vie, comme vin, bière, viande, bois et toutes sortes de provisions: nous avons consommé nos provisions.

Consulte pour Consultation, conférence que l'on tient sur une affaire ou sur une maladie.—Ne dites pas: mon père est très-malade, il y a eu hier trois consultes; dites, ... trois consultations. Prononcez conçultations (s dure) et non conzultation.

2. Consumer, v. a., détruire, user, réduire à rien, sans but utile ou nécessaire pour celui qui détruit: le feu a consumé tout le bois; l'incendie a consumé la maison; la rouille consume le fer; les chagrins le consument.—Consumer signifie aussi, employer sans réserve; j'ai consumé tout mon temps à cet ouvrage.

3. Prononcez l's dure: conçumer, conçomer et non conzumer, conzomer.

Contact, s. m., attouchement; prononcez les deux consonnes finales: contak-te; prononcez de même compact, tact.

Contempteur, s. m., qui méprise; il n'a point de féminin correspondant.—Contemptible, adj., vil et méprisable: dans ces deux mots on prononce le p.

Contenir, v. a.—Ne dites pas: le bateau à vapeur contenait un prêtre, un officier et deux avocats; dites, dans le bateau à vapeur étaient...

Content, adj.—On doit dire, être content de quelqu'un et non sur ou après quelqu'un.

2. Ne dites pas: irons-nous à Verviers?—Je suis content; dites, volontiers.

3. Ne dites pas: je suis content de ce qu'il me quitte; dites, je suis content qu'il me quitte.

4. Ne dites pas: il était content pour avoir terminé ses devoirs; dites, d'avoir terminé...

Contenter (se), v. pron.—Ne dites pas: je me contente avec du pain et des fruits pour mon déjeuner; dites, je me contente de pain et de fruits...

Contigu, Proche: voyez proche.

Continuer à, Continuer de.—Continuer à, c'est poursuivre sans interruption une chose commencée, avec une intention dirigée vers un but: il continuait à lui dire des injures, à le frapper; continuer à bien vivre; il continuait à faire la guerre.—Continuer de signifie ne pas cesser, avec idée d'interruption: continuez de vous former le style; ou bien, ne pas cesser, sans interruption, mais en même temps sans que la phrase indique une intention dirigée vers un but: il continue de pleurer; la rivière continua de couler.

Contradicteur, s. m., n'a point de correspondant féminin.

Contraindre, v. a.—Devant un infinitif on dit, contraindre à et contraindre de; Laveaux établit une distinction qui nous paraît assez juste.—Contraindre à suppose un but, une tendance, une action; il faut donc préférer à toutes les fois que ces idées sont comprises dans la phrase, et de, dans tous les autres cas: on le contraignit à marcher, à s'avancer, à se battre: il s'agit ici d'une action.—Mais on dira: on le contraignit de se taire, de se tenir en repos, de prendre la fuite, de s'enfuir, de rester; c'est ici une cessation d'action.—L'Académie a observé cette différence dans ces deux phrases: on le contraignit à se battre; la ville fut contrainte de se rendre.

Contre.—Ne dites pas: je suis contre les plaisirs du monde, parce qu'ils détournent des devoirs envers Dieu; dites, je suis opposé aux plaisirs, j'ai de la répugnance pour....

2. On ne dit pas, être fâché sur quelqu'un; le chien aboie sur les passants, mais, être fâché contre quelqu'un; le chien aboie contre les, après les ou aux passants.

3. Ne dites pas: laisser la porte toute contre, mais tout contre.

4. Ne dites pas: il a passé tout contre moi sans me reconnaître; dites, tout près de moi; on dit, s'asseoir près de quelqu'un et non, contre quelqu'un. Mais en parlant des choses, on dit bien: j'étais assis contre le mur; ce champ est contre le bois (pour dire qu'il y touche).

5. L'expression par contre, n'est pas française, rendez-la par: en revanche, mais, du reste, du moins, au contraire: il avait mal dîné, mais, en revanche, il a bien soupé; il est bourru, du reste il est bon et humain; si cet ouvrage n'a pas le mérite de la perfection, il a du moins celui de la nouveauté.

Contredire, dédire, interdire, médire, prédire, font à la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif, vous contredisez, vous dédisez, vous interdisez, vous médisez, vous prédisez;—maudire fait, vous maudissez.—Il n'y a que dire et redire qui fassent, vous dites, vous redites.

Contrefaction, s. f., action de contrefaire, de falsifier, terme de jurisprudence.—On dit plus souvent, dans le langage ordinaire, contrefaçon.

Contremander, révoquer l'ordre qu'on a donné; ne dites pas décommander.

Contrevention, s. m., infraction pour contravention; contraventoirement pour en contravention et contraventaire pour contrevenant, ne sont pas français.

Contumace, s. f., t. de jurisprud. crimin., le refus, le défaut que fait un accusé de comparaître devant le tribunal où il est appelé: être en état de contumace; condamner par contumace. Il est souvent synonyme de contumax, adj. de deux genres, t. de jurispr. crimin., accusé ou prévenu qui est en état de contumace et auquel on fait un procès: accusé contumax, il est contumax; il s'emploie aussi substantivement: le contumax vient de se présenter devant ses juges.

Convenir, signifiant plaire, veut avoir; signifiant être d'accord ou avouer, il prend être: cette maison nous ayant convenu, nous sommes bientôt convenus du prix; le propriétaire est convenu lui-même que nous n'avions pas été difficiles.

Copeau, s. m., éclat de bois (en wallon, estalle, en flamand, spaender, krol); dites, brûler des copeaux et non des skafelings, de l'escaufelin.

Coquemar, s. m., espèce de pot de fer-blanc, de cuivre, etc., ayant un long bec, et qui sert à faire bouillir ou chauffer de l'eau, du café: faire bouillir de l'eau dans un coquemar. Dites cafetière, chocolatière, théière, laitière, pour désigner le vase d'argent, de terre, de fer-blanc, de porcelaine, etc., qui sert à faire ou à servir du café, du chocolat, du thé, du lait.

Coran: voyez alcoran.

Corbeille d'enfant, le linge, les langes, le maillot et tout ce qui est destiné pour un enfant nouveau-né; corbeille, dans ce sens, n'est pas français; dites layette.

Coroner, s. m., officier de justice en Angleterre; on fait sentir l'r finale: coronère.

Corpendu ou Court-pendu, espèce de pomme rouge; ces mots ne sont pas français; dites capendu, s. m.: un bon capendu.

Corps, s. m.—Corps à corps: prononcez cor à cor et non cor za cor.

2. Ne dites pas: il réclamait à corps et à cri; dites, à cor et à cri, c'est-à-dire, à toute force.

Corpulence, s. f., taille de l'homme considérée par rapport à sa grandeur et à sa grosseur: cet homme a de la corpulence, il est corpulent; corporence et corporent ne sont pas français.

Coriace, adj., dur comme le cuir: cette viande est coriace; ne dites pas, tiliasse.

Correct, e, adj., sans faute; on fait sentir les deux r et les deux lettres finales, même au masculin: cor-rek-te; prononcez de même le c et le t dans abject, contact, direct, exact, infect, strict, tact.—Faites également sentir les deux r dans correcteur, correction, correctif, correctionnel, corrégidor, corrélatif, corrélation, corroborer, corroboration, corroder, corrodant, corrosion, correspondre, correspondant, corrompre, corruption, corrupteur, corruptible, corroyer, corroyeur.

Corridor, s. m., galerie; ne dites pas, colidor; prononcez coridor.

Corset, s. m.—Les femmes seules portent des corsets; ne demandez donc pas à un homme, avez-vous mis votre corset de laine, de coton? dites, votre gilet de laine, de coton.

Corsionnaire, plante potagère dont la racine, noire en dessus et blanche en dedans, se mange cuite, comme le salsifis; dites, scorsonère (subst. féminin) et non corsionnaire; on la nomme autrement, salsifis noir ou salsifis d'Espagne.

Cortès, s. féminin pluriel, assemblée des États (chambres, parlement) en Espagne et en Portugal: prononcez cortèce.

Cosaque, s. m.: prononcez cozaque (o bref) et non côsaque (ô long).

Côté, s. m.—Prononcez cô-té (ô long) et non co-té (o bref).

2. Ne dites pas: de l'autre de côté; dites, de l'autre côté.

3. Ne dites pas: de tous côtés ou de tous les côtés pour partout, à la manière des wallons: on rencontre des injustices de tous côtés ou de tous les côtés; dites, partout.

4. N'employez pas non plus côtés pour pays, environs: il demeure de vos côtés, ce malheur est arrivé de ses côtés; dites: il demeure dans vos environs, dans votre pays; ce malheur est arrivé dans son pays. Cependant on dit très-bien: il demeure du côté de Verviers; il est du côté de Namur. (Acad.)

Côte, Côtelettes: prononcez l'ô long et non cote, cotelettes.

Cou, s. m.—Quelquefois on dit par euphonie col, surtout en poésie. (Acad.)

2. Ne dites pas: quelle belle cravate vous avez dans le cou; mais, quelle belle cravate vous avez au cou.

3. Cou-de-pied, s. m., haut du pied; ne dites pas: coude-pied, coup-de-pied, cou-du-pied.—Le pluriel est cous-de-pied.

Coucher, Promener, Baigner.—Ces verbes, employés pronominalement, doivent toujours être accompagnés de me, te, se, nous, vous, se; ainsi ne dites pas: je vais coucher, promener, baigner, mais, je vais me coucher, me promener, me baigner.

Coudre, v. a., fut., je coudrai, (et non je couserai); cond. je coudrais; impératif, couds, cousons, cousez; prés. du subj., que je couse, que tu couses; ind. prés., je couds, nous cousons, vous cousez, ils cousent; passé déf., je cousis, tu cousis, etc., (et non je cousus, etc.); imparf. du subj., que je cousisse, que tu cousisses, etc. (et non que je coususse, etc.)

Couenne, s. f., peau de porc; écrivez et prononcez couenne (ou en diphthongue) et non couanne ni couaine.

Couler, Courir.—En parlant des liquides, il faut se servir du verbe couler: cette fontaine coule doucement; ce tonneau, ce baril coule de toutes parts. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un liquide qui marche régulièrement et précipitamment, on emploie quelquefois le verbe courir: le ruisseau qui court dans la prairie; l'eau qui court; le sang court dans les veines. Mais il n'est jamais permis de dire: ce vase court; le lait court dans le feu; il faut dire, ce vase coule; le lait coule dans le feu.

2. Le verbe courir se conjugue avec l'auxiliaire avoir: ne dites donc pas, je suis couru, mais j'ai couru. Mais il prend l'auxil. être quand il signifie être suivi, être recherché: cet ouvrage est fort couru; ce prédicateur est fort couru.

3. Je cours à la ville; il court à perdre haleine; il part avec lui: prononcez je cour à la ville; il cour à perdre haleine; il par avec lui. Mais au pl. ils courent avec lui (il cour-tavec), etc.; il en est de même dans les cas analogues.

Couleur d'isabelle, couleur mitoyenne entre le blanc et le jaune, mais dans laquelle le jaune domine; dites, couleur isabelle, quoiqu'on dise également bien, couleur de rose et couleur rose.

2. Couleurs (peindre sous des).—«On ne peint pas plus sous des couleurs que l'on ne dessine sous un crayon. Ce contre-sens, ou plutôt ce non-sens, provient de la confusion qui s'est faite à la longue entre deux locutions analogues: peindre avec des couleurs;—voir ou peindre sous un jour.» (Francis Wey). Il est donc plus correct de dire: peindre avec des couleurs.

3. Couleur, est féminin: une couleur changeante; il est masculin, lorsque, avec le nom qui le suit, il désigne une couleur particulière ou une chose ayant cette couleur: le couleur de feu, le couleur de rose, un beau couleur de feu, un joli couleur de rose, comme on dit, le rouge, le rose, un joli rose, etc.

Coup.—Ne dites pas: cet homme a fait les cent coups (locution populaire); dites, a fait mille folies, mille excès.

2. Boire un coup d'eau, un coup de vin; au coup de midi, au coup de trois heures, sont des expressions françaises.

Couper, v. a.—Ne dites pas: le vent, la grêle, la neige coupent le visage; dites, ... cinglent le visage.

Couperose, s. f., vitriol; ne dites pas comperose.

Couple, est féminin, lorsqu'il signifie simplement le nombre deux, sans idée d'union, d'assortiment, d'assemblage: une couple d'œufs, une couple de pigeons, une couple de serviettes.—Il est masculin 1o quand il désigne le mâle et la femelle: un couple de pigeons suffit pour peupler une volière; 2o quand il désigne des êtres animés, unis par un sentiment ou pour toute autre cause qui les rend propres à agir de concert: un couple d'amis; un couple de fripons; un beau couple de chiens. (Acad.)—Prononcez cou-ple et non coupe, coupèle.

Courant.—On doit dire, le cinq, le six, le dix du courant. Ici on ne pourrait pas supprimer l'article, parce que le mot mois est sous-entendu; c'est comme si l'on disait le cinq, le six, le dix du mois courant.

Courrier, s. m., se dit de la totalité des lettres qu'on écrit ou qu'on reçoit par un seul ordinaire: lire son courrier, faire son courrier.

(Bescherelle, Poitevin).

Courroie, lien de cuir, est féminin; n'écrivez pas corroi.—Prononcez courroî et non courroiïe.

Cours, s. m., flux, course, étude; prononcez cour (ou long) même devant une voyelle et non cource.

2. Ne dites pas: il donne un cours d'italien; le professeur donne son cours; dites, il fait un cours, il fait son cours.—Mais on dit, donner des leçons, (quand il s'agit de leçons particulières): voyez leçon.

Court, e, adj.—Ne dites pas: je suis à court d'argent; le prédicateur est resté à court; dites, je suis court d'argent; le prédicateur est resté court.

Coûter.—Ne dites pas, coûte qui coûte, mais, coûte que coûte ou quoi qu'il en coûte; prononcez coûter (oû long) et non couter (ou bref).

2. Coûter gros:—cela doit vous coûter gros, ce n'est pas le Pérou, sont des expressions populaires dont il faut éviter l'emploi; dites, coûter beaucoup, bel et bon.

3. Ne dites pas: les leçons de mon fils me coûtent dans les cent francs par mois; dites, à peu près cent francs par mois; me reviennent à près de cent francs par mois. Voyez cher.

Coutil, s. m., toile forte; prononcez couti et non coutile.

Couturière.—Tailleuse est un mot provincial qui n'est pas admis par l'Académie.

Couvent, s. m. Ne dites pas: elle est entrée dans le couvent à 18 ans, dites, au couvent, comme on dit entrer au service pour se faire soldat. Entrer dans le couvent, c'est y aller pour le visiter, pour y voir quelqu'un.

Couvert pour couvercle; Couverte pour couverture, malle, mallette.—On ne dit point le couvert, mais le couvercle d'une tabatière, d'une cafetière, d'un vase quelconque; on ne dit pas la couverte, mais la couverture d'un lit, d'une chaise, d'un livre (ce qui sert à couvrir le lit, la chaise, le livre).

2. On ne dit point la couverte d'un écolier, mais la malle et mieux la mallette pour désigner le sac, ordinairement en cuir, où il renferme ses livres et ses papiers et qu'il porte suspendu à son dos à l'aide d'une courroie.

Couvi, adjectif, qui ne s'emploie qu'au masculin; il se dit, d'un œuf à demi couvé ou gâté pour avoir été gardé trop longtemps: un œuf couvi, des œufs couvis. Prononcez couvi et non couvice.

Crabe, poisson qui ressemble à une écrevisse et dont on mange la chair; ce mot est masculin: un gros crabe. Prononcez crâbe (â long).

Crachat, s. m., dans le sens de décoration, est de mauvais ton.

Craie, s. f.: prononcez craî (aî long) et non craiïe.

Craindre, v. a.—Ne dites pas: je crains qu'il tombe; dites, je crains qu'il ne tombe.

Crainte.—Ne dites pas: je n'irai pas, crainte d'être entraîné; dites, de crainte d'être entraîné.

Cran, s. m., entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou arrêter quelque chose: craner, faire un cran.—Ne dites pas crain, crèner.

Crâne, s. m., tapageur, homme qui fait le rodomont: c'est un crâne, faire le crâne; on l'emploie quelquefois adjectivement: il est crâne, il a l'air crâne: ce mot est très-familier. (Acad.) C'est à tort que les wallons donnent à ce mot d'autres acceptions.

2. Crane (mot wallon), se rend par robinet (et non robin.)

Crapaud.—Dans certaines localités, on a assez l'habitude de donner aux enfants le nom de ce sale animal; il faut employer un des mots suivants: marmot, mioche, marmouset, etc.

Crapule, s. f., débauche, habitude grossière, excès dans le boire et le manger; il se dit quelquefois et par extension de ceux qui vivent dans la crapule: n'allez pas avec ces libertins, c'est de la crapule. (Acad.) Mais ce mot ne peut pas s'employer pour petit peuple, lie du peuple, populace, gens sans éducation, gens de rien.

Craque, craquer, craqueur, craquerie, menterie, se vanter, hâbler, hâbleur, hâblerie; ces mots, à l'exception de craquer, figurent dans le dictionnaire de l'Académie, mais ils sont de mauvais goût.

Crasser, se Crasser, figurent dans les dictionnaires; mais crasser se dit surtout des armes à feu; vous direz donc: cet enfant encrasse ses habits, plutôt que, ... crasse...

Crasseux, pour ladre, très-avare, est familier; crasserie, avarice sordide, n'est pas français; dites, crasse et mieux ladrerie.

Créancier, Débiteur.—Le créancier est celui à qui on doit;—le débiteur est celui qui doit.

Créer, v. a.—Prononcez cré-er et non cré-ier; prononcez de même créateur, créature, création; agréable, agréer, fléau, géant, Gédéon, néant, Léopold, Napoléon, récréer, réel, réellement, suppléer, théâtre, etc.

Crème, s. f.: voyez chrême.

Crémer, Écrémer.—Crémer est un verbe neutre et signifie se couvrir de crème; il ne se dit que du lait: en été le lait crème plus qu'en hiver. Écrémer est un verbe actif qui signifie ôter la crème de dessus le lait: allez écrémer le lait, du lait.

Crêpe, subst., est masculin et féminin; il est masculin, lorsqu'il signifie un morceau d'étoffe noire et claire qu'on porte en signe de deuil: il porte un crêpe à son chapeau. Il est féminin, lorsqu'il signifie une pâte qu'on fait cuire en l'étendant sur la poêle; il correspond assez bien au mot wallon bouquette et au mot flamand struif.

Crésane ou Creusane, espèce de poire; dites crassane et non creusane ni crésane.

Cresson à la noix, n'est pas français; dites, cresson alénois.

Crête (de), c'est-à-dire, sur le côté le moins large, n'est pas français; dites de champ: mettre de champ, poser de champ des briques, des pierres, des solives.

Crétin, s. m., habitant goîtreux des Alpes, sourd, muet et idiot, et au figuré, homme stupide; ce mot n'a pas de féminin; écrivez et prononcez crétin, crétinisme et non cretin, cretinisme ni crètin, crètinisme.

Crever, v. neutre, signifie parfois mourir; en ce sens il ne se dit que des animaux: ce chien avala du poison et il en creva. (Acad.)

Cric, s. m., machine à lever; prononcez cri.

Cric-Crac, interj., bruit d'une fracture: prononcez crike-crake.

Crier, terme générique dont on se sert pour exprimer le cri particulier de chaque animal; il est ridicule de dire: ce chien, ce chat, ces grenouilles, ces corbeaux ne font que crier: les animaux ont chacun un cri particulier, et ce cri a un terme propre qui le désigne et qu'il importe de bien connaître.

2. Crier après quelqu'un; dites, appeler quelqu'un.

3. Ne dites pas: mon professeur m'a crié; dites, ... grondé, réprimandé.

4. Crier sur quelqu'un; on dit: crier contre quelqu'un.—Prononcez cri-er et non cri-ier.

Croc, s. m., instrument pour accrocher: prononcez crô; communément le c final ne se prononce point (Acad.);—croc-en-jambe, tour de lutte; prononcez crokanjambe.—Voyez c final.

Croche-pied: voyez cloche-pied.

Croire, v. a.—Ne dites pas: ne croyez pas à cet homme, il vous trompe; dites, ne croyez pas cet homme; croire à quelqu'un, c'est croire à son existence: croire aux revenants.

2. Ne dites pas: j'ai n'y crois rien; dites, je n'en crois rien.

3. Ne dites pas: j'ai cru être malade; mais, j'ai pensé, j'ai failli être malade.

Croisée, Fenêtre.—L'Académie définit ainsi le mot croisée: fenêtre, ouverture qu'on laisse dans le mur d'un bâtiment pour donner du jour à l'intérieur et qui est quelquefois divisée par un montant et par une ou plusieurs traverses.—Il se prend aussi pour le châssis vitré (la fenêtre proprement dite) qui sert à fermer cette ouverture. Les gens de bonne compagnie disent toujours fenêtre, à moins qu'ils ne veuillent parler d'une ancienne espèce de fenêtre à montants et à traverses en maçonnerie ou en bois.

Croître, v. n.—Écrivez je croîs, tu croîs, il croît (accent circonfl. pour distinguer ces personnes des personnes correspondantes du prés. de l'ind. de croire); nous croissons, etc.; passé déf., je crûs, tu crûs, il crût, (nous crûmes, vous crûtes), ils crûrent (accent circ. pour la même raison); fut., je croîtrai, tu croîtras, etc. (accent circ. à toutes les personnes de même qu'au cond.); je croîtrais, etc.; part. passé, crû, crûe.

Croix, s. f.—Ne dites pas faire une croix, pour faire le signe de la croix; voyez pile.

Crolle, ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut dire, boucle, anneau, cheveux frisés: une boucle de cheveux; friser à boucles; être frisé par anneaux.—Croller n'est pas français non plus; dites, boucler, friser, crêper.

2. Crolle ne s'emploie pas non plus pour copeau (éclat, morceau de bois que la hache, le rabot, etc., font tomber du bois): gros copeaux, menus copeaux; brûler des copeaux; le mot crolle, dans cette acception, est flamand.

Cron ou Cromp, pour tortu, courbé, arqué, voûté, de travers et crombain, pour bancal, bancroche, ne sont pas français, mais flamands.

Croque-noix, Croque-noisettes, ne sont pas français; dites, casse-noix, casse-noisettes.

Croquer, v. a., ne s'emploie pas dans le sens d'offenser, de piquer, piquer au vif.

Croup, s. m., maladie, espèce d'angine; prononcez croupe.

Croustillant.—Ne dites pas: cette pâtisserie est croustillante; dites, est croquante.

2. N'employez pas non plus ce mot pour plaisant, drôle: des contes croustillants; dites, croustilleux; ce dernier mot est familier et signifie plaisant, libre, graveleux. (Acad.)

Croûte, s. f., en style d'atelier, se dit des tableaux sans valeur: ce peintre ne fait que des croûtes.—Mais il ne s'applique pas aux personnes; ne dites donc pas: ce peintre n'est qu'une croûte.

Cru, s. m., terroir où quelque chose croît; il n'est guère usité qu'en parlant des produits agricoles et surtout du vin: ces foins, ces denrées sont de mon cru; du vin de mon cru, de son cru, de votre cru; ce vin-là est d'un bon cru.—Vin du cru se dit du vin fait avec le raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme: nous voulûmes goûter du vin du cru; il faut se défier du vin du cru; on peut dire également du vin du pays (et non de pays).

Crucifix, s. m.; prononcez crucifi et non crus'fi.

Cruel, elle, Cruauté; prononcez cru-el, cru-auté et non cru-wel, cru-wauté.

2. Un cruel enfant est un enfant insupportable; un enfant cruel est un enfant porté à la cruauté.

Ct.—Ces deux consonnes finales se prononcent dans tact, exact, contact, correct, direct, infect, abject, strict; mais il y a exception pour amict, district et pour toutes les terminaisons pect, tels que respect, aspect, suspect, circonspect, etc.; prononcez ami, distrik, respèk, aspèk, suspèk, etc.—Bien qu'on entende souvent dire respè, aspè, suspè, pour respèk, etc., cette prononciation n'est pas généralement admise par les grammairiens. (Hennebert.)

Cueillir, v. a., détacher de la tige; ne dites pas, cueiller; prononcez keuillir.

Cuiller, s. féminin; on prononce et quelques-uns écrivent cuillère. (Acad.)

Cuire, v. a.—On cuit les aliments et l'on fait bouillir les liquides; ne dites donc pas l'eau est cuite; faites cuire le lait; dites, l'eau a bouilli, est bouillante; faites bouillir le lait.

Cul, s. m., derrière d'une charrette, d'un tombereau: mettez cela au cul de la charrette; mettre une charrette à cul (les timons en l'air).—On ne prononce point l'l et quelques-uns la suppriment dans l'écriture; prononcez de même cul-de-jatte (estropié), cul-de-lampe (ornement d'architecture), cul-de-sac (impasse).

2. Cul de chandelle pour bout de chandelle et hochecul pour hochequeue (oiseau), ne sont pas français: hochequeue est masculin.

Culotte.—On peut dire indifféremment une culotte, des culottes, une paire de culottes; il n'en est pas de même du mot pantalon, qui dans ce sens ne s'emploie qu'au singulier: j'ai mis un pantalon neuf et non, des pantalons neufs.

Cumulet, n'est pas français dans le sens de culbute; dites donc, faire des culbutes et non, des cumulets.

Curée, dans le sens de charogne, n'est pas français.

Curer, Écurer.—Curer, c'est nettoyer quelque chose de creux: curer un fossé, un égoût, un étang, etc.—Écurer, c'est nettoyer avec du sablon ou quelque chose de semblable: écurer la vaissette.—Voyez récureur.

Curieux.—Ne dites pas: il est si curieux pour sa toilette, pour les livres; dites, il a tant de soin de sa toilette; il aime tant les livres.

Ne dites pas: je suis curieux comment cela tournera; dites, je suis curieux de voir, de savoir comment cela tournera.

Cutée ou Cuitée, la quantité de pains qu'on fait cuire à la fois dans un four; ces mots ne sont pas français; dites, cuite ou fournée.

Cutter, s. m., petit navire de guerre; on prononce et plusieurs écrivent cotré.

Cuvelle, n'est pas français; dites, cuve, cuvier, cuveau, cuvette.—La cuve est un vaisseau de grande dimension; le cuvier, est la cuve où l'on fait la lessive; le cuveau, est une petite cuve; la cuvette, est un vase dont on se sert pour se laver les mains; prononcez cuve et non cufe.

Czar, souverain, Czarine, impératrice de Russie; prononcez Czar, Czarine; quelques-uns écrivent et disent, tzar. (Acad.)

D

Table des matières

D.—C'est à tort que l'on prononce souvent le d des syllabes en de comme un t: timite, timitement, raite, ronte, corte, humite, Enéite, au lieu de timi-de, timi-de-ment, rai-de, ron-de, cor-de, humi-de, Enéi-de. Cependant à la fin d'un adjectif, suivi immédiatement de son substantif commençant par une voyelle ou une h muette, d a le son de t: un grand ignorant, la grande armée; prononcez gran-t-ignorant, la gran-te-armée. Il en est de même, lorsque cette lettre est à la fin d'un verbe suivi de il, elle: répond-il, entend-elle? (répon-t-il, enten-t-elle.)

2. On ne prononce pas le d final dans les adjectifs qui ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif. Un abîme profond effraie (profon effraie). On ne le prononce pas non plus dans les substantifs, même lorsqu'ils sont suivis de leur adjectif: on dira donc un froid (froi) excessif, un bord (bor) escarpé, sans aucune liaison. Mais il faut excepter le d final dans les locutions suivantes: de pied en cap, de fond en comble, où le d prend le son de t.

3. Prononcez les deux d dans addition, additionnel, additionner, adducteur, adduction et reddition.

4. D'à moi, d'à toi, d'à lui, etc.; les personnes peu instruites disent seules: ce livre est d'à moi, d'à toi, d'à lui, etc.; il faut dire, ce livre est à moi, à toi, à lui, etc.

D'abord que, ne peut pas s'employer pour, puisque ou aussitôt que; ne dites donc pas: d'abord que je suis innocent, je ne dois pas être puni; d'abord que vous aurez fini vos devoirs, vous apprendez vos leçons; dites, puisque je suis innocent...; aussitôt, dès que vous aurez fini vos devoirs... (Wall.)

Dada, est un terme enfantin qui signifie cheval; mais il ne faut pas le confondre avec dadais, dandin, qui veulent dire niais: c'est un grand dadais, un vrai dandin.

Dahlia, s. m., plante d'ornement; prononcez dalia.

Daigner, ne doit jamais être suivi de la préposition de; ainsi ne dites pas: daignez de m'accorder votre protection, mais, daignez m'accorder...—Prononcez dai-gner et non dai-gne-ner; il en est de même de dédaigner, enseigner, etc. Voyez gne.

Daim, s. m., bête fauve qui tient le milieu entre le cerf et le chevreuil; la femelle s'appelle daine, que l'on prononce dine.

Daler, Thaler, Taler, s. m., monnaie d'Allemagne; prononcez dalère, thalère, talère; on dit plus souvent thaler que taler ou daler.

Damas, ville de Syrie; prononcez Damâce; damas, s. m., étoffe, fruit, acier; prononcez damâ.

Dame: voyez monsieur et époux.

Damner, Damnation, Damnable; prononcez dâner, dânation, dânable, en supprimant l'm et en allongeant l'a: voyez condamner.

Danger.—Ne dites pas: il n'y a pas de danger que j'aille jouer, car mes parents me l'ont défendu; dites, je me garderai bien; je n'ai garde; je ne veux pas aller jouer;—ne pouvoir mal, dans ce sens, est également un wallonisme.

Dangereux et dangereusement, employés pour probable, vraisemblable et probablement, vraisemblablement, apparemment, sont de véritables barbarismes. Ainsi ne dites pas: cela est bien dangereux; cela arrivera dangereusement demain; mais dites, cela est bien probable, vraisemblable; cela arrivera probablement, vraisemblablement demain—Prononcez danj'reux et non danchereux ni dangéreux, dangèreux; item, dangereusement.

Dank.—C'est une expression qu'il faut laisser aux flamands, puisque nous pouvons dire merci.

Dans.—Ne dites pas: j'ai beaucoup voyagé dans les flamands, dans les wallons; dites, chez les flamands, chez les wallons, ou dans le pays flamand, dans le pays wallon.

2. Ne dites pas: je vais m'asseoir dans le soleil; je me promène dans le soleil; il est agréable de se réchauffer dans le soleil; mais dites, je vais m'asseoir au soleil; je me promène au soleil; il est agréable de se réchauffer au soleil.

3. Ne dites pas: je suis dans un grand mal de tête; dites, j'ai un grand mal de tête.

4. Ne dites pas: s'il était dans mon pouvoir ou dans ma puissance de vous rendre service; mais dites, s'il était en mon pouvoir, en ma puissance...

5. Ne dites pas: il a fait ce voyage dans deux heures; dites, en deux heures.

6. Ne dites pas: il y a dans les quarante ans; dites, il y a à peu près ou environ quarante ans. (Wall.)

7. Ne dites pas: cela coûte dans les trois cents francs; dites, environ, à peu près trois cents francs. (Wall.)

8. Ne dites pas: je me trouvais dans la place Saint-Lambert; dites, sur la place... (Fland.)

9. Ne dites pas: j'étais dans la fenêtre, dans la pluie; dites, à la fenêtre, à la pluie; on dit, se tenir, se mettre à la fenêtre, à la pluie, au vent.

10. Ne dites pas: je serai, j'irai dans l'hôtel d'Angleterre à 4 heures; dites, à l'hôtel d'Angleterre...

11. Ne dites pas: l'un dans l'autre; mais, l'un portant l'autre: les différents vols qu'on m'a faits, m'ont causé, l'un portant l'autre, une perte de mille francs. (Wall.)

Dante, célèbre poète italien, auteur de la Divine Comédie: on dit Dante, et non le Dante; mais on dit le Tasse et non Tasse.

Dartre, s. f., maladie de peau; écrivez et prononcez dar-tre, et non dar-te ni dar-tère.

Date (époque), dater, datif.—Gardez-vous bien de marquer l'a d'un accent circonflexe: une vieille date (et non dâte); ce décret est daté de telle ville (et non dâté). On prononce pourtant dâte, (â long).—Ne confondez pas date, époque, avec datte, fruit du dattier.

Davantage, adv. (et non d'avantage), s'emploie toujours sans complément; ainsi on ne dira pas: il a davantage de livres; il en a davantage que son frère; mais il faudra dire: il a plus de livres; il en a plus que son frère.

2. Il ne faut pas le confondre avec plus: celui-ci s'emploie pour exprimer directement une comparaison: votre sœur est plus âgée que vous; mais on dira fort bien: elle a vingt ans, vous en avez davantage. Davantage ne doit pas non plus être suivi d'un adjectif; on ne doit pas dire: il est davantage âgé, davantage estimé; il faut dire plus âgé, plus estimé.

3. Les grammairiens prétendent que davantage ne doit jamais être suivi de la préposition de ni de la conjonction que. Cette règle est vraie, si de ou que forment, avec ce qui les suit, un complément de l'adverbe davantage: il a davantage de livres; il en a davantage que son frère. Mais si de ou que et les mots qui suivent, sont un complément du verbe de la proposition, il n'y a point de faute à les placer après davantage. Ainsi la phrase suivante est correcte: ne nous étonnons donc pas et ne nous effrayons pas davantage des reproches que nous avons encourus: dans cette phrase, des reproches sont le complément des verbes étonnons et effrayons.

4. Les bons grammairiens condamnent l'emploi de davantage dans le sens de le plus; ne dites donc pas: de tous les jeux celui des barres est celui qui me plaît davantage: dites le plus. En général, davantage ne doit se placer que là où le sens permet l'emploi des locutions équivalentes à de plus, en outre, de surcroît et toutes les fois qu'il n'a pas de complément.—Voyez Soulice et Sardou, Dictionnaire, etc.

De, syllabe muette, dans le corps ou au commencement d'un mot; doit se prononcer de et non ne: command'-ment, man-d'-ment, ma-d'-moiselle, len-d'-main, je lui ai d'-mandé; panier d'-noix, etc., et non comman-n'-ment, man-n'-ment, ma-n'-moiselle, len-n'main; je lui ai n'-mandé; panier n'noix, à moins toutefois qu'on ne veuille faire sentir l'e de de et prononcer: comman-de-ment, ma-de-moiselle; je lui ai de-mandé, j'irai de-main, lendemain, etc.—Prononcez de même ad-mettre, ad-ministrer, ad-mission, ad-ministration, etc.

2. Ne dites pas: j'ai rêvé de la nuit, du jour, dites: j'ai rêvé la nuit, le jour.

3. Faut-il dire: quel est le plus habile de cet homme-ci ou de celui-là? ou bien: quel est le plus habile, cet homme-ci ou celui-là? L'Académie adopte la première orthographe; elle ne partage donc pas l'opinion des grammairiens qui suppriment de.

4. Dites: le livre de mon frère, la maison de mon cousin, et non, le livre à mon frère ou d'à mon frère; la maison à mon cousin ou d'à mon cousin.

5. On dit, le deux janvier, le trois février, etc., et le deux de janvier, le trois de février, etc. (Acad.) Cependant la première manière de s'exprimer nous paraît plus usitée.

6. Ne dites pas: il est le quart de huit heures; dites, il est huit heures moins un quart. Voyez quart.

7. Ne dites pas: mon frère est le 5e de 36 dans sa classe; dites, ... sur 36...

8. Ne dites pas: d'un coup de massue il cassa la tête de son ami; dites, il cassa la tête à son ami.

9. Ne dites pas: cela ne me fait de rien, ne m'est de rien; dites, cela ne me fait rien, ne m'est rien.

10. Ne dites pas: j'y penserai de la nuit, j'y travaillerai du matin, du jour; dites, ... pendant la nuit, dans la matinée, pendant la journée.

11. La particule de, devant les noms propres de noblesse, s'écrit avec un petit d et non avec le D majuscule: de Montmorency, de Ligne, d'Oultremont, d'Orléans. On écrit De avec une majuscule, lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on sépare la particule du nom.

12. Après les verbes espérer, souhaiter, désirer, on peut exprimer ou sous-entendre la préposition de devant l'infinitif: j'espère réussir ou de réussir; je désire aller ou d'aller avec vous, etc.—Compter, dans le sens de, se proposer, croire, ne prend point la préposition de devant un infinitif; ainsi vous direz: il compte partir demain et non de partir. (Acad.)

13. Dans la conversation et le style familier, de se supprime souvent après les prépositions hors, près, vis-à-vis, lorsqu'elles sont suivies d'un nom de chose: il est logé hors la barrière, il demeure près la porte Saint-Antoine, vis-à-vis l'église. (Acad.) Mais devant un nom de personne ou un pronom, on doit employer de: il était près de Paul, vis-à-vis de vous, et non près Paul, vis-à-vis vous.

14. L'emploi de la préposition de est vicieux dans cette phrase: la moitié de huit est de quatre; dites, est quatre.

15. On peut exprimer ou sous-entendre la préposition de devant un infinitif après c'est... que, mieux... que, plutôt que: ainsi vous pouvez dire: c'est quelque chose que faire ou que de faire un beau rêve; il vaut mieux étudier que de ou que jouer; plutôt que de ou que m'exposer à une correction, je préfère faire mes devoirs. Néanmoins l'usage général est d'exprimer la préposition de.

16. Il ne fait que sortir, signifie, il sort à chaque instant; il ne fait que de sortir, veut dire, il vient de sortir.

17. L'usage permet également de dire: on dirait un fou, et on dirait d'un fou.

18. Ne dites pas: si j'étais toi, si j'étais lui, si j'étais vous; si j'étais à la place de, etc., je ferais telle chose; mais dites, si j'étais que de toi, de lui, etc., et mieux, si j'étais de toi, de lui, etc.

19. On emploie ordinairement la préposition de, devant un participe passé précédé d'un adjectif numéral ou d'un nom collectif; on dit: il y eut cent hommes de tués et un grand nombre de femmes de blessées, plutôt que: il y eut cent hommes tués et un grand nombre de femmes blessées;—mais on doit la supprimer devant un adjectif qualificatif: dans cette ville il n'y a pas quatre monuments remarquables. Cependant lorsque le nom qui précède le participe ou l'adjectif, est représenté par le pronom en, on exprime la préposition: sur mille hommes, il y en eut cent de tués; parmi tant de monuments, il n'y en a pas un de remarquable.

Débâcle, rupture et descente de glaces, est féminin; prononcez débâ-cle.

Déballer.—Ne dites pas: ce marchand est déballé à l'hôtel de l'Europe; dites, ... a déballé, car il n'a déballé que ses marchandises, et il ne s'est pas déballé lui-même.

Débine, s. f.—Être dans la débine, c'est-à-dire, dans la gêne; cette expression est triviale et même tout-à-fait populaire. Voyez blaguer.

Débiser.—Ne dites pas: j'ai les mains et les lèvres toutes débisées; dites, toutes gercées par la bise, par la gelée, par le froid; le froid gerce les lèvres, les mains.

Débit, s. m., vente, trafic; le t ne se prononce pas.—Ne dites pas: vendre en gros et en débit; dites, ... en détail.

Débiteur, qui doit, fait au féminin débitrice.

Débours, argent qu'on a avancé pour le compte de quelqu'un; ce mot a vieilli; dites déboursés (au plur.) et non débourses. (Acad.)

Décaméron, s. m., ouvrage contenant le récit des événements de dix jours; prononcez décamérone.

Décanat, Doyenné.—Le décanat est la dignité du doyen: ce curé a été promu à un décanat. Le doyenné est le pays qui ressortit à un doyen: le doyenné de Sprimont se compose de vingt paroisses.

Décéder, v. n., prend le verbe être dans ses temps composés. Ce mot n'est guère usité, dit l'Académie, qu'en termes de jurisprudence et d'administration, et en parlant des personnes; il s'emploie aussi au participe passé dans les inscriptions; dans tout autre cas on se sert du verbe mourir. Ces observations s'appliquent également au substantif décès.

Décemment, adv., d'une manière décente; prononcez déçaman; prononcez de même, apparemment, prudemment, négligemment.

Décemvir, s. m., l'un des dix magistrats de Rome; prononcez décèm'vir, décèm'virat.

Décennal, adj., qui dure dix ans: prononcez décèn'nal.

Décesser, n'est plus en usage; il faut dire cesser, discontinuer.

Décider, devant un infinitif, demande la préposition à: cette raison m'a décidé à partir (et non de partir); je me suis décidé à rester. Cependant lorsqu'il signifie, prendre une résolution, déterminer ce que l'on doit faire, il prend de: nous nous décidâmes de partir sur-le-champ.

Décime (pièce de dix centimes), centime, cents, sont masculins: un décime, un centime, un cents. Voyez centime et cents.

Déclicher, est un mot wallon: dites, lever la clenche, le loquet.

Décombres, débris, est un substantif masculin pluriel sans singulier: il faut faire enlever ces décombres.

Décommander, révoquer un ordre, n'est pas français; dites contremander.

Décorum, s. m., bienséance; il n'est guère usité que dans ces phrases: garder, observer le décorum, garder les bienséances; blesser le décorum, choquer les bienséances; prononcez décorome; il n'a point de pluriel.

Découcher (se), n'est pas français; dites se lever.—Découcher, v. n. et a., signifie, coucher hors de chez soi, ou être cause que quelqu'un quitte le lit où il couche: depuis huit jours, il a découché trois fois; le maître de la maison m'avait offert son lit, mais je n'ai pas voulu le découcher.

Décrémer le lait, ôter la crème de dessus le lait; ce mot n'est pas français; il faut dire écrémer. Voyez chrême et crémer.

Décret, s. m., loi, ordonnance; prononcez décrè et non decrè.

Décrottoir, s. m., est une lame de fer destinée à décrotter la chaussure; décrottoire, s. féminin, est une brosse ronde pour décrotter la chaussure.

Dedans, adv. de lieu, ne prend pas de complément; ainsi ne dites pas, dedans la maison, dedans ma chambre, mais, dans la maison, dans ma chambre.

2. Donner dedans, c'est se laisser tromper comme un sot; mettre quelqu'un dedans, c'est le tromper: ces locutions sont populaires. (Acad.)

Défaufiler et Défiler, (défaire un tissu fil à fil) ne sont pas français; dites éfaufiler et effiler.

Déficeler, ôter la ficelle, n'est pas français.

Déficit, s. m., ce qui manque; prononcez déficite. Quoique l'Académie dise qu'il est invariable au pluriel, nous pensons que déficit, qui a un accent sur l'e, est un mot tout-à-fait français, et qu'il doit par conséquent être soumis aux règles de la grammaire; ainsi nous écririons plutôt des déficits, avec une s que sans s.

Défier, v. actif: je l'en défie et non, je lui en défie.

Définitive (en), loc. adv., en résumé; ne dites pas et ne prononcez pas en définitif.

Dégommer, v. a., dans le sens de destituer, ruiner, déconsidérer, est français, mais il est populaire.

Dégouttant, signifie qui dégoutte: ce linge n'est pas sec, il est encore tout dégouttant. Ne confondez pas ce mot avec dégoûtant, qui donne du dégoût: malpropreté dégoûtante; prononcez oû long dans dégoûtant et ou bref dans dégouttant.

Dégrafer, détacher une agrafe; ne dites pas désagrafer.

Dégriffer, n'est pas français; c'est égratigner qu'il faut dire.

Déguisé.—Ce mot ne s'emploie pas comme substantif; ne dites donc pas: j'ai vu plus de trente déguisés pendant le carnaval; dites, plus de trente masques.

2. Ne dites pas: la petite vérole l'a déguisé; dites, l'a défiguré.—Déguiser signifie masquer, travestir.

Déhonté, adj., éhonté; ce mot, rejeté par quelques grammairiens, est admis par l'Académie: un homme déhonté, une femme déhontée.

Dehors, adv. de lieu, opposé à dedans, comme hors est opposé à dans; dehors doit toujours être employé sans complément: restez dedans, j'irai dehors.

2. Il est ridicule de mettre dehors après les verbes boire, aller, tomber, etc.; ainsi ne dites pas: buvez votre verre dehors; le feu va dehors; la bouteille est dehors; dites tout simplement, buvez, videz votre verre; le feu s'éteint; la bouteille est vide.

3. Ne dites pas non plus: je sais ma leçon dehors; dites, je sais ma leçon par cœur. (Fland.)

4. Ne dites pas: quelques historiens racontent qu'il tomba autrefois des pluies de sang dehors le ciel; dites, qu'il tomba du ciel... (Fland.)

5. Ne dites pas: on a sonné dehors que le pain est baissé; dites, on a annoncé au son de la clochette que... (Fland.)

6. Ne dites pas: il m'a donné cela dehors; j'ai eu ma carte dehors (t. de jeu de cartes); dites, il m'a donné cela; j'ai eu ma carte (en retranchant dehors). (Fland.)—Prononcez dehors et non déhors.

Déjà, adv.: prononcez déjà (é fermé) et non dejà ni dèjà.

Déjeter.—Ce verbe ne s'emploie que pronominalement et signifie se courber, se contourner: le bois de cette table s'est déjeté; sa colonne vertébrale s'est un peu déjetée.

2. Mais il ne faut pas l'employer dans le sens de bouleverser, déranger, mettre en désordre, bousculer, agiter, secouer: bouleverser tout dans une chambre; on a bousculé mes livres; nous fûmes horriblement bousculés dans la foule. Se déjeter ne doit pas non plus s'employer au lieu de, se débattre, s'agiter: se débattre comme un possédé; un oiseau qui se débat quand on le tient; ce malade s'agite continuellement.—Prononcez déj'ter et non déch'ter.

Déjeuner, Dîner, Souper, Goûter.—Ces verbes veulent la préposition de devant le nom de la chose dont on déjeune, dîne, soupe, etc.: déjeuner de chocolat, dîner de cotelettes, souper de fruits. Cependant on peut aussi employer avec: il déjeune tous les matins avec du chocolat; déjeuner avec du beurre et des radis. (Acad. aux mots matin et radis.) Nous ferons remarquer du reste que de bons écrivains n'ont pas craint de dire déjeuner avec, etc., devant le nom de la chose mangée.

2. Il est à remarquer que l'u de déjeuner, s. ou v., n'est pas marqué d'un accent circonflexe, quoiqu'il soit formé de la particule de et du verbe jeûner. Prononcez déjeuner et non d'jeuner.

Délabrement, s. m., état délabré; l'a est long de même que dans encadrement et dans tous les autres mots où se retrouvent les syllabes abre, adre, avre. Voyez abre.

Délibérer, v. a.—Ne dites pas: ce soldat est délibéré du service; dites, est quitte, délivré, libéré du service.

Délice et Orgue sont masculins au singulier et féminins au pluriel: un grand délice, de grandes délices; un bon orgue, de bonnes orgues. Cependant ils sont masculins au pluriel lorsque dans une même phrase, ils s'emploient au singulier et au pluriel: un de mes plus grands délices était d'étudier; cet orgue est un des meilleurs que j'aie entendus et un des plus beaux que j'aie jamais vus.

Déloger et Découcher.—Déloger signifie quitter le logement, décamper; découcher veut dire, coucher hors de chez soi: il déloge à la fin du mois; je vous ferai bien déloger de là; depuis huit jours il a découché trois fois. Voyez découcher.

Demain.—On peut dire demain au matin et demain matin; mais cette dernière locution est préférable. (Acad.)

Demander, v. a.—Demander excuse est une expression incorrecte; dites, je vous fais, je vous offre, je vous présente mes excuses.

2. Ne dites pas: mon maître vous demande de venir; dites, vous prie de venir ou d'aller le trouver.

3. Ne dites pas: demander après quelqu'un ou après quelque chose; mais, demander quelqu'un, demander quelque chose.

4. Après demander, il faut que et non à ce que: je demande qu'on répare mon honneur, et non, à ce qu'on répare....

5. Demander, suivi d'un infinitif, régit les prépositions à et de, suivant le sens: la prép. à, lorsque l'action, exprimée par chacun des deux verbes est faite par la même personne: il demande à entrer; Philoclès demanda au roi à se retirer.—La prép. de, dans le cas contraire: je vous demande de m'écouter.

Déméfier (se), barb.; dites, se défier ou se méfier.

Démêler, v. a.—On ne dit pas, démêler les cartes, mais, mêler ou battre les cartes.

Demeurer, prend avoir quand il signifie: 1o habiter: il a demeuré trois ans à Bruxelles; il demeure dans telle rue (plutôt que, il reste); 2o tarder: il a demeuré longtemps en chemin; 3o employer plus ou moins de temps à quelque chose: il n'a demeuré qu'une heure à faire cela.—Rester prend également avoir dans le sens de séjourner: il a resté deux jours à Lyon. (Acad.) Dans tout autre sens, demeurer et rester prennent l'auxiliaire être: il est demeuré, il est resté mille hommes sur la place; elle est demeurée, elle est restée court, seule, veuve, etc.

Demi, ie, placé devant un substantif, reste invariable: une demi-heure, des demi bouteilles; il reste également invariable lorsqu'il entre dans la composition d'un mot: des demi-heures, des demi-lunes, des demi-tons, des demi-dieux, des demi-frères.—Placé après son substantif, il en prend le genre, mais il s'écrit toujours au singulier: deux kilo et demi, deux livres et demie.—Demi, demie s'emploient substantivement, le premier pour désigner une moitié d'unité, le second pour signifier demi-heure: quatre demis valent deux unités; cette pendule sonne les heures et les demies. (Acad.) Prononcez demi et non démi ni dèmi.

2. Deux heures et demie, deux heures et un quart; ne faites pas la liaison de l's finale du mot heures avec le mot suivant. Voyez liaisons affectées.

Demi-frère, s. m., celui qui n'est frère que du côté paternel ou du côté maternel; les expressions frère germain, frère consanguin et frère utérin ne sont guère usitées qu'en jurisprudence. (Acad.)

Démission, s. f.—Ne dites-pas: dès que j'aurai ma démission, je me retirerai à la campagne; dites, dès que j'aurai ma retraite, ma pension... La démission est l'acte par lequel on se démet d'une dignité, d'un emploi: démission volontaire, démission forcée; donner sa démission.

2. N'employez pas non plus le mot démission, dans le sens de destitution, qui est la privation forcée d'une charge, d'un emploi, etc.: prononcer la destitution d'un fonctionnaire.

Demoiselle.—Une dame, faisant allusion à ses jeunes années, dit ordinairement: quand j'étais demoiselle; il serait mieux de remplacer demoiselle par le mot fille; mais il est encore mieux de dire avant mon mariage, ou d'employer quelque tour analogue à celui-là. Voyez monsieur et époux.

2. Ne dites pas: comment se porte votre demoiselle (en parlant à son père ou à sa mère)? dites, comment se porte mademoiselle votre fille ou mademoiselle N.? Il en est de même des mots dame, madame, quand on s'adresse au mari.

Denier, s. m., petite monnaie; ne dites pas dernier à Dieu, mais denier à Dieu: prononcez de-nié et non dé-nié ni degnier.—Voyez ni.

Dénouement, dénouer, déjouer, jouer, etc.; prononcez dénoû-ment, dénou-er, déjou-er, jou-er, et non dénou-we-ment, denou-wer, déjou-wer, jou-wer.

Dent, s. féminin: une dent, de belles dents.

2. On dit très-bien d'un enfant, qu'il fait ses dents, qu'il fait des dents, pour signifier que les dents lui viennent. (Acad.)

3. Ne dites pas: j'ai les dents longues quand je mange du fruit vert; dites, j'ai les dents agacées, quand... ou bien, ces fruits m'agacent les dents... Voyez long.

4. Ne dites pas: se laisser tirer une dent; dites, se faire arracher une dent. (Fl.)—Prononcez dan et non dante.

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