Kitabı oxu: «L'Île du Levant»

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Paul Otlet

L'Île du Levant


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066077150

Table des matières

INTRODUCTION

L'ILE DU LEVANT

CHAPITRE I.

NOTICE SUR L'ILE DU TITAN OU DU LEVANT.

CHAPITRE II.

INTRODUCTION

Table des matières

Il y a un an et demi environ mon père m'annonçait qu'il venait d'acheter de M. Philippart l'Ile du Levant, la dernière de l'Archipel des îles d'Hyères, situé dans la Méditerranée. On peut juger de mon enthousiasme et de celui de mon frère en apprenant cette nouvelle. Une île en pleine mer! aller en bateau! Etre Robinson! Mener une véritable vie d'insulaire. Que de projets on formait déjà, quel rêve que d'habiter une île! Avec quelle impatience nous attendions les vacances! comme nous comptions les jours qui nous en séparaient encore!

Enfin ce jour heureux arriva. Comme la pendule marchait lentement ce jour-là! Bref, le train exprès de 7 heures 20 du soir nous emporte avec la rapidité de l'éclair vers ces régions bénies du ciel, vers ce paradis terrestre. A 10 heures du matin nous étions à Marseille, et à midi un quart nous débarquions à Toulon. Après avoir mangé un morceau au Café du Commerce sur le port, nous nous embarquons dans le yacht la Nora Creina. C'est un splendide vapeur à hélice, comportant 7 hommes d'équipage, filant ses 9 nœuds à l'heure et tenant la mer comme pas un. La Nora Creina a 27 mètres de longueur sur 5 de large. Elle est divisée comme suit:

Cabine du capitaine et du second.

Grand salon, office, et une cabine.

Ensuite viennent la machine et la chaufferie.

3 cabines, la cuisine et enfin le poste de l'équipage.

La Nora jauge 38 tonnes et a une machine de la force de 70 chevaux. Elle cale 1 mètre 80 à l'avant et 2 mètres 30 à l'arrière. Aussitôt montés à bord, quatre hommes s'empressèrent de déraper l'ancre. Cinq minutes après nous étions en route pour l'île du Levant. En passant devant le vaisseau amiral, le capitaine fît saluer trois fois selon l'usage, et notre salut nous fut aussitôt rendu.

Nous dépassâmes bientôt la Seyne, l'hôpital de St Mandrier, le Mourillon et arrivés à la presqu'ile de Giens nous distinguons déjà très bien les trois îles. Nous avions une mer d'huile sur laquelle se reflétait le ciel bleu. J'en étais enthousiasmé. Il n'y avait pas 20 heures que nous étions encore à Paris, sous un ciel gris, pataugeant dans la boue et enveloppé dans nos grosses pelisses.

Ah, pensais-je, comment ce peut-t-il qu'il y ait des gens assez sots pour rester tout l'hiver à Paris enfermés dans leur appartement, sous un ciel brumeux, au lieu de venir passer l'hiver dans le Midi.

Nous passons rapidement devant Porquerolles, les Mèdes Bogoud et Port-Cros. Enfin après 3 heures 1/2 d'une traversée magnifique nous nous amarions à la bouée placée dans la charmante petite baie de l'Avis. La yole nous conduisit aussitôt à terre.

Toute la famille Guillon était réunie sur la plage nous attendant et avertie de notre arrivée par les coups de sifflets répétés de la Nora Creina. Après les saluts d'usage on nous conduisit par un chemin tortueux et montagneux au sommet d'une colline sur laquelle se trouve le château. On nous montra nos chambres situées au premier et ayant vue splendide sur la mer et sur le continent. Aussitôt descendus au jardin on nous mena sur une grande terrasse devant le château. Ce qui me frappa singulièrement c'était de voir une si grande quantité d'agaves venant ici à l'état sauvage, des palmiers et des orangers plantés en pleine terre.

De cette terrasse on aperçoit devant soi le continent, à gauche et à droite s'étend l'île.

Quelle est l'étendue de l'île, demandais-je à mon oncle Fernand?

—Sa superficie est de 1,400 hectares me répondit-il: Sa longueur de l'est à l'ouest est de 8 kilomètres, tandis qu'elle n'a qu'un kilomètre et demi de largeur moyenne.

La pointe que vous avez devant vous sur le continent, représente le cap Bénat, à droite est le mouillage du Lavandon, distant de l'île de 14 kilomètres. Ce petit village que l'on aperçoit sur la hauteur est le village de Bormes dont dépend le Lavandon: en regardant à droite vous verrez la baie de Cavalaire, plus loin la pointe Camarat derrière laquelle se trouvent St-Raphaël, Cannes, Nice, Monaco, etc. Quant au côté gauche, le rocher que vous voyez près de Bénat est le fort de Brégançon. Puis les Salins d'Hyères, autre mouillage ayant un chemin de fer, et qui n'est distant de l'Ile du Levant que de 23 kilomètres. Au dessus est la ville d'Hyères, renommée pour la douceur de son climat.

En ce moment, mon attention fut attirée par le soleil qui se couchait. Jamais je n'avais vu spectacle pareil. L'horizon semblait tout en feu; le soleil se confondait avec la mer, ce qui lui donnait des proportions gigantesques. La cloche du dîner nous réunit tous dans la salle à manger.

Après le repas nous causâmes encore quelque temps, après quoi nous prîmes congé de la famille pour nous retirer dans nos chambres respectives. Je m'endormis profondément après les événements de la journée, trop profondément peut-être car je ne m'éveillai qu'à huit heures tandis que tout le monde était déjà levé depuis deux heures.

On ne fit pas d'excursion ce jour-là, car tous nous étions encore fatigués de notre voyage. Voilà les renseignements que je pus obtenir pendant la conversation.

L'île du Levant est moins haute que les autres îles, point culminant 129 mètres quoique plus accidentée; elle est très peu boisée, car nos prédécesseurs ont mis le feu aux forêts et ce que l'incendie avait épargné, ils l'ont coupé.

Le sol est généralement composé de mica-schiste très-friable. En certains endroits, l'on rencontre des rognons de granit bleu.

On trouve aussi des grenats, de la tourmaline, sorte de pierre cristallisée appartenant à la famille des silicates qui, étant échauffée, devient électrique et attire la poussière de charbon, les cendres et autres corps légers, du titaniate de fer et de l'amiante, substance minérale filamenteuse que l'on nomme aussi asbeste et dont on fait de la toile, du papier, des mèches incombustibles. Elle est formée principalement de silice, de magnésie, d'un peu d'alumine et de chaux.

Les anciens brûlaient dans une toile d'amiante les corps des grands, pour conserver leurs cendres pures et séparées de celles du bûcher.

Cette matière alors très rare, et d'un prix excessif, est aujourd'hui fort commune. On en trouve dans toute l'Europe mais surtout en Italie, en Corse et en Savoie.

L'île entière est couverte de maquis, en certains endroits impénétrables; ces maquis sont composés de magnifiques arbousiers, atteignent 10 mètres de hauteur, de bruyères en arbres, lentisques, romarins, lavandes, cistes connus dans le pays sous le nom de mesugues, euphorbes. Le pin maritime, le pin d'Alep et le pin parasol y croissent très bien.

On trouve en grande quantité la plante dont on extrait l'éther végétal et qu'on nomme vulgairement «l'herbe à chat».

La journée du lendemain fut consacrée à la visite de la Colonie.

La baie du Grand-Avis étant le principal mouillage du côté nord de l'île, c'est là que s'est fondée la Colonie. Lorsque l'on voit de loin tous ces grands bâtiments et toutes ces maisons éclairées par les rayons du soleil et sous un ciel toujours bleu, on croirait vraiment voir un petit village d'Afrique.

En réalité, c'est une agglomération acquérant une certaine importance par son immense pénitencier pouvant contenir jusqu'à 300 jeunes détenus. De loin, le pénitencier a plutôt l'air d'une caserne que d'une prison. Nous y montons par un escalier et nous débouchons sur une grande place appelée Place d'Armes. C'est là que tous les premiers dimanches du mois le directeur passait militairement la revue des pénitenciers.

Les gardiens étaient en grande tenue, sabre au côté.

Les détenus avaient leur temps partagé en travail des mains et en celui de l'esprit. Ils travaillaient dans les champs, à la vigne, et on leur inculquait les premières notions d'orthographe et de calcul.

Le pénitencier se compose de trois immenses dortoirs, un réfectoire, une grande école, une cinquantaine de cachots et de cellules, ateliers, de tailleurs, cordonniers, lingerie, vestiaire, etc.

Une très grande chapelle de quatre autels est annexée au pénitencier, d'un côté et, de l'autre, se trouve la ferme et les étables.

Rien ne manque à cette ferme; chevaux, mulets, vaches, bœufs, moutons, porcs, poulets, canards, oies, paons, pintades, dindons, tout y est.

Éloigné du continent et, par conséquent, de toutes les ressources qu'il offre, on est obligé de parer à toutes les éventualités.

Mon oncle Fernand nous conduisit voir la forge, de grands bâtiments dans lesquels étaient installés des ateliers de menuiserie. En voyant de grandes roues et des courroies, je ne pus m'empêcher de lui demander à quoi cela pouvait servir.

—Dans le temps, me dit-il, une fabrique de pipes de bruyère était installée ici et chacune de ces roues faisaient marcher un tour. Ces roues marchent au moyen d'une machine à vapeur que nous allons voir.

Nous descendîmes dans la cave, où, en effet, se trouvaient une machine et des chaudières.

—Cette machine sert aussi au moulin à vapeur et à la distillerie; elle devait encore servir pour le chemin de fer funiculaire qui devait être installé entre la mer et la Colonie. D'ailleurs, cette plateforme que vous voyez là a été faite pour cela.

Et il nous montrait un chemin ayant une pente d'au moins 20 degrés.

En continuant, nous visitâmes successivement la distillerie, l'atelier des tonneliers, la buanderie. Nous arrivâmes enfin au magasin.

—Ceci vous représente, dit mon oncle Fernand, le magasin de vivres. Tous les matins, de 8 heures à 8 heures et demie, les ouvriers viennent chercher ici ce dont ils ont besoin pour la journée. Comme il serait trop difficile et trop coûteux pour eux de faire venir leurs vivres de Toulon, nous nous en chargeons en vendant ici tout ce qu'il leur faut au même prix. Maintenant, il ne nous reste plus à voir que le jardin légumier. Toutes ces maisons que vous voyez çà et là sont des maisons d'ouvriers. Il y en a pour loger une cinquantaine de familles. La maison que vous voyez là-bas est la cantine, celle-ci est la boulangerie, voilà l'aumônerie et celle-là est la direction et le greffe où j'ai mon bureau. Au dessous du pénitencier sont de grandes caves pour conserver le vin. Il y a là d'immenses foudres pouvant contenir ensemble jusqu'à 250,000 litres de vin. Mais allons visiter le jardin. Le jardin légumier a la superficie d'un hectare environ, clos de murs. Il est pourvu d'un barrage qui retient les eaux nécessaires pour son irrigation en été.

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Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
17 yanvar 2025
Həcm:
36 səh. 1 illustrasiya
ISBN:
4064066077150
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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