Kitabı oxu: «Gulliver ressuscité, ou les Voyages, campagnes et aventures extraordinaires du Baron de Munikhouson»

Şrift:

Rudolf Erich Raspe

Gulliver ressuscité, ou les Voyages, campagnes et aventures extraordinaires du Baron de Munikhouson


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066303815

Table des matières

La première de couverture

Page de titre

PRÉFACE.

GULLIVER RESSUSCITÉ, OU LES VOYAGES, CAMPAGNES ET AVENTURES EXTRAORDINAIRES DU BARON DE MUNIKHOUSON. SECONDE PARTIE.

PRÉFACE.

Table des matières

PARMI les Écrivains qui s’amusent à faire imprimer des mensonges, on ne peut refuser aux Voyageurs un rang très-distingué: la manie de passer pour un homme extraordinaire, pour avoir vu ce que d’autres n’ont pas rencontré, est un travers de l’esprit, que l’amour-propre tourne à son avantage. On ne peut guères attaquer, que par le ridicule, un égarement de cette espèce. L’orgueil est une passion d’enfans; les punitions de l’enfance sont les seules qui lui conviennent; la soumettre à la censure, grave &sérieuse, ce serait la traiter avec une importance dont elle n’est pas digne.

Tout le monde connaît cette anecdote d’un Voyageur, qui prétendait avoir vu à la Chine «un choux à l’ombre duquel un Régiment de Cavalerie pouvait se ranger. J’ai vu, dit un témoin de ce récit j’ai vu au Japon trois cents Cavaliers manœuvrer dans une marmite.–A quoi pouvait servir cette marmite, dit le premier conteur?–A cuire votre choux, lui répondit l’autre».

L’Auteur du Gulliver ressuscité, travaille à-peu-près dans ce genre; il a voulu faire le procès aux imposteurs de profession, soit Voyageurs, Conteurs de société,& autres qui composent cette innombrable tribu.

Le Baron de Munikhouson, principal personnage de cette histoire, grand parleur, est un peu ivrogne en même temps; à mesure que sa bouteille se vuide, sa tête se remplit d’idées singulières: on distingue, à chaque trait, les effets progressifs du vin sur son imagination,& l’on peut mesurer, aux extravagances de son récit, les gradations de l’ivresse.

Trois éditions, dans un espace de temps très-court, ont assuré le succès de cet ouvrage en Angleterre. Si le peuple penseur s’en est amusé, il est naturel de croire qu’il ne déplaira pas à la Nation, dont la gaieté est presque le caractère distinctif.


GULLIVER RESSUSCITE,
OU LES VOYAGES, CAMPAGNES ET AVENTURES EXTRAORDINAIRES DU BARON DE MUNIKHOUSON

Table des matières

Ce fut au milieu d’un rigoureux hiver que je partis pour la Russie, persuadé que la neige&la gelée auroient réparé les chemins qu’on dit être si mauvais dans les parties septentrionales de l’Allemagne, dans la Pologne, le Duché de Courlande &la Livonie, J’étois à cheval, attendu que c’est, selon moi, la meilleure manière de voyager, quand la monture&le cavalier sont en bon état. A mesure que j’avançois vers le nord, je sentis que j’etois vêtu un peu légérement: cette réflexion me vint en considérant un vieillard étendu sur la route, frissonnant&transi, ayant à peine de quoi cacher sa triste nudité.

Le pauvre homme me fit pitié,&quoique je souffrisse beaucoup de la rigueur du temps, je me dépouillai de mon manteau pour l’en couvrir, Tout-à-coup une voix du ciel fit entendre ces mots; mon fils, votre charité ne sera pas perdue, vous en serez récompensé en temps& lieu.

Je poursuivis mon chemin. La nuit me surprit, sans que je pusse distinguer de toute la portée de ma vue, soit un village, soit une chaumière; la neige couvroit tout le pays,&les chemins m’étoient absolument inconnus. Accablé de fatigue, je mis pied à terre; j’attachai mon cheval à une espèce de branche qui s’élevoit au-dessus du sol: par précaution je mis mes pistolets sous mon bras,&m’étendis sur la neige. Bientôt le sommeil me gagna,&déjà il étoit grand jour quand j’ouvris les yeux. Quel fut mon étonnement lorsque, portant mes regards autour de moi, je me vis au milieu d’un village, couché dans un cimetière. Je cherchais par-tout mon cheval; mais inutilement: je l’entendis enfin hennir à quelque distance de moi; je levai machinalement la tête,&je l’apperçus pendu à la flèche du clocher. Un moment de réflexion me mit au fait de ce qui s’étoit passé: le vent avoit changé pendant la nuit; le dégel était survenu; alors descendant moi-même par degrés insensibles avec l’écoulement des eaux, je me trouvai, à mon réveil, au milieu d’un village qui, la veille était enseveli sous la neige,&ce que j’avais pris dans l’obscurité pour une branche, n’étoit autre chose que la pointe du clocher, à laquelle mon cheval était demeuré suspendu.

Sans perdre de temps en réflexions, je fis fauter la bride d’un coup de pistolet; mon cheval tomba; je remontai dessus,& je continuai ma route.

J’allais grand train; mais comme l’usage en Russie n’est pas d’aller à cheval pendant l’hiver, je pris un traîneau pour me conformer aux manières du pays& me conduire à Pétersbourg. Chemin faisant (je ne vous dirai pas précisément le lieu), ce qu’il y a de vrai, c’est qu’au milieu d’une forêt sombre, je vis venir à moi un loup d’une grosseur prodigieuse, pressé comme s’il n’avait pas mangé de l’hiver: il approchait déjà; je ne voyais nul moyen d’échapper; cependant je pris le parti de m’étendre à plat dans le traîneau, laissant à mon cheval le soin de notre commune sûreté. Ce que j’appréhendais arriva; le loup nous eut bientôt atteint; mais aussi ce que j’avais espéré se réalisa heureusement: le loup ne fit pas la moindre attention à moi; il me franchit d’un saut,&s’élança avec fureur sur mon cheval, attaquant sur-tout la partie de derrière, ce qui détermina le pauvre animal à doubler de vîtesse. Quant à moi, profitant de la sécurité de l’ennemi sur mon compte, je levai la tête avec précaution,&j’apperçus épouvante, le loup qui s’était fait jour à travers le corps de mon cheval; prenant alors mon avantage, je tombai sur lui avec le manche de mon fouet, l’obligeai de s’y retrancher tout-à-fait; effrayé de cette brusque attaque, il se précipita de toutes ses forces en avant; la carcasse du cheval tomba,&l’animal vorace se trouva lui-même engagé sous le harnois: je redoublai de coups, il se mit à fuir d’autant plus vîte,&je fus rendu, en un clin d’œil, dans les rues de Pétersbourg au grand étonnement du peuple qui n’avait jamais vu un pareil attelage.


Il est inutile de vous ennuyer ici de mes observations sur la politique, les sciences le commerce&les arts de cette superbe Métropole de l’Empire Russe, ni de mes intrigues dans les premières sociétés du pays, où les maîtresses de maison vous accueillent avec un verre de liqueur &un doux baiser. Je réserve à votre curiosité des objets plus dignes d’elle; je vous parlerai des chevaux, des chiens, que j’ai beaucoup fréquenté, des loups, des renards, des sangliers, des ours&de toute espèce de gibier plus abondant en Russie, que par-tout ailleurs; je vous ferai le récit des parties de chaise, des combats&de tous ces exercices de mouvement dont le goût annonce plutôt un Gentilhomme, que des bouffées de Grec&de Latin, &de tous les parfums des petits Maîtres Français.

Plusieurs mois s’écoulèrent avant que j’eusse obtenu une commission, qui m’avoit été promise dans les troupes de l’Empire. Durant cet intervalle, j’eus tout le loisir de dissiper, en homme du monde, mon temps&mon argent.

Un matin, j’apperçus, de ma chambre à coucher, sur un étang très-large& peu éloigné, des canards sauvages, en si grand nombre, qu’ils en couvroient presque toute la surface. Je pris aussi-tôt mon fusil; je descendis les escaliers avec tant de précipitation, que je donnai inconsidérément du nez contre une colonne; je crus voir jaillir mille étincelles de mes yeux; cependant, ne me sentant pas blessé, je poursuivis mon dessein. En couchant en joue, j’observai, à mon grand regret, que la pierre s’était échappée du serpentin par la violence du coup; mais comme je n’avais pas de temps à perdre, me rappellant l’effet de la commotion, je découvris le bassinet,&ajustant de nouveau, je frappai brusquement un vigoureux coup de poing sur la platine; l’étincelle brilla, le coup partit,&si à propos, que j’allai ramasser vingt paires de canards, trente poules d’eau,&trois couples de sarcelles; tant il est vrai que la présence d’esprit est l’ame des expédiens. Si les soldats&les marins lui doivent leur salut dans mille occasions dangereuses, les chasseurs ne lui sont pas moins redevables d’une grande partie de leurs succès.

Témoin l’aventure qui m’arriva, peu de temps après, dans un bois où je rencontrai un renard dont la peau étoit si belle, que c’eût été un meurtre de la déchirer avec la balle. Le renard dont je vous parle étoit appuyé contre un arbre. Au moyen de mon tire-bourre, je ne laissai dans mon fusil que la charge de poudre &je remplaçai les balles par un clou mince&pointu, J’atteignis l’animal avec tant de bonheur, que je le clouai à l’arbre par la queue; je m’avançai. aussi-tôt sur lui,&le prenant par la tête, je lui sis une incision cruciale sur le crâne; alors tirant à moi,&chassant la tête dans le sens contraire, je parvins à le dépouiller sans endommager la peau,&je le mis ensuite en liberté.

Combien de fois un hasard heureux n’a-t-il pas réparé nos erreurs: j’en eus un exemple bien frappant. Un jour que je m’étois enfoncé dans l’épaisseur d’une forêt, j’avois manqué mon coup sur un marcassin&une laye qui couroient à la queue l’un de l’autre; le marcassin prit la fuite, mais la laye s’arrêta tout-à-coup, sans faire le moindre mouvement. En m’avançant, pour considérer la chose de plus près, je vis que l’animal, stationnaire étoit une grosse laye, aveugle de vieillesse, qui se faisoit conduire par son marcassin lequel remplissait ce devoir filial avec non moins de zèle, qu’autrefois Cléobis&Biton. La balle avait passé encre deux; elle n’avoit attrapé le marcassin qu’à la queue,&la queue était restée encore entre les dents de la vieille laye, qui s’était arrêtée court, ne sentant plus traînée par son conducteur; je le remplaçai à l’instant, sans qu’elle crût avoir changé de guide,&prenant la queue dans ma main, je la conduisis chez moi sans le moindre obstacle de sa part.

Quoique les femelles soient très-dangereuses, les sangliers sont encore plus redoutables; j’eus le malheur de me trouver sur le passage d’un des plus monstrueux. Dans cette forêt, un jour que je n’étois préparé, ni à l’attaque, ni à la défense car j’étois sans armes, il se rua sur moi; mais par bonheur un arbre me servit de rempart contre cet assaillant terrible, qui, m’ayant destiné un coup de boutoir vigoureux, enfonça ses défenses si avant dans l’écorce, qu’il lui fut impossible de les retirer. Oh, oh! dis-je, valeureux champion, j’aurai bientôt raison de vous: en effet, je m’armai d’une pierre,&m’en servant comme d’un marteau, je fis entrer encore plus avant les dents de l’animal, de sorte qu’il ne pouvoit faire aucun mouvement; &j’eus tout le temps d’aller chercher au prochain village des cordes&un chariot, au moyen de quoi, après l’avoir bien muselé, bien garotté, je l’emportai comme je voulus.

Pulsuz fraqment bitdi.

Yaş həddi:
0+
Litresdə buraxılış tarixi:
16 yanvar 2025
Həcm:
39 səh. 5 illustrasiyalar
ISBN:
4064066303815
Naşir:
Müəllif hüququ sahibi:
Bookwire
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